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  • il y a 3 mois
Avec Cédric Ringenbach, ingénieur, fondateur de la Fresque du climat, spécialiste en transition énergétique

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##LA_VERITE_EN_FACE-2026-06-22##

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Transcription
00:00Le Grand Matin Sud Radio, la vérité en face, Jean-François Aquilly.
00:06Canicule, climatisation, carbone, taxation du carbone, comment agir contre le dérèglement climatique ?
00:13Nous parlons de vagues inédites de chaleur ce lundi matin et plus exactement de ce que la canicule dit de
00:21notre impréparation.
00:23Les épisodes de forte chaleur deviennent plus fréquents, plus longs, plus intenses.
00:26La France découvre dans l'urgence une question qu'elle a longtemps regardée de loin.
00:32Faut-il climatiser davantage ? Ce n'est pas le seul sujet, bien évidemment.
00:35Mieux adapter les logements, les écoles, les bureaux, les villes.
00:38Et surtout, pourquoi a-t-on autant tardé à anticiper ?
00:43Invité ce matin, bonjour à vous, Cédric Rieschenbach.
00:45Bonjour.
00:46Vous êtes ingénieur fondateur de la Fresque du Climat.
00:49Vous êtes un fin connaisseur de la transition énergétique.
00:52Deux mots sur la Fresque en question, racontez-nous.
00:54La Fresque, c'est un atelier pédagogique qui permet de comprendre les bases scientifiques du changement climatique en une demi
01:01-journée.
01:01C'est un atelier qui a touché plus de 2,3 millions de personnes.
01:05Et on a formé 100 000 personnes à l'animation de cet atelier.
01:09Donc, c'est un beau succès.
01:10C'est un beau succès.
01:11Cédric Rieschenbach, première question ce matin.
01:15Est-ce que nous n'avons pas su anticiper ?
01:19Alors oui, à deux titres, il y a deux grandes thématiques qui nous intéressent.
01:23C'est l'adaptation, dont on va beaucoup parler en cette période de canicule,
01:27et l'atténuation, qui consiste à limiter notre impact sur le changement climatique.
01:32Au début, quand on a commencé à comprendre les enjeux climatiques,
01:36y compris au sein du GIEC, les spécialistes du climat qui travaillent sur le sujet au niveau international,
01:41il y avait les deux thématiques dès le début, l'adaptation et l'atténuation.
01:44À part qu'on n'a pas trop voulu parler d'adaptation,
01:48parce que ça avait l'air de dire qu'on jetait l'éponge sur la partie atténuation.
01:52C'est-à-dire qu'on jetait l'éponge sur comment est-ce qu'on peut réduire nos émissions de
01:55CO2
01:56pour limiter notre impact sur le climat.
01:58À part que, dans la pratique, le changement climatique, il est déjà là.
02:03Il a déjà commencé.
02:04Et donc, le besoin de s'adapter, il existe.
02:06Il existe surtout dans certains pays qui sont moins capables que nous de réagir,
02:12qui subissent encore plus le changement climatique.
02:14Et donc, progressivement, cet enjeu de parler aussi d'adaptation,
02:19il s'est imposé, y compris dans les contenus du GIEC et surtout dans les négociations internationales.
02:25Et maintenant, on parle enfin des deux.
02:27Et puis, il serait temps que vu ce qu'on est en train de subir.
02:29Est-ce qu'il y a également une adaptation à imaginer dans la vie quotidienne ?
02:35C'est-à-dire que nous avons l'impression qu'on se dit tous, là, on n'a pas su
02:39anticiper.
02:40Et nous nous rendons compte que notre façon de vivre n'est pas forcément adaptée aux épisodes climatiques,
02:46que ce soit la chaleur ou les intempéries de l'hiver, le grand froid et les épisodes violents également.
02:52Est-ce qu'il faudrait changer nos habitudes de vie ?
02:57Oui, je pense. Il y a besoin de s'adapter, ne serait-ce que pour pouvoir continuer de travailler,
03:02par exemple, quand il y a des événements extrêmes.
03:05Donc, il faut être équipé pour ça.
03:07Et puis, il faut aussi accepter l'idée qu'à certains moments, on va être en mode dégradé.
03:13C'est-à-dire que si on n'a pas les bonnes conditions pour travailler,
03:15c'est mon cas, en ce moment, chez moi, il fait très chaud.
03:17Alors, j'ai installé des stores pour... hier, c'est tout récent.
03:20J'ai installé des stores pour limiter les entrées d'énergie dans l'appartement.
03:27Et si on n'a pas ce genre de mécanisme, on se retrouve avec une température un peu plus forte.
03:32Et bien, moi, depuis plusieurs jours, je n'ai pas le choix, je travaille moins.
03:36Enfin, je suis moins capable de travailler et je travaille un petit peu moins.
03:40Donc, il faut accepter, je pense, que de temps en temps, on soit en mode dégradé
03:44et que tout ne se passe pas comme on avait l'habitude de faire.
03:47Et ce n'est pas grave.
03:48Moi, je vais travailler un petit peu moins ces temps-ci
03:50et je vais travailler un petit peu plus dès que la canicule sera passée.
03:53On s'adapte.
03:54Cédric Richenbach, prenons le premier thème qui est un peu sur la table ce matin
03:58parce que Marine Le Pen a évoqué la possibilité d'un grand plan de climatisation désormais pour la France.
04:05Aussitôt battu en brèche par l'autre candidat, Jean-Luc Mélenchon, sur le mode.
04:09Elle n'y comprend rien, etc.
04:11Peu importe le débat politique.
04:13Climatisation.
04:13Longtemps, on nous a dit que si on mettait des clims partout,
04:16ce qui est le cas d'ailleurs quand vous voyagez au Japon, aux Etats-Unis,
04:19il y a de la clim partout, dans les pays chauds, n'en parlons pas.
04:23Nous allons, au fond, aller contre la lutte pour la transition énergétique.
04:30Est-ce que la clim est néfaste ?
04:31C'est quand même, il faudrait peut-être tendre le coup, une bonne fois pour toutes, à cette question.
04:36La clim généralisée.
04:38C'est comme beaucoup de choses, c'est ni bien ni mal.
04:42C'est quelque chose qui rend service, sinon on n'en parlerait pas.
04:46Ça rafraîchit.
04:47Évidemment, la différence entre refroidir et chauffer,
04:51c'est que vous pouvez chauffer un appartement, un immeuble, sans refroidir l'extérieur.
04:59Avec des grilles-pains, avec l'effet joule, on peut chauffer quelque chose sans avoir besoin de refroidir ailleurs.
05:04Avec les pompes à chaleur, on fait le contraire.
05:05Et la clim, c'est la même chose.
05:07C'est-à-dire que la clim, ça consiste à refroidir l'intérieur d'un immeuble,
05:12tout en réchauffant l'extérieur.
05:14Donc, il y a un effet néfaste sur la rue ou la cour intérieure et les appartements d'à côté.
05:20Donc, il y a des effets en cascade.
05:24Et ça consomme de l'énergie.
05:25Donc, les effets en cascade, ça peut être des îlots de chaleur qui s'amplifient dans les villes.
05:29On n'a rien sans rien.
05:31C'est-à-dire que, oui, ça rend service et il y a des contreparties en face.
05:34Imaginez aussi une cour intérieure avec une dizaine de clim qui marche
05:38et donc avec les radiateurs à l'extérieur qui chauffent toute la cour.
05:41Le pauvre appart qui n'a pas sa clim à lui,
05:44il se retrouve à avoir 5 degrés de plus
05:46juste parce qu'il est dans une cour où tout le monde a branché sa clim.
05:50Donc, il faut être conscient de ces choses-là.
05:52Après, ça se gère, ça se discute, ça se négocie, etc.
05:56Mais il faut être bien conscient des conséquences.
05:58La climatisation, c'est également quelque chose qui consomme de l'énergie.
06:01Et donc, il y a une notion aussi de responsabilité.
06:04À partir du moment où vous mettez une climatisation,
06:06c'est parce qu'au préalable, vous avez fait tout ce que vous pouviez faire d'autre
06:10pour limiter les entrées d'énergie.
06:13Donc, avoir mis des stores aux fenêtres
06:15et surtout, pour les magasins, je pense notamment,
06:18avoir mis en place une porte coulissante ou une double porte
06:21qui évite les échanges d'air avec l'extérieur.
06:23C'est quand même hallucinant de se trimballer sur un trottoir
06:26et de se prendre une grande bouffée d'air froid qui sort d'un magasin
06:30parce que, en fait, c'est du gâchis.
06:32Et le gâchis, ce n'est pas de droite ou de gauche.
06:34C'est débile, le gâchis.
06:35Oui, c'est débile.
06:36C'est universellement débile.
06:38C'est universellement débile.
06:39Et quand on dit clim, c'est comme...
06:42Vous savez, c'est ce que nous vient à l'esprit
06:43de façon un peu mécanique pour les data centers,
06:47pour l'IA.
06:48On se dit, il faut une industrie nucléaire élargie.
06:52C'est ça, c'est ce qui d'ailleurs est prévu
06:54à l'horizon des années 30 qui arrivent.
06:57Un parc nucléaire élargi.
06:58Parce que sinon, on n'y arrivera pas.
07:00Ça vous paraît raisonnable en termes de transition énergétique ?
07:05C'est comme tout.
07:06Ce sont des choix.
07:08Oui, bien sûr, c'est une question de dosage.
07:11Le potentiel de déploiement du nucléaire,
07:15il n'est pas suffisant pour faire face
07:17à l'intégralité de la demande énergétique au niveau mondial.
07:21Parce qu'on n'a pas envie que n'importe quel pays
07:23ait accès à la technologie nucléaire, déjà.
07:26Et puis parce que, tout simplement,
07:28l'industrie est elle-même limitée
07:32parce qu'elle est capable de mettre sur la table
07:33tous les ans pour investir dans des nouveaux racleurs.
07:36Donc, moi, je ne suis pas contre le nucléaire.
07:38Je pense qu'il en faut.
07:39Ça fait partie du mix énergétique.
07:41Mais, ce ne sera pas suffisant.
07:45Donc, il n'y a pas de débat.
07:46Enfin, le débat pour ou contre le nucléaire,
07:49il n'est pas, pour moi, très intéressant.
07:51Il faudra du nucléaire dans tous les cas.
07:55Et après, on peut aussi démocratiquement décider
07:58qu'on est contre pour d'autres raisons.
08:00Il faudrait réussir à avoir un débat apaisé sur le nucléaire,
08:03ce qui n'est pas gagné du tout.
08:04Mais, à partir du moment où on est d'accord qu'il en faudra,
08:08ça ne sera pas pour autant suffisant.
08:10Il faudra aussi des énergies renouvelables.
08:12Et il faudra surtout des économies d'énergie
08:14parce que le meilleur kilowattheure,
08:17c'est celui qu'on ne consomme pas.
08:18Et c'est beaucoup plus facile de décarboner un mix énergétique
08:20si on a au préalable réduit la demande d'énergie globale.
08:24Et vous entendez les arguments qui sont développés,
08:27nos auditeurs nous appellent,
08:28souvent très énervés, Cédric Rijenbach,
08:31contre les énergies renouvelables,
08:34y compris solaires, d'ailleurs,
08:35ce qui peut paraître étrange.
08:38Les éoliennes, ça ne passe plus.
08:40On a l'impression que c'est nucléaire ou rien, désormais,
08:44dans le débat public.
08:45Oui, parce que les débats ont tendance à se cliver
08:49avec des camps, il y a les cours, les contres.
08:52Oui, il faut de la nuance.
08:53Quand vous interrogez des spécialistes de l'énergie
08:56qui ont travaillé, dont c'est le métier de travailler
09:00sur le mix énergétique français, européen ou mondial,
09:03ils vont tous vous dire qu'il faudra de tout.
09:06De tout ?
09:06Oui, il faudra du nucléaire,
09:09il faudra des énergies renouvelables,
09:10il faut absolument faire baisser les énergies fossiles
09:12et ça ne va pas être du jour au lendemain
09:13qu'on va s'en débarrasser.
09:15Et surtout, il faut faire baisser la consommation d'énergie.
09:18On gâche de l'énergie aujourd'hui.
09:20Donc, il faut commencer par limiter le gâchis
09:23et puis ensuite, faire de l'efficacité énergétique.
09:26Et puis, quand on aura fini par faire baisser
09:29notre consommation globale d'énergie,
09:31ce sera beaucoup plus facile de dégager prioritairement
09:33ce qui est le plus carboné.
09:34Allez, nous allons marquer une pause, Cédric Rijanbach.
09:36Vous avez des choses à dire également sur le détroit d'Hormuz
09:39parce que tout est lié aujourd'hui.
09:41On ne parle pas simplement du parc des climatiseurs en France.
09:45Il y a aussi notre façon de dépendre du fossile
09:49et de dépendre de situations géopolitiques
09:52qui nous contraignent et qui impactent également
09:54notre façon de consommer, de concevoir l'avenir.
09:57Tout de suite, vous nous appelez si vous voulez intervenir.
09:590826 300 300 avec Cédric Rijanbach,
10:02le fondateur de la fresque du climat
10:04pour la suite de La Vérité en Face.
10:08Le Grand Matin Sud Radio, La Vérité en Face,
10:12Jean-François Akili.
10:13Allez, 0826 300 300, vous nous appelez
10:16et nous sommes en ligne avec Hélène.
10:20Ah non, pas encore Hélène, qui va nous appeler,
10:23qui est bientôt en ligne.
10:25Là-dessus, Cédric Rijanbach voulait nous parler
10:27du détroit d'Hormuz.
10:29Je vous ai vu réagir tout à l'heure
10:30parce que nous l'évoquions avec nos auditeurs.
10:34En quoi c'est lié ?
10:36Ce n'est pas lié directement.
10:38Le détroit d'Hormuz nous pose des questions
10:40très intéressantes sur l'approvisionnement
10:42en énergie fossile
10:43et montre du doigt à quel point
10:46notre économie est dépendante
10:48de ces énergies fossiles.
10:50Donc, quand on a un phénomène géopolitique
10:54comme celui-là, la conséquence de ça,
10:57c'est qu'il y a moins de quantité
10:59d'énergie fossile.
11:01Et du coup, les choses deviennent
11:02tout de suite concrètes.
11:03Mais sur quoi on se focalise ?
11:05Quand il y a moins de pétrole,
11:07on se focalise sur son prix.
11:09Et on a l'impression que la solution
11:11consisterait à subventionner
11:13les énergies fossiles
11:14pour qu'on puisse ne plus avoir de problème.
11:16Mais ça ne résout rien.
11:17Ce n'est pas parce que vous subventionnez
11:19l'énergie à la pompe
11:21qu'il y en aura plus.
11:22Il n'y en aura pas plus.
11:24Donc, comment est-ce qu'on gère
11:25une situation comme celle-là ?
11:26À quoi ça sert d'avoir un prix ?
11:28Le prix, ça sert justement
11:29à matérialiser la pénurie.
11:31Il y en a moins.
11:32Ça coûte plus cher.
11:34Et qu'est-ce qui se passe
11:35quand ça coûte plus cher ?
11:36Eh bien, on va s'adapter.
11:37C'est-à-dire que soit
11:37on va être capable de produire plus.
11:39Là, ce ne sera pas le cas à court terme.
11:41Mais ça pourrait être le cas
11:42à plus long terme.
11:43Soit on va apprendre à s'organiser
11:46pour consommer moins.
11:47Et apprendre à s'organiser
11:49pour consommer moins,
11:49ça consiste à faire quoi ?
11:50Ça consiste à réfléchir,
11:52à faire la part des choses
11:53entre les dépenses indispensables
11:55et les dépenses un peu superflues.
11:58Et les dépenses superflues
11:59sont celles qui doivent être dégagées
12:02les plus rapidement.
12:04Mais ça veut dire quoi ?
12:04Ça veut dire que chacun doit prendre conscience
12:06de la chose, en fait ?
12:08C'est ça.
12:08C'est-à-dire qu'il y a un effet...
12:10Bien sûr, c'est très compliqué.
12:11Il y a un effet très court terme.
12:12C'est comme le tri sélectif
12:13et tout le reste.
12:14Exactement.
12:14Et puis, il faut bien distinguer
12:16le court terme et le moyen terme.
12:18Le court terme, c'est que c'est douloureux.
12:20On a un prix qui augmente.
12:22On ne peut plus payer son trajet
12:24pour aller travailler.
12:25On ne peut plus payer son fuel, etc.
12:28C'est douloureux sur le coup.
12:30Et après, il faut être capable
12:32d'organiser les choses pour la suite.
12:33La suite, c'est effectivement
12:35s'organiser pour moins consommer d'énergie,
12:39pour avoir des alternatives
12:40à notre mode de fonctionnement.
12:43Et ça peut nécessiter des investissements,
12:46ça peut nécessiter des choses
12:47qui vont se faire sur plusieurs semaines,
12:48plusieurs mois,
12:49et quelquefois même sur plusieurs années.
12:51Mais c'est indispensable.
12:52Parce que si on ne fait pas ça,
12:54on ne va pas être capable
12:54de baisser la consommation
12:56d'énergie fossile,
12:58qui est la seule réponse viable
13:00à long terme
13:01à une pénurie physique.
13:03Là, il y en a moins,
13:04il y a des quantités
13:04qui ne sont pas là.
13:05Concrètement, Cédric Christen,
13:06ça veut dire que chacun voit
13:07midi à sa porte,
13:08il faut de la pédagogie,
13:09il faut des campagnes,
13:10de vastes campagnes d'explications.
13:11Je pense qu'il faut de la pédagogie.
13:12Et là, on n'est pas sur la pédagogie
13:14sur les questions climatiques,
13:15on est sur la pédagogie
13:16sur la mécanique économique.
13:18C'est quoi l'équilibre des prix ?
13:21Les prix servent à générer
13:23des équilibres
13:24qui permettent de réguler les choses.
13:26Donc, le prix augmente.
13:27Sur le coup, c'est douloureux.
13:28Il faut accepter
13:29que ce soit douloureux.
13:30Il y a de la demande
13:31qui va être détruite.
13:32Et puis ensuite,
13:33il y a de l'adaptation
13:33qui va se faire,
13:34à la fois du côté de l'offre
13:35et du côté de la demande.
13:36Et en l'occurrence,
13:38ce sera surtout du côté de la demande.
13:39Parce que si en plus,
13:40il faudrait dire
13:40que nos émissions de CO2,
13:41ça tomberait bien
13:42d'arriver à se passer
13:43de ces énergies fossiles.
13:45Et ça, ça passe par des investissements.
13:46Et ces investissements,
13:47ce n'est pas on claque des doigts
13:48et c'est parti.
13:49Ça prend du temps,
13:50il faut s'organiser, etc.
13:51Ce qui nous manque beaucoup aussi
13:53dans cette histoire,
13:53c'est une vision à long terme.
13:55Là, on réagit au coup par coup
13:56parce qu'il y a le détroit d'Ormousse.
13:57Mais il faut être capable
13:58de profiter de cette occasion
13:59qui est un choc court terme
14:00pour réfléchir à du plus long terme.
14:02Comment est-ce qu'on réduit
14:04autant qu'on en est capable
14:06notre dépendance aux énergies fossiles ?
14:08C'est une question
14:09de souveraineté énergétique.
14:10Et vision à long terme
14:11pendant une campagne électorale,
14:12c'est encore plus compliqué.
14:13C'est encore plus difficile.
14:14Hélène, vous êtes à Bourg-la-Reine.
14:15Bonjour Hélène.
14:17Oui, bonjour.
14:18Merci de prendre mon appel.
14:20Alors, Cédric,
14:20Christian Bach vous écoute
14:21avec beaucoup d'attention.
14:22Que voulez-vous dire ce matin ?
14:23je suis très sensible
14:24à ce que vous dites.
14:25Je travaille dans les écoles,
14:27donc je suis impactée
14:30moins que les enfants,
14:31mais je le suis.
14:31Mais là, ce que je viens d'entendre,
14:32enfin, pas vous,
14:34je suis tombée sur un article
14:35de Disclose
14:37où le gouvernement Ibercy
14:38aurait forcé l'ADEME
14:40à financer une multinationale
14:43qui est l'une des plus grosses
14:46émettrices de CO2,
14:47à savoir INEOS.
14:49Je voulais savoir,
14:49voilà, est-ce que vous êtes
14:50au courant de ça ?
14:51Et si oui,
14:52moi, je veux bien être,
14:53comment dire,
14:54être exemplaire,
14:54donc en faut-il que l'État le soit.
14:57Alors, sur l'exemplarité,
14:58je ne suis pas du tout au courant
15:00de cette affaire
15:01et donc je ne vais surtout pas
15:01m'exprimer dessus.
15:03Non, non, bien sûr,
15:03c'est moi, c'est bien des clauses,
15:04donc c'est...
15:08Mais sur l'exemplarité,
15:09je vous rejoins,
15:10il y a un besoin d'exemplarité
15:12et c'est très important
15:13que l'État montre l'exemple
15:14parce que l'État,
15:15il est dépositaire
15:16de l'intérêt général.
15:18Et c'est d'autant plus important
15:20qu'il soit exemplaire
15:21pour cette raison-là.
15:23La notion d'exemplarité,
15:24je vais la questionner
15:26quand on l'utilise
15:28pour les individus.
15:30Évidemment que c'est mieux
15:31d'être exemplaire.
15:32Moi, personnellement,
15:33voilà,
15:33je suis le créateur
15:34de la fresque du climat,
15:35c'est sûr que si je prenais
15:35l'avion tous les quatre matins,
15:37ce serait un peu bizarre.
15:38Mais si on en fait
15:40un totem de cette exemplarité,
15:42ça veut dire quoi ?
15:43Ça veut dire que
15:44tous ceux qui veulent sauver le climat,
15:46qui veulent être écolos,
15:48ils vont réduire au maximum
15:50leur empreinte.
15:51Du coup,
15:51ils vont limiter
15:52leur capacité d'action
15:53sur le monde
15:54et en ces cas-là,
15:55ils ne vont pas être capables
15:56d'être assez efficaces
15:57dans leur lutte
15:59contre le changement climatique.
16:01Donc,
16:02à un moment donné,
16:03il faut aussi avoir le courage
16:06de regarder en face
16:07la limite que représente
16:08cette notion
16:09de geste individuel
16:11et décider collectivement
16:14que c'est un changement
16:15de règles du jeu global
16:16dont il s'agit
16:18et qu'il faut du coup
16:19changer les règles du jeu
16:20comme par exemple
16:21mettre un prix au carbone
16:23comme on l'envisage
16:24pour lutter
16:25contre le changement climatique
16:27et puis avoir
16:28des changements réglementaires
16:30qui font que tous,
16:31autant que nous sommes,
16:33nous allons devoir
16:34devenir écolos
16:35par la force des choses
16:36tout simplement
16:36parce que ça coûte moins cher.
16:37Hélène,
16:38quelle serait une mesure
16:39que vous souhaiteriez voir
16:40appliquer au quotidien
16:42pour vous soulager
16:43dans votre activité
16:44par exemple ?
16:44C'est de la transparence
16:45par rapport à ce qui se passe
16:46et pour moi,
16:46c'est un gouvernement voyou,
16:47je suis désolée
16:48de parler comme ça
16:49mais je veux dire,
16:50il y a des magnifiques
16:52initiatives citoyennes
16:53et ça, encore heureux
16:54mais quand on entend ça,
16:57je ne sais vraiment
16:58plus quoi dire.
16:59Les bras m'en sont tombés
17:01quand j'ai lu cet article.
17:02En fait,
17:03vous évoquez
17:03un article
17:04de Disclose
17:06qui dit
17:08que l'État
17:10et Bercy
17:10auraient détourné
17:12l'aide de l'ADEME
17:12pour financer
17:13une grosse multinationale
17:15qui est très émettrice
17:16en CO2.
17:16Qui est INEOS
17:18dans des projets
17:18d'aménagement
17:19qui n'auraient rien à voir
17:21avec l'écologie,
17:23nous dit Disclose,
17:24donc avoir
17:25les suites
17:26qui seront données
17:26à ces révélations.
17:28Merci Hélène,
17:29merci pour votre intervention
17:31ce matin
17:32en espérant que vous
17:33puissiez traverser
17:34cet épisode
17:35sans trop de difficultés.
17:37Ça finira bien
17:37par s'arrêter
17:38cette canicule
17:39mais elle est partie
17:40pour durer.
17:41La France est-elle
17:42en retard réellement
17:43le Cédric Rischenbach ?
17:45Est-ce que ce matin
17:46nous écoutions
17:47Agnès Pannier-Runacher
17:47qui était notre invité,
17:48ancienne ministre
17:49de la Transition écologique
17:50qui dit grosso modo
17:51avoir claqué la porte
17:52parce que tout ce qu'elle voulait
17:53au fond mettre en place
17:55demeurait sans suite.
17:57C'est la parole performative
17:58politique habituelle.
17:59Vous pensez
18:00qu'il y a une sorte
18:01d'angle mort français
18:03sur les questions
18:04de développement durable
18:05et de lutte
18:06contre le dérèglement climatique ?
18:08Je ne suis pas sûr.
18:09J'ai l'impression
18:10que c'est partout pareil.
18:12J'ai même le sentiment
18:13qu'en France
18:13on est un peu en avance
18:14sur d'autres pays.
18:17Moi personnellement
18:17j'ai pu voyager
18:19et rencontrer
18:21des amis
18:21qui sont des animateurs
18:23de la fresque du climat
18:23dans d'autres pays.
18:24Donc souvent
18:25c'était des français expats
18:26qui vivaient sur place
18:27et qui connaissaient très bien
18:28l'écosystème du pays
18:30dans lequel ils vivaient.
18:31et je leur ai demandé
18:32si dans leur pays
18:33il y avait l'équivalent
18:34de la fresque du climat
18:35du shift project
18:36des associations
18:37qu'on connaît
18:38de la convention citoyenne
18:40pour le climat
18:41et puis par la suite
18:42aussi il y a eu
18:42une entreprise privée
18:44un projet
18:45un peu plus associatif
18:46qui est la convention citoyenne
18:48la convention des entreprises
18:49pour le climat.
18:50Tous ces projets associatifs
18:54du terrain
18:55ils ne connaissaient pas
18:56l'équivalent dans ces pays-là.
18:58Je pense qu'en France
18:59on a une longueur d'avance
18:59et moi personnellement
19:01je pense que
19:01notre Jean-Marc Jean-Covici
19:03national
19:04il est pour quelque chose
19:04ça fait depuis 25 ans
19:05maintenant
19:06qu'il ferraille
19:07qu'il ferraille
19:08exactement sur ce sujet
19:09et il a inspiré
19:11énormément de gens
19:12moi y compris
19:12j'ai bossé à ses côtés
19:13et je pense vraiment
19:15qu'on a une avance
19:16en termes au minimum
19:17de sensibilisation.
19:18Après
19:19si on regarde les pays
19:20un par un
19:21ils vont être un peu plus écolos
19:22sur un domaine
19:23un peu moins sur un autre
19:25etc.
19:26et globalement
19:27il y a un retard massif
19:28au niveau mondial
19:29je ne sais pas
19:30si la France est mieux
19:30ou moins bien louté
19:31que les autres.
19:31En tout cas
19:32l'adaptation est nécessaire
19:34c'est ce que vous nous dites
19:35ce matin.
19:36Merci à vous Cédric Regenbach
19:37je rappelle
19:38ingénieur fondateur
19:39de la fresque du climat
19:41vous l'avez largement évoqué
19:42merci de nous avoir éclairé
19:43en ce lundi matin
19:44bonjour à vous
19:46Mettez-vous d'accord au menu ?
19:48Alors écoutez
19:49canicule
19:49canicule
19:50canicule
19:51et puis la climatisation
19:52qui est devenue
19:53un sujet
19:54politique
19:55les différents
19:58dirigeants
19:58s'écharpent
19:59sur le sujet
20:00passe d'armes
20:01entre Marine Le Pen
20:02et Jean-Luc Mélenchon
20:04et puis
20:05la clim
20:05effectivement
20:06sera au coeur
20:07de nos débats
20:08tout à l'heure
20:09à 10h
20:10l'affaire Epstein
20:12est-elle
20:14symptomatique
20:14d'un système
20:15plus vaste
20:15de prédation sexuelle ?
20:17On va revenir
20:17sur l'enquête
20:18de Marie Perrault
20:19passionnante
20:19publiée aux éditions
20:21Stock
20:22elle remonte
20:22à ces années 80
20:24où les mannequins
20:26étaient
20:27considérés
20:28comme
20:30de la chair
20:31à canon
20:31pour
20:32des prédateurs
20:33elle va nous raconter
20:34tout ça
20:35et le lien
20:36avec l'affaire Epstein
20:36à tout de suite
20:37bonne émission
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