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  • il y a 7 semaines
En 1983, Luc Tangorre est condamné à 15 ans de prison pour avoir violé plusieurs femmes à Marseille. Mais même après son procès, il continue de clamer son innocence et un comité de soutien se forme autour de lui. Crime story raconte cette affaire dans un podcast en quatre parties. 


Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Ecriture et voix : Clawdia Prolongeau et Damien Delseny - Production : Barbara Gouy - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : Audio Network - Archive : INA.

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Transcription
00:01Bonjour, je suis Claudia Prolongeau et vous écoutez Crime Story, le podcast fait divers du Parisien.
00:07Un jeune garçon de 10 ans a été tué par balle.
00:10Des aveux, 33 ans après.
00:12Son corps a été retrouvé un mois plus tard.
00:14Des hommes cagoulés ont tiré sur les mariés alors qu'il...
00:17Chaque semaine, je vous raconte une grande affaire criminelle avec le chef du service police-justice du Parisien, Damien Delceny.
00:23Et je vous rappelle que jusqu'au 14 juillet, Crime Story est en partenariat avec France Télévisions qui met en
00:29ligne 4 films inspirés par des faits divers.
00:32Vous pouvez en retrouver la liste directement sur la plateforme France TV.
00:40Bonjour Damien.
00:41Bonjour Claudia.
00:42Aujourd'hui dans Crime Story, les épisodes 1 et 2 sur 4 de cette affaire, Luc Tangor, une vie de
00:48mensonge.
00:49Année 80, Luc Tangor est accusé d'être un violeur en série.
00:53Il nie, bénéficie d'un comité de soutien composé d'intellectuels.
00:57Il est partiellement gracié par François Mitterrand, président de la République.
01:01Mais est-ce un innocent ou un prédateur qu'on a remis en liberté ?
01:08Printemps 1981.
01:09Dans quelques semaines, François Mitterrand sera élu président de la République
01:13et offrira ainsi à la gauche sa première accession à la fonction suprême sous la Vème République.
01:19En attendant, la campagne présidentielle bat son plein.
01:23Dans le débat public, les thèmes principaux sont la peine de mort,
01:26la peur de l'emprise du communisme russe si la gauche arrivait au pouvoir,
01:29la paix dans le monde et l'épargne des ménages.
01:33Le mercredi 1er avril, Sylviane, une femme de 31 ans qui vit dans le 8e arrondissement de Marseille,
01:39rentre chez elle en voiture vers 2h du matin.
01:42Ce quartier plutôt chic et très étendu va quasiment du vieux port à l'entrée du parc national des Calanques.
01:49Une fois sa voiture garée, Sylviane descend et s'apprête à marcher jusqu'à son domicile.
01:54Mais un homme l'arrête en lui braquant un pistolet sur la tempe.
01:57Il lui dit qu'il ne lui veut aucun mal, mais qu'il est en cavale et qu'il a
02:01besoin de son aide.
02:03Sylviane essaie de s'opposer à lui, mais il l'oblige à remonter dans sa voiture.
02:07Sous la menace de son arme, elle s'exécute.
02:11Installée à côté d'elle, la tenant toujours en joue, l'homme fait conduire Sylviane dans les rues de Marseille,
02:16en s'éloignant du centre-ville.
02:18La voiture arrive bientôt sur le parking de la Calanque de Morgiou, au pied de la Garigue.
02:23L'agresseur dit à Sylviane de se garer.
02:25Puis il lui annonce qu'il va la violer, mais que si elle fait ce qu'il lui dit, elle
02:29aura la vie sauve.
02:30Sylviane est terrorisée et obéit à son agresseur.
02:34Après le viol, il lui demande tranquillement de le ramener en voiture et de le déposer à la hauteur d
02:40'une résidence où il dit avoir garé sa mobilette.
02:43Sylviane dira plus tard avoir été frappée par la douceur et la politesse de cet homme pendant le trajet,
02:50en comparaison de la violence avec laquelle il l'avait traité quelques minutes plus tôt.
02:55Après avoir déposé l'homme, Sylviane, qui est sous le choc, mais soulagée d'être encore en vie, rentre chez
03:00elle.
03:01Le lendemain matin, elle se précipite au commissariat pour porter plainte pour viol.
03:06Très lucide, elle est capable de faire le portrait robot de l'homme qui l'a violée.
03:11Elle décrit quelqu'un d'âgé de 20 à 25 ans, d'environ 1m70, de type européen, brun, avec une
03:18moustache noire.
03:19Au moment de l'agression, il portait des tennis blanches et un blouson de couleur sombre.
03:24A l'occasion de ce dépôt de plainte, Sylviane apprend qu'elle n'est pas la seule à avoir été
03:29victime d'une telle agression dans le secteur.
03:31Depuis la fin de l'année 1979, depuis un an et demi donc, ce sont en fait 9 femmes avant
03:38elle qui sont venues porter plainte pour agression sexuelle ou viol.
03:48Damien, ces autres faits ont été commis dans le 8e arrondissement ou le 9e arrondissement de Marseille.
03:54Oui, donc dans des quartiers voisins. Le 9e englobe aussi le quartier des Calanques, qui est certes très éloigné du
04:02centre-ville, même quasiment rural.
04:04À certains endroits, on arrive vraiment dans la forêt, dans la garrigue. Là aussi, c'est plutôt quand même un
04:08quartier chic, résidentiel et relativement calme la nuit.
04:12Les 9 autres femmes racontent à peu près la même chose que Sylviane.
04:16Oui, un mode opératoire qui est très proche. Un homme qui les aborde le soir, souvent au moment où elles
04:21sortent de leur voiture, et qui leur dit qu'il est non seulement armé, mais qu'il est aussi en
04:26cavale, mais qu'il ne va leur faire aucun mal.
04:28Il a simplement besoin d'aide.
04:30Alors certaines disent qu'une fois que l'homme prend la fuite, après le viol, elles l'entendent a priori
04:36repartir plutôt dans une voiture.
04:39Elles identifient le bruit de cette voiture plutôt à un modèle de chevaux, qui est une voiture très répandue, Citroën
04:45à l'époque.
04:45Elles disent aussi que l'homme qui les a violés a utilisés comme lubrifiant de la vaseline ou de l
04:52'huile de moteur.
04:53Cet homme est tout de suite surnommé le violeur des quartiers sud et une psychose s'installe dans Marseille.
04:59Oui, les femmes ont peur de sortir de chez elles. Elles se font accompagner à juste titre.
05:03D'ailleurs, puisqu'on sait que cet homme, il rôde, il n'a toujours pas été arrêté, que ça fait
05:08un an et demi que ça dure, qu'il y a au moins dix victimes.
05:10On dit au moins parce qu'il y en a peut-être davantage, mais elles n'ont pas toutes forcément
05:15déposé plainte.
05:16Et d'ailleurs, rapidement, ce ne sont plus dix femmes, en comptant Sylvie, mais dix sept qui dénoncent des viols
05:23ou agressions sexuelles commises par un individu qui semble avoir un mode opératoire assez précis.
05:28Oui, les témoignages vont se multiplier. C'est-à-dire, une fois que l'affaire est rendue publique, elle est
05:33médiatisée, des femmes vont reconnaître le mode opératoire et elles vont toutes dresser le même portrait que celui qu'a
05:39fait Sylviane de son agresseur.
05:41Donc, les enquêteurs, ils disposent quand même de beaucoup d'éléments. Ils ont une description physique, un portrait robot assez
05:47précis.
05:48Malheureusement, ça ne suffit pas à ce moment-là encore pour appréhender le violeur des quartiers sud.
05:56Le préfet de police et le préfet de région donnent l'ordre à tous les services de police, police judiciaire,
06:02sûreté urbaine et renseignements généraux, de se concentrer sur le violeur des quartiers sud.
06:08Tous ont pour mission de le trouver. La pression est forte sur eux. Mais c'est finalement par hasard que
06:14des agents le débusquent.
06:15Le soir du dimanche 12 avril 1981, moins de deux semaines après le dépôt de plainte de Sylviane, une patrouille
06:22croise à l'angle de la rue d'Aumier et de l'avenue du Prado un homme qui attire leur
06:27attention.
06:28Il ne fait rien de particulier, mais son comportement semble bizarre.
06:32Les policiers le contrôlent. Il s'appelle Luc Tangor, il est étudiant en sport, il a 22 ans et il
06:39attend un ami qui, dit-il, va arriver d'une minute à l'autre.
06:42Les policiers lui posent d'autres questions et se disent, entre eux, qu'il ressemble quand même fortement au portrait
06:49robot du violeur des quartiers sud.
06:51Comme ce dernier, il est jeune, a les cheveux courts, bruns, une petite moustache et une carrure élancée.
06:58Les policiers remarquent aussi qu'il a des baskets blanches similaires à celles décrites par les victimes.
07:03Luc Tangor essaie de donner le change et dit aux policiers qu'il est garé juste à côté.
07:07Sans le savoir, il leur donne en fait une nouvelle raison de le soupçonner d'être le violeur, puisque le
07:14véhicule qu'il désigne est une de chevaux.
07:17Exactement le modèle de voiture que plusieurs des victimes pensent avoir identifié au bruit qu'elle a fait en démarrant.
07:29Damien, les policiers décident de fouiller la voiture de Luc Tangor.
07:33Et à l'intérieur, il trouve un couteau emballé dans du papier.
07:37Alors ça commence à faire pas mal d'éléments quand même pour un simple contrôle, mais l'étudiant va se
07:42défendre.
07:42Il va dire que c'est un couteau qu'il utilise pour couper de la viande.
07:46Alors on ne comprend pas très bien ce qu'il fait dans une voiture emballée dans du papier.
07:49Et effectivement, ça ne suffit pas à convaincre et à rassurer les policiers qui décident de l'interpeller pour le
07:56ramener au commissariat.
07:58Luc Tangor est placé en garde à vue.
08:00À cette époque-là, on n'est pas en mesure d'utiliser son ADN pour confirmer ou infirmer l'hypothèse
08:05selon laquelle il est le violeur des quartiers sud.
08:08Oui, l'ADN, là, ce n'est même pas la préhistoire.
08:10Ça n'existe pas à cette époque-là.
08:12Ça aurait été évidemment beaucoup plus simple.
08:15Mais là, on est dans une procédure plus ancienne, des années 80.
08:19Donc on va simplement le mettre face aux témoignages, aux suspicions, à sa ressemblance physique,
08:25à certains éléments du dossier qui le mettent en cause.
08:28Mais lui, il va tout nier de manière catégorique, constante et aussi, il faut le dire, de manière assez convaincante.
08:37Les enquêteurs décident de faire venir certaines victimes au commissariat pour savoir si elles le reconnaissent.
08:43C'est ce qu'on appelle un tapissage.
08:45Alors pour cela, on va choisir 4 ou 5 policiers qui ont à peu près la même carrure, le même
08:50physique.
08:51On ne cherche pas des jumeaux, mais on cherche des gens qui ne soient quand même pas trop différents de
08:54Luc Tangor.
08:55Ces policiers vont être habillés avec des vêtements civils, évidemment.
08:58Ils ont une moustache, comme Luc Tangor.
09:00Puis on va les positionner les uns à côté des autres, avec chacun un numéro dans la main,
09:05derrière une vitre sans teint.
09:06On fait venir des victimes qui les observent derrière cette vitre sans teint
09:11pour savoir si elles reconnaissent dans ce groupe d'hommes qui leur est présenté leur agresseur.
09:15Évidemment, au milieu de ces policiers moustachus, on a mis Luc Tangor, le suspect, avec une pancarte et un numéro.
09:22Et 4 des victimes qui vont défiler derrière la glace sans teint vont désigner Tangor comme l'homme qui les
09:28a violés.
09:31Sylviane, en particulier, est formelle, à tel point qu'elle jure spontanément aux enquêteurs
09:36que si elle avait le moindre doute, elle ne prendrait pas le risque d'envoyer un innocent en prison,
09:41preuve qu'elle a conscience de l'importance et de la gravité de ses déclarations.
09:46D'autres femmes, en voyant le panel d'hommes qui leur est présenté,
09:50hésitent et ne désignent pas particulièrement Luc Tangor.
09:54Pendant le temps de sa garde à vue, les policiers organisent une perquisition chez lui.
09:58Dans l'appartement de Luc Tangor, un studio situé en contrebas de la corniche à Marseille,
10:03ils retrouvent un pistolet factice.
10:05Sur ce pistolet, il y a des traces de terre.
10:08Or, une des victimes a décrit que pendant qu'il l'a violée,
10:12l'agresseur a posé le pistolet sur le sol.
10:16De la terre est prélevée sur l'arme factice et envoyée en laboratoire pour analyse.
10:20Les enquêteurs dénichent également une parka avec des traces de graisse
10:24qui prend, elle aussi, le chemin du laboratoire.
10:28En quelques heures, les résultats reviennent.
10:31Les traces de graisse sont plus précisément des traces de vaseline et d'huile de moteur.
10:36Quant à la terre, c'est la même que celle prélevée sur le parking de Morgiou.
10:41Les policiers sont décontenancés.
10:43Cette série d'éléments est très probante.
10:46Mais l'enquête de personnalité de Luc Tangor ne colle absolument pas
10:49avec les faits qui lui sont reprochés.
10:51L'étudiant en sport est un jeune homme parfaitement inséré,
10:54élevé par des parents aimants avec lesquels il s'entend très bien
10:57et son casier judiciaire est vierge.
10:59Il n'a jamais eu d'ennuis avec la police,
11:02ni pour des infractions à caractère sexuel,
11:04ni pour d'autres types de délits.
11:06Né en 1959 à Saint-Etienne,
11:09il fait ses études à Marseille,
11:10où ses enseignants le décrivent comme un élève gentil,
11:13bien élevé,
11:13comprenant parfaitement ce qu'on attend de lui.
11:16Il a de nombreux amis
11:17et même une fiancée dont il est très amoureux semble-t-il
11:20et qui certifie aux policiers
11:22que sa sexualité est tout à fait normale.
11:25Il n'a jamais été violent,
11:27ni avec elle,
11:28ni avec d'autres personnes.
11:29Il se destine à devenir professeur de sport
11:32et il s'est déjà illustré dans l'enseignement
11:34en donnant des cours d'alphabétisation à des migrants.
11:37Luc Tangor n'est pas seulement quelqu'un
11:39qui n'a jamais eu de problème.
11:41Il est un jeune homme solaire
11:42et très populaire.
11:48Damien, encore aujourd'hui,
11:49l'opinion publique a parfois du mal à imaginer
11:52que ce type de profil puisse correspondre
11:54à celui d'un criminel,
11:56mais à l'époque, c'est encore plus le cas.
11:57Oui, alors d'autant qu'on va le redire,
11:59à l'époque,
12:00il n'y a pas de preuves scientifiques
12:02dans ce type de dossier.
12:03Donc on se fie à quoi ?
12:04On se fie à la personnalité,
12:06à ce qu'on peut essayer de ressentir
12:08de quelqu'un d'un suspect.
12:10Alors lui, évidemment,
12:12il n'est pas du tout,
12:12ce n'est pas un marginal,
12:13ce n'est pas quelqu'un
12:14qui a eu une enfance compliquée,
12:16qui a déjà eu affaire à la justice
12:18ou à la police.
12:19C'est quelqu'un,
12:20presque un fils modèle,
12:21presque un étudiant modèle.
12:22Donc ça paraît tout à fait invraisemblable
12:24que cet homme,
12:25bien sous tout rapport,
12:27qui a une petite amie,
12:28qu'il décrit comme quelqu'un
12:28de parfaitement respectueux,
12:30puisse être cet homme
12:31qui se transforme la nuit
12:33en un redoutable
12:34et terrible violeur.
12:36En plus,
12:37depuis la minute 1
12:38de son arrestation,
12:39il nie,
12:40il nie avec force,
12:41il dit même
12:42qu'il est victime
12:43d'un immense quiproquo
12:44et qu'en fait,
12:45il est là
12:46parce qu'il ressemble
12:47tout simplement,
12:48physiquement,
12:49comme deux gouttes d'eau
12:50au violeur,
12:50mais que ce n'est pas ça
12:51qui fait de lui un coupable,
12:53ce n'est pas une simple
12:53ressemblance physique
12:54avec un portrait robot
12:55qui doit l'emmener en prison.
12:57Donc cette force
12:58qu'il a pour nier,
12:59déjà crier à l'erreur judiciaire,
13:01elle va finir
13:01par instiller le doute
13:03chez pas mal de monde,
13:05y compris d'ailleurs
13:05dans les rangs
13:06des enquêteurs
13:06de la police,
13:07mais évidemment,
13:08les seules qui continuent
13:10à être sûres
13:11de ce qu'elles disent,
13:12ce sont les victimes
13:13qui, elles,
13:14l'ont reconnue
13:14de manière formelle
13:16et qui, elles,
13:16ne varient pas.
13:17Malgré tout,
13:18les victimes arrivent
13:19à convaincre
13:20le juge d'instruction
13:21puisque Luc Tangor
13:22est mis en examen
13:23pour viol
13:23et incarcéré
13:24à la prison des Beaumettes
13:25en détention provisoire.
13:27Sa famille, elle,
13:28ne croit pas du tout
13:29à sa culpabilité.
13:30Alors, les jours
13:30qui suivent son arrestation,
13:32il y a évidemment
13:33une campagne médiatique.
13:34La photo de Luc Tangor
13:35s'affiche en une
13:36des quotidiens,
13:37notamment des quotidiens marseillais,
13:38avec la mention
13:39« Le violeur des quartiers sud,
13:41c'était lui ».
13:42Mais chez les Tangors,
13:43évidemment,
13:44on protège,
13:45on essaie de défendre
13:46le fils
13:46et pour eux,
13:47ça semble totalement impossible.
13:49Et dans la maison
13:50de Marseille
13:50où vivent ses parents,
13:52on organise
13:53déjà la riposte.
13:54Je me bats avec force
13:56par ce qui s'est passé
13:57pour Luc.
13:57Demain, ça peut se passer
13:59pour n'importe qui.
14:00Parce que n'oubliez pas,
14:01Luc a été arrêté
14:02que par un simple contrôle
14:03d'identité.
14:04Et justement,
14:05je me bats de toutes mes forces
14:06parce que je suis convaincu
14:07de son innocence.
14:08Les éléments du dossier
14:09prouvent
14:10que Luc est innocent.
14:11Nous en avons
14:12la preuve formelle.
14:14Luc Tangor
14:15prend comme avocate
14:16Anne Disler.
14:17C'est pas n'importe qui.
14:18Cette avocate,
14:19elle est très engagée,
14:20notamment pour la Ligue
14:21des droits de l'homme
14:22et elle pointe des manques
14:23et des incohérences
14:24dans l'enquête.
14:25Elle dit que par exemple,
14:26sur la séance de tapissage,
14:27celle où on l'a reconnue
14:28quand il était au milieu
14:29des autres policiers,
14:31il était le seul,
14:31Luc Tangor,
14:32à porter les fameuses
14:33baskets blanches
14:34dont parlaient plusieurs victimes
14:35quand les autres policiers
14:36qui jouaient un rôle,
14:37eux,
14:38étaient avec des chaussures
14:38de ville,
14:39entre guillemets.
14:40Donc forcément,
14:41elle explique que ça attirait
14:42l'attention des victimes
14:43qui ont reconnu
14:44les baskets blanches
14:45et qui ont donc reconnu
14:46leur violeur
14:46et donc Luc Tangor.
14:48Il dit aussi que ceux
14:49qui se tenaient à côté
14:50de Luc Tangor
14:50toujours pendant cette séance
14:52de tapissage
14:52étaient beaucoup plus grands
14:53que lui
14:54et qu'il était finalement
14:55le seul à faire la taille
14:57décrite par les victimes.
14:58Elle pense donc
14:59qu'en quelque sorte,
14:59on a pu fausser
15:01ces témoignages
15:01ou en tout cas inciter
15:02ces victimes
15:03à désigner Luc Tangor.
15:05Il y a aussi
15:06l'histoire du pistolet factice
15:08dont personne n'a parlé
15:09avec son bouchon rouge,
15:11le fait que la deux chevaux,
15:12elle aurait en fait été acquise
15:13un an après les faits
15:15alors qu'on lui reproche
15:16que ce soit la voiture
15:18reconnue par certaines victimes.
15:19Et puis,
15:20il y a aussi
15:21l'alibi de Luc Tangor
15:22pour certaines des agressions.
15:24La nuit du viol
15:24de Sylviane,
15:25par exemple,
15:26il affirme
15:27qu'il ne pouvait pas
15:27se trouver
15:28sur le parking
15:29de la Calanque
15:29de Morjoux
15:30car il était hospitalisé
15:32pour une réaction allergique
15:34et qu'il était toujours
15:35le lendemain hospitalisé
15:37alors qu'a eu lieu
15:38un autre viol.
15:39Donc,
15:40qu'est-ce qu'on fait ?
15:40On vérifie
15:41le registre de l'hôpital
15:43et qu'est-ce qu'il indique
15:44ce registre de l'hôpital ?
15:45Et bien qu'en effet,
15:46Luc Tangor,
15:47il n'est pas sorti
15:48de l'hôpital ce jour-là.
15:50Soutenu par sa famille,
15:51Luc Tangor
15:52crie à l'erreur judiciaire.
15:53Avec son avocate,
15:55maître Anne Disler,
15:56il constitue un dossier
15:57et depuis sa cellule,
15:59à ses proches,
15:59il écrit
16:00qu'il est la victime
16:01dans cette affaire,
16:02persuadé
16:03qu'il ne fait que ressembler,
16:04par malchance,
16:05au portrait robot du violeur
16:07et que c'est
16:08une terrible méprise.
16:09Les amis de Luc Tangor
16:11sont particulièrement mobilisés
16:12pour prouver l'innocence
16:13de leurs camarades.
16:14Il notifie aux enquêteurs
16:16que l'un des soirs
16:17où l'étudiant
16:18aurait violé une femme,
16:19il était à une fête avec eux
16:20et que ça ne peut pas être lui.
16:22Luc Tangor lui-même
16:23est posé,
16:25didactique
16:25et détaille
16:26pourquoi tel jour
16:27il ne pouvait pas être
16:28à tel endroit
16:29et tel autre jour
16:30à tel autre.
16:31Il n'a pas toujours
16:32un alibi solide,
16:33mais son calme
16:34et sa détermination
16:35à prouver son innocence
16:36ne laisse pas indifférents
16:38ceux qui s'intéressent
16:39à l'affaire.
16:40Le jeudi 13 mai 1982,
16:43alors que Luc Tangor
16:43est en détention provisoire
16:45depuis un peu plus d'un an,
16:46il entame une grève
16:47de la faim
16:47pour dénoncer
16:48la lenteur de l'instruction
16:49et la partialité,
16:51selon lui,
16:52des juges
16:52et des enquêteurs.
16:54Il dit préférer mourir
16:55plutôt que vivre
16:56dans ces conditions.
16:58Dans la foulée,
16:59le personnel de l'hôpital
17:00où il a été admis
17:01le jour du viol de Sylviane
17:02est entendu
17:03et personne
17:04ne se souvient
17:05de son hospitalisation.
17:06Le registre d'admission
17:08indique bien
17:08que Luc Tangor
17:09a été hospitalisé,
17:10mais pas quand
17:11cette hospitalisation
17:12s'est terminée.
17:13Et personne
17:14ne se souvient
17:15de ce patient.
17:16Le patient
17:17qui partageait sa chambre
17:18n'est pas non plus capable
17:19de donner une indication
17:20sur le moment
17:21où son voisin
17:22a quitté l'établissement.
17:23« Évidemment, »
17:24répond Luc Tangor,
17:25« 14 mois plus tard,
17:26ils ont oublié. »
17:27Autour de l'étudiant,
17:28les soutiens gonflent.
17:30Ce ne sont plus seulement
17:31ses proches
17:31qui crient à l'innocence
17:32de Luc Tangor,
17:33mais aussi des anonymes.
17:35Des pétitions sont signées
17:36et 11 jours plus tard,
17:38le lundi 24 mai,
17:39un comité officiel
17:41de soutien
17:41à l'étudiant
17:42se constitue.
17:43Dans ses rangs,
17:44de nombreux intellectuels,
17:45parmi lesquels
17:46l'historien
17:47Pierre Vidal-Naquet,
17:48les écrivains
17:49Gilles Perrault,
17:50Marguerite Duras
17:51et Françoise Sagan,
17:52ou encore
17:52les hommes politiques
17:53Jean-Claude Godin
17:54et Albin Chalondon,
17:56un ancien ministre
17:57de la Justice.
18:07Damien Delsenis,
18:08c'est dans ce contexte
18:09que s'ouvre
18:09le procès
18:10de Luc Tangor
18:11le mercredi 19 mai 1983,
18:14deux ans après
18:15la plainte pour viol
18:16de Sylviane,
18:17devant les assises
18:18des Bouches-du-Rhône
18:19à Aix-en-Provence.
18:20Au total,
18:20ce sont 11 faits
18:22qui ont été retenus.
18:23Six accusations
18:24ont fait l'objet
18:25d'un non-lieu,
18:26c'est-à-dire que la justice
18:27a estimé qu'il n'y avait
18:28pas d'éléments suffisants
18:29pour le poursuivre
18:30sur ces faits-là
18:32avant l'ouverture
18:33du procès.
18:33Alors parmi ces 11 faits,
18:354 sont considérés
18:36comme des viols.
18:37Pourquoi les autres
18:38ne le sont pas
18:39et sont considérés
18:40comme des agressions sexuelles ?
18:41Parce qu'à l'époque,
18:42une fellation,
18:43par exemple,
18:43ne pouvait pas être
18:45considérée comme un viol.
18:46Donc,
18:46on le poursuit
18:47devant les assises
18:49pour 4 viols,
18:50une tentative
18:51et 6 attentats
18:53à la pudeur
18:53commis avec arme.
18:55Alors c'est l'expression
18:55de l'époque
18:56qui est dans la loi
18:56les attentats à la pudeur.
18:58Ensuite,
18:58c'est devenu
18:58des atteintes sexuelles,
18:59etc.
19:00Mais là,
19:00à l'époque,
19:00on parle d'attentats
19:01à la pudeur.
19:02Les victimes sont là
19:03et elles maintiennent
19:04que l'homme
19:05qui les a violés
19:06est bien celui
19:07qui se tient
19:07dans le box des accusés.
19:09Alors non seulement
19:09elles le maintiennent,
19:10mais elles sont quand même
19:10très en colère.
19:12Sylviane notamment
19:12qui réaffirme
19:13qu'elles ne se trompent pas.
19:15Alors l'avocat général
19:16tente d'insister
19:17sur la gravité des faits
19:18en dehors de la personnalité
19:19de l'accusé.
19:20Il dit
19:21« Violer quelqu'un,
19:22c'est le tuer
19:23durant quelques minutes.
19:25C'est mettre sa vie
19:26entre parenthèses
19:27et on ne sait jamais
19:29quand cette parenthèse
19:30se refermera. »
19:32Comment est-ce que
19:32se comporte Luc Tangor ?
19:33Exactement
19:34comme depuis
19:35le début de l'affaire.
19:36Il va se défendre
19:37pied à pied,
19:38crier son innocence.
19:39Il va parler aux victimes,
19:41leur dire
19:42qu'il est vraiment
19:42désolé pour elles
19:43mais qu'elles font
19:44une erreur
19:45qu'il n'est pas
19:45le coupable.
19:46Il est persuadé
19:47d'être entendu.
19:48La salle,
19:49évidemment on l'a dit,
19:49le procès est très médiatique,
19:51la salle est remplie,
19:52il y a son comité de soutien,
19:54ses quatre avocats
19:54dont Anne Dissler,
19:56sa famille et ses proches
19:57bien sûr sont là
19:58et ils sont convaincus
20:00qu'il va être acquitté.
20:04Ce n'est pas ce qui se passe.
20:05Le mardi 24 mai 1983,
20:08sept jours
20:09après le début du procès,
20:11Luc Tangor
20:11est reconnu coupable
20:12des faits
20:12qui lui sont reprochés
20:13à une voix près,
20:15ce qui témoigne
20:15de la difficulté
20:16pour les jurés
20:17à trancher.
20:18Il est condamné
20:19à 15 ans de prison.
20:20Pour le comité de soutien,
20:22c'est un coup de massue.
20:23Sa famille hurle
20:24à l'injustice
20:25et son avocate
20:26reconnaît
20:27une déconfiture.
20:28Mais la défense
20:29comme les soutiens
20:30n'ont pas l'intention
20:31de se laisser abattre.
20:33La possibilité
20:34de faire appel
20:34n'existant pas à l'époque,
20:35la défense de Luc Tangor
20:37se pourvoie directement
20:38en cassation.
20:39Le 10 novembre
20:40de la même année,
20:41le pourvoi est rejeté.
20:42Pas de quoi se résigner.
20:43Le 28 décembre 1983,
20:47l'historien
20:47Pierre Vidal-Naquet
20:48publie dans Le Monde
20:49une tribune
20:50intitulée
20:51Pour Luc Tangor.
20:53Le viol n'est pas
20:54une plaisanterie,
20:55écrit-il.
20:56Il est un crime.
20:57Et sur ce point,
20:58les mouvements féministes
20:59n'ont pas tort
21:00de se montrer vigilants.
21:02Pas un instant,
21:03Luc Tangor
21:04n'a cessé
21:04de proclamer son innocence,
21:06avec parfois
21:06une maladresse
21:07qui a indisposé
21:08ses juges.
21:09C'est un reproche
21:10que l'on fait souvent
21:11aux innocents.
21:12Historien,
21:13petit-fils,
21:14fils,
21:15frère de juriste,
21:16je n'ai pas la religion
21:17de l'aveu,
21:18mais j'ai la religion
21:18de la preuve.
21:20Dans la suite
21:20de la tribune,
21:21l'historien détaille
21:22pourquoi,
21:23selon lui,
21:24les éléments présentés
21:25comme preuves
21:25lors de l'audience
21:26sont discutables.
21:28Et il conclut.
21:29Ainsi
21:30naissent les affaires
21:31Dreyfus.
21:36Damien,
21:37pendant ce temps-là,
21:38une femme travaille
21:39à une contre-enquête
21:40sur l'affaire
21:41Luc Tangor.
21:42Elle s'appelle
21:43Gisèle Tichané.
21:45Elle est chercheuse
21:46au CNRS.
21:47C'est aussi
21:48une amie proche
21:49de la famille Tangor.
21:50Elle connaît
21:50très bien Luc
21:51parce qu'il a gardé
21:52ses filles
21:53quand elles avaient
21:54entre 12 et 14 ans.
21:55Il les a gardées
21:56plusieurs fois
21:56sans qu'il n'y ait
21:58jamais le moindre problème
21:59ou le moindre doute
22:00sur son comportement.
22:01Elle assiste au procès
22:02et comme tous les soutiens
22:04de Luc Tangor,
22:04elle est ébranlée
22:05par le verdict.
22:06Et c'est à partir
22:07de ce moment-là
22:07qu'elle décide
22:08de se consacrer
22:09à l'affaire.
22:09Oui, elle va relire,
22:11retravailler le dossier
22:12tout en défendant
22:13la thèse
22:14selon laquelle
22:14Luc Tangor est innocent
22:16et qu'il est simplement
22:17la victime
22:18d'une extraordinaire
22:20ressemblance physique
22:21avec un homme
22:22qui vit quelque part
22:23à Marseille,
22:24qui viole
22:25et agresse des femmes
22:26et qui lui
22:26est toujours en liberté.
22:28Elle finit même
22:28par publier un livre
22:29un an plus tard
22:30en janvier 1985.
22:32Livre qui s'appelle
22:34Luc Tangor,
22:35coupable à tout prix,
22:36publié aux éditions
22:38La Découverte.
22:39C'est un livre blanc
22:39avec un titre en vert
22:41et au milieu,
22:42sur la couverture,
22:43une photo en noir et blanc
22:44de Luc Tangor
22:45avec sa moustache.
22:47Alors,
22:47ce livre,
22:48il va remettre
22:49en quelque sorte
22:50un coup de projecteur
22:51sur l'affaire
22:51et sur Luc Tangor.
22:53De plus en plus
22:54de personnalités
22:55et du monde culturel
22:56vont s'intéresser,
22:58s'accaparer
22:59en quelque sorte
22:59de cette histoire.
23:00À peu près 2000 personnes
23:01sont dans le comité
23:02de soutien
23:03et même Marguerite Duras,
23:05l'écrivaine,
23:07va lui écrire
23:07directement en prison.
23:12Une lettre ouverte
23:13de soutien à Luc Tangor
23:14recueille de nombreuses signatures.
23:16La presse en breil,
23:17remettant sur la table
23:18le doute
23:19quant à la culpabilité
23:20du condamné.
23:21Mais Luc Tangor
23:22a épuisé
23:22tous les recours judiciaires.
23:24Après la cour de cassation,
23:25ses avocats ont tenté
23:26de faire annuler
23:27des pièces du dossier,
23:28de proposer
23:29des contre-expertises.
23:30Sans succès.
23:31Le seul espoir
23:32de Luc Tangor
23:33et de son comité de soutien
23:34est désormais
23:35la grâce présidentielle.
23:38La présidente
23:38du comité Guy Movilain,
23:40du nom d'un homme
23:41victime d'une erreur judiciaire,
23:42et l'archevêque de Lyon
23:44écrivent au chef
23:45de l'État
23:45François Mitterrand.
23:46En 1987,
23:48le président
23:49arrive à la fin
23:50de son mandat
23:50et embrigue un second.
23:52Un an avant
23:53une nouvelle élection présidentielle,
23:54il est sensible
23:55à l'opinion publique
23:56et à l'intelligentsia
23:57de gauche
23:58qu'il fréquente.
23:59François Mitterrand
24:00accorde cette grâce
24:01le lundi 20 juillet 1987.
24:04Ce n'est pas une grâce totale,
24:06mais une grâce partielle
24:07qui permet de réduire
24:08la peine de Luc Tangor
24:09de 4 ans.
24:10L'année suivante,
24:12le lundi 15 février 1988,
24:14le condamné
24:15a passé près de 7 ans
24:16en prison
24:17et il peut sortir.
24:18Il a 29 ans.
24:20Devant la prison,
24:21une foule de journalistes
24:22et ses parents l'attendent.
24:237h ce matin,
24:24de nombreux journalistes
24:25sont déjà devant
24:26la centrale de Muret
24:27pour assister
24:28à la sortie
24:28de Luc Tangor
24:29prévue pour 8h45.
24:31Quelques instants plus tard,
24:33ses parents et ses amis
24:34arrivent à leur tour.
24:35Face aux caméras,
24:36l'ancien détenu
24:37affirme qu'il veut
24:37laver son honneur
24:38et qu'il n'en restera pas là.
24:40Écoutez,
24:41on vient de me rendre
24:42la liberté,
24:43mais en fait,
24:43la liberté sans honneur,
24:45je crois que ça
24:46ne correspond absolument à rien.
24:47Pour une grande partie
24:48des Français,
24:49il est devenu
24:50le symbole
24:50de l'erreur judiciaire.
24:51Du côté des victimes,
24:53en revanche,
24:54cette grâce présidentielle
24:55ne passe pas.
24:56Même si elle n'efface pas
24:57la condamnation
24:58de Luc Tangor,
24:59celles qui l'ont dénoncée
25:00et reconnue
25:01comme l'homme
25:01qui les avait violées
25:02se sentent humiliées,
25:04niées
25:04et trahies
25:05par leur pays.
25:09Damien,
25:10après sa sortie,
25:11Luc Tangor
25:11jouit d'une certaine notoriété.
25:13Oui,
25:13notamment grâce
25:14à son comité de soutien
25:15qui est toujours très présent,
25:16Marguerite Duras
25:17va l'héberger
25:18quelque temps
25:19dans son appartement parisien,
25:20dans le quartier
25:21Saint-Germain-des-Prés.
25:22Alors,
25:23il a quand même
25:24quelques détracteurs
25:25qui critiquent le fait
25:26qu'il mène une vie
25:27un peu dissolue
25:28depuis sa sortie de prison.
25:29Il multiplie par exemple
25:30les aventures
25:31d'un soir.
25:32Mais bon,
25:33ses défenseurs mettent aussi
25:34en avant
25:34le fait qu'il a un travail
25:36qui se réinsère
25:37en quelque sorte.
25:37Et pour aider
25:38à sa réinsertion,
25:39ses parents d'ailleurs
25:40lui ont acheté
25:41un bureau de tabac
25:42à Lyon,
25:43dans le Rhône,
25:44dans lequel il travaille
25:45tous les jours
25:45de 9h
25:46à 23h.
25:47Il s'installe
25:48donc dans ce quotidien
25:50et assez vite,
25:51on oublie
25:52Luc Tangor.
25:53Oui,
25:53Luc Tangor va retomber
25:55dans une forme
25:55d'anonymat.
25:56On a eu l'impression
25:57que ce personnage
25:58avait beaucoup occupé
25:59la scène médiatique
26:00avant le procès
26:01et juste après.
26:02Mais effectivement,
26:03à la fin de sa peine,
26:04on n'en parle plus
26:04tous les jours.
26:05Une fois qu'il est sorti,
26:06qu'on l'a filmé en sortant,
26:07il disparaît
26:08un petit peu
26:08de l'actualité.
26:10Et pour la plupart
26:11des gens d'ailleurs,
26:12on le considère
26:13comme quelqu'un
26:14qui est innocent en fait.
26:15Mais tout va changer
26:16huit mois plus tard.
26:17Alors,
26:18entre-temps,
26:18il a déposé
26:19une demande de révision.
26:21C'est ce qu'il avait dit
26:22d'ailleurs à la sortie
26:22de prison
26:23qu'il allait continuer
26:23à se battre
26:24pour prouver son innocence.
26:25On sent qu'il veut
26:26vraiment laver son honneur,
26:28en tout cas,
26:28c'est sa volonté.
26:29Mais le lundi 24 octobre 1988,
26:32eh bien,
26:33des enquêteurs,
26:34de nouveaux policiers
26:35attendent
26:35Luc Tangor
26:36devant son bureau de tabac.
26:38Il est 6h du matin,
26:40c'est l'aube.
26:40Il s'apprête
26:41à aller ouvrir son commerce.
26:43Des policiers l'interpellent
26:45et lui annoncent
26:46son placement
26:47en garde à vue
26:48pour viol.
26:56Vous venez d'écouter
26:58Crime Story
26:58Luc Tangor
26:59Une vie de mensonge
27:01épisode 2.
27:02Les 3e et 4e épisodes
27:04seront disponibles
27:05la semaine prochaine
27:06sur toutes les plateformes
27:07d'écoute.
27:08Cet épisode de Crime Story
27:09est diffusé en partenariat
27:11avec France Télévisions
27:12qui met en ligne
27:13entre le 15 avril
27:14et le 14 juillet 2026
27:164 films
27:17inspirés par des faits divers.
27:19Vous pouvez retrouver
27:20la liste
27:21sur leur site internet.
27:22Ce récit était écrit
27:23par Claudia Prolongeau
27:24et raconté
27:25avec Damien Delsenis.
27:26Pour écouter
27:27tous nos autres podcasts,
27:28c'est sur le site
27:29leparisien.fr
27:30et sur n'importe quelle
27:31plateforme d'écoute.
27:32Cette semaine,
27:33il y avait à la production
27:34Thibaut Lambert
27:35et Barbara Gouy
27:36et à la réalisation
27:38Julien Moncouquiole.
27:39Jules Lavie
27:40est le rédacteur en chef.
27:42Si vous aimez Crime Story,
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