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Le violeur en série de 61 ans a été condamné par la Cour d’Assises du Nord à 20 ans de réclusion criminelle pour avoir violé ou agressé 54 femmes entre 1988 et 2018. Pour Code source, Louise Colcombet, journaliste au service Police-Justice, nous plonge dans le procès du «violeur de la Sambre».

Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Reporter : Ambre Rosala - Production : Raphaël Pueyo, Thibault Lambert, Clara Garnier-Amouroux et Lolla Sauty - Réalisation et mixage : Julien Montcouquiol - Musiques : François Clos, Audio Network, Epidemic Sound - Identité graphique : Upian.

#dinoscala #violeurdelasambre

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Transcription
00:02Bonjour, c'est Jules Lavi pour Codesources, le podcast d'actualité du Parisien.
00:13Jugé pour 56 viols, tentatives de viol et agression sexuelle,
00:17Dino Scala, 61 ans, a été reconnu coupable dans 54 de ses 56 affaires.
00:24Verdict de la Cour d'Assise du Nord a doué le 1er juillet
00:27qui l'a condamné à 20 ans de réclusion criminelle,
00:30assorti d'une peine de sûreté des deux tiers.
00:33Quand il a été arrêté et quand il a avoué en 2018,
00:36ses amis ont eu du mal à y croire,
00:38Dino Scala donnait l'apparence d'un homme sans histoire, sympathique et jovial.
00:43Codesources résume aujourd'hui les trois semaines de son procès
00:46avec Louise Colcombé, journaliste au service police-justice du Parisien.
00:51Elle a suivi cette audience.
00:58Louise Colcombé, cette affaire commence comme un cold case,
01:01une affaire non élucidée dans le département du Nord,
01:04près de la frontière avec la Belgique,
01:06dans plusieurs communes, autour de la rivière de la Sambre.
01:10Un violeur en série sévit depuis des dizaines d'années.
01:13Les policiers sont à la recherche d'un homme qui agit au petit matin,
01:18souvent quand il fait nuit,
01:19et qui agresse des femmes en leur serrant le cou,
01:22avec un foulard, avec les mains,
01:25et qui le plus souvent, en fait,
01:27soit les viols ou en tout cas, leur touchent la poitrine.
01:30C'est un homme qui prend beaucoup de précautions
01:32puisqu'il les agresse par derrière.
01:33Certaines tombent dans les vapes, d'ailleurs.
01:35Elles sont aussi face contre terre, souvent,
01:37donc elles ne le voient pas.
01:39Il disparaît aussi vite qu'il est apparu.
01:41On a comme ça des dizaines de plaintes
01:43qui vont être déposées dans les commissariats de la région
01:46sans qu'on arrive du tout à avoir le moindre indice sur cet homme,
01:49même si, au fil des années,
01:52avec les progrès scientifiques,
01:53il va y avoir un ADN qui va être prélevé à plusieurs reprises
01:56et rentré dans la base,
01:57mais le propriétaire de cet ADN est alors inconnu.
02:03Après une pause de 6 ans,
02:05pause surprenante dans cette série criminelle entre 2012 et 2018,
02:09le violeur de la Sambre frappe à nouveau le 5 février 2018
02:13en Belgique, à Herculine.
02:16Sa nouvelle victime est une adolescente.
02:17C'est une jeune lycéenne qui vit en France
02:20mais va au lycée de l'autre côté de la frontière.
02:22Ce matin-là, elle prend un raccourci
02:24pour arriver, prendre son bus scolaire à la gare d'Herculine
02:28et donc elle longe les voies ferrées.
02:30On est au petit matin, vraiment, il fait nuit
02:31et elle voit une ombre et elle est agrippée par derrière elle aussi.
02:35L'homme la traîne près d'un arbre,
02:38à l'abri des éventuels regards.
02:39Il lui a caressé la poitrine
02:40et puis finalement, il la laisse partir
02:43et là, elle va alerter immédiatement
02:45le chauffeur du bus, la police, etc.
02:48Et là, la chance que vont avoir les enquêteurs,
02:52enfin, c'est que sur le parking proche de la gare,
02:57il y avait une vidéosurveillance
02:58et donc ils vont pouvoir voir un homme assis
03:01dans cette voiture qui semble attendre quelque chose.
03:04Ils vont relever le modèle de la voiture
03:06et trois lettres sur la plaque d'immatriculation.
03:11Grâce à ce témoignage et à ces images de vidéosurveillance,
03:15la voiture potentielle du violeur, une 206, est retrouvée
03:19et un suspect est arrêté quelques semaines plus tard, le 26 février.
03:22Il s'appelle Dino Scala, il a la cinquantaine
03:25et c'est un père de famille, a priori sans histoire.
03:28C'est un homme qui est inconnu des services de police,
03:31pas de casier, c'est surtout le père hyper investi auprès de ses enfants.
03:35Bon, il a eu une première famille, il ne s'est pas occupé de ses enfants,
03:37il avait divorcé de sa femme, mais sa seconde famille,
03:41ses enfants l'adorent.
03:42C'est l'ouvrier modèle qui travaille bien,
03:45qui a apprécié de ses collègues,
03:46toujours la petite blague à la machine à café.
03:48C'est aussi l'entraîneur de foot, président du club,
03:51qui se démène.
03:52Enfin, c'est vraiment quelqu'un dont personne n'aurait pu soupçonner
03:55qu'il était le fameux violeur de la Sambre.
03:58Le procès de Dino Scala s'ouvre le vendredi 10 juin,
04:01à Douai, dans le département du Nord.
04:03Vous allez suivre l'audience pour le Parisien,
04:05Louis Scolcombe.
04:06Dino Scala est accusé de 56 agressions sexuelles,
04:10viol ou tentative de viol.
04:12Il est comment, cet homme,
04:14quand vous le voyez dans le box des accusés,
04:15pour la première fois ?
04:17Le premier choc, il est effectivement visuel.
04:20On voit quelqu'un qui a aujourd'hui 61 ans,
04:22les cheveux grisonnants,
04:23avec la peau un peu flétrie,
04:25qui a perdu du poids.
04:26Et puis, il a les traits du visage tirés,
04:28il a cette bouche un peu qui tombe en U,
04:30avec une espèce de lèvre proéminente.
04:32Puis, un petit regard en coin,
04:33par moment, quand il tourne les yeux vers la salle,
04:35avec ses petits yeux vraiment dans le coin.
04:38C'est la première impression qu'il donne,
04:41comme ça.
04:42Ce n'est pas très rassurant,
04:44en tout cas jusqu'à ce qu'il ouvre la bouche
04:45et qu'il prononce ses premiers mots.
04:47Il s'exprime très clairement,
04:49très posément.
04:50Il essaie de faire des efforts.
04:51Souvent, il s'excuse d'être maladroit,
04:54de ne pas employer les bons mots.
04:55Il veut apporter des réponses.
04:57En fait, on sent quelqu'un qui est quand même dans l'effort
04:59de faire au mieux de ses possibilités
05:01pour éclairer la cour,
05:03les jurés et les victimes.
05:04Les premières journées sont consacrées
05:05à l'examen de la personnalité de Dino Scala.
05:08Et il est d'abord question de son enfance compliquée.
05:11Dino Scala, il est le troisième d'une fratrie de cinq enfants.
05:14Il a deux grands frères, deux sœurs.
05:16On comprend qu'il y a des carences affectives.
05:18Alors voilà, le patriarche, c'est quelqu'un
05:20qui apparemment terrorisait tout le monde.
05:22Sa femme, les enfants s'interposent.
05:24Il la trompe.
05:26Il va même quitter le domicile conjugal plusieurs fois.
05:28Quand il a fait du vélo avec son père,
05:29il était humilié sans cesse.
05:31Dino Scala a aussi des rapports compliqués
05:32avec un de ses frères qui, selon lui,
05:34l'a exploité, un peu spolié dans le travail.
05:36Ça a qu'à parer ses réussites.
05:38Ce n'est pas une famille qui roule sur l'or,
05:40mais c'est surtout une famille
05:41où il y a de gros, gros problèmes.
05:44Louise Colcombe, Dino Scala,
05:45se plaint aussi beaucoup de ses femmes,
05:47de sa première épouse.
05:48Et de la seconde, avec qui il était
05:50quand il a été arrêté.
05:51Sa première épouse, il l'avoue aux gémonies.
05:53Elle l'a extorquée.
05:55Elle a été trop dépensière.
05:57Il y a quand même des dettes,
05:58effectivement, c'est acté,
05:59qui ont été contractées.
06:00Donc, il a dû rembourser pendant des années.
06:02Elle l'aurait coupée de ses deux premiers enfants.
06:04Pour lui, c'est limite le mal incarné.
06:06Et sa seconde épouse,
06:07qui pourtant le soutient aujourd'hui
06:09et continue sa vie avec lui,
06:11alors qu'elle aurait pu lui tourner le dos,
06:12il en dit du mal aussi.
06:13Il dit qu'elle est trop dépensière.
06:14Et puis qu'elle est dépressive,
06:16qu'elle le fatigue, en fait,
06:18parce qu'elle a fait trop de tentatives de suicide.
06:20Et puis que, de toute façon,
06:22c'est quelqu'un qui fait des histoires.
06:24Voilà.
06:24Donc, il est vraiment, vraiment pas tendre
06:25avec ses deux épouses.
06:27Dino Scala ne cache pas non plus
06:28avoir mal vécu certains échecs.
06:31Il a toujours plus ou moins travaillé
06:33pour la même grande entreprise,
06:34mais en travaillant pour des sous-traitants.
06:36Il raconte qu'à chaque fois,
06:37il était, on le remerciait,
06:39ou alors il était repris dans une autre emprise,
06:41mais un salaire inférieur.
06:42En gros, son travail n'était pas du tout reconnu.
06:43Donc ça, il l'a beaucoup, beaucoup ruminé.
06:45Et puis, il était entraîneur de foot
06:47et plusieurs fois, il s'est fâché
06:49avec des patrons de club.
06:50Et du coup, il a été remercié plusieurs fois.
06:52Et ça, vraiment, on sent que
06:54ça, il l'a vraiment, vraiment pas digéré.
06:56Dès le premier jour de l'audience,
06:58une avocate des partis civils,
06:59de plaignante, le fait parler
07:01de ses passages à l'acte.
07:03Oui, alors elle lui demande
07:04ce qu'il ressent, en fait.
07:06Comment, dans quel état d'esprit
07:07il est au moment de ses passages à l'acte.
07:08Il raconte qu'en fait,
07:10bon, il préparait ses agressions,
07:11qu'il dit, j'ai un instinct de chasseur,
07:13de prédateur.
07:14Il résume, en fait, il dit,
07:15c'est comme une force qui vous anime
07:17et qu'il faut contrôler.
07:18Sous-entendu, j'y arrivais pas toujours.
07:20Et elle lui dit, mais vous vous sentiez fort
07:22à ce moment-là ?
07:23Et il dit, oui, voilà, c'est ça, fort.
07:26Au deuxième jour du procès,
07:27le lundi 13 juin,
07:29les soeurs de Dino Scala
07:30témoignent à la barre de l'inceste
07:32qu'elle a subi de la part de leur père.
07:35Il y a une des soeurs
07:36qui, d'ailleurs, a été rejetée de la famille,
07:38sans doute parce qu'elle a dénoncé cet inceste,
07:40qui raconte ce que son père lui faisait.
07:42Donc, on parle même pas d'agression sexuelle.
07:44On est sur des viols.
07:45Elle raconte que ça a duré
07:46de ses 4 à ses 13 ans,
07:47qu'elle en a parlé à ses frères
07:49qui ont tous baissé la tête,
07:50qui n'ont rien dit,
07:51que sa mère était au courant,
07:53le médecin de famille était au courant,
07:54tout le village était au courant.
07:55Personne n'a rien fait, rien dit.
07:57Par ailleurs, une autre de ses soeurs
07:59aurait subi l'inceste.
08:00Le médecin de famille en atteste,
08:02mais elle-même, elle dit que c'est faux.
08:03Elle n'est pas venue à la barre.
08:04Elle ne voulait pas venir parler.
08:07Donc, voilà, on a quand même un contexte
08:09dans lequel tout ça semble banalisé.
08:11La propre mère de famille,
08:12elle dit qu'elle n'était pas au courant,
08:13Arlette Scala.
08:15Ses mots, c'est « ça me paraît drôle,
08:16je ne voyais pas ça comme ça ».
08:19Voilà, pour elle, ça n'a pas existé.
08:20Tout va bien.
08:21Toujours dans les premiers jours de son procès,
08:23il est question des premières agressions sexuelles
08:25commises par Dino Scala,
08:27très tôt, quand il avait 24 ans, en 1984,
08:30il s'en est pris à ses belles-sœurs
08:32suite à son premier mariage.
08:34Oui, alors là, on parle de fait
08:34qu'ils ne sont même pas jugés,
08:37reprochés officiellement par la justice.
08:38Là, on est juste sur du contexte.
08:40Ses belles-sœurs,
08:41les sœurs de sa première épouse,
08:44racontent notamment une
08:45qui est venue à la barre raconter
08:47comment elle était persuadée
08:48qu'il l'avait droguée
08:49parce qu'il lui donnait des yaourts le soir
08:51et après, elle se réveillait le matin
08:53dans les vapes,
08:55notamment une fois culotte baissée
08:57avec des tâches au sol
08:59et qu'elle va passer après un examen
09:01du bac blanc qu'elle est dans tous ses états.
09:04Personne ne la croit
09:06puisqu'évidemment, Dino Scala,
09:07il est adoré,
09:08il est adulé par sa belle-famille.
09:09Donc la propre mère de cette jeune femme,
09:12elle ne la croit pas.
09:13Et en fait, il va y avoir d'autres agressions.
09:15Une autre belle-sœur
09:16qui va se retrouver avec Dino Scala
09:17qui est rentrée dans son lit,
09:18qui part en courant,
09:20qui laisse ses chaussures sur place,
09:22qui se cogne,
09:23on va le confronter,
09:23on lui dit
09:24« Vous avez une bosse au front ? »
09:25« Non, ce n'est pas moi, ce n'est pas moi. »
09:28Et voilà.
09:28Et d'autres membres de la famille
09:29qui vont aussi être drogués.
09:31Ils sont même hospitalisés.
09:32Mais à l'époque,
09:33on leur dit qu'ils ont du mal à comprendre.
09:34Il n'y a pas de prélèvements qui sont faits.
09:35Mais donc, il faut attendre le divorce
09:37d'Aix à sa première femme
09:38pour que cette première belle-famille
09:39commence à avoir des doutes.
09:40Mais à l'époque,
09:41aucune plainte n'est déposée.
09:47Louise Colcombé,
09:48Dino Scala,
09:48reconnaît avoir eu,
09:49dès son adolescence,
09:51un rapport aux femmes particulier.
09:53Il dit « Dès l'âge de 12-13 ans,
09:55je crois que quelque chose ne va pas.
09:56Je suis habité par quelque chose
09:58par rapport aux femmes.
09:59J'ai des pulsions,
10:00des bouffées de chaleur,
10:01un mal-être.
10:02Qui, quand, quoi ou comment,
10:03je ne saurais pas l'expliquer. »
10:05Donc on comprend qu'en fait,
10:06ce rapport aux femmes compliqué,
10:07il vient de bien avant.
10:09Il vient de son enfance probablement
10:10et de cette mère
10:11qu'il n'a jamais aimée
10:12et qu'il ne l'a jamais aimée non plus.
10:14Le même jour, justement,
10:15son avocate essaie de lui faire parler
10:16de son enfance
10:17et de ce qu'il aurait pu avoir subi.
10:20Parce qu'il s'est manifestement confié
10:22à son avocate.
10:23Il fait un travail thérapeutique
10:24depuis 4 ans en prison.
10:26Il parle de flash quand même.
10:28Assez troublant.
10:30Il a des sensations de peur
10:32de son père
10:33qui rentre la nuit dans sa chambre.
10:35Mais il se reprend immédiatement.
10:36Il ne veut pas aller sur ce terrain-là.
10:38Il dit « Mais moi, je ne veux pas accuser.
10:39Je n'ai pas de preuves.
10:40Je ne suis pas sûre. »
10:41Et donc, hop,
10:42il se referme comme une huître.
10:44Et il dit « Voilà, je ne dirai rien. »
10:45En clair, on comprend
10:46qu'il aurait pu subir de l'inceste
10:47de la part de son père,
10:48mais il ne veut pas le confirmer.
10:50Oui, on comprend à mot couvert
10:52que c'est de cela dont il s'agit.
10:54On peut entendre
10:55que ce soit difficile
10:55de le formuler à l'audience.
10:57Mais effectivement,
10:58avec ce qui s'est passé
10:59sur les deux sœurs,
11:00et puis on a aussi appris
11:01que la première fille
11:02d'Odino Scala
11:03se plaignait d'avoir elle-même
11:04été agressée par son grand-père,
11:06par le patriarche Scala
11:07qui est décédé aujourd'hui.
11:09Tout le monde le comprend
11:10plus ou moins,
11:10mais lui, il ne veut pas le dire.
11:11C'est comme si tout le monde
11:12l'avait compris sauf lui, quasiment.
11:15Le lendemain, le mardi 14 juin,
11:17un policier vient raconter
11:18la traque du violeur de la Sambre
11:20et ce suspect
11:21qu'il s'enommait M. Moyen
11:23parce qu'il avait une taille moyenne,
11:251m70,
11:26une corpulence moyenne
11:27et que sa voiture,
11:28dit le policier,
11:29était « moyennement claire ».
11:32Fin de citation.
11:33Louis Scolcombe,
11:34est-ce qu'on sait aujourd'hui
11:35pourquoi Dino Scala
11:36a pu sévir pendant des décennies
11:38sans être arrêtée ?
11:39Il faut comprendre
11:39qu'en 1988,
11:41les plaintes,
11:41elles sont déposées à l'époque.
11:43L'accueil dans les commissariats,
11:44c'est « oui, oui, madame,
11:47quand ils veulent bien prendre la plainte,
11:49il y a une jeune fille
11:50de 17 ans
11:51qui a été traitée de menteuse ».
11:52Dans les meilleurs cas,
11:53il y a une plainte qui est prise.
11:55Elle fait trois lignes,
11:55donc pas assez pouvoir
11:56donner lieu à une traque.
11:59En tout cas,
11:59elles ont très peu de détails
12:00à donner,
12:01il faut dire.
12:02Et surtout,
12:02à l'époque,
12:03on n'en fait pas grand cas.
12:04Un viol,
12:05à l'époque,
12:06ce n'est pas considéré
12:06comme très grave.
12:07Et puis surtout,
12:08personne ne se rend compte
12:08que ça tape partout.
12:10Les commissariats
12:10ne regroupent pas les plaintes.
12:12Il faut attendre 1996
12:13pour qu'en fait,
12:15là, officiellement,
12:15la justice est saisie
12:17d'une enquête
12:17et qu'ils vont commencer
12:18à récupérer
12:19les vieilles plaintes
12:20pour se rendre compte
12:21qu'il y a vraiment
12:22un seul et même auteur
12:23qui frappe.
12:24Mais à l'époque,
12:25ils sont démunis.
12:26On n'a pas encore l'ADN,
12:27le téléphone portable
12:28n'existe pas,
12:29on n'a pas tous les moyens
12:30d'aujourd'hui.
12:33Ils ont certes,
12:34au bout d'un moment,
12:34un ADN.
12:35Ils vont même tenter
12:36une technique dite
12:36de parentèle très pointue
12:37qui ne va pas fonctionner.
12:39Les policiers,
12:39au bout d'un moment,
12:40font des traques.
12:41Ils se retrouvent même
12:42à faire les sorties d'usines
12:43parce que cet homme,
12:43il sent le cambouis,
12:44mais il cherche une aiguille
12:45dans une botte de foin.
12:46Donc en réalité,
12:47il faut vraiment attendre
12:48qu'il commette une erreur
12:49pour qu'on mette fin
12:51à 30 ans d'abus sexuels.
12:53À partir du mercredi 15 juin,
12:54les victimes des dizaines de femmes
12:56se succèdent à la barre.
12:57Parmi elles,
12:58Leila Watteau.
12:59Elle a aujourd'hui 52 ans,
13:0120 ou 21 ans à l'époque,
13:02le samedi 9 novembre 1991,
13:05quand elle a été attaquée
13:06au petit matin.
13:07Oui,
13:08elle part prendre un train,
13:09donc le chemin qu'elle prend
13:10tous les jours en fait.
13:11Et là,
13:12il y a un homme
13:12qui la précipite
13:13dans une maison abandonnée
13:14et il la menace
13:16avec un couteau.
13:17Il l'emmène dans une salle
13:18puis dans une autre.
13:19Il fait nuit,
13:19évidemment,
13:20elle ne le voit pas.
13:20Il est derrière.
13:21Et là,
13:22Dinoscala,
13:22comme avec d'autres victimes,
13:24il joue un peu avec elle.
13:25Ça,
13:25c'est aussi sa signature.
13:26C'est qu'il lui dit
13:27non mais je ne vais pas te violer.
13:28Il lui dit en gros
13:29il ne t'arrivera rien
13:30si tu fais ce que je veux.
13:31Donc,
13:31il lui touche la poitrine,
13:32évidemment.
13:33Et puis,
13:33en fait,
13:33si,
13:34il la viole bien sûr,
13:35il la met à genoux
13:36et il lui demande une fellation.
13:38C'est terrible
13:39parce qu'elle raconte
13:39qu'il lui caresse la joue
13:41en même temps.
13:42Et en fait,
13:42il arrive à s'en aller.
13:44Il fait comme souvent aussi,
13:45il lui demande de compter
13:46jusqu'à 50,
13:47le temps qu'il s'en aille.
13:48Et il disparaît.
13:49C'est une femme
13:50qui a carrémenté la pente
13:51mais qui a connu une vie horrible.
13:52Elle a fait des tentatives de suicide.
13:54Elle essaie de ne plus prendre
13:55de médicaments
13:56parce qu'elle s'est bousillé l'estomac.
13:57Toute sa vie,
13:58elle a pensé
13:59qu'elle allait être retrouvée
14:00puisqu'il courait encore.
14:01Elle se disait
14:02il me suit.
14:03Il m'a forcément suivi
14:03pour me trouver à cet endroit-là.
14:05Sa vie est vraiment bousillée.
14:07Plus tard,
14:07à l'audience,
14:08une autre femme va témoigner
14:09quand elle a été attaquée.
14:11Elle était chez elle
14:12et il y avait son bébé à l'étage.
14:14Oui,
14:14alors ça,
14:15c'est un mode opératoire
14:15que Dinoskella a fait plusieurs fois.
14:17C'est-à-dire qu'il regardait le matin,
14:18très tôt,
14:19le mari qui partait,
14:19il surveillait
14:20quand le mari partait travailler
14:21et après,
14:22il rentrait dans la maison.
14:23Là,
14:24en l'occurrence,
14:24on suspecte
14:25que c'est au moment
14:25où cette femme
14:26a emmené son mari à la gare
14:27à 5 minutes en voiture
14:28qu'il est rentré par le garage
14:29et quand elle rentre chez elle,
14:30elle se retrouve
14:31avec un homme ganté
14:34dans son entrée.
14:35Elle n'a pas le temps de le voir
14:36et de la grippe par derrière.
14:37Là encore,
14:38à tel point
14:39qu'elle va perdre connaissance
14:40pendant un moment,
14:41il y en a plusieurs d'ailleurs
14:42qui ont frôlé la mort
14:43parce que vraiment,
14:43elles étaient asphyxiées.
14:45Elle se réveille
14:46dans la salle de bain,
14:47il lui dit
14:48je vais te violer
14:48et puis non.
14:49En fait,
14:50il discute avec elle
14:50et puis c'est
14:52à un moment,
14:52elle lui parle de quelque chose
14:53et il fait en larmes
14:55dans ses bras.
14:55Elle raconte
14:56j'ai vu deux personnes
14:56en fait,
14:57c'est comme si d'un seul coup
14:58il avait changé
14:59et puis finalement,
14:59hop,
15:00il se reprend
15:00et commence à commenter
15:01chez elle.
15:02Il sort chez elle
15:02puis il va rester sur le perron
15:03pendant trois quarts d'heure
15:04donc elle est terrorisée,
15:05elle n'ose même pas
15:06appeler la police
15:07et donc finalement,
15:07il s'en va
15:08et en fait,
15:08elle pense l'avoir reconnu
15:09quelques jours avant
15:10la veille,
15:11en fait,
15:11il est pied,
15:12il l'avait vue
15:13près des poubelles
15:14et là,
15:14pareil,
15:15avec un traumatisme
15:15pendant des années
15:16qu'elle a transmis
15:17ses enfants,
15:17elle continue à traquer
15:18ses enfants,
15:19elle a peur,
15:19elle surprotège,
15:20voilà,
15:20là encore,
15:21une vie qui a été
15:22complètement chamboulée
15:23par ce qui est arrivé.
15:29Comment est-ce qu'il réagit
15:30à l'audience
15:31quand il entend
15:31ses témoignages ?
15:32Il est arrivé
15:33qu'il écrase une larme,
15:34parfois il semble
15:35impassible,
15:36notamment dans le cas
15:37de cette dame,
15:37il lui dit
15:37je suis désolée
15:38mais c'est pas moi,
15:39il nie.
15:39Puis parfois
15:40quand il reconnaît,
15:41il s'excuse,
15:42il dit je suis désolée,
15:43c'est pas vous la coupable,
15:44c'est moi,
15:45y compris quand il ne reconnaît pas
15:46en disant je suis désolée
15:47pour vous mais là,
15:48c'est pas moi.
15:48Dino Scala conteste
15:5016 des 56 faits
15:51pour lesquels
15:52il est jugé à doué.
15:53Oui,
15:53alors c'est ça
15:54qui est étonnant chez lui,
15:55c'est qu'en fait
15:55il peut reconnaître
15:56une agression
15:57et puis nier une autre
15:58qui a eu lieu
15:58à 30 mètres
15:59dans la même rue
15:59en disant je ne reconnais
16:00pas l'endroit
16:01ou alors il ne se souvient pas.
16:03Louis Scolcombe
16:03a mis procès
16:04le 23 juin
16:05l'un des avocats généraux
16:07puis l'un des avocats
16:08des victimes
16:09vont essayer
16:10de faire dire
16:11à Dino Scala
16:12pourquoi
16:12il a commis ces crimes.
16:14Oui,
16:15la grande question
16:15de l'origine de ses pulsions
16:17puisqu'il dit que
16:17dès 12-13 ans
16:18il a des problèmes
16:19avec les femmes
16:19c'est comprendre
16:20quelle est la motivation profonde
16:22quel est son problème
16:23et on veut lui faire dire
16:24évidemment que c'est sa mère
16:25que voilà
16:26sa mère ne l'a peut-être
16:27pas protégée
16:28d'un éventuel inceste
16:29de son père
16:29et cette idée de vengeance
16:31est-ce qu'il ne se vengerait
16:32pas inconsciemment
16:33de sa mère ?
16:33d'ailleurs il y avait une femme
16:35qui l'a agressée
16:35en lui disant
16:35je me venge d'une femme
16:36qui me fait du mal
16:37le maître Emmanuel Riegler
16:39qui représente deux parties civiles
16:40s'approche
16:40il lui dit
16:41écoutez monsieur vous aussi
16:42sans doute vous souffrez
16:43mais dites-nous
16:44elle a quoi comme visage cette femme
16:45c'est toutes des femmes
16:46que vous n'agressez pas d'hommes
16:47elle a quoi comme visage
16:48alors il dit
16:49ben je ne sais pas
16:50je ne sais pas
16:51si si vous savez monsieur
16:52et là vraiment
16:53il bloque
16:53il y a même un moment
16:54où il va s'effondrer
16:55littéralement
16:56il s'effondre en larmes
16:57il tombe
16:58on ne le voit plus
16:58quasiment derrière
16:59la barre du box
17:00il est en pleurs
17:02en garde à vue
17:03il avait dit tout de suite
17:04il y a deux personnes en moi
17:05en gros
17:06Dino 1 et Dino 2
17:07Dino 1 c'est
17:08Dino normal
17:09et Dino 2 c'est celui
17:10qui fait du mal
17:10Dino 2 peut exister
17:11parce que Dino 1 est très fort
17:13et qu'il arrive à le camoufler
17:14et puis ben là
17:14il se referme
17:15et puis voilà
17:16comme dit le président
17:16Dino 1 a repris
17:18le dessus sur Dino 2
17:20cette autre personnalité
17:21plus sombre
17:22dont on ne sait pas
17:23grand chose finalement
17:24Louise Colcombé
17:25dans votre compte rendu
17:26d'audience
17:26du lundi 27 juin
17:28vous revenez sur l'audition
17:30d'un expert psychiatre
17:31qui a examiné
17:32Dino Scala
17:32Paul Ben Soussan
17:33Dino Scala dit-il
17:34c'est vraiment
17:35docteur Jekyll
17:36et Mr Hyde
17:37comme on vient de l'entendre
17:38et ce jour-là
17:40par ailleurs
17:40il est question
17:41des rapports
17:41qu'entretenait Dino Scala
17:43avec son père
17:44quand son père meurt
17:45il raconte que
17:46la scène
17:46il est au volant
17:47ils arrivent chez
17:47un beau frère
17:48pour un déménagement
17:49ou je ne sais plus
17:50quel événement familial
17:51ils sont presque arrivés
17:53sa femme raccroche
17:54en pleurs le téléphone
17:55elle lui dit
17:55ton père est mort
17:56et là il dit
17:57bon moi
17:57je lui ai dit
17:58qu'on n'allait quand même
17:58pas se flinguer
17:59la soirée pour ça
17:59il explique
18:00qu'il n'était pas question
18:01de faire demi-tour
18:02qu'il était quasiment arrivé
18:03donc il a fait
18:04ce qu'il devait faire
18:05et à l'époque
18:06il avait dit
18:06et il assume toujours
18:07avoir dit
18:08au moins dans sa boîte
18:09il fera plus de mal
18:10à personne
18:11c'est dire
18:12l'ampleur
18:13de la détestation
18:14qu'il y a pu avoir
18:14dans cette famille
18:15tout en sachant
18:16que Dino Scala
18:17même en détestant
18:18son père et sa mère
18:19a continué
18:19à leur rendre visite
18:20tout au long
18:20de ces années-là
18:21à leur faire leurs courses
18:22etc
18:23par devoir dit-il
18:24Le rôle de la mère
18:25de Dino Scala
18:26est aussi évoqué
18:27à l'audience
18:28il est rappelé
18:29une lettre choquante
18:30qu'elle a écrite
18:31à son fils en prison
18:32Elle semble banaliser aussi
18:34voire plus que banaliser
18:36ce qui lui est reproché
18:37puisqu'elle a écrit
18:38que les victimes
18:40elles ont bien dû
18:40avoir du plaisir
18:41toutes ces salopes
18:43Cette femme
18:43qui n'est pas venue
18:44à l'audience
18:44notamment en raison de son âge
18:45c'est vrai que
18:47elle est assez mystérieuse aussi
18:49on se demande un petit peu
18:50comment elle a pu élever
18:52ce fils
18:53qu'elle n'a pas aimé
18:54peut-être pas protégé
18:55en tout cas
18:56cette femme aussi
18:57est un mystère
18:57le père est un mystère
18:58la mère est un mystère
19:01Louis Scolcombe
19:02au tout début
19:02de cet épisode
19:03de Code Source
19:04on évoquait
19:04la pause surprenante
19:06dans le parcours criminel
19:08de Dino Scala
19:09entre 2012 et 2018
19:10dans ses réquisitions
19:12l'avocat général
19:12semble douter
19:14de cette pause
19:14Il a relevé
19:16un détail intéressant
19:17c'est-à-dire
19:17quand il est arrêté
19:19Dino Scala
19:19dans sa voiture
19:20on retrouve
19:21couteau
19:22cordelette
19:22toute la planoplie
19:23du violeur
19:24de la sambre
19:25et on retrouve
19:26des préservatifs
19:27parce que
19:27quand l'ADN a été mis
19:29au goût du jour
19:29il a commencé
19:30à mettre des préservatifs
19:31pour violer ses victimes
19:32pour ne pas se faire attraper
19:33et là on trouve
19:34une boîte neuve
19:35en tout cas
19:35il y a une date
19:36de péremption
19:38pour mai 2019
19:39L'avocat général
19:40il a fait ses recherches
19:41et il s'est rendu compte
19:43qu'un préservatif
19:43était vendu
19:44avec une date
19:44de péremption
19:45de 5 ans
19:46donc ça veut nécessairement
19:47dire qu'il a acheté
19:48ses préservatifs
19:49maximum en 2014
19:51alors pourquoi faire ?
19:53Dino Scala dit oui
19:54pour une éventuelle rencontre
19:55ah oui
19:55et ou oui
19:56c'est vrai
19:56peut-être pour une éventuelle agression
19:59donc ça laisse supposer
20:00qu'on a peut-être
20:01des femmes
20:02qui ont été agressées
20:02qui n'ont pas déposé plainte
20:04ou les plaintes
20:05n'ont pas été rapprochées
20:05parce qu'on n'est pas
20:06dans la zone géographique
20:07Dino Scala a aussi frappé
20:09en Belgique
20:10à plusieurs reprises
20:11le regroupement des affaires
20:12a certes été fait
20:13mais c'est pareil
20:14il a pu avoir des trous
20:15dans la raquette
20:15du côté belge
20:16Et l'enquête va être relancée
20:18pour d'autres faits
20:19qui n'étaient pas
20:19jusqu'ici imputés
20:20à Dino Scala ?
20:21Dans son réquisitoire
20:22l'une des deux
20:23avocats généraux
20:25à Nisco
20:25a annoncé que
20:26parmi des plaintes
20:28qui avaient pu être rapprochées
20:30à un moment
20:30du dossier Scala
20:31sans qu'il soit poursuivi
20:32pour ces faits-là
20:33le parquet
20:34les a étudiés
20:35avec minutie
20:36et a identifié
20:3714 cas
20:38dont il pense
20:39que l'auteur
20:39est Dino Scala
20:41ce sont des plaintes
20:42qui ont été déposées
20:43il y a des années
20:44ces femmes n'ont jamais été réentendues
20:45donc ils ont annoncé
20:46que l'enquête
20:46allait être relancée
20:47sur ces cas-là
20:48et donc potentiellement
20:49pourrait éventuellement
20:50avoir un autre procès
20:51ce cas-là
20:55Louis Scolcombe
20:56dans leur réquisitoire
20:57les avocats généraux
20:58demandent une peine
20:58de 20 ans
21:00de réclusion criminelle
21:01à l'encontre de Dino Scala
21:03pourquoi aussi peu
21:04malgré les dizaines de victimes
21:06et tout le mal qu'il a fait ?
21:07Tout simplement
21:08parce que c'est
21:09ce que le code pénal prévoit
21:10un viol
21:11c'est 15 ans
21:12un viol aggravé
21:13par une circonstance aggravante
21:14donc c'est 20 ans
21:15et ça c'est le maximum
21:16qui existe
21:16on n'est pas aux Etats-Unis
21:18où on cumule les peines
21:19on a le système
21:19de confusion des peines
21:20en France
21:21donc à moins
21:22d'avoir été déjà
21:24condamné pour ces faits-là
21:24et d'agir en récidive
21:26auquel cas
21:26on risque beaucoup plus
21:27la perpétuité en l'occurrence
21:29là c'est que 20 ans
21:30il a été pris
21:30pour l'ensemble de son oeuvre
21:32entre guillemets
21:32mais toutes ces peines
21:33vont être confusionnées
21:34et là il y a une vraie réflexion
21:36qui a été d'ailleurs
21:36dite par les avocats généraux
21:37mais partagée
21:38et plaidée par beaucoup d'avocats
21:39c'est-à-dire qu'il faudrait
21:40considérer que les circonstances
21:42aggravantes
21:42puissent se cumuler aussi
21:43et faire augmenter
21:44peut-être à 25 ans
21:45peut-être à 30 ans
21:47parce qu'il y a eu l'arme
21:48des jeunes filles mineures
21:49les plus jeunes avaient 13 ans
21:50des personnes
21:51qui étaient en état de faiblesse
21:52on a beaucoup de circonstances
21:53aggravantes
21:53mais elles se confondent
21:54les unes avec les autres
21:55donc il faudrait prendre ça en compte
21:57et pour l'instant
21:57ça n'existe pas
21:58dans le code pénal
22:01Louise Colcombé
22:02le vendredi 1er juillet
22:03au dernier jour de son procès
22:05est-ce que Dino Scala
22:06a dit quelque chose ?
22:07Comme il l'avait fait
22:08à plusieurs reprises
22:09pendant l'audience
22:10très sobrement
22:11il a présenté à nouveau
22:12ses excuses aux victimes
22:26Et la cour d'assises du Nord
22:27a rendu son verdict
22:29dans l'après-midi
22:29Dino Scala
22:31est condamné
22:31à 20 ans
22:32de réclusion criminelle
22:33assorti d'une peine
22:35de sûreté
22:35des deux tiers
22:36avec une injonction
22:37de soins
22:38de 10 ans
22:39à sa sortie
22:40Merci Louise Colcombé
22:41cet épisode de Code Source
22:42a été produit
22:43par Raphaël Pueyo
22:44Thibaut Lambert
22:45et Lola Sauti
22:46Réalisation
22:47Julien Moncouquiol
22:49Code Source
22:50est le podcast
22:50d'actualité du Parisien
22:52un nouvel épisode
22:53chaque soir de la semaine
22:54pour n'en rater aucun
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