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Sa politique à la tête de la région Pays de la Loire avait fait grand bruit : en annonçant 100 millions d'euros de coupes budgétaires avant la fin de son mandat, elle a réussi à faire voter un budget régional très controversé et s'est attiré les critiques du secteur de la culture. Aujourd'hui numéro deux du parti d'Edouard Philippe, faut-il voir en sa région un laboratoire de la vision économique du candidat en lice pour 2027 ? Christelle Morançais, présidente de la région Pays de la Loire et vice-présidente d'Horizons, est l'invitée de Thomas Sotto dans RTL Matin.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Thomas Sotto du 16 juin 2026.
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00:00Thomas Soto, RTL Matin.
00:03Elle est la présidente de la région Pays de la Loire, elle est aussi la vice-présidente d'Horizon, le
00:06parti d'Edouard Philippe, candidat à la présidentielle.
00:09Bonjour et bienvenue sur RTL, Margaret Thatcher.
00:12Bonjour.
00:12Bonjour Christelle Morancé, vous savez que Margaret Thatcher c'est un de vos surnoms, d'autres disent que vous êtes
00:17la ravière milleille des Pays de la Loire,
00:19allusion au président argentin et à sa tronçonneuse qu'il brandit pour couper dans les dépenses publiques.
00:23Ça vous flatte ou ça vous gêne ces comparaisons-là ?
00:25Écoutez, j'ai tout entendu, j'ai même fait la une d'un journal Libération où je pensais que c
00:33'était une fake news.
00:34Ça fait un peu plus d'un an et demi, si vous voulez quand vous avez le courage de taper
00:38dans les dépenses publiques,
00:39vous êtes caricaturé, attaqué, j'ai voté un budget quand même avec deux unités de CRS, je n'ai jamais
00:46vu.
00:47Donc vous y êtes fait.
00:49Ce qui est sûr en tout cas c'est que vous les dépenses publiques vous taillez dedans,
00:51vous aviez imposé 82 millions d'économies dans le budget 2025 de la région,
00:55vous avez continué en 2026.
00:57Vous êtes très proche, je le disais politiquement, d'Edouard Philippe.
01:00Aujourd'hui, est-ce que votre politique dans la région Pays de la Loire,
01:03c'est le laboratoire de ce que ferait Edouard Philippe s'il est élu président de la République dans un
01:06an ?
01:06Je pense qu'Edouard Philippe n'a pas besoin d'un laboratoire pour baisser les dépenses publiques.
01:11Je crois qu'il l'a fait.
01:12Mais il est sur votre ligne ?
01:13Non mais quand il était Premier ministre, c'est le seul Premier ministre depuis des années qui a baissé le
01:17déficit.
01:18Je pense qu'on a aujourd'hui une responsabilité,
01:213 500 milliards de dettes, nous devons la réduire pour nos enfants.
01:25Enfin, ça me semble indispensable.
01:27Et donc aujourd'hui, c'est un sujet qui est devant nous.
01:29Et malheureusement, je pense que le budget de l'année dernière, il n'a pas été à la hauteur des
01:35enjeux.
01:35Le budget de la France, là, vous parlez.
01:36Le budget de la France n'a pas été à la hauteur des enjeux.
01:37Donc ça veut dire qu'Edouard Philippe, il coupera drastiquement aussi dans les dépenses publiques ?
01:40Ça fait partie de ses promesses, de ses engagements ?
01:42Mais on n'a pas le choix.
01:43Encore une fois, on n'a pas le choix.
01:45La solution depuis des années, c'est d'augmenter les impôts plutôt que de réduire la dépense publique.
01:51Donc moi, je l'ai fait dans ma région.
01:53Ça n'a pas été simple.
01:54Et je l'ai fait par responsabilité, comme beaucoup de familles, comme beaucoup de chefs d'entreprise.
01:58Quand vous avez 100 et que du jour au lendemain, vous avez 50, vous ne continuez pas à dépenser 100.
02:02Sinon, ça s'appelle la France avec ce déficit.
02:05Et encore une fois, je pense que la responsabilité, c'est pour nos enfants.
02:07Le problème, c'est que couper dans les dépenses, c'est un discours qui est évidemment séduisant en campagne.
02:11Mais quand on est confronté à la réalité des faits, on s'aperçoit que ça revient à moins de services
02:15publics,
02:16à isoler encore davantage les quartiers qui le sont ou des campagnes qui se sentent déjà délaissées, non ?
02:20Non, ce n'est pas moins de services publics.
02:22C'est mieux de services publics.
02:24C'est faire mieux avec moins et d'aller chercher de l'efficience.
02:27Ce n'est pas facile.
02:27Et d'aller chercher de l'efficience.
02:29Et ça, c'est le rôle aussi du politique.
02:31C'est-à-dire qu'aujourd'hui, la plupart des Français disent, sont déçus ou considèrent qu'il n'y
02:36a pas le service public.
02:37Si, il y a le service public, il est là.
02:38Peut-être mal utilisé.
02:40Je vous donne juste un exemple dans ma région sur les transports.
02:43Les transports aujourd'hui, j'ai des cars sur les routes, j'ai des TER.
02:48Il y a des transports partout.
02:50En revanche, quand moi je lève la tête parce que je suis une présidente de région qui est sur le
02:54terrain
02:54et que je vois des cars avec trois personnes dedans, on a un problème.
02:58Le problème, c'est est-ce que les horaires correspondent ?
03:02Est-ce que la ligne est judicieuse et il y a une attente sur le territoire ?
03:05Et donc, il y a un moment où il faut repenser nos politiques publiques.
03:07J'ai un deuxième exemple sur la formation des demandeurs d'emploi.
03:11C'est une compétence des régions.
03:13Il y a deux ans, j'ai réformé totalement.
03:15C'est-à-dire que maintenant, on part du besoin des entreprises.
03:18Avant, on avait 60% de retour à l'emploi.
03:20Aujourd'hui, on a 80% parce qu'on part du besoin des entreprises.
03:24Donc, quand on réforme, quand on va chercher l'efficience, on arrive à des résultats.
03:28Moi, j'ai un autre exemple.
03:29Dans votre région, vous avez coupé les subventions au planning familial.
03:31Concrètement, ça veut dire des séances d'éducation sexuelle qui n'ont plus eu dans les lycées.
03:35Et lors de ces séances, on sait ce qui se passe.
03:36On familiarise les jeunes aux violences sexuelles, aux questions de l'inceste, etc.
03:41Est-ce que ça, ce n'est pas une erreur ?
03:41Eh bien non.
03:42Pourquoi non ?
03:43Non, j'ai coupé toutes les subventions.
03:45Oui.
03:45C'est-à-dire, sans exception.
03:47On ne peut pas m'accuser aujourd'hui d'avoir fait des choix en fonction des étiquettes politiques
03:51ou du clientélisme.
03:52Mais ce n'est pas ce que je dis ?
03:52Non, non, non.
03:53Je dis en termes sociétal, sur un sujet fondamental comme les violences sexuelles.
03:56Mais si vous permettez, je vais vous répondre.
03:58Mais ça fait, vous voyez, vous faites partie, ça fait un an et demi où on raconte des choses
04:02qui ne sont pas exactes.
04:03J'ai coupé toutes les subventions sans exception.
04:06Culture, les associations comme celles que vous citez.
04:0866 000 euros en moins.
04:11Écologie, économie également.
04:12En revanche, ces associations, elles interviennent dans le cadre des actions éducatives dans
04:16nos lycées.
04:17J'ai aujourd'hui des actions éducatives dans les lycées, portées justement contre
04:22la violence faite aux femmes ou autres.
04:25Donc, ce n'est pas vrai.
04:26J'ai juste arrêté...
04:26Quand le planning familial dit on ne peut plus faire notre travail, on ne peut plus
04:29éduquer à ces questions-là les jeunes, ils racontent n'importe quoi ?
04:32Non, le planning familial, la structure, je ne l'accompagne plus.
04:35En revanche, j'ai des actions éducatives dans mes lycées.
04:38Et aujourd'hui, quand je dis que j'ai supprimé toutes les subventions,
04:41oui, je l'assume pleinement, pour maintenir un haut niveau d'investissement.
04:45Et c'est quoi l'investissement ?
04:46C'est d'investir dans nos lycées, c'est d'investir dans le TER, c'est d'investir
04:50dans notre économie.
04:51Parce que ça, aujourd'hui, qu'est-ce qui crée la richesse ?
04:53Qu'est-ce qui crée la croissance ?
04:54Notre économie.
04:55Et donc, oui, c'est un choix.
04:57Je l'assume totalement.
04:58J'ai privilégié l'investissement au détriment du fonctionnement, donc les subventions,
05:02le train de vie de la région.
05:05Et c'est, pour moi, une responsabilité.
05:06Alors, typiquement, les aides de l'État, type ma prime rénov' ou la prime carburante,
05:11100 euros.
05:11C'est une bonne idée ?
05:12Fallait le faire ou pas la prime pour les gros rouleurs, en ce moment ?
05:15Est-ce que vous pensez qu'on a les moyens, aujourd'hui, de continuer à être shootés
05:19à la dépense publique ?
05:21On n'est pas sortis du quoi qu'il en coûte.
05:22Ceux qui n'ont plus les moyens d'aller faire le plein et d'aller travailler, comment
05:25ils font ?
05:26Mais vous savez, je suis présidente d'une région très rurale.
05:3080% des habitants de ma région utilisent leur voiture pour faire des trajets domicile-travail.
05:35Tous les jours, je l'entends.
05:37Mais c'est mentir aux Français de faire croire qu'on a encore les moyens de faire
05:42de la politique du chèque ou du quoi qu'il en coûte.
05:44Donc ça, les 100 euros, vous ne l'auriez pas fait ?
05:46Mais il y a un moment, on vous met dans une poche et on va vous le retirer un moment
05:50ou un autre.
05:50Qu'est-ce qui se passe avec ça ?
05:52C'est derrière, ça sera une augmentation de la dette ou ça sera des impôts supplémentaires.
05:57Donc c'est totalement illusoire de laisser croire que la politique du chèque est encore
06:01possible en France.
06:02Ce n'est plus possible.
06:03Comment vous les aidez alors ? Qu'est-ce que vous auriez fait avec le litre de diesel
06:06à 2,20 euros ? Rien ? Vous leur auriez dit prenez le quart ?
06:09Mais ce n'est pas prenez le quart, c'est que la situation aujourd'hui de la France,
06:12nous n'avons plus les moyens de pouvoir subvenir.
06:15Mais il faut quand même aider ceux qui sont en très grande difficulté.
06:17Le vrai sujet, c'est quoi ? C'est le pouvoir d'achat ? C'est juste que les salariés
06:22soient plus payés et donc ça passe entre brut et net.
06:26Mais ça ne se décrète pas.
06:27Vous pensez que ça se décrète la politique du chèque ? On laisse à nos enfants.
06:31Non mais moi je suis désolée, moi je suis mère de famille.
06:35Je ne peux pas aujourd'hui, mon engagement en politique, je ne peux pas laisser passer
06:39cette dette et te dire que ce n'est pas grave, ce sont nos enfants.
06:41Vous allez me dire, ça fait 30 ans qu'on fonctionne comme ça, mais je ne peux pas l'accepter.
06:46Est-ce que vous trouvez, Christelle Morancet, qu'il y a trop de fonctionnaires en France ?
06:50Trop de fonctionnaires, ça dépend des services.
06:52Je vais vous dire franchement, moi je suis issue du privé.
06:54Quand je suis arrivée en politique, j'avais une certaine image des fonctionnaires
06:59et ils font un travail très important.
07:02Après, aujourd'hui, dans la police, dans tout ce qui est régalien,
07:05dans la santé et notamment tout ce qui est aide-soignant, etc.
07:09Je ne pense pas qu'il y en ait...
07:10Parce que typiquement, en 2017, François Fillon, on se souvient de sa proposition,
07:13on voulait supprimer 500 000 postes de fonctionnaires.
07:16Vous, où est-ce que vous mettez la jauge avec Édouard Philippe ?
07:19Ce n'est pas le volume, c'est surtout de sortir des doublons.
07:23Vous avez des doublons partout.
07:24Mais vous avez des doublons partout.
07:25Vous les avez chiffrés, j'imagine.
07:27Vous avez des doublons dans les collectivités,
07:29vous avez des doublons dans l'administration.
07:31Je prends juste un exemple.
07:33Vous êtes l'accompagnement à l'export pour les entreprises,
07:38vous avez Business France, vous avez BPI,
07:40vous avez les CCI et vous avez la région.
07:42Tout ça, il y a des administratifs.
07:44Donc il y a un moment, il faut repenser nos bonnels,
07:47il faut réformer en profondeur.
07:48Ce n'est pas de vous dire, je vais sortir un chiffre...
07:51J'imagine que vous y avez pensé parce que ça a un coût.
07:53Et si vous voulez faire des économies, il faut savoir de combien.
07:55Mais aujourd'hui, ce n'est pas de sortir un chiffre.
07:59Moi, ce qui m'intéresse, c'est juste l'action.
08:01L'action politique.
08:03C'est-à-dire qu'aujourd'hui, il faut juste sortir
08:05de ces doublons qu'on peut avoir au quotidien
08:08et puis de simplifier aussi le service public.
08:12Il y a des sujets...
08:12Ça veut dire quoi, simplifier le service public ?
08:14Je vous donne un exemple.
08:15Est-ce que ça veut dire privatiser une partie du service public
08:17d'audiovisuel, par exemple ?
08:19Non, non, non, non.
08:21Mais moi, je ne fais pas partie de tout privatiser.
08:24Ce n'est pas parce que je suis l'issue du privé
08:26qu'il faut tout privatiser.
08:28L'exemple, moi, j'avais une agence de développement.
08:31Je l'ai rattaché à mes services administratifs.
08:34Là, pour le coup, j'ai fait le sens inverse.
08:36Vous faites de l'économie par l'efficacité, en fait,
08:37par la réorganisation.
08:38L'efficience, c'est juste de l'efficience.
08:40Et puis, savoir couper aussi dans les budgets,
08:42j'ai envie de dire, d'avoir un peu le courage.
08:44Edouard Philippe est donc candidat à la présidentielle,
08:46comme Gabriel Attal.
08:47Alors, ils ont un point commun indélébile,
08:49ces deux-là, ce sont des enfants politiques du macronisme.
08:51Ils ont tous les deux été premiers ministres d'Emmanuel Macron.
08:53Mais qu'est-ce qui les distingue, en fait ?
08:54C'est cosmétique ou c'est politique,
08:56la différence entre Attal et Philippe ?
08:58Ça n'a rien à voir.
08:59Ça n'a rien à voir ?
08:59Ça n'a rien à voir.
09:00Rien à voir ?
09:00Mais non.
09:01Pourtant, ils ont gouverné ensemble.
09:02Oui, Bruno Retailleau a bien gouverné aussi
09:07avec Gabriel Attal et qu'importe.
09:09C'est quoi la différence fondamentale entre Attal et Philippe ?
09:13Edouard Philippe, comme je vous l'ai dit tout à l'heure,
09:15c'est déjà un homme qui est sérieux,
09:18qui travaille,
09:19qui va proposer un programme massif.
09:22L'autre, il ne travaille pas, il n'est pas sérieux.
09:23Ce n'est pas ce que je veux dire,
09:24mais ça fait des années où il se prépare à cette échéance.
09:29Je vous ai dit en termes d'action,
09:31en tant que Premier ministre,
09:32je vous l'ai dit tout à l'heure,
09:33c'est le seul qui a baissé les déficits.
09:35C'est lui aussi qui a engagé des grandes réformes.
09:39C'est lui qui a mis en place une politique de l'offre.
09:41Aujourd'hui, c'est le candidat qui est prêt.
09:44Et c'est surtout, pour moi, quelque chose de très important,
09:48Paris Centre, de la droite et du centre.
09:51C'est lui, aujourd'hui, qui est capable de rassembler
09:54de Bruno Retailleau jusqu'à Attal.
09:57Et c'est le seul à pouvoir le faire.
09:58Et aujourd'hui, pour moi, c'est un sujet très, très, très important.
10:02Parce que se placer au deuxième tour,
10:06ça passera uniquement s'il y a le rassemblement.
10:08Et pour moi, c'est Édouard Philippe qui l'incarne le mieux.
10:10Merci ou Matignon pour vous ?
10:12Mais ni l'un ni l'autre, vous savez, j'ai...
10:13Bah non !
10:14La langue de bois nous rattrape sur la fin.
10:16Mais alors là, je vais vous dire sincèrement,
10:18je n'ai jamais eu de plan de carrière
10:19et je ne veux surtout pas en avoir.
10:21Mon engagement, il est plein et entier.
10:23C'est tout ce qui m'anime, c'est de pouvoir agir.
10:24Merci beaucoup Christelle Morancé d'être venue ce matin sur RTL.
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