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  • il y a 3 heures
Anthropic, connue pour son IA Claude, a annoncé la suspension totale de l'accès à son dernier modèle d'IA, Mythos 5, à la demande de Washington. Sous couvert de protection de la sécurité nationale, le gouvernement américain lui a demandé d'interdire l'accès de ces produits à tous "les ressortissants étrangers, à l'intérieur ou à l'extérieur des États-Unis", y compris ses propres salariés. Une décision vue d'Europe comme l'illustration de la puissance américaine sur le secteur et de la volonté de contrôle de l'administration Trump. Écoutez la réaction d'Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l'Intelligence artificielle et du Numérique.
Regardez L'invité d'Anne-Sophie Lapix du 15 juin 2026.

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Transcription
00:01L'invité d'RTL Soir
00:03Notre grande invitée dans RTL Soir est la ministre déléguée chargée de l'intelligence artificielle et du numérique, Anne Le
00:09Hélanf, bonsoir.
00:10Bonsoir, Madame la Fixe.
00:11Alors on a beaucoup parlé ici des attaques commerciales de Trump sur nos exportations, de sa volonté de taxer nos
00:17vins, nos fromages, mais on n'a pas vu venir un sacré coup bas.
00:21Ce week-end, Washington a décidé de couper le dernier modèle d'intelligence artificielle de la société anthropique, de l
00:27'interdire aux étrangers.
00:29C'est une déclaration de guerre, de guerre de l'IA ?
00:33Alors, moi je ne commenterai pas la décision des Américains et de l'administration Trump évidemment.
00:38Par contre, la décision qu'a prise le président Trump prouve une chose, et une chose que je partage, que
00:43nous partageons avec lui,
00:44c'est que l'intelligence artificielle aujourd'hui est devenue un enjeu de puissance économique, de puissance technologique et de
00:51puissance géopolitique.
00:53Le numérique aujourd'hui est un outil de diplomatie et on doit le prendre comme tel.
00:57Et ça nous conforte, ça me conforte, sans rentrer dans la passion, dans la réaction, qu'il faut que nous
01:04continuions à faire pas à pas ce que nous sommes en train de construire pour l'Europe.
01:08Alors, on va en parler, mais d'abord on va essayer de bien comprendre ce qui se passe et les
01:11conséquences de la décision de l'administration Trump.
01:13Beaucoup de Français connaissent Anthropique parce qu'ils se servent de son assistant Claude.
01:18La conséquence de cette coupure, c'est que les particuliers, les entreprises qui travaillaient avec Claude, n'auront pas accès
01:24aux versions les plus évoluées.
01:26C'est ça ?
01:26C'est exactement ça.
01:27C'est-à-dire que là où auparavant ils avaient accès de manière assez libre à des outils, à des
01:32applications proposées par Anthropique,
01:34cette société mondialement connue et que beaucoup de Français connaissent et utilisent,
01:38eh bien dorénavant on ne pourra plus l'utiliser en Europe par exemple, mais aussi bien en Asie, en Afrique
01:43et dans d'autres parties du monde.
01:45Parce que déjà, Anthropique ne pouvait pas faire la différence entre ses propres salariés étrangers ou américains.
01:51Exactement.
01:51Donc ils l'ont coupé partout.
01:52Concrètement, il y a des entreprises françaises, des PME qui se sont retrouvées coupées dans leur élan, dans leur développement
01:58ce matin.
02:00Disons qu'ils ne peuvent plus utiliser cette application jusqu'à, j'imagine, qu'Anthropique, l'annoncé, puisse revoir avec
02:08l'administration la possibilité de le rouvrir dans les conditions de sécurité optimales.
02:13Parce que c'était avant tout, c'est un sujet de sécurité nationale.
02:16C'est comme ça que ça a été présenté.
02:18Alors sur cette décision, je vous dis, moi je préfère finalement rassurer vos éditeurs sur ce qu'on fait en
02:24européen.
02:25Justement, c'est réduire ces dépendances technologiques.
02:28Oui, mais alors je comprends que vous essayez de rassurer et on va voir quelles sont les solutions.
02:33Mais vous parlez effectivement de l'argument américain qui est celui de la sécurité nationale.
02:36Les deux nouveaux modèles développés par Anthropique, Fable 5 et Mythos 5, sont tellement puissants qu'ils sont dangereux.
02:44Et il y a des garde-fous qui en réalité sont faciles à contourner.
02:48C'est ça la raison pour laquelle l'administration américaine a dit stop.
02:53Sachant que les garde-fous, ça concerne des domaines aussi stratégiques que la cybersécurité et les risques d'attaques biologiques
02:59ou chimiques.
03:00Là, tout d'un coup, avec ces mots-là, on réalise ce qu'on peut faire avec l'IA et
03:04à quel point ça peut être dangereux et un instrument d'attaque et de guerre.
03:08C'est pourquoi l'IA, il ne faut pas le laisser, ce n'est pas le Far West.
03:12L'IA, il faut l'accompagner, c'est la position de la France, c'est la position de l'Europe.
03:16Certes, nous souhaitons soutenir notre écosystème pour les aider à se développer et donc favoriser l'innovation en matière d
03:24'IA en Europe.
03:25Mais également de réguler, c'est pour ça qu'il y a un règlement au niveau européen qui s'appelle
03:29le RIA, qui permet de donner un cadre.
03:32Et nous, notre position, c'est justement d'éviter ce genre de situation avec nos propres opérateurs, nos propres acteurs
03:39européens.
03:40Et avec une IA qui met l'humain au cœur des décisions des entreprises.
03:45Une IA transparente, une IA éthique et qui respecte l'environnement.
03:49C'est les garde-fous, nous en Europe, on les a.
03:51Donc je dirais que je suis assez sereine en ce qui me concerne en tant que ministre française de l
03:55'IA.
03:55Puisque nous, on ne fait pas les choses de manière débridée, extrêmement libérale.
04:01On a un cadre, on est très attaché à l'innovation, mais aussi à la protection.
04:05On a un cadre, on a des garde-fous, mais il faut dire aussi qu'on est beaucoup moins avancé
04:09que les Américains.
04:10On investit beaucoup moins d'argent et il y a vraiment un véritable écart de niveau.
04:17On va entendre notre éditorialiste, François Langlais, ce matin.
04:22Il expliquait un petit peu les conséquences d'une décision américaine sur notre écosystème français-européen.
04:29Écoutez.
04:29Il est tout à fait possible que demain, l'IA soit traitée comme la bombe nucléaire après la guerre,
04:35c'est-à-dire mise sous le contrôle exclusif de l'État dans quelques pays.
04:39Pour sortir de cette dépendance, il faudrait faire un gigantesque effort de recherche, d'innovation,
04:45du même ordre que celui qu'a fait la France du général de Gaulle.
04:47Pour se doter de l'arme nucléaire, alors que l'Amérique et l'Union soviétique en disposaient déjà.
04:52Est-ce qu'on y est vraiment prêt ?
04:54Alors, est-ce qu'on y est vraiment prêt ?
04:56Ce n'est pas les mêmes budgets.
04:58Ça se compte, c'est 100 fois plus les budgets investis par les États-Unis.
05:02Écoutez, lorsque le président de la République, Emmanuel Macron, lors du sommet pour l'IA de Paris,
05:06en février 2025, a annoncé 109 milliards d'investissements.
05:09Les investissements dont il parlait, effectivement, ne sont pas des investissements français uniquement.
05:15Même pas que européens.
05:17Nous, la France, on est prêt à accueillir des investisseurs étrangers.
05:22Par contre, il faut créer pour cela, pour gagner en autonomie stratégique, technologique,
05:29et qu'on soit aussi dans la course à l'IA, parce que c'est tout ça l'enjeu,
05:33il faut avoir des infrastructures.
05:35Et nous, nous souhaitons créer une filière IA en Europe.
05:38C'est ce à quoi on travaille avec la Commission européenne,
05:42avec nos amis des 26 autres pays de l'Europe,
05:46pour créer cette puissance IA qui pourrait être compétitive par rapport à l'IA à l'américaine ou l'IA
05:54à la chinoise.
05:54Mais il faut qu'un seul champion européen.
05:57Il faut que toute l'Europe se mette à investir dans Mistral, puisque c'est notre champion français.
06:03Exactement, vous m'enlevez les mots de la bouche,
06:06parce que Mistral, aujourd'hui, est considéré comme le champion européen
06:09qui a la capacité de grandir encore pour devenir un champion mondial.
06:15C'est ce que nous faisons.
06:17On peut très bien imaginer que sur un autre secteur,
06:19ce soit un champion d'un autre pays.
06:22Et en tout cas pour l'IA, la France, elle est dans la course,
06:24mais parce qu'on a pris des décisions très importantes d'investissement,
06:27création d'une filière IA avec des infrastructures,
06:30et notamment des data centers que nous construisons,
06:34et avec des procédures simplifiées, dites fast-track,
06:37c'est-à-dire pour aller plus vite, pour les raccorder,
06:40que ce soit dans les régions Hauts-de-France ou dans la région parisienne.
06:43Mais il y a beaucoup de pays étrangers qui utilisent Mistral.
06:47Ce n'est pas un phénomène uniquement français, voire peut-être un peu européen,
06:51mais on dit souvent que les clients de Mistral, ce sont aussi ses investisseurs.
06:58Alors, en fait, Mistral, il grandit très très vite,
07:00quand vous voyez la valorisation de Mistral aujourd'hui.
07:02Moi, je me déplace pas mal en Europe, je vais voir mes homologues.
07:05Mistral a des partenariats déjà avec de nombreux pays européens.
07:09Les Indiens s'intéressent à Mistral, le Canada également.
07:12Donc, Mistral est en pleine croissance.
07:14C'est justement par les dispositifs d'accompagnement voulus par l'État
07:20que nous arriverons à en faire un champion mondial.
07:22Mais Mistral est pris vraiment au sérieux par ses compétiteurs américains.
07:28Donc, il faut qu'on continue à le faire grandir.
07:31Il faut que la France positionne comme le pays leader en matière d'IA en Europe et dans le monde.
07:36On oeuvre en ce sens, que ce soit au niveau du public,
07:40avec les politiques gouvernementales, mais au niveau du privé aussi,
07:43qui a un rôle à jouer par la puissance de la commande qu'ils ont avec des acteurs de l
07:48'IA.
07:49Sinon, à tout moment, les Américains, ou peut-être les Chinois, pourront débrancher ?
07:53Alors, le fait de... On en parle régulièrement.
07:56Alors, les Chinois, c'est autre chose.
07:59Vraiment, en termes d'IA, aujourd'hui, sur le territoire européen,
08:03c'est vraiment les États-Unis et les Américains qui sont très présents.
08:07On a été, je dois le reconnaître par le passé,
08:09on essaie de combler cette dépendance,
08:11mais on a été un peu à la traîne sur le cloud, par exemple.
08:15Nous ne souhaitons pas vivre la même chose avec l'IA.
08:17On a tous les acteurs qu'il faut, une politique volontariste,
08:20l'écosystème est derrière cette politique.
08:22Donc, moi, je suis très confiante que, honnêtement,
08:25l'Europe, la France, on soit dans la course de l'IA.
08:28C'est une question essentielle pour notre propre autonomie.
08:31Merci beaucoup, Anne Le Hénanf, ministre déléguée,
08:34chargée de l'intelligence artificielle et du numérique.
08:37Dans un instant, on retrouve la petite bande de RTL Soir.
08:41L'info spéciale Coupe du Monde qu'on a failli manquer,
08:43ce sera la première star de ce mondial, un canard mexicain.
08:48La Tentation Culture, c'est une série de TF1
08:50sur l'histoire vraie d'une enfant adoptée
08:52qui n'était pas vraiment une enfant.
08:54Enfin, le petit phénomène des maguesselles
08:56va nous donner un peu d'air grâce au ventilateur de plafond.
08:59A tout de suite.
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