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  • il y a 2 jours
Avec Franck Benghanem, ancien Animateur et Délégué syndical SUPAP-FSU (Syndicat unitaire des personnels des administrations parisiennes)

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##LA_VIE_EN_VRAI-2026-06-16##

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Transcription
00:00Le Petit Matin Sud Radio, 5h07, Benjamin Glaze.
00:05Sud Radio, la vie en vrai, 6h40, il aura fallu attendre trop longtemps avant qu'éclate le scandale du périscolaire
00:11à Paris.
00:12Après des années d'inaction, 132 animateurs au total ont été suspendus depuis le début de l'année,
00:16dont 52 pour suspicion de violences sexuelles ou sexistes.
00:20Dans ce contexte, les syndicats du périscolaire parisien appellent une nouvelle fois à la grève.
00:24Aujourd'hui, ils demandent plus de moyens et de recrutement.
00:27Bonjour Franck Bengamen.
00:29Bonjour.
00:30Et merci d'être avec nous ce matin sur Sud Radio.
00:32Vous êtes ancien animateur, délégué syndical SUPAP FSU.
00:36Alors pourquoi avez-vous décidé d'appeler à la grève ce mardi ?
00:39Qu'est-ce que vous demandez concrètement ?
00:42Alors concrètement, on a déjà fait une manifestation à partir du 19 mai.
00:51Le mardi 19 mai, on a manifesté.
00:53Il y a eu 400 écoles fermées, plus de 2000 manifestants à Paris.
00:58Et les réponses qu'on n'a pas eues de M. Grégoire, parce qu'il ne nous a pas répondu
01:04concrètement à ses actions.
01:07Le maire de Paris, oui.
01:08Donc nous, ce qu'on veut, c'est bien sûr plus de moyens pour réussir à faire notre métier correctement.
01:16C'est-à-dire des meilleurs salaires pour plus d'attractivité, des meilleures formations pour être plus à même de
01:24faire notre métier de façon professionnelle
01:26et pas d'avoir juste des formations comme les BAFA ou BFD qui ne sont pas des formations diplômantes.
01:31On demande des moyens pour garantir la protection des enfants correctement et accueillir les enfants correctement.
01:38Vous dénoncez une situation de sous-effectifs chroniques.
01:42En clair, on manque de combien d'animateurs pour faire fonctionner véritablement le périscolaire aujourd'hui à Paris ?
01:49Il faut savoir qu'on a à peu près 12 000 animateurs au sein de la ville de Paris.
01:56Sur ces 12 000 animateurs, il y a pratiquement chaque jour des absents sur chaque école.
02:03Il y a 600 écoles, il y a à peu près 1, 2, 3 absents sur chaque école chaque jour.
02:07Donc il faudrait faire le calcul qui ne sont pas remplacés.
02:10Les sous-effectifs sont répétés depuis des dizaines d'années, depuis la mise en place de la réforme en 2013.
02:16C'est quelque chose qui est dure depuis longtemps.
02:21Donc la charge de travail, la charge mentale est difficile.
02:26Je parlais de ces 132 animateurs qui ont été suspendus depuis le début de l'année en lien avec le
02:31scandale du périscolaire parisien.
02:32Est-ce qu'ils ont été remplacés d'ailleurs à ce jour ou pas, Franck Benganem ?
02:37Je pense qu'ils ont du mal à trouver des remplacements pour aller travailler sur ces écoles qui ont été
02:41fortement impactées.
02:42Les équipes ne sont pas forcément bien accompagnées par la ville de Paris.
02:49Parce que quand on travaille avec des personnes qui sont suspectées de violences sexuelles,
02:56c'est difficile après de continuer de travailler dans ces écoles dans des bonnes conditions.
03:01Donc il faudrait interroger la ville de Paris.
03:03Nous on sait qu'ils ont du mal à recruter, que même ils demandent sur certaines écoles,
03:08ils proposent des primes pour pouvoir aller travailler sur ces écoles.
03:12Parce qu'on veut de moins en moins travailler sur les écoles où il y a eu ces suspicions.
03:18Bien sûr. En quoi le fait de mettre plus de moyens permettrait d'éviter justement de nouveaux scandales ?
03:24Parce que le lien n'est pas forcément évident pour tout le monde.
03:27Vous répondez quoi à cela ?
03:29Les moyens, il faut des mesures d'action concrètes et bien ciblées sur les mesures de prévention et de formation.
03:36Nous c'est ce qu'on demande depuis des années au SUPAP FSU et c'est ce qu'on met
03:39en place aussi pour les animateurs qui sont avec nous,
03:43pour qu'ils puissent justement être assez vigilants, pour voir les problèmes qui se posent au niveau de violences sexuelles
03:52ou violences ordinaires.
03:55Donc il y a des formations diplômantes, de l'attractivité, parce que plus on paye les conditions de travail,
04:00elles sont liées aussi aux conditions d'accueil des enfants.
04:04Vous dénoncez un climat de suspicion généralisée.
04:06Vous avez le sentiment aujourd'hui qu'on jette l'opprobre sur toute une profession avec ce scandale du périscolaire
04:10parisien ?
04:12Ah oui, bien sûr.
04:13Bien sûr, là c'est bien très difficile.
04:16Moi j'ai rencontré d'autres animateurs.
04:18Pourquoi c'est bien difficile de dire qu'ils travaillent dans l'animation ?
04:20Parce que tout de suite, on va être quand même, pas suspecté, mais on va être dans un climat, une
04:27atmosphère de travail,
04:28où on se dit que tous les animateurs sont possiblement des pédocriminels, ce qui est complètement faux.
04:33Et heureusement, j'espère que j'ai vu le ministère de l'éducation nationale qui rappelait le nombre de 80
04:44% d'un nombre excessif d'enfants
04:49qui ont été violentés sexuellement dans leur famille ou dans d'autres lieux.
04:55Et c'est un combat de tous, en fait.
05:02Suspicion aussi du côté, j'imagine, des familles, des parents ?
05:07Oui, c'est vrai que les parents doivent...
05:09Oui, oui, un petit peu.
05:11Mais nous, on travaille plus avec les agents, mais on est en contact avec les parents,
05:14avec des parents qui nous soutiennent aussi dans nos métiers,
05:16parce qu'ils savent qu'on fait correctement aussi notre métier et qu'on essaie de le faire le mieux
05:22possible.
05:22Mais des suspicions, parce qu'aux moindres faits et gestes qui vont être racontés par les enfants,
05:31ça va créer un climat de suspicion.
05:35Et donc oui, on est pour la libération de la parole de l'enfant, et c'est important, et on
05:38est très contents de ça.
05:39Mais voilà, ça peut mettre dans des situations compliquées.
05:43Par exemple, pour une accolade avec un enfant, on peut être suspecté de pédocriminalité.
05:48C'est ce que vous avez vécu, ça ?
05:51Vous l'avez constaté ?
05:52Vous l'avez constaté, en tout cas ?
05:54Ce sont des choses qu'on vous a rapportées ?
05:59En tout cas, il y a un climat qui...
06:02On ne nous l'a pas rapporté, mais en tout cas, il y a un climat qui fait qu'on
06:06prend beaucoup de recul sur la posture professionnelle,
06:10sur comment on va se positionner avec les enfants pour ne pas avoir trop de proximité.
06:18Donc oui, comme je vous ai dit, une accolade, ça peut être un problème.
06:21tenir un enfant par la main ou être peut-être trop proche d'un enfant plus qu'un autre, ça
06:26peut devenir un problème.
06:28Merci beaucoup, Franck Benganem, d'avoir été avec nous ce matin sur Sud Radio pour témoigner.
06:32Donc je rappelle cet appel à la grève.
06:34Aujourd'hui, dans le périscolaire parisien, vous demandez donc plus de moyens, plus de recrutement,
06:39et puis également des formations diplômantes, une revalorisation finalement de cette profession.
06:44Vous manquez de...
06:46Effectivement, vous avez une situation de sous-effectifs, vous nous le disiez.
06:50Merci beaucoup.
06:50Je rappelle, vous êtes ancien animateur, délégué syndical, SUPAP FSU.
06:54Très bonne journée à vous.
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