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  • il y a 2 semaines
L'Europe est-elle prête à prendre le risque de fâcher Donald Trump ? Voire de partir en guerre économique contre les États-Unis. Le Président américain menace d'augmenter de 10% les droits de douane pour 8 pays dont la France qui ont envoyé des soldats au Groenland. Écoutez la réaction du porte-parole des Affaires étrangères, Pascal Confavreux.
Regardez L'invité d'Anne-Sophie Lapix du 19 janvier 2026.

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Transcription
00:01Anne-Sophie Lapix, RTL Soir.
00:04L'Europe est-elle prête à prendre le risque de fâcher Donald Trump,
00:08voire de partir en guerre économique contre les Etats-Unis ?
00:11Le président américain menace d'augmenter de 10% les droits de douane pour 8 pays,
00:15dont la France, ces pays qui ont envoyé des soldats au Groenland.
00:18Notre invité est le porte-parole des affaires étrangères, Pascal Confavreux.
00:22Bonsoir.
00:22Bonsoir.
00:23Est-ce que ce soir, vous pouvez nous dire que ça ne passera pas,
00:26ça ne se passera pas comme ça, que l'Europe ne se laissera pas faire,
00:30quitte à prendre le risque de se fâcher avec Donald Trump ?
00:33Je crois qu'il faut être intraitable là où notre souveraineté est menacée.
00:36On ne veut pas être dans une mesure d'escalade.
00:39Mais on doit défendre nos intérêts.
00:41Et ici, c'est les intérêts des Groenlandais et des Danois,
00:45qui sont accessoirement membres de l'Union Européenne,
00:47membres de l'OTAN, et qui nous sommes en pleine solidarité.
00:49Notre position, c'est que les Groenlandais appartiennent à un Groenlandais,
00:52a décidé, nous sommes unis par des valeurs communes
00:55qui sont l'autodétermination des peuples.
00:59Et donc, c'est bien ça qui est en fait en question.
01:01Et on va oser ?
01:02Parce que jusque-là, franchement, on n'a pas des réactions extrêmement fortes
01:07quand Donald Trump fait absolument ce qu'il veut,
01:09que ce soit au Venezuela ou bientôt au Groenland.
01:12Ce qu'on dit, c'est qu'il faut que ce chantage cesse.
01:14Et l'Europe a quand même beaucoup d'atouts et beaucoup d'instruments.
01:19On a un peu tendance à sous-estimer notre propre force.
01:23Dans ces différents instruments, il y a notamment des instruments économiques,
01:26puisque là, on est en fait dans une forme de coercition, désormais, des États-Unis.
01:30Alors, c'est le fameux instrument anti-coercition,
01:33qui a été adopté il y a trois ans.
01:37De quoi s'agit-il précisément ?
01:39C'est un instrument qu'on avait imaginé,
01:41notamment sous la présence française de l'Union Européenne en 2022,
01:43adopté en 2023,
01:44et qui, dans un cas un peu flagrant de coercition comme ça,
01:48venu d'un État étranger,
01:50ouvre un peu différents instruments.
01:53Donc, c'est une proposition par la Commission,
01:54ensuite adoptée à la majorité qualifiée du Conseil de l'Union Européenne.
01:57Donc, ce n'est pas l'unanimité.
01:58C'est-à-dire qu'on peut éviter de rallier certains pays.
02:00Et ensuite, il y a différents instruments qui sont ouverts.
02:03Les instruments, notamment celui des droits de douane très forts, par exemple,
02:06qui peuvent heurter.
02:08Il peut y avoir aussi des sujets sur la propriété intellectuelle,
02:11des sujets de blocage, d'investissement d'entreprises étrangères
02:14sur le marché unique européen.
02:16Et on a un énorme marché, on a un peu tendance à l'oublier.
02:18Mais voilà.
02:18Donc ça, c'est des choses qui sont très puissantes.
02:20C'est un peu un instrument de dernier ressort.
02:22C'est un instrument de dissuasion.
02:24On ne veut pas l'employer.
02:25Mais en réalité, on est capable de pouvoir menacer son emploi
02:29pour, justement, essayer de dissuader des nations étrangères
02:33qui voudraient, en fait, impacter nos intérêts européens.
02:36Mais il faut se souvenir de ce qui se passe dans ce genre de situation.
02:39Donald Trump, il va dire, ah, vous voulez augmenter de 10, de 15, de 20.
02:42Moi, ce sera de 30.
02:43Et puis, vous direz de 40.
02:44C'est infini.
02:45Est-ce qu'on va vraiment aller jusque-là ?
02:47Ce qui est très important là-dedans, c'est l'unité.
02:49Et donc, c'est ce qu'on fait depuis ce week-end
02:51où le président de la République, le ministre des Affaires étrangères,
02:54Jean-Noël Barraud, ils ont pris l'initiative de cette coordination
02:56avec les Britanniques, qui ne sont plus dans l'Union européenne,
02:58mais qui sont aussi très impactés.
03:00Vous avez vu leur réaction qui était aussi très forte
03:01par la voix de Kerstarmer ce week-end.
03:04Mais avec aussi, ensuite, la Commission et les différents États membres
03:08pour avoir une réponse unie.
03:10Et donc, il y a eu une réunion hier des ambassadeurs à Bruxelles
03:13de l'Union européenne.
03:14Il y a plusieurs, ensuite, réunions qui vont se faire
03:16au niveau des ministres, au niveau des chefs d'État, probablement.
03:18Et donc, c'est là-dessus qu'on va essayer d'avoir cette réponse,
03:22disons, à la fois très forte et très unie.
03:24Vous y croyez ? Vous croyez que les Italiens vont dire
03:27« Ben non, ok, d'accord, on part en guerre avec les États-Unis,
03:30sachant qu'il y a déjà eu un accord qui a été conclu
03:32au long de l'Union européenne cet été, au mois de juillet,
03:35par Ursula von der Leyen, un accord très désavantageux pour l'Union européenne.
03:40Je crois que c'est 15% de taxes sur les exportations vers les États-Unis
03:43et zéro sur les importations américaines en Europe.
03:46Ça paraissait inacceptable, on l'a accepté.
03:48Nous avions nos doutes sur cet accord.
03:50Pourquoi, finalement, on s'y est ralliés sur la fin ?
03:51C'est parce que ça donnait de la visibilité aux entreprises qui nous le demandaient.
03:54Mais à la condition que, aussi, ça ne bougeait plus.
03:57C'est-à-dire que les Américains qui s'engageaient sur cet accord-là
03:59ne le m'en changent pas.
04:00Là, effectivement, comme il y a ce changement qui est en train d'être fait,
04:03évidemment, la validité de l'accord de l'été dernier,
04:05elle est un petit peu remise en question.
04:06Elle est même clairement remise en question.
04:08Vous savez que certains pays ne veulent pas se fâcher avec les États-Unis.
04:10Je parlais de l'Italie, on peut parler de la Hongrie.
04:12Même les Pays-Bas, ils ne sont pas très favorables.
04:13On appelle ça les pays très dadis.
04:16Dadis étant Donald Trump.
04:17Vous croyez vraiment que vous pouvez renverser la table
04:19et les entraîner avec vous ?
04:21Il y a derrière ce qui joue à la fois nos valeurs,
04:23qui nous unissent, je vous ai dit, l'autodétermination des peuples,
04:26et puis une question de souveraineté européenne.
04:28C'est exactement ce qui est en train de se produire dans ces jours-ci.
04:32Ce que je veux dire, c'est que ça peut quand même créer une crise au sein de l'Europe.
04:35Il peut réussir à diviser les Européens, Donald Trump.
04:38Ça, c'est un vrai sujet, mais c'est pour ça aussi que du coup,
04:40la France, par la voix de son président, de son ministre,
04:43on passe notre temps clairement en ce moment,
04:45justement à être dans cette coordination pour ramener tout le monde.
04:48Et on a un peu tendance à oublier que parfois, on y a réussi.
04:51Quand vous regardez le Covid, on a eu cette réponse européenne.
04:54Quand vous regardez l'agression russe en Ukraine,
04:56on a eu une réunion, une réponse finalement qui a fonctionné.
04:59Et même à l'unanimité, les 19 trains de sanctions qu'on a obtenus,
05:02qu'on a fait contre les Russes, ils ont été adoptés à l'unanimité.
05:05Donc, on y arrive et on a un peu sans sens parfois à sous-estimer
05:08notre capacité à avoir une réponse européenne
05:11quand elle est attaquée dans ses intérêts.
05:13À cause notamment de l'article de l'accord de cet été
05:16qui était donc très défavorable.
05:17Ça, ce n'est pas la preuve que l'Europe arrive à se dresser contre Donald Trump.
05:21Et puis aussi, on sait qu'on a peur pour le dossier ukrainien.
05:25Si jamais on s'engage dans cette guerre commerciale,
05:29est-ce qu'on ne risque pas d'handicaper les chances d'une paix en Ukraine ?
05:32C'est aussi la beauté de l'Unanimité, c'est que les sujets sont aussi traités séparément.
05:36Et donc, c'est le cas, regardez aussi sur l'Ukraine,
05:38c'est qu'il y a eu cette réunion de la coalition des volontaires
05:41il y a encore une dizaine de jours, dans lesquelles les Américains étaient là, étaient présents.
05:45On fait des avancées majeures sur la participation avec nous,
05:49sur les garanties de sécurité.
05:51Et donc ça, c'est aussi tout notre rôle, que de les avoir avec nous.
05:54Bien sûr, dans leurs intérêts, mais aussi dans notre intérêt.
05:57Est-ce qu'en fait, on ne va pas tirer un trait sur l'OTAN
05:59si on part en guerre avec les Etats-Unis ?
06:01Moi, je ne fais pas de politique fiction, on est dans l'action.
06:03Oui, mais là, la menace, elle dirait que quand on commence à attaquer
06:06aussi violemment des alliés, on ne peut plus travailler ensemble.
06:11Notre action, c'est de prévenir ça,
06:14d'envoyer un message très clair aux Américains
06:15et de maintenir une unité européenne
06:17qui est centrale dans notre capacité
06:20à pouvoir défendre nos intérêts et les intérêts des Français.
06:24Donc vous croyez vraiment que vous allez réussir à impressionner Donald Trump ?
06:27Je ne vais pas dans la personnalisation,
06:29je vais en tout cas dans notre capacité à avoir vraiment un poids là-dedans.
06:32Difficile de ne pas aller dans la personnalisation face à Donald Trump.
06:35Oui, mais on a une force, la force européenne,
06:38la force de ses process, la force de ses Etats
06:40et la force des réponses collectives.
06:43La semaine dernière, on a cru à une intervention américaine en Iran
06:45où le pouvoir est accusé de réprimer dans une grande violence
06:48les manifestations qui ont débuté il y a trois semaines.
06:50Vous auriez condamné une telle intervention américaine ?
06:54La France avait été parmi les premiers Etats
06:56à condamner l'intervention, vous savez, de la guerre des Dix jours
06:58au printemps dernier.
07:01Donc pareil, je ne fais pas de politique fiction,
07:02elle ne s'est pas produite, mais on l'avait fait.
07:04Et puis on n'a pas peur, disons, de dire
07:06quelle est ou pas la réaction du droit international.
07:10Ce qui s'est passé en Iran,
07:12c'est quand même la pire, disons,
07:14tragédie et répression du régime depuis des décennies.
07:20Nous avons, le président, parlé de violences d'Etat
07:23et nous sommes là dans deux choses,
07:26à la fois pour trouver des sanctions
07:28contre les auteurs de ces violences
07:29et en même temps pour exprimer et trouver
07:31des pleines solidarités vis-à-vis de la population.
07:34Enfin, il n'est pas intervenu,
07:35mais à présent, on n'entend plus les manifestations.
07:38C'est le pouvoir qui a repris le pouvoir dans les rues,
07:41tout simplement, et il ne se passe rien.
07:44La situation, nous la suivons de près.
07:47Ce que je veux dire aussi, c'est derrière,
07:49il y a aussi cette répression odieuse,
07:53je vous l'ai dit, donc nous, ce qu'on va faire,
07:55et notamment encore une fois en Européen,
07:56c'est de pouvoir sanctionner les responsables.
08:00Et puis derrière, ce qui se joue aussi,
08:02c'est en réalité la place de l'Iran dans la région
08:04et notre capacité à contrôler
08:06sa volonté de programme balistique
08:07et de programme nucléaire.
08:09Parce que vous savez que ce n'est pas terminé.
08:11et notre action et notre volonté,
08:14elle est là aussi là-dessus.
08:15On l'a compris, Donald Trump se voit
08:16en faiseur de paix dans le monde.
08:18Il a dévoilé la charte du Conseil de paix
08:21qu'il met en place pour assurer,
08:23tout simplement, la paix dans le monde.
08:25À la base, ça concernait surtout Gaza,
08:26mais apparemment, il voit beaucoup plus loin.
08:28Alors, puisque l'ONU ne l'a pas marché,
08:30c'est lui qui le dit,
08:31et il se nomme premier président
08:33de ce Conseil de paix.
08:35Pour être membre permanent,
08:36il faut verser un milliard cash,
08:40un milliard de dollars.
08:41La France n'est pas candidate.
08:43Alors, nous avons été invités,
08:45comme d'autres États,
08:47notamment européens.
08:48Oui, comme Poutine aussi,
08:49enfin comme d'autres.
08:50Nous ne donnons pas de suite favorable,
08:54là, à court terme,
08:56parce que ça pose à la fois
08:58deux problèmes, je dirais.
09:00D'une part, parce que dans cette charte,
09:02le mandat qui est inscrit
09:05est en fait au-delà de Gaza.
09:07Et alors que la résolution,
09:09notamment 2803,
09:10pour laquelle nous avions poussé
09:12et qui donnait ce mandat,
09:14était évidemment une résolution
09:16du Conseil de sécurité des Nations Unies
09:18qui était évidemment pour la poursuite
09:20de la paix dans la région.
09:22Et puis le deuxième,
09:23c'est que ça soulève aussi
09:24des questions majeures
09:25quant au respect des principes onusiens
09:27qui sont ceux qui nous animent
09:30depuis 80 ans.
09:31On veut dire qu'il ne va pas appliquer
09:32le droit international,
09:32ce sera le droit américain,
09:34Trumpien plus exactement ?
09:36Je ne sais pas.
09:37Mais en tout cas,
09:37on voit une forme de conflit de normes
09:38qui n'est pas de nature
09:40à nous rassurer.
09:41Et encore une fois,
09:42dans ce monde où on voit
09:43une forme de réaffirmissement
09:45du rapport de force,
09:47des interventions qui sont contraires
09:49au droit international,
09:50notre position,
09:50c'est de nous préparer
09:51et donc nous renforcer
09:53militairement, économiquement,
09:54même moralement,
09:55mais là, c'est au gouvernement
09:57de le dire.
09:57Mais ensuite,
09:59par ailleurs,
09:59de ne pas s'y résoudre
10:00parce que ceux,
10:01et notamment ceux qui ont
10:01des responsabilités imminentes
10:02de respect du droit international
10:03comme les membres permanents
10:05du Conseil de sécurité
10:05des Nations Unies,
10:06quand ils le violent,
10:07en fait, ça donne un signal
10:08pour tous les autres
10:10et derrière,
10:10ça implique des conséquences
10:12en chaîne
10:12qui peuvent être majeures.
10:14Donald Trump sera à Davos,
10:15au forum de Davos,
10:17mercredi.
10:18Est-ce qu'il est prévu
10:19un entretien,
10:20une rencontre
10:20entre Donald Trump
10:21et Emmanuel Macron ?
10:23Je laisserai à l'Elysée.
10:24Le président sera aussi
10:26à Davos,
10:26mais une partie
10:27des gouvernements
10:28sera aussi à Davos
10:29parce que c'est très important,
10:30y compris dans ce moment-là,
10:31de défendre
10:32l'attractivité française.
10:33Vous savez que
10:33les entreprises étrangères
10:34en France,
10:35c'est un élément
10:36très important
10:37d'emploi
10:38et de job
10:39pour nos concitoyens.
10:40Merci beaucoup,
10:41Pascal Confavreux
10:42d'être venu
10:43dans RTL Soir.
10:45Dans un instant,
10:46on change de sujet.
10:47On parle cuisine
10:47dans La Tentation du Soir
10:49avec un livre
10:49sur le maître absolu
10:50de la gastronomie française,
10:51Paul Bocuse.
10:52Et puis,
10:53Gastronomie Toujours
10:53avec les plats préférés
10:54des Français.
10:55C'est l'info
10:55qu'a repêché
10:55Florian Gazan.
10:56A tout de suite.
10:56Hey, Mr. DJ
10:58Bonne soirée
11:00sur RTL.
11:06RTL, votre radio.
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