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  • il y a 4 minutes
La ministre déléguée auprès de la ministre des Armées et des Anciens combattants, Alice Rufo, réagit à l'accord annoncé dimanche entre les États-Unis et l'Iran. Elle appelle à une réouverture "rapide" du détroit d'Ormuz et affirme que la France se tient prête à participer au déminage de la zone. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-7h50/l-invite-de-7h50-du-lundi-15-juin-2026-6975220
Transcription
00:01France Inter, la grande matinale.
00:04Et à 7h48, vous avez face à vous Benjamin Duhamel, la ministre déléguée auprès de la ministre des armées et
00:11des anciens combattants.
00:12Bonjour Alice Ruffo, merci d'être avec nous ce matin sur France Inter après l'annonce d'un accord entre
00:17les Etats-Unis et l'Iran qui doit être signé vendredi prochain en Suisse.
00:20Son contenu n'est pas encore totalement connu mais Donald Trump revendique la réouverture du détroit d'Hormuz une fois
00:26l'accord paraffé.
00:27Côté iranien on met en avant de grandes victoires, une humiliation de ses adversaires.
00:32Qui peut ce matin se déclarer gagnant de cette guerre Alice Ruffo ?
00:36Je crois d'abord qu'il faut saluer résolument l'accord trouvé dans les dernières heures.
00:41C'est important, c'est la première chose qu'il faut dire.
00:43Ensuite vous avez décrit évidemment la bataille des récits qui est assez classique en fait dans ces cas-là.
00:48Mais au fond ce qu'il faut c'est se concentrer sur ce que nous nous souhaitions.
00:51Nous appelions de longue date parce qu'au fond la question du détroit d'Hormuz soit neutralisée pour ouvrir une
00:58phase de négociation sur les autres questions.
01:00Et nous nous dirigeons vers cela dans une phase diplomatique qui s'ouvre qui va être très intense.
01:04Et on va rentrer dans le détail sur le rôle de la France notamment dans la sécurisation du détroit d
01:08'Hormuz.
01:08Mais c'est important de poser un constat, de faire un cadrage.
01:13Les Etats-Unis obtiennent la réouverture d'un détroit qui était ouvert avant le début de la guerre.
01:17Sur le nucléaire ça ressemble furieusement à l'accord de 2015, l'accord de Vienne que Donald Trump avait déchiré.
01:23On se dit en voyant tout cela, tout ça pour ça.
01:26Alice Ruffo ?
01:28Cette guerre en fait nous ne l'avons pas choisie.
01:32Après on vit avec le monde dans lequel on est.
01:34Voilà, il fallait arriver à cet accord.
01:36Est-ce qu'on peut dire que c'est un succès stratégique pour les Etats-Unis ?
01:39Cet accord est important pour nous.
01:42Voilà, il est important pour nous, il est important pour la stabilité internationale.
01:46Il ouvre une opportunité pour la stabilité dans la région.
01:49Ce n'est pas à moi de juger d'un succès ou pas américain.
01:53Je note que les autorités américaines s'en félicitent.
01:55Une question dans ce cas la plus ouverte, cette guerre elle aura servi à quoi ?
01:58Alice Ruffo ?
01:58Et notamment, on se souvient de ce qui était dit au mois de janvier quand il était question de libérer
02:03le peuple iranien,
02:03massacré par le régime, plusieurs mois après.
02:07Cette guerre elle aura servi à quoi ?
02:08Oui, je pense que vous avez raison de rappeler la pensée qu'on doit avoir pour le peuple iranien
02:12qui a subi beaucoup les conséquences d'abord du régime,
02:15qui a mené des répressions tout à fait terribles au début de l'année et puis de la guerre.
02:22Cependant, il se trouve que je ne peux pas expliquer une décision stratégique que nous n'avons pas prise.
02:27La décision stratégique que nous nous avons prise, c'était de passer par la voie diplomatique.
02:32Nous y sommes, allons de l'avant et c'est pour ça que je disais qu'il faut le saluer
02:35résolument,
02:36c'est-à-dire avec la résolution à ce que cet accord soit mis en oeuvre de manière efficace et
02:39robuste.
02:40Je crois que certains de vos silences sont assez éloquents ce matin.
02:43Alice Ruffeau, il faut qu'on s'arrête sur deux points précis.
02:45Le premier, vous l'évoquiez, c'est le détroit d'Hormuz.
02:48Est-ce que des informations dont vous disposez, la perspective, c'est une réouverture inconditionnelle,
02:54sans aucun droit de péage ?
02:55Ou est-ce que l'Iran garderait d'une manière ou d'une autre une forme de contrôle sur le
03:00détroit d'Hormuz ?
03:01Alors, l'accord n'est pas publié, le protocole sera signé dans les prochains jours.
03:06Vendredi, oui.
03:08Ce qui compte, c'est qu'il soit rapide, la réouverture du détroit d'Hormuz.
03:12Vous savez qu'il y avait un blocus américain,
03:14donc il sera levé, après les informations dont nous disposons,
03:17et nous, nous souhaitons qu'il n'y ait pas de péage ni de conditions mises au fond à cette
03:22réouverture.
03:23Donc un rétablissement de la situation intérieure.
03:24De la liberté de circulation maritime, conforme aux droits internationaux.
03:28C'est d'ailleurs cela que nous sommes prêts à soutenir.
03:30Que vous êtes prêts à soutenir, avec ce qui était évoqué par le président de la République,
03:35par vos alliés, notamment la Grande-Bretagne,
03:38cette mission de sécurisation du détroit d'Hormuz, une fois le conflit terminé.
03:42Est-ce que vous pouvez là, Alice Ruffo, ce matin, comme ministre déléguée aux armées,
03:45nous en dire plus sur les conditions ?
03:47Quand, comment pourrait être lancée cette mission de sécurisation du détroit d'Hormuz ?
03:51Oui, nous sommes prêts à contribuer, en tout cas, à la mise en œuvre d'un accord
03:56qui permettra la reprise de la liberté de circulation maritime rapide et robuste et efficace, en fait, dans le détroit
04:02d'Hormuz.
04:03En avril, il y a eu une réunion internationale à Paris, à l'Élysée,
04:08où une quarantaine de pays se sont mis d'accord, au fond, sur les paramètres d'une mission internationale
04:12ou d'une initiative internationale qui permettrait de reprendre cette liberté de circulation.
04:17J'insiste, à distance des belligérants.
04:19Bon, la condition première, c'était cet accord.
04:22C'était qu'il puisse y avoir une cessation des hostilités, un arrêt des combats,
04:26parce qu'il était hors de question d'y aller dans une situation,
04:28ni pour une ouverture de vive force, comme à un moment donné les États-Unis le demandaient,
04:32ni dans une conflictualité.
04:34Bon, ça c'est le premier point.
04:35Le deuxième point, c'est qu'il faut qu'il y ait un accord des partis, de toutes les parties.
04:39Et donc que l'Iran soit d'accord pour cette mission de sécurisation ?
04:41Absolument. Donc, c'est ce qu'il va falloir travailler dans la semaine.
04:45Il y a plusieurs acteurs qui vont se réunir au G7 autour d'une réunion sur le Moyen-Orient,
04:50plusieurs pays du Golfe, le Qatar, qui a contribué d'ailleurs à cet accord.
04:54Et bien sûr que dans les prochains jours, les discussions vont porter là-dessus,
04:57étant entendu que, par ailleurs, nous, et vous m'interrogez comme ministre déléguée auprès de la ministre des Armées,
05:02il y a une planification qui a été faite, une planification militaire qui a été faite,
05:07avec nos partenaires britanniques, mais aussi avec d'autres.
05:10Mais la France est prête, c'est ce que vous dites ce matin, à participer à cette mission,
05:14notamment à contribuer au déminage du Détroit d'Hormuz.
05:17Ça fait partie des missions des bateaux et des frégates françaises.
05:21Oui, si les conditions sont réunies, nous sommes prêts à appuyer avec nos partenaires
05:26des opérations qui seraient nécessaires, de déminage.
05:29Mais tout cela, vous voyez bien qu'on a le cadre général.
05:32Maintenant, il faut le construire, ce cadre.
05:35Un mot plus général sur la présence française dans la région.
05:38Il a été question ces derniers jours, par voie de presse, du départ du porte-avions Charles de Gaulle,
05:42notamment pour maintenance.
05:43Est-ce que vous pouvez nous dire ce matin si le porte-avions Charles de Gaulle va rester dans la
05:47région,
05:48notamment dans la perspective de cette mission de sécurisation ?
05:51Oui, bien sûr.
05:51Jusqu'à nouvel ordre, c'est ce qui a été dit hier par l'état-major des armées.
05:55Mais le porte-avions reste sur zone.
05:57Et de toute évidence, on voit bien l'intérêt qu'avait aussi cette présence dans la région
06:02pour avoir une appréciation autonome et surtout crédibiliser la démarche diplomatique
06:06qui vise à la liberté de circulation maritime.
06:09C'est-à-dire, en fait, à quelque chose qui contribue à nos intérêts,
06:13c'est-à-dire à la reprise du trafic pour l'économie mondiale
06:15et pour le prix à la pompe, comme ça vient d'être dit.
06:17Alice Ruffo, pour que cet accord puisse être pleinement accepté par les partis,
06:21il faut que le conflit cesse au Liban et pour cela que le Premier ministre israélien,
06:26Benjamin Netanyahou, cesse de frapper Beyrouth et de frapper le Hezbollah.
06:30Quand on voit ces derniers jours la façon dont il a délibérément refusé de suivre
06:34ce qui lui était demandé par le président américain,
06:36est-ce que ça peut vraiment rendre optimiste sur la possibilité
06:39que les armes se taisent entre Israël et le Hezbollah ?
06:42Vous avez raison de rappeler l'épisode d'hier, qui n'est pas un épisode
06:46puisqu'il y avait déjà eu des précédents, au fond, sur les frappes sur Beyrouth.
06:50D'abord, d'après les informations dont on dispose, mais encore une fois,
06:53qui sont indiquées par le Premier ministre du Pakistan, par exemple,
06:58le Liban, et c'est une bonne chose, fait partie de l'accord sur la cessation des hostilités.
07:03On sait bien qu'Israël n'est pas favorable, au fond, à un accord depuis longtemps.
07:10Il n'y a rien de nouveau.
07:11Même à l'époque du JCPOA, de l'accord sur le nucléaire en 2015,
07:15Israël n'était pas favorable à cet accord.
07:17Bon, s'agissant du Liban, il est temps que le Liban cesse d'être l'otage, au fond, d'égard
07:25des autres.
07:25Et là, je crois que vraiment, on a une opportunité très importante avec les Américains,
07:31avec les Américains, en discussion avec nos partenaires, notamment golfiques,
07:35en lien avec l'Iran, puisque nous avons gardé des canaux ouverts,
07:39pour imposer le fait que les armes se taisent et qu'on puisse travailler à la reprise de la souveraineté
07:45libanais,
07:47c'est-à-dire au contrôle de l'État sur les milices.
07:50C'est important.
07:51Oui.
07:51Un dernier mot, Alice Ruffo, Donald Trump qui va donc arriver aujourd'hui en France pour le G7 des viandes.
07:56Bien évidemment, cet accord sera au menu des discussions.
07:59Et pour un dîner de gala, mercredi à Versailles, au menu, on a appris, feu d'artifice, visite de la
08:05galerie des glaces.
08:05Est-ce qu'on a vraiment besoin, Alice Ruffo, de dérouler le tapis rouge à un dirigeant
08:09dont l'agenda stratégique consiste méthodiquement à nous affaiblir, nous, Européens ?
08:14C'est un allié qui célèbre, enfin les États-Unis d'Amérique, célèbrent leurs 250 ans.
08:21Encore une fois, d'abord Versailles est un outil diplomatique majeur, et deuxièmement...
08:25Mais on a besoin d'en rajouter à ce point, l'idée n'est pas de contester que les États
08:28-Unis soient notre allié
08:29et qu'il y ait des discussions bilatérales.
08:30Quand on invite un chef d'État, on célèbre une histoire commune, et à travers lui, un peuple, une amitié
08:36entre les peuples.
08:37Bon, j'ajoute que les États-Unis sont... Moi, je n'ai jamais dit que ce n'étaient pas nos
08:41alliés, ce sont nos alliés.
08:42Et donc, voilà, il faut travailler. On a quand même là une séquence qui s'ouvre.
08:45Je veux insister là-dessus, parce que les symboles comptent énormément.
08:48Mais en fait, la France se retrouve avec le G7, aussi parce qu'elle a pris des initiatives assez positives,
08:54aidantes,
08:55sur le Liban, sur Hormuz, sur le Leclerc...
08:58Mais juste pour comprendre, Alice, qu'il faut l'inviter à Versailles, c'est une façon d'essayer de l
09:02'amadouer,
09:02de le convaincre de rester jusqu'au bout du G7.
09:05On a un président des États-Unis qui menace les pays de l'OTAN,
09:08qui coupe en tropique un service d'intelligence artificielle pour tous les non-américains.
09:12Et on le remercie en l'invitant de cette manière au château de Versailles.
09:15Écoutez, de mon expérience, ma petite expérience diplomatique,
09:18la qualité de la réception qu'on doit, c'est de la courtoisie.
09:22Un chef d'État n'empêche jamais...
09:24Tous ne bénéficient pas du même régime.
09:26Non, mais certains n'empêchent jamais la franchise et la clarté dans la défense de nos intérêts.
09:30Merci beaucoup Alice Ruffaut d'être venue ce matin au micro-dentaire.
09:34Merci.
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