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  • il y a 2 jours
Au menu ce samedi : l'entrée en Bourse fracassante de SpaceX, l'élan des taxis autonomes à Londres, mais aussi un reportage sur les faux avis en ligne et un entretien avec la patronne de la DGCCRF. En ligne et ailleurs, comment mieux assurer la protection des consommateurs ? Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/on-n-arrete-pas-l-eco/on-n-arrete-pas-l-eco-du-samedi-13-juin-2026-1503166

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00:00Bonjour Sarah Lacoche, merci d'avoir accepté notre invitation, vous êtes la directrice générale de la DGCCRF, la répression des
00:07fraudes.
00:08Vous venez de publier votre rapport annuel, 3000 agents qui contrôlent aujourd'hui aussi bien les plateformes de e-commerce
00:15que les relations entre industriels, les influenceurs.
00:18En 2025 vous avez contrôlé on va dire quasiment 60 000 sites et établissements, plus de 200 millions d'amendes,
00:25ça c'est un niveau totalement historique.
00:27Petite question d'actualité, il paraît que la coupe du monde de football a débuté, période phare pour les paris
00:33de sites de Paris en ligne et puis pour tous les sites surtout qui conseillent comment parier sur ces sites.
00:40Comment on fait pour limiter les arnaques qui sont très importantes ?
00:44Il faut effectivement être très vigilant puisque l'argent facile, le pronostic qui vous garantit des gains c'est toujours
00:49par définition un petit peu risqué.
00:51Donc c'est vrai que nous on est vigilants, on fait des contrôles effectivement et on se coordonne avec l
00:56'agence nationale pour les jeux pour s'assurer que les pronostiqueurs ne vous disent pas qu'en fait la chance
01:00de gains est assurée.
01:01Ça c'est le premier sujet.
01:02Vous dites on fait des contrôles, soyons très concrets, là en ce moment vous êtes au taquet là-dessus.
01:07Voilà, en ce moment et de façon générale on continue parce qu'il y a tout le temps des compétitions
01:11sportives, donc c'est toute l'année.
01:12Et effectivement on a fait une vingtaine de contrôles l'an dernier.
01:16Ça peut aller jusqu'à quand même des amendes assez significatives.
01:19On a donné 80 000 euros d'amende sur une entreprise contrôlée.
01:23On fait aussi très attention aux influenceurs parce qu'on sait qu'eux aussi parfois mettent beaucoup en avant des
01:28services de pronostics.
01:29Et en fait là aussi on ne peut pas faire par exemple de la promotion pour des abonnements pour des
01:33services de pronostics.
01:34Et il y a une influenceuse assez connue qui s'est pris 150 000 euros d'amende et un an
01:38de prison avec sursis.
01:40Donc on peut avoir la main lourde.
01:42Donc un point effectivement important.
01:44Moi ce qui m'a étonné quand j'ai lu votre rapport, vous avez fait moins de contrôles en 2025
01:48mais vous avez donné beaucoup plus d'amendes.
01:51Qu'est-ce que ça veut dire ?
01:51C'est que vous préférez aller sur les grosses affaires et envoyer des amendes très symboliques qui grosso modo parlent
01:58pour tout le monde ?
01:59C'est ça la logique ?
02:00La logique c'est de bien cibler.
02:01Effectivement on contrôle un peu moins d'entreprises.
02:04L'idée c'est d'aller là où il y a du préjudice, de l'impact pour les consommateurs ou
02:07pour les entreprises.
02:08Et donc on a choisi d'aller sur plus de sanctions.
02:12Et par exemple avant on avait plutôt 20% d'entreprises qui ont contrôlé qu'il y avait des sanctions.
02:16Maintenant on est presque à 26%.
02:17Donc on contrôle pas uniquement des grosses entreprises, on continue de contrôler aussi des petites entreprises.
02:21Mais l'idée vraiment c'est de se dire là où j'ai un préjudice pour une entreprise ou un
02:25consommateur, il faut y aller.
02:26Si c'est quelque chose de plus mineur, si on n'a pas non plus de signal comme quoi il
02:30y a un problème, c'est pas la peine d'y aller.
02:31Vous vous saisissez ou c'est de la dénonciation ?
02:33Vous vous dites qu'il y a plein de plaintes qui remontent donc on va y aller là-dessus tout
02:36de suite ?
02:36On utilise beaucoup de signal conso.
02:38Donc effectivement là où beaucoup de consommateurs nous font...
02:41Qui est le fameux produit sur lequel nous pouvons nous-mêmes déclarer des problèmes.
02:43Exactement, vous pouvez déclarer des problèmes, ça sert à faire de la médiation.
02:45Mais pour nous c'est une mine d'or en termes de ciblage.
02:48Alors l'une des mines d'or pour voir tous les problèmes c'est bien évidemment les plateformes notamment chinoises.
02:53Je pense à Temo et Chine.
02:55Aujourd'hui soyons clairs, c'est votre principal problème ?
02:58Alors c'est un des gros enjeux qu'on a, en tout cas c'est une priorité.
03:01Le e-commerce et notamment effectivement le développement de certaines plateformes
03:04qui ont eu une très forte audience en termes de consommation
03:07mais qui nous semblent poser vraiment des risques, beaucoup pour les consommateurs
03:10en termes de loyauté de l'information mais aussi pour les entreprises françaises
03:13parce qu'on voit bien que certains des produits ne respectent pas nos normes et ça, ça n'est pas
03:17normal.
03:17Avez-vous les moyens tout simplement de les contrôler ?
03:20Ce sont des millions, des milliards de produits qui débarquent tous les jours en Europe.
03:24Je disais vous avez 3000 agents qui font tout plus tout le reste.
03:29Comment on peut faire ?
03:30Alors sur ces très grandes plateformes en fait, il y a à la fois le fait de faire
03:35on peut faire de l'analyse de données massives, on a des outils pour faire ça.
03:38Donc c'est vrai qu'on est en capacité de faire par exemple sur les analyses de fausses promotions
03:41on peut faire des constats qui portent sur des milliers de produits, ça on a des outils.
03:45Sur les produits, on a intensifié le nombre de produits qu'on allait prélever,
03:49on va passer à 1500 cette année.
03:51Et puis il faut aussi se dire que les textes européens nous donnent des armes importantes
03:55avec la Commission européenne qui peut aller jusqu'à prononcer des amendes très fortes.
03:58Vous avez vu par exemple la sanction sur Temu
04:00qui n'avait pas bien juste fait son analyse de risque au titre de règlement sur les services numériques.
04:04Je le disais, vous n'avez jamais donné autant d'amendes qu'à l'année dernière, 200 millions d'euros.
04:08Pour Temu et Chine, c'est une baguette.
04:11Est-ce qu'ils n'ont pas tout simplement intégré ces amendes ?
04:14Ils ont dit bon allez, on prendra une amende, qu'importe.
04:16Alors si on cumule quand même ce qu'on fait au niveau européen, au niveau français,
04:20Chine a également eu une amende de la CNIL.
04:22Donc en fait ce qui est important aussi je pense c'est de rester mobilisé,
04:25c'est-à-dire que jusqu'à ce qu'on ne soit pas satisfait de la mise en conformité,
04:29nous poursuivrons les contrôles.
04:30Et pas uniquement la DCCRF, mais c'est l'ensemble des autorités administratives
04:34et des administrations qui sont sur ce sujet.
04:36Donc il y aura d'autres amendes si je le comprends dans ce que vous êtes en train de nous
04:39dire.
04:39Si ce n'est toujours pas conforme, on continuera de sanctionner.
04:42Vous allez changer vos modes d'organisation si je peux le dire ainsi,
04:46grâce bien évidemment à l'intelligence artificielle
04:49qui pose un avantage pour vous pour pouvoir mieux contrôler,
04:53mais également de gros gros problèmes.
04:55Puisque on parle aujourd'hui de plus en plus d'agents tiques,
04:57grosso modo c'est des agents qui se parlent entre eux
04:59et qui vont pouvoir placer commande tout seul.
05:02Concrètement qu'est-ce que ça change pour vous ?
05:04Et comment on passe finalement d'une fraude visible
05:07à une fraude automatisée, invisible, industrielle,
05:09dont on réécrit l'adresse IP à la minute même
05:13où vous avez trouvé le potentiel problème ?
05:15Alors effectivement le niveau de menace, le risque il est plus important.
05:18On voit déjà que le numérique de façon générale nous a posé des défis.
05:21On doit aller sur de l'analyse parfois de données massives.
05:23Donc là aussi on s'outille, on a une cellule numérique
05:25qui nous a développé des outils pour faire ça.
05:28L'intelligence artificielle ça va nécessiter d'aller voir jusque dans l'algorithme.
05:31Donc c'est vrai que c'est encore une façon différente de faire des contrôles.
05:34On va recruter des experts de l'intelligence artificielle.
05:37On a commencé à monter une mission d'Ataya.
05:38Aller voir dans l'algorithme ça veut dire quoi ?
05:39C'est-à-dire que chez Moëtine vous donne le droit d'entrer dans leur code ?
05:43Alors on va bientôt avoir un nouveau règlement européen
05:45qui est en train d'entrer en vigueur, le règlement sur l'intelligence artificielle.
05:49Et par ailleurs je pense que tout comme on a le droit d'aller quand même
05:52dans des entreprises quand on fait physiquement des contrôles,
05:55moi je pense qu'il ne faut pas qu'on ait peur d'aller demander des informations
05:58aux entreprises qu'on contrôle y compris sur les algorithmes.
06:00Mais est-ce que ces entreprises vous donnent les réponses ?
06:03On l'a entendu dans l'excellent reportage d'Anna Elverzo sur les faux avis.
06:07Google a fait un effort sur le cas, l'exemple que nous venons d'entendre.
06:11Mais on voit bien qu'ils mettent un petit peu de temps, tout ça.
06:15Ce sont des alliés pour vous ?
06:17Ou ce sont quand même des gens à qui parfois il faut taper un peu les fesses pour que ça
06:22fonctionne ?
06:22Alors ce sont des gens avec lesquels on échange, et c'est vrai qu'on voit quand on échange avec
06:25certains,
06:26ils essaient vraiment de mettre en place des dispositifs pour améliorer, retirer des contenus,
06:30ou je pense à des grandes marketplaces qui retirent d'elles-mêmes des produits qui leur semblent dangereux.
06:34Donc ils font des efforts.
06:35C'est sans doute pas encore suffisant.
06:37En même temps le numérique c'est vrai que ça va très vite.
06:38Donc je pense que c'est un défi commun.
06:40Et en même temps ce sont également des entreprises qu'on contrôle.
06:43Donc on fait les deux.
06:44Oui, mais du coup ils vous aident quand même un peu ?
06:46On a même des obligations en fait.
06:47Est-ce que ça va mieux ? On va lire ainsi.
06:48Moi je pense qu'avec certaines de ces entreprises on arrive à avoir un échange pour essayer d'avancer dans
06:53le même sens.
06:53Parce que je pense que aussi pour eux l'enjeu c'est de se dire est-ce que je suis
06:56un acteur de confiance ?
06:57C'est important pour eux aussi.
06:59Parce que quand on parle de confiance il y a aussi tout le débat autour des influenceurs
07:03qui aujourd'hui dont le principal métier est de faire de la publicité.
07:08Alors ils nous mettent plus ou moins publicité rémunérée, publicité amicale.
07:12Enfin on ne comprend pas très bien ce que ça veut dire.
07:14Là aussi la plupart sont à Dubaï ou je ne sais trop où.
07:17Pas faciles à contrôler.
07:18Alors quand ils sont à Dubaï, leur site internet, on peut quand même le contrôler.
07:21On peut quand même capturer toutes leurs stories.
07:23On peut faire l'analyse des contenus.
07:24Là aussi on s'est outillés pour le faire.
07:27Il faut savoir qu'en termes de droit, on a la capacité dès lors qu'en fait ils vont interagir
07:32en France.
07:32En fait on peut les contrôler.
07:34Alors après effectivement parfois c'est un peu plus compliqué pour les faire venir pour une audition.
07:37Mais on y arrive quand même.
07:38D'ailleurs on a quand même infligé beaucoup de sanctions pour certains des influenceurs.
07:42Certains ont été très visibles.
07:44Effectivement ça va de la personne qui ne dit pas qu'il y a une intention commerciale
07:49à des gens qui vont faire de la promotion pour des choses qui sont interdites et très risquées.
07:53Et là aussi c'est vraiment une de nos priorités d'action.
07:55Je pense que vous êtes vous-même la première concernée.
07:57Ce qui nous énerve tous.
07:59Tous ces numéros en 0160 qui nous arrivent sur notre téléphone quand ce n'est pas 0347.
08:05Démarchage téléphonique.
08:06On pourrait changer nos pompes à chaleur à peu près 1000 fois par jour.
08:08si on reponnait à tous ces appels.
08:10Personne ne comprend pourquoi vous n'arrivez pas à les bloquer.
08:14Il paraît que la loi va radicalement changer.
08:16Il y avait eu des annonces l'année dernière mais que c'est que maintenant que ça entre en vigueur.
08:20Soyez la plus concrète possible.
08:21Est-ce que là à l'été 26 c'en est terminé ?
08:25Alors il y a un changement de paradigme au sens où le démarchage téléphonique jusqu'ici est encadré.
08:29On n'avait pas le droit d'appeler en dehors de certaines plages horaires.
08:32Pour certains secteurs c'était complètement interdit comme la rénovation énergétique.
08:36Là on change de paradigme puisque maintenant il faut obtenir le consentement de la personne pour pouvoir faire du démarchage.
08:42Sauf si vous aviez déjà une relation contractuelle avec cette personne.
08:45Donc ça, ça va quand même changer effectivement la façon de faire.
08:49Il faut avoir en tête que...
08:49C'est-à-dire qu'ils vont me demander mon avis et je vais devoir valider.
08:52Et une fois que j'en ai potentiellement bloqué un, il ne recrée pas son numéro le lendemain et ça
08:56ne revient pas à la même chose.
08:57Alors il faut avoir en tête qu'on a des acteurs qui sont des acteurs complètement fraudulés, très organisés, qui
09:02achètent des bases de données et qui parfois même usurpent des numéros.
09:05Donc là c'est un travail qu'on fait également avec les opérateurs de téléphonie et avec l'ARCEP parce
09:10qu'effectivement là on a des sujets d'usurpation.
09:12Donc là ce sont des gens qui de toute façon sont complètement en dehors du clou mais de façon vraiment
09:17volontaire.
09:17Et il faut quand même distinguer des gens qui essaient de faire du démarchage pour leur business model et des
09:23gens qui sont des fraudeurs complets sur lesquels c'est d'autres moyens qu'il faut mettre en place.
09:27Parmi vos autres missions extrêmement importantes pour le pouvoir d'achat des français, c'est vous qui contrôlez grosso modo
09:33que les accords qui sont signés entre les fournisseurs et les grands distributeurs sont respectés.
09:38Il paraît que l'année 25 et sûrement l'année 26 ont été une fois de plus les pires années
09:43de négociation.
09:44Je veux dire tous les ans on nous annonce que c'est la pire.
09:46Comment on fait véritablement pour s'assurer que ce qu'on paye est le vrai prix, que les marches sont
09:51respectées, qu'on ne nous a pas diminué de 20% la quantité de notre yaourt, etc.
09:58Alors sur les relations commerciales nous on va s'assurer que c'est le cadre des règles du jeu du
10:01commerce qui a été respecté.
10:03Par exemple que les dates de signature ont été respectées et puis cette année c'est vrai que ça a
10:06été tendu.
10:07Donc on va aussi regarder en fait un petit peu l'équilibre de ces négociations.
10:11Ça c'est des contrôles qui prennent un peu de temps.
10:12Après sur le volet effectivement comme vous le disiez par exemple la quantité de ce qu'on va trouver dans
10:18les produits.
10:19Là c'est d'autres sujets, c'est ce contrôle qu'on va faire par exemple notamment en magasin ou
10:22auprès des fournisseurs.
10:23Et on va continuer de s'assurer que l'information est loyale pour le consommateur.
10:27C'est ça l'enjeu.
10:27Moi je retiens qu'on peut parier à peu près sérieusement en faisant attention pour la coupe du monde.
10:31Je retiens qu'on n'aura plus de démarchage téléphonique.
10:34Revenez si vous avez d'autres bonnes nouvelles comme ça à nous annoncer dans les années à venir.
10:37Sarah Lacoche, directrice générale de la DGCCRF, était l'invité dont n'arrête pas l'écho ce matin.
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