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  • il y a 2 jours
Édouard Geffray, ministre de l'Éducation nationale, revient sur les mesures de protection des élèves, les nouvelles modalités du baccalauréat et les perspectives d'évolution du métier d'enseignant. Plus d'info : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20/le-grand-entretien-du-dimanche-14-juin-2026-3239499

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00:06Et dans le grand entretien ce matin, nous recevons le ministre de l'éducation nationale.
00:12De nombreux sujets à aborder avec lui sur la protection de l'enfance avec une loi qu'il porte.
00:18Le bac dont la première épreuve de maths est tenue vendredi est plus généralement un état des lieux de l
00:24'éducation nécessaire de l'éducation nationale.
00:27Bonjour Edouard Geffray.
00:29Bonjour.
00:29Nos auditeurs pourront vous interroger, réagir au 0145 24 7000 et sur l'application Radio France.
00:37Mais commençons monsieur le ministre par ce drame qui a ému la France.
00:42Il s'agit évidemment de l'affaire Liana.
00:45Il a été beaucoup question cette semaine des éventuels dysfonctionnements de la justice.
00:50Une faute des services de la justice pour reprendre les mots de Sébastien Lecornu.
00:54Ce n'est pas une responsabilité systémique Edouard Geffray.
00:58Vous excluez toute défaillance au niveau de l'éducation nationale ?
01:02Alors moi, par définition, je n'exclus rien du tout.
01:05Et d'ailleurs, c'est pour ça que l'éducation nationale, enfin l'inspection éducation nationale, est associée à l
01:10'enquête sur ce drame.
01:12Mais à ce stade des premiers éléments qu'on a, effectivement, on n'a pas repéré de défaillance.
01:17Je vous pose la question parce qu'en 2021, il y a eu une première alerte administrative concernant les agissements
01:22de Jérôme Barrella, l'auteur présumé,
01:24alors qu'il exerçait comme agent d'entretien au lycée de Lecoutre dans le Gers.
01:30Il a fait l'objet d'une procédure disciplinaire pour comportement inapproprié.
01:33L'établissement le licencie, ne signale pas au parquet Doche ce licenciement.
01:39Et plus généralement, est-ce qu'il devrait y avoir une communication systématique entre la justice et les services de
01:44l'école dans des cas comme cela ?
01:46Alors, une fois encore, je suis très prudent sur l'enchaînement des faits de l'époque.
01:49C'est pour ça qu'il y a cette enquête.
01:51Parce qu'on a d'abord un devoir d'objectivité vis-à-vis de la famille de Ligana, et vis
01:54-à-vis des Français d'ailleurs, et ensuite un devoir d'action.
01:57Pour ce qui est d'objectiviser les faits, ce n'est pas l'établissement qui est licencié parce qu'il
02:01n'était pas personnel de l'éducation nationale.
02:03C'est un personnel de la région.
02:04Ah, dans l'entretien.
02:05Oui, donc de la région, qui a justement été signalée immédiatement par l'approviseur, dès qu'elle a appris qu
02:11'il avait une relation par messagerie avec une élève.
02:16Manifestement, à l'époque, compte tenu de l'objet même de ces discussions, ça n'a pas été considéré comme
02:20pénalement répréhensible.
02:22Mais en revanche, elle l'a signé précisément pour qu'il soit écarté.
02:25Mais alors, quelle est cette précaution maximale que vous annoncez pour l'école, et plus largement, pour tout ce qui
02:31dépend de l'éducation nationale ?
02:32Alors justement, il y a un enjeu, si vous voulez, pour moi, que je porte depuis plusieurs mois, qui n
02:36'est pas lié au drame qui nous réunit,
02:39qui est de faire ce que j'appelle un fichier d'interdit d'école, une liste noire des interdits d
02:44'école, et pas que d'école.
02:46Je vous prends un exemple.
02:47Aujourd'hui, pour empêcher quelqu'un d'entrer dans le système scolaire, ou en périscolaire, ou en sport, il faut
02:52qu'il ait été condamné ou mis en cause pénalement.
02:55Moi, ce que je souhaite, c'est qu'à partir du moment où l'administration d'éducation nationale, ou un
03:00centre périscolaire, etc., ou une commune,
03:03écarte un agent, donc c'est une procédure disciplinaire, elle licencie un agent en raison de son comportement avec les
03:08mineurs,
03:08il ne peut pas remettre les pieds dans les murs de l'école, dans les murs du périscolaire, à quelque
03:13titre que ce soit.
03:14Mais comment est-ce que ça va fonctionner, cette liste noire ?
03:16Parce que la mesure, elle répond au scandale du périscolaire, on va y revenir, mais ça ne dépend pas de
03:20vous directement.
03:20Et où commencera le comportement inapproprié ?
03:22Alors, l'idée d'abord, c'est que c'est bien un fichier interconnecté entre les trois univers,
03:26autrement dit, quand je vous chasse par la porte, vous ne pouvez pas re-rentrer par la fenêtre.
03:30Ça, c'est le principe de base. Donc c'est un fichier, très comptement, c'est une liste.
03:33Que tous les employeurs du périscolaire, du scolaire, etc., pourront consulter chaque fois qu'ils emploieront quelqu'un.
03:38Voilà, ça c'est la première chose.
03:40Et puis ensuite, l'idée, c'est que, enfin ce n'est pas l'idée, c'est l'objectif,
03:44c'est que c'est bien des personnes qui ont été licenciées, donc à l'issue d'une procédure disciplinaire.
03:48Ce n'est pas sans garantie.
03:49Mais par contre, quand on constate qu'il y a un problème et qu'on vous licencie,
03:51en raison de votre comportement avec les mineurs, vous ne remettez pas les pieds,
03:54ni par concours, ni comme intervenant, ni comme bénévole d'une association, dans les murs de l'école.
03:59Mais alors, ça, ça fait partie d'une loi qui doit être discutée à partir du 15 juillet prochain,
04:03cette loi pour la protection de l'enfance.
04:05Est-ce que, dans la mesure où ces personnes ne sont pas, telles que vous l'imaginez,
04:10condamnées pénalement, mises en cause pénalement,
04:12on ne porte pas atteinte avec ce genre de liste à la présomption d'innocence ?
04:15Non, parce qu'on est exactement dans l'hypothèse, justement, de la révocation.
04:20administrative classique d'un agent qui peut avoir un comportement, justement,
04:22dont on considère qu'il n'est pas conforme à ce qu'on attend de lui vis-à-vis des
04:25mineurs,
04:25sans forcément que ce soit pénal.
04:27Mais moi, si vous voulez, tout parent qui dépose son enfant à la porte de l'école
04:32a normalement ce petit réflexe de soulagement, quand il passe la grille, de se dire « c'est bon, il
04:37est à l'école ».
04:38Ah oui.
04:40Et la protection doit être absolue.
04:42On ne peut pas se permettre que quelqu'un re-rentre, de quelque manière que ce soit,
04:45à partir du moment où on l'a écarté.
04:46Aujourd'hui, ça reste malheureusement possible entre les trois univers que je mentionnais.
04:50Demain, ça ne le sera plus.
04:51Donc, plus de possibilité de réemploi au sein de l'école,
04:54quand bien même cette personne n'aurait pas été condamnée.
04:58Le projet de loi, il prévoit également de renforcer le contrôle dit « d'honorabilité » des personnels.
05:03Aujourd'hui, il est réalisé uniquement au moment du recrutement, via la consultation du casier judiciaire de ceux qui se
05:09destinent au ministère de l'enseignement,
05:10notamment des fichiers qui recensent les auteurs d'infractions sexuelles ou terroristes.
05:14Il va devenir continu, continu, ça veut dire quoi ?
05:17Hebdomadaire, mensuel ?
05:18Alors, aujourd'hui, d'abord, ce qu'il faut savoir, c'est qu'effectivement, à l'entrée, il y a
05:22une barrière absolue à l'entrée éducation nationale,
05:24à quelque titre que ce soit.
05:25Bon.
05:28Ensuite, il y a une relation, il y a des correspondants éducation auprès des procureurs et justice auprès des recteurs,
05:35qui fait que, quand une personne est mise en cause au niveau pénal, en principe, on a immédiatement l'information.
05:41Je dis en principe parce que c'est une information qui circule entre deux administrations.
05:45Et donc, pour être sûr de ne pas laisser le moindre individu passer à travers les mailles du filet,
05:52effectivement, l'objectif, c'est qu'on ait régulièrement des contrôles.
05:54Donc, régulièrement, ça sera...
05:56Alors, on fera... De toute façon, tout le monde passera au fichier.
05:58Alors, peut-être que ça prendra un an, deux ans, trois ans, je ne sais pas encore.
06:01On est en train de définir techniquement les choses.
06:02Mais c'est l'idée qu'en fait, en flux continu, on regarde si des agents n'ont pas été
06:07sanctionnés.
06:08Mais, pardonnez-moi, je me permets quand même un point.
06:10C'est que ça marche dans les deux sens.
06:12C'est-à-dire que l'école, c'est aujourd'hui le premier lieu de confiance.
06:15Et donc, moi, je fais en sorte que plus personne ne puisse y entrer à quelque chose que ce soit,
06:19y compris, d'ailleurs, les intervenants associatifs, etc., etc., quand ils ont une condamnation.
06:24Je rappelle quand même, et il faut quand même l'avoir à l'esprit,
06:26que l'école est le premier signaleur de France.
06:2980 000 par an.
06:30On émet 80 000 informations préoccupantes ou signalement à la justice par an.
06:35Pour vous donner une idée, c'était 50 000 il y a moins de 5 ans.
06:38Donc ça, ça concerne tous les sujets, pas seulement les violences sexistes et sexuelles.
06:40Non, mais ça veut dire aussi que l'école est un lieu de détection
06:42où les enfants parlent de ce qui se passe notamment à la maison
06:45et où ils peuvent dénoncer des faits qui leur sont arrivés dans un cadre personnel
06:48pour que derrière on puisse agir.
06:50Donc c'est aussi ça la confiance qu'il faut savoir restaurer.
06:53Mais Edouard Geffrey, ce sujet de l'affaire Liana, c'est devenu, on l'a vu,
06:56un sujet politique qui a donné lieu à un certain nombre de propositions.
06:59Il y a notamment cette idée de loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles
07:04qui est portée par des associations, qui est portée par une partie de la gauche
07:06et aussi par la présidente de l'Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivé.
07:11Ce matin, le Premier ministre s'exprime dans Le Parisien.
07:14Il estime que la réponse doit être intégrale, effectivement,
07:17mais que ça dépasse le cadre d'une loi unique.
07:20Vous, vous êtes opposé ou favorable à une loi unique, une loi intégrale ?
07:25Je crois que ce que dit le Premier ministre, et je suis entièrement d'accord,
07:30c'est que la réponse n'est pas que législative.
07:35Il y a une loi, effectivement, intégrale.
07:37Le Conseil d'Etat a été saisi, elle va être examinée.
07:39Et vous, vous y êtes favorable ou pas ?
07:41Oui, je crois qu'on est tous d'accord pour dire que, globalement,
07:42l'idée d'une loi qui couvre l'ensemble du spectre est plutôt une idée intéressante.
07:46Mais simplement, il faut avoir à l'esprit que la réponse,
07:49elle va quand même très au-delà du législatif.
07:52Pardon, juste un chiffre.
07:53Non, parce que Yaël Braun-Pivé sera l'invité tout à l'heure
07:55de questions politiques sur France Inter.
07:57Ça veut dire que le gouvernement ne soutiendra pas nécessairement
08:00cette proposition de loi intégrale sur les violences sexistes et sexuelles.
08:04Est-ce qu'on est à l'Etat ?
08:05Si, si.
08:06Non, mais ça, après, il y aura une discussion article par article, etc.
08:08Mais ça, sur le principe, évidemment, qu'on est tous d'accord.
08:10Mais pardon, ce que nous disons,
08:13enfin, ce que je crois, en tout cas, à titre personnel...
08:15Non, mais ce que vous dites, c'est que la loi suffit, mais qu'elle ne suffit pas...
08:18C'est que... Non, non, justement.
08:19C'est que ce n'est pas qu'une question de loi.
08:21C'est évidemment une question de loi.
08:23Je suis favorable à titre personnel complètement.
08:25Notamment parce qu'il y a une mesure qui vous concerne,
08:27par exemple, l'instauration d'un entretien annuel à l'école
08:29pour déceler les situations de violence.
08:31Ça, typiquement, ça fait partie quand même des choses qu'il faut qu'on regarde
08:33parce que 12 millions d'entretiens annuels
08:35d'une demi-heure ou d'une heure...
08:37Oui, et puis il faut réussir à les faire, en fait,
08:39avec un enfant.
08:40Ce n'est pas forcément évident d'aborder les choses sous cet angle.
08:42Mais, pardon de retenir là-dessus,
08:44moi, je ne conteste en aucun cas l'idée d'une loi intégrale.
08:47Mais je crois, et je crois que c'est ce que le Premier ministre a dit,
08:50qu'il faut une réponse intégrale, c'est-à-dire qu'il y a des enjeux
08:51qui vont au-delà du seul législatif.
08:53Aujourd'hui, quand vous entrez dans une salle de classe,
08:56il y a entre un et deux enfants en moyenne
08:58qui ont été victimes de violences sexuelles
09:00à 80% dans le cercle familial.
09:02Oui, on sait que c'est 160 000 parents...
09:04Enfin, quand même, quoi.
09:05Vous rentrez dans une classe, vous vous dites
09:07qu'il y a un ou deux enfants dans ma classe
09:08qui ont déjà été agressés ou violés
09:10parce qu'ils sont à 80% dans le cercle familial.
09:14Donc, les lois, oui.
09:16J'allais dire avec ordre et méthode,
09:17parce qu'il faut apporter des réponses,
09:19et des réponses à la hauteur,
09:20à la fois en termes de vitesse et en termes de sévérité.
09:22C'est très clair.
09:23Mais je crois quand même,
09:24et moi, en tout cas, je suis bien placé
09:25pour le savoir en termes de sévérité nationale
09:27qu'il y a un enjeu derrière,
09:28qu'il y a un enjeu culturel.
09:29Moi, je ne comprends pas comment on arrive à une situation.
09:31Enfin, si, je le comprends,
09:32mais quand même, c'est une vraie question collective.
09:34Pas seulement culturelle,
09:34parce qu'il faut, par exemple,
09:36souvent plusieurs signalements
09:38concernant un élève
09:39pour qu'un procureur puisse se saisir du dossier,
09:41idem pour les commissariats.
09:43En attendant, l'élève, il reste dans son milieu,
09:45il continue de vivre dans un environnement violent,
09:48à savoir sa famille.
09:49Il y a plusieurs cas qu'on a pu voir ces derniers temps.
09:53Trois signalements qui ont été faits
09:56et des parents qui sont reçus au commissariat
09:57pour violences intrafamiliales.
09:59L'enquête sociale démarre fin mai.
10:01Les parents sont toujours avec leurs enfants.
10:03C'est normal ?
10:05Réponse non,
10:06mais c'est pour ça précisément
10:07qu'il y a un double enjeu,
10:07à la fois de réactivité de cadre juridique.
10:10Ça, c'est le sens de la loi
10:11qui va être travaillé.
10:13Et puis, une fois encore, pardon,
10:15il y a un enjeu culturel
10:16à travailler sur le fait
10:17qu'il y a des tabous.
10:19La violence sexuelle sur enfant,
10:21je suis désolé, c'est un tabou.
10:22Justement, il y a des propositions aussi
10:24comme celle de Marine Tondelier,
10:25la patronne du parti écologiste,
10:29qui propose des cours d'éducation
10:30à la vie affective, relationnelle et sexuelle
10:32dès la maternelle.
10:33C'est le cas actuellement, d'ailleurs,
10:34avec le programme Évare et Vars,
10:35où on commence effectivement très tôt.
10:36Sauf que Santé publique France
10:38a alerté sur le fait que ces cours,
10:39ils étaient très concentrés au collège,
10:41qu'il y en avait relativement peu
10:42aux primaires et quasiment pas avant.
10:44Alors ça, ça date un tout petit peu
10:45parce que depuis cette année,
10:46on a un programme obligatoire
10:48des Vars et des Vars
10:49depuis la rentrée de septembre.
10:50L'alerte de Santé publique France
10:51date d'il y a deux semaines.
10:52Non, mais je me permets simplement
10:53de signaler qu'on a juste
10:54un programme qui est désormais obligatoire.
10:57Alors, vous dire que c'est parfait,
10:58parce que c'est la première année,
10:59donc c'est en train de se mettre en place.
11:00Voilà, ce qui est bien mis en œuvre,
11:00c'est ça la question.
11:01C'est en train de se mettre en place.
11:02Quand on a regardé au 31 décembre,
11:04la dernière enquête, c'était au 31 décembre,
11:06on avait 66% des écoles
11:07qui avaient déjà organisé
11:09au moins une séance des Vars
11:11au 31 décembre.
11:12Donc c'est...
11:13C'est peu.
11:13Et sachant que ça a commencé en septembre.
11:15Donc c'est en train de se mettre en place,
11:16trois séances par an.
11:17Il faut probablement travailler
11:18encore plus finement le contenu
11:20parce que notamment chez les petits,
11:22c'est un enjeu en termes de respect du corps.
11:23Ce qu'on leur apprend justement,
11:24c'est le respect du corps.
11:26Savoir réagir justement à des agressions
11:27pour qu'ils comprennent
11:27que c'est une agression,
11:28que c'est quelque chose d'anormal
11:29parce qu'un petit, en fait, il ne sait pas.
11:30Il est innocent.
11:31Et donc voilà.
11:32Donc tout ce travail-là est en cours.
11:34Non mais l'éducation nationale
11:35est le premier signaleur de France.
11:38Ce sont vos mots cette semaine.
11:39Monsieur le ministre,
11:40vous donniez ce chiffre sidérant.
11:41Elle signale 80 000 informations
11:44préoccupantes par an.
11:45Ça veut dire qu'elle est en état,
11:47à l'institution,
11:48de constater les violences
11:49mais pas de les empêcher.
11:51Son rôle, c'est de les empêcher
11:52à l'intérieur de l'école.
11:53Ça, c'est certain.
11:54Après, elle est effectivement bien placée
11:57parce qu'un enfant se confie
11:58à des adultes,
11:59à l'infirmière,
12:00à son professeur, etc.
12:01pour effectivement détecter
12:02des choses qui se passent en dehors.
12:04Et effectivement,
12:04il ne faut pas l'oublier
12:05parce que c'est aujourd'hui
12:06le premier signaleur de France.
12:07Alors il y a,
12:08Monsieur le ministre,
12:09pour la première fois vendredi,
12:11donc avant-hier,
12:12près de 530 000 élèves de première
12:14qui ont passé une épreuve
12:15anticipée de maths.
12:17Le contenu différait
12:18selon la spécialité choisie.
12:20Un examen de deux heures,
12:21deux parties,
12:22sans calculatrice.
12:23Là aussi,
12:23c'était inédit
12:24dans une épreuve
12:25de bac de maths.
12:26Les syndicats ont dénoncé,
12:28je cite,
12:28un rafistolage
12:29alors que les mathématiques
12:30avaient été sorties
12:31du tronc commun
12:32par quelqu'un
12:32que vous connaissez très bien
12:33puisque vous avez travaillé
12:34avec lui,
12:35le ministre de l'Éducation nationale,
12:37Jean-Michel Blanquer.
12:38Les maths étaient en option.
12:40C'est du rafistolage ?
12:41Qu'est-ce que vous leur répondez ?
12:43Non, écoutez...
12:45Il y a beaucoup de questions
12:46d'auditeurs sur ce sujet, d'ailleurs.
12:47D'abord,
12:48j'ai travaillé sous 5 ministres différents
12:50pour l'Éducation nationale.
12:52Il faut dire qu'il y a
12:53une rotation accélérée
12:54dans les postes ministériels
12:55comme le vôtre.
12:56N'est-ce pas ?
12:57Mais vous étiez malgré tout
12:58directeur de l'enseignement scolaire,
13:00c'est-à-dire l'homme tout puissant
13:02sur les contenus pédagogiques en France.
13:03En tout cas,
13:04ça rend très simple.
13:05Donc,
13:06sur les maths,
13:07c'est quand même la première fois
13:08qu'on a au baccalauréat
13:09une épreuve anticipée
13:10de mathématiques
13:11commune à tous les lycéens généraux
13:13et de la voie technologique.
13:14Donc,
13:15c'est quand même plutôt
13:15une bonne nouvelle.
13:16Oui,
13:16enfin,
13:17avec cette formule,
13:17un tiers des élèves
13:18abandonnaient complètement les maths
13:19à la fin de la seconde
13:20et plus encore
13:26en 2019,
13:27il n'y avait effectivement
13:29que le choix entre
13:29la spécialité
13:30ou l'enseignement scientifique
13:32qui ne comportait pas
13:33de mathématiques
13:33au sens propre.
13:35Depuis,
13:35on a effectivement
13:37rectifié le tir
13:37sur cette partie-là
13:38et désormais,
13:39tous les élèves
13:40de France
13:41font des mathématiques
13:42jusqu'à la fin
13:43de la classe de première.
13:44Ce qui,
13:44sous l'étendant passant,
13:45n'était pas le cas
13:45avant 2019,
13:46au passage.
13:47Je rappelle quand même
13:48qu'il y avait des élèves
13:49qui, en elles,
13:49ne faisaient plus de mathématiques.
13:50Donc,
13:50c'était pas une erreur.
13:51Tous les élèves,
13:52c'est corrigé.
13:53Tous les élèves de France
13:54désormais font des mathématiques.
13:55C'était une erreur, donc ?
13:56En tout cas,
13:56moi,
13:56je pense que c'était
13:57effectivement pas une bonne chose.
13:58Mais ça a été corrigé.
13:59Donc,
13:59tous les élèves de France
14:00font désormais des mathématiques
14:01jusqu'à la fin de première
14:02et désormais,
14:02ils ont tous une épreuve
14:03en tissu de mathématiques
14:04comme ils en ont eu
14:05dans le français.
14:05C'est assez nouveau.
14:07C'est même la première fois
14:08que ça s'est passé
14:08il y a deux jours
14:10et c'est quand même
14:10plutôt une bonne chose.
14:11Alors,
14:11on voulait vous parler,
14:12après les maths du français
14:14et de l'orthographe
14:14qui a été un sujet
14:15qui a beaucoup traumatisé
14:16les élèves
14:17qui se présentaient
14:18au bac cette année
14:18parce que juste quelques jours
14:20avant le bac,
14:21vous avez dit
14:21qu'un niveau suffisant
14:22en orthographe,
14:23syntaxe et grammaire
14:24serait indispensable
14:25pour obtenir la moyenne au bac
14:27ce qui a évidemment
14:28effrayé les élèves
14:29qui ont été prévenus.
14:30Il faut le reconnaître
14:30un peu en dernière minute.
14:32Qu'est-ce que vous appelez
14:33un niveau suffisant
14:34en orthographe ?
14:36Est-ce que vous avez conscience
14:36que vous avez traumatisé
14:37pas mal d'élèves ?
14:38Alors d'abord,
14:38je l'ai dit dès mon arrivée.
14:40Vous l'avez répété
14:41très récemment ?
14:42Je n'ai cessé
14:42de le répéter
14:43pendant six mois
14:44mais je suis content
14:45que grâce notamment
14:46au relais médiatique
14:47tout le monde
14:47s'y soit intéressé
14:48à un mois de bac
14:49mais je n'ai cessé
14:50de le dire,
14:50première chose.
14:51Et deuxième chose,
14:53je n'ai pas réinventé la roue.
14:55J'ai juste dit
14:56que quand on passe
14:56le baccalauréat
14:57qui est le premier diplôme
14:58de l'enseignement supérieur
14:59et qui ouvre
15:00les portes
15:00de l'enseignement supérieur
15:02il faut avoir
15:03un niveau d'expression correct.
15:04Oui mais de là
15:05à enlever des points.
15:06On a une question de Sandrine
15:06par exemple dans nos auditeurs
15:08qui dit par rapport
15:09à l'orthographe pour le bac
15:10quel est l'intérêt
15:10de dire 15 jours avant
15:11au bachelier
15:12que les fautes vont compter
15:13ce qui va augmenter
15:14leur stress
15:14au lieu de s'attaquer
15:15au vrai problème
15:16qui est l'apprentissage
15:17de l'écriture ?
15:18Alors d'abord
15:19il faut remettre
15:20les choses en perspective.
15:21Un, depuis que je suis arrivé
15:22et je suis assez constant
15:25j'ai fait en sorte
15:26de placer la maîtrise du langage
15:28au cœur de la politique pédagogique
15:29parce qu'il y a un enjeu majeur
15:31sur la maîtrise du langage
15:31et par ailleurs
15:32on pourrait tout aussi bien
15:33se réunir dans une heure
15:34ou dans deux heures
15:35autour de la dernière étude
15:36ou des derniers universitaires
15:37qui s'inquiètent
15:38du niveau affolant
15:39de l'orthographe
15:39et d'expression
15:40de leurs étudiants.
15:41Donc ils prouvent
15:41qu'on a quand même
15:42un sujet collectif.
15:43Et effectivement
15:43ça commence
15:44dès l'entrée maternelle
15:45jusqu'au baccalauréat.
15:47Deux, je crois quand même
15:49qu'il faut,
15:49on ne peut pas se permettre
15:50d'envoyer le signal
15:51à nos élèves,
15:52à nos bacheliers
15:53que dans le fond
15:55la maîtrise de la langue
15:56c'est pas très grave.
15:57Mais l'orthographe
15:58c'est quand même
15:58très largement le cas
15:59plus on avance
16:00et pour les épreuves importantes
16:02comme celle du BTS
16:03par exemple
16:04on n'évalue plus l'orthographe.
16:05Alors pardon,
16:06j'ai toujours dit
16:07orthographe, grammaire
16:08et syntaxe.
16:09Je n'ai pas dit
16:09que c'était des champions
16:10de la dictée,
16:10ce n'est pas une dictée.
16:11Je parle de la qualité
16:12de l'expression globale.
16:14C'est une question
16:14de respect pour son travail,
16:15c'est une question
16:15de respect pour le correcteur.
16:16Dans la vie,
16:17on se relie.
16:18Vous vous relisez j'imagine
16:19quand vous faites
16:20un papier pour quelqu'un.
16:21On essaye.
16:22Et bien voilà,
16:22c'est pareil pour tout le monde.
16:23Mais donc est-ce que ça veut dire
16:24qu'on va passer
16:25d'un taux de réussite
16:27du bac en filière générale
16:2896,4% l'an dernier
16:3083% côté professionnel ?
16:33Est-ce qu'on va voir
16:37baisser un peu ?
16:39Ce sera à mon avis,
16:40ce n'est pas ça
16:40qui va faire chuter
16:41le taux de réussite du bac.
16:42Certains élèves
16:43n'auraient pas le bac
16:44à cause de l'orthographe ?
16:45Surtout,
16:45alors ce n'est pas tant
16:46à cause de l'orthographe.
16:46Par ailleurs,
16:47moi j'ai fait en sorte
16:47qu'on n'ait plus
16:48ce qu'on appelle
16:49des coups de pouce successifs.
16:50C'est-à-dire qu'avant
16:50il y avait des scènes de point jury
16:51qui fait que quand vous aviez
16:537,5 à la fin du contrôle continu
16:54de vos premières épreuves,
16:55on vous remontait à 8,
16:56qu'ensuite vous alliez
16:57au zone d'entretrapage
16:58et que là vous aviez 9
16:59et que là on passait
16:59de 9 à 10.
17:00Moins d'un coup
17:01on avait des gamins
17:01qui avaient le bac avec 10
17:02alors qu'il y avait 7 minutes
17:03moyenne à la fin.
17:03Donc le bac ne valait rien ?
17:04En tout cas,
17:05on leur montait
17:07sur leur niveau réel
17:09et ça on n'a pas le droit
17:09de faire ça.
17:10Parce que derrière
17:11quand vous avez des jeunes
17:11qui se trouvent dans le sup,
17:13ils se trouvent en très
17:14grande difficulté
17:14et ils ne comprennent pas pourquoi.
17:16Et donc du coup,
17:17la seule chose que je veux
17:18depuis le début,
17:19c'est juste la vérité des prix.
17:21Ce n'est pas hyper compliqué.
17:22C'est, tu as un bac,
17:23il vaut quelque chose.
17:24Tu vas à un examen,
17:25tu te relis.
17:26Voilà.
17:26Alors il y a beaucoup de questions
17:28sur l'orthographe.
17:29Il y a aussi des questions
17:31sur le système éducatif.
17:33La difficulté avancée
17:35par beaucoup d'enseignants
17:37d'évaluer un travail
17:37fait à la maison
17:38avec l'explosion
17:39de l'intelligence artificielle.
17:41L'explosion également
17:42du recours aux profs particuliers.
17:45Ça aussi,
17:45c'est une défaite
17:47du système éducatif national ?
17:49Écoutez, moi j'en ai un peu assez
17:52qu'on regarde toujours l'école.
17:54sous l'angle de ses soi-disant défaites
17:56et jamais sous l'angle
17:57de ses succès.
17:58Vous voyez,
17:59on va prendre un exemple.
18:01Demain,
18:01je suis prêt à parier
18:0250 euros avec vous
18:03que tous les JT
18:04vont ouvrir ou mentionner
18:07en deuxième,
18:08en troisième information,
18:09le sujet du bac de philo.
18:10Est-ce que vous connaissez
18:11un seul pays
18:13aussi extraordinairement cultivé
18:15et préoccupé
18:16du sort de ses enfants
18:16que le sujet du bac de philo
18:19fait l'entrée,
18:21si je puis dire,
18:21des JT ?
18:22Donc,
18:22on réussit à emmener
18:24une génération entière
18:25à un niveau
18:26qui est quand même
18:26un niveau correct.
18:27Ensuite,
18:27il y a des gens
18:27qui prennent des cours particuliers.
18:28Pardon,
18:29ça s'est toujours fait.
18:29Moi,
18:30à mon époque,
18:30j'avais des camarades de classe
18:31qui en prenaient.
18:32C'est quand même
18:33un système d'inégalité absolu
18:34et c'est vrai que le recours
18:36à des profs particuliers
18:37a explosé.
18:38Mais il y a une question
18:38qui a réussi
18:39c'est le plus.
18:39Une question malgré tout,
18:40monsieur le ministre,
18:41qui est importante
18:42et elle concerne
18:43la vie scolaire,
18:45pour le coup,
18:46à propos du film
18:46L'abandon
18:47qui concerne
18:49l'assassinat
18:50par un terroriste islamiste
18:51de Samuel Paty.
18:53Est-ce que vous allez
18:53proposer la tutelle
18:54de votre ministère
18:55comme la réclame
18:56de nombreux enseignants
18:57pour qu'ils se sentent
18:59soutenus dans leur démarche
19:00d'emmener leurs élèves
19:01voir le film ?
19:02Ce ne serait pas forcément
19:03une obligation de voir le film
19:04mais une manière
19:05de montrer aux enseignants
19:07qu'ils n'ont pas
19:08à avoir peur
19:08ni à se justifier
19:09auprès des parents.
19:10D'abord, très clairement,
19:12aucun enseignant
19:13n'a à se justifier
19:14auprès des parents
19:15d'emmener ses élèves
19:16voir l'abandon.
19:17Ça, c'est très clair.
19:19Beaucoup se sentent
19:20obligés de le faire
19:20ou ne vont pas
19:22emmener leurs élèves
19:23parce qu'ils ont peur.
19:24Moi, ce que je ne souhaite pas,
19:27c'est qu'il y ait
19:27d'obligation.
19:28Je dis de départ
19:28parce qu'il y a un truc
19:29qui s'appelle
19:29la liberté pédagogique
19:30qui est un principe
19:31fondamental de l'école
19:32et qu'on ne peut pas
19:32l'appliquer à géométrie variable.
19:34En revanche,
19:35on a travaillé
19:36un dossier pédagogique.
19:37Non, il ne s'agit pas
19:37d'obliger les gens
19:38à aller voir le film.
19:39J'y arrive, j'y arrive.
19:40Ce n'est pas la liberté pédagogique
19:42qui est en pause.
19:42En revanche,
19:43on a travaillé
19:43sur un dossier pédagogique
19:45avec les équipes du film
19:46pour que précisément
19:47les enseignants
19:48puissent aller le voir,
19:49soient outillés aussi
19:50pour aborder le sujet
19:51avec leurs élèves
19:51parce qu'ils peuvent
19:52effectivement avoir
19:52cette appréhension
19:53de savoir comment
19:53je vais prendre le sujet,
19:54etc.
19:54Donc, on leur a donné
19:55toutes les clés
19:55pour pouvoir l'aborder
19:57avec leurs élèves
19:58et pour pouvoir y aller.
19:58Donc, vous proposez
19:59la tutelle de votre ministère ?
20:01Mais ce n'est pas
20:01une question de tutelle.
20:02C'est une question
20:02d'accompagner les enseignants
20:04qui le souhaitent
20:05et faire en sorte
20:06qu'aucun d'entre eux
20:07ne soit mal à l'aise
20:08s'ils souhaitent
20:09y emmener ses élèves.
20:10Il y a un sujet
20:10qui prend de l'importance
20:11qui en prend beaucoup
20:12et notamment avec le bac
20:13dont on parlait tout à l'heure,
20:14c'est celui de l'intelligence artificielle
20:15de plus en plus utilisée
20:17par les élèves
20:18parfois pour tricher.
20:19Alors, vous avez mis en place
20:20un cadre,
20:25un cadre sur l'IA en éducation,
20:27un document de 22 pages
20:28qui définit les potentialités
20:30et les risques.
20:31Mais comment est-ce qu'on lutte
20:32très concrètement
20:33contre cette triche
20:34à l'intelligence artificielle ?
20:36Alors, ça dépend.
20:37Aux examens,
20:39la triche est interdite,
20:40la triche à l'IA aussi.
20:41Mais elle est possible.
20:42Et donc, on a acheté des détecteurs,
20:43on a acquis des détecteurs
20:44d'outils numériques actifs,
20:47si je puis dire,
20:47qui permettent de savoir
20:48s'il y a des téléphones
20:49ou des mondes connectés
20:50actifs dans les salles d'examen.
20:51Ils sont répartis
20:52de manière aléatoire
20:53et on passe un petit peu
20:53partout avec ça.
20:54Au-delà de ça,
20:55on a un travail assez important
20:56à faire.
20:57C'est qu'aujourd'hui,
20:57en gros,
20:58quand vous donnez un travail
20:58à la maison,
20:59au collège ou au lycée,
21:00dans 90% des cas,
21:01il est fait avec l'IA.
21:03Et là, pour le coup,
21:04on a un problème.
21:05Ça suppose de repenser
21:06en fait globalement
21:06un peu tout notre système
21:07d'évaluation.
21:08Aujourd'hui,
21:08on est percuté par l'évaluation,
21:09mais en réalité,
21:10ça pose la question
21:11de qu'est-ce qu'on apprend,
21:12de comment on apprend.
21:13Et donc, on a mis en place
21:14un peu un processus de travail.
21:15Un peu, on continue aussi
21:16parce que si Chajipiti
21:17était un enfant,
21:18il sera en maternelle,
21:18je rappelle.
21:19Donc, on manque un peu de recul.
21:20Mais précisément,
21:21pour construire un cadre évolutif
21:22en fonction de ce qu'on va avoir.
21:23Je ne suis pas sûr de ça
21:23puisque les dernières versions,
21:24à mon avis,
21:25seraient plutôt à Polytechnique.
21:27Mais nous sommes en ligne
21:27avec Christelle,
21:29qui est au standard.
21:30Bonjour Christelle.
21:31Oui, bonjour.
21:32Bonjour à tous.
21:33Voilà, j'avais la question suivante.
21:35Vu l'accélération
21:37du dérèglement climatique,
21:39les examens risquent
21:40de se passer
21:41dans des conditions
21:42de plus en plus difficiles
21:43les années à venir.
21:45Donc, j'aimerais savoir
21:46que compte faire le ministre
21:47ne sera pas proposé
21:48de boire de l'eau.
21:50Merci.
21:51Bonne question Christelle.
21:52C'est vrai qu'il fait chaud,
21:53parfois très chaud,
21:54trop chaud dans les salles d'examen.
21:57Comment lutter
21:57contre ce phénomène-là
21:59qui paraît s'imposer ?
22:01Il y a une première chose
22:02assez simple,
22:02c'est que moi,
22:03je ne souhaite plus
22:03qu'aucun examen
22:04se déroule les après-midi.
22:06Parce que malgré tout,
22:07globalement,
22:08entre 8h et midi,
22:09si vous avez aéré le matin
22:10avant d'arriver,
22:11ça reste à peu près frais.
22:12On ne peut plus se permettre
22:12d'avoir des épreuves aujourd'hui,
22:14en mai ou en juin,
22:14on voit bien,
22:15qui font 14h-18h,
22:17ce n'est pas possible.
22:18Donc, c'est rustique.
22:19Vous allez dépasser
22:20le bac en novembre
22:21et dans la matinée ?
22:22La matinée suffira
22:24et par contre pas en novembre.
22:25Bon, alors,
22:26il y a Marie qui est enseignante
22:27et il y a beaucoup
22:28de questions d'enseignants.
22:29Bien sûr.
22:29Elle vous dit la chose suivante,
22:30je m'apprends à démissionner
22:31de l'éducation nationale
22:32pour reprendre mon ancien métier
22:34pour des raisons financières.
22:362250 euros net
22:37à 45 ans
22:38et bac plus 5,
22:39ça ne permet pas
22:39de partir en vacances
22:40ni d'avoir une voiture.
22:41J'ai perdu 50%
22:42de mon salaire,
22:44je n'y arrive pas,
22:44j'aime mon métier
22:45mais il ne me permet pas
22:46de vivre correctement,
22:47je laisse tomber.
22:48C'est terrible comme sentence.
22:51Oui, c'est terrible.
22:52Enfin, oui, oui, bien sûr.
22:54Et ça pose quand même
22:55une question qui,
22:56à mon avis,
22:56a vocation à être
22:57très structurante
22:58pour la présidentielle
23:00et les années suivantes,
23:01en réalité,
23:02sur la structure
23:03de la rémunération
23:03des enseignants
23:04qui progresse très peu
23:05pendant les 20 premières années
23:06de carrière
23:06et qui progresse seulement
23:07à partir des 20 premières années
23:08mais pour le coup,
23:09après ça,
23:09c'est sensible.
23:10Donc, très clairement,
23:12nous aurons besoin
23:13d'une revalorisation.
23:14Nous aurons besoin
23:15d'une revalorisation.
23:16La baie sur la terme,
23:16enfin, dans les prochaines années.
23:17Dans le prochain quinquennat.
23:18Et concentrer sur la première
23:20moitié de carrière
23:21qui est objectivement
23:22la plus difficile.
23:22Dernière question,
23:23pourquoi est-ce que
23:23l'éducation nationale
23:24est si peu présente
23:25dans le débat public
23:26et notamment
23:27dans cette campagne présidentielle
23:28qui a déjà commencé
23:30alors qu'elle devrait être
23:31au premier plan ?
23:32C'est sidérant
23:33et c'est systématiquement le cas.
23:35C'est sidérant,
23:36c'est systématiquement le cas.
23:37J'ai quand même l'impression
23:38que ça émerge
23:39et par ailleurs...
23:41Ça émerge.
23:42Pour moi, si vous voulez,
23:43en tout cas,
23:43tout le monde prétend parler,
23:45on verra bien après ça
23:45qui le fait.
23:46Tout le monde prétend
23:47que c'est important
23:47et j'espère que c'est vrai.
23:49Mais je suis d'accord avec vous,
23:50c'est l'avenir en réalité
23:50et vous savez,
23:51une société,
23:52enfin, ça pose une vraie question
23:53de fond,
23:54c'est de savoir
23:54si notre société
23:55on choisit de la construire
23:56sur sa jeunesse
23:58ou sur les autres.
23:59Moi, c'est très simple,
24:00c'est tout pour la jeunesse.
24:01Je suis venu pour ça,
24:02je sais l'éducation nationale pour ça,
24:03c'est tout pour la jeunesse,
24:04tout pour nos gamins.
24:05C'est très clair.
24:06Merci Édouard Geffray,
24:07ministre de l'éducation nationale,
24:08d'avoir été l'invité
24:09de France Inter ce matin.
24:11Bonne journée
24:12et bientôt les vacances
24:13pour vous d'ailleurs aussi
24:13comme les petits apprenants.
24:15Les apprenants vont partir
24:16avant moi, je pense.
24:16Ils vont venir après, j'espère.
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