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  • il y a 9 minutes
Aujourd'hui, c'est au tour de Édouard Geffray, ministre de l'Éducation nationale, de faire face aux GG. - L’émission de libre expression sans filtre et sans masque social… Dans les Grandes Gueules, les esprits s’ouvrent et les points de vue s’élargissent. 3h de talk, de débats de fond engagés où la liberté d’expression est reine et où l’on en ressort grandi.

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Transcription
00:00Face aux grandes gueules
00:03C'est le ministre de l'éducation nationale, Edouard Geffray.
00:08Bonjour.
00:09Bonjour.
00:09Bienvenue dans les grandes gueules.
00:10Merci.
00:11Prof, aujourd'hui, c'est un métier dangereux ?
00:15C'est un métier qui, malheureusement parfois, peut l'être.
00:18Il ne l'est pas structurellement.
00:19L'immense majorité des professeurs fait court dans les conditions normales.
00:24Mais on a eu des drames ces dernières années qui montrent que, malheureusement parfois,
00:28les professeurs ne sont pas à l'abri des maux de la société.
00:31Parfois, les molestés entrent dans l'école.
00:33Et malheureusement, parfois, jusqu'à des drames qu'on a tous en tête.
00:38Justement, ce drame, l'assassinat d'Agnès Lassalle,
00:40puisque le procès du meurtrier s'est en ce moment même devant la cour d'assises de Pau.
00:44C'était il y a trois ans.
00:46Cette professeure d'espagnol de 53 ans a été poignardée par un élève en pleine classe.
00:51Et on se souvient de ces images bouleversantes de son compagnon
00:54qui dansait seul face à son cercueil le jour de ses obsèques.
00:57C'est un drame qui avait ému les Français.
01:00Et on se dit, trois ans après,
01:02est-ce que la menace qui pèse sur ces profs, notamment ces attaques au couteau,
01:06est-ce toujours une réalité ?
01:08Qu'est-ce que vous, en tant que ministre, patron de l'administration,
01:12vous avez fait pour mieux protéger nos enseignants ?
01:14Aujourd'hui, on contrôle, comme vous le savez très massivement,
01:17on fait des contrôles aux abords et aux établissements.
01:19Donc on a fait 20 500 contrôles depuis un an.
01:21On a augmenté la cadence.
01:22On est à quasiment 2500 contrôles par mois actuellement
01:26pour précisément faire des fouilles de sacs, etc.
01:28Donc concrètement, en un an, on a trouvé un peu moins de 800 armes blanches
01:32au sens large.
01:33Couteau, cutter, enfin tout ce qui peut, d'une manière ou d'une autre,
01:35servir d'armes blanches a été identifié.
01:38C'est évidemment beaucoup trop.
01:41Ça veut dire qu'on a aujourd'hui des jeunes à qui il semble naturel
01:43de se balader avec un couteau ou un cutter dans leur sac.
01:46Donc c'est pas normal.
01:48Mais donc, j'allais dire, cette partie-là,
01:49qui est la partie symptomatique,
01:53on fait tout évidemment pour enrayer ce processus.
01:57Mais l'amont aussi, et pardon d'y revenir, mais c'est important,
02:01le couteau avant d'aller vers l'école,
02:03il a quitté la maison.
02:06Donc responsabilité aussi des parents ?
02:08Responsabilité collective.
02:09La violence avant d'aller vers l'école,
02:11elle est aussi à l'extérieur.
02:13Et donc, il faut qu'on travaille collectivement
02:15sur le fait, et moi je suis absolument
02:17mais catégorique là-dessus,
02:19qu'on ne touche pas à l'institution scolaire
02:22et qu'on ne touche pas à un professeur.
02:23Et de ce point de vue-là, il y a quand même un problème collectif,
02:26c'est que si vous voulez, à force de,
02:27vous voyez, toujours un peu décrédibiliser,
02:30moquer, relativiser, etc.
02:32On a un peu désacralisé la figure du professeur.
02:34Qui relativise ?
02:35Qui se moque des profs ?
02:36Collectivement, à commencer par le fait
02:37qu'on dise, pour la plupart d'entre nous,
02:39on dit prof.
02:40Pardon, c'est le seul métier que je n'ai
02:42pour lequel on emploie un diminutif.
02:44Ils sont professeurs.
02:45A prof, c'est péjoratif pour vous ?
02:46Ce n'est pas forcément péjoratif,
02:47j'observe que c'est un diminutif
02:48et que c'est le seul métier
02:49pour lequel on emploie un diminutif.
02:50Il y a des métiers pour lesquels on emploie des surnoms.
02:52Il y a peu de métiers,
02:53en tout cas je ne connais pas d'autres,
02:54pour lesquels on diminue le nom.
02:55Ils sont professeurs.
02:57Ils représentent une institution
02:58et ils ont dédié leur vie
03:00à former nos enfants ou ceux des voisins.
03:02Et rien que pour ça,
03:03si vous voulez, pour moi,
03:04le respect, il doit être absolument catégorique.
03:05J'ai vu la semaine dernière,
03:06vous avez vu aussi les propos
03:07d'un député Rassemblement National
03:09qui parlait des professeurs mal coiffés
03:11ou je ne sais quoi,
03:11enfin des profs mal coiffés.
03:13Non, quoi.
03:14On ne peut pas aspirer
03:16à restaurer l'autorité d'un côté
03:18et à dire de l'autre
03:19qu'on moque la fille des professeurs.
03:21On n'a pas été un peu responsable de tout ça.
03:23On, quand je dis,
03:24c'est-à-dire le prof même,
03:25la communauté éducative,
03:26parce qu'on a dit
03:27il faut arrêter que le prof
03:28soit sur son piédestal.
03:30D'ailleurs, on a supprimé
03:33les estrades.
03:34On a dit maintenant
03:34il faut que ça soit plus horizontal.
03:38On a désacralisé aussi cette fonction-là.
03:41Peut-être qu'avant,
03:41on était trop dans le prof
03:43qu'on n'était pas en cause
03:44que puissant dans la classe,
03:46mais maintenant,
03:46il est impuissant dans sa classe.
03:48Heureusement,
03:49il n'est pas encore impuissant dans sa classe
03:50et puis on travaille ce qu'il ne soit pas.
03:52Mais la société a changé.
03:54Et donc, moi,
03:55quand j'entends les gens
03:55qui me disent
03:56les serreurs noires républiques
03:57et tout ça,
03:58il ne faut pas faire de nostalgie
03:59sur des anciennes figures
04:00ou des anciennes pratiques pédagogiques.
04:02Il ne faut pas faire de nostalgie.
04:03En revanche,
04:05il y a quelque chose pour moi
04:05qui est non négociable,
04:07y compris en termes de sanctions
04:08et y compris en termes de poursuite pénale,
04:10c'est qu'on ne touche pas un professeur.
04:12C'est tout.
04:12La figure du professeur,
04:13elle est intouchable.
04:14Je le dégociais.
04:15Je suis d'accord avec vous,
04:16monsieur le ministre,
04:17sur le respect qu'on doit au professeur
04:20en tant qu'élève,
04:22mais aussi en tant que parent,
04:23parce que vous savez
04:24qu'il y a des parents
04:24qui débordent en termes d'intrusion
04:27dans les cours,
04:29dans ce que les cours doivent être
04:30et aussi même dans la notation.
04:32J'ai une soeur enseignante
04:33et ma soeur
04:35et puis d'autres collègues à elle,
04:37sur la question du respect,
04:39ce sont d'abord dérespectés
04:40par l'institution
04:41avant les élèves.
04:44Par exemple,
04:45quand vous faites un bac plus 5,
04:46vous faites de très longues études
04:47et qu'on vous embauche
04:49à 1600 ou à 1700
04:51et qu'au bout de 8 ans
04:52ou 9 ans,
04:53vous arrivez à peine à 2000 euros
04:55et que vous gérez
04:56des classes de 30 élèves,
04:58vous êtes en totale d'autonomie.
04:59L'avenir de la France
05:01et qu'on vous paye,
05:03pour moi,
05:04j'appelle ça être payé au lance-pierre
05:05au regard de l'investissement,
05:07mais aussi du rôle dans la nation,
05:09vous vous sentez
05:10et dérespecté par...
05:10Donc respecter les profs,
05:11c'est aussi mieux les payer.
05:12Complètement mieux les payer
05:13par l'institution.
05:15Et professeur.
05:16Et aussi,
05:17je vais rajouter autre chose
05:18dans ça,
05:19sur les contractuels,
05:20par exemple,
05:21pourquoi est-ce qu'il faut
05:226 ans à un contractuel
05:24pour être en CDI ?
05:25Alors même qu'il est inspecté
05:26très régulièrement
05:27par l'institution,
05:28alors même qu'il a un dossier,
05:29donc on peut savoir
05:30si c'est un bon professeur ou pas,
05:32pourquoi est-ce qu'il lui faut
05:336 ans pour être stable ?
05:36Pourquoi est-ce que
05:37quand on est contractuel,
05:38par exemple,
05:38on peut rester
05:39le premier mois
05:40ou le deuxième mois
05:41sans salaire ?
05:42Vous voyez,
05:43c'est des situations
05:43très concrètes.
05:44Moi, j'ai une soeur
05:45dans l'enseignement,
05:46donc je vous en parlais.
05:46Donc l'institution ne respecte pas
05:47ses employés en quelque sorte.
05:49Et pourquoi est-ce que
05:49les professeurs
05:50ont des difficultés
05:52à avoir accès au rectorat ?
05:53Ne serait-ce que
05:54pour avoir quelqu'un en ligne ?
05:55Tout ça, en fait,
05:57ce ne sont pas
05:57ni les élèves
05:58ni les parents,
05:59c'est l'institution.
06:00Donc moi, je veux savoir,
06:01est-ce que vous,
06:02en tant qu'institution,
06:02pas vous personnellement,
06:03mais l'institution...
06:04Voilà.
06:04Quel est le respect
06:05qu'elle accorde
06:06concrètement aux professeurs ?
06:07Alors, Edouard Geffray,
06:08ministre de l'éducation,
06:09vous répond.
06:09Alors, d'abord,
06:10juste pour dire qu'effectivement,
06:11le respect des professeurs
06:12et des personnes en général,
06:13parce qu'il n'y a pas
06:13que des professeurs,
06:14il y a 400 000 personnes
06:14qui ne sont pas
06:15des professeurs
06:15de l'agriculture nationale.
06:18Il doit être dû
06:19par tout le monde.
06:20Vous avez cité les parents,
06:21vous avez cité l'institution.
06:22Sur l'institution,
06:23je suis entièrement d'accord
06:24avec vous,
06:24sur le fait que l'institution
06:24doit respecter ses professeurs.
06:26Je vous donne juste un exemple.
06:26Aujourd'hui,
06:34demandez à tous les recteurs de France
06:35de changer les pratiques,
06:36d'écrire des lettres personnalisées
06:37pour remercier les gens
06:38pour leur carrière
06:39et d'avoir, à ce point,
06:40construit l'avenir de notre pays.
06:41C'est tout bête,
06:42mais c'est une première marque
06:43de respect.
06:44La rémunération,
06:45alors maintenant,
06:45on commence à 2100.
06:461600, c'était il y a 8 ans,
06:47justement.
06:48Donc, c'était au début
06:49du quinquennat Macron
06:50et maintenant,
06:51on est à 2100 quand on commence.
06:53On a indéniablement
06:53une question de rémunération
06:55des professeurs en France.
06:56On a indéniablement aussi,
06:57comme vous le savez,
06:58une question budgétaire.
06:59Donc, je ne sais pas tout à fait...
07:01Mais il y a moins d'élèves.
07:02Par rapport à ce que je ne suis pas
07:02tout à fait libre.
07:03Et donc, tout l'enjeu,
07:04c'est effectivement au cours des...
07:05On sait déjà ce qui a été fait,
07:06je veux dire,
07:06de 1600 à 2100 euros,
07:07mais tout l'enjeu,
07:08c'est de revaloriser notamment
07:09les premières moitié de carrière.
07:10Parce qu'en réalité,
07:11c'est là qu'il y a une longue
07:11stagnation de la rémunération
07:13qui n'est pas encourageante
07:15quand tu es professeur.
07:16Voilà.
07:17Donc ça, on va y travailler.
07:18J'y travaille déjà.
07:19Je n'ai pas les marges
07:20de manœuvre budgétaire
07:20pour l'instant.
07:21Mais le jour où on les aura,
07:22on ne parle pas.
07:23J'ai déjà une proposition
07:24à vous faire
07:24parce que vous avez dit vous-même
07:25que nous allons perdre
07:271,7 million d'élèves
07:28d'ici 2035
07:29puisque on voit bien
07:30que la natalité est en berne.
07:33Donc, ça veut dire
07:34moins d'élèves.
07:35Vous avez besoin
07:36de moins de profs.
07:37Donc, si vous avez
07:38moins de profs,
07:39moins d'enseignants,
07:40déjà, il y a 5000 postes
07:41qui vont être supprimés.
07:424000.
07:43Mais bon, c'est peu
07:44par rapport à ce qu'il faudrait
07:45sans doute par rapport
07:46aux chiffres que vous-même
07:46vous avez donnés.
07:48Peut-être que là,
07:49il faut en profiter
07:49pour avoir moins de profs
07:50et peut-être mieux les payer.
07:52Est-ce que moins de professeurs
07:53et mieux les payer ?
07:54Alors, d'abord,
07:54c'est une trajectoire à 10 ans.
07:55Oui.
07:57Ce n'est pas une trajectoire
07:57pour l'entrée prochaine.
07:58Non.
07:59Et précédemment,
08:00ce que j'ai fait,
08:00c'est que c'est la première fois
08:01qu'on donne des chiffres
08:02à 10 ans sur la démographie.
08:03D'ailleurs,
08:04même qu'on les produit.
08:05Et j'ai fait faire ça
08:06pour qu'on se donne
08:07une vision un peu de long terme.
08:09Parce que si vous voulez,
08:09moi, aujourd'hui,
08:10l'enfant qui rentre en maternelle,
08:11il est pour 15 ans
08:11dans le système médicatif.
08:12Donc, il y a un moment,
08:13il faut prendre un tout petit peu
08:14de recul par rapport à l'actualité
08:15et se dire
08:15comment je me projette sur l'avenir.
08:17On ne va pas supprimer
08:18des postes de professeurs
08:19à due proportion de la démographie.
08:21Si on fait ça,
08:22on ferme des milliers d'écoles
08:22et on va abîmer un système.
08:25Donc, on va laisser
08:25des écoles ouvertes
08:26alors qu'il n'y aura plus d'élèves.
08:27Non, mais il y a deux choses à faire.
08:29D'un côté,
08:30il faut tirer les conséquences
08:31de la démographie.
08:31Il y aura probablement
08:32un peu moins de professeurs
08:33au cours des prochaines années.
08:34C'est malheureusement mécanique.
08:36Si je prends Paris
08:37qui perd 30% de ses élèves
08:38au cours des dix prochaines années,
08:40j'imagine que dans dix ans,
08:41toute majorité confondue,
08:42il y aura moins de professeurs
08:43à Paris qu'aujourd'hui.
08:45Simplement,
08:45il faut aussi, entre guillemets,
08:47profiter de l'aubaine démographique.
08:48Ce n'est pas une bonne nouvelle par ailleurs.
08:49Pour l'école,
08:50il faut profiter de l'aubaine
08:51à la fois pour améliorer
08:52le taux d'encadrement.
08:53Ah bon ?
08:54Oui, parce qu'il y a des endroits
08:54où on a besoin de l'améliorer.
08:55Vous l'avez dit tout à l'heure,
08:56il y a encore des classes à 30 élèves.
08:58J'ai aussi des classes en France
08:59à neuf ou dix élèves.
09:00Vous voyez bien qu'il y a
09:00un déséquilibre.
09:02Alors, tout ça fait des moyennes
09:03qui sont plus ou moins correctes,
09:04mais en attendant,
09:05il y a des déséquilibres.
09:05Donc, ce qu'il faut,
09:06c'est qu'on a à la fois
09:06à compenser le déséquilibre,
09:08à travailler sur la qualité
09:09de la France.
09:09Il n'y a pas moyen
09:09de récupérer de l'argent.
09:10C'est ça que je voulais faire,
09:11de faire des économies,
09:12utiliser cet argent ailleurs.
09:13On a peut-être besoin
09:14de moins d'école,
09:14mais plus d'EHPAD,
09:15par exemple.
09:17Bah oui !
09:18Non, mais ce n'est pas
09:18que la France de demain,
09:19c'est une France qui gagne.
09:22Moins d'école,
09:22plus d'EHPAD.
09:23Un beau slogan de campagne.
09:25Ma faute,
09:25c'est les Français
09:25pour plus d'enfants.
09:26Non, non, moi,
09:27si ça ne vous dérange pas,
09:27c'est tout pour la jeunesse,
09:28mon slogan,
09:29mais chacun le sien.
09:30Vous ne pouvez pas obliger
09:31les gens à faire des enfants
09:31s'ils ne veulent plus en faire.
09:32Non, mais par contre,
09:33ce qu'on peut faire,
09:34c'est permettre à ceux
09:35qui en veulent de les avoir.
09:36C'est ça l'enjeu.
09:37Ce n'est pas d'obliger
09:38les gens à avoir des enfants,
09:39c'est de faire en sorte
09:39que les gens qui en veulent
09:40puissent en avoir.
09:41Et pour ça,
09:42il faut leur redonner
09:42un tout petit peu espoir
09:43et l'école,
09:44ça fait partie de l'espoir.
09:45Quand j'ai une école
09:46pas trop loin de chez moi,
09:47qu'elle est de bonne qualité,
09:48etc.,
09:48ça fait partie de l'espoir.
09:49Ce qui fait partie de l'espoir,
09:50c'est que nos enfants
09:51s'en sentiront mieux que nous.
09:52Or,
09:54c'était même plus qu'un pari.
09:56C'était un contrat
09:56qu'on passait
09:57dans l'école de la République.
09:59Ce contrat n'est plus rempli
10:00et l'ascenseur social
10:00ne fonctionne plus.
10:02Alors,
10:03ça nécessite
10:04d'être un tout petit peu
10:04de commentaire.
10:05Combien d'enfants ouvriers
10:05dans les grandes écoles
10:06en ce moment ?
10:07Le taux a reculé.
10:08Oui,
10:09ça c'est vrai.
10:10Le taux a reculé.
10:11Mais vous voyez,
10:11typiquement,
10:12vous dites,
10:13on peut poser la question
10:14pour combien de jeunes
10:16issus de milieux favorisés
10:17ou fils d'ouvriers,
10:18etc.,
10:19chez les hauts fonctionnaires.
10:20On a généralisé
10:21les prépas talents.
10:22On a désormais
10:22des milliers de jeunes
10:23qui sont issus de milieux favorisés
10:24qui vont devenir
10:25aux fonctionnaires demain
10:26et qui le sont même déjà
10:26parce qu'ils sont en train
10:27de servir concours.
10:28Donc,
10:28on n'est pas condamnés
10:29à l'impuissance.
10:30Enfin, pardon.
10:31Ce n'est pas parce que
10:31depuis 40 ans,
10:32on a un certain nombre
10:33de choses qui ont régressé
10:34sur notre contrat social
10:34et je suis d'accord,
10:35c'est un contrat social
10:36qu'on n'est pas capable
10:37de le tenir
10:37et qu'on est condamnés
10:38à l'impuissance.
10:39Maintenant,
10:39soit on se remonte les manches
10:40et on bosse pour les 10 prochaines années,
10:42soit on se dit
10:42ça va très très mal.
10:43Moi, je préfère dire aux gens
10:44qu'on va se bouger
10:45pour les 10 prochaines années.
10:46D'ailleurs,
10:46on redonne une perspective,
10:47d'où le fait que je suis sorti
10:47sur 10 ans.
10:48On redonne une perspective.
10:49Les 10 prochaines années,
10:51en 2027,
10:52il y a des élections.
10:53C'est-à-dire que
10:54vous venez d'arriver,
10:55je comprends,
10:55vous êtes plein d'optimisme
10:56mais on est à un an
10:58de la fin d'Emmanuel Macron
11:00à l'Élysée.
11:01Donc, il y aura
11:01une nouvelle majorité,
11:03une nouvelle équipe,
11:04des nouveaux projets.
11:05Moi, ce que j'espère,
11:06pardon.
11:06Il y a eu combien
11:06de ministres d'éducation
11:08depuis qu'Emmanuel Macron
11:09a été élu en 2017 ?
11:10Je crois qu'on bat un report.
11:10J'ai la chance d'être le huitième.
11:11Le huitième, vous voyez.
11:13Quand on change comme ça
11:14autant de ministres d'éducation
11:15avec chaque fois des projets,
11:17de la volonté,
11:18comment peut-on avoir
11:18une vision à long terme
11:19et vous la souhaitez
11:20alors qu'on a changé
11:22de ministre quasiment
11:23tous les ans ?
11:24Mais il y a deux choses
11:25différentes.
11:26Il y a le sujet des réformes.
11:28Moi, dès le départ,
11:28en arrivant,
11:29il n'y aura pas de réforme,
11:29j'effraie.
11:30Parce que ce ministère
11:30n'a pas besoin de réforme
11:31actuellement,
11:31il y en a déjà eu suffisamment.
11:33Et puis, il y a le sujet
11:34de méthode et de travail
11:35à long terme.
11:36Moi, ma conviction profonde,
11:37aujourd'hui,
11:38un enfant qui rentre en maternelle,
11:39personne ne se pose la question
11:40de savoir comment il doit sortir
11:42quand il aura son bac
11:42dans 15 ans.
11:43Or, pour moi,
11:44c'est ça la vraie question.
11:45Donc, j'essaie juste
11:46de faire en sorte
11:46qu'en termes de méthode,
11:48à la fois en termes
11:48de prévisibilité
11:49et en termes de méthode,
11:50et ça, c'est vrai
11:51pour tous mes successeurs
11:52s'ils décident de réutiliser
11:53ces outils-là,
11:54on fasse en sorte
11:54de voir les choses
11:55à 10 ans ou à 15 ans.
11:57Après ça,
11:57ils perdent des visions
11:58politiques différentes.
11:59Et ça, c'est normal,
11:59c'est le propre de la démocratie.
12:01Mais il faut que ces visions politiques,
12:03qu'elles soient de gauche,
12:04de droite, machin,
12:04ça met l'égal,
12:05il faut qu'elles soient
12:05à 10 ou 15 ans
12:06parce que c'est à cet horizon-là
12:07qu'on pense à l'école.
12:08Alors, les questions
12:09des grandes gueules
12:10dans un instant,
12:11des questions d'actualité,
12:12notamment après la mort
12:13de ce stagiaire
12:14qui a été écrasé
12:16par un chariot évélateur,
12:18ça s'est passé,
12:18élévateur,
12:19ça s'est passé vendredi dernier,
12:21ça pose la question
12:21des conditions de sécurité
12:23de l'accueil
12:23des jeunes en entreprise.
12:24Des questions également
12:25sur votre volonté
12:26d'un retour de l'exigence,
12:28notamment en matière
12:29d'orthographe et de grammaire.
12:31Et vous écouterez
12:31ce que disait Cécile Duflo
12:32de matin sur RMC,
12:34elle n'est pas d'accord
12:34avec cette exigence.
12:35dit que ce n'est pas très grave.
12:36Bon, à la suite
12:37sur RMC, RMC Story.
12:39Alain Marshall,
12:40Olivier Truchot,
12:42les grandes gueules.
12:431, 2, 3, 4 !
12:52La suite des grandes gueules
12:53avec Édouard Geffray,
12:55le ministre de l'Éducation nationale
12:56qui est face au GG ce matin,
12:58face à Joël Dago,
12:59c'est Richard Consigny,
13:00Laura Barton, Martinef.
13:01On va entendre vos questions
13:02mes chères grandes gueules,
13:03mais j'ai moi
13:04une question d'actualité
13:05et je ne voudrais pas l'oublier.
13:06Une enquête a été ouverte
13:07pour déterminer
13:08les circonstances
13:09de la mort de ce lycéen
13:10stagiaire survenu
13:11ce vendredi dans le Gard.
13:14C'est un stagiaire
13:15de 15 ans
13:16qui est mort,
13:17écrasé par un chariot
13:19élévateur.
13:20Ça s'est passé
13:21à Bagnole-sur-16.
13:22Ça pose la question
13:24des conditions de sécurité
13:25de l'accueil
13:25des jeunes en entreprise
13:26avec tous ces stages,
13:27toutes ces entreprises,
13:28de l'encadrement.
13:30Qu'est-ce qu'on peut améliorer ?
13:32Alors d'abord,
13:33je me permets juste
13:33de le dire
13:34parce que c'est important
13:35et parce qu'on a tous
13:36été quand même
13:37très ébranlés
13:38par la mort d'un élève.
13:40Pour nous,
13:40c'est l'impensable,
13:41si vous voulez.
13:41La mort d'un élève,
13:42c'est le drame absolu
13:43pour n'importe quelle
13:44communauté éducative
13:45et évidemment,
13:46on est en sympathie
13:48absolue
13:48avec sa famille.
13:52Il y a un enjeu
13:53qui est pour nos élèves
13:55de faire des stages
13:55en entreprise.
13:56Vous en accueillez ici,
13:57j'imagine,
13:57chaque année.
13:59C'est un enjeu
14:00d'égalité des chances.
14:00Et donc,
14:01c'est important
14:01qu'un élève puisse découvrir
14:03ce qui se passe
14:03dans un milieu professionnel
14:04parce que c'est le seul moyen
14:05pour qu'il ne reproduise pas
14:06finalement.
14:07On parlait tout à l'heure
14:07de la promotion sociale.
14:08C'est un des moyens
14:09de ne pas reproduire
14:09justement ce que font
14:10ses parents,
14:11ses frères et soeurs,
14:11etc.
14:12Ça, c'est la première chose.
14:13La deuxième chose,
14:14c'est que c'est bien
14:14des stages d'observation
14:16en troisième et en seconde
14:17et qu'un stade d'observation,
14:19normalement,
14:19on n'est pas censé agir.
14:21On n'est pas censé
14:22faire des branchements électriques
14:22si on est ici
14:23à la télévision
14:24ou à la radio.
14:24On n'est pas censé
14:26conduire un chariot-élévateur,
14:27etc.
14:27Donc là,
14:28ce qu'on fait,
14:28on fait deux choses.
14:29D'abord,
14:29il y a effectivement
14:29une enquête
14:30sur les circonstances
14:31qui sont là.
14:31Il y a peut-être une faute.
14:32Ce jeune n'aurait pas dû
14:33utiliser ce chariot-élévateur.
14:35Je rappelle qu'il était
14:35dans une entreprise spécialisée
14:36dans le commerce de bois
14:38et de matériaux de construction.
14:39Ici,
14:39je ne sais pas
14:40ce qu'il s'est passé
14:40parce qu'il y a une enquête pénale
14:42qui est actuellement en cours
14:42et une enquête administrative
14:43des deux côtés.
14:44D'un,
14:44inspection du travail
14:45pour voir ce qu'il s'est passé
14:45à l'entreprise,
14:46inspection de l'éducation nationale
14:47pour voir ce qu'il s'est passé
14:48du côté de l'éducation nationale.
14:50Mais ce qu'il y a de sûr,
14:51c'est que s'il était
14:51sur un chariot-élévateur,
14:52il n'aurait jamais dû y être.
14:53Alors,
14:53il faut un permis pour les conduire.
14:54C'est très clair.
14:55Voilà.
14:56Donc,
14:57indépendamment de l'enquête
14:58sur cette affaire,
14:59ce qu'on est en train de faire
15:00avec Jean-Pierre Farandou
15:02et Sabouin Aroubache,
15:02c'est qu'on lance
15:03une enquête conjointe
15:04des deux inspections
15:06affaires sociales
15:07et éducationnales
15:08pour faire court
15:09pour précisément
15:10voir comment
15:11mieux sécuriser encore
15:13les stages de mineurs
15:14en milieu professionnel.
15:15Parce qu'il y a probablement
15:16des choses
15:16qui ne sont pas totalement
15:18connues,
15:18perçues.
15:19Est-ce qu'une entreprise
15:19quand elle accueille
15:20un jeune sagesse,
15:21est-ce qu'elle se dit
15:21attention,
15:22il est en observation,
15:23il ne peut rien faire d'autre
15:24entre guillemets
15:25que s'asseoir,
15:26observer,
15:26poser des questions ?
15:27Je ne suis pas sûr
15:29qu'elle en est complètement
15:29en conscience.
15:31Donc il y a probablement
15:32des choses comme ça
15:33à régler.
15:33La preuve,
15:33c'est que si un drame
15:34comme ça a pu arriver,
15:35c'est qu'il faut le faire
15:36pour éviter que,
15:37évidemment,
15:38ça se reproduise.
15:39Mais il ne faut pas
15:39que ça dissuade non plus
15:40les entreprises
15:40de prendre des jeunes
15:41en disant
15:41moi je ne veux pas
15:42prendre le risque
15:42donc zéro jeune.
15:43C'est une question de boost.
15:45D'autres questions
15:46sur d'autres sujets ?
15:47Charles Consigny.
15:47Alors, il y a beaucoup
15:48de sujets.
15:50Moi, je vois quand même
15:51deux, trois grands sujets.
15:54Un, beaucoup de professeurs
15:56quand même le disent,
15:58notamment au collège,
15:59c'est tout bête,
16:01les collégiens ont trop de cours.
16:03Ils ont trop de cours
16:04dans la journée,
16:05ils sont assommés
16:06l'après-midi,
16:08ils ont du mal à suivre
16:09et on leur demande
16:11un temps d'attention
16:13sur la journée
16:14qui en fait
16:14ne permet pas vraiment
16:15de leur prodiguer
16:18l'enseignement nécessaire.
16:19Donc, beaucoup de gens,
16:21je pense que ça vaut aussi
16:22pour les parents d'élèves,
16:23aimeraient qu'on s'inspire
16:24des modèles anglo-saxons
16:25avec des cours le matin
16:27et d'autres activités
16:28l'après-midi,
16:29du sport,
16:30que sais-je,
16:32pour aérer un peu tout ça.
16:34Première question.
16:35Et deuxième question,
16:36dans la même logique
16:37d'aérer un peu tout ça,
16:38est-ce qu'on ne pourrait pas
16:41faire un peu,
16:42davantage rentrer la société
16:44au collège et au lycée ?
16:45Parce que moi,
16:46je suis très frappé par ça.
16:48Souvent, les lycéens,
16:49notamment dans les milieux
16:50un peu défavorisés,
16:52en fait, ne savent pas
16:53ce qu'ils pourraient faire
16:54comme métier,
16:55n'ont pas l'horizon très dégagé.
16:57Ce qui peut-être explique
16:59un peu le décrochage,
17:00l'absentéisme,
17:02le fait qu'il y en ait
17:02qui ne comprennent même pas
17:04l'intérêt de tout ça,
17:05pourquoi est-ce qu'on leur enseigne
17:06tout ça, etc.
17:07Est-ce qu'on ne devrait pas
17:08davantage inviter la société
17:12à rentrer dans le collège
17:13ou le lycée,
17:14c'est-à-dire à venir,
17:15soit même à remplacer des profs
17:18par moments
17:18ou à enseigner certaines matières
17:20pour ceux qui sont qualifiés
17:21pour le faire,
17:22il y en a quand même,
17:23ou en tout cas,
17:25venir présenter des métiers,
17:27des secteurs d'activité
17:28pour donner des perspectives
17:29aux jeunes.
17:30Je trouve qu'en l'état,
17:31tout ça est un peu
17:33trop étanche
17:34au reste de la société.
17:36Alors,
17:38deux questions assez vastes.
17:40Sur la première question,
17:41vous savez qu'il y a eu
17:41la Convention citoyenne
17:42sur les temps de l'enfant,
17:43qui s'est notamment penchée
17:44sur cette dimension-là,
17:45c'est-à-dire le volume
17:46d'heures de cours par jour,
17:47etc.
17:48On a un sujet en France,
17:49c'est qu'on a beaucoup
17:50d'heures de cours par semaine,
17:51sur un nombre de semaines
17:52plutôt plus limitées
17:53que les autres.
17:54Les élèves ont plus de vacances
17:55dans l'année,
17:56en nombre de semaines,
17:57mais par contre,
17:57ils ont beaucoup plus d'heures
17:58de cours dans la journée.
17:58Tout est concentré.
17:59C'est plus concentré
18:00que chez nos voisins,
18:01globalement.
18:01Ce n'est pas une science exacte,
18:02mais globalement,
18:03c'est plus concentré.
18:06Par ennuyé comme ça,
18:07ce n'est pas pour envoyer
18:07le calendre,
18:07mais typiquement,
18:08c'est un sujet pour moi
18:08de présentation de 2027.
18:10Je ne peux pas changer les choses
18:11pour la rentrée 2026.
18:13Ça pose en fait
18:13tout un tas de questions.
18:14Ça pose la question
18:14de la prise en charge
18:15des enfants une fois
18:15qu'ils sont dehors.
18:16Mais quelle est votre conviction ?
18:18Parce que tout le monde
18:20a un avis sur les rythmes scolaires.
18:22Difficile de mettre
18:23tout le monde d'accord.
18:24Il y a les intérêts divergents,
18:25le tourisme pour les vacances,
18:27les parents qui ont aussi
18:27leur propre rythme,
18:28les profs, etc.
18:29À votre avis,
18:30est-ce qu'il faut tendre
18:31effectivement à une idée
18:32où il y aura les cours
18:34principaux le matin
18:34et l'après-midi,
18:35on ferait plus du sport,
18:36la culture,
18:37des choses ?
18:37D'abord, à l'école,
18:38dans le premier déclin,
18:39c'est déjà ce qui se passe.
18:39Les professeurs font français
18:41et les mathématiques le matin
18:42et ils font les autres cours
18:43l'après-midi.
18:44C'est quand même un peu ça
18:46qui se pratique dans la vraie vie
18:47des vrais professeurs.
18:48Mais au collège,
18:49c'est plus difficile
18:50parce qu'il faut croiser
18:51les employés de temps
18:51de tous les professeurs
18:52et faire en sorte
18:52que ça rentre dans la chaussure.
18:54Moi, ma conviction profonde.
18:55D'abord, sur les rythmes scolaires
18:59hebdomadaires,
19:00vous savez,
19:004 jours, 4 jours et demi.
19:02Moi, personnellement,
19:03je ne suis pas forcément favorable
19:04à une remise en cause profonde
19:05de la situation actuelle
19:06qui est plutôt 4 jours
19:07sauf si ceux qui le souhaitent
19:09font 4 jours et demi
19:09parce que ça pose
19:10tout un tas de problèmes
19:11et qu'au bout d'un moment,
19:12en fait,
19:12les problèmes qui sont liés
19:13à la situation des parents,
19:14etc.,
19:15finalement contrebalancent
19:16le bénéfice pour l'enfant.
19:17On n'a aucun doute
19:17sur le fait qu'un enfant
19:18apprend mieux le matin.
19:20Simplement,
19:20si tout ce qui est autour de lui
19:21est moins favorable,
19:22on n'y arrive pas.
19:23Donc, c'est un truc qui se travaille.
19:24À mon avis,
19:24il se travaille aussi
19:25au niveau local.
19:25Ce n'est pas la même chose
19:26si je suis au bord du fleuve
19:27Moroni
19:27et si je suis en plein cœur de Paris.
19:29On peut décentraliser.
19:30En tout cas,
19:31pour l'éducation nationale,
19:32c'est toujours un peu de mal à faire.
19:33Pour moi,
19:33avoir une approche territoriale,
19:34c'est ce qui s'impose
19:35dans la matière.
19:35Je ne suis pas favorable
19:36au niveau national
19:37à dire que c'est 4 jours et demi
19:38pour tout le monde
19:38ou 4 jours pour tout le monde.
19:39Je n'y crois pas tellement.
19:40La deuxième chose,
19:41c'est qu'on a besoin probablement
19:42que nos ados commencent
19:43un peu plus tard le matin.
19:45Plutôt à 9h qu'à 8h.
19:46Ça, c'est des choses
19:46qu'on est en train de promouvoir
19:47auprès de nos chefs d'établissement.
19:48Ce n'est pas toujours possible.
19:49Ça ne rentre pas non plus
19:50toujours dans la chaussure.
19:51Une fois encore,
19:52si je prends ma pirogue
19:52sur la fleuve Moroni,
19:53mes gamins,
19:54ils arrivent à 7h du matin au collège.
19:55Donc là, c'est l'inverse.
19:56On ouvre pour ne pas qu'ils soient dehors.
19:58Et pour répondre
19:59à votre deuxième question,
20:00je fais le lien du coup
20:01entre les deux,
20:04l'école,
20:04ce n'est ni un bunker
20:05ni une passoire.
20:06Ça ne peut pas être un bunker
20:07parce qu'il faut effectivement
20:08aller au contact,
20:09elle est perméable à la société.
20:11Ça ne peut pas non plus
20:12être une passoire
20:12à laquelle tout le monde rentre,
20:13si je puis dire,
20:14n'importe comment et sans contrôle.
20:16Ça renvoie à d'autres sujets
20:17qu'on connaît.
20:18Mais voilà.
20:18Donc là aussi,
20:19c'est une question équilibrée.
20:20On fait pour répondre
20:21à votre question
20:22ce qu'on appelle
20:22la découverte des métiers au collège
20:23dès la 5e.
20:24C'est-à-dire qu'il y a
20:25des demi-journées
20:26qui sont organisées
20:27pour que les élèves
20:27puissent rencontrer
20:28des intervenants extérieurs,
20:30je ne sais pas quoi,
20:30des chercheurs,
20:31des scientifiques,
20:31des industriels,
20:32des ouvriers qualifiés,
20:34tout ça,
20:34pour qu'ils puissent s'ouvrir
20:35à la diversité des métiers.
20:36Notre objectif,
20:36grosso modo,
20:37pour faire simple,
20:37c'est qu'aujourd'hui,
20:38un élève,
20:38il connaît en fin de 3e 15 métiers.
20:40Notre cible,
20:41c'est que d'ici 3 ans,
20:41il en connaisse 50.
20:42Au sens qu'il soit capable
20:43de parler de 50 métiers différents.
20:45Alors,
20:45le retour de l'exigence.
20:47Vous avez demandé
20:49aux professeurs
20:50de toutes les disciplines
20:52d'être vigilants
20:54sur notamment
20:54l'orthographe
20:55et la grammaire.
20:56Et vous voulez
20:56ce retour de l'exigence
20:58qu'on sanctionne aussi
20:59quand il le faut,
21:00les fautes d'orthographe,
21:02les fautes grammaticales
21:03et pas seulement d'ailleurs
21:05au moment du brevet
21:05et du bac.
21:06A ce sujet,
21:07Cécile Duflo
21:08a pris la parole ce matin
21:09sur RMC.
21:10Écoutez ce qu'elle dit.
21:11La langue
21:12et l'orthographe française,
21:13c'est souvent illogique
21:15et absurde.
21:15Je vous donne un exemple.
21:17Chariot et charrette,
21:18ça vient du même mot
21:18mais chariot,
21:19il y a un seul R,
21:20charrette,
21:20il y a deux R.
21:20Pourquoi ?
21:21Zéro raison.
21:22Mais c'est un puissant outil
21:23de distinction sociale
21:24et ça a même été créé
21:25pour ça.
21:25Si on regarde d'ailleurs
21:26le littré,
21:27un grand dictionnaire historique,
21:28on voit qu'il y avait
21:29plein d'orthographes
21:30acceptées pour le même mot
21:31jusqu'au 18e, 19e
21:33et ensuite on a fossilisé
21:34l'orthographe
21:34et c'est devenu un outil
21:35grâce à la dictée
21:36de sélection scolaire.
21:37Il faut se dire
21:38que le vrai sujet de la langue
21:39c'est de se comprendre.
21:41Donc cette obsession
21:42de l'orthographe,
21:43en fait c'est une obsession
21:44un peu dysfonctionnelle
21:45et surtout si elle conduit
21:46à empêcher des gens
21:48qui ont de grands talents
21:50de pouvoir continuer,
21:51là ce serait vraiment une faute.
21:52En fait un ministre de l'éducation
21:53qui ne sait pas trop quoi dire,
21:54il dit vive la dictée
21:55et ensuite il dit
21:56on va rendre l'orthographe
21:59obligatoire au bac.
22:00Vous ne savez pas trop quoi dire
22:01visiblement Edouard Geffray ?
22:03Je connais un peu mes sujets
22:04mais ce n'est pas grave
22:05on ne va pas répondre à ça
22:06ce n'est pas très important.
22:08Ce qui est intéressant
22:09vous voyez
22:09c'est la façon
22:10dont le sujet a été déformé.
22:12J'ai dit orthographe,
22:13grammaire, syntaxe
22:14c'est le cumul des trois
22:15c'est-à-dire la maîtrise de la langue
22:16parce que la première inégalité
22:18professionnelle
22:19quand vous passez un entretien
22:20quand vous faites un CV
22:20quand vous faites une bonne motivation
22:21c'est la maîtrise de la langue.
22:23Donc on peut se gargariser
22:24tous les jours
22:25à part les dégâts et les chances
22:26le machin, le cœur sur la main
22:28tout ça
22:29si à la fin
22:29on renonce à l'exigence
22:31sur la maîtrise de la langue
22:31on envoie les gens au casse-pipe
22:33et c'est quelqu'un
22:34qui connaît assez bien
22:34ces sujets-là
22:35qui vous le dit.
22:36Mais c'est intéressant
22:37parce que du coup
22:38tout le monde part en fixette
22:38sur l'orthographe.
22:40L'orthographe
22:41d'abord il y a une réforme
22:41d'orthographe en 1090
22:42ça n'a pas resté figé
22:43depuis de l'Itré
22:44et ça précisément
22:45c'est vivant l'orthographe
22:47la langue est vivante
22:48et il n'y a pas que l'orthographe
22:49la grammaire à syntaxe
22:50en revanche
22:51moi ce que je dis
22:51c'est qu'un élève
22:53qui ne relie pas sa copie
22:54et dont le niveau d'expression
22:56est calamiteux
22:57il y a un moment
22:58où il faut que
22:59notre devoir
23:00et ce n'est pas par plaisir
23:01mais notre devoir
23:02c'est de dire
23:02en fait
23:03cette copie-là
23:03elle ne peut pas avoir la moyenne
23:04c'est tout
23:05pas non plus révolutionnaire
23:07comme truc
23:07d'ailleurs j'ai dit ça
23:08c'était pas
23:10ni une annonce
23:10ni une politique générale
23:11j'ai juste dit
23:11il y a un moment
23:12il faut avoir ce qu'on appelle
23:12une juste exigence
23:13on a un peu abandonné
23:14le combat à un moment donné
23:15je pense qu'on a un peu
23:16abandonné
23:16c'est très progressif
23:18en réalité
23:18c'est un truc qui s'est
23:19un peu installé
23:20et en se disant
23:20de toute façon
23:22aujourd'hui
23:23les jeunes
23:23ils ont moins besoin
23:23il y a la méthode globale
23:24qui a fait des ravages
23:25surtout
23:25alors ça c'était
23:26oui
23:27c'est les vieilles générations
23:28la méthode globale
23:30ma génération
23:31je pense qu'il y a
23:31une espèce d'affaiblissement
23:32collectif
23:33de ce point de vue-là
23:34assez partagé d'ailleurs
23:35c'est-à-dire que les parents
23:36disaient aussi
23:37et de tous quoi
23:37on se dit
23:37c'est moins important
23:39mais en réalité
23:39c'est pas moins important
23:40parce que
23:40et à force aujourd'hui
23:41dans un monde
23:43où tout se fait
23:44par réseaux sociaux
23:45où nos jeunes
23:46vont être amenés
23:46à prompter de l'IA
23:47etc
23:48en réalité
23:48s'ils n'ont pas
23:49un vocabulaire suffisant
23:51s'ils n'ont pas
23:52une expression de qualité
23:54et bien ils seront marginalisés
23:56Laura
23:56oui moi je
23:57rapidement
23:57Laura qui n'a pas été à l'école
23:59non
24:00on l'a récupéré
24:02donc ils me demandent rapidement
24:03mais ils me coupent la parole
24:04vous voyez
24:05non là moi
24:06je suis complètement d'accord
24:07avec vous
24:07sur la maîtrise de la langue
24:08ça sauve
24:09ça nous donne une crédibilité
24:11ça donne
24:11d'accord mais évite la question
24:13on a 30 secondes Laura
24:14donc vas-y
24:14non mais je suis juste d'accord
24:16ah bon t'es d'accord
24:16c'est pour dire que t'es d'accord
24:17t'as pas de question
24:18ça fait peut-être du bien
24:18un ministre de temps en temps
24:19de lui dire qu'on est d'accord
24:20c'est pas faux ça
24:22moi je dis
24:22lâche rien sur l'orthographe
24:24je suis dyslexique
24:26dysorthographique
24:26la seule chose que je peux
24:27vous demander
24:28c'est faites en sorte
24:29qu'il y ait beaucoup plus
24:30d'orthophonistes
24:31comme ça se passe
24:33en Angleterre
24:33où en fait
24:33vous avez des orthophonistes
24:35vraiment qui vont dans le fond
24:36pour les gens qui bégayent
24:37qui ont des réels problèmes
24:38d'élocution
24:39mais ils ont fait
24:40comme un sous-diplôme
24:41des orthophonistes
24:42qui ne travaillent
24:43que la dys
24:44que les dys
24:45ce qui fait que ça désengorge
24:46moi je vois
24:47j'ai mis 3 ans
24:49avant de pouvoir voir
24:49une orthophoniste
24:50pour régler mes problèmes
24:51de dyslexie
24:52alors on a fait court
24:53Edouard Geffray
24:54répond parce que vraiment
24:55le temps est imparti
24:57non non mais
24:58indépendamment du fait
24:59qu'on est d'accord
24:59mais hyper intéressant
25:01et notamment
25:01l'un des enjeux
25:02c'est de faciliter
25:03l'accès des enfants
25:04à l'orthophoniste
25:05pour pas qu'ils aient quitté
25:06les cours
25:07à revenir
25:07et en réalité
25:08à rater 3 heures de cours
25:09quand ils font 45 minutes
25:09d'orthophonistes
25:10ça c'est un enjeu majeur
25:11sur lequel on travaille actuellement
25:12mais je prends le point aussi
25:13sur le diplôme
25:15merci Edouard
25:16en fait il y a une dernière question
25:17le bac
25:18on continue ou on supprime ?
25:20on continue
25:20pourquoi vous voulez supprimer ?
25:21parce qu'on a l'impression
25:22qu'on va vers sa suppression
25:23parce qu'on le réforme
25:24il est de plus en plus court
25:25il n'y a que 4 épreuves
25:27non mais il faut arrêter
25:28de vouloir supprimer tout
25:29comme ça
25:29il y a un truc qui s'appelle
25:30les institutions
25:30qui ont fait leur preuve
25:31et puis les rites de passage
25:32et les examens
25:33qui permettent de certifier un niveau
25:34c'est quand même pas fait pour les chiens
25:35donc non non on garde
25:37merci Edouard Geffray
25:38dans les grandes gueules
25:38sur RMC
25:39et RMC Story
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