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  • il y a 18 minutes
Près d'une semaine après le drame de Sanary-sur-Mer, l'état de santé de l'enseignante poignardée reste « préoccupant ». Les syndicats enseignants déplorent "une banalisation de la violence" en milieu scolaire et un manque de moyens humains pour sécuriser les établissements. Comment sécuriser les collèges et lycées pour éviter les passages à l'acte ? Le ministre de l'Education nationale Edouard Geffray est l'invité de RTL Matin.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Olivier Boy du 09 février 2026.

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Transcription
00:00RTL Matin, Olivier Bois.
00:037h43, l'invité d'RTL Matin est le ministre de l'éducation nationale, Edouard Geffray.
00:07Bonjour monsieur.
00:08Bonjour.
00:08Vous avez été nommé en octobre dernier dans le gouvernement Lecornu,
00:13septième ministre de l'éducation nationale depuis trois ans et demi.
00:16Et toujours cette question, nos enfants sont-ils en sécurité à l'école ?
00:19Mardi dernier, une professeure a été poignardée par l'un de ses élèves de 14 ans à Sanary-sur-Mer.
00:25Elle était dans un état grave.
00:26Sa famille disait qu'il fallait attendre plusieurs jours avant de se prononcer sur le pronostic vital.
00:32Comment va-t-elle ce matin ? Qu'est-ce que vous pouvez nous dire ?
00:34Écoutez, des dernières nouvelles, sa situation s'améliore un petit peu.
00:41Il faut attendre en réalité une semaine pour être sûr.
00:43Donc dans deux, on croise les doigts jusqu'à demain soir.
00:47Si demain soir son état est resté identique, on aura de bonnes raisons d'espérer son rétablissement rapide.
00:53Elle est toujours hospitalisée, elle a subi plusieurs opérations.
00:55Oui, tout à fait.
00:56Vous vous êtes rendu sur place la semaine dernière pour parler aux enseignants et aux élèves.
01:02Et je voulais vous faire entendre une réaction.
01:03On a eu la semaine dernière sur RTL un homme qui s'appelle Stéphane Voirin.
01:06Ça vous dit quelque chose ce nom Stéphane Voirin ?
01:08C'est l'homme qui avait dansé devant le cercueil de sa femme à Saint-Jean-de-Luz en 2023.
01:13Elle qui avait aussi été poignardée et mortellement blessée en l'occurrence par un élève.
01:17Écoutez ce qu'il vous adressait directement.
01:19Arrêtez de compatir à chaque fois devant les victimes.
01:23Agissez, agissez.
01:24Sept ministres de l'enseignement national depuis moins de trois ans, depuis le meurtre d'Agnès.
01:30Quelles mesures ont été prises ?
01:31Cessez le bras et de l'air.
01:32Voilà Stéphane Voirin qui a l'impression de voir les ministres de l'éducation ou de l'intérieur défiler à chaque fois qu'il y a un drame et que rien n'est suivi des faits.
01:39Qu'est-ce que vous lui répondez ?
01:42Par définition, ce monsieur lui-même a connu un drame.
01:46Et donc, tout est dérisoire face au drame.
01:50Toute réaction est dérisoire face au drame.
01:51Et donc, d'abord, c'est quelque chose que je respecte, que je comprends et avec lequel je souffre comme lui.
01:58Ensuite, tout ça c'est une chaîne.
02:02Il faut d'abord, on peut traiter un certain nombre de symptômes.
02:04Comme par exemple le fait que les jeunes aujourd'hui, certains jeunes viennent avec des couteaux à l'école.
02:10Avec Laurent Nunez, depuis entre mars et décembre dernier, on a fait en moyenne 1500 contrôles de sacs par mois.
02:171500 par mois.
02:19Donc systématiques, à l'entrée d'établissement, aux abords d'établissement.
02:22On a envoyé hier une instruction au préfet au recteur pour densifier encore ces opérations.
02:28On a trouvé dans ces opérations, en moins d'un an, 525 couteaux.
02:32Et moi, pour l'éducation nationale, on a fait 1600 conseils de classe, de discipline, pardon.
02:37525 élèves.
02:38525 élèves.
02:39525 élèves.
02:39A l'école avec un couteau.
02:41On a été interceptés par les forces de poulet avec un couteau entre mars et décembre dernier.
02:44Il est terrifiant ce chiffre.
02:46Et vous pouvez rajouter que moi j'ai fait 1600 conseils de discipline liés à des intrusions d'armes.
02:52Alors tout ça a ramené au fait qu'on a 14 millions de personnes.
02:55Tous les jours dans nos murs, c'est un français sur cinq.
02:57Ils sont exclus de leur établissement ?
02:59Pour être venus avec un couteau dans leur sac ?
03:01À partir du moment où un élève vient avec une arme dans son sac, par définition, il est exclu.
03:08Ça c'est la première chose.
03:09Et aujourd'hui, à 14h, je vais réunir tous les recteurs en visio pour là aussi m'assurer que toutes les mesures de sécurisation des établissements peuvent être prises.
03:19Quelles consignes allez-vous leur rappeler, leur marteler cet après-midi ?
03:22Alors d'abord, consigne de fermeté absolue, c'est-à-dire de densification et de fermeté.
03:26Densification, c'est-à-dire on travaille avec le service de police, on cible les établissements, on fait du contrôle aléatoire pour intercepter le maximum de choses.
03:33Et en fait, pour dissuader aussi les élèves de venir avec des couteaux.
03:35Et puis, évidemment, fermeté absolue, c'est-à-dire que dès qu'on détaque quelque chose, le conseil de discipline, c'est l'exclusion.
03:41Un recteur peut avoir ligne directe avec le commissaire, le directeur de la sécurité ?
03:45Il a ligne directe avec le préfet.
03:46Je sens quelque chose monter, il faut venir chez nous.
03:47On a des lignes directes entre les érectorats et les préfectures et ça nous permet d'agir.
03:51Mais la deuxième chose, et je me permets d'insister là-dessus aussi, c'est que tout ne dépend pas de l'école.
03:56Mais qui fouille les sacs, pardon, juste pour revenir là-dessus ?
03:58Les forces de police.
03:58Ce sont les forces de police qui fouillent les sacs.
04:00Les surveillants, les profs, le CPE, n'a pas besoin de fouiller un sac d'un élève.
04:03On peut demander à un élève d'ouvrir son sac, mais quand on fait des fouilles systématiques comme celles dont je vous parle, c'est les forces de police qui les font.
04:09Mais l'autre volet, pardon d'insister là-dessus parce que c'est important, c'est qu'on ne peut pas tout demander à l'école.
04:13Il y a un moment, si vous voulez, notre rôle, c'est d'instruire et puis c'est de protéger dans l'enceinte scolaire.
04:18Mais il faut aussi que tout le monde s'y mette et que par conséquent, et pardon d'appeler à ce social collectif, mais je crois que c'est nécessaire,
04:24que les parents discutent avec leurs enfants de la violence en général.
04:28Parce que ce à quoi on assiste, c'est une explosion de l'hyper-violence, mais qui en fait trouve ses racines dans une espèce de violence banalisée.
04:35Les gamins maintenant s'insultent, etc., de manière assez facile.
04:38Ce n'est pas acceptable.
04:39Et donc il y a un moment où il faut que tout le monde, si je puis dire, un peu relève le gant.
04:44Et moi je demande vraiment aux parents de parler avec leurs enfants, de leur dire qu'on ne part pas avec un couteau de manière générale,
04:49qu'on ne s'en prend pas au genre de manière générale, et qu'en tout est à cause, il y a un tabou absolu.
04:52Il y a un tabou absolu, c'est qu'on ne touche jamais un professeur.
04:55Mais pourquoi vous avez dit acte isolé, alors, la semaine dernière, quand vous étiez à la Sanarie-sur-Mer ?
04:58Je retiens ce mot, c'est-à-dire étonné et choqué, Stéphane Vaurin sur RTL.
05:02Vous venez de nous décrire exactement ce...
05:04Non, parce que l'acte paroxystique auquel on a assisté, ce que je n'ai pas, c'est que ce n'était pas...
05:10Il n'y avait pas, d'ailleurs le procureur de l'Union Directe, il n'y avait pas, j'en sais rien, de background religieux, politique, etc.
05:15Ce n'était pas un acte organisé.
05:17C'est un élève seul.
05:18D'ailleurs, aucun des professeurs que j'ai rencontrés ne m'a dit qu'on s'y attendait.
05:21Aucun.
05:22Personne ne s'y attendait.
05:23C'est un élève seul qui a commis un acte fou et sauvage.
05:27C'est pour ça que j'ai appelé ça d'acte isolé.
05:28Vous le regrettez ce mot, acte isolé ?
05:31Mais, enfin pardon, mais la qualification, c'est bien celle-ci.
05:34C'est un individu isolé qui commet un acte délirant.
05:38En revanche...
05:38Mais 525 élèves qui viennent depuis 6 mois avec un tout en sexe, ça n'est pas un acte isolé.
05:42Mais ce sont deux choses différentes.
05:43En revanche, ça s'est dans un contexte où effectivement, de plus en plus de jeunes
05:46vivent comme naturel le fait de partir avec un couteau à la poche.
05:51Mais dans la rue, comme à l'école, comme ailleurs.
05:53Et une fois qu'on a un couteau, par définition, quand on a une frustration, quand on s'énerve, etc.
05:58On a plus la tentation de s'en servir.
06:00Donc la première chose à faire, c'est quand un enfant part le matin de chez lui, il part sans couteau.
06:05Et d'ailleurs sans idée de violence.
06:07Vous avez évoqué l'impact des réseaux sociaux du téléphone portable.
06:09Il y a un grand projet qui vous concerne et un objectif ambitieux à la rentrée prochaine.
06:14Le fait de limiter et d'interdire les réseaux sociaux pour les moins de 15 ans.
06:17Mais aussi de lutter contre le téléphone portable dans les établissements.
06:20Mais le projet de loi, il a été édulcoré la semaine dernière.
06:22On ne parle plus d'interdiction du téléphone au lycée.
06:25On le dépose à l'entrée et on profite de la journée d'école sans avoir l'écran devant les yeux en permanence.
06:29Il en est où ce projet de loi ?
06:30Et quel est le vrai objectif sur le téléphone portable ?
06:32Alors d'abord, il est passé en première lecture à l'Assemblée, il va aller au Sénat et comme vous le savez, l'amélioration au fur et à mesure est l'affiné et c'est normal.
06:38D'accord ?
06:39L'objectif, c'est qu'on interdise l'usage du téléphone portable au lycée, comme il est déjà aujourd'hui interdit, à l'école et au collège.
06:46C'est-à-dire qu'un élève, il fait sa scolarité sans téléphone.
06:50Toute la journée, de 9h du matin à 17h, il n'a pas son téléphone portable sur lui ou il n'a pas le droit de l'allumer ?
06:56Il n'a pas le droit de l'utiliser, ce n'est pas pareil, sauf dans des circonstances qui sont éventuellement autorisées par le chef d'établissement,
07:01quand il faut par exemple bipper pour la cantine ou des choses comme ça, ou quand les élèves sont à l'internat.
07:04Ça, c'est la première chose.
07:05Et l'objectif, il est très clair, c'est qu'on a un enjeu de santé publique.
07:09On a un enjeu cognitif aussi, c'est-à-dire que nos jeunes n'arrivent plus à se concentrer.
07:12On a un enjeu civique, c'est qu'ils sont bombardés de contenus, de fake news, etc.,
07:17alors même qu'ils n'ont pas encore le discernement et la conscience civique qui sont totalement construits.
07:22Et donc l'idée, c'est de dire aussi en parallèle que les réseaux sociaux, ce n'est pas avant 15 ans.
07:25Édouard Jeffrey, ministre de l'Éducation nationale, on va parler maintenant du rythme scolaire.
07:29Emmanuel Macron s'est redit à nouveau favorable à une adaptation de ses rythmes scolaires,
07:32avec des journées plus courtes, mais en échange, les vacances scolaires, et notamment les grandes vacances d'été, plus courtes également.
07:39Est-ce que ça va se traduire dans les faits ?
07:40Qu'est-ce que vous pouvez nous dire sur le calendrier, cet objectif-là ?
07:43Alors, pour la rentrée 2026, la réponse est clairement non.
07:46On n'est pas aujourd'hui...
07:47Déjà, on a une situation qui a été contrainte par l'adoption tardive du budget.
07:52On n'est pas en situation aujourd'hui de changer la règle pour la rentrée 2026.
07:55Aucun changement pour septembre 2026.
07:57Après, ce que le Président a dit à la suite d'ailleurs de la Convention citoyenne,
08:00c'est qu'effectivement, on a des vacances d'été qui sont longues.
08:04Ça a des effets sur les jeunes.
08:06Est-ce qu'il y a des études qui montrent qu'il y a une perte de niveau entre juin et septembre,
08:09d'une même année scolaire ?
08:10En éducation prioritaire, c'est-à-dire pour les événements plus défavorisés,
08:14le mois et demi d'été ou les deux mois d'été de vacances,
08:16ça correspond à un mois de perte d'apprentissage.
08:18C'est-à-dire que vous récupérez vos enfants avec le niveau qu'ils avaient le 30 mai
08:21au lieu du 30 juin, pour faire simple.
08:23Donc oui, c'est parfaitement démontré.
08:25Et oui, c'est un problème.
08:26Ce serait quoi la durée parfaite, selon vous, des grandes vacances scolaires ?
08:30Je ne suis pas sûr de pouvoir, moi, déterminer ça tout seul.
08:34Mais on voit bien qu'au-delà de 4-5-6 semaines...
08:37Entre 4-5-6 semaines, entre un mois et un mois et demi de vacances.
08:40Et qu'est-ce qu'ils vont dire les enseignants là-dessus ?
08:42Vous en avez déjà parlé, on imagine qu'il va y avoir une...
08:43Non, parce que pour le coup, pour moi, c'est une vraie question de 2027,
08:47parce que derrière, ça touche aussi au rythme scolaire,
08:49ça touche aux calendriers annuels, etc.
08:52Et d'ailleurs, la Convention citoyenne n'a pas réussi à tomber d'accord
08:55sur le paramètre durée des vacances d'été.
08:58Donc c'est un sujet compliqué, qui est épineux.
09:00Quand est-ce que vous allez en discuter ?
09:01C'est le débat 2027, ou d'ici là, il y aura des débats
09:04avec des experts qui vont apporter de l'eau moulin.
09:06Il y a déjà eu un débat dans ce qu'on appelle
09:08le Conseil sur l'éducation, qui réunit tous les acteurs
09:10de l'éducation nationale, qui a lieu d'ailleurs aussi en ce moment.
09:13Il y a des travaux un peu récurrents.
09:15En revanche, le débat politique, au sens de la décision politique,
09:17c'est du 2027.
09:18Merci beaucoup, Edouard Jeffrey, d'avoir été avec nous ce matin sur Air.
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