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Rapatriés en France en mai après un foyer d'hantavirus à bord du MV Hondius, ils vivent aujourd'hui à l'isolement strict à l'hôpital Bichat. Comment supportent-ils cette situation exceptionnelle ? Que vivent-ils au quotidien ? Julia et Roland Seitre, passagers du MV Hondius en quarantaine, sont les invités de Marc-Olivier Fogiel.
Regardez Face à Fogiel du 10 juin 2026.
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00:00RTL Matin, Thomas Soto
00:05Il est 8h18, Marc-Olivier Fogiel, vous recevez ce matin Julia et Roland Sêtre.
00:09Ils sont à l'hôpital Bichat depuis un mois maintenant, car ils ont été tous les deux cas contact à
00:13l'antavirus.
00:14Et ce matin, ils racontent ce qu'ils vivent depuis qu'ils ont quitté ce navire maudit, le MV Hondius,
00:19sur lequel ils pensaient passer des vacances paisibles.
00:22Et bonjour Julia !
00:24Bonjour !
00:25Bonjour Roland !
00:26Bonjour !
00:26Depuis samedi, 22 Français ont pu rentrer chez eux, quitter les hôpitaux,
00:29puisqu'ils étaient simples cas contact de vols internationaux.
00:33Mais vous, vous êtes en ligne avec nous de l'hôpital Bichat tous les deux.
00:35En tout, vous êtes 5 Français à être encore confinés,
00:39puisque vous, vous étiez sur le bateau,
00:41proche de cette passagère néerlandaise contaminée par l'antavirus qui est décédée fin avril.
00:46Pour commencer l'un et l'autre, quand vous avez vu partir les 22,
00:49est-ce que vous vous êtes dit, même s'ils n'étaient pas eux à Bichat, pourquoi eux et pas
00:52nous ?
00:53Parce qu'ils avaient fait leur temps et c'était normal qu'ils sortent dans les règles de ce qui
00:58avait été imposé dès le départ.
01:00Mais vous n'avez pas eu un petit sentiment d'envie de se dire, mais nous aussi on a envie
01:03de liberté ?
01:04Forcément on a envie de liberté, mais on a aussi une compréhension très globale de ce qui se passe,
01:10et on sait qu'on doit rester isolé pendant 42 jours.
01:13Donc notre problème n'est pas leur liberté totale,
01:16notre problème est juste qu'on doit faire nos 42 jours, reste à en discuter les conditions.
01:20On va y venir, conditions, et déjà comment s'est passé les 30 premiers jours ?
01:24Vous faites quoi par exemple au quotidien ?
01:25Parce que là déjà je vous entends tous les deux ensemble dans la même chambre,
01:28je vous imaginez dans deux chambres séparées,
01:30vous avez pu être confinés ensemble tous les deux dans la même chambre à Bichat ?
01:34Oui, c'est quelque chose qu'on a revendiqué très très haut dès le départ.
01:37Quand on a débarqué de l'avion et qu'on nous a dit chacun une ambulance,
01:41moi j'ai tout de suite exprimé, va pour l'ambulance,
01:43mais dans l'hôpital c'est non, et on n'a pas l'habitude de se séparer.
01:46Et on vous a laissé ?
01:47Bien sûr, on a quand même des libertés en France,
01:50et là tout ce que l'on risquait pour les autres, c'est rien,
01:54puisqu'on est ensemble nous dans la chambre,
01:56les seuls risques qui étaient inhérents à nous-mêmes,
02:00c'était qu'on se contamine l'un l'autre.
02:02Or ça faisait déjà 5 semaines qu'on était sur le bateau ensemble,
02:05donc ça ne changeait strictement rien.
02:06On va revenir sur le bateau, si vous voulez bien déjà pour comprendre,
02:09vous êtes sur ce bateau en croisière, en avril dernier,
02:12vous êtes donc sur ce MV Ondius, en croisière dans l'Atlantique Sud,
02:15et on détecte un foyer d'antavirus, comment est-ce que vous l'apprenez déjà ?
02:18Comment on vous informe que ce foyer d'antavirus est sur le bateau ?
02:22D'abord, il faut revenir un peu sur les choses,
02:25c'est qu'on apprend que c'est un foyer d'antavirus,
02:27que le 2 mai, pendant toute la croisière, tout le mois d'avril,
02:30on n'a pas vu que c'était un foyer d'antavirus,
02:32on a vu qu'il y avait un mort,
02:34donc un homme de 70 ans,
02:36pendant une petite épidémie de grippe,
02:38et voilà, la mort ça arrive,
02:40surtout à des ans âgés, et on n'en sait pas plus.
02:42Comme vient de le dire Roland,
02:44la croisière, elle était prévue du 1er avril au 4 mai,
02:48l'antavirus, il a été identifié le 2 mai au soir,
02:51on était déjà au bout de la croisière,
02:53et jusque-là, ce que les gens ont beaucoup de mal à comprendre,
02:56la croisière, elle s'est déroulée normalement,
02:58parce qu'il n'y avait pas un phénomène épidémique majeur.
03:01Donc la croisière se passe à peu près normalement,
03:03sauf qu'il y a quand même un deuxième mort le 27 avril,
03:05avant que vous sachiez que c'est l'antavirus,
03:07puisque le 27 avril, la femme de l'homme qui est mort,
03:09elle-même décède.
03:10Tout à fait, sauf qu'elle ne décède pas sur le bateau,
03:13elle décède au transit aérien à Johannesbourg,
03:16et que dans le même temps, on évacue d'urgence un malade,
03:19dont on ne sait pas de quoi il est malade,
03:20mais c'est clair et net qu'il est très malade,
03:23et là, il y a encore toute une batterie d'examens qui est mise en place,
03:26et personne ne trouve ce qu'il a.
03:28Donc ça fait un mort plus un mort,
03:30et zéro résultat.
03:32Et ça veut dire que pendant tout ce temps-là,
03:33pendant le temps qu'on cherche,
03:34vous vous passez cette croisière, j'allais dire, normalement ?
03:37Relativement normalement, enfin, on est confronté à la mort,
03:40on sait qu'il y a eu un mort à bord,
03:41qu'il y a une deuxième personne qui est morte,
03:43et vraiment, personne ne s'y attendait,
03:45à ce que la veuve du premier décède,
03:48elle était, nous on a mangé avec elle,
03:50le lendemain de la mort de son mari,
03:52c'était quelqu'un de charmant,
03:53qui était en forme et tout,
03:54bon, 69 ans certes,
03:56mais personne ne s'attendait à ce qu'elle décède,
03:58donc c'est une vraie surprise.
04:00Maintenant, comment on l'expliquait ?
04:01On n'en sait rien,
04:01on n'est pas médecin d'une part,
04:03et d'autre part,
04:04elle ne présente aucun signe,
04:05quand elle quitte le bateau,
04:06qu'elle est mal.
04:07Et le troisième,
04:08le malade qu'on évacue,
04:09lui, on l'a fréquenté,
04:11on a vu qu'il n'était pas trop en forme,
04:13bon, là encore,
04:14qu'est-ce qui lui est arrivé ?
04:15On n'en sait rien.
04:16Et donc le 2 mai,
04:17on vous informe que là,
04:18pour le coup,
04:18on a découvert pourquoi ces gens-là étaient morts,
04:20et là, il se passe quoi ?
04:21D'abord, comment on vous informe,
04:22et qu'est-ce qui se passe sur ce bateau ?
04:24On nous informe officiellement,
04:25comme le premier décès,
04:27c'est le capitaine et le chef d'expédition,
04:29qui, lors d'une réunion de tout le monde,
04:32informe que la cause des problèmes à bord,
04:35parce qu'entre-temps,
04:36entre le 26 et le 2 mai,
04:38il y a quand même deux personnes qui sont parties,
04:40trois personnes qui sont parties à l'isolement,
04:41en plus,
04:42et donc on est informé que c'est l'antavirus,
04:44donc là, on se dit,
04:45ok, il y a un truc grave à bord,
04:48là encore,
04:50on encaisse,
04:50mais on n'est pas paniqué,
04:51parce que si c'était plus grave que ça,
04:54si c'était le Covid,
04:55si c'était, je ne sais quoi,
04:57la peste ou autre,
04:58ce n'est pas quelques personnes à bord
05:00qui auraient été contaminées et malades,
05:02ça aurait été la moitié du bateau,
05:03c'est une évidence.
05:04Donc, qu'est-ce qu'on fait tous ?
05:05Eh bien, on prend nos ordinateurs,
05:06et on regarde,
05:07et qu'est-ce que c'est que l'antavirus ?
05:08Et donc, quand vous consultez,
05:10vous vous dites quoi ?
05:10Vous êtes plutôt rassurés ?
05:11Oui, on est plutôt rassurés.
05:13On a plusieurs touristes à bord
05:14qui sont des médecins,
05:15d'un peu partout dans le monde,
05:16et tous disent,
05:18ça n'est normalement pas contagieux,
05:19ça n'est contagieux
05:20que dans des phénomènes exceptionnels,
05:22qui ont été...
05:22C'est un virus qui est très bien documenté
05:24depuis les années 90 en Argentine,
05:26on sait qu'il a cette particularité
05:28d'une possibilité de transmission interhumaine,
05:31mais qu'elle est extrêmement rare.
05:32Ce que vous nous décrivez aujourd'hui,
05:33avec un peu de recul,
05:34finalement, c'était communément partagé
05:36par l'ensemble des passagers ?
05:37Ben oui, le seul problème,
05:38c'est qu'il y avait un youtuber à bord
05:40qui a couiné et pleurniché,
05:41mais lui n'était absolument pas significatif
05:44des gens qui étaient à bord.
05:45Les gens qui étaient à bord,
05:46d'abord, la moyenne d'âge,
05:47c'était quand même plutôt 65 ans qu'autre chose,
05:50tout le monde avait vécu,
05:51tout le monde avait été confronté à la mort,
05:53tout le monde avait été confronté à l'adversité,
05:55et là, ça sert à quoi de paniquer ?
05:57Vous êtes sur un bateau en pleine mer,
05:58vous vous jetez à l'eau, vous faites quoi ?
05:59Donc plutôt le calme,
06:00mais entre le 2 et le 10 mai,
06:02où vous avez été débarqué,
06:03on s'en souvient,
06:04et notamment avec ces ambulances
06:05qui vous ont déposé chacun séparément
06:06à l'hôpital Bichat,
06:07vous étiez confiné sur ce bateau ?
06:09On est toujours confiné sur un bateau !
06:11Je veux dire, chacun dans une cabine,
06:12sans pouvoir partager plus de lieux de vie, etc. ?
06:15Non, non, non,
06:16c'était très réglementé,
06:18mais on a eu des normes OMS aussitôt,
06:20et ça a été le port du masque.
06:23De toute façon,
06:24on utilisait déjà depuis longtemps
06:26massivement les gels hydroalcooliques,
06:27puisqu'on savait quand même
06:28qu'il y avait la possibilité
06:29de quelque chose d'infectieux,
06:30et on nous a demandé
06:32de rester le plus possible dans nos cabines.
06:34On a pris des distanciations à table,
06:36et le bateau, à ce moment-là,
06:37comme des passagers étaient descendus
06:38à Sainte-Hélène,
06:39n'était plus qu'à moitié plein,
06:40donc on avait la possibilité
06:41de s'écarter à table,
06:42donc on enlevait les masques
06:43uniquement le temps des repas,
06:44et on enlevait les masques
06:46quand on était à l'extérieur.
06:47Et en dehors de ces normes-là,
06:48la vie a repris normalement.
06:50Beaucoup plus calme qu'on imaginait,
06:51nous on imaginait évidemment
06:52la panique généralisée.
06:54Depuis que vous êtes à l'hôpital,
06:55depuis le 10 mai,
06:56vous me disiez tout à l'heure,
06:57finalement les journées
06:58ne sont pas si longues que ça.
06:59Il n'y a pas un petit côté carcéral
07:06mais là encore,
07:08l'hôpital fait tout ce qu'il peut
07:09pour nous rendre la vie agréable,
07:10autant que faire se peut, bien sûr.
07:12On est content de pouvoir sortir
07:13une heure par jour,
07:14mais on reste quand même confiné
07:15dans une pièce,
07:1623 heures par jour,
07:177 jours sur 7 depuis un mois.
07:19Mais ce n'est pas la prison,
07:20il ne faut pas exagérer.
07:20Vous avez l'impression
07:21qu'on en fait trop
07:22ou pas vraiment ?
07:22Vous êtes assez serein
07:25et assez calme avec tout ça ?
07:27Confiné 42 jours,
07:29on est tout à fait d'accord,
07:29on l'a toujours été.
07:30Confiné dans ces conditions,
07:32non, il n'y a plus de logique à ça.
07:34On est les seuls au monde
07:35à être confiné dans ces conditions-là.
07:37C'est-à-dire que dans tous
07:38les pays européens,
07:39les gens qui étaient sur le bateau
07:40sont confinés à la maison
07:42depuis le départ.
07:43Ils ont fait 2 ou 3 jours
07:44à l'hôpital maximum.
07:46On a vérifié,
07:46enfin les médecins ont vérifié
07:47qu'ils n'étaient pas porteurs du virus.
07:49Ils sont rentrés chez eux.
07:50Et c'est ce qu'on nous a dit
07:51quand nous on est arrivés.
07:52Le ministre, très gentiment,
07:54nous a appelés en nous disant
07:55« Bon, vous serez 3 jours à l'hôpital
07:56et après vous serez confinés chez vous ».
07:58On n'a jamais discuté.
07:59Et vous voyez,
08:00on n'en parle que maintenant.
08:01Donc vous en parlez maintenant
08:02et vous vous êtes un peu résigné
08:03malgré tout
08:03puisque c'est la dernière ligne droite.
08:05Non, je ne dirais pas ça.
08:07Je pense qu'il y a une première chose
08:08qu'il faut vraiment comprendre.
08:09C'est pourquoi on est là.
08:11On est là parce que
08:12nous avons croisé un virus
08:14dont l'incubation,
08:16c'est-à-dire sans aucun symptôme,
08:17sans aucune trace,
08:18peut durer jusqu'à 42 jours.
08:20Sur le papier,
08:21à tout moment,
08:21on peut d'un seul coup
08:22avoir le virus qui sort.
08:24Le jour où le virus
08:26devient apparent dans le sang,
08:27on peut devenir contagieux.
08:28Pour l'instant,
08:29absolument personne en France
08:31depuis l'arrivée,
08:32excepté celle qui est arrivée
08:34déjà positive,
08:35personne n'est passé positif.
08:36Donc à partir de ces règles-là
08:38de base,
08:39le traitement qu'on subit
08:40est excessif
08:41et il l'est d'autant plus
08:42que ça n'a pas été pareil
08:43dans le reste de l'Europe.
08:44Et c'est pour ça d'ailleurs
08:45qu'on a décidé
08:46de tenter de saisir
08:48le juge des libertés
08:49avec notre avocat,
08:50Maître Alain Cornec,
08:51dans la mesure où,
08:52d'une part,
08:53les données scientifiques
08:54défendues par les médecins
08:55montrent que
08:56c'est tout à fait possible
08:57de faire notre confinement
08:58à domicile
08:59en toute sécurité.
09:00D'autre part,
09:01c'est prévu
09:02une réévaluation
09:03dans l'arrêté ministériel
09:05qui a demandé
09:05ces 42 jours
09:07parce que l'OMS,
09:08dès son avis premier,
09:09a dit qu'on pouvait
09:10faire une quarantaine
09:11à domicile
09:12et que d'ailleurs,
09:13c'est ce qui a été appliqué
09:14dans la grande majorité
09:15des pays.
09:16Il vous reste donc maintenant
09:17une grosse dizaine de jours.
09:18Vous les occupez comment
09:19vos journées pour terminer
09:20puisque finalement,
09:21c'est une question
09:21que je ne vous ai pas posée ?
09:22On s'occupe,
09:23je dirais,
09:24comme on s'occuperait
09:25globalement
09:26si on était à la maison.
09:27Roland a pris
09:28un très grand nombre
09:29de photos
09:29pendant cette croisière
09:30qui s'est déroulée normalement
09:31donc il a des photos
09:32à trier
09:33et quant à moi,
09:34il se trouve que je préside
09:35une association
09:36qui fournit des bourses
09:37de voyage pour les jeunes
09:38et je me suis beaucoup
09:39occupée d'elle
09:40pendant ce mois-ci
09:41donc c'est aussi
09:42une bonne chose.
09:42Pour terminer,
09:43le premier jour
09:44de liberté absolue
09:45quand vous sortirez,
09:46j'espère sain
09:46comme vous l'êtes
09:47aujourd'hui.
09:48Vous savez,
09:49quel sera votre premier
09:49moment de plaisir ?
09:50La première chose
09:51à laquelle moi je pense
09:52c'est d'aller serrer
09:53ma petite fille
09:53de 3 ans dans mes bras
09:54évidemment.
09:54On peut comprendre
09:55et vous Roland ?
09:56Ah bah pareil,
09:57soyons clairs,
09:58pareil.
09:58Un petit plaisir
09:59mais évidemment
10:00qu'on comprend.
10:01Un vrai plaisir
10:02des grands-parents.
10:04Absolument.
10:04On vous a entendu
10:05ce matin sur RTL.
10:06Merci à l'un et à l'autre
10:07et bonne fin de quarantaine
10:09d'isolement donc.
10:10Merci à vous.
10:11Merci à tous les deux.
10:12Bonne journée à tous.
10:12Bonne journée.
10:13Merci Marc-Olivier.
10:14On vous retrouve évidemment
10:15Merci.
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