- il y a 12 heures
À l'approche des 40 ans de la mort de Coluche, Michel Denisot raconte son ami dans le documentaire « Mon Coluche à moi », qui sera diffusé ce jeudi à 21h25 sur TMC. Ses souvenirs, son engagement, son héritage aujourd'hui... Il est l'invité de RTL Matin.
Regardez Face à Fogiel du 27 mai 2026.
Regardez Face à Fogiel du 27 mai 2026.
Catégorie
🗞
NewsTranscription
00:00RTL Matin, Thomas Soto
00:05Il est 8h18, l'interview de Marc-Olivier Fogel et vous recevez ce matin Michel Denizot,
00:0940 ans quasiment après la mort de son ami Coluche.
00:12Il a réalisé un documentaire, Mon Coluche à moi, documentaire qui sera diffusé demain soir sur TMC.
00:17Bonjour Michel Denizot.
00:18Bonjour Marc-Olivier Fogel.
00:19Coluche, vous dites depuis 40 ans, il me manque, ensemble on s'est amusé.
00:24Vous racontez tout ça dans un documentaire avec évidemment 7 archives.
00:27On en a encore la chair de poule en l'écoutant, 19 juin 1986, juste avant de prendre l'antenne.
00:33Vous apprenez la mort de votre ami, ça donne ça.
00:36Bonsoir à toutes et à tous, c'est donc un Zénith spécial que je vous présenterai avec Philippe Gildas et
00:40Maryse
00:40qui est venu me rejoindre ce soir, je pense qu'on ne sera pas trop de trois.
00:45Pardon.
00:46Mon Michel.
00:49Si aucun d'entre nous ne peut parler, on n'a aucune chance de continuer.
00:52Donc Coluche est mort.
00:54Alors je vous propose de revoir Coluche qui était donc à Zénith lundi dernier.
00:57Juste après sa participation au Stockard de Montléric.
01:01C'était qui Coluche pour vous, Michel Denisot ?
01:03C'était quelqu'un dont j'étais devenu proche dans les trois dernières années de sa vie.
01:06C'était quelqu'un qui était hors norme quasiment dans tous les domaines.
01:10Qui a laissé une trace dont on parle encore aujourd'hui.
01:13Évidemment d'abord avec les Restos du Coeur qui étaient au départ éphémères
01:17et qui existent et qui sont encore plus importants qu'ils ne l'étaient il y a 40 ans.
01:21C'est quelqu'un qui a eu une influence sur la vie, la vie des Français, sur la vie sociale,
01:27sur la vie politique,
01:28qui était indépendant, libre, qui faisait partie de rien,
01:33qui avait envie de redonner aux autres ce que la vie lui avait donné dans un deuxième temps
01:39alors qu'il avait eu une enfance un peu difficile.
01:41Et on en parle 40 ans après, c'est l'objet du documentaire.
01:44Pourquoi ? Parce que finalement, des artistes talentueux qui ont influencé l'époque,
01:48il y en a eu pas mal, aujourd'hui, il y a une forme aussi de nostalgie
01:51parce que cette époque n'est plus possible ?
01:53Oui, il y a à la fois l'époque qui est différente aujourd'hui
01:55puis il y a aussi l'influence qu'il a sur les artistes d'aujourd'hui
01:57comme on l'entend dans le documentaire avec Mickaël Youn, Jérémy Ferrari,
02:01Jérôme Commandeur,
02:03Soprano d'ailleurs, et d'autres.
02:04Qui a bénéficié des Restos du Coeur dans sa jeunesse et qui aujourd'hui...
02:07Oui, Soprano qui a bénéficié des Restos du Coeur
02:09et qui aujourd'hui rend ce qu'il a reçu en participant aux enfoirés.
02:14Donc oui, il a une influence aujourd'hui.
02:18C'est-à-dire qu'il n'y a pas de limite.
02:20Jérémy Ferrari est pareil, il n'y a pas de limite pour eux
02:23parce que Coluche l'a fait.
02:24Et donc Coluche a une influence forte encore aujourd'hui
02:27sur la génération des humoristes.
02:28Il n'y a pas de limite parce que Coluche l'a fait
02:30sauf que ce que faisait Coluche à l'époque,
02:33et on le comprend bien dans le documentaire,
02:35c'est impossible.
02:36L'époque ne le permet plus aujourd'hui.
02:38L'époque, elle a évolué.
02:39En bien pour beaucoup.
02:41Mais aussi, cette audace, c'est impossible.
02:43Notamment quand il se sketch sur le viol
02:46où il se met dans la peau d'un homme accusé de viol.
02:48Aujourd'hui, on dirait que c'est l'apologie du viol.
02:52Tout ça, on voit bien comment l'époque s'est corsettée d'une certaine manière.
02:55C'est toujours le problème entre le premier degré et le second degré.
02:58Les humoristes font du second degré
02:59et les gens peuvent l'écouter au premier degré.
03:01Ce que dit Jérémy Ferrari aussi,
03:03quand on fait un homophobe ou un xénophobe sur scène,
03:06c'est pour dénoncer l'homophobie et la xénophobie.
03:08Ce n'est pas parce qu'on l'est, évidemment.
03:10Mais évidemment, il y a toujours des gens qui peuvent le prendre comme ça.
03:12Mais à l'époque, par exemple,
03:14et vous utilisez cette archive,
03:17il y a une chanteuse Zaya qui est sur le plateau
03:20et en gros, elle a une forte poitrine.
03:22Il dit que c'est la fête de la Toussaint.
03:25Elle est très gênée malgré tout.
03:26Et lui, il y va.
03:27A l'époque, déjà, il franchit cette frontière-là.
03:31Et on la regarde avec les yeux d'aujourd'hui.
03:33Ça ne passe pas du tout.
03:34Non, ça ne passe pas du tout.
03:35Et c'est tant mieux.
03:36À cette époque-là, effectivement,
03:41la grivoiserie n'était pas...
03:45Je serais tenté de dire de mise, hélas.
03:47Mais bon, le documentaire n'est pas pour montrer
03:51que Coluche est un saint.
03:51Ce n'est pas une agéographie.
03:52C'est montrer aussi que c'est quelqu'un
03:54qui est excessif dans tous les domaines,
03:56dans le bien, comme dans quelques travers,
03:58comme vous venez de l'évoquer.
03:59Et les travers, vous les racontez,
04:00notamment la drogue, il va très loin dans la drogue.
04:02Oui, il est trop.
04:02Il va jusqu'à l'héroïne dans la drogue.
04:06Et quand on voit tout ça et qu'on vous connaît,
04:09c'est un peu le ying et le yong d'une certaine manière.
04:10Oui, écoutez, on peut être proche de quelqu'un.
04:14Oui, mais je pense que ça vous arrive peut-être aussi.
04:16On peut être proche de quelqu'un
04:17qui est très différent de vous,
04:18qui n'a pas du tout le même mode de vie.
04:19Et on avait quelque chose en commun.
04:21C'était qu'on avait un peu la même enfance.
04:23On en a parlé une fois pendant une minute,
04:25dont 30 secondes de silence.
04:26C'est-à-dire ?
04:27Comment ?
04:28C'est-à-dire ?
04:29On ne va pas laisser 30 secondes de silence sur le tel,
04:31mais les 30 secondes ont été changés.
04:33C'est-à-dire qu'on a perdu notre père très tôt,
04:35notre mère a galéré,
04:37on n'a rien foutu à l'école,
04:38il y avait ça en commun,
04:39on a fait des petits boulots
04:41et on a su ce qu'on voulait faire
04:43et on y arrivait après avoir pris des chemins de traverse.
04:47Mais c'est surtout, oui, c'est ça,
04:48la petite enfance et l'enfance.
04:49À un moment donné, j'en ai parlé avec lui
04:51et après, notre relation est devenue plus forte.
04:55C'est vous d'ailleurs qui avez été le chercher pour Canal+.
04:57Vous avez été envoyé par Pierre Lescure.
04:59D'un coup, vous vous spécialisez dans les voitures
05:00qui vont très vite.
05:03Est-ce qu'il fallait aller le chercher
05:04pour aller relancer, pour lancer Canal ?
05:06Canal était à la ramasse au bout de six mois.
05:09Les abonnements ne marchaient pas.
05:10Donc, on cherchait quelqu'un
05:11qui puisse amener de la lumière.
05:13Et donc, Coluche, à l'époque, était en plein boom.
05:15Et donc, je suis allé.
05:17Et au début, il ne voulait pas venir.
05:19Donc, son agent, Paul Lederman,
05:21nous a dit, si il est un affectif,
05:22si vous lui montrez, vous l'aimez,
05:23il peut changer d'avis.
05:24Et je suis mandaté pour ça.
05:25Il m'a vu arriver.
05:26Il savait pourquoi je venais.
05:27Je suis allé sur les Stock Car avec ma femme
05:28tous les week-ends.
05:29Et puis, on a fini par retransmettre du Stock Car.
05:31Et il est venu à Canal.
05:32Et il a beaucoup fait pour sortir Canal de l'ornière,
05:35à l'époque.
05:36L'élection présidentielle, 81, il se présente.
05:38Ça le dépasse.
05:39Il va jusqu'à 16%.
05:40On voit bien qu'à un moment donné,
05:41ça ne le fait plus du tout rire.
05:42Il recule.
05:43Aujourd'hui, il y a des tas de gens
05:44qui se revendiquent de Coluche.
05:45Sans langue de bois, Michel Denisot.
05:46Quand vous voyez, par exemple,
05:47Patrick Sébastien, aujourd'hui,
05:48dire qu'il est le nouveau Coluche.
05:50Il n'y a pas de nouveau Coluche.
05:51Il n'y a pas de nouveau Delon.
05:52Il n'y a pas de nouveau Platini.
05:54Il n'y a pas de nouveau Zidane.
05:56Mais est-ce que ce n'est pas une façon
05:58de récupérer un héritage
05:59de façon un peu too much ?
06:00Parce qu'il n'y a rien qui...
06:02Entre Patrick Sébastien et Coluche, franchement.
06:06Pour les héritages, il faut voir les notaires.
06:10Mais donc, non, il n'y a pas de nouveau Coluche.
06:13Bon, après, chacun peut s'inspirer de Coluche.
06:17D'autres le disent dans le documentaire
06:19sans dire qu'ils sont le nouveau Coluche.
06:20Ça n'existe pas, le nouveau ceci, le nouveau cela.
06:23Chaque personne est unique.
06:24Les grands talents sont exceptionnels.
06:25Ils n'ont pas d'équivalent,
06:26mais après, il y en a d'autres.
06:28Très différent.
06:29Très différent, oui, très différent.
06:31Sans langue de bois, Michel,
06:33aujourd'hui, Coluche,
06:34c'est tout ce que détesterait
06:35Vincent Bolloré à la tête de Canal+.
06:41Écoutez, c'est très difficile
06:42de transposer ce qui se passait
06:43il y a 41 ans, aujourd'hui.
06:44On voit très bien ce qu'est Coluche
06:46et ce qu'il dénonçait,
06:47et comment il se positionnait.
06:48Si Vincent Bolloré...
06:49Aujourd'hui, franchement,
06:52il n'aurait pas sa place
06:52sur le Canal+.
06:53qui était le vôtre
06:54et qui est aujourd'hui
06:55celui de Vincent Bolloré.
06:56Je vais faire une pirouette.
06:57Si Vincent Bolloré
06:58a Canal+, aujourd'hui,
06:59c'est parce que Coluche
06:59l'a sauvé en 85.
07:01Donc, il peut lui dire merci.
07:03Mais c'est une pirouette.
07:04Oui, c'est une pirouette.
07:05On est d'accord.
07:06Il n'aurait pas sa place
07:07sur le Canal+, d'aujourd'hui.
07:08D'ailleurs, ce documentaire
07:09qui s'appelle
07:10Mon Coluche à moi
07:11avec la typo de canal,
07:14il n'est pas sur ce canal-là
07:15d'aujourd'hui
07:15parce que ce n'est plus du tout
07:18le canal de l'époque.
07:19C'est autre chose.
07:19Oui, c'est autre chose.
07:20Vous revenez de Cannes
07:21où il y a eu
07:22cette fameuse pétition
07:24des artistes
07:25contre Vincent Bolloré
07:26sur le cinéma
07:27contre le danger
07:28que pourrait représenter
07:29l'emprise de Vincent Bolloré
07:32qualifiée d'extrême droite
07:33sur le cinéma.
07:34Est-ce que vous la craignez
07:34cette emprise ?
07:36Écoutez, c'est du conditionnel.
07:37Pour l'instant,
07:38ce qu'ont répondu
07:38les producteurs
07:39qui sont les premiers concernés
07:40par le financement des films,
07:42ce ne sont pas les acteurs
07:43qui sont concernés
07:43ni les autres professions
07:44tout à fait honorables.
07:45Mais les producteurs
07:46ne sont pas dans la pétition.
07:47Les producteurs savent
07:49que l'argent
07:49vient d'une partie du financement.
07:52Ce n'est pas tout
07:52le financement du cinéma non plus.
07:53C'est une part importante.
07:55Donc, aujourd'hui,
07:56il n'y a pas un exemple
08:00qui puisse justifier
08:01ce qui est dans la pétition.
08:04Non, mais ils craignent.
08:05La pétition est préventive.
08:07Ils voient bien
08:07ce qu'est Vincent Bolloré,
08:08ce qu'il a pu faire
08:09sur les médias.
08:10En tout cas, c'est ce qu'ils disent.
08:11Une espèce d'emprise idéologique
08:12sur les médias.
08:13Et ils craignent
08:13cette emprise idéologique
08:14sur le cinéma.
08:16Est-ce que vous,
08:17vous la craignez
08:17cette emprise idéologique
08:18ou pas du tout ?
08:19Écoutez, je ne suis pas
08:19dans le cinéma
08:20ni à Canal.
08:21J'étais licencié en 2004
08:23et donc, ça fait loin.
08:24Et donc, je ne suis pas
08:25dans le cinéma.
08:26Mais aujourd'hui,
08:28c'est préventif.
08:29C'est-à-dire qu'il n'y a
08:29pas d'exemple de ça.
08:30Donc, qu'on puisse le craindre,
08:32je peux éventuellement
08:33le comprendre, évidemment.
08:34Vous pouvez le comprendre.
08:35Oui, je peux le comprendre,
08:36mais ça aurait pu
08:37s'exprimer autrement
08:38de façon moins violente
08:38dans la mesure
08:39où ça n'existe pas.
08:40Et la réaction du patron de Canal,
08:42Maxime Saada,
08:42qui dit qu'en gros,
08:43tous les pétitionnaires
08:45n'ont plus leur place
08:46sur Canal
08:46et ils ne financeront plus
08:48leur film.
08:49Vous ne trouvez pas
08:50ça démesuré ?
08:51Je pense qu'il y aura
08:53peut-être une étape suivante,
08:55un retour à quelque chose
08:56de plus modéré,
08:58de compréhension
08:59et de plus pacifique
09:01d'une part et d'autre part.
09:03Il faut que ça soit
09:03des deux côtés
09:04qu'il y ait une médiation,
09:05bien sûr.
09:05Pour terminer,
09:06on ne peut pas vous parler
09:07de foot.
09:07Le match, samedi,
09:09il y avait dirigé
09:09le PSG Arsenal.
09:11Vous voyez ça comment ?
09:12Écoutez,
09:13quand on a dirigé un club,
09:15on sait qu'on ne sait pas.
09:16Quand on est à l'extérieur,
09:17on sait qu'on sait tout.
09:19Mais plus on dirige
09:20de clubs longtemps,
09:21plus on sait que c'est
09:22très pragmatique.
09:22La vérité du jour au lendemain,
09:24ça change.
09:25Et donc, évidemment,
09:25le PSG favori pour l'instant,
09:27tenant du titre.
09:28On ne sait jamais
09:28ce qui peut se passer
09:29dans un match.
09:30Voilà, donc je n'en sais rien.
09:32J'espère que le PSG
09:33va gagner.
09:34Vous serez au stade ?
09:35Pardon ?
09:36Vous serez au stade ?
09:36Non, je ne serai pas au stade.
09:37Je regarderai le match.
09:38Pourquoi vous n'êtes pas au stade ?
09:39Je suis invité,
09:40mais parce que j'ai une autre vie
09:41aussi de temps en temps.
09:42Je ne suis pas que ça
09:43dans la vie.
09:44Je suis grand-père.
09:46Et donc ?
09:47Je serai avec mon petit-fils,
09:49ma femme et tout,
09:49et on regardera ça ensemble.
09:51Très bien.
09:52Michel Denizot,
09:52merci.
09:53Mon couluche à moi
09:54donc demain sur TMC.
09:55Merci beaucoup.
09:56Et le match,
09:57c'est sur M6
09:58à 18h.
09:59Michel,
09:59c'est très bien.
10:01C'est bizarre comme horaire,
10:02non ?
10:02Oui,
10:03les grands événements
10:05sont plus forts
10:06que les horaires.
10:07Absolument.
10:07Ça sera donc à l'île.
Commentaires