- il y a 17 minutes
Il est banquier, millionnaire, patron de médias et réclame des mesures de taxation des ultra-riches... auxquelles il serait éligible. Comme les hommes d'affaires Vincent Bolloré ou Pierre-Edouard Stérin, il met ses finances au service de ses idées, mais pour faire gagner la gauche en 2027. Matthieu Pigasse, banquier d'affaires et fondateur du groupe de médias "Combat", est l'invité de Thomas Sotto dans RTL Matin.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Thomas Sotto du 10 juin 2026.
Regardez L'invité RTL de 7h40 avec Thomas Sotto du 10 juin 2026.
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00:0042. Thomas Soto, RTL Matin.
00:03Il est banquier d'affaires, il est aussi le fondateur et propriétaire du groupe Combat,
00:06qui possède notamment Radio Nova ou Les Inrocs, Mathieu Pigasse est l'invité d'RTL Matin.
00:10Bonjour et bienvenue sur RTL, Mathieu Pigasse.
00:12Bonjour et merci à vous.
00:13Qu'est-ce qui vous arrive à tous, vous, les patrons fortunés, là ?
00:17Écoutez, sur l'engagement qui est le nôtre.
00:19Regardez, il y a Vincent Bolloré, Pierre-Edouard Sterrin, ça c'est très à droite de l'échiquier,
00:23vous à gauche, on a l'impression que vous partez tous en croisade politique.
00:26Vous savez, moi l'engagement qui est le mien, il est en réalité très ancien.
00:29J'ai écrit quatre livres, publié de nombreuses tribunes depuis maintenant.
00:34Hélas, je dis hélas parce que le temps passe près de 20 ans,
00:37mais avec toujours une très grande constance et continuité, jamais de rupture,
00:41qui est, je parle de la constance et l'engagement qui est le mien,
00:44la lutte contre l'austérité, le refus des inégalités et le partage des richesses.
00:48Mais je voudrais dire une chose, Thomas Soto,
00:50le sentiment que vous pouvez avoir d'un engagement peut-être plus important
00:54qu'est le mien aujourd'hui, il s'explique.
00:57Alors la réalité de cet engagement, je vais le formuler autrement,
01:01il s'explique, je pense, par le moment de bascule qu'on est en train de vivre.
01:04Ce que j'ai appelé le chaos, c'est-à-dire évidemment le chaos du monde,
01:07la guerre, le changement climatique.
01:08On a vu les conséquences, les effets en France il y a quelques jours ou semaines,
01:13mais aussi un système capitaliste à bout de souffle,
01:15mais aussi un épuisement démocratique et un rassemblement national au port du pouvoir.
01:19Donc moi, je considère que s'engager, aujourd'hui,
01:22en effet, c'est une question de devoir et de responsabilité.
01:25Ce que vous venez de faire là, ça s'appelle une profession de foi en politique, non ?
01:28Vous êtes candidat, pourquoi c'est difficile de le dire ?
01:31Vous êtes quoi ? Vous êtes candidat, bientôt candidat, presque candidat,
01:34peut-être candidat, pas candidat du tout ?
01:36Vous êtes où sur l'échelle du...
01:37Alors, d'intensité ?
01:39Non, je vais vous dire, moi d'abord, j'observe
01:40la multiplication des candidatures à gauche
01:44et je me dis qu'en fait, on devrait organiser une élection présidentielle à trois tours
01:48avec un premier tour réservé à la gauche.
01:50Mais plus sérieusement, je vois ces candidatures se multiplier avec intérêt
01:55parce qu'elles témoignent pour moi d'une volonté d'engagement et de débat.
01:59Et je trouve ça positif.
02:00Et je trouve que chacune et chacun des candidats apporte son expérience,
02:06son regard, sa vision.
02:08Après ces 30 secondes de merveilleuse langue de bois,
02:10vous pouvez répondre à ma question ?
02:11Non, ça ne l'est pas, c'est de dire, c'est formidable d'avoir autant de diversité.
02:14Je continue.
02:15Je dis, la question aujourd'hui, ce n'est pas le casting,
02:18ce n'est pas qui est candidat.
02:20La question, c'est le projet, c'est la capacité.
02:22C'est les deux.
02:22C'est la capacité de la gauche, d'abord et avant tout,
02:25à proposer des solutions, à rassembler, avoir une ambition, un souffle.
02:28C'est donc la capacité de la gauche à rassembler autour d'une équipe d'un homme.
02:32Maintenant, je viens à votre question.
02:33Pour ce qui me concerne, moi je suis candidat à aider.
02:37Je ne vais pas ajouter une candidature dans un paysage qui est déjà fragmenté.
02:43Ça ne m'intéresse pas.
02:44Aujourd'hui, vous n'êtes pas candidat à la présidentielle, ce n'est pas votre projet.
02:47Aujourd'hui, non, je ne suis pas candidat.
02:49Ça n'est pas mon projet.
02:51Non, mais ça ne m'intéresse pas.
02:52L'aventure personnelle est quelque chose qui ne m'intéresse pas.
02:54Ce qui m'intéresse, Thomas Soto, et je pense que c'est très important,
02:57c'est de créer une dynamique collective.
02:59Vous voyez, je ne me lève pas le matin en me disant,
03:01tiens, comment est-ce que je pourrais devenir président de la République ?
03:03Vous l'avez dit, j'ai d'autres choses.
03:05Je me lève le matin en me disant...
03:06Vous mettez au service de celui ou de celui qui sera candidat.
03:07Exactement.
03:09Écoutez, si la solution doit passer par moi, j'y suis prêt.
03:12Si elle doit passer par quelqu'un d'autre,
03:13alors je mettrai toute mon énergie, toute l'énergie qui est la mienne,
03:17derrière cette personne, ce candidat ou cette candidate.
03:20Le problème, c'est que même à l'Astarac, il y a moins de candidats.
03:22Comment on va vous départager à gauche ?
03:23Que vous dites, si c'est moi, je le ferai, si c'est pas moi.
03:26Là, il y a Karim Bouamran hier qui a dit JV.
03:28C'est bien ou pas ? Ça vous va ou pas, ça, Karim Bouamran ?
03:30Comme je l'ai dit, moi, je salue toutes ces candidatures
03:33parce que chacun apporte son expérience.
03:36Karim Bouamran, que je connais bien et qui est un ami,
03:38c'est évidemment un très bon maire de Saint-Ouen.
03:40À nouveau, je le répète, et j'ai utilisé une image,
03:43c'est l'AF1, le pilote, c'est important,
03:45mais la voiture, ça compte encore plus.
03:47La voiture, c'est le projet.
03:49Donc la question, c'est de se réunir, de se rassembler
03:52et d'avoir un projet qui est bon.
03:54D'ailleurs, Thomas Soto, je pense que la clé,
03:57si la gauche veut gagner,
03:58c'est l'union de l'ensemble de ses composantes.
04:00Vous savez que c'est un leurre, ça.
04:01Vous savez que c'est un leurre.
04:02Vous voulez réunir la gauche de Glucksmann à Mélenchon ?
04:05Je veux rassembler le plus largement possible.
04:09Jean-Luc Mélenchon, il a choisi une trajectoire
04:11qui est une trajectoire personnelle, qui est la sienne.
04:14Moi, j'ai un discours...
04:15Vous, vous revendiquez une forme de radicalité ?
04:17Alors, attendez, il y a plein de questions.
04:19Il nous faudrait...
04:20Vous savez, l'étymologie de radical,
04:22c'est prendre le mal à la racine.
04:23Alors, si être radical, c'est prendre le mal à la racine,
04:26oui, je suis radical.
04:27Mais je vais vous dire une chose, Thomas Soto.
04:29La gauche, elle doit être unie, en effet,
04:31le plus largement possible.
04:32J'entends parler de gauche irréconciliable,
04:34c'est une expression que je ne comprends pas.
04:36Une expression qui, en fait,
04:39est utilisée par ceux qui veulent s'unir
04:40ou s'allier avec le centre et la droite.
04:42C'est pas les gauches irréconciliables.
04:43Écoutez ce que dit Jean-Luc Mélenchon,
04:45écoutez ce que dit Raphaël Glucksmann,
04:46et vous allez comprendre ce que c'est que la gauche irréconciliable.
04:48Moi, ce que je vous dis,
04:50vous savez, il n'y a pas deux nuances de gauche,
04:52il y a 50 nuances de gauche.
04:53Et ce qui nous rassemble est beaucoup plus fort
04:55que ce qui nous divise.
04:56La démocratie, la justice sociale,
04:58la lutte contre les inégalités,
05:00la lutte contre les discriminations,
05:01le partage des richesses.
05:03C'est là qu'est le combat.
05:04Et sur la radicalité,
05:05s'il y a une chose que je partage avec Jean-Luc Mélenchon,
05:08c'est le constat de la radicalité.
05:10Et on est là sur un sujet très important.
05:11Il faut entendre et comprendre
05:15le besoin de radicalité
05:16qui s'exprime dans la société.
05:18C'est pour moi absolument indispensable.
05:21Il résulte de l'explosion des inégalités,
05:23la difficulté de plus en plus grande
05:24à vivre dignement,
05:25d'un pouvoir d'achat qui est en recul.
05:27Et donc, il faut en tenir compte.
05:29Ça signifie quoi ?
05:29Ça signifie qu'il faut ce que j'appelle
05:31une gauche crue,
05:32crédible,
05:33radicale,
05:34dans sa compréhension de la société,
05:36unie et européenne.
05:38En fait, une gauche radicale de gouvernement.
05:40Mathieu Pigat, certains disent que vous êtes
05:41le Bolloré de Jean-Luc Mélenchon.
05:43Le soutien...
05:46Certains, pour ne pas les citer,
05:47c'est Franc-Tireur et personne d'autre.
05:50Moi, je ne suis ni Bolloré
05:52et certainement pas le Bolloré de personne.
05:55Le sujet avec Vincent Bolloré,
05:57c'est celui de la concentration,
05:59si vous voulez,
06:00pour venir à la bataille culturelle.
06:02Vous menez la bataille culturelle aussi ?
06:04Certains disent aussi que Radio Nova,
06:06dont vous êtes le propriétaire,
06:07est le CNews de gauche.
06:09Vous acceptez cette étiquette ou pas ?
06:11Non, pas du tout.
06:12Prenons les sujets les uns après les autres.
06:14D'abord, sur le sujet de la bataille culturelle,
06:17le cœur de cette bataille culturelle,
06:18c'est la concentration.
06:20Je vais citer, une fois n'est pas coutume,
06:22un homme politique de droite,
06:24qui est Jacques Toubon,
06:26qui dit que la concentration,
06:27c'est une menace pour la démocratie.
06:29Parce que la culture,
06:30c'est la diversité et le pluralisme.
06:31Le combat que je mène
06:33et que nous menons à Radio Nova,
06:34aux Inrecuptes Libres et dans nos festivals,
06:36c'est ce combat pour la diversité et l'ouverture.
06:39Alors oui, en effet, je l'assume.
06:41Vous n'avez pas l'impression
06:42de contribuer à cliver la société
06:43là où il faudrait essayer
06:44de rapprocher les gens,
06:45de les rassembler ?
06:46On peut faire le même reproche à CNews d'ailleurs,
06:47mais avec Nova,
06:48vous n'avez pas l'impression
06:49d'essayer de rassembler un camp
06:51plutôt que d'ouvrir à l'ensemble de la société ?
06:52Vous savez, j'étais le week-end dernier,
06:55je peux le citer maintenant,
06:56il est passé,
06:56festival de Will of Green,
06:58qui est un festival qui a rassemblé
07:00plus de 100 000 personnes,
07:01festival musical, pardon,
07:03de ce qu'on appelle les musiques actuelles,
07:05avec des concerts formidables.
07:06Je n'ai pas eu le sentiment de cliver,
07:07j'ai eu au contraire le sentiment
07:08de rassembler,
07:09mais c'est très important.
07:10100 000 personnes,
07:12toute génération,
07:13toute catégorie sociale confondue,
07:14un moment de joie.
07:16Et vous voyez,
07:17on a lancé il n'y a pas longtemps
07:19un journal contre l'extrême droite
07:21qui s'appelle Combat,
07:23le titre de l'éditorial,
07:24c'était
07:24La joie est une force politique.
07:25Et moi, si j'ai un message
07:26dans cette bataille culturelle,
07:28il est double,
07:28j'en ai deux d'ailleurs,
07:29c'est La joie est une force politique
07:32et tout est possible en réalité.
07:34Ce qui est curieux,
07:35c'est que votre combat politique
07:36est de gauche,
07:37mais que votre régie pub à Radio Nova
07:38est gérée par Lagardère,
07:40autrement dit par le groupe Bolloré.
07:41Et là, on ne comprend pas.
07:42On se dit quoi ?
07:43L'argent n'a pas d'odeur,
07:44l'argent ne fait pas de politique.
07:45Quelle est cette espèce d'alliance
07:46curieuse de business
07:47entre Bolloré et Pigasse ?
07:49Il n'y a aucune alliance
07:50et c'est un faux débat.
07:51Vous savez, ce n'est qu'un moyen.
07:52C'est exactement comme reproché
07:54à l'humanité,
07:55à la libération ou au monde
07:56d'être vendu dans des relais
07:58qui appartiennent à Vincent Bolloré.
08:00Est-ce que vous pensez
08:00une seconde sérieusement,
08:02Thomas Soto,
08:03que Vincent Bolloré intervient
08:04sur la ligne éditoriale
08:06de l'humanité,
08:07libération ou le monde ?
08:08Non, j'ai assez peu de doute là-dessus.
08:10Voilà.
08:10Oui, mais en termes de principe,
08:11si vous écoutez Radio Nova,
08:14vous aurez...
08:14J'essaie d'écouter RT.
08:15Vous pouvez me donner ce point.
08:16Ne m'en veuillez pas.
08:17Vous pouvez écouter Radio Nova
08:18sur le digital.
08:19Et vous verrez
08:20qu'il n'y a absolument
08:21aucune interférence.
08:22Tant s'en faut d'aucune sorte.
08:24Je vois que je fais même
08:24sourire dans le studio.
08:25Parmi les reproches
08:26qui vous ont faits,
08:26Raphaël Guzman vous reproche
08:27d'être le banquier.
08:29Raphaël Guzman qui est de gauche
08:30comme vous,
08:31d'être le banquier
08:31qui restructure la dette
08:32du Venezuela pour Donald Trump.
08:34C'est vrai.
08:35Qui vous paye pour ça ?
08:36C'est un raccourci
08:37que je qualifierais
08:38de saisissants.
08:39C'est faux.
08:40Il y a une autre
08:42personnalité politique
08:43qui l'a faite.
08:43D'ailleurs,
08:43il y a une seule autre
08:44qui est Marine Le Pen.
08:46Non, moi,
08:46ce que je fais,
08:47mon métier,
08:48c'est d'aider des États
08:49et des pays
08:50en situation de détresse financière
08:52qui sont asphyxiés
08:52par la dette.
08:53Mon seul client,
08:54c'est le Venezuela.
08:55Et précisément d'ailleurs,
08:56je lutte dans cette mission
08:58de restructuration de la dette
08:59contre les institutions financières
09:01et les banques.
09:02Le plus souvent...
09:03Maduro avec Chavez ?
09:04Oui, bien sûr.
09:05J'ai une expérience ancienne
09:07au Venezuela.
09:08Ce n'est pas des grands démocrates.
09:09Ce n'est pas des grands démocrates.
09:10Mon frère de Chavez
09:11a été élu dans des élections
09:13qui étaient reconnues.
09:14Mais donc,
09:15pour revenir à votre question,
09:16non,
09:16l'objectif,
09:17c'est d'effacer la dette
09:18exactement comme pour un ménage
09:20sur endetté,
09:20si vous voulez.
09:21Donc,
09:21c'est un business
09:22comme un autre.
09:22Non,
09:23au contraire,
09:24c'est permettre
09:25à une population
09:26asphyxiée par la dette
09:27et seuls,
09:28si vous voulez,
09:29les pauvres payent la dette
09:31de retrouver le chemin
09:31de la croissance.
09:32Dernière question.
09:33C'est une belle mission.
09:34Vous pensez que les Français
09:35qui ont déjà élu
09:36un banquier d'affaires
09:36en 2017
09:37et qui n'en sont pas très contents
09:38pourraient en choisir
09:39un deuxième l'an prochain ?
09:40Je vous ai entendu tout à l'heure
09:41dire que je n'avais pas
09:41beaucoup de points communs
09:42avec Emmanuel Macron
09:43si c'est lui que vous visez.
09:45Moi,
09:45je vais répondre
09:46de la manière suivante.
09:46D'abord,
09:47ce n'est pas une insulte
09:48que d'être banquier,
09:48je pense ici.
09:49Et puis surtout,
09:50j'ai une compétence financière
09:51que je souhaite en effet
09:52mettre au service
09:52de l'intérêt général
09:53et de tous.
09:54Merci beaucoup,
09:55Mathieu Pigaz
09:55d'être venu sur RTL ce matin.
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