Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 3 heures
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00On continue d'évoquer ici en plateau sur BFMTV les conséquences, l'onde de choc après la mort, le meurtre
00:07de la petite Liana.
00:08On a entendu il y a quelques minutes l'avocat de la famille dire que les moyens qu'on accorde
00:13à la justice c'est le vrai cœur du problème.
00:15Et tout à l'heure on a entendu un autre son de cloche qu'on va évoquer maintenant en direct
00:20avec Adélaïde Malaveau et les places du Capitole à Toulouse
00:23parce qu'on a entendu l'avocat de la mère de Rosa, cette petite fille dont la plainte n'a
00:29pas été prise en compte, fustiger les enquêteurs et les enquêteurs paresseux.
00:36Oui et ce qui transparaît de cette prise de la parole c'est avant tout la culpabilité de la part
00:41de la mère de famille.
00:42Je vais vous la citer, c'est très dur pour moi d'être là.
00:44Je me dis que si je n'avais pas déménagé ça aurait pu être ma fille.
00:47J'ai la culpabilité de ne pas avoir assez fait, de ne pas avoir été à la hauteur en tant
00:52que mère, en tant que victime.
00:54Avec son avocat, vous l'avez dit, ils ont souligné des alertes qui ont été données depuis des années
00:58et cette volonté de renverser la table face à une justice dysfonctionnelle.
01:02Écoutez.
01:05J'aimerais aussi dénoncer une autre réalité que je vois au quotidien, celle de magistrats qui travaillent quatre fois moins
01:10que leurs collègues,
01:11celles d'enquêteurs paresseux, des vrais fainéants, qui sont aussi à l'origine de ce drame humain
01:18et qui ont évidemment, quand je vous entends ce qui a été dit, notamment le fait que alors qu'elle
01:22appelait chaque semaine les enquêteurs
01:24pour savoir quand M. Barrella allait être interpellé, qu'on lui dit arrêtez, vous nous harcelez, on va déposer plainte
01:29contre vous,
01:30eh bien il y a des fautes humaines derrière ce drame.
01:32Il y a des gens qui sont des fonctionnaires, des enquêteurs et des magistrats qui sont totalement désinvestis,
01:38partisans du moindre effort et ça aussi ça doit être dénoncé.
01:41Pour rappel, la première plainte pour viol de la petite Rosa date d'août 2025.
01:46La jeune fille avait alors subi une batterie de tests, d'examens psychologiques, gynécologiques.
01:51La mère de famille a ce matin expliqué qu'elle voulait de la justice pour les enfants, ils doivent être
01:55protégés.
01:56Je veux que mes enfants soient protégés.
01:58L'avocat Maître de Buisson a quant à lui ajouté que dans son cabinet, à son échelle,
02:02il avait une dizaine de dossiers de viol qui n'avaient pas encore été traités.
02:06Vous l'avez entendu, il a fustigé des magistrats paresseux qui ne faisaient pas leur travail.
02:10Il a ensuite expliqué qu'il fallait rénover la justice pour que tout cela change.
02:15Laïm à la voix avec Nassim Gomery en direct de Toulouse pour BFM TV.
02:19Maître, ce qui est intéressant quand même dans ce que dit l'avocat, c'est qu'effectivement,
02:23à la fois on fait des analyses sur la petite Rosa, on s'aperçoit qu'il y a des lésions
02:27vaginales, anales, observées sur son corps.
02:30On parle peut-être de plusieurs viols commis par Jérôme Barrella qui, rappelons-le, est présumé innocent et en détention
02:37provisoire.
02:37Il ne se passe rien.
02:39Et on a un gendarme qui reproche à la maire de Rosa d'appeler trop souvent.
02:44Ensuite, il y a ses parquets qui mettent du temps à se décider, qui doit faire l'enquête.
02:50On a envie de lui donner un peu raison en disant, est-ce qu'on travaille assez dans ces endroits
02:56?
02:57Moi, je ne suis pas de là-bas, mais vous avez un avocat, et c'est ce que j'ai
02:59dit de la part de mon autre confrère tout à l'heure,
03:01qui visiblement est de Toulouse, qui connaît bien le barreau, qui doit être au contact,
03:05tout comme son autre confrère de policier, de gendarme, de magistrat, de greffier,
03:09et qui vient vous dire, il y a aussi des feignants.
03:11On n'a pas de raison de ne pas le croire.
03:12Il faut l'entendre aussi, cette parole.
03:14Je pense qu'à un moment donné, quand même, et je le dis vraiment en tant qu'avocat...
03:16Le gendarme ne peut pas répondre ça.
03:19à la mère d'une petite fille qui a été violée, quand même.
03:23Enfin, c'est...
03:27On a une maman qui vient de vous dire, ça arrive.
03:29Je veux dire, il n'y a pas de raison de ne pas la croire.
03:30Ce gendarme est toujours en poste aujourd'hui ?
03:31Je ne sais pas, mais s'il est toujours en poste, il va falloir...
03:33Mais surtout qu'il y a les expertises.
03:35Alors, c'est ça qui est incroyable.
03:36C'est qu'on sait très rapidement que cette petite fille a été violée.
03:40Il y a un médecin qui vient nous dire que les lésions constatées correspondent au fait dénoncé.
03:46Voilà. Donc, ce qui est certain, c'est que cette petite a été violée.
03:48Elle n'était pas assistée d'un avocat.
03:49C'est peut-être son tort.
03:52Voilà. Elle a essayé seule, avec les expertises.
03:56Elle a bien fait, cette maman.
03:58Elle est allée au conseil, à la gendarmerie du coin.
04:00Elle est allée déposer plainte.
04:01On a pris sa plainte.
04:02Elle a bien fait, mais elle n'a pas été entendue.
04:04C'est l'après qui pose problème.
04:05Mais ça, je suis désolée.
04:06Pardon, mais on parle beaucoup de M. Darmanin.
04:08Mais Laurent Nunez, c'est le ministre de ces gendarmes ?
04:11Est-ce qu'il nous a donné une explication ?
04:13Non ?
04:14Il est beaucoup plus prudent.
04:15À décharge, on va quand même...
04:16Il a parlé tout à l'heure.
04:18Il a expliqué qu'ils avaient remonté des appels
04:20de cette maman, de la maman de Rosa,
04:24vers les brigades de gendarmerie.
04:26Qui ne s'exprime pas très bien en français.
04:27C'est peut-être un élément qui a joué en sa défaveur, aussi.
04:30Ce n'est pas une raison pour la recevoir mal.
04:32Bien sûr, vous avez raison.
04:34Et le ministre explique ensuite
04:36que les appels vers la brigade ont été remontés,
04:39mais que certains jours, la brigade est indisponible.
04:41Donc les appels sont redirigés vers le COJ.
04:44C'est le centre opérationnel de la gendarmerie
04:46qui est un autre endroit dans le département.
04:48Ces appels-là ne sont pas encore retracés.
04:50Il faut les vérifier.
04:52Donc c'est peut-être un jour où cette dame avait appelé le COJ
04:54qu'on lui a répondu ça.
04:55Mais je ne vois pas pourquoi cette dame inventerait un truc pareil.
04:58Elle n'a aucune raison de l'inventer.
05:00Et on sait quand même qu'une femme qui se présente avec vous,
05:03mettre dans un commissariat ou un service de gendarmerie
05:06qui vient avec son avocate pour déposer les plaintes,
05:08je peux vous dire qu'on ne va pas la recevoir comme ça.
05:09Donc on est mieux traité lorsqu'on arrive avec un avocat ?
05:11Alors, évidemment.
05:12Si je peux me permettre, là, c'est l'après qui pose problème.
05:14Cette maman, elle fait ce qu'elle a à faire pour protéger son enfant.
05:17Sa fille lui parle.
05:18Elle culpabilise, vous l'avez vu.
05:19C'est terrible.
05:20Elle va à la gendarmerie ou au commissariat de police.
05:22Elle dépose plainte.
05:23Elle fait ce qu'il y a à faire.
05:24Le problème, c'est l'après.
05:25Après, je ne sais pas si ça aurait changé les choses,
05:27si au moment de la plainte, elle avait été un avocat ou pas.
05:29Mais le truc, c'est après, pourquoi on ne répond pas
05:32et pourquoi il ne se passe rien ?
05:33Et pourquoi à cette maman, on ne lui dit ne serait-ce que
05:36la plainte a été transmise au parquet pour compétence ?
05:39Surtout, il y a aussi une autre question, c'est que cet homme a déjà été impliqué
05:43dans d'autres affaires.
05:44Alors certes, tout a été classé sans suite, mais il est inscrit otage.
05:48Donc, son nom apparaît quelque part.
05:50Il a des antécédents judiciaires.
05:52Donc, il suffit de consulter, de se dire, tiens,
05:54ce n'est quand même pas la première fois que son nom apparaît.
05:56Ce qui est incroyable.
05:57Dans des affaires d'agression sexuelle.
05:59Je le dis, les policiers et les gendarmes savent très bien se connecter otage.
06:02Et je le dis vraiment sans aucun problème.
06:04Ils savent très bien se connecter otage pour avoir des informations
06:06Ça prend du temps, c'est lent.
06:07Sur n'importe qui, et il y a des problèmes avec l'IGPN
06:10parce qu'effectivement, il y a un certain nombre de policiers
06:11parfois qui se connectent otage alors qu'ils n'ont pas le droit de le faire.
06:14Attention, on ne peut pas légalement se connecter otage
06:17pour savoir si le locataire qu'on va prendre a une mention.
06:21Voilà, donc, il faut que ça intervienne dans le cadre d'une procédure.
06:25Là, ce qui est incroyable, effectivement, je ne sais pas si ça a été fait,
06:28mais visiblement, ça ne l'a pas été.
06:29Sinon, peut-être que ce gendarme, je l'espère, se serait dit
06:32oulala, parmi les urgences, celle-là est peut-être encore plus urgente
06:36parce qu'il a des mentions otages.
06:38Florence Héroin-Léauté nous a rejoint, députée socialiste de la Seine-Maritime.
06:41Vous êtes secrétaire de la commission d'enquête sur les violences sexuelles incestueuses.
06:44Quand vous entendez tout ça, quelle est votre réaction ?
06:48Que vous dire ?
06:49Que vous dire que nous n'ayons déjà découvert
06:51dans les commissions d'enquête successives qui se sont tenues,
06:54dans les missions d'information, dans les travaux de la civisme,
06:57dans les travaux des associations.
06:59Les parlementaires, les professionnels, les associations savent tout ça.
07:04C'est bien pour ça qu'une proposition de loi intégrale a été déposée à l'automne dernier.
07:08Parce que c'est le fruit de tous ces travaux qui ont précédé ce drame de l'IANA.
07:14Et donc, le constat, c'est qu'à chaque fois qu'on a eu connu un drame dans notre pays,
07:21ces dernières années, on a produit une petite proposition de loi avec une mesurette.
07:26force est de constater que ça ne produit pas d'effet.
07:28Donc ce n'est pas un problème de loi supplémentaire ?
07:31Chaque mesure est importante.
07:32C'est important quand on a voté pour que, quand les agresseurs sortent de prison,
07:37que la victime soit informée, qu'elle puisse avoir un téléphone grave danger,
07:40qu'elle puisse être protégée et informée.
07:43Et que cet ado, Yanis, probablement si ce protocole avait été mis en place,
07:48ne se serait pas suicidé.
07:49Bien sûr que ça, c'est important.
07:51Ça ne suffit pas à couvrir, depuis la prévention jusqu'à la formation,
07:56jusqu'à la prise en charge, au déroulement de l'enquête, au traitement judiciaire.
08:00C'est quoi ? C'est une question de moyens humains, de moyens financiers ?
08:02Mais bien sûr qu'il y a des moyens qui font défaut.
08:05Humains et financiers ?
08:05Humains, financiers, de formation et de compréhension de ce dont on parle.
08:11Toutes ces mamans qui se présentent avec leurs enfants,
08:14qui ont cru la parole de leurs enfants,
08:16qui ne sont pas écoutés,
08:18pour lesquels, derrière, l'enquête ne se déclenche pas,
08:21pour lesquels, derrière, il n'y a pas d'instruction.
08:243% seulement des faits signalés aboutissent à une plainte.
08:28Et donc, il faut qu'on le mette, un, en priorité absolue.
08:32Deux, vous savez quel est le pourcentage des enquêteurs,
08:35des commissariats de police et des gendarmeries
08:38qui sont formés au protocole NICH,
08:40qui est ce protocole qui accompagne les auditions dans la salle Mélanie.
08:44La salle Mélanie, c'est ces salles dans lesquelles on auditionne les petits mineurs
08:49avec un protocole qui a pour objectif de ne pas polluer sa parole
08:53et d'avoir une valeur probante de ce qui va être recueilli.
08:581% de nos gendarmes et policiers sont formés à la méthode NICH.
09:03C'est un problème.
09:04Vous avez entendu Sébastien Lecornu cet après-midi à l'Assemblée
09:06qui s'est engagé pour les crimes contre les enfants,
09:10que les actes d'enquête soient effectués dans un délai maximal de 3 mois.
09:14Il veut l'inscrire dans la loi, une loi qui serait débattue à partir de juillet.
09:17Alors, on a effectivement dans la proposition de loi intégrale
09:21cette proposition d'avoir un protocole d'enquête.
09:24Mais là, les protocoles, c'est bien, on en décide.
09:25Avec un délai imparti.
09:26Oui, mais derrière, s'il n'y a pas des moyens, c'est pas rien.
09:29Mais bien sûr qu'il faut des moyens.
09:30Depuis 10 ans, le nombre de plaintes a multiplié.
09:32J'imagine, vous l'avez dit, à multiples reprises sur votre plateau.
09:34Multiplié par 3, le nombre de plaintes.
09:37Bon, les moyens n'ont pas été multipliés par 3.
09:41On est toujours à la traîne.
09:42On a 4 fois moins de procureurs.
09:44Il y a des pays comme l'Espagne qui sont assez en avance là-dessus
09:47et qui ont mis beaucoup d'argent.
09:48L'Allemagne a un budget sur la justice 2 fois plus important que le nôtre.
09:53Comment vous expliquez ça que, historiquement, en France,
09:56on consacre moins d'argent que nos voisins à la justice ?
09:59Même s'il faut le reconnaître, il y a eu un rattrapage
10:00sous la présidence d'Emmanuel Macron.
10:02Alors, vous me permettrez d'avoir une piste.
10:03Désolée de vous le dire, mais peut-être un rattrapage aussi
10:06parce qu'avant, la gauche qui était au pouvoir ne l'avait pas fait.
10:08Alors, on a su créer un parquet spécialisé sur le terrorisme.
10:11Et d'ailleurs, on s'est interpellé et appréhendé
10:14tous les suspects du terrorisme pour qu'ils ne passent pas à l'acte.
10:17On ne le fait pas sur la pédocriminalité.
10:20Je pense qu'on a une piste parce qu'il y a des choses qu'on sait faire.
10:23Et donc là, on a mis des moyens sous François Hollande.
10:26Alors, depuis Macron, il y a eu 3 milliards d'euros d'augmentation.
10:29C'est précisément ce que demande la proposition de loi intégrale.
10:333 milliards d'euros sur la table, maintenant, pas en 10 ans,
10:36maintenant, pour renverser la tendance, pour envrayer cette mécanique de là.
10:38Sauf qu'il y a beaucoup de priorités dans la justice.
10:40Il y a la lutte contre le narcotrafic.
10:42Mais c'est pour ça qu'il ne faut pas le faire à la place.
10:43Quand le ministre Darmanin dit, là, jusqu'au 14 juillet,
10:47ils vont instruire les 70 000 de rendement.
10:49Regardez, on a créé un parquet national financier.
10:51Qu'est-ce qu'on arrête de faire ?
10:52On a créé un parquet national financier où notre autorité
10:54sur le contrôle de la vie publique
10:56avant de s'intéresser aux violences faites aux femmes et aux enfants,
10:59de les donner en priorité. Pourquoi ?
11:00Pourquoi ?
11:01Parce qu'il y a eu une affaire de Cahuzac, il fallait ré.
11:04Par qui est-on dirigé ?
11:05Par les femmes et les enfants ?
11:06Non.
11:06Par des hommes ?
11:07Oui, monsieur.
11:07Qui ont une volonté de ne pas agir.
11:10Ce ne sont pas seulement que des hommes.
11:11Ce sont des hommes qui ne veulent pas agir.
11:13Parce qu'il y a des hommes qui veulent bien.
11:15Mais ils ne sont pas au gouvernement.
11:16Si c'était des femmes au pouvoir, ce serait allé plus vite, vous pensez ?
11:18Si elles veulent, oui.
11:19Si elles veulent, mais il faut de la volonté.
11:21Il faut du courage et de la volonté politique.
11:23Madame Taubira a été garde des sceaux, Madame Belloubet a été garde des sceaux,
11:26et 70% des magistrats sont des femmes.
11:29Vous avez vu les arbitrages qu'a pu perdre de manière successive la ministre Aurore Berger ?
11:35Ce n'est pas parce qu'elle est au gouvernement qu'elle gagne ?
11:37Parce que ce sont des hommes qui lui disent non.
11:39Ah, c'est quoi votre déduction ?
11:41Non, mais ils lui disent non.
11:43Pourquoi ?
11:44Il faut du courage, il faut de la volonté.
11:46Non, mais attendez, vous avez des hommes autour de cette table,
11:49qui sont aussi pères de famille, et pour qui c'est une priorité.
11:52Pourquoi cela ? Les politiques disent non, alors.
11:54Parce que ce n'est pas une priorité pour eux.
11:56Mais pourquoi ce n'est pas une priorité ?
11:57Quand le ministre Darmanin dit qu'ils n'ont pas fait ce que je leur ai demandé dans ma circulaire,
12:02parce que je l'avais posé en priorité absolue.
12:05Deux lignes, deux lignes, deux lignes, deux lignes, dans une circulaire,
12:10deux lignes, dans une circulaire de cinq pages.
12:13Vous avez une circulaire de cinq pages, et au milieu, vous avez deux lignes sur la priorité
12:20à donner aux violences commises sur les mineurs.
12:23Ce n'est pas une priorité absolue.
12:24Oui, mais là, j'ai du mal à vous suivre, pardon, sur la dénonciation du patriarcat sur ça,
12:27parce que je ne pense pas que les hommes soient moins insensibles que les femmes sur cette affaire,
12:32et la procureure d'oche est une femme, les magistrates sont essentiellement des femmes aujourd'hui.
12:37Bien sûr que si.
12:38Alors pourquoi ?
12:39Ça aurait bougé depuis tout ce temps.
12:41Donc l'explication, c'est uniquement parce que c'est Emmanuel Macron et pas une femme à l'Élysée ?
12:44Prioritairement, oui.
12:45Parce qu'il n'y a pas...
12:47C'est un procès d'attention.
12:49C'est une réalité.
12:50Donc Marine Le Pen à l'Élysée, ça serait mieux ?
12:52Non.
12:53Ah bah c'est une...
12:54Mais non, mais je vais dans votre logique, Eva.
12:57Elle a toujours voté contre les femmes.
12:59Elle a toujours voté contre les femmes.
13:00On a ça de liste de tous les votes qu'elle a fait contre.
13:06Non, bien évidemment que le patriarcat, tel qu'il est vécu par notre gouvernement,
13:11par nos gouvernements successifs, n'en ont rien à battre des femmes.
13:15Sinon, ils auraient déjà mis de l'argent.
13:17Sinon, ils auraient déjà...
13:18Mais le sort des enfants n'est pas seulement une question de sexe.
13:22C'est pas forcément que les femmes qui...
13:23Non, mais voyez bien que si, puisque ça n'a pas été fait.
13:26Mais c'est une démonstration par l'absurde que vous faites.
13:27Par l'absurde, par la réalité.
13:29Moi, je vais vous dire, dans la commission d'enquête inceste,
13:31dans la commission d'enquête sur l'inceste parental,
13:35dans la majorité, et la très grande majorité des cas,
13:37ce sont des hommes qui portent atteinte sexuellement aux enfants,
13:44et dans le cercle familial,
13:45parce qu'on parle là des violences faites aux enfants,
13:47mais 80% ont lieu dans le cercle familial.
13:50Ne l'oublions jamais.
13:51Moi, j'ai vu des hommes très mobilisés.
13:54Je ne veux pas nous opposer les uns les autres,
13:56ce n'est pas mon propos.
13:57Mais on est dans quelque chose de séculaire.
14:00Je suis désolée, c'est quelque chose de séculaire.
14:02C'est quelque chose qui remonte au Moyen-Âge,
14:04que cette atteinte aux enfants.
14:05C'est la perception qu'a la société adulte
14:08de ce qu'est un enfant,
14:09de ce dont il a besoin,
14:11et au titre de ses besoins fondamentaux,
14:13pour qu'il puisse grandir, s'épanouir,
14:15ce que chaque parent veut.
14:17Le point cardinal,
14:18non, non, mais je veux le dire,
14:19c'est la sécurité.
14:21Et la sécurité,
14:22elle ne peut pas souffrir
14:23de ces délais d'instruction,
14:25de ces délais d'enquête,
14:26de cette poussière mise sous le tapis,
14:28et de ces dossiers qui traînent
14:3070 000 dans nos territoires.
14:34Donc, il y a un renversement à faire.
14:36C'est ça qu'appelle la proposition de loi intégrale.
14:39Vous êtes député,
14:39on va aller à l'Assemblée nationale
14:40retrouver notre journaliste,
14:42Edgar Becquiez,
14:43parce qu'il y a eu une passe d'armes politique
14:45entre le Premier ministre Sébastien Lecornu
14:48et Marine Le Pen.
14:50Séance de questions au gouvernement
14:51extrêmement houleuse
14:53et exclusivement consacrée
14:54à l'affaire Liana.
14:5612 questions sur 17 sur 7 affaires,
14:58c'est extrêmement rare.
14:59C'est surtout Gérald Darmanin,
15:01le ministre de la Justice,
15:02qui a répondu aux députés,
15:03mais le chef du gouvernement
15:04s'est lui aussi exprimé.
15:06Il a répondu à une question
15:07posée par Marine Le Pen,
15:09la présidente du groupe RN
15:10à l'Assemblée nationale,
15:11qui dit que Liana a été sacrifiée
15:15sur l'autel de la nonchalance.
15:18Les mots sont très forts.
15:19Sébastien Lecornu lui a répondu
15:20et dans sa réponse,
15:21le Premier ministre
15:23a formulé plusieurs propositions,
15:25des propositions qui seront intégrées
15:27au projet de loi
15:28sur la protection de l'enfance,
15:29comme l'alourdissement des peines
15:31pour les violeurs en série.
15:33Je vous propose justement
15:33de revivre cet échange
15:35entre Marine Le Pen
15:36et Sébastien Lecornu.
15:37Le chagrin du peuple français,
15:39en écho à celui de sa famille
15:41et de ses proches,
15:42à l'annonce de la mort
15:44de Liana, 11 ans,
15:45assassinée par un homme
15:46déjà connu comme pédophile,
15:48un prédateur identifié,
15:49mais jamais interpellé,
15:51jamais neutralisé,
15:53a laissé place à la colère
15:54et à les justifiés.
15:56Cette petite fille
15:57a été sacrifiée
15:58sur le tête de la nonchalance
15:59d'un État
15:59dont l'appareil judiciaire a failli.
16:02Nous devons la vérité
16:03au peuple français
16:04sur ce qui s'est passé
16:05dans cette affaire.
16:07Et donc c'est le sens
16:08de la saisine
16:08des inspections,
16:10Éducation nationale,
16:11justice,
16:12intérieure,
16:13qui devra,
16:14il faut bien le reconnaître,
16:15expliquer l'inexplicable
16:17et rendre compréhensible
16:18ce qui semble incompréhensible.
16:19Voilà le chef du gouvernement
16:21qui évoque aussi une date,
16:22le 19 juin.
16:23C'est le jour
16:24où les inspecteurs généraux
16:25rendront leurs conclusions
16:27sur les défaillances
16:28qui ont eu lieu
16:29dans l'affaire Liana,
16:30des conclusions
16:31qui seront rendues publiques.
16:32Merci.
16:32Merci.
Commentaires

Recommandations