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Avec Yannis Ezziadi, comédien, co-auteur de "Allée de la reine Marguerite" éd. Cherche-midi / Stella Rocha, comédienne, ancienne prostituée, co-auteur de "Allée de la reine Marguerite" éd. Cherche-midi


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##LE_FACE_A_FACE-2026-06-09##

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Transcription
00:00Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, le face-à-face.
00:06Vous êtes bien sur Sud Radio, il est 13h04, la France dans tous ses états.
00:14Là c'est un état très particulier parce que je reçois deux personnalités inhabituelles
00:18par rapport aux sources d'informations, aux thèmes d'informations que nous partageons sur cette antenne,
00:24mais un sujet très important qui vous tient au cœur, au corps et à l'âme.
00:30L'ouvrage, je donne le là, s'appelle Allée de la Reine Marguerite.
00:33Non, ce n'est pas l'allée du roi de François Chandernagor racontant les amours de Madame de Maintenon et
00:38de Louis XIV,
00:39mais c'est la vie de Stella Rocha, qui est une jeune Brésilienne, transgenre,
00:46qui arrive à Paris au début des années 90.
00:48Comme de nombreuses Brésiliennes trans de l'époque, elle se retrouve au bois de Boulogne,
00:53alors l'un des principaux lieux de prostitution étrangère en Europe,
00:56de personnages haut en couleur qui forment une véritable communauté parallèle,
01:01licence, les agressions, les risques et la capacité à continuer malgré tout.
01:06C'est ce que vous racontez sous la plume et le témoignage de Yanis Yanadis, journaliste,
01:11qui raconte cet univers, c'est un monde à part, le bois de Boulogne connu,
01:16bon, on parle des Brésiliens, source de caricatures, de commentaires de toutes parts,
01:21et pourtant cet univers, il y a, vous le racontez, il y a de l'humanité,
01:25il y a de la tragédie, il y a de la souffrance, il y a de l'humour,
01:28j'ai ri en lisant ce livre et j'ai pleuré, je vous le disais hors antenne tout à l
01:31'heure,
01:31c'est une formidable aventure et elle témoigne d'un phénomène de notre époque,
01:35la prostitution est une réalité, on va faire la différence entre prostitution avec proxénétisme,
01:40ce qui n'est pas le cas du bois de Boulogne, et celle avec des gangs qui viennent des pays
01:43de l'Est,
01:44et puis évidemment, possiblement, est-ce qu'ils voudraient ouvrir les maisons closes.
01:48Je commence avec vous Yanis Yanadis, je vous ai plutôt lu avec des articles gastronomiques dans Causeur
01:55et d'autres articles parce que vous êtes un sociologue formidable,
01:58tout d'un coup vous avez été interpellé par l'histoire de Stella,
02:01et vous avez voulu raconter ce qui se passe dans cette allée Marguerite,
02:05de la reine Marguerite au bois de Boulogne, pourquoi ?
02:07Moi déjà le bois de Boulogne, je l'ai connu quand je devais avoir 20 ans,
02:11parce qu'avec mes copains on passait en voiture et on était fascinés par les créatures
02:15et par l'ambiance qui se dégageait, qui était complètement cinématographique,
02:18et donc on passait des nuits entières à tourner dans le bois de Boulogne
02:23et à assister à cette espèce de spectacle extraordinaire.
02:26Mais j'avais très peur parce que c'est fascinant et en même temps c'est effrayant le bois,
02:31et j'ai connu Stella quelques années après,
02:34mais elle ne m'avait jamais raconté qu'elle avait travaillé au bois de Boulogne.
02:37Et quand il y a deux ans je crois que Stella m'a raconté,
02:40elle a commencé à me raconter cette histoire qui lui est arrivée au bois de Boulogne,
02:43je lui ai dit mais il faut absolument en faire un livre,
02:45c'est-à-dire que le récit qu'elle m'en faisait me ramenait au cinéma que j'aime,
02:50c'est-à-dire à celui d'Almodovar et aussi au Notre-Dame des Fleurs de Jean Genet.
02:54J'entrais vraiment dans un monde qui me fascinait,
02:57et donc voilà pourquoi ce livre allait de la reine Marguerite.
03:00Mais il y a des scènes cinématographiques,
03:01je ne vais pas pouvoir toutes les raconter à l'antenne,
03:03surtout que le langage utilisé est celui des mots en usage, assez cru.
03:08Mais enfin quand vous vous installez, reine Marguerite,
03:10que vous avez vos rivales qui viennent vous décider de vous mettre nus,
03:14vous dites à poil, on s'en suit une scène absolument épique,
03:17et puis finalement un costaud qui était un peu le patron de l'endroit,
03:20qui vient donner l'ordre, vous expliquer que vous faites ça
03:22parce que vous crevez de faim, vous avez besoin de bosser,
03:24il vous dit bon installe-toi là.
03:25Stella Rocha, vous êtes brésilienne, vous êtes resplendissante.
03:29Merci beaucoup.
03:30Vous avez l'air en pleine forme,
03:31et vous rayonnez le bonheur malgré les tragédies que vous avez vécues.
03:34Je suis voilà, Yanis a l'air plus fatigué lui,
03:37il a l'air musée plus des joies de la ville,
03:40alors que vous êtes resplendissante.
03:41Racontez-nous, vous êtes née à Belém.
03:43Je suis née au Brésil.
03:44Au Brésil, à Belém.
03:45À Belém.
03:46À Belém, c'est l'état du Paras.
03:47En France, dans une famille brésilienne, famille nombreuse.
03:50Brésilienne, famille nombreuse, nous étions 14 enfants,
03:52moi j'étais l'avant-dernière,
03:54mon père il était policier,
03:55ma mère était catholique conservatrice,
03:58lavandière, voilà.
04:00Et puis...
04:00Donc famille très rangée,
04:01vous ne sortez pas d'un milieu où il peut y avoir des doutes,
04:04policière et lavandière.
04:05Voilà, policier avec une éducation très stricte,
04:07très catholique, évidemment, au Brésil.
04:10Voilà, il fallait qu'il l'ait à Montreux de la Bible
04:11tous les soirs avant de dormir.
04:14Vous vous souvenez petit de Dom Helder Camara,
04:16forcément, à charge avec de Récifet,
04:18qui était une personnalité du clergé brésilien,
04:20qui donnait des leçons de morale à l'Occident
04:22et qui annonçait justement ce tiers-monde
04:25qui était en train de se révéler.
04:26Comme ça, c'était l'église brésilienne.
04:29Vous racontez que le 15 du mois,
04:31le sac de farine et le sac de haricots
04:33ne suffisent pas à nourrir la famille de vos enfants.
04:36finalement, vous finissez les 15 jours.
04:38Vous voyez la fin du mois,
04:39qui est difficile pour certains Françaises et Français.
04:41Là, c'est du manioc avec du sucre
04:42et finalement, vous vous en contentez.
04:44Et vous vous jurez qu'un jour,
04:46eh bien, j'allais dire,
04:47vous aurez une autre vie
04:48et que vous permettrez à votre famille
04:50de vivre autrement qu'avec un sac de riz
04:51et un sac de haricots.
04:52C'est ça, parce qu'en fait,
04:53mon père, comme on était 14 enfants,
04:56on était beaucoup,
04:56donc il achetait des sacs de 5 kilos de riz,
04:59des sacs de 5 kilos d'haricots,
05:00des sacs de 5 kilos de farine
05:02et puis des sacs vraiment très grands
05:04et puis à partir du 15 du mois,
05:05il n'y en avait plus rien.
05:06Et puis un jour, je suis rentrée de l'école
05:08et j'avais très très faim
05:08parce qu'il n'y avait pas à manger
05:10à la cantine à l'école non plus.
05:11En plus.
05:11Voilà.
05:12Et puis j'arrive,
05:13ma mère, elle était en train de manger à neuf.
05:15Sans révéler votre âge,
05:16c'était les années 80 à peu près,
05:17c'est ça ?
05:18Oui, oui, j'avais entre 10, 10, 10, 10, 12 ans.
05:2110, 12 ans.
05:22Voilà.
05:22Et puis je suis rentrée,
05:23ma mère l'a vue,
05:24je n'ai pas voulu le demander,
05:25mais j'avais tellement faim,
05:26je la regardais comme ça
05:27et puis là,
05:29elle a partagé cette offre avec moi.
05:35plus avoir faim dans ta vie.
05:37Mais quand j'ai dit ça,
05:38franchement,
05:39je n'ai jamais pensé à faire la prostitution.
05:42J'ai dit ça, c'était...
05:43Vous saviez que vous alliez un jour
05:44gagner votre vie, courageusement.
05:46Voilà, que j'allais travailler,
05:47que j'allais travailler,
05:48que j'allais...
05:48Entreprendre.
05:49Voilà.
05:49C'était une entreprise quand même.
05:51ce n'était pas du tout mon...
05:52Et un jour, vous arrivez donc
05:53à avoir ce statut social en France,
05:55vous arrivez par la prostitution
05:57en tant que transgenre,
05:58vous gagnez bien votre vie
05:59et vous envoyez tous les mois
06:00un virement, un salaire à vos parents
06:03sur un compte joint
06:04que vous ouvrez au nom
06:05de votre maman et du vôtre.
06:06C'est ça.
06:07Et puis, vous vous rendez compte
06:07qu'ils font vite au soleil
06:09parce que tout le monde
06:10vient se nourrir dessus.
06:11Donc, vous mettez le hola
06:12en disant que c'était surtout pour elle.
06:14En fait, cette période-là,
06:15je n'avais pas dit à mes parents
06:16ce que je faisais réellement.
06:17Je disais que je faisais des danses.
06:18Je dansais, je faisais de la lambada.
06:20Et puis...
06:21Mais par contre,
06:21à chaque fois, ils m'appelaient.
06:22Ils me disaient
06:22« Oui, c'est l'anniversaire de ton frère.
06:24Et on va faire une fête. »
06:25« Ah, c'est l'anniversaire de machin. »
06:27Donc, tout le temps,
06:27il y avait des trucs.
06:28Mais c'est le Brésil, quand même.
06:28Et le compte au bout
06:29commençait à descendre.
06:30Et du coup, je dis
06:31« Bon, là, c'est stop.
06:32On va arrêter un peu tout ça
06:33parce que voilà,
06:33l'argent, ça vient de là,
06:35de là, de là.
06:35Je fais ceci, cela.
06:36Je ne trouve pas dans les arbres l'argent.
06:38Donc voilà.
06:38Et à partir de ce moment-là,
06:39ça s'est calmé. »
06:40Vous imaginez bien, Stella,
06:41qu'un compte joint ouvert en Brésil,
06:42c'est open bar.
06:44Et ça ne fait rien tout le jour.
06:47Et moi, je ne pourrais pas
06:48refuser ma mèche.
06:48Je ne pourrais pas dire non.
06:49Du coup, vous avez,
06:50j'allais dire,
06:51contingenté cette aide
06:52qui a continué,
06:53mais dans des proportions
06:54plus raisonnables.
06:55En tout cas, vos parents,
06:56ils vivent toujours ou non ?
06:58Mon père, il est mort en 2019,
07:00au début du Covid.
07:01Il est mort à 104 ans.
07:02Mais en tout cas,
07:02vous avez continué à assister
07:05vos parents, votre famille
07:06qui sont sortis un peu de...
07:07Je ne vous peux parler
07:08d'une forme de misère
07:09et qui ont veillé une vie
07:10laissante grâce à vous.
07:11Au moins, on peut...
07:12Tout le monde n'aurait pas
07:13cette générosité et cette pensée.
07:15Yanis, le bois de Boulogne,
07:17moi, je l'ai connu
07:18parce qu'en France,
07:18j'allais au jardin d'acclimatation.
07:20Donc, c'est un tout autre univers,
07:21n'est-ce pas ?
07:22Et j'ai appris
07:23qu'en un des socs
07:23qui est un peu plus loin,
07:24il se passait d'autres choses
07:25que Donald et la rivière
07:28enchantée et la guimauve.
07:30Et on a ce bois de Boulogne
07:31qui est quand même placé
07:32entre Boulogne
07:33et le 16e arrondissement
07:34et Neuilly,
07:35dans, j'allais dire,
07:36un des territoires,
07:37un secteur les plus riches,
07:38les plus utés de Paris.
07:40C'est pareil.
07:42Et il y a cette oasis.
07:43Alors, je parle d'oasis
07:45sociologique et culturelle
07:46où il se passe des choses étranges,
07:47une vie à part,
07:48un monde à part,
07:49avec, quelque part,
07:50quand même,
07:50pas la bénédiction,
07:51mais la protection de la police.
07:53Et on s'assure
07:53que ça n'est pas trop loin.
07:54Oui, il faut juste raconter
07:56que, déjà,
07:58il y a ce mythe
07:59des brésiliennes,
08:00des travestis brésiliens,
08:01comme on disait
08:02dans les années 80.
08:04Pourquoi ?
08:04C'est vrai que le Brésil
08:05commence à fournir...
08:06Alors, pourquoi ?
08:07Parce que nous,
08:08en fait,
08:09c'est nous, les Français,
08:09qui sommes très précurseurs
08:11puisque dans les années 50 et 60,
08:13il y avait déjà
08:13des grandes figures
08:14comme Bambi et Coccinelle
08:15qui s'étaient mariées,
08:17qui avaient changé de sexe
08:19et qui passaient à la télévision
08:20tandis qu'au Brésil,
08:21il y avait...
08:21On ne parle pas des personnages
08:22de...
08:22Non, non, non, non,
08:24les artistes de cabaret
08:24de chez Madame Arthur
08:26et du Carrousel.
08:27Donc, c'est le monde de la nuit.
08:28Le monde de la nuit, voilà.
08:30Et les brésiliennes,
08:32travesties au Brésil,
08:34étaient dans les cabarets
08:35mais n'avaient pas
08:36la même couverture médiatique
08:37qu'elles avaient en France.
08:38Elles ont commencé
08:39à venir quelques-unes en France
08:40travailler au Carrousel
08:41et elles ont vu Pigalle.
08:43Et quand elles ont découvert Pigalle
08:45avec des travestis français
08:46qui se prostituaient,
08:47certaines ont commencé
08:48à se prostituer,
08:49ont raconté les gains
08:50et la tolérance de la police
08:51par rapport à la police brésilienne
08:54et là, les brésiliennes
08:55ont débarqué à Pigalle.
08:57Et au début des années 80,
08:58on dénombre à peu près
09:00500 travestis brésiliens à Pigalle,
09:02ce qui est énorme.
09:03Déjà.
09:04Déjà.
09:04Et donc, le mythe
09:06des travestis brésiliens
09:08a commencé.
09:08Elles ont chamboulé
09:09la prostitution.
09:11La passe
09:12était plus chère
09:13pour aller avec
09:14une brésilienne
09:15travestie
09:15qu'avec
09:16une vraie femme.
09:18Les femmes ont commencé
09:18à tirer la gueule.
09:20Ça a posé des problèmes
09:20de sécurité
09:21parce qu'il y a eu
09:21beaucoup de bagarres,
09:22c'était envahissant,
09:23ça prenait beaucoup
09:23de place dans l'espace public
09:25à Pigalle.
09:26Il y a eu un petit coup
09:27de filet de la police
09:28et tout ça
09:29s'est reporté
09:30au bois de Boulogne
09:30où on a décidé
09:32que finalement
09:33c'est l'endroit
09:33où ça posait
09:34le moins de problèmes.
09:35Donc délocaliser
09:36au bois de Boulogne
09:37ce n'est pas une industrie
09:38qui va en Chine
09:38c'est on change
09:39de territoire
09:40pour pouvoir
09:41alors évidemment
09:41c'est un bois
09:42moins de contrôle
09:43ce n'est pas une zone urbaine
09:44Pigalle retrouve
09:45ses sources franco-françaises
09:46et je comprends bien
09:47qui a toujours été un endroit
09:48et je crois que ça continue
09:49encore aujourd'hui
09:50et quand on traverse
09:51le bois de Boulogne
09:52quand on va à Surenne
09:53ou à Putot
09:53voir des amis
09:54on traverse cette zone
09:55cette allée de la reine Marguerite
09:56que je connais très bien
09:57parce que j'y ai souvent passé
09:59et effectivement
09:59on sent que de chaque côté
10:01et on sent que de chaque côté
10:03il se passe des choses
10:03alors il y a des scènes
10:04plus ou moins réjouissantes
10:06je plains ces pauvres femmes
10:08d'un certain âge
10:09qui sont là
10:09avec la camionnette
10:10et puis des ballons
10:11c'est quoi ?
10:12ce sont des prostituées
10:13un petit peu en fin de carrière
10:14qui viennent essayer
10:15alors déjà
10:15il n'y a quasiment que des
10:18travestis et transgenres
10:19au bois de Boulogne
10:19il n'y a quasiment pas de femmes
10:20non non non
10:21c'est 98 personnes
10:25on dénombre entre 400 et 800 personnes
10:29qui travaillent au bois de Boulogne
10:30la faune entre guillemets
10:31c'est énorme
10:32je reçois Yannes Esiadi
10:35et Stella Rocha
10:36pour le livre
10:36Aller de la reine Marguerite
10:38souvenir d'une brésilienne
10:39au bois de Boulogne
10:40on rentre justement
10:41dans ce décryptage sociologique
10:43culturel
10:44c'est un phénomène culturel
10:45c'est aussi un phénomène politique
10:46vous restez avec nous
10:47bien entendu
10:48vous nous appelez
10:49au 0826 300 300
10:50je ne sais pas
10:52si vous avez été
10:53si vous avez pratiqué la chose
10:54ou si vous côtoyez
10:56une situation
10:56où il y a de la prostitution
10:57vous avez peut-être une idée
10:59sur la question
11:00est-ce que la prostitution doit être restée libre
11:04ou est-ce qu'elle doit être réglementée
11:05par des maisons closes
11:06on attend votre avis
11:07au 0826 300 300
11:08à tout de suite sur Sud Radio
11:13vous êtes bien sur Sud Radio
11:14il est 13h18
11:15et nous parlons
11:17prostitution
11:17bois de Boulogne
11:18Aller de la reine Marguerite
11:19c'est le titre
11:20de l'ouvrage
11:21qu'est-ce que je peux dire
11:21c'est un documentaire
11:22c'est un témoignage
11:23c'est pas un roman
11:24et pourtant
11:25il y a de la romance
11:26dans cette transcription
11:28c'est l'avis de Stella Rocha
11:29voilà
11:30qui est une jeune
11:31transgenre brésilienne
11:32qui a fait
11:33ce que je peux dire
11:33carrière au bois de Boulogne
11:34et puis qui ensuite
11:35est rentrée dans
11:36vous êtes devenue une personnalité
11:37aujourd'hui
11:38j'allais dire
11:39pas du showbiz
11:40mais de l'establishment
11:41en étant passée
11:42par ces étapes
11:43souvent de violence
11:44et de tragédie
11:46Stella Rocha
11:47vous êtes un petit garçon
11:48brésilien
11:49et tout d'un coup
11:50vous sentez en vous
11:51quelque chose qui change
11:52comment ça se passe ?
11:53depuis ma jeune enfance
11:56j'ai toujours été différente
11:57de tous mes autres frères et soeurs
11:58et j'ai grandi avec ça
11:59mais par contre
12:00je ne pouvais pas dire
12:01à mes parents
12:01pourquoi
12:01comment j'allais dire
12:02à mes parents
12:03voilà que j'étais
12:04je voulais ma bien-faire
12:05dans le Brésil de l'époque
12:06c'est impensable
12:06c'est une dictature militaire
12:07en plus
12:08tout à fait
12:09mes parents
12:10comme ils étaient
12:10des parents
12:11très très très vieux
12:12quand même
12:13mon père
12:13il était très âgé
12:14ils étaient
12:1520 ans d'écart
12:16avec ma mère
12:17ma mère aujourd'hui
12:18elle a 90 ans
12:19mon père
12:19il m'aura 104 ans
12:20donc j'avais des parents
12:21très très très vieux
12:23et comment dire ça
12:24donc
12:24tout ce que je suis
12:26par rapport à ma transsexualité
12:27c'était à l'extérieur
12:28déjà l'homosexualité
12:29doit être un problème
12:30au Brésil à l'époque
12:31oui parce qu'en fait
12:32c'est ça mes parents
12:33comment on dit homosexuel
12:34en brésilien
12:34dans le langage courant
12:36dans le langage courant
12:37en brésilien
12:38gay
12:39parce qu'en espagnol
12:39on dit malicone
12:40c'est pour ça
12:40en brésilien c'est viado
12:42mais c'est pas un bon mot
12:44déjà ça c'est une transgression
12:45avec les lois sociales
12:46et morales
12:46de la société brésilienne
12:48transgenre
12:49c'est une étape supplémentaire
12:50c'est ça
12:50parce que
12:51est-ce qu'ils savent
12:52que ça existe
12:52vos parents
12:53qu'il n'y a que
12:53le phénomène étrangère
12:54à l'époque
12:55oui mais mon père
12:56il savait très bien
12:56parce qu'à la place
12:57de la république
12:58là où j'habite
12:59à Belém
12:59il y avait une place
13:00où il y avait des transsexuels
13:02et d'ailleurs
13:02c'est là justement
13:03que j'avais très peur
13:04de parler de ça
13:05à mes parents
13:05parce qu'il y avait
13:06des amis de mon père
13:06qui se lavantaient
13:07vous vous repériez
13:08les uns les autres
13:09déjà ou non
13:09où on ne se parlait pas
13:10où on pourrait partager
13:11moi je les voyais
13:13je les trouvais très très très belles
13:14mais pour moi
13:15c'était des personnes
13:16qu'il ne fallait pas approcher
13:17qui étaient très dangereuses
13:1812 garçons
13:18virant à la féminité
13:20c'est ça
13:20c'est ça
13:21le cas contraire
13:22étant plus rare
13:23notamment au Brésil
13:23c'est-à-dire une femme
13:24qui veut devenir homme
13:25non oui
13:25mais ça existe aussi
13:27et donc vous ne pouvez pas
13:28l'exercer
13:29vous ne pouvez pas
13:29l'assumer au Brésil
13:30donc vous avez décidé
13:31de partir
13:32pourquoi la France ?
13:33d'abord je suis allée
13:34en Guyane française
13:35et puis à 18 ans
13:36je rentre en France
13:37et puis je suis venue
13:38pour faire vraiment
13:39du tourisme
13:40et puis là
13:40j'avais plus d'argent
13:42j'étais dans une situation
13:43très compliquée
13:43et puis il y a la prostitution
13:44qui m'a apparue
13:45et puis j'ai fait ça
13:47voilà
13:47et puis j'ai pas honte
13:48de le faire
13:48donc c'est en France
13:49que vous avez franchi
13:49le rubicon
13:50vous avez franchi le pas
13:51de la prostitution
13:53de passer
13:54il y a cette solution
13:55qui a apparue devant moi
13:55je l'ai prise
13:56c'était la seule solution
13:57j'étais dans une situation
13:58très compliquée
13:59très difficile
13:59j'avais pas mangé
14:00je dormais par terre
14:01j'étais expus
14:02de chez mon ami
14:03où j'étais
14:03donc cette solution
14:05s'est apparue
14:06et puis j'ai accroché
14:07et puis voilà
14:07je suis allée
14:08et puis là
14:08c'était guerre des territoires
14:11bagarre
14:12plein de choses
14:13partout il y avait un propriétaire
14:14quand on décide
14:14de louer son corps
14:15pour en vivre
14:16c'est une étape
14:19psychologiquement
14:19très très dure
14:20ou vous l'avez fait
14:21parce que c'était
14:21votre aspiration
14:22c'était votre tempérament
14:23point final
14:23moi je l'ai fait
14:25pour m'en sortir
14:25pour pouvoir
14:26donc vous vous faites violence
14:27on est bien d'accord
14:28à un moment donné
14:30oui mais bon
14:31c'était sympa quand même
14:32vous voyez
14:33c'était cool
14:34c'était dur
14:35vous voulez dire quoi
14:35les rapports sont quand même
14:37conviviaux
14:37si je peux m'exprimer ainsi
14:38ça se passe tranquillement
14:39il y a peu de violence
14:41il y a un
14:42j'ai pas été échappé
14:44par la violence
14:45quand même
14:45d'accord
14:45voilà
14:46donc j'ai été agressé
14:47par contre il y a la concurrence
14:48des autres filles
14:49tout à fait
14:49qui elles ne sont pas transgenres
14:50aussi elles sont presque
14:51toutes transgenres
14:51en Basse-Boulogne
14:52quelques-unes
14:53c'était vraiment
14:53des transgenres
14:54mais d'autres
14:55c'était vraiment
14:55et là vous venez
14:56mettre vos pieds
14:57sur un territoire
14:57qui est déjà réservé
14:58et que je ne savais pas du tout
14:59et on te dit
15:00par l'expression
15:00casse-toi salope
15:01tu n'as rien à faire
15:02je ne savais pas du tout
15:03donc j'arrive dans un coin
15:04on me dégage
15:04je vais dans un autre endroit
15:05on me dégage
15:06le troisième jour
15:06je dis bon
15:07je vais aller à l'intérieur du bois
15:08sur un bond
15:09parce que là
15:10je vais travailler tranquillement
15:11le bond historique
15:13dans le livre
15:14c'est un pèlerinage
15:15bientôt
15:16et là j'arrive
15:17devant moi
15:17une silhouette
15:19derrière la lune
15:20comme ça
15:20je vois une silhouette
15:21très fine
15:21comme ça
15:22qui marche dans une sexualité
15:23qui vient directement
15:24sur moi
15:25qui me dit
15:25mais qu'est-ce que tu fais là
15:26dégage
15:26si c'est mon bond
15:28alors qui est ce personnage ?
15:29Vera Furacan
15:30c'est ma maman du bois
15:31la deuxième héroïne du livre
15:34c'était ma maman
15:35voilà
15:35Kissou qui vit une période épouvantable
15:37et vous l'aidez à se redresser
15:38voilà c'est ça
15:39donc on s'aide mutuellement
15:41elle m'a aidé
15:42à prendre mon courage de main
15:43et aller affronter ce monde là
15:44voilà
15:45elle m'a dit
15:45écoute c'est toi
15:46c'est toi que j'ai vu
15:47en train de courir
15:48pendant deux jours
15:48je dis oui c'est moi
15:49je dis c'est toi
15:49tu vas là-bas
15:50tu vas te battre
15:50parce que si tu te bats pas
15:51c'est moi qui te casse la gueule
15:52c'est épique
15:52vous êtes en train de vous faire lyncher
15:54vous décidez de vous mettre toute nue
15:55voilà
15:56donc on voit que vous êtes un garçon quand même
15:58ah ben oui
15:58donc les automobilistes
16:00avec les feux
16:01traversent la margarite
16:02voient cette scène
16:03de cinéma
16:04des femmes qui se battent entre elles
16:05mais en fait
16:05c'est pas que des femmes
16:06dont une est toute nue
16:07qui se défend
16:10vous commencez à donner
16:11des coups de poing
16:11vous en assommez
16:12une deuxième
16:13une troisième
16:13là il y a quand même le mec
16:14qui est quand même en vous
16:17imaginez vous
16:17mais je comprends très bien
16:18qu'à un moment donné
16:19on fasse appel à la masculinité
16:20et arrive à ce moment là
16:21l'arbitre
16:22un géant
16:23la chef de la rue
16:25Esmeralda
16:25Esmeralda
16:26qui est un homme bien entendu
16:27un homme algérien
16:28de presque deux mètres de travestite
16:29une armoire
16:29vous dites qui arrive
16:30voilà
16:31et là vous vous dites
16:31je vais me faire broyer
16:32vous lui expliquez votre cas
16:33là je dis c'est mort pour moi
16:34donc il me prend par les bras
16:35comme ça
16:35il me secoue
16:36puis il me jette par terre
16:37comme ça
16:37et puis là je tombe en pleurs
16:38et puis je dis voilà
16:39et je lui dis
16:40que je vais prendre la place de personne
16:42et que je suis là juste
16:42pour faire un peu d'argent
16:44pour pouvoir
16:45retourner chez moi
16:46et il te dit
16:46bon d'accord
16:47mais tu fais pas d'histoire
16:49voilà
16:49bon d'accord
16:49et du coup vous intégrez
16:53cet univers
16:54voilà
16:54il est pas le parrain
16:55mais il vous protège quand même
16:56par rapport aux autres
16:56il admet que vous soyez là
16:57voilà
16:58et vous commencez
16:59votre protocole
16:59votre carrière
17:00voilà
17:00au début c'était pas facile non plus
17:02c'était pas
17:03accepté vraiment à 100%
17:04parce que les propres filles
17:06qui me connaissaient pas
17:06m'envoient des mecs
17:07pour me gazer
17:08me jetaient des pierres
17:09me volaient
17:10plein de petites choses
17:11qui s'est passé après
17:12alors là comment ça se passe
17:13vous créez un réseau
17:14une clientèle si je puis dire
17:15qui vous avec des gens
17:15très rapidement
17:17mais avec des liens
17:18quelquefois presque sympathiques
17:19avec des clients habitués
17:21c'est extraordinaire
17:22très rapidement
17:23très rapidement
17:23je fais
17:24beaucoup d'amis
17:25dans le bois
17:26donc
17:27je suis dans un coin
17:28où les filles
17:29sont pas
17:30voilà
17:31vraiment
17:31donc moi j'arrive
17:32à 20 ans
17:33toutes belles
17:33toutes fraîches
17:34donc c'est normal
17:34et à partir de ce moment là
17:36voilà
17:37ça commence
17:37un peu
17:38qui sont vos clients
17:39il y a de tout
17:40il y a de tout
17:41toute catégorie sociale
17:42toute activité professionnelle
17:44tout
17:45des jeunes
17:45des jeunes
17:46des moins jeunes
17:46des vieux
17:46de tout
17:47voilà
17:47des mariés
17:48des célibataires
17:48ils ont quoi ?
17:50ils ont ou des pulsions
17:51ou besoin d'affection
17:52peut-être éventuellement ?
17:53vous sentez quelquefois
17:54des hommes en détresse
17:54qui viennent vous voir ?
17:55il y en a
17:55il y en avait aussi
17:56il y avait un peu de tout
17:58comme clientèle
18:00parfois on est
18:01on est payé juste
18:02pour aller discuter
18:03pour aller donner des conseils
18:05on était psychologue
18:06on était
18:08on discutait
18:09il y avait
18:09il y avait vraiment de tout
18:10vraiment
18:10Yannis Esiadi
18:13cette antenne
18:14est marquée par
18:15le concept
18:17du parlons vrai
18:18il ne s'agit pas
18:19de sortir de la loi
18:20mais est-ce que
18:21ce qui se passe
18:21au bois de boulogne
18:22dont témoigne Stella
18:23dans cet ouvrage
18:24assez exceptionnel
18:26est-ce que
18:27finalement
18:28cette prostitution-là
18:29ne détourne pas
18:31certains individus
18:31d'autres comportements
18:32qui seraient
18:33beaucoup plus tragiques ?
18:35très difficile à dire
18:36c'est un sujet très
18:36moi ce truc de dire
18:39ça évite les viols
18:41moi j'y crois pas
18:42quelqu'un qui viole
18:42c'est un viol
18:43parce que certains
18:43le prétendent
18:44moi j'y crois pas
18:45je pense que
18:45quelqu'un qui viole
18:46c'est un violeur
18:48en revanche
18:48ça
18:49ça
18:50quand il y a une pulsion
18:51qui est tout le temps frustrée
18:53qui passe à l'axe
18:53parce qu'à un moment donné
18:54il est dans un état psychologique
18:56est-ce que le fait
18:57de pouvoir exercer
18:58sa sexualité
18:58sa libido
18:59comme ça normalement
19:00peut être
19:01pour certains
19:01c'est peut-être vrai
19:02pas pour tous
19:03je veux dire
19:03en tout cas
19:04ce qui est certain
19:04c'est que
19:04le bois de boulogne
19:05c'est un endroit
19:06flou et mystérieux
19:07où les gens
19:08viennent chercher
19:09une sexualité particulière
19:10puisque les hommes
19:12qui viennent là
19:13à 98%
19:15sont hétérosexuels
19:16et viennent chercher
19:18des créatures
19:19au physique féminin
19:21avec des seins
19:22une belle chevelure
19:23et un sexe d'homme
19:24c'est un endroit
19:25malsain
19:26sociologiquement
19:27moralement
19:27où vous réfutez
19:28ce mot malsain
19:29c'est un endroit très sain
19:29voilà
19:30vous prenez un risque
19:32parce qu'on se dit
19:33quand même
19:33c'est malsain
19:34cette prostitution
19:34c'est transgenre
19:35on n'est que dans
19:36la transgression
19:36de toutes les valeurs
19:38de notre civilisation
19:38de notre société
19:39malgré qu'on ait évolué
19:40et qu'on sait
19:41qu'aujourd'hui
19:41c'est cette réalité
19:42qu'il faut accepter
19:42vous dites
19:43c'est un endroit sain
19:44c'est un endroit très sain
20:03avec les amis
20:03que Stella m'a présenté
20:04j'ai passé beaucoup de nuits
20:06dans l'obscurité
20:07et en fait
20:08vous êtes allé sur le terrain
20:09vous êtes allé en
20:09là j'ai passé un an
20:11un an entièrement
20:12au bois
20:13tout le temps
20:14oui
20:15comme un spéléologue
20:16qui rentre dans la caverne
20:17mais je me suis rendu compte
20:19que c'était beaucoup moins glauque
20:20que ce qu'on pensait
20:22il avait très peur aussi
20:23au début j'avais peur
20:24il y a quand même forcément
20:25des instances cabreuses
20:26forcément
20:27il peut y avoir de tout
20:28je suppose
20:29bien évidemment
20:30mais il y a beaucoup de joie
20:31entre les filles
20:33solidarité
20:34oui
20:35il faut
20:35il y a de la concurrence
20:37de la rivalité
20:37et de la solidarité
20:38quand on suit ça se passe bien
20:39un peu comme les gangs d'autrefois
20:41où chacun avait son territoire
20:42et puis on se repartissait
20:43alors que les nouvelles mafias
20:44sont d'une violence épouvantable
20:45dans l'antacotrafic
20:46on est quand même
20:47dans une forme de loyauté
20:48et de respect des autres
20:49voilà
20:50je reçois Stella Rocha
20:52et Yanis Eziadi
20:53qui ont co-écrit
20:54Aller de la reine Marguerite
20:55souvenir d'une brésilienne
20:56au bois de Boulogne
20:57le titre est truculent
20:58et raconte
20:59une réalité
21:00une situation
21:02qui vous prend
21:03quelquefois au trip
21:04parce que
21:04c'est une très tragédie
21:05lui-même
21:06en même temps
21:06il y a du courage
21:07et de la générosité
21:07et de la solidarité
21:08c'est un ouvrage
21:09qui mérite d'être lu
21:10vous nous appelez
21:11au 0 826 300 300
21:13Emmanuel Galasso
21:14qui est tout oui
21:15qui est évidemment passionné
21:16par ce sujet
21:17prendra votre appel
21:18vous pouvez interroger Stella
21:19lui dire ce que vous avez envie
21:20de lui dire
21:21vous pouvez interroger
21:22Yanis Eziadi
21:23qui vous répondra
21:24avec la franchise
21:25et la truculence
21:26qu'on lui connait
21:27c'est une thématique
21:28que peut-être
21:29qui vous concerne
21:30que vous avez approché
21:31que vous connaissez
21:31ou au contraire
21:32qui inspire en vous
21:33soit du rejet
21:34soit de la crainte
21:35soit d'une forme de compassion
21:36n'hésitez pas à nous appeler
21:37on prendra vos appels
21:38au 0 826 300 300
21:40à tout de suite
21:41sur Sud Radio
21:41vous avez la parole
21:44il est 13h33
21:45vous avez la parole
21:46appelez-nous
21:47n'ayez aucune crainte
21:49le sujet est passionnant
21:50en tout cas très humain
21:51et le témoignage
21:53de Stella Rocha
21:54et Yanis Yenadis
21:55dans Allée de la Reine Marguerite
21:56aux éditions du Cherche Midi
21:57formidable éditeur
21:58vous rappelez
22:00Yanis Eziadi
22:01que c'est quand même
22:02votre éditeur
22:02qui vous a permis
22:03qui vous a encouragé
22:04d'aller dans cette paix d'aventure
22:07Antoine Poitras
22:08nous sommes d'accord
22:10non non non
22:11l'éditeur c'est Jean Le Gall
22:12non non
22:13l'éditeur c'est Jean Le Gall
22:14Jean Le Gall
22:16et jamais j'aurais cru
22:18que le livre
22:18serait vraiment publié
22:19sous cette forme
22:20parce que
22:21vous l'avez vu
22:21c'est très très très cru
22:23il a tout pris
22:23il y a des histoires
22:24vraiment scabreuses
22:25et je pensais
22:26que certaines choses
22:27seraient censurées
22:28pas une ligne
22:29n'a été coupée
22:30j'en ai été le premier
22:31étonné
22:31rien ne tombe
22:32sous le coup de la loi
22:33de la morale
22:34j'allais dire
22:35bourgeoise chrétienne
22:36peut-être
22:36oui
22:36mais de la loi républicaine
22:38non
22:38non
22:39alors justement
22:40Yanis et Estella
22:41donneront son avis aussi
22:43comment la république française
22:44gère aujourd'hui
22:45la prostitution
22:47c'est un phénomène
22:48c'est une réalité
22:48elle a toujours existé
22:49le plus vieux métier du monde
22:50comme on dit
22:51est-ce qu'il y a
22:52j'allais dire
22:53une disposition spéciale
22:54en France
22:55pour traiter la prostitution
22:56elle est acceptée
22:58pas acceptée
22:59poursuivie
23:01contingentée
23:02localisée
23:03actuellement déjà
23:04ce qui est pénalisé
23:05ce sont les clients
23:06à l'époque de Stella
23:06du livre
23:07ce sont les prostituées
23:08qui sont pénalisés
23:09pour racolage
23:09aujourd'hui
23:10ce sont les clients
23:10mais bon
23:11donc pas le droit
23:12de vendre son corps
23:12et maintenant
23:13pas le droit de consommer
23:13voilà
23:15on a le droit
23:16de vendre son corps
23:16mais pas le droit
23:16de consommer
23:17l'idée que l'on est
23:18autant dû au stupéfiant
23:19le consommateur
23:20est aussi responsable
23:20pénal aujourd'hui
23:21exactement
23:22mais cette loi
23:23n'est pas vraiment appliquée
23:24il y a quand même
23:25il y a une tolérance
23:26et heureusement
23:27c'est combien la sanction ?
23:29aujourd'hui je ne sais pas
23:30aujourd'hui je ne sais pas
23:31mais à mon époque
23:31c'était 1500 francs
23:331500 francs
23:33pour le racolage
23:34pour le racolage
23:35et parfois on avait 3 par la nuit
23:37voilà
23:37et aujourd'hui combien est puni ?
23:39aucune idée
23:40bon voilà
23:40aujourd'hui ce que je sais
23:42c'est un PV
23:42je crois que c'est 130 quelque chose
23:44ou 135
23:45aujourd'hui ce que je sais
23:46c'est qu'il y a
23:47la TDS
23:48la travailleuse du sexe
23:49par au commissariat
23:50TDS
23:51travailleuse du sexe
23:52extraordinaire
23:52et puis les messieurs
23:54ils ont une petite contravention
23:55voilà
23:56donc la question que l'on pose
23:59comment vous
24:00quelles sont vos relations
24:01avec les
24:02quand vous voyez
24:02d'anciennes prostituées
24:03vous les conseillez
24:05quand vous les rencontrez
24:05certaines viennent se confier
24:07à vous en disant
24:07voilà
24:08est-ce que je m'en sors
24:08est-ce que je m'en sors pas
24:09ou vous avez coupé complètement
24:11ou vous avez gardé
24:12quelques liens ?
24:13ah non non
24:13moi j'ai toujours
24:14j'ai toujours
24:15j'ai fait partie
24:16d'une association
24:17aujourd'hui
24:17qui s'appelle
24:18Acceptesté
24:19avant j'ai débuté au PAST
24:21avec le docteur Camille Krabal
24:22et aujourd'hui
24:22je suis dans une autre association
24:23qui s'appelle
24:25Acceptesté
24:26Acceptesté
24:26Acceptesté
24:26avec la directrice
24:28Giovanna Hincone
24:29donc vous faites du social
24:30et vous continuez
24:31à côtoyer
24:32et accompagner ces filles
24:34voilà
24:34c'est vrai qu'il y en a
24:35qui sont vraiment
24:36pas bien
24:37de faire ce travail là
24:38ça les peine
24:39mais il y a d'autres
24:41qui aiment ça
24:41qui aiment vraiment
24:42elle va pas faire
24:44autre chose que ça
24:45voilà
24:45et il y a quand même
24:46de la prostitution
24:47alors elle est un petit peu
24:48en recul
24:49de la prostitution
24:50j'allais dire industrielle
24:51avec des gangs
24:53proxénètes
24:53souvent des pays de l'Est
24:54comme l'Albanie
24:56ou la Bulgarie
24:58c'est encore une réalité tragique
24:59ça en France
25:01même si ça recule
25:01oui c'est terrible
25:02mais c'est vraiment
25:04c'est vraiment
25:05un autre monde
25:08c'est à dire que là
25:09on a affaire
25:10à des réseaux
25:11à des filles
25:12c'est quasiment
25:13de l'esclavage
25:15le monde
25:15qu'on raconte nous
25:16et qui est toujours
25:17celui du bois de boulogne
25:18aujourd'hui
25:18c'est un monde libre
25:19c'est un monde
25:20on y va librement
25:21soi-même
25:22la seule chose
25:23qui s'apparente
25:24et qui tombe
25:24sous le coup
25:24du proxénétisme
25:25qui existe
25:26au bois de boulogne
25:26ça va être
25:27par exemple
25:28une fille
25:29qui travaille au bois
25:29qui va proposer
25:31à d'autres filles
25:31d'Amérique latine
25:32viens
25:32je t'avance
25:33le billet
25:34d'avion
25:35je te trouve
25:36un logement
25:36et je te trouve
25:37une place
25:38et tu me rembourses
25:38avec des intérêts
25:39et ça
25:39ça tombe sous le coup
25:40c'est un marénage
25:41c'est un marénage
25:42ça s'appelle
25:43proxénétisme
25:43mais c'est la seule chose
25:45mais personne
25:45n'est forcée
25:46au bois de boulogne
25:47à aller travailler
25:47avec un flingue
25:49sur la tempe
25:49pareil
25:50le meilleur exemple
25:51de ça
25:51c'est la chose
25:52de laquelle
25:53je peux témoigner
25:54c'est que depuis
25:55qu'on a publié ce livre
25:56on a emmené
25:57plusieurs équipes
25:57de journalistes
25:58au bois de boulogne
25:59et au bois de boulogne
26:00on est allé
26:01avec des journalistes
26:02on les a emmené
26:02passer la nuit
26:03on les a emmené
26:04prendre des photos
26:04filmées
26:05jamais une personne
26:06un mac ou quoi
26:07vient dire
26:08non qu'est-ce que
26:08vous faites là
26:08c'est un endroit libre
26:10les seuls qui peuvent
26:10nous dire de dégager
26:11ce sont les prostituées
26:13qui vont dire
26:13là tu me fais perdre
26:14du pognon
26:14voilà t'es sur un territoire
26:16qui n'est pas le tien
26:16nous avons Betty
26:18qui nous appelle d'Avignon
26:19bonjour Betty
26:21oui bonjour à toute l'équipe
26:22j'aurais voulu poser
26:24une question
26:24est-ce que dans ces années-là
26:26quand il a commencé
26:27enfin qu'elle a commencé
26:29est-ce qu'elle n'avait pas peur
26:31d'attraper le sida
26:32ah est-ce qu'il y avait
26:34des problèmes de risque de santé
26:35alors comment s'appelle la dame
26:37elle s'appelle Betty
26:38bonjour Betty
26:39elle appelle d'Avignon
26:39bonjour
26:40j'adore Avignon
26:45alors c'est vrai
26:46que quand je suis arrivé
26:47en France
26:47c'était le pic
26:48le plus haut du VIH
26:51mais nous
26:53les TDS
26:54les femmes transgenres
26:55mais pour un doigt
26:56on mettait un préservatif
26:59donc le préservatif
27:00j'ai mis 3 secondes
27:01à comprendre
27:02même pour un doigt
27:02on mettait un préservatif
27:03voilà mais pour un doigt
27:03on mettait un préservatif
27:04donc le préservatif
27:06c'était fondamental
27:08pour nous
27:08parce que les gens
27:09pensaient à aller prostituer
27:10la bâche au Pellocédat
27:11non c'est bien au contraire
27:12nous on se protège toujours
27:14par contre
27:14des clients
27:15qui font des conneries
27:17des bêtises à droite à gauche
27:18c'est eux
27:19qu'on doit se méfier
27:20vous voyez
27:20moi à l'époque
27:22j'étais marié
27:24donc j'avais un copain
27:25donc je me prenais
27:27je faisais beaucoup
27:28beaucoup attention
27:29de ne rien choper
27:30pour ne pas transmettre
27:31mesure hygiénique
27:32drastique
27:32aucune transgression
27:34pas d'exception
27:35question de vie ou de mort
27:36il y avait même des hommes
27:37qui nous proposaient
27:38beaucoup plus d'argent
27:39pour faire la mousse
27:40en préservatif
27:41des pipes en préservatif
27:42est-ce que pour autant
27:43le VIH a frappé
27:45au bois de Bologne
27:45à l'époque
27:46malgré tout
27:47est-ce que le VIH
27:48a quand même frappé
27:49ah oui bien sûr
27:50j'ai eu beaucoup de copines
27:52qui sont décédées
27:52qui sont mortes
27:53pourquoi ?
27:54parce que dans ces moments-là
27:55elles ont préféré l'argent
27:57hors que de se protéger
27:58donc moi c'était le contraire
28:00moi il n'y avait pas d'argent
28:01qui me faisait changer d'avis
28:02et donc pendant le Covid
28:04est-ce qu'il y a eu des masques
28:05au bois de Bologne
28:06parce que l'activité a continué
28:07ah je ne sais pas
28:08j'étais plus au bois
28:08à ce moment-là
28:09d'accord
28:09mais est-ce que vous en savez
28:10parce que voilà
28:12le masque
28:12enfin le masque
28:13on le met
28:13on le retire
28:14enfin voilà
28:14donc là aussi
28:15une épidémie
28:15qui est toujours
28:17dangereuse
28:17dans un contact de proximité
28:20c'est clair
28:21Betty voyez donc
28:22il y avait de la protection
28:23il y avait une conscience
28:24qu'il y avait un risque
28:25sanitaire très fort
28:29vous me posez la question ?
28:30non non non
28:31je vous dis
28:31je vous donne la réponse
28:32il y avait donc une conscience
28:33qu'il y avait un danger
28:34et même ces gens-là
28:36se protégeaient
28:37de façon incère
28:38en tout cas
28:38pour ce qui est là
28:39de façon très stricte
28:40quand est-ce que vous allez à Avignon ?
28:44je crois que c'est en septembre
28:45en septembre
28:46la lamelle pour venir à Nîmes
28:47le 12 déjà
28:48c'est le vœu
28:48et à Nîmes
28:49à ses côtés
28:50moi j'y suis ce soir
28:51parce que nous avons
28:52une délocalisation
28:53demain de l'émission
28:53donc tout se passe à Nîmes
28:55merci Betty
28:55pour votre appel
28:57merci beaucoup Betty
28:58je vais vous poser la question
29:00aux deux
29:00alors ce n'est pas
29:01votre secteur
29:03la prostitution en France
29:05c'est une réalité
29:06il faut préserver
29:07justement
29:08ces jeunes femmes
29:10de la mise sous tutelle
29:11par des gants
29:11qui ne sont pas
29:12toujours bien pensants
29:14et bien intentionnés
29:15est-ce que le concept
29:16de maison close
29:17qui ne vous concerne pas
29:18mais est-ce que c'est une idée
29:20qui vous semble plausible
29:21ou acceptable ?
29:23moi à mon avis
29:24ce que je pense
29:25des maisons close
29:26je pense que
29:27ça va être aussi
29:28encore une connerie
29:29franchement
29:30parce que
29:31comme les salles de shoot
29:32c'est pour moi
29:35que j'ai été
29:38une travailleuse
29:39de sexe
29:39indépendante
29:40voilà
29:40donc le problème
29:41de tout ça
29:43c'est que
29:43c'est l'argent
29:44l'argent c'est le problème
29:45de la prostituée
29:46parce qu'elle croit
29:47qu'on va donner un macro
29:48voilà
29:49mais il y a beaucoup
29:50de travailleurs de sexe
29:52qui sont indépendantes
29:53qui ne dépendent pas
29:54des macros
29:55qui les aident
29:56de leur famille
29:57elles les aident
29:57eux-mêmes
29:58voilà
29:59je vais vous poser
30:00une question très crue
30:01si la prostitution
30:03était codifiée
30:05légalisée
30:06à travers
30:06l'institution
30:07de maisons close
30:08est-ce que vous accepteriez
30:09d'en tenir une
30:10pour justement
30:12permettre à des jeunes femmes
30:13d'échapper
30:13à cette prostitution
30:14de proxénétisme
30:15leur permettre
30:16d'exercer
30:17leur activité
30:18librement
30:18rétribuée
30:19et de façon
30:20régulière
30:21j'allais dire
30:22de façon protégée
30:22est-ce que l'idée
30:23en soi
30:24est quelque chose
30:24qui vous choque
30:25ou...
30:25écoutez
30:26cette idée
30:27ça peut être
30:28ça peut être pas mal
30:29mais moi je ne me vois pas
30:30du tout
30:31c'est pas votre projet
30:32il y a des personnes
30:33compétentes
30:34pour le faire
30:34justement
30:35mais l'idée
30:35que ça se fasse
30:36ce n'est pas quelque chose
30:36qui vous choque
30:37à première vue
30:38moi je ne suis pas trop
30:39pour les maisons closes
30:40voilà
30:41je ne suis pas trop
30:42parce qu'en fait
30:43elles vont être là
30:43enfermées
30:44ça va être encore
30:44d'autres problèmes
30:45qui vont émerger
30:46voilà
30:46il y a un à la fin
30:48ça va pour qui ?
30:49par contre Yanis
30:50si on disait demain
30:52interdiction de prostitution
30:53au bois de Boulogne
30:54mesure drastique
30:57ratissage par la police
30:58par les CRS
30:58les gendarmes
30:59on dégage tout
31:00c'est fini
31:00le bois de Boulogne
31:01redevient un lieu de promenade
31:02pour le toutou
31:03et sa mémère
31:04ou le jogging
31:04ça serait dommage
31:06évidemment ce serait dommage
31:08tout le monde reste nostalgique
31:09par exemple
31:10du Pigalle
31:11des années
31:11jusqu'aux années 80
31:13et Pigalle n'a plus
31:14aucune âme
31:15qui a inspiré
31:16la littérature française
31:16le cinéma
31:17et la culture
31:18bien sûr
31:18et le bois de Boulogne
31:19a inspiré aussi
31:21le cinéma
31:22surtout dans les années 80
31:23c'était un mythe
31:24le bois de Boulogne
31:25et les gens venaient
31:25du monde entier
31:26pour voir le bois de Boulogne
31:27et les touristes
31:28Stella le raconte dans le livre
31:29les touristes venaient
31:30pour prendre des photos
31:30avec les filles
31:31non moi
31:31sur les maisons close
31:32il n'y avait pas des opérateurs
31:33qui venaient au bois de Boulogne
31:34quand même
31:34il y avait des bus touristiques
31:35qui venaient
31:36si les bus touristiques venaient
31:38ils venaient faire quoi ?
31:39prendre des photos
31:40avec les filles
31:40le bois de Boulogne
31:41c'était un coin touristique
31:43comme la Torre Eiffel
31:43comme l'Arche de Triomphe
31:45des bus
31:46mais vraiment
31:46beaucoup de bus
31:47venaient pour nous prendre des photos
31:48on demandait
31:49si on pouvait prendre des photos
31:49avec nous
31:50c'était vraiment
31:51il faut se rendre compte
31:52que dans ces années là
31:53Charlène le raconte
31:54dans le livre
31:54Charlène qui était là
31:55qui travaillait là-bas
31:57Charlène travaillait
31:57dans les années 80
31:58dans les années 80
31:59Serge Gainsbourg
32:00qui n'était pas client
32:01des procédures
32:02de bois de Boulogne
32:03venait à deux voitures
32:05il embarquait les filles
32:06et il les emmenait
32:07au palace
32:07pour faire la fête
32:08toute la nuit
32:08et il leur payait tout
32:09juste pour faire la fête
32:10il y avait toute une mythologie
32:12autour de ça
32:13il y avait beaucoup
32:13de stars qui passaient
32:14la scène est racontée
32:15dans le livre
32:16alors est-ce qu'il y a eu
32:17un réseau
32:18j'allais dire
32:19touristique
32:19au bois de Boulogne
32:20de gens installés
32:21dans la vie parisienne
32:22qui venaient faire
32:23un petit tour
32:23passer un bon moment
32:25et puis amener des amis
32:26qui étaient
32:27comme une soirée
32:28au lieu d'aller au cabaret
32:29au lieu d'aller
32:30au Moulin Rouge
32:30ou au Lido
32:31et bien je vous amène
32:32au bois de Boulogne
32:33est-ce qu'il y a eu
32:33des situations de ce genre ?
32:34Il y a beaucoup
32:36encore aujourd'hui
32:36il y a beaucoup de gens
32:38qui passent la nuit
32:39au bois de Boulogne
32:40de tous les âges
32:42qui viennent seuls
32:43ou avec un copain
32:43et ils passent la nuit
32:44au bois de Boulogne
32:45sans vraiment consommer
32:46mais uniquement parce qu'ils aiment
32:47discuter avec les filles
32:48ils aiment l'ambiance
32:50un peu bizarre
32:50qu'il se passe au bois de Boulogne
32:51et aussi ils vont rendre
32:52des services aux filles
32:53alors Stella le raconte
32:54dans le livre
32:55il y a des types qui viennent
32:56rendre des services
32:57c'est-à-dire ils vont chercher
32:58un paquet de cigarettes
32:58ils vont chercher
32:59une petite bouteille de vodka
33:00ils vont chercher
33:01un petit paquet de gâteau
33:02à l'épicerie de Boulogne
33:05il y a des gens
33:05qui aiment venir
33:06au bois de Boulogne
33:07pour l'ambiance
33:08il y a une vie sociale
33:09je reçois Stella Rocha
33:10et Yanis Zayadi
33:11auteurs de
33:12Allée de la Reine Marguerite
33:13Souvenir d'une Présilienne
33:14au bois de Boulogne
33:15un témoignage piquant
33:20vous pouvez nous appeler
33:20au 0826 300 300
33:22vous avez certainement
33:23une idée sur la question
33:24ou envie tout simplement
33:25d'échanger ou de poser
33:26poser une question
33:27à Yanis ou à Stella
33:28vous n'hésitez pas
33:29Emmanuel Galasso
33:30attend votre appel
33:31à tout de suite
33:31sur Sud Radio
33:33Sud Radio
33:34la France dans tous ses états
33:36Péricault Légas
33:38vous êtes bien sur Sud Radio
33:39il est 13h48
33:40la parole est aux auditeurs
33:42là maintenant c'est open bar
33:43on étend les questions
33:44à toute l'actualité
33:45soit ce qu'on a dit
33:46sur cette antenne
33:47soit ce que vous avez entendu
33:48dans l'actualité d'aujourd'hui
33:50Yanis et Stella
33:51vous restez à mes côtés
33:52on ne sait jamais
33:52ça peut repartir
33:53sur une thématique
33:54qui vous concerne
33:55et j'ai Olivier
33:56qui nous appelle
33:58de Bocquer
33:58bonjour Olivier
34:00bonjour
34:00je suis content
34:01de pouvoir réagir
34:04à ces faits
34:06je vais résumer
34:07très court
34:08pour le voir
34:08oui
34:09j'avais un ouvrier
34:10qui me disait
34:11les gens qui s'attaquent
34:12aux enfants
34:13ce sont des déchets
34:14de la société
34:16et il m'a dit
34:17tout ce qu'on fait
34:17des déchets
34:18on les élimine
34:20voilà
34:20moi c'est ça
34:22alors je vous en parle
34:23parce qu'il m'est arrivé
34:25là récemment
34:26la même chose
34:27une petite fille
34:28une de mes petites filles
34:29qui s'est fait violer
34:31le gars est en prison
34:32donc on est deux grands-pères
34:34il y a mes trois fils
34:35on n'attend qu'une chose
34:37de la justice
34:37qu'elle fasse son boulot
34:38parce que si elle ne le fait pas
34:39s'il sort
34:40on fera nous la justice
34:43qu'est-ce que vous entendez
34:45par on élimine
34:46on élimine le déchet
34:47Olivier
34:48on élimine
34:49parce que quand on parle
34:49de castration
34:50en limite
34:50ça me fait rire
34:51parce que c'est un truc
34:52que si ce n'est pas suivi
34:53ça ne fait rien du tout
34:54moi je dis
34:55il faut une vraie castration
34:57vous faites allusion
34:58à quoi ?
34:58à la peine de mort
34:59éventuellement ?
35:00non
35:03on devrait
35:04mais
35:05est-ce que ça résoudra
35:06les problèmes des autres ?
35:07non
35:07je pense que
35:08ces gens
35:10ils sont malades
35:11ce n'est pas parce qu'on va
35:12en tuer
35:13non parce que le mot éliminer
35:14est très précis
35:15en fait ce que vous aimeriez
35:17et je pense que
35:17beaucoup de gens
35:19partagent votre avis
35:19s'il y a une condamnation à vie
35:21que la condamnation
35:22soit réelle
35:23et que la réclusion
35:24à perpétuité
35:25soit menée
35:25jusqu'au bout
35:26c'est ça
35:27c'est ça qu'on veut
35:28parce que moi je vous dis
35:29mes enfants
35:31moi je suis un grand-père
35:32et il y a un autre grand-père
35:33il m'a dit
35:34mais s'il sort
35:35il ne vivra pas longtemps
35:37il ne vivra pas longtemps
35:38parce qu'il doit rester en prison
35:39il vaut mieux qu'il reste en prison pour lui
35:42Robert Badinter
35:42qui a été gardé
35:43sous-ministre de la justice
35:45voilà
35:46chante des libertés individuelles
35:47et constitutionnelles
35:48reconnaissait lui-même
35:49il est celui
35:50qui a obtenu
35:51l'abolition
35:52de la peine de mort
35:52quand il était gardé
35:53en 81
35:54à l'élection
35:55de François Mitterrand
35:56dans une séance
35:57mémorable
35:58à l'Assemblée Nationale
35:59il disait
36:00si j'étais confronté
36:01moi-même
36:02à un crime
36:03de quelqu'un
36:03qui m'est cher
36:04je comprendrais
36:04qu'il puisse y avoir
36:05des pulsions
36:06de voilà la mort
36:07de l'assassin
36:08pour autant il ne faut pas
36:09parce que la peine de mort
36:09la peine de mort
36:10est contraire
36:11au principe de l'humanité
36:12mais vous ce que voudriez
36:13en tout cas
36:13c'est que
36:14c'est que
36:15le pédophile criminel
36:16soit neutralisé
36:18soit en termes juridiques
36:20de façon définitive
36:21bien sûr
36:22ils ont tous recommencé
36:25tous ceux qui ont fait ça
36:27ils ont tous recommencé
36:28dès qu'ils ont sorti de prison
36:30donc c'est que
36:32la justice
36:32ne fait pas son travail
36:33d'ailleurs
36:34si la justice
36:35on pourrait en parler
36:36dans tous les cas
36:38elle est à la ramasse
36:39complètement
36:40Olivier peut-être que
36:41entre guillemets
36:42je ne veux pas parler
36:43du sacrifice de l'IANA
36:44mais la mort de l'IANA
36:45a peut-être permis
36:47de franchir un seuil
36:48qui fait tant au niveau
36:49de la société
36:50que des pouvoirs publics
36:51que du législateur
36:52que de nos gouvernants
36:53on a compris
36:54qu'il fallait prendre
36:54des mesures courageuses
36:55et définitives
36:56je pense que vous serez
36:57en ce sens
36:58entendu
36:59nous avons Christian
37:00qui nous appelle
37:00de Pomaray
37:01dans les Landes
37:02bonjour Christian
37:02Pomaray
37:03bonjour à vous
37:04oui
37:04c'est aussi la tragédie
37:06de l'IANA
37:07qui vous amène
37:07Christian
37:08alors en fait
37:09c'est la tragédie
37:10de tout ce qui se passe
37:11depuis des années
37:14on est en train
37:15de faire un exemple
37:16avec ça
37:17de nouveau
37:17n'est-ce pas
37:18et on recommence
37:19qu'il y avait
37:21il y a 10 ans
37:21et ainsi de suite
37:22au niveau des enfants
37:23qui ont été violés
37:24et tués
37:25l'affaire d'Outreau
37:28on peut remonter
37:29très très loin
37:30et puis tous les jours
37:31et maintenant
37:32et là on fait
37:33alors je trouve
37:34que là on entraîne
37:35le gouvernement
37:35sa spécialité
37:37à chaque fois
37:38c'est d'y mettre
37:38un pansement
37:39en parlant
37:40pour faire
37:41la castration
37:43chimique
37:44le monsieur
37:45juste avant
37:46parle entre guillemets
37:47de l'affectement
37:48c'était Olivier
37:48oui Olivier
37:49bon
37:50dans ce qu'il dit
37:51il a raison
37:51mais la problématique
37:52elle n'est pas là
37:53il faut regarder
37:53à la base
37:54on a eu un gouvernement
37:55laxiste
37:56il faut s'en prendre
37:57aux gens aujourd'hui
37:58qui ont voté les lois
37:59qui font les lois
38:00qui devaient en 10 ans
38:01faire des lois
38:02et il faut revoir
38:04absolument
38:05il faut reculer
38:06il faut pas
38:07commencer à dire
38:08vous savez
38:08la peine de mort
38:09tout le monde est pour
38:10de l'instant
38:10vous perdez un enfant
38:11c'est obligatoire
38:13la castration chimique
38:15ça fait combien de temps
38:15on en entend parler
38:16dites-moi
38:19plusieurs années
38:20plusieurs années
38:21j'ai 71 ans
38:23à votre avis
38:23j'en entends parler
38:24depuis quand ?
38:25depuis des années
38:26qui fait quoi ?
38:27il faut un jour
38:28espérons qu'un jour
38:29on aura quelqu'un
38:30dans un gouvernement
38:31où les choses
38:32qui seront annoncées
38:33seront faites
38:34vous voyez ce que je veux dire
38:36oui Christian
38:36j'espère que les élections
38:37de 2027
38:39vont rentrer
38:40dans une thématique
38:41où les français
38:42vont voter
38:43pour des vérités
38:44et les gens qui bougent
38:45il faut faire
38:47un contre-pouvoir
38:49j'ai toujours pensé ça
38:51un contre-pouvoir
38:53des citoyens
38:56alors Christian
38:57le problème
38:58c'est qu'il y a
38:59un principe fondamental
39:00qui est l'état de droit
39:01qui dit
39:02ce que le droit
39:03ce qu'une démocratie
39:04ce qu'une république
39:04peut faire
39:05ou ne pas faire
39:06en termes pénales
39:06bien entendu
39:07et Bruno Retailleau
39:08avait soulevé le problème
39:09l'état de droit
39:10n'est pas immuable
39:11on peut le repenser
39:12pour plus de justice
39:13pour plus de sévérité
39:14pour plus de respect
39:15de la victime
39:16et c'est en ce sens
39:16évidemment que la classe politique
39:18et que nos gouvernants
39:18vont certainement
39:20je pense malgré tout
39:21ce que je disais à Olivier
39:23la tragédie de Liana
39:24est un tel traumatisme
39:25c'est une telle abomination
39:26c'est allé si loin
39:27dans l'horreur
39:28avec le dysfonctionnement
39:29les carences
39:30c'est les failles
39:31de l'état et de la justice
39:32que peut-être
39:33cette fois-ci
39:34suite à la mort de Liana
39:36peut-être que des dispositions
39:37je ne devais pas dire définitives
39:39mais incomparablement
39:40plus efficaces
39:40que ce qu'on a connu
39:41jusqu'à présent
39:42vont être prises
39:43par les responsables
39:44de la république
39:44c'est un petit peu ça
39:45que vous espérez
39:45vous aussi je suppose Christian
39:47absolument
39:48de toute façon
39:49il va falloir mettre
39:50les deux pieds dans le plat
39:51remettre l'église
39:52au milieu du village
39:53parce que les français
39:54en ont marre
39:55les français en ont marre
39:56de pleurer leurs enfants
39:57n'est-ce pas
39:58et ça tend en plus
40:00que regarder
40:00c'est à chaque fois
40:01de l'EQTF
40:02des gens qui sont
40:03c'est un truc de fou
40:05quand même
40:05vous avez vu Christian
40:06que les manifestations spontanées
40:07qui se sont déroulées
40:09devant les palais de justice
40:10au ministère
40:11et contre les autorités judiciaires
40:13témoignent quand même
40:14d'un sursaut spontané
40:15de colère
40:16du peuple français
40:17qui alors là
40:18qui n'est pas organisé
40:19qui n'est pas télévidé
40:20et qui est le cri du coeur
40:22de la France en souffrance
40:23qui a l'air à le bol
40:23de subir ce genre d'abomination
40:26et bien on est bien d'accord
40:27c'est exactement ça
40:28aujourd'hui
40:28merci Christian
40:29pour votre témoignage
40:31Yanis
40:31c'était là
40:32une tragédie
40:33bien entendu
40:33c'est terrible
40:35qui vous a bouleversé
40:35vous aussi
40:36oui terrible terrible terrible terrible
40:38et en fait comme tu dis
40:40cette faille de la justice
40:42ça c'est terrible ça
40:43c'est terrible
40:44parce qu'il avait déjà été
40:46condamné malheureusement
40:47peut-être que cette fois-ci
40:49cette mort de trop
40:51comme disait le maire de Florence
40:52elle n'a pas fait déborder le vase
40:55c'est la goutte
40:56qui a renversé le vase
40:58espérons qu'il soit entendu
40:59et que les autorités
41:00de cette république
41:01retrouveront la dignité
41:02qu'elle doit être la leur
41:03pour traiter cette abomination
41:04puisqu'il n'y a rien de plus précieux
41:06en ce monde que nos enfants
41:07auxquels nous tenons
41:08et il n'est pas question
41:09qu'en République française
41:09en 2026
41:10une petite Liana puisse mourir
41:11dans les conditions
41:13qu'elle a connues
41:14dans cette horreur
41:15cette tragédie
41:15merci à tous les deux
41:16d'avoir été là
41:17je rappelle le titre
41:18de votre ouvrage
41:19Aller de la Reine Marguerite
41:20souvenir d'une brésilienne
41:21au bois de Boulogne
41:22c'était La Rocha
41:22Yannes Yenadis
41:23aux éditions
41:24du Cherche Midi
41:25quant à nous
41:26je vous donne rendez-vous
41:26à demain
41:27nous délocalisons
41:29la France
41:29et dans tous ses états
41:30nous allons à Nîmes
41:32aux journées
41:33des associations
41:331 plus bio
41:34qui est le grand organisme
41:35qui le premier
41:36a permis que des cantines scolaires
41:38avec l'initiative municipale
41:40passent à l'agriculture biologique
41:42pour que nos enfants
41:43mangent des choses
41:44propres
41:45justes
41:45et saines
41:46qu'elles combattent
41:47la malbouffe
41:48et que nos agriculteurs
41:49aient des revenus
41:49notamment dans
41:50les offres publiques
41:52et que la restauration collective
41:53soit aussi une restauration
41:55où on donne dignement
41:56à manger
41:57à ceux que l'on doit
41:58nourrir
41:59merci
41:59merci d'avoir été
42:00sur Sud Radio
42:01et vous restez avec nous
42:02Brigitte Lai
42:03prend la suite
42:03toujours pour des questions
42:04de sentiments et d'amour
42:05mais avec un peu plus
42:07de poésie cette fois-ci
42:07puisque Brigitte
42:08est une poétesse
42:09merci à tous
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