00:00Quelle réponse après la mort de la petite Liana ? Faut-il changer la loi ?
00:04D'un côté, il y a le gouvernement qui se réunit encore ce matin pour apporter, disent-ils, des mesures
00:09utiles et efficaces.
00:10Et puis de l'autre, il y a les députés, dont vous, Céline Thiebaud-Martinez. Bonjour.
00:14Bonjour.
00:14Vous êtes députée socialiste de Seine-et-Marne.
00:17Vous avez lancé un appel hier, aux côtés de la présidente de l'Assemblée nationale, Yann Brun-Pivet, pour relancer
00:21votre proposition de loi.
00:23Elle est déjà prête. Elle était dans un fond de tiroir. Elle dormait depuis quelques temps parce que personne n
00:28'avait voulu s'en emparer.
00:30Votre proposition de loi, c'est celle qu'on dit intégrale. Intégrale contre les violences sexuelles. Il y a quoi
00:37dans votre loi ?
00:38Alors, notre loi, déjà, elle est dite intégrale parce qu'elle embrasse tout un tas de sujets, tout un tas
00:44d'environnements dans la société,
00:45parce que toute la société est touchée par les violences faites aux femmes et aux enfants.
00:50Donc, dans notre loi, il y a un certain nombre de choses, notamment une réorganisation de notre système judiciaire avec
00:55des juridictions spécialisées,
00:57des juridictions qui sont dédiées à la lutte contre les violences faites aux enfants et faites aux femmes.
01:02Il y a aussi un volet qui est consacré à la protection de l'enfance pour tous les enfants, quels
01:07qu'ils soient, victimes de violences, pour les protéger aussi de ces violences.
01:11Et puis, il y a un volet sur les violences sexistes et sexuelles au travail, dans l'environnement éducatif, notamment
01:19dans l'enseignement supérieur.
01:20Un chapitre sur la santé, avec des aspects sur les violences obstétricales et gynécologiques.
01:26Donc, on embrasse vraiment un certain nombre de sujets qui concernent le quotidien des enfants et des femmes.
01:31Et c'est d'ailleurs une proposition de loi transpartisane. Elle est soutenue dans différentes familles politiques.
01:36Pour qu'elle revienne à la une de l'Assemblée nationale, pour qu'elle soit à l'ordre du jour,
01:41ça dépend de qui et de quoi ?
01:43Alors, aujourd'hui, et c'était le sens de la conférence de presse que nous avons tenue hier à l
01:47'Assemblée nationale,
01:48notre objectif, c'est qu'elle soit inscrite à l'ordre du jour de l'Assemblée nationale, pour qu'elle
01:53puisse être examinée par le Parlement.
01:56Et compte tenu de l'importance de cette loi, parce que comme elle est intégrale, elle comporte beaucoup d'articles,
02:0279 articles,
02:03ce qui est conséquent pour une proposition de loi, nous souhaitons, et c'était le sens de la conférence de
02:08presse d'hier,
02:09nous souhaitons que le gouvernement prenne sur son temps législatif, sur son temps parlementaire,
02:14qu'il prenne le temps d'inscrire ce texte pour que nous puissions l'examiner dans de bonnes conditions.
02:19Quand vous dites intégrale, est-ce que ça veut dire qu'au fond, on ne peut pas en prendre un
02:22morceau ?
02:23Il faut l'apprendre en entier ou pas ?
02:24Et dans ce cas-là, quand vous dites qu'elle est importante, elle est aussi importante en termes de budget.
02:29Si l'intégralité de votre loi intégrale était mise en œuvre, c'est 2,7 milliards d'euros ?
02:36Oui, c'est ça. La loi intégrale telle qu'elle est aujourd'hui, et avec un certain nombre d'autres
02:40mesures proposées par les associations enfantistes et féministes,
02:44elle est estimée à 2,7 milliards d'euros.
02:46Ce chiffre peut paraître conséquent, mais les violences en France coûtent chaque année plus de 90 milliards d'euros.
02:53Et on voit bien avec l'affaire...
02:54C'est-à-dire ? C'est-à-dire que si elles ne sont pas traitées ?
02:56C'est le cas aujourd'hui. Voilà. C'est l'estimation qui est faite.
02:59Et on voit bien avec l'affaire Liana, qui est une affaire parmi d'autres, malheureusement, on voit bien que
03:04cette affaire, elle a des impacts absolument énormes sur l'ensemble de la société,
03:09sur la famille de Liana, bien sûr, mais aussi beaucoup plus largement, parce qu'il ressort des éléments dont on
03:15dispose aujourd'hui,
03:15que l'auteur présumé n'est pas à sa première agression, n'est pas à cette première affaire,
03:23et que s'il y avait eu des traitements, s'il y avait eu une prise en charge beaucoup plus
03:28en amont, peut-être, en effet, que cette affaire n'aurait pas eu lieu.
03:31Personne ne peut le dire, mais en tout cas, on peut imaginer que les choses auraient été différentes.
03:36Vous, vous plaidez donc pour cette loi, mais lorsque l'on regarde ce qui a en effet dysfonctionné, si on
03:43reprend les mots du gouvernement,
03:45dans l'ensemble de la chaîne à la fois judiciaire, mais aussi de signalement, vous parliez de la protection de
03:49l'enfance,
03:50l'une des petites filles qui dit avoir été victime de ce Jérôme Marella, c'est une petite fille placée
03:55à l'aide sociale à l'enfance,
03:57qui s'est plainte auprès, d'ailleurs, d'une de ses animatrices au sein du foyer, qui a pris en
04:02compte sa parole,
04:04qui a fait un signalement, le signalement aussi de l'article 40.
04:08Au fond, il y a eu des plaintes, il y a eu des manifestations, il y a eu des paroles,
04:13mais rien n'a été suivi de fait.
04:15Une loi, très bien, mais est-ce qu'en attendant, simplement appliquer ce qui devrait exister,
04:19c'est-à-dire un signalement est fait, eh bien il doit être suivi de conséquences, ça ne serait pas
04:25déjà pas mal ?
04:26Alors oui, ce serait déjà bien. La situation à laquelle on est confronté, je pense que c'est en ça
04:32que la loi intégrale,
04:33elle peut permettre de passer un saut, de sauter le gap, c'est que depuis MeToo, depuis les travaux de
04:41la civise,
04:42on a dit aux femmes, on a dit aux enfants victimes de violences, parlez, dites-nous ce qui vous est
04:46arrivé,
04:47on vous croit, exprimez-vous. Le sujet que nous rencontrons aujourd'hui, c'est qu'on voit bien qu'on
04:52n'a pas fait,
04:52à la suite de l'expression des victimes...
04:55Donc ça, ça a été fait, c'est-à-dire qu'il parle, en tout cas, quand on regarde ce
04:58qui s'est passé,
04:58une petite fille de 7 ans qui a d'abord porté plainte contre Jérôme Barrella,
05:02plainte qui a été classée sans suite, une petite fille de 9 ans, Rosa,
05:06une autre petite fille, comme je l'évoquais, placée à l'aide sociale à l'enfance,
05:10Liana elle-même, qui après une soirée pyjama s'est plainte à ses parents,
05:13ou à trouver étrange, ou en tout cas à exprimer l'idée qu'il avait voulu lui faire des chatouilles.
05:18Tout cela, ça a été exprimé. La question, c'est qu'est-ce qu'on en fait ?
05:22Oui, c'est ça. Et le sujet aujourd'hui, c'est comment notre système,
05:26alors que ce soit le système judiciaire, mais la société de manière générale,
05:29est en capacité d'accueillir la parole des victimes,
05:32et est en capacité de la traiter comme elle se doit.
05:34On ne peut plus être dans une sorte de position de repli ou de protection,
05:39où on aurait d'un côté la parole d'un auteur présumé,
05:43et la parole d'un enfant avec cette espèce d'équilibre,
05:45mais oui, mais est-ce que l'un ment, est-ce que l'autre dit la vérité ?
05:48Et ça, aujourd'hui, on voit bien que ça nous impuissante,
05:50et on doit admettre l'idée que dès qu'il y a une expression,
05:54il faut prendre des mesures.
05:56Merci beaucoup Céline Thiebo-Martinez d'être venue défendre
05:59le retour de votre proposition de loi à l'ordre du jour à l'Assemblée nationale.
06:03Vous êtes député socialiste de Seine-et-Marne,
06:05cette loi dite intégrale pour lutter contre toutes les violences sexuelles et sexistes.
06:10Ne manquez pas à 8h30 le face-à-face.
06:12Mon invité, ce sera justement le patron des députés LR.
06:15Est-ce que le patron des députés LR, Laurent Wauquiez,
06:18soutiendra le retour de votre loi ?
06:20Je lui pose la question, bien sûr, à 8h30.
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