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  • il y a 6 jours
KICÉKIKONÉ, le podcast par un média, pour les médias, sur les médias... by Havas Edition.​

Les nouvelles pratiques du commerce mondial expliquées par Vincent Mayet.

Catégorie

📚
Éducation
Transcription
00:00Avas Éditions, en partenariat avec TikTok, présente
00:06Qui c'est qui connaît ? Le podcast par un média, pour les médias, sur les médias.
00:15Bye Avas !
00:16Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans ce nouvel épisode de Qui c'est qui connaît ?
00:20Le podcast qui décrypte les grandes mutations du marketing, du commerce et des marques.
00:24Aujourd'hui, nous allons parler d'un sujet absolument central,
00:27l'évolution du commerce mondial dans un contexte de tensions géopolitiques,
00:31d'accélération technologique et de transformation profonde des usages des consommateurs.
00:35Le e-commerce, longtemps perçu comme un simple canal de vente,
00:39est devenu un véritable architecte des nouvelles règles du jeu.
00:42Data, plateforme, logistique, expérience, rôle des marques, tout est en train de se recomposer.
00:46Pour en parler, j'ai le plaisir d'accueillir Vincent Maillet,
00:50fondateur de Avas Commerce au sein du groupe Avas,
00:52observateur privilégié et acteur de ces transformations
00:55aux côtés de nombreuses marques internationales.
00:57Vincent va nous partager sa vision stratégique, à la fois globale et très concrète,
01:01de ce commerce en pleine mutation.
01:03Bonjour Vincent !
01:04Bonjour !
01:05Bienvenue dans ce nouvel épisode de Qui c'est qui connaît.
01:07Avant de rentrer dans le vif du sujet,
01:09est-ce que tu peux te présenter en quelques mots
01:11quel est ton rôle chez Avas et ton parcours ?
01:13Ça risque d'être long, mais...
01:14Donc Vincent Maillet, qu'est-ce que je peux dire ?
01:16Que j'ai démarré dans ce métier stagiaire dans les années 90,
01:19donc juste après la loi Sapa et que j'ai connu à peu près tous les postes
01:24qu'on peut connaître dans une agence de pub, en fait,
01:26quand on est jeune consultant jusqu'à diriger des structures au sein d'Avas,
01:30des gotsheets moyennes, des grosses structures.
01:32Et il y a une dizaine d'années, j'ai proposé au groupe de créer Avas Commerce,
01:36qui est en fait une structure de veille d'analyse
01:38et de fabrication de contenu autour des grandes évolutions de commerce dans le monde.
01:42La Congo, on a une petite équipe connectée à peu près à tout ce qui se passe
01:46dans le monde en matière d'évolution et d'innovation dans le commerce.
01:50Et donc, on crée des analyses, des books, des livres blancs,
01:53des newsletters, des conférences pour expliquer
01:56et pour essayer de partager ce qu'on a compris
01:58de l'évolution du commerce dans le monde.
01:59Voilà. Alors, ce n'est pas très humble comme présentation,
02:02mais en fait, c'est un job qui est finalement relativement confortable
02:04puisqu'on passe nos journées sur un seul sujet
02:06qui est l'évolution du commerce.
02:07Donc, assez rapidement, on devient des spécialistes du commerce.
02:10Et après, comme le commerce est un langage universel,
02:14c'est ça qui est assez passionnant,
02:15on voit assez vite comment les choses se dessinent
02:18et comment les choses fonctionnent.
02:19On fait pas mal d'études aussi,
02:20on fait entre deux et trois études mondiales par an.
02:23Entre 15 et 30 pays participent à ces études.
02:26Donc, ça nous permet d'avoir un regard un peu clair
02:28sur l'évolution du commerce.
02:31Alors, quand on parle aujourd'hui de commerce mondial,
02:33justement, de quoi parle-t-on vraiment ?
02:35Est-ce que c'est encore un système globalisé
02:36ou un commerce de plus en plus fragmenté, régionalisé ?
02:40Alors, c'est les deux, en général.
02:41Ce qui se passe, c'est qu'on voit bien,
02:43il y a deux aspects, en fait,
02:44et on le voit dans tous les pays.
02:46On a des énormes plateformes aujourd'hui,
02:48type marketplace, on le voit en Chine,
02:50en Occident, plus fortement aux États-Unis.
02:52Dans tous les pays, on voit d'énormes marketplaces
02:55qui sont capables de produire 300, 350,
02:59un milliard de références disponibles dans ces marketplaces.
03:02On prend les plateformes Alibaba, par exemple, en Chine,
03:04c'est plus d'un milliard de références
03:05qui sont disponibles pour les clients.
03:07Donc ça, c'est une espèce de course au choix et à l'offre.
03:10Et puis, on a des acteurs locaux, petits,
03:14qui connaissent très, très bien le marché,
03:17on va dire la géographie locale,
03:19les besoins des consommateurs,
03:20et qui, eux, arrivent à très bien s'en sortir
03:23sur leur marché local,
03:24en apportant des solutions que les grandes plateformes
03:26ne peuvent pas apporter.
03:27Donc, il y a toujours dans le commerce ces deux dimensions.
03:29C'est-à-dire une dimension vraiment globale, mondiale,
03:33avec des produits qu'on retrouve quasiment partout,
03:35avec, bien entendu, des boîtes comme L'Oréal ou Nestlé
03:38qui sont capables de vendre des produits partout,
03:40et puis des acteurs locaux qui vendent de la production locale, etc.
03:44Et en fait, les deux cohabitent plutôt pas trop mal aujourd'hui.
03:46Il y a même un retour, d'ailleurs,
03:47de la souveraineté en matière de consommation.
03:50Et on voit que, par exemple, en Inde, en Chine,
03:54tout un tas de tendances qui sont en train de se recréer
03:56autour de « j'achète des producteurs locaux et des produits locaux ».
03:59Donc, ça fait partie des tendances assez intéressantes,
04:01dans le luxe, dans l'alimentaire, dans la mode,
04:04enfin, vraiment dans tous les domaines.
04:05Et alors, quels sont, selon toi,
04:06les trois grands bouleversements majeurs de ces dernières années,
04:09quel que soit le domaine géopolitique, économique ?
04:13Le premier qu'il faut noter, qui est quand même l'inflation,
04:16et donc très grosse pression sur le pouvoir d'achat des consommateurs.
04:20Et ça, ce qui est étonnant, c'est qu'on le voit partout.
04:21C'est mondial.
04:23Et on voit que les comportements des consommateurs, d'ailleurs,
04:25en face du prix, sont finalement à peu près les mêmes partout.
04:28C'est-à-dire qu'il y a des stratégies qui se mettent en place
04:30pour trouver le meilleur prix, pour cagnoter,
04:32pour consommer moins cher, etc.
04:34Donc, ça, c'est la grosse tendance des dernières années.
04:37Deuxième tendance, qui est quand même,
04:39avec l'évolution et la progression du e-commerce,
04:42c'est finalement la livraison et la rapidité de livraison,
04:45qui est un phénomène mondial.
04:46Et on voit que plus la livraison est rapide,
04:48et plus le e-commerce progresse.
04:50Le cas d'Amazon est assez impressionnant.
04:51On voit qu'au fur et à mesure que le temps de livraison diminuait
04:54chez Amazon aux États-Unis dans sa progression,
04:56le chiffre d'affaires d'Amazon progressait totalement corrélé,
04:59connecté à la baisse du temps de livraison.
05:01Donc, ça, c'est le deuxième point.
05:03De mon point de vue, alors, je fais un peu de prospective,
05:05mais le troisième, ça va être vraiment le commerce sous IA.
05:09On a un peu une idée de ce qui va se passer,
05:10mais je pense qu'on n'a pas encore totalement compris
05:12ce qui va nous tomber sur le coin de la figure.
05:14Parce que je pense que là, pour le coup,
05:16c'est une méritable révolution.
05:17Et d'un point de vue des marques internationales
05:19que vous accompagnez chez Avas,
05:21est-ce que tu vois des inquiétudes en particulier
05:23ou des opportunités qui dominent aujourd'hui ?
05:26Quand on dit marque, on parle des distributeurs.
05:28Il y a toujours le même sujet.
05:29C'est-à-dire qu'il y a ceux qui ont une bonne image prix
05:31et ceux qui n'ont pas une bonne image prix.
05:33Et en fait, toute la difficulté, c'est plus l'attention sur le prix
05:36et plus l'attention sur le pouvoir d'achat se fait,
05:38plus les enseignes qui ont une image prix qui n'est pas au niveau
05:42patogent et doivent trouver des solutions
05:43pour justement apporter des prix bas
05:47ou en tout cas montrer qu'elles se battent pour le prix.
05:49Donc ça, c'est un premier sujet
05:51qui en fait touche quasiment toutes les enseignes.
05:53Toutes les enseignes doivent se jauger
05:56ou travailler régulièrement sur
05:58est-ce que j'ai une bonne image prix ?
05:59Est-ce que je fais tout ce qu'il faut
06:01pour apporter les meilleurs produits au meilleur prix pour le client ?
06:03Donc on voit l'explosion du discount,
06:05l'arrivée aujourd'hui des plateformes chinoises.
06:07On en a beaucoup parlé de Chine en France,
06:10d'Aliexpress.
06:11Toutes ces plateformes qui apportent du prix
06:12et qui viennent déréguler vraiment les marchés locaux.
06:15C'est le cas de la France,
06:17c'est le cas des US,
06:17c'est le cas de l'Espagne.
06:18On voit bien que dès qu'il y a une tension sur le prix,
06:20on voit arriver de nouveaux intervenants
06:21et que les intervenants du discount
06:24apportent souvent des solutions
06:25que les anciens traditionnels ont du mal à trouver.
06:27Donc c'est toujours cette nécessaire adaptation
06:30à la pression du prix
06:31et la pression de l'inflation sur le consommateur.
06:34Ça, c'est le premier point.
06:36Le deuxième, c'est comment,
06:37et on le voit, nous,
06:38c'est un peu pour ça qu'on existe chez Avast Commerce,
06:39c'est quelles sont les nécessaires adaptations
06:42du modèle du distributeur traditionnel
06:45pour pouvoir matcher avec les grandes plateformes
06:47innovantes et technos.
06:49Donc la question de l'IA,
06:50j'ai pas mal de clients qui me posent la question,
06:53Vincent, qu'est-ce qu'on fait pour l'IA ?
06:55On a eu encore il y a quelques années
06:57la question de la livraison,
06:58est-ce qu'on y va, est-ce qu'on n'y va pas ?
07:00Est-ce que c'est un enjeu financier,
07:01la livraison pour les distributeurs ?
07:03Ça a un coût ?
07:03Est-ce que c'est le consommateur qui paye ?
07:05Est-ce que c'est le distributeur qui paye ?
07:06Quel niveau d'organisation et de supply chain
07:09et de méthode on met en place
07:10pour que tout ça fonctionne ?
07:11Donc c'est des chantiers qui sont quand même
07:12vachement lourds pour les distributeurs.
07:14Donc ça, c'est les deux grands chantiers
07:15qui sont le prix et puis l'innovation,
07:18l'adaptation, l'évolution du commerce.
07:20Et alors pendant longtemps,
07:21le e-commerce était vu comme un canal parmi d'autres.
07:24Pourquoi est-ce que c'est devenu aujourd'hui
07:25un véritable système structurant du commerce ?
07:28Pour une raison simple,
07:29c'est qu'en fait,
07:30le e-commerce apporte un service
07:32qui est absolument incroyable
07:33puisqu'on vous livre.
07:34Donc il y a effectivement le choix,
07:36mais la première demande,
07:37c'est cette idée de recevoir chez soi
07:39un produit qu'on n'a pas à aller chercher.
07:41Souvent, on critique un peu
07:42la progression du e-commerce,
07:43mais pas perdre de vue
07:44que les gens qui consomment du e-commerce,
07:46souvent, c'est les familles avec enfants
07:48qui habitent en périurbain.
07:50C'est-à-dire,
07:50c'est pas forcément les habitants des centres-villes
07:52qui consomment du e-commerce.
07:53C'est un peu l'image qu'on a.
07:54D'ailleurs, toute la vague qu'e-commerce,
07:56vous savez,
07:56toutes ces boîtes qui étaient là dans Paris
07:58en disant on va livrer en moins de 10 minutes
07:59l'alimentation,
08:01ont toutes fermées ou presque.
08:02Parce qu'en fait,
08:02les gens qui consomment vraiment du e-commerce,
08:04c'est des familles avec ados,
08:06deux, trois enfants,
08:07qui habitent à 15, 20 kilomètres des villes
08:10et qui, dès qu'elles doivent acheter,
08:12doivent prendre une voiture,
08:13faire une demi-heure,
08:14trois quarts d'heure de voiture
08:15pour aller acheter tout ce qui est acheté.
08:17Donc le e-commerce,
08:17dans ce cas de figure,
08:18apporte un service
08:19qui est absolument indéniable et incroyable.
08:22Donc voilà,
08:22le e-commerce répond à une attente purement humaine
08:24de praticité,
08:26de simplification et de gain de temps.
08:27Et dans ce cadre-là,
08:29tous ceux qui ne sont pas adaptés,
08:30en fait, ont vu leur part de marché baisser.
08:33Alors c'est particulièrement vrai en non-alimentaire.
08:36Ça commence à l'être un peu en alimentaire,
08:38mais le gros du développement vraiment du e-commerce
08:40est fait sur le non-alimentaire dans le premier temps.
08:43On commence à voir aujourd'hui
08:44un développement sur l'alimentaire,
08:45mais c'est encore assez marginal
08:47par rapport au non-alimentaire.
08:48Est-ce qu'on peut dire que le e-commerce
08:50a fondamentalement redéfini certaines règles ?
08:52Et si oui, lesquelles ?
08:53Le e-commerce, il a apporté cette idée
08:55de praticité, de rapidité de livraison
08:57et donc de service pur et dur.
08:59Et le deuxième point,
09:00c'est la capacité à offrir une offre
09:02quasi, pas infinie,
09:04mais en tout cas monstrueuse.
09:05Il y a entre 250 et 350 millions
09:07de références sur Amazon.
09:09Ce qui est terrible,
09:10c'est qu'en fait,
09:11la chaise que vous cherchez
09:12ou les verres que vous cherchez
09:14ou le t-shirt que vous cherchez,
09:16il est quasiment à coup sûr sur Amazon.
09:18Et donc, vous avez un interlocuteur
09:20avec un système de livraison
09:21que vous maîtrisez,
09:23dans lequel vous avez confiance
09:24et donc ça va très, très vite.
09:25Et du coup, cette qualité de service-là,
09:27à partir du moment où elle est
09:28quasi irréprochable,
09:29il y a deux sujets.
09:30Il y a la capacité et la rapidité
09:31de livraison, puis après,
09:32il y a la possibilité de renvoyer
09:33les produits aussi rapidement
09:34qu'on les a reçus.
09:36Et tout ça participe en fait
09:37d'un développement incroyable
09:38parce qu'on gagne du temps.
09:40Donc, c'est encore une fois
09:41terriblement humain
09:42et terriblement orienté vers
09:44un service apporté au client.
09:45C'est la facilité de parcours
09:47à la fois livraison et retour.
09:48C'est ça.
09:49La possibilité de comparer,
09:51la possibilité de trouver
09:52le meilleur prix,
09:52la possibilité de recevoir ça
09:53chez soi.
09:54Il y a un côté un peu magique
09:55de recevoir des cartons
09:56à la maison en disant
09:57tiens, je vais pouvoir les ouvrir.
09:58Et tout ça rend finalement
10:00le e-commerce un peu magique
10:01dans son développement.
10:03Alors, on peut dire
10:03que le e-commerce transforme
10:05la notion même de concurrence
10:06à l'échelle mondiale.
10:07Oui.
10:08Les exemples,
10:09c'est les grandes plateformes,
10:10les grandes marketplaces
10:10comme Amazon
10:11ou comme AliExpress,
10:13JD.com.
10:14en Chine,
10:15ces gens-là ont pris
10:16une place
10:16et ont connu
10:17un développement absolument
10:18incroyable et phénoménal.
10:20Amazon, aujourd'hui,
10:21c'est plus de 25%
10:22de parts de marché
10:22dans le non-alimentaire
10:23en France.
10:24C'est 50% de parts de marché
10:26sur le non-alimentaire
10:27aux États-Unis.
10:28Donc, vous imaginez
10:29des Wal-Mart,
10:29des Kroger,
10:30des Target,
10:31toutes ces enseignes
10:32qui, pour certaines,
10:33n'ont pas fermé,
10:34mais souffrent quand même
10:35pas mal de l'arrivée
10:35d'Amazon
10:36qui a pris une place
10:37incroyable.
10:38Si on prend
10:38tesoureuses
10:39comme exemple
10:39aux États-Unis,
10:40finissent par disparaître
10:41devant la progression
10:42et le développement
10:43d'Amazon.
10:44Donc, on peut dire
10:44que ces grosses plateformes
10:46comme Amazon
10:46ou Alibaba
10:47sont devenues plus puissantes
10:48que certaines marques.
10:50Oui.
10:50Et ça doit être
10:51un enfer
10:52pour ces marques-là
10:53de se mettre au niveau.
10:54Pour certaines,
10:55c'est un enfer.
10:56Alors, nous,
10:56en France,
10:57on se plaint
10:57parce que déjà,
10:58Amazon est à 25%.
10:59Il faut juste se mettre
11:00à la place de Walmart
11:01qui est resté leader
11:02encore au mondial
11:02de la distribution
11:03encore aujourd'hui,
11:04pourtant qui est un vieux modèle,
11:05mais qui,
11:06tous les jours,
11:07ouvre ses magasins
11:08en face de nouvelles
11:09initiatives Amazon
11:10qui décident de livrer
11:11du frais
11:12et qui progressent très fort.
11:13C'est un gros bouleversement.
11:14Donc, à travers
11:15ce que tu viens de nous dire,
11:16on voit que le e-commerce
11:17a profondément transformé
11:18l'expérience d'achat
11:19au-delà du clic.
11:21Est-ce que ça peut
11:21aller plus loin ?
11:23Je veux dire,
11:23en quoi ce e-commerce
11:24a vraiment transformé
11:26l'expérience d'achat
11:27au-delà du clic ?
11:28Ils sont en train
11:29d'investir très fortement
11:30dans la livraison.
11:31On ne le voit pas trop
11:31encore en France
11:32parce qu'on est relativement
11:33protégé par notamment
11:35toute une batterie
11:36de process juridiques
11:37et de réglementations
11:38qui font que
11:39ce n'est pas une débauche
11:40trop de moyens
11:41mais on le voit en Chine.
11:42En Chine, aujourd'hui,
11:43il y a une automatisation
11:44de la livraison,
11:45notamment via des drones
11:47et via des petits robots
11:48et des petits rovers
11:49qui sont capables
11:50de livrer des pizzas.
11:51Donc, on voit
11:52qu'en fait,
11:52le futur du e-commerce
11:54en tant que tel,
11:55c'est être capable
11:56de nous livrer
11:56quasiment partout,
11:57tout le temps,
11:58quel que soit l'embranonné.
12:00Donc, c'est 7-Eleven
12:01qui est une enseigne alimentaire
12:03de proximité aux Etats-Unis
12:04qui est capable
12:05de livrer à New York
12:06en moins de 15 minutes.
12:08Là, vous êtes
12:08à Central Park,
12:10il y a un drone,
12:11quelque chose
12:11qui va venir vous livrer.
12:12Peut-être pas un drone,
12:13mais quelqu'un
12:14qui sera en mesure
12:14de vous livrer
12:15dans un quart d'heure.
12:16Donc, on voit
12:17qu'il y a une accélération
12:17du raccourcissement
12:18du délai de livraison
12:19et donc une débauche
12:20de moyens et d'outils
12:21parce que tout ça
12:22a un coût.
12:23Donc, ça a un coût humain
12:24quand c'est livré
12:24par une personne.
12:25Nous, on a creusé pas mal
12:26tous les dépôts de brevets
12:27d'Amazon.
12:28C'est assez intéressant
12:29de voir comment Amazon,
12:30si je puis me permettre
12:31l'expression
12:32à cuisiner les drones
12:33dans toutes les dimensions.
12:34Des gros drones,
12:35des petits, des moyens,
12:36des drones qui viennent chez vous,
12:38des drones qui vont vous livrer
12:39là où vous êtes.
12:40Tout est mis en place.
12:42Des outils type drone,
12:44mais aussi robotique,
12:46voiture autonome, etc.
12:47soient capables
12:48de vous livrer
12:48là où vous êtes.
12:49Donc, tout est fait
12:50en fait pour vraiment
12:51faire en sorte
12:51qu'entre le moment
12:52où j'avais choisi
12:53déclencher l'achat
12:54et le moment où on vous livre,
12:56il y a le moins de temps
12:57possible qui se passe.
12:59Il faut savoir
12:59qu'il y a des articles
13:00chez Amazon,
13:02typiquement un bouquin
13:03qui vient d'être lancé,
13:04sont envoyés
13:05depuis l'anthropo
13:06en direction de Paris
13:07ou en direction de New York
13:08sans savoir
13:09qui va l'acheter encore.
13:11On anticipe en fait
13:12les ventes
13:12par des méthodes algorithmiques.
13:14Donc, on sait
13:15que ce bouquin sera acheté
13:16et donc,
13:16on commence à le livrer
13:17sans savoir finalement
13:18chez qui il va être au final.
13:20C'est assez fou.
13:20C'est absolument fou.
13:21Ça veut dire
13:21qu'il part de l'anthropo,
13:23il est déjà en route
13:24et puis les derniers 500 mètres
13:26vont se décider quasiment
13:27au moment où vous aurez
13:29envoyé vous votre commande.
13:30Et donc, il y a un flux permanent
13:31et on voit bien
13:32que c'est cette logique-là
13:33qui est en train de prévaloir
13:34aujourd'hui dans le commerce.
13:35Donc, face à ces évolutions
13:36qui sont assez incroyables,
13:37telles que tu viens
13:38de nous l'expliquer,
13:38le consommateur est-il devenu
13:39plus rationnel,
13:40plus volatil
13:41ou au contraire
13:41plus exigeant émotionnellement ?
13:43C'est ce que permet l'e-commerce.
13:45Il ne faut pas perdre de vue
13:46qu'une des raisons
13:46pour lesquelles les gens
13:48achètent via des plateformes,
13:49c'est qu'ils maîtrisent
13:50finalement leurs achats.
13:51C'est-à-dire qu'ils ont
13:52un produit à acheter,
13:53ils tapent la référence
13:54ou le produit qu'ils cherchent,
13:56une fois qu'ils l'ont trouvé,
13:57ils l'achètent.
13:57Et donc, il y a assez peu
13:58de stimuli,
13:59il y a assez peu d'incitation,
14:01il y a assez peu de place
14:02pour l'impulsion.
14:03Ce qui n'est pas le cas
14:04dans les magasins
14:05où quand vous vous baladez,
14:06forcément,
14:06il y a des choses
14:07qui vous plaisent,
14:07où vous avez oublié,
14:09où vous dites,
14:09tiens, pourquoi je ne prendrais pas ça ?
14:11Et donc, il y a des idées
14:11qui sont générées par un magasin
14:13qui sont beaucoup moins générées
14:14par un site e-commerce.
14:15Donc, le rationnel
14:16a plutôt une part importante
14:17dans l'e-commerce.
14:19C'est ce qui fait la différence
14:20entre Amazon et le reste,
14:22souvent.
14:23C'est le délai de livraison
14:24et le délai de retour
14:25et surtout l'organisation du retour.
14:27Et l'organisation du retour,
14:28elle doit être exemplaire.
14:29C'est une étude
14:30qui avait été menée par La Poste
14:31qui montrait que le choix
14:32du site e-commerce
14:33se faisait sur la qualité des retours.
14:34Et le coût aussi de retour ?
14:36Ce qui est, c'est que la livraison
14:37est de moins en moins payante.
14:39Donc, elle est intégrée
14:40plus ou moins dans le prix
14:41ou dans l'abonnement.
14:42Là, on va voir
14:43avec le coût du pétrole,
14:44je pense qu'il y a
14:44deux, trois choses
14:45qui vont changer.
14:46Mais oui, le coût est important,
14:48mais il n'est pas primordial.
14:49Le premier niveau,
14:50c'est la vitesse de livraison
14:51et la qualité du process
14:52dans le retour.
14:53Alors, quel rôle joue la data
14:54dans cette nouvelle équation
14:55du commerce mondial
14:56en termes de personnalisation,
14:58de pricing
14:58ou de pilotage de l'offre ?
15:00Elle est centrale.
15:01Elle est partout, en fait.
15:02La data est partout.
15:03Ce n'est pas étonnant, d'ailleurs,
15:04que finalement,
15:04les pays qui ont
15:05les e-commerceurs
15:06les plus puissants,
15:07c'est les plus grands pays.
15:08C'est les États-Unis, la Chine.
15:09Donc, les États-Unis,
15:09450 millions d'habitants.
15:11La Chine, on est 1,4 milliard.
15:13Et en fait, c'est des pays
15:14qui ont l'habitude
15:14de traiter
15:15des grandes quantités de data
15:17et de jouer
15:17avec ces grandes quantités de data.
15:19Et donc, le e-commerce,
15:20en fait, moderne,
15:21c'est finalement une expertise
15:23dans la gestion de la data.
15:24Puisque vous ne gérez
15:25que des flux absolument énormes,
15:26colossaux.
15:27Dans ces flux énormes,
15:28il faut arriver
15:28à gagner de l'argent,
15:29souvent sur des marges
15:30qui ne sont pas si énormes que ça.
15:31Donc, la question,
15:32c'est comment optimiser
15:33en permanence le modèle
15:35pour qu'il génère
15:36des revenus et de l'argent.
15:37C'est pour ça que d'ailleurs,
15:38les commerçants,
15:38pendant des années,
15:39ont perdu beaucoup d'argent,
15:40en ont gagné un peu.
15:41Parce qu'en fait,
15:42le process global
15:43et l'organisation globale
15:44qu'il faut mettre en place
15:45pour livrer des gens,
15:46pour stocker,
15:47repérer les produits,
15:49vérifier que les produits
15:49qu'on a stockés
15:50vont se vendre,
15:51les vendre,
15:52les livrer,
15:53enfin, tout ça,
15:53quand même,
15:55représente une gestion
15:56de la data
15:58pour les e-commerçants
15:59et quelque part,
16:00du pain béni.
16:01Et alors,
16:01chez HavasCommerce,
16:02est-ce que vous observez
16:03des différences majeures
16:04entre zones géographiques,
16:05entre l'Europe,
16:06les US, la Chine,
16:07les marchés émergents,
16:08dans les attentes du e-commerce ?
16:10Aujourd'hui, vraiment,
16:11le e-commerce,
16:11il s'invente en Chine principalement,
16:13en Asie,
16:14mais plus fortement en Chine.
16:15Puisqu'en gros,
16:16les Chinois n'ont pas de frein
16:17sur la gestion de leurs datas
16:19et de leurs données privées.
16:20Ils s'en foutent, en fait.
16:21Et il y a une espèce d'appétence
16:23et de frénésie
16:25sur la technologie
16:25qui est monstrueuse.
16:26C'est-à-dire que
16:26j'ouvre très régulièrement
16:28l'application AliExpress,
16:29par exemple, en France,
16:31notamment au début.
16:32Et ce qui est marrant,
16:32c'est que l'application AliExpress
16:34était modifiée
16:34quasiment toutes les semaines
16:35et tous les 15 jours.
16:36Il y avait des pop-up,
16:37des trucs qui sortaient,
16:39l'application changeait de couleur.
16:40Et en fait,
16:41en allant en Chine,
16:42en discutant avec les Français,
16:43il vous expliquait que
16:44si vous n'apportiez pas
16:45de nouvelles fonctionnalités,
16:46quand vous êtes un site e-commerce,
16:48une marketplace en Chine,
16:49vous perdez vos clients.
16:50Parce qu'ils ont une telle frénésie,
16:52un tel besoin
16:53de découvrir
16:54de nouvelles fonctionnalités
16:55d'innovation,
16:56les Chinois,
16:56que l'innovation
16:58est en fait consubstantielle
16:59du succès de la plateforme.
17:01Le jour où vous arrêtez d'innover,
17:02vous êtes mort.
17:03Le jour où vous apportez pas,
17:04alors que c'est pas le cas,
17:05vous voyez,
17:06vous allez sur Amazon,
17:06c'est relativement simple,
17:08relativement sobre,
17:09on a des produits
17:10sur des fonds blancs.
17:11De temps en temps,
17:11il y a une nouvelle fonctionnalité,
17:12mais c'est jamais, voilà,
17:14parce que ça a tendance
17:14à plutôt nous gonfler,
17:15nous, occidentaux.
17:16Et en fait,
17:17les Chinois, pas du tout.
17:18Donc, on voit en Asie
17:19cette espèce de besoin.
17:20Il y a des jetons.
17:21Tout est fait pour que vous
17:22restiez le plus longtemps possible
17:23sur l'app
17:24et que vous découvriez
17:25tout ce qui se passe
17:26dans l'app
17:26et surtout
17:27de nouvelles fonctionnalités.
17:28Et donc, je me rappelle,
17:29moi, toujours,
17:29cette anecdote est assez rigolote
17:31parce qu'elle est importante,
17:32parce qu'elle explique bien
17:33comment ça se passe en Chine.
17:35J'ai discuté avec le patron
17:36de Carrefour à l'époque,
17:36Thierry Garnier, en Chine,
17:38et il me parlait d'une anecdote,
17:40c'est qu'il y a deux grandes
17:41plateformes de paiement
17:42qui se battent en Chine.
17:42Il y a Alipé et WeChat.
17:44Alipé vient du paiement,
17:46un peu comme on l'a aujourd'hui
17:47avec Paypal,
17:48mais qui va beaucoup plus loin
17:49que Paypal en matière
17:50de fonctionnalités.
17:51Et puis, vous avez WeChat
17:52qui vient du réseau social
17:53et qui agrège
17:54les moyens de paiement maintenant.
17:55Donc, c'est les deux
17:56énormes plateformes
17:57qui permettent aux Chinois
17:58de payer avec leur mobile.
17:59Et en fait, il me disait
18:00que pour le nouvel an chinois,
18:01les Chinois ont le coutume
18:02de donner dans des petites
18:03enveloppes rouges
18:04des étrennes,
18:06donc concierges,
18:07neveux, cousins,
18:09oncles, voisins,
18:10tout le monde s'offre
18:11une petite enveloppe
18:11avec des sous.
18:13Et en gros, là,
18:14WeChat avait créé
18:15une petite enveloppe rouge
18:17virtuelle
18:17dans laquelle
18:18vous donniez un budget
18:20qui était de dire
18:20tiens, je vais dépenser,
18:22alors c'est un yuan,
18:23on va dire,
18:23je vais dépenser 500 yuan,
18:25l'algorithme
18:26de l'application WeChat
18:27en fonction du niveau
18:29d'interaction que vous aviez
18:29avec chacune des personnes
18:30dans votre répertoire,
18:32décidez du montant
18:33alloué à chacun
18:34et offrez l'enveloppe rouge
18:35à votre réseau.
18:36C'est vraiment
18:37l'enveloppe rouge
18:38au moment du nouvel an chinois
18:39qui est un truc ancestral,
18:40c'est-à-dire que ça fait partie
18:41de la coutume populaire
18:42chinoise,
18:43ils l'ont digitalisée
18:44et ils en ont fait
18:45un truc
18:47avec un algorithme,
18:48avec une méthode
18:49qui permet de décider
18:50combien on donne
18:51à chacun
18:51dans son réseau
18:53de gens trop proches
18:54avec lesquels on a
18:54une interaction.
18:55Ça, à la limite,
18:57c'est une digitalisation
18:57d'un truc génial.
18:58Mais ce qui est fou,
18:59c'est que 300 millions
19:00de Chinois
19:01ont utilisé cette enveloppe rouge
19:03dès qu'elle est sortie.
19:04C'est-à-dire,
19:04en 15 jours,
19:05le truc est devenu
19:06un phénomène
19:06que plus personne
19:07ne pouvait ignorer.
19:08En 15 jours !
19:09Donc ça veut dire
19:09à quel point
19:10il faut quand même accepter
19:11de donner un montant
19:12et de dire
19:13tiens,
19:13ça va se distribuer.
19:14Donc c'est ce rapport-là
19:15qu'ont les Chinois.
19:16Après,
19:17on va dire que l'Occident,
19:18assez largement,
19:19on est tous à peu près
19:20sur les mêmes comportements
19:22avec des degrés
19:23de pénétration
19:24du e-commerce
19:25qui est assez fort
19:26selon les pays.
19:27Mais globalement,
19:28on est tous dans
19:28des modes de fonctionnement
19:29entre d'héritiers
19:30traditionnels
19:30et des grosses plateformes,
19:32là où la Chine
19:32a complètement explosé.
19:34Après,
19:34on va trouver des différences
19:35par pays
19:35en fonction du pouvoir d'achat.
19:37Mais les grosses différences
19:38se font vraiment
19:38entre l'Asie et l'Occident.
19:40Tout ce qui est
19:41continent africain,
19:43Maghreb,
19:43Middle East,
19:44on est sur des modèles
19:46qui sont assez proches
19:46de l'Occident,
19:47mais légèrement en retard
19:48sur l'organisation,
19:49même s'il y a beaucoup
19:49de progrès qui sont faits.
19:51Et alors,
19:51est-ce que le social commerce
19:52et le live shopping
19:53changent réellement la donne
19:54ou est-ce encore marginal
19:55en Occident, par exemple ?
19:56C'est vraiment très puissant
19:58en Chine
19:58parce qu'en gros,
19:59en Asie,
20:00il y a cette culture
20:00du camelot
20:01qui fait une démonstration
20:02d'un produit
20:02pour le vendre.
20:03Ce qu'on a vécu
20:04nous très longtemps
20:05ici dans les foires et salons.
20:06Mais nous,
20:07ça a un peu disparu
20:08cette culture-là.
20:09Et on voit que
20:09le social shopping en France,
20:11ça existe,
20:12ça se développe,
20:13je ne vais pas l'ignorer,
20:14mais ce n'est pas
20:15dans les proportions
20:15que celles qu'on peut connaître
20:17en Asie aujourd'hui.
20:18En Chine,
20:19c'est monstrueux.
20:19Vous avez des influenceurs
20:20aussi en France
20:21qui sont des influenceurs
20:22asiatiques
20:23qui sélectionnent
20:24des produits en France,
20:25font du live shopping
20:26en Asie
20:26et vendent des produits français
20:28en Asie
20:28grâce au live shopping.
20:30c'est assez monstrueux.
20:31Et alors,
20:31est-ce que tu vois encore
20:32des erreurs et lesquelles
20:33chez certaines marques
20:34face au e-commerce ?
20:35C'est difficile en fait
20:36de mettre en place
20:37du e-commerce.
20:38C'est très, très compliqué.
20:39Là où c'est en train
20:39de s'organiser,
20:40c'est que moi j'ai connu,
20:41ça fait un peu vieux con,
20:42mais j'ai connu la période
20:43où il fallait quand même
20:45vendre le développement
20:46du e-commerce au réseau.
20:47Donc moi,
20:47j'ai eu des clients
20:48dans le Jouet notamment
20:49où j'ai aidé le président
20:51à vendre son site e-commerce
20:53et la mise en place
20:54de stratégie d'e-commerce
20:54à ses franchisés
20:55qui n'en voulaient pas.
20:56Oui, ça c'était au démarrage,
20:57l'arrivée du e-commerce.
20:58Donc ce que je veux dire,
20:59c'est qu'il y a toujours eu
20:59un peu cet antagonisme
21:00entre magasins traditionnels
21:02et e-commerce
21:02et qui était sans doute
21:04le premier frein,
21:05le principal frein
21:06au développement
21:06du e-commerce.
21:07Et on va dire
21:07si dans les défauts
21:08ou dans les problèmes
21:09que rencontrent les enseignes,
21:10c'est souvent celui-ci.
21:11C'est se dire
21:12jusqu'où on met
21:13le e-commerce
21:13au cœur du process d'achat.
21:15Aujourd'hui,
21:15ce n'est plus le cas.
21:16Aujourd'hui,
21:16on voit qu'il y a
21:17une intégration presque
21:19pas parfaite,
21:19mais très puissante
21:20finalement du e-commerce
21:21dans le process d'achat
21:22et dans les enseignes,
21:24y compris les plus traditionnels
21:25avec des magasins.
21:27Donc on voit bien
21:27qu'il n'y a plus
21:28ce qu'on appelait
21:28un multi-canal.
21:30On est vraiment passé
21:30dans l'omni-canal,
21:31dans l'omni-science,
21:32c'est-à-dire voilà,
21:33le consommateur,
21:34il a son mobile,
21:35il vient au magasin ou pas,
21:36il achète au magasin,
21:37il se fait livrer.
21:38Tout ça,
21:39c'est aujourd'hui
21:40relativement fluide.
21:41Donc à l'inverse,
21:42les marques
21:43les plus performantes aujourd'hui,
21:44elles sont très fortes
21:45sur toute cette notion
21:46d'omni-canalité.
21:47Elles sont fortes partout.
21:48Partout,
21:49il n'y a pas de choix.
21:50Et le direct-to-consumer,
21:51le DTC,
21:52est-ce que c'est toujours
21:52un graal
21:53ou une promesse
21:54à reconsidérer ?
21:55Alors ce qui est étonnant,
21:56c'est que quand on prend l'Inde,
21:57l'Inde qui est un marché
21:58qu'on a pas mal étudié,
21:59on s'est aperçu
21:59que le direct-to-consumer
22:01était la première façon
22:02de vendre,
22:03était le premier retailer
22:04en fait en Inde.
22:05Donc il y a toutes les marques
22:06qui ont leurs propres sites
22:07et développent
22:09et vendent.
22:09Je pense moi
22:10que dans la pression
22:12qu'ont les marques
22:13sur leurs marges
22:14et sur les prix,
22:15on va voir des marques
22:16qui de plus en plus
22:17vont essayer de vendre
22:18en direct
22:18auprès des consos
22:19pour économiser
22:20la marge du distributeur.
22:22On est un peu
22:22dans cette bataille-là
22:23pour certaines marques.
22:25Nike, par exemple,
22:26Nike a voulu,
22:27il y a 2-3 ans,
22:28arrêter de vendre
22:29des Nike chez Amazon
22:31avec une stratégie
22:32direct-to-consumer
22:32très agressive,
22:33très ambitieuse.
22:34Ils sont revenus
22:35chez Amazon.
22:36Donc c'est quand même
22:37un modèle direct-to-consumer
22:38qui est pour beaucoup
22:39de marques,
22:39de fabricants,
22:40un modèle à appréhender
22:42qui n'est pas simplement
22:43tiens,
22:44je crée un site
22:44et je vais vendre.
22:45C'est plus compliqué que ça.
22:46Ça veut dire
22:46développer une culture
22:47du retail
22:48qu'ils n'ont pas forcément.
22:49Et puis il y a toujours
22:50finalement deux intérêts,
22:52il y a l'intérêt du fabricant
22:53et l'intérêt du retailer
22:54et quand vous décidez
22:55de devenir vous
22:56et de rentrer
22:57dans une logique
22:57de direct-to-consumer,
22:59c'est le cas de Nike,
23:00il y a des arbitrages
23:01qui sont difficiles à faire.
23:02Donc oui, pourquoi pas ?
23:03C'est une forme de réponse.
23:05Pour l'instant,
23:05les succès,
23:06il n'y en a pas tant que ça.
23:07Il y en a,
23:07mais pas tant que ça.
23:08Si on se projette
23:13le commerce mondial.
23:14Ça, c'est un vaste sujet aussi.
23:16En gros,
23:17il y a deux grandes tendances
23:17qu'on voit arriver.
23:19Il y a la fin du mondialisme
23:20telle qu'on l'a connue.
23:21C'est-à-dire qu'on voit bien
23:23aujourd'hui
23:23que tous les pays,
23:24ou en tout cas
23:25qu'il y a une tendance générale
23:26à défendre un peu
23:27ses frontières,
23:28à recréer les frontières.
23:29Là où le commerce mondial
23:30avait fait en sorte
23:31de faire péter
23:32un maximum de frontières.
23:33Donc on le voit avec Trump,
23:34mais c'est le cas de la Russie,
23:36c'est le cas de la Chine,
23:37étonnamment.
23:37Vous ne vendez pas en Chine
23:39aussi facilement que ça
23:39et vous ne pénétrez pas
23:40le marché chinois
23:41aussi facilement que ça.
23:42Donc on voit bien
23:43qu'il y a une tendance générale
23:44finalement à un retour aux frontières.
23:46Donc le commerce
23:47totalement mondialisé
23:48avec des plateformes
23:49absolument colossales
23:50qui sont capables
23:51de livrer partout,
23:52faisant fi
23:52des règles juridiques,
23:55même des droits de douane,
23:56etc.
23:56Tout ça,
23:57c'est un monde
23:57qui est un peu révolu.
23:58Enfin révolu.
23:59Il va continuer à exister,
24:00mais il est un peu freiné
24:01dans son élan
24:02par ce nécessaire besoin
24:03de revenir
24:04à une souveraineté alimentaire,
24:06souveraineté industrielle,
24:08souveraineté commerciale.
24:09On l'a vu avec le tollé
24:10qu'a généré
24:10l'arrivée de Chine à Paris.
24:12Il y a une espèce de mouvement
24:13qui dit
24:13« Waouh !
24:14Qu'est-ce qui est en train
24:14de se passer ? »
24:15Et donc besoin
24:15de protéger un peu
24:17nos florons nationaux.
24:19Donc je pense
24:19qu'on va verser
24:20deux tendances,
24:21c'est-à-dire
24:21une innovation du commerce,
24:23débauche de technologies
24:24pour livrer,
24:26débauche de technologies
24:27en matière d'IA,
24:28pour améliorer
24:28les process,
24:29le service,
24:30etc.
24:31Avec des énormes acteurs
24:32comme Amazon,
24:32mais Amazon est très fort
24:33en Occident,
24:34mais il est très faible
24:35en Asie,
24:35par exemple,
24:36donc on voit bien
24:36qu'il n'est pas partout.
24:37Amazon n'existe pas
24:38en Russie,
24:39par exemple.
24:39Il y a plein de pays
24:40aujourd'hui
24:40où, pour des bonnes
24:42et de mauvaises raisons,
24:43je ne suis pas là
24:43pour donner un avis là-dessus,
24:44mais on voit bien
24:45qu'il y a quand même
24:46des choix qui sont faits
24:48par pays
24:48qui sont assez forts
24:49sur « on ne fera pas
24:51rentrer cette technologie,
24:52on ne fera pas rentrer
24:52cet acteur,
24:53on va plutôt privilégier
24:54des acteurs locaux ».
24:55Donc il y aura toujours
24:56des énormes plateformes
24:57et on voit bien
24:58qu'entre la Chine et les États-Unis,
24:59il y a quand même
24:59une bataille économique
25:01fondée sur des acteurs
25:02du commerce
25:03qui est colossal.
25:04Donc ça,
25:05ça va continuer.
25:05Mais on le voit,
25:06nous,
25:06dans les études
25:07et c'est depuis le Covid.
25:08Depuis que les gens
25:09et les consommateurs
25:10ont eu peur
25:10de ne plus avoir
25:11de papier toilette,
25:12de pâtes dans les supermarchés,
25:13ont découvert que
25:14non mais la pression
25:15sur l'organisation logistique
25:16pour livrer
25:17que les pâtes
25:18et que le papier toilette
25:19venaient,
25:20les masques venaient de Chine,
25:22on n'était plus capables
25:23d'avoir du gel hydroalcoolique
25:24en France.
25:24Donc c'est juste hallucinant.
25:25Donc les gens ont compris
25:26quand même
25:26que la souveraineté alimentaire,
25:28industrielle,
25:29la souveraineté commerciale
25:30en fait,
25:31elle était vachement importante.
25:32Donc en gros,
25:32c'est ces deux tendances
25:33qui vont présider,
25:34à mon avis,
25:34dans les prochaines années
25:35avec un arbitre
25:36qui va être la techno.
25:37C'est-à-dire jusqu'où
25:38l'IA
25:39et des outils
25:40de livraison
25:41qui vont être
25:42absolument incroyables
25:43vont être autorisés,
25:44acceptés
25:45et vont intégrer
25:46la vie quotidienne
25:47des consommateurs.
25:48Alors,
25:48quelles compétences clés
25:49face à ça ?
25:50Les marques devront-elles
25:51absolument maîtriser
25:52pour rester dans le jeu ?
25:53Il n'y a rien
25:54de plus traditionnel,
25:55de plus humain
25:56que le commerce
25:56puisqu'on répond
25:58à des besoins
25:58qui sont terriblement humains,
26:00correspondent à la vie
26:01des gens,
26:01au quotidien,
26:02comment je me nourris,
26:04comment je nettoie
26:04mon appartement,
26:05comment je me déplace.
26:07Donc c'est un,
26:07coller vraiment
26:08aux besoins humains.
26:09Et dans ce cadre-là,
26:10d'ailleurs,
26:11on peut dire que finalement,
26:12Jeff Bezos,
26:13avec Amazon,
26:14répond à un besoin humain.
26:16Livrer et faciliter
26:17la vie des clients,
26:18c'est un besoin
26:18qui est terriblement humain.
26:19C'est pas dire
26:20que c'est juste de la techno
26:21que le mec a décidé
26:22comme ça de livrer
26:23juste pour se faire plaisir.
26:24Non,
26:25il a répondu à un besoin.
26:26Donc,
26:27identifier les besoins
26:28des clients,
26:28à mon avis,
26:28ça va rester la première
26:29des qualités
26:30pour un commerçant.
26:31Le deuxième,
26:32ça va être,
26:33alors ça participe
26:33de la connaissance du client,
26:34mais la maîtrise de la data,
26:36parce que derrière la data,
26:37il y a la compréhension
26:38du client
26:38et potentiellement
26:40la prédiction
26:40de comportement futur,
26:41donc la compréhension
26:42de ce que voudra
26:43le consommateur demain.
26:44Et puis le troisième truc,
26:45c'est avoir quelqu'un
26:46au plus haut niveau
26:47dans la boîte
26:47qui est capable
26:48d'aborder
26:49tous les sujets techno.
26:50Pas forcément être quelqu'un
26:52qui est expert en IA,
26:53mais quelqu'un
26:54qui a une appétence
26:55à la techno
26:55et qui est capable
26:58dans les nouveaux choix
26:59technologiques
26:59qu'elle devra faire
27:00parce qu'ils sont importants
27:02et ils sont centraux.
27:03C'est demain,
27:04choisir les prestataires
27:05pour livrer
27:06ou choisir
27:06d'internaliser la livraison
27:08avec ses propres outils,
27:09ce que fait Amazon,
27:10pour partie.
27:11C'est un sujet techno
27:12qui engendre des coûts,
27:14voire même
27:14la survie de la boîte.
27:15Les sujets technologiques
27:16et la façon
27:17dont on est capable
27:17de les aborder,
27:18de les intégrer,
27:19de les tester,
27:20à mon avis,
27:21participeront largement
27:22du succès
27:22des entreprises du commerce
27:23en futur.
27:24Une dernière question
27:25pour toi, Vincent.
27:26Y a-t-il une conviction
27:27forte ou un conseil stratégique
27:29que tu aimerais partager
27:30avec les dirigeants
27:31qui nous écoutent ?
27:32Moi, j'en ai une très forte,
27:33c'est que je considère
27:34qu'un dirigeant,
27:35aujourd'hui,
27:37ce n'est pas le cas.
27:38Quelle que soit l'enseigne,
27:39d'ailleurs,
27:39en général,
27:40passe 80% de son temps
27:42à gérer des problèmes
27:43opérationnels
27:43et 20%,
27:45dans le meilleur des cas,
27:46à gérer de l'innovation.
27:47C'est l'inverse
27:48qui doit être fait.
27:49L'inverse.
27:49C'est important
27:50ce que tu dis
27:50parce qu'on passe
27:51beaucoup trop de temps
27:52sur le quotidien.
27:53On se fait happer
27:54par les irritants quotidiens.
27:56Je suis toujours, moi, bluffé
27:57parce que je m'aperçois
27:58que nous,
27:59on fait beaucoup de pédagogie,
28:00on fait beaucoup de conférences
28:01auprès des clients d'Avas,
28:03mais globalement,
28:04des distributeurs
28:04en France et dans le monde.
28:06Et on est toujours étonné
28:07de voir à quel point
28:09ce qui est du domaine
28:10de la techno,
28:11de l'innovation,
28:12de la compréhension même
28:13des grands acteurs
28:14comme Amazon
28:14ou même Alibaba.
28:15Moi, j'ai fait des conférences
28:16sur Alibaba.
28:17Personne ne connaissait
28:18le modèle Alibaba.
28:19Personne.
28:20Les mecs étaient bluffés.
28:21Pour eux, c'est exotique.
28:22J'ai l'impression
28:22de leur parler
28:23une langue étrangère.
28:24Mais c'est inquiétant
28:24parce que ça veut dire
28:25qu'il y a des acteurs
28:26qui arrivent aujourd'hui
28:27en Occident,
28:28qui sont des acteurs asiatiques,
28:29américains,
28:30voilà,
28:31et on voit la méconnaissance
28:32ou le peu d'intérêt
28:33pour ces gens-là.
28:34Alors qu'une partie des clés
28:36du business du futur
28:38passe par la compréhension
28:39de ces gens-là
28:40et de voir comment
28:41on va les attaquer.
28:42Donc, comment on va
28:42les contourner,
28:43comment on va apporter
28:44des solutions qu'ils n'ont pas.
28:45Donc, je pense que
28:46l'innovation
28:46et la compréhension
28:48et la projection
28:48de son modèle dans le futur,
28:50pour moi,
28:50c'est 80% du temps
28:52d'un manager,
28:53du patron d'une enseigne
28:54ou même des cadres
28:55sub dans les boîtes
28:57doivent absolument
28:58aborder ces sujets-là
28:59en premier.
29:00L'opérationnel est important,
29:01certes,
29:01mais ce n'est pas ça
29:02qui permettra à la boîte
29:03de survivre dans le temps.
29:05Donc, ce n'est pas
29:05le temps court, en fait.
29:06C'est le temps long.
29:07Mais on voit que
29:08dans les entreprises,
29:09dans nos gouvernants,
29:10on gère beaucoup
29:11le temps court,
29:11on gère assez peu le temps.
29:12C'est le problème.
29:13C'est le problème.
29:14Merci beaucoup, Vincent,
29:15pour cet éclairage.
29:16Merci à vous.
29:17À la fois lucide
29:18et très stimulant.
29:19Alors, ce que l'on retient,
29:21c'est que le e-commerce
29:21n'est plus un simple sujet
29:23d'activation ou de performance,
29:24mais un véritable sujet
29:25de gouvernance,
29:26de stratégie
29:27et même de vision
29:28pour les marques.
29:29Alors, dans un monde
29:29où les frontières du commerce
29:30se redessinent sans cesse,
29:32tu nous l'as bien expliqué,
29:33comprendre ces nouvelles règles
29:34du jeu devient
29:35un avantage compétitif décisif.
29:37Merci encore, Vincent,
29:38pour ton partage.
29:38Merci pour cette conclusion.
29:40Et merci à tous
29:41d'avoir écouté
29:41Qui c'est qui connaît
29:42et à très bientôt
29:43pour un nouvel épisode.
29:44Merci.
29:46Avast Édition,
29:48en partenariat
29:48avec TikTok,
29:50vous a présenté
29:51Qui c'est qui connaît,
29:52le podcast
29:53par un média
29:54pour les médias
29:56sur les médias.
29:58Bye, Avast !
29:59Merci.
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