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  • il y a 4 jours
KICÉKIKONÉ, le podcast par un média, pour les médias, sur les médias.… by Havas Edition.​

L'importance de la politique de Diversité et Inclusion dans le Groupe Havas par Romane Bontemps et Vincent Boucheron.

Catégorie

📚
Éducation
Transcription
00:00Avas Éditions, en partenariat avec Mobcoi, présente
00:06Qui c'est qui connaît ? Le podcast par un média, pour les médias, sur les médias.
00:15By Avas !
00:16Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans ce nouvel épisode de Qui c'est qui connaît ?
00:20Le podcast qui permet de découvrir celles et ceux qui font bouger les lignes dans leurs organisations.
00:24Aujourd'hui, nous allons parler d'un sujet devenu central dans la transformation des entreprises,
00:28la diversité et l'inclusion.
00:31On en parle beaucoup.
00:32Mais comment passe-t-on réellement du discours à l'action ?
00:35Qu'est-ce que cela change concrètement dans la manière de recruter, de manager, de collaborer,
00:40mais aussi dans la façon de penser la culture d'entreprise et la création ?
00:43Pour éclairer ce sujet, j'ai le plaisir d'accueillir deux invités du groupe Avas,
00:47Vincent Boucheron et Romane Bontemps.
00:49Ils travaillent au quotidien sur ces questions à la croisée de la culture d'entreprise,
00:53de l'engagement des équipes et des transformations des métiers.
00:56Ensemble, nous allons parler des convictions, de pratiques concrètes,
00:59mais aussi des défis très réels que rencontrent les organisations
01:02quand elles cherchent à faire de l'inclusion autre chose qu'un simple discours.
01:06Bonjour Vincent !
01:06Bonjour Romane !
01:07Bonjour !
01:08Je suis vraiment ravie de vous accueillir aujourd'hui.
01:10Merci d'avoir accepté notre invitation.
01:12Avant d'entrer dans le vif du sujet,
01:14Vincent, est-ce que tu peux te présenter en quelques mots
01:17ton rôle chez Avas, ton parcours, ton lien avec le sujet diversité et inclusion ?
01:21Alors moi, j'ai une formation culturelle et artistique.
01:24Je fais des études de cinéma, d'histoire et d'histoire de l'art.
01:27Et j'ai travaillé pendant une dizaine d'années dans ce secteur culturel,
01:30notamment à l'étranger, au Métropolitain Museum, à New York notamment,
01:33et à la Calcutta Bookfer, à Calcutta en Inde, et ensuite en galerie.
01:37J'ai rejoint Avas en 2004, donc il y a déjà une éternité.
01:41Le temps passe vite !
01:42Le temps passe vite, mais ça fait déjà pratiquement une vie d'alternant.
01:45Je suis venu à Avas en 2004, où on m'a chargé à l'époque d'organiser une structure
01:49qui mettait en relation les marques avec les artistes.
01:52Spoiler à l'aide, ça ne marche pas.
01:55Donc rapidement, je suis passé à la communication en 2006,
01:58où j'ai monté le service communication d'Avas Média à l'époque.
02:01Et depuis avril, j'ai pris en charge un poste de consultant de diversité et inclusion,
02:05un poste qui a été spécialement créé pour moi,
02:07pour mettre justement cette expérience au service de la structuration des actions
02:10de diversité et inclusion et de la culture interne.
02:12Aujourd'hui, j'ai un rôle très, très, très terrain,
02:14et c'est ce qui m'intéresse justement, c'est comment faire vivre la diversité et l'inclusion
02:17de manière concrète au quotidien.
02:20Pendant le podcast, on va dire, je pense,
02:22D&I plutôt que diversité et l'inclusion, parce que c'est beaucoup plus simple.
02:24Oui, D&I, ça va aller, je pense que...
02:26Non, mais c'est bien de l'avoir expliqué au début.
02:27Merci beaucoup, Vincent. Et toi, Romane ?
02:30Moi, je suis arrivée plus récemment chez Avas.
02:32Je suis arrivée en janvier, et donc je suis arrivée en tant que chef de projet engagement.
02:36Engagement, c'est un terme qui me va bien,
02:38parce que j'ai commencé en alternance dans une fondation d'entreprise,
02:41où j'ai travaillé sur des sujets RSE, plutôt sur de la gestion de projet.
02:46Et ensuite, j'ai travaillé dans un cabinet de conseil en tant que responsable ressources humaines,
02:50donc plutôt le pilier people que je retrouve aujourd'hui, finalement, chez Avas,
02:55autour des sujets D&I.
02:57Merci beaucoup. Alors, pourquoi l'inclusion est-elle devenue un point de bascule aujourd'hui ?
03:02Qu'est-ce qui a changé ces dernières années au point qu'on ne puisse plus faire comme avant ?
03:06Déjà, les attentes des collaborateurs ont profondément changé,
03:09ont fait complètement évoluer le paradigme.
03:11Maintenant, les collaborateurs attendent de la cohérence,
03:14de la considération et d'un affairement.
03:15Ils peuvent être eux-mêmes, complètement librement.
03:17Les entreprises sont également, aujourd'hui, observées de l'intérieur autant que de l'extérieur,
03:21et tout ce qui se passe à l'interne se voit à l'externe.
03:24Ça finit toujours par se savoir, par se dire et par se voir.
03:27Donc, les sujets d'inclusion touchent, aujourd'hui,
03:28on peut dire aussi toutes les dimensions, tous les strats de l'entreprise,
03:31pas uniquement à ce sujet RH,
03:32c'est-à-dire du recrutement au management,
03:33en passant par la culture d'équipe, la communication,
03:35et même jusqu'à la création, puisque la création a un rôle majeur
03:38dans le façonnage des imaginaires.
03:41Et alors, ton regard côté culture, RH ou communication interne,
03:45ça a beaucoup changé aussi ?
03:46Oui.
03:47Ce qui a changé, c'est que les discours ne suffisent plus.
03:49Les collaborateurs, désormais, ils attendent que les valeurs se traduissent
03:51dans les pratiques quotidiennes de manière très, très concrète.
03:54En communication interne, comme pour les RH,
03:56on voit très vite que les décalages entre ce qui est affiché
03:58et ce qui est vécu, et ça, ça ne passe plus.
04:01Ça rend donc l'éducation et la formation absolument essentielles,
04:03mais une éducation et des formations qui sont vues de manière différente,
04:07c'est-à-dire qu'elles ne sont pas descendantes,
04:08il faut éviter qu'elles soient trop moralisatrices
04:10et il faut qu'elles soient basées sur des échanges
04:12et des partages d'expériences.
04:13Mon rôle là-dedans, on peut dire que c'est celui d'un passeur,
04:16c'est-à-dire faire circuler les récits et les références
04:18pour que l'inclusion devienne quelque chose de concret et de vivant.
04:21Effectivement, ce qu'on peut dire de manière un peu conceptuelle,
04:24que les collaborateurs puissent vraiment le vivre
04:27pour vérifier, entre guillemets, la légitimité, l'authenticité, la sincérité.
04:31Exactement, c'est exactement le problème,
04:33c'est-à-dire que faire des grands discours ne suffit plus,
04:35ce n'est plus une dimension du discours, c'est une dimension de l'acte.
04:38Il faut faire les choses, on dit, on fait.
04:40Et juste le dire, ça ne suffit plus.
04:42Et toi, Romane, ton regard côté plus organisation et management,
04:45est-ce que tu as vu des évolutions apparaître ?
04:47Je confirme que les équipes attendent un environnement
04:49qui leur permette réellement de s'épanouir
04:52et surtout d'exprimer leur singularité.
04:54Aujourd'hui, le manager, il doit avoir un rôle de facilitateur.
04:57Donc, ça veut dire faciliter les parcours,
05:00faciliter l'expression des besoins aussi,
05:03faciliter la réussite de chacun.
05:04Et donc, c'est pour ça que construire une culture inclusive et durable,
05:07ça commence par instaurer un climat de confiance.
05:09C'est vrai, c'est clé.
05:11Finalement, cette confiance, on ne le dit peut-être pas suffisamment,
05:14mais la confiance, elle doit être dite,
05:17mais elle doit aussi se démontrer.
05:19C'est pour ça qu'on a à cœur, chez Avas en tout cas,
05:21d'avoir comme leitmotiv de créer un environnement bienveillant,
05:24inclusif, accessible à toutes et à tous.
05:26On va le retrouver beaucoup dans nos communications
05:28et ensuite, on s'attache à l'incarner
05:30dans nos différentes mises en pratique.
05:32Et du côté de la diversité et l'inclusion
05:34qui dépasse le cadre RH, finalement,
05:37l'idée, c'est de se dire que ça devient un enjeu
05:38qui est stratégique pour l'entreprise.
05:40Quand on valorise la diversité des parcours,
05:42des cultures, des identités,
05:44des générations ou même des situations,
05:47en fait, on crée un cadre qui est plus juste.
05:49Et donc, on enrichit collectivement notre intelligence.
05:52On va être en capacité de mieux innover
05:54et de résoudre aussi des problèmes qui peuvent être complexes.
05:57Parce qu'on va avoir cette pluralité des opinions.
05:59Donc, au final, une culture qui est véritablement inclusive,
06:02ce n'est pas seulement un supplément de confort organisationnel,
06:05ça va être un moteur de performance.
06:07Et là, ça intéresse tout le monde dans l'entreprise.
06:09C'est vrai qu'on est obligé d'en passer par là.
06:11Mais c'est clair que si les collaborateurs se sentent mieux,
06:14mieux compris dans un climat de bienveillance,
06:16comme vous le disiez, de confiance,
06:18la façon de s'épanouir et de se développer
06:20au sein d'une organisation,
06:21elle va être plus importante.
06:23Je pense qu'on néglige souvent la charge mentale,
06:26que se forcer à être quelqu'un d'autre
06:27ou à se conformer aux règles,
06:29à impliquer à l'entreprise.
06:30Donc, proposer un environnement inclusif,
06:33ça aide à abaisser la charge mentale.
06:35Et surtout, après, on le voit très concrètement,
06:37ça augmente énormément la productivité.
06:39Donc, pour les boîtes, c'est tout béneuf.
06:40Et donc, on parle de productivité,
06:41mais ça doit également favoriser l'innovation.
06:44Oui, bien sûr, c'est des réflexions
06:45qui ont aussi un impact direct, finalement,
06:47sur la création et la communication.
06:49Quand on incarne la diversité, l'inclusion au quotidien,
06:52on va forcément avoir des retours de ce côté-là.
06:55Et après, nous, on a un rôle
06:56dans le fait d'amener plus de vigilance
06:59sur les représentations,
07:00dans le fait de se poser plus de questions
07:02en amont des projets,
07:03dans le fait d'être moins dans des automatismes.
07:06Et ça, c'est un rôle qu'on doit incarner aujourd'hui.
07:09Est-ce que vous auriez un exemple concret
07:10où la mixité ou la pluralité des points de vue
07:13a transformé justement un projet ?
07:15Moi, j'ai un super exemple pour toi.
07:16C'est les ateliers diversité et inclusion.
07:18On a monté en 2023, maintenant,
07:21des ateliers de diversité et inclusion
07:23pour sensibiliser les équipes à ces sujets.
07:25Au début, ils étaient construits
07:26de manière très formelle et très structurée.
07:28Et puis, très vite, on s'est aperçu
07:29que la diversité des profils dans la salle
07:31ont transformé l'outil de l'intérieur.
07:33C'est-à-dire que les échanges
07:33ont fait marcher des situations vraiment réelles,
07:35notamment sur les questions de représentation,
07:37sur le handicap invisible,
07:38sur les vécus LGBTQIA+,
07:40et sur les différences générationnelles.
07:42Ces retours-là, ça a fait évoluer le contenu.
07:44On a réécrit certains exemples,
07:45on en a ajouté d'autres,
07:46on en a surpris certains.
07:46Et on a simplifié parfois le discours
07:48pour le rendre plus entendable à des novices.
07:51Aujourd'hui, les ateliers sont vraiment la matière vivante.
07:52Ils évoluent au fil des sessions et des ateliers.
07:55Et ce n'est jamais le même.
07:55Les ateliers d'aujourd'hui ne sont pas
07:56les ateliers qui existaient il y a six mois.
07:58C'est la plus rédépendue
07:59qui a fait que le projet n'est pas assez figé
08:01et qui est devenu vraiment quelque chose de vivant,
08:03plus juste et plus utile, je crois.
08:05Et qui se renouvelle en permanence,
08:06qui s'adapte à chaque évolution des mentalités,
08:09de l'actualité aussi.
08:10Donc, des ateliers vivants
08:11dans tous les sens du terme.
08:13Tu as complètement tout compris.
08:14C'est vraiment de la matière vivante.
08:16La diversité de l'inclusion,
08:17ça parle des gens,
08:18donc ça parle du vivant.
08:19Il n'y a pas de bonne réponse,
08:20il n'y a pas de mauvaise réponse.
08:21Et de l'authenticité,
08:22de la sincérité à chaque fois.
08:23Et de l'engagement.
08:24Et de l'engagement.
08:25Et ça fait du bien, tout ça.
08:26Ça fait du bien.
08:27Des belles valeurs,
08:28très cohérentes d'ailleurs,
08:28avec les valeurs du groupe Avas.
08:30Alors, des obstacles,
08:31malheureusement,
08:32il doit également y en avoir.
08:33Beaucoup d'organisations communiquent bien
08:35sur la diversité et l'inclusion,
08:37mais la mise en pratique,
08:38qu'elles restent parfois
08:39un petit peu fragiles.
08:40Selon vous,
08:40quels sont les principaux freins
08:42culturels déjà ?
08:43Je vais prendre une image.
08:44J'espère que ça va vous parler.
08:45Imaginez une paire de lunettes.
08:46On ne rend même pas compte
08:47qu'on les porte,
08:48mais pourtant on les porte.
08:48C'est-à-dire que tout passe
08:49par ces lunettes-là.
08:50Eh bien, les freins culturels,
08:51c'est un peu ça.
08:52C'est un peu des lunettes consommées.
08:53C'est-à-dire qu'on a tous
08:54rendu quelque part.
08:55On a tous eu une famille,
08:56un quartier, une école.
08:57On a entendu des phrases,
08:59on voit des modèles,
08:59on regarde des films.
09:00On entend qui fait quoi à la maison,
09:01qui décide,
09:02qui parle fort,
09:02qui gagne de l'argent,
09:03qui s'occupe des enfants.
09:04Tout cela, petit à petit,
09:05ça devient normal.
09:06Et comme c'est normal pour nous,
09:08on pense que c'est naturel.
09:10Ça, c'est ce qu'on appelle
09:11l'habitus.
09:11C'est la théorie de
09:13notre maître à tous,
09:14Bourdieu.
09:15L'habitus,
09:16c'est tout ce qu'on a appris
09:17sans s'en rendre compte
09:18et qui nous guide
09:18dans nos réactions.
09:19On croit évaluer une action
09:21d'une manière objective,
09:22mais en réalité,
09:23on mobilise tout ce qu'on a appris,
09:24tout nos repères acquis,
09:25ce qu'on appelle des biais.
09:26Les biais cognitifs,
09:27les fameux.
09:28Exactement.
09:29Et avoir des biais,
09:30ce n'est pas un problème en soi,
09:31mais les considérés
09:31comme universels,
09:32ça l'est.
09:33C'est une belle symbolique,
09:34cette paire de lunettes.
09:35C'est très clair.
09:36Merci beaucoup, Vincent.
09:37Alors, on a parlé
09:38des freins culturels.
09:39Est-ce que des freins opérationnels
09:40existent également
09:42en termes de process,
09:43d'outils ou d'organisation ?
09:44Oui, bien sûr.
09:45Il y a beaucoup de process
09:46qui ne sont pas nécessairement
09:47pensés pour l'inclusion,
09:48mais qui vont être,
09:49en premier lieu,
09:50pensés pour l'efficacité business.
09:52Et ça, c'est normal.
09:53On reste dans des entreprises.
09:55Ça reste notre travail.
09:56Exactement.
09:57Que ce soit efficace
09:58au niveau business,
09:59en premier lieu.
10:00Mais croire que les deux
10:01ne pourraient pas être liés,
10:02je pense que c'est là l'écueil.
10:03En fait, on s'en parlait
10:05juste avant,
10:05mais quand on promeut
10:06une culture de diversité,
10:08on permet d'attaquer
10:08des sujets sous un nouvel angle
10:10et soit d'être plus efficace,
10:11soit d'être plus différenciant
10:12par rapport à des compétiteurs,
10:14finalement.
10:14Et puis d'attirer les talents
10:15qui correspondent à ces valeurs
10:16et qui fait qu'on fait corps
10:18et qu'on avance tous ensemble
10:19selon la même vision
10:20et les mêmes valeurs.
10:21Donc, c'est vrai
10:22que lier les deux notions
10:23business et culture,
10:26organisation, process,
10:27inclusion, diversité,
10:28ça va de pair, finalement,
10:29même si ça ne semble pas évident
10:30de prime abord.
10:31Et les freins individuels,
10:33est-ce que vous en avez aussi,
10:33on a parlé tout à l'heure,
10:34des biais,
10:35en termes de posture et de croyance,
10:36il doit également y en avoir,
10:37malheureusement ?
10:38Oui, malheureusement.
10:39Le premier frein,
10:40je pense que c'est la défensive.
10:41C'est-à-dire,
10:41quand la personne se sent accusée,
10:43attaquée,
10:44la personne n'écoute plus.
10:45La défensive, c'est vraiment
10:46« non, ça ne me concerne pas,
10:47je me mets ça de loin ».
10:48C'est le premier point.
10:49Et effectivement,
10:49je viens de le dire,
10:50il y a aussi le fameux
10:51« ça ne me concerne pas ».
10:53Souvent,
10:53quand on n'a pas vécu
10:54des situations de discrimination,
10:56quand on n'est fait pas partie
10:56de ce qu'on appelle
10:57les minorités,
10:58on attend à ne pas comprendre
11:00qu'est-ce qui est mal fait,
11:01en quoi ça peut être
11:01un enjeu collectif.
11:03Ça reste très, très humain.
11:04Mais tant qu'on est
11:05dans la défensive
11:06et dans le déni,
11:07rien ne peut bouger.
11:08Rien ne peut bouger,
11:08ça c'est clair.
11:09C'est valable un peu
11:09dans plein de domaines, finalement.
11:11Dans tous les domaines.
11:12Dans tous les domaines.
11:13Et toi, Romane,
11:13est-ce que tu as un exemple
11:14justement un peu vécu
11:15pour illustrer ce point-là ?
11:17Moi, dans ma petite carrière,
11:19j'ai un exemple
11:19qui me parle beaucoup,
11:20c'est les personnes
11:21que j'ai pu rencontrer,
11:22finalement,
11:22qui incarnent ce qu'on appelle
11:23aujourd'hui les rôles modèles.
11:25Pour moi,
11:25ce qui m'a beaucoup inspirée,
11:26c'est les personnes
11:27qui revendiquaient
11:28une exigence
11:29et une bienveillance,
11:30mais pas seulement
11:31dans les livrables
11:31qu'ils fournissaient aux clients,
11:32parce que c'est souvent
11:33ce qu'on entend
11:34derrière exigence,
11:35mais aussi dans la posture
11:37incarnée vis-à-vis du collectif.
11:38Qu'est-ce que je vais proposer
11:40à mon équipe
11:41comme cercle de sécurité ?
11:43Comment je vais promouvoir
11:45des pratiques qui sont
11:45autour de la diversité
11:47et de l'inclusion ?
11:47Ça, pour moi,
11:48c'est important.
11:48Et donc,
11:48c'est une exigence
11:49qu'on a vis-à-vis de soi-même
11:51qui permet ensuite
11:52d'assurer au collectif
11:53d'être inclus
11:54et de mieux fonctionner.
11:55De mieux fonctionner.
11:55C'est vrai que c'est important,
11:56cette notion d'exigence,
11:58d'exemplarité,
11:59aussi côté humain
12:00et pas que performance business.
12:02Et ça,
12:02il ne faut pas l'oublier.
12:04Alors, Vincent,
12:04est-ce que toi,
12:05tu as une situation
12:05que tu as pu observer
12:06ou gérer de ton côté ?
12:08Il y a quelques jours,
12:09donc le 8 mars,
12:10c'était la journée de la femme.
12:11Et il y a eu
12:12une grande manifestation à Paris
12:13et apparu sur beaucoup de pancartes
12:16le fameux
12:16« not all men »,
12:17c'est-à-dire
12:17« pas tous les hommes ».
12:18Pourquoi c'est un problème ?
12:19Parce que quand je parle
12:20d'égalité femmes-hommes
12:21en entreprise,
12:22c'est souvent là
12:23où j'ai le plus de réactions.
12:25Les hommes vont me répondre
12:26« oui, mais moi,
12:27je ne fais rien de mal,
12:28je ne me sens pas concerné ».
12:29Et bien justement,
12:30le problème,
12:30ce n'est pas une personne
12:31en particulier,
12:31c'est un système.
12:33Il faut bien être clair là-dessus.
12:34Le reconnaître,
12:35ça veut dire comprendre
12:35qu'on peut aider
12:36à changer les choses.
12:37Le féminisme ne concerne pas
12:38que les femmes,
12:39mais c'est un sujet de tous.
12:40Pourquoi ?
12:41Parce qu'il concerne
12:42la façon dont on organise
12:43le travail,
12:44les promotions,
12:44le pouvoir.
12:45Donc, ça concerne
12:46absolument tout le monde.
12:48Et ce que je vois,
12:49c'est simple.
12:49Quand on se sent attaqué,
12:50c'est ce que je vous ai dit
12:51précédemment,
12:51on se ferme.
12:53La sensibilisation,
12:54justement,
12:54elle sert à ça,
12:55à aider à comprendre
12:56et à créer des alliés
12:56autour de ceux
12:57qui vivent ces réalités
12:58parfois discriminantes.
12:59Donc, encore une fois,
13:00que tout le monde
13:01se sente concerné
13:02par le sujet,
13:03la fameuse posture
13:04dont tu parlais tout à l'heure,
13:05Vincent, le collectif,
13:06cette notion de collectif
13:07et de bienveillance collective.
13:09Bon, alors,
13:10la sensibilisation,
13:10ça sert effectivement
13:11à tout ça.
13:12Et alors,
13:13à quoi, justement,
13:14on va pouvoir reconnaître
13:15une démarche
13:16d'Ini sincère ?
13:18Je pense que ça va surtout
13:19se retrouver dans la façon
13:20dont on juge
13:21les démarches dans la durée.
13:22On va avoir tendance
13:24à entendre parler
13:25de D&I washing.
13:26Donc là,
13:26ça sous-entend
13:27une entreprise
13:28qui va beaucoup communiquer,
13:29mais moins mettre en place
13:31soit de bonnes pratiques,
13:32soit de temps de sensibilisation,
13:34de politiques diverses.
13:35L'idée,
13:36c'est de pouvoir se dire
13:37comment on mesure
13:38dans une entreprise,
13:39quels sont les impacts
13:40des politiques
13:41qu'on met en place
13:41et puis aussi
13:42de quels constats on part.
13:44Nous,
13:45il y a quelques années,
13:45on a fait un audit
13:46des pratiques diversité
13:47et inclusion chez Avas.
13:48Ça a été une bonne façon
13:49d'avoir un point de départ
13:50de où est-ce qu'on a envie d'aller,
13:52quelles sont nos priorités aussi.
13:53Et donc,
13:54je pense que c'est ça
13:54qu'on le reconnaît avant tout,
13:55c'est comment on mesure
13:57finalement ce qu'on met en place.
13:58Et c'était super intéressant
13:59parce qu'il nous a surtout
14:00permis de définir un cap,
14:02c'est-à-dire un cap commun
14:03et une manière d'avancer
14:04ensemble sur ces problématiques.
14:06Quelles sont les principales attentes
14:07que vous entendez
14:08de la part des équipes,
14:09voire des marques
14:10que le groupe Avas accompagne
14:11dans les appels d'offres ?
14:12Donc, peut-être plus d'un point de vue
14:13levier business,
14:14mais c'est aussi intéressant
14:15que vous puissiez accompagner
14:16les marques dans cette démarche.
14:18Oui, complètement.
14:19Les marques sont aussi attachées
14:20que les équipes
14:21au fait qu'on mette en place
14:22des pratiques qui sont plus
14:23de l'ordre de la diversité
14:24et de l'inclusion.
14:25Ils attendent de nous
14:26surtout de la cohérence
14:27et de la crédibilité
14:28dans les actions RSE
14:30et donc dans les actions
14:31diversité et inclusion.
14:32Il y a de plus en plus
14:33de marques qui demandent
14:34en général à leurs partenaires
14:35des éléments concrets
14:36sur leur politique RSE,
14:38des preuves d'actions réelles
14:39en matière de diversité et inclusion
14:41et donc pas seulement
14:42des intentions.
14:43Et c'est vrai que c'est devenu
14:44un critère business
14:44à part entière
14:45dans les appels d'offres.
14:46On nous demande souvent
14:47de fournir des KPIs
14:49et en général,
14:50les chiffres le montrent,
14:5170% des entreprises en B2B
14:53considèrent que la D&I
14:54a un critère de choix
14:54de leur partenaire.
14:55C'est un bon signe.
14:56C'est bien important.
14:56Et donc les marques en général
14:58veulent travailler avec des acteurs
14:59qui sont alignés
14:59avec leurs propres engagements,
15:01qui sont aussi capables
15:02de le démontrer
15:02et qui sont capables
15:03de fournir une trajectoire.
15:05Donc nous, pour Avas,
15:06l'enjeu est assez clair,
15:07c'est pas seulement
15:08être bon dans le discours,
15:09mais ça va être aussi
15:09être capable de documenter,
15:11de prouver ce qu'on met en place,
15:13d'incarner nos engagements.
15:14Donc c'est un enjeu
15:15de compétitivité,
15:16mais aussi un enjeu culturel.
15:19Donc ça, c'est bien finalement
15:19que ça aille de pair.
15:21Alors, on a commencé
15:22à évoquer ce que faisait
15:23Avas concrètement.
15:24Quelles sont les grandes priorités
15:26et les piliers de la stratégie
15:27inclusion et diversité
15:28de Avas aujourd'hui ?
15:30Je vais me répéter,
15:31mais le socle de diversité
15:33de la chose.
15:34Ça repose sur l'idée simple
15:36qui est créer
15:37un environnement de travail
15:38inclusif, accessible
15:39et bienveillant
15:40pour tous et tous.
15:41Et ça, c'est structurant
15:42parce que c'est vraiment
15:42le pilier.
15:43Et dans ce pilier-là,
15:44on va avoir ensuite
15:45divers sujets,
15:46comme par exemple
15:47l'égalité femmes-hommes.
15:48On va suivre l'index
15:50de l'égalité professionnelle
15:51tous les ans, bien sûr,
15:52et sur les différentes agences.
15:53Ça va nous permettre
15:54de réfléchir à ce qu'on met en place
15:55ou ce qu'on doit mettre
15:56en place à l'avenir.
15:57On va cibler des actions
15:58sur les parcours de carrière aussi.
16:00Évidemment,
16:01on fait beaucoup de sensibilisation,
16:02donc il y a aussi
16:02la sensibilisation
16:03sur les situations
16:04de plafond de verre,
16:05s'assurer qu'on y est bien vigilant.
16:06J'allais ensuite parler
16:08du pilier handicap
16:09et de l'accessibilité.
16:11Ça va être autour
16:12du maintien dans l'emploi,
16:14des aménagements de postes,
16:15évidemment,
16:16la sensibilisation
16:17auprès de nos équipes,
16:17les managers,
16:18les équipes en général.
16:19Et on fait également recours
16:21à des prestataires
16:21du secteur protégé
16:23et adapté.
16:24Ça nous permet
16:24de faire des échanges
16:25avec un écosystème
16:26qui est important pour nous.
16:27Bien sûr.
16:28Et pour compléter, Vincent ?
16:30Déjà,
16:30l'égalité hommes-hommes
16:31et de handicap,
16:32il y a aussi plein de dimensions
16:32qu'on doit prendre en compte
16:34assez importantes
16:34dans la diversité et l'inclusion.
16:36Je pense en premier lieu
16:37à la diversité sociale
16:38et à l'égalité des chances.
16:39L'idée simple,
16:40comment élargir le recrutement
16:41et ouvrir nos métiers
16:42à des profils
16:43qui ne s'y projetaient
16:43pas forcément ?
16:44Et ça, c'est un vrai enjeu.
16:46La différence des profils
16:47dans la boîte
16:48permet de coller
16:48aux attentes de la société
16:49puisqu'elle la reflète.
16:51Exactement.
16:51Et dans une boîte de communication,
16:52on est là pour délivrer
16:54quelque chose
16:54qui corresponde à la société.
16:56Donc, des équipes diverses,
16:57c'est le nerf de la guerre.
16:59Il y a aussi tout ce qui est
17:00l'inclusion LGBTQA+.
17:01En 2023,
17:02on s'est engagé
17:03via la Charte de l'autre cercle.
17:04Cela se traduit
17:05par un comité LGBTQIA+,
17:07identifié,
17:08des référents
17:09et des actions
17:09de sociétalisation régulières
17:11et des études concrées
17:12pour accompagner
17:13les collaborateurs.
17:13L'année dernière,
17:14on a par exemple sorti
17:15un guide sur la transidentité
17:16qui a été absolument
17:17bien reçu
17:18puisque c'est une thématique
17:19qui nous faisait très cher.
17:22Et enfin,
17:23il y a surtout
17:23tout ce qui, moi,
17:24me touche plus personnellement
17:26et c'est là où je viens
17:27et au plus profondant de moi-même,
17:28c'est tout ce qui est
17:28de la culture et la formation.
17:30Chez Havas Nettoir,
17:31par exemple,
17:31j'ai créé une newsletter
17:32qui s'appelle Conscious
17:33qui a son maintenant
17:34dixième numéro.
17:35Et l'idée,
17:36c'est simple,
17:37c'est d'aborder
17:37celui de la diversité
17:38et de l'inclusion
17:38via le prisme de la culture.
17:40C'est-à-dire,
17:41sur cette newsletter,
17:42je fais un petit point
17:43sur toutes les nouveautés
17:44de la diversité et de l'inclusion
17:45en France et en Europe,
17:47mais ensuite,
17:47je l'illustre
17:48par des exemples concrets
17:50des livres,
17:50des films,
17:52des expos
17:52et même de la musique.
17:54Chaque mois,
17:54je fais une petite playlist
17:55et le but,
17:56c'est de montrer
17:56que c'est de la matière vivante
17:57et surtout que tout est là
18:01une meilleure façon
18:01de nous-mêmes.
18:02C'est génial.
18:03Très apprécié,
18:04cette newsletter.
18:06Et toi, Romane,
18:07est-ce que tu as un éclairage
18:08côté structure,
18:09gouvernance et dispositif ?
18:11Oui, la DNA
18:11chez Avas,
18:12ça s'inscrit du coup
18:13dans la politique RSE
18:14au global du groupe.
18:15Ça s'appelle
18:15Avas Impact Plus
18:17et ça a été créé en 2020.
18:18Et globalement,
18:19c'est une politique
18:19qui repose sur trois piliers.
18:21On a d'un côté
18:22l'environnement,
18:23on a ensuite
18:23la communication responsable
18:25et ensuite l'humain.
18:26Nous, côté DNA,
18:27on s'inscrit
18:28dans le pilier humain.
18:29Et donc concrètement,
18:31nos engagements passent
18:32par promouvoir
18:33la diversité et le bien-être.
18:35Ça passe aussi
18:35par l'équité et l'inclusion
18:37à chaque étape
18:37du recrutement
18:38et des parcours en général.
18:40Et puis,
18:41le développement
18:41d'une culture managériale
18:42inclusive,
18:43la formation,
18:44on en parlait,
18:44des managers,
18:45des équipes recrutement
18:46et des équipes en général.
18:48Et puis,
18:49c'est une démarche
18:49diversité et inclusion
18:50qui a été reconnue aussi
18:51en 2025.
18:52On a obtenu
18:53la certification
18:53EcoVadis Or.
18:55On s'en parlait tout à l'heure,
18:56mais ça nous permet aussi
18:56de valoriser en externe
18:57ce qu'on est capable de faire.
18:58C'est important
18:59d'être reconnu aussi
19:00pour sa démarche.
19:01Ça encourage aussi
19:02à poursuivre
19:02et ça démontre
19:03que la démarche
19:04est authentique
19:04et sincère
19:05avec des vrais faits
19:06qui démontrent
19:08votre vision des choses.
19:09Côté culture
19:10et mobilisation,
19:11programme,
19:12tu parlais beaucoup
19:12de culture, Vincent,
19:13tout à l'heure.
19:14J'imagine que c'est
19:14un peu un point d'entrée.
19:15Tout à fait.
19:16Le point d'entrée,
19:16c'est la culture.
19:17On s'intéresse
19:18à la façon dont le cinéma,
19:19la musique et la pop culture
19:20façonnent notre imaginaire
19:21collectif et influence
19:22ce qu'on perçoit
19:22comme crédible,
19:23désirable et normal.
19:25C'est vraiment
19:26absolument essentiel.
19:27Mais on ne change pas
19:28des habitudes de travail
19:29simplement en donnant
19:30des consignes.
19:31On les change
19:31en faisant évoluer
19:32les espaces de dialogue.
19:34Concrètement,
19:35ça se passe par des ateliers
19:35en présentiel,
19:36c'est ce que tu nous as évoqué
19:37déjà, Romane,
19:39des temps d'échange,
19:39des formats où les objectifs
19:40peuvent confronter
19:41leur point de vue
19:42et partager leur expérience.
19:43L'objectif n'est pas
19:44de convaincre,
19:45mais de réfléchir ensemble.
19:46Et ça,
19:46c'est absolument capital.
19:47Rien n'est figé,
19:48on ajuste en fonction
19:49des retours.
19:50L'enjeu au final,
19:51c'est que la diversité
19:51et l'inclusion
19:52ne restent pas
19:52un sujet à part,
19:53mais qu'elle devienne
19:53un réflexe collectif.
19:55On a de nouveau
19:56instauré des automatismes
19:57pour que les gens
19:58s'approprient
19:58tout ce que vous allez
19:59mettre en œuvre
20:00de façon collective
20:01et bienveillante.
20:02Et donc là,
20:02vous avez plein,
20:03j'imagine,
20:04d'initiatives concrètes
20:05à nous partager
20:06que vous portez
20:07et auxquelles vous contribuez
20:08en termes de formation,
20:09de programmes,
20:10de mesures,
20:10de mentor-nous
20:11et de campagne.
20:12Vincent,
20:12je me retourne vers toi
20:13pour savoir.
20:14Ça serait long
20:14de tout lister
20:15puisque c'est vraiment
20:16notre quotidien
20:16et on essaie
20:17de faire le maximum
20:17de choses possibles.
20:18Mais par exemple,
20:19je suis parlé du handicap.
20:20Sur le handicap,
20:20on agit très concrètement.
20:21Par exemple,
20:22on travaille avec
20:22des partenaires
20:23comme l'ARPEJ
20:24pour favoriser les stages
20:25et les attendances
20:25des personnes
20:26dans une situation
20:26de handicap.
20:27L'objectif,
20:27c'est simple,
20:28c'est ouvrir réellement
20:29l'accès à l'emploi.
20:30C'est un peu compliqué,
20:31mais sans ces aides extérieures,
20:32on n'y arriverait pas.
20:33Et c'est assez,
20:34je dirais, vertueux.
20:35Sur l'inclusion LGBTQIA+,
20:36c'est à peu près
20:37la même logique.
20:38On essaie d'organiser
20:39des actions concrètes
20:40de sensibilisation
20:40des équipes
20:41tout au long de l'année.
20:42Je vais donner aussi
20:43un exemple très concret.
20:44C'est la braderie Solida
20:45qu'on a mis en place
20:46en décembre dernier
20:46au profit
20:47de l'association Contact.
20:48L'association Contact,
20:48c'est une association
20:49qui aide et soutient
20:50et fait de la pédagogie
20:51auprès des familles
20:52de jeunes LGBT QIA+.
20:55Donc, on a organisé
20:55cette petite braderie.
20:57Je ne sais pas
20:57pourquoi je dis petite
20:58parce qu'elle a été
20:58absolument phénoménale
21:00au niveau du succès rencontré.
21:01On a récolté
21:02une belle somme d'argent
21:03qu'on a rendue
21:03à l'association Contact,
21:05ce qui a permis
21:06de soutenir leurs actions
21:06d'accompagnement
21:07des familles LGBT QIA+.
21:09De manière très,
21:10très, très concrète.
21:11Alors là, tu l'auras remarqué,
21:12dans tous les cas,
21:13l'idée est la même
21:14et c'est notre leitmotiv
21:15depuis le début
21:15de cet entretien.
21:17Le but de chez Havas,
21:17c'est de passer
21:18des discours à l'action.
21:19Que tout soit prouvé,
21:20tout soit fait.
21:20On n'est pas dans le discours,
21:21on est dans le faire.
21:23Et on a d'autres thématiques,
21:24bien sûr, qu'on couvre.
21:25On parlait d'inclusion
21:26éducative plus tôt.
21:27On a un programme
21:28qui marche très bien.
21:29Ça s'appelle Havas Kids.
21:30Ça fait huit ans
21:31que le programme existe.
21:32Ça a été créé en 2017
21:33et c'est en partenariat
21:34avec l'association
21:35Viens voir mon taf.
21:37C'est un joli nom.
21:38Très mignon le nom.
21:39Qui permet d'agir
21:40pour l'égalité des chances.
21:42Concrètement,
21:42c'est un programme
21:43qui est destiné
21:44à des collégiens
21:44qui proviennent
21:45d'établissements
21:45des réseaux d'éducation
21:46prioritaire.
21:47Nous, on les fait venir
21:48pendant une semaine.
21:49Ils ont un tuteur
21:50chez Havas,
21:51donc on leur fait rencontrer
21:51les milieux de la création,
21:52les milieux de Havas en général.
21:54Et ça leur permet
21:55de toucher du doigt
21:56un peu les différents métiers,
21:58d'échanger,
21:58d'avoir des vraies interactions
22:02Pour la dernière édition,
22:03on avait accueilli 25 élèves.
22:05En général,
22:06c'est une classe
22:06qui a beaucoup d'énergie
22:07et qui était accompagnée
22:09par 53 tuteurs
22:10et 22 intervenants au total
22:12et issus de 12 agences.
22:13C'est ça qui est intéressant aussi,
22:14c'est que beaucoup d'agences
22:15participent
22:15et donc c'est un programme
22:16qui marche bien.
22:17Et pour compléter
22:18ce que tu dis,
22:19c'est un programme
22:19qui engage toute l'agence
22:20parce que c'est près
22:21de 500 personnes
22:21qui ont été mobilisées
22:22autour de ce programme-là
22:23cette année.
22:24C'est-à-dire que tous les services
22:24sont mobilisés
22:25pour présenter des choses,
22:26des programmes et des formations.
22:27en tant que ça mobilise
22:28toute l'agence.
22:29Donc ça, c'est encore de nouveau
22:30un collectif qui se mobilise
22:31au sein du groupe Avas.
22:32Et donc, vous êtes suivi
22:33dans votre démarche.
22:35Alors, comment vous mesurez
22:36l'impact de ces actions ?
22:37Ce qui ne doit pas être
22:38forcément aisé,
22:39à la fois pour les collaborateurs,
22:41la culture interne,
22:42la performance de l'entreprise
22:43en termes de, justement,
22:44de niveau d'engagement
22:45des équipes.
22:46Eh bien, on les mesure
22:46de trois façons différentes.
22:47Tout d'abord,
22:48avec des chiffres,
22:48très bêtement.
22:49Pour revenir à mon exemple
22:50initial des ateliers,
22:52on calcule le nombre
22:53d'ateliers,
22:53le nombre de participants
22:54et le taux de satisfaction.
22:55Donc, ça nous donne
22:56des preuves très concrètes,
22:57chiffrées selon les trébuchants
22:58au niveau de la monnaie.
22:59Aujourd'hui, on a fait
23:0065 ateliers,
23:01on a formé presque 700 personnes
23:03et on a une note moyenne
23:04de satisfaction à 4,7 sur 5,
23:06ce qui est plutôt pas mal.
23:07C'est très bien.
23:08Eh oui.
23:09Donc, ça nous donne
23:09un premier indicateur.
23:11Ensuite, il y a
23:11tout ce qui est le ressenti.
23:12On travaille à des outils,
23:13notamment avec Mixity
23:14ou avec des enquêtes internes
23:15qui nous permettent
23:16de mesurer concrètement
23:17et en quali plus quanti,
23:19comment les collaborateurs
23:20se sentent inclus.
23:21Et ça, c'est le deuxième pilier
23:22du calcul et de la performance.
23:24Et enfin, il y a un truc
23:25qui est beaucoup plus subjectif,
23:26c'est l'observation.
23:27Est-ce que les échanges
23:28sont plus ouverts ?
23:28Est-ce que les collaborateurs
23:29peuvent vraiment être même
23:30de manière tout à fait libre ?
23:32Quand les actions
23:33sont cohérentes dans le temps,
23:34on voit un effet très clair.
23:35L'engagement et le sentiment
23:36d'appartenance progressent.
23:38Donc, de bons indicateurs
23:40fondamentaux.
23:40Et de ton côté, Romane,
23:42est-ce que tu vois
23:42des changements dans les métiers,
23:44les compétences attendues
23:45ou la culture d'agence ?
23:46Oui, clairement.
23:47Ça change moins les intitulés de postes
23:49que la manière de lire
23:50le réel en général.
23:51Je pense que c'est important
23:52qu'une agence reflète
23:53la diversité des âges,
23:55des genres, des corps,
23:56des vécus et des origines
23:57pour pouvoir bien lire la société.
24:00Et l'important,
24:01c'est de s'adresser
24:02à une cible qui existe vraiment.
24:03Et si on ne le fait pas,
24:04on finit par s'adresser
24:05à une cible qui est imaginaire.
24:07Donc, concrètement,
24:07ça fait évoluer
24:08les compétences attendues.
24:09Ça nécessite qu'il y ait plus d'écoute,
24:11qu'il y ait plus de vigilance
24:12sur les représentations,
24:13qu'il y ait plus de questions
24:14aussi posées en amont des projets
24:16et puis qu'il y ait moins d'automatisme
24:17dans la création
24:18et dans les stratégies.
24:19Du coup, le fait qu'on sensibilise
24:21beaucoup, ça aide
24:22à aller sur ce chemin-là.
24:24Exactement.
24:24Alors, comment vous favorisez
24:25une appropriation positive
24:27de ces outils
24:27sans créer justement
24:28de résistance
24:29ou d'anxiété
24:30chez les équipes ?
24:31Eh bien, on évite
24:32tout simplement
24:33toute la logique d'injonction.
24:35Les résistances naissent
24:36quand les équipes
24:37ont peur d'être jugées
24:37ou mises en faute.
24:38L'appropriation passe
24:39par des formats collectifs
24:40et concrets,
24:41des ateliers,
24:42des échanges, du dialogue.
24:43On valorise aussi le droit,
24:44surtout le droit
24:45de ne pas savoir
24:46et de poser des questions.
24:47La clé,
24:48c'est la cohérence
24:49dans le temps.
24:49Quand les actions
24:50sont claires et continues,
24:51incarnées,
24:52l'adhésion se fait
24:53absolument naturellement.
24:54Donc, ça doit impliquer
24:56aussi que vous laissez
24:57une place assez importante
24:58à la formation
24:59et à la curiosité
25:01dans cette transition.
25:02Oui, c'est une place
25:02absolument essentielle.
25:04Mais pas une formation
25:05descendante ou normative,
25:06on fait une organisation
25:06qui s'acte surtout
25:07sur la curiosité.
25:08La curiosité pour les autres vécus
25:10et la curiosité
25:11pour ce qu'on ne connaît pas.
25:12Le but ici,
25:13c'est de se mettre
25:13à la place de l'autre.
25:15La formation,
25:16c'est ici surtout
25:16à ouvrir les perspectives
25:17et à donner envie
25:18d'aller plus loin.
25:19Alors, quand on travaille
25:20dans un groupe
25:20de communication
25:21et de création
25:21comme Avas,
25:22quelle responsabilité
25:23particulière a-t-on
25:24sur la représentation
25:25des diversités ?
25:26Elle est absolument essentielle,
25:28c'est même le nerf de la guerre.
25:29Quand on travaille
25:30dans la communication
25:30et la création
25:31et dans la publicité,
25:33n'ayons pas peur des mots,
25:34c'est la publicité,
25:34on ne se contente pas
25:35de refléter le monde,
25:36on façonne vraiment
25:37et littéralement
25:37les imaginaires,
25:39les normes et les modèles.
25:40Chaque image,
25:41chaque récit,
25:42chaque casting
25:42produit des effets.
25:44Qui est visible ?
25:45Qui n'est pas visible ?
25:46Comment certaines personnes
25:47ou certains corps
25:47sont représentés ?
25:48C'est essentiel.
25:49Ce n'est jamais nôtre.
25:50Notre responsabilité
25:51implique donc plus
25:52de vigilance
25:53sur la représentation,
25:54plus de questions posées
25:55en amont des projets
25:56et moins d'automatisme
25:57de vérité.
25:57Tu en parlais, Romane.
25:58Là encore,
25:59il ne sache pas
25:59de briser la créativité
26:00mais de la rendre plus juste,
26:01plus précise
26:02et plus contemporaine.
26:03Donc c'est ça,
26:04éviter ces fameux biais
26:04dont on parlait
26:05au tout début.
26:06Alors,
26:07si on se projette
26:07un petit peu
26:08et qu'on essaye
26:09d'envisager le futur
26:10de la diversité
26:11et de l'inclusion,
26:12qu'est-ce qui mérite
26:13aujourd'hui plus d'attention
26:14qu'on ne le pense ?
26:15C'est vrai qu'on se parlait
26:16de représentation.
26:18Tout ce qui concerne
26:19finalement l'apparence,
26:20ça peut rester sous-estimé.
26:21Le corps, le poids,
26:22l'âge, les vêtements,
26:23c'est en fait
26:24des normes implicites
26:25mais qui sont très importantes
26:26dans notre milieu.
26:28Et par exemple,
26:29les discriminations
26:29liées à l'apparence,
26:30ça concerne encore
26:3125% des personnes en France
26:32et 29% en moyenne mondiale.
26:34Et celles liées à l'âge,
26:35c'est 20% en France
26:36et 27% ailleurs.
26:38Avec des chiffres
26:39à l'étranger,
26:39notamment sur l'apparence physique
26:40qui sont absolument
26:42phénoménaux
26:43puisque 44%
26:44des jeunes américains,
26:45par exemple,
26:45se sentent discriminés
26:46par rapport
26:46à leur apparence physique.
26:47Pourquoi ?
26:48Merci les réseaux sociaux.
26:49Ça n'aide pas.
26:50Ouais, c'est fou.
26:51Et c'est sûr que c'est
26:52des discriminations
26:52qui sont banalisées.
26:54On les nomme rarement
26:56et elles peuvent peser
26:57concrètement
26:57sur les parcours professionnels
26:58si on n'en parle pas
26:59ou si on n'en prend pas conscience.
27:01Donc, le rôle aussi
27:02du management est important
27:03dans l'inclusion
27:04de façon générale.
27:04Ça permet évidemment
27:05d'avoir en tête ces sujets.
27:07Ça permet aussi
27:08de promouvoir
27:09un environnement
27:10qui aide à la formation,
27:12qui aide à prendre conscience
27:13de la manière
27:14de donner du feedback,
27:15d'organiser le travail
27:16et de distribuer la charge,
27:18de décider qui a la parole
27:19en réunion,
27:20qui est exposé,
27:20qui est protégé.
27:21Tout ça, c'est un peu
27:22des façons de fonctionner
27:23dont on ne prend pas
27:23forcément conscience,
27:24mais qui peuvent avoir
27:25un impact sur comment
27:27on se sent bien
27:27dans l'entreprise
27:28et comment tout le monde
27:29est représenté.
27:30Et ça, aujourd'hui,
27:31ce n'est peut-être
27:31pas suffisamment regardé.
27:33Nous, on a à cœur
27:33de sensibiliser sur ce sujet,
27:35mais c'est sûr que,
27:36en fait, c'est un sujet
27:37sur lequel on doit
27:38toujours revenir
27:38pour être sûr
27:39qu'à chaque fois
27:39qu'on fait monter
27:40quelqu'un dans le rôle,
27:41on puisse être promoteur
27:43de cette bonne façon
27:44d'agir.
27:45Et alors, selon vous,
27:46quel est le prochain défi majeur
27:47pour faire avancer
27:48l'inclusion
27:48dans les entreprises françaises ?
27:50Ah ben, le prochain défi,
27:51c'est de passer
27:52de l'attention aux actes.
27:53Ça veut dire
27:54continuer à agir,
27:55même quand les sujets
27:56deviennent moins confortables,
27:57dont on a parlé romane,
27:58c'est-à-dire parler d'âge,
27:59d'apparence et de santé mentale,
28:01et pas seulement
28:01des thèmes plus consensuels
28:02comme le handicap
28:03ou la représentation
28:04LGBTQIA+.
28:05On voit aussi
28:06à l'international
28:06un recul sur ces questions
28:07de DNI.
28:08Les politiques DNI
28:09sont remises partout en cause.
28:10Le risque,
28:11c'est que certaines entreprises
28:12se mettent à ralentir
28:13par prudence.
28:14Le vrai enjeu
28:15pour les entreprises françaises,
28:16et il est réel,
28:17c'est de ne pas traiter
28:18l'inclusion comme une option
28:19qu'on active
28:19ou qu'on désactive
28:20selon le contexte.
28:21Il faut continuer
28:22à avancer
28:22de manière structurée
28:23et concrète,
28:24parce que l'inclusion
28:25n'est pas une tendance politique,
28:26c'est une question
28:26de réalité sociale,
28:27de qualité de travail
28:28et surtout de crédibilité.
28:30Et de manière générale,
28:31le recrutement
28:32nécessite une intention
28:33qui doit être particulière
28:34et qui doit être
28:35surtout en continu.
28:37On voit bien
28:37que la diversité
28:38qu'on aura demain,
28:39ça dépend de la façon
28:39dont on recrute aujourd'hui.
28:41C'était le cas par le passé,
28:42ce sera toujours le cas.
28:43Donc on s'attache
28:44à mieux maîtriser
28:45aussi nos billets.
28:46Si on valorise
28:47les mêmes parcours,
28:48les mêmes codes,
28:48les mêmes manières
28:49de se représenter,
28:49ça peut exclure des talents
28:51et nous,
28:52on aurait à cœur
28:52d'avoir ces talents-là.
28:54C'est pour ça
28:54que c'est important
28:55d'élargir les viviers,
28:56d'adapter nos critères
28:57et d'aller chercher
28:57des profils
28:58qui n'auraient peut-être
28:58même pas pensé à nous
28:59de leur côté.
29:01Voilà, l'objectif
29:01c'est que vous rendiez
29:02l'expérience
29:02de recrutement inclusive aussi.
29:04Complètement.
29:05Alors,
29:06si vous ne pouviez changer
29:07qu'une seule chose demain,
29:09ce serait quoi ?
29:10Alors, je commence.
29:12Pour moi,
29:13c'est l'éducation.
29:14Pas seulement à l'école,
29:15mais l'éducation
29:15se fait tout le temps,
29:16notamment tout au long
29:17du parcours professionnel.
29:18C'est-à-dire apprendre
29:19à comprendre
29:20les réalités
29:21qu'on ne vit pas soi-même.
29:22Et ça,
29:22c'est vraiment essentiel
29:23de se mettre
29:23à la place de l'autre.
29:24Il faut apprendre
29:25à écouter
29:25avant de juger.
29:27L'écoute active
29:28est essentielle.
29:30Beaucoup de résistances
29:31viennent justement
29:31simplement de là,
29:32de ce qu'on n'a pas appris
29:33ou jamais rencontré.
29:35Si on change ça,
29:36je pense que tout le reste suit.
29:37Les pratiques évoluent
29:38et les relations aussi.
29:39L'inclusion commence
29:40effectivement
29:41par une curiosité
29:41conclutive.
29:42C'est beau.
29:43C'est tellement vrai.
29:45Ça semble évident
29:46et ce n'est pas évident
29:47de se mettre
29:47à la place de l'autre toujours.
29:49C'est la chose
29:49la plus difficile du monde.
29:50Franchement,
29:51parce que parfois
29:51on est soumis
29:53à nos propres émotions.
29:54On peut être en colère,
29:55on peut être fatigué
29:57tout simplement
29:58et ne pas avoir
29:58cette capacité
30:00à se mettre
30:00à la place de l'autre
30:01en se disant même
30:02« Mais qui se met
30:02à ma place à moi ? »
30:04Exactement.
30:04C'est pour ça
30:04que l'écoute active
30:05est absolument essentielle.
30:06C'est-à-dire que
30:07simplement se mettre
30:08à côté de son collègue,
30:09de son alternant,
30:09de la personne qui rentre
30:10et lui demander
30:11comment ça va,
30:12essayer de comprendre
30:13quels sont ses problèmes
30:14et quels peuvent être
30:14ses enjeux.
30:15On est tous différents.
30:17On n'est pas tous
30:17des petits blancs
30:18qui viennent de Neuilly,
30:19même dans un agent
30:20de communication
30:20comme Abbas.
30:21Non, il y a des profils différents.
30:22Qui es-tu, toi ?
30:24Qu'est-ce que tu vis ?
30:24Et en quoi je peux être
30:26un allié à ta cause ?
30:27Exactement.
30:28Je partage complètement
30:29la même philosophie
30:30de « Vie ma vie ».
30:31C'est important
30:32qu'on crée dans les entreprises
30:33des espaces et des temps
30:34surtout pour se connecter
30:35les uns aux autres
30:36et de façon concrète
30:37et de façon véridique.
30:40Et oui, je pense que
30:41c'est un vrai levier
30:41de prise de conscience.
30:42c'est important
30:43de cultiver son empathie
30:44vis-à-vis des autres.
30:45C'est essentiel.
30:46Complètement.
30:46Et ça permet en fait
30:47souvent les sujets de diversité.
30:49Ça nous touche
30:50quand soi-même
30:50on est concerné
30:51ou alors quand notre
30:51entourage personnel
30:52est concerné.
30:53Et en fait,
30:54on passe cinq jours
30:54sur sept avec nos collègues.
30:56Donc, c'est important
30:56de les considérer
30:57comme notre entourage aussi
30:58et de se connecter.
31:00Alors, y a-t-il un moment,
31:01une rencontre
31:01ou un apprentissage
31:02qui vous a particulièrement
31:03façonné sur ces sujets ?
31:05Alors, j'ai remetté
31:06ma petite casquette d'un télo.
31:08Qui nous fait bien, Vincent.
31:09Ce ne sont pas des gens
31:10que j'ai rencontrées,
31:11mais des livres.
31:11Et en même temps,
31:12les livres,
31:13c'est déjà des gens.
31:14Je ne sais pas comment
31:14expliquer ça.
31:15Oui, c'est des rencontres
31:16avec des personnages.
31:17Il y a des auteurs
31:18qui m'ont particulièrement
31:19marqué.
31:20Je vais citer quelques-uns.
31:21Je vais parler
31:21de Virginie Despentes.
31:22Virginie Despentes,
31:23elle n'a pas uniquement
31:24parlé du féminisme
31:25et d'une posture
31:27queer assez affirmée.
31:28Elle parle surtout
31:29et avant tout
31:30des rapports de domination
31:31et de violence sociale.
31:32Sans chercher
31:33à les rendre confortables,
31:34sans chercher
31:34à les rendre sexy.
31:35Et cette frontalité
31:36de me confronter
31:37à ce que c'est
31:38que la domination sociale
31:39est absolument essentielle.
31:41J'ai aussi parlé
31:41d'un auteur,
31:42Guillaume Dustan,
31:43qui a été absolument essentiel
31:44parce qu'il a fait comprendre
31:45que la norme,
31:46c'est ce qu'on décide
31:47d'être normal en fait.
31:48Et que la marge
31:49est aussi importante
31:50que le mainstream.
31:51Donc, qu'est-ce qui est normal,
31:52qu'est-ce qui n'est pas normal ?
31:53Et ça, c'était vraiment
31:53un point de vue essentiel.
31:55Et après,
31:56il y a Judith Butler.
31:57Judith Butler,
31:57pour les plus féministes
31:58d'entre vous,
31:59c'est vraiment
31:59la personne à connaître.
32:01Et en fait,
32:01elle a repris quelque chose
32:02qu'avait déjà théorisé
32:03Simone de Beauvoir.
32:04C'est qu'être femme,
32:05ce n'est pas simplement
32:05quelque chose de biologique,
32:06c'est quelque chose
32:07qu'on apprend,
32:07que la société nous apprend
32:08et nous répète.
32:09Au fond,
32:10j'ai appris quelque chose
32:11de simple.
32:11On ne change pas
32:12la façon de penser des gens
32:13uniquement avec des règles.
32:14On les change avec des histoires
32:15qui ouvrent les yeux
32:15et avec des vécus.
32:16Et les écrivains,
32:17qu'est-ce qu'ils font le mieux
32:18que de refléter des vécus ?
32:20C'est vrai,
32:21c'est super intéressant
32:22avec des belles références.
32:24Franchement,
32:25merci Vincent.
32:26Et toi, Romane,
32:27de ton côté ?
32:28Je pense que je vais aussi
32:29parler de vécus,
32:30mais plutôt sous l'angle personnel.
32:32Moi, c'est vrai que
32:33les sujets d'inclusion,
32:33c'est venu assez tôt
32:35dans mon parcours
32:37plutôt personnel.
32:38Quand j'avais une personne
32:38dans mon entourage
32:39qui a été atteinte
32:40d'une maladie
32:40qui s'appelle la fibromyalgie
32:42et qui est en fait
32:42une maladie chronique
32:43qui provoque des douleurs diffuses
32:45et qui ne sont pas visibles.
32:47Donc, ça l'a beaucoup isolée,
32:48elle a perdu son travail,
32:49elle s'est retrouvée très seule
32:50et je pense qu'à ce moment-là,
32:51moi, ça m'a fait toucher du doigt
32:53qu'il y avait une sorte d'injustice
32:54dans le monde professionnel
32:55de ne pas pouvoir lui permettre
32:57d'avoir un quotidien
32:57où elle se connecte aux autres
32:58ou finalement,
32:59elle continue de vivre
33:00avec les mêmes connexions aux autres.
33:02Donc, je pense que c'est
33:02à partir de ce moment-là
33:03que je me suis déjà attachée
33:05à parler des handicaps invisibles
33:07et puis surtout
33:08à prendre conscience
33:09que les obstacles des autres,
33:11finalement,
33:12on ne les touche pas vraiment du doigt
33:13tant qu'on ne nous en parle pas.
33:14Donc, c'est important
33:15de parler de ces sujets
33:16et c'est une bonne chose
33:16qu'on en parle aujourd'hui.
33:17C'est clair.
33:18Alors, un immense merci
33:19à tous les deux,
33:20Vincent et Romane.
33:22Merci pour la richesse
33:23des éclairages,
33:24pour votre temps,
33:25pour votre engagement quotidien
33:26sur ces sujets
33:27qui sont essentiels,
33:28la diversité et l'inclusion
33:30et puis qui finalement,
33:31au-delà de ça,
33:31sont des vraies valeurs philosophiques,
33:33valeurs humaines
33:33qu'on doit finalement
33:34appliquer dans tous les domaines.
33:35Donc, vraiment,
33:36un immense merci
33:36pour votre temps
33:38et puis votre engagement.
33:39Ça se sent quand on vous écoute
33:40et ça nous embarque en fait.
33:42Donc, vraiment, merci beaucoup.
33:43Je pourrais le répéter dix fois.
33:45Merci à toi.
33:46Et puis surtout,
33:46ce qui est important
33:47de comprendre dans nos échanges,
33:48c'est que les questions
33:49de diversité et inclusion
33:50ne s'arrêtent pas au travail.
33:52C'est-à-dire qu'il faut également
33:53avoir cette vision bienveillante humaine
33:55dans sa vie de tous les jours.
33:57Exactement.
33:57Et donc, ce qu'on peut retenir,
33:59c'est que l'inclusion
34:00ne se résime
34:01ni à des intentions
34:01ni à des slogans.
34:02Elle se construit dans la durée,
34:04dans la pratique,
34:05dans le management,
34:06dans la culture même
34:06des organisations
34:07et dans l'éducation
34:08en amont aussi
34:09pour avoir des citoyens
34:11qui sont dans cette bienveillance
34:12et de manière collective.
34:14Donc, merci à tous aussi
34:15de nous avoir écoutés.
34:16Si cet épisode vous a inspiré
34:18ou fait réfléchir,
34:19n'hésitez pas à le partager,
34:20bien sûr,
34:20à nous laisser un commentaire
34:21ou à nous suggérer des invités
34:22qui aussi,
34:23comme Vincent et Romane,
34:24font avancer ces sujets
34:25dans leurs entreprises.
34:26Merci beaucoup
34:27et à très bientôt
34:28pour un nouvel épisode.
34:30Avas Édition,
34:32en partenariat
34:33avec Bob Coy,
34:34vous a présenté
34:35Qui c'est qui connaît ?
34:36Le podcast par un média
34:38pour les médias
34:40sur les médias.
34:42Bye Avas !
34:44Sous-titrage Société Radio-Canada
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