00:00Pour moi, le prix de la trahison de la France, je l'ai déjà exprimé, c'est 15 millions en
00:05moyenne.
00:06– Mais vous êtes sûr ? Est-ce que je ne peux pas vous...
00:08– Qu'est-ce qu'il y a ?
00:09– Les précautions à ratons ou pas de précautions à ratons ?
00:11Ils n'ont pas trahi la France, ces gens-là ?
00:13– Ils ont vendu un groupe du CAC 40, dans des conditions qui ont fait perdre le contrôle à la
00:20nation de ce groupe,
00:22contre un chèque, une rémunération extraordinaire, extrêmement importante,
00:30qui montre à quel point finalement la vénalité dirige les affaires, on n'est pas surpris,
00:3915 millions environ, 13 millions je crois, pour vendre à Nokia, alors qu'on aurait pu racheter, nous, Nokia.
00:52– Est-ce que vous n'avez pas l'impression que ça fait des années qu'on a une élite
00:56européenne
00:57qui est biberonnée avec du fric américain, des réseaux qui sont biberonnés avec du fric américain
01:04pour faire taire les voix comme Arnaud Montebourg ou autres sur la réindustrialisation, la souveraineté française ?
01:12Est-ce que vous n'avez pas l'impression que de l'intérieur, excusez-moi l'expression de monsieur mon
01:17ministre,
01:17on nous castre, on nous castre de l'intérieur pour éviter que la France prenne le lead de l'Europe
01:23et on nous castre avec l'aide des Allemands, proxy américain.
01:29Donc la question elle est très directe, est-ce que vous n'avez pas, j'entends votre constat de
01:35on peut faire ci, on a plein d'argent, c'est super cool, est-ce que vous avez…
01:40– Mais c'est déjà pas mal de dire qu'il y a des solutions à face aux gens qui
01:43vont faire du fatalisme.
01:44– Donc c'est pas du fatalisme, je vois que la France est mise en laisse avec un collier étrangleur
01:51que nos élites ne défendent pas notre nation, soit par incompétence, soit par forfaiture,
01:58soit pour des questions, on va pas rentrer dans le détail pour pas se prendre un procès ce soir,
02:03j'ai vraiment l'impression que notre pays est mis au pas.
02:10est-ce que vous avez le même constat que moi ?
02:14Monsieur mon ministre, Alstom, Arabelle, on voit les Américains faire du Arabelle,
02:21la liste est longue, Technip ?
02:24– Moi j'ai fait la liste des patrons de boîtes qui ont reçu un chèque pour se vendre presque
02:34aux enchères.
02:36– C'était en euros ou en dollars ?
02:38– Ah bah, je pense qu'il y avait un peu des deux, c'était un peu ça.
02:42– On ne fait pas des parties ce soir.
02:44– Ah non mais je vais donner les chiffres, j'ai donné les noms peut-être, c'est encore mieux.
02:47Je l'ai déjà dit devant une commission d'enquête parlementaire,
02:51donc je peux le redire ici, avec toute la même sincérité et liberté.
02:57– Un, Alstom, c'était un chèque d'une vingtaine de millions pour Cron
03:04et une garantie d'immunité des poursuites pour corruption mondiale
03:08de la part du Department of Justice de l'administration américaine.
03:15Pilinco, Thierry Pilinco, patron de Technip, a fait une fausse fusion entre égaux
03:22avec FMC, une boîte texane qui était en vérité en grave difficulté,
03:28mais dont un rapport de Goldman Sachs avait montré toutes les vertus
03:33et qu'il a gobé comme ça.
03:35Et d'ailleurs, dans le conseil d'administration, il y a des gens qui ont refusé de voter,
03:38ils n'ont jamais voulu parler malheureusement,
03:39mais la BPI et l'Institut français du pétrole,
03:43c'est-à-dire celui qui détient les brevets du général d'Egaux sur l'oil et l'ingas,
03:46ont voté pour.
03:48On peut quand même le dire.
03:49– Ça, ça a été dit dans une commission.
03:51– C'est des décisions qui ont été prises.
03:53– Ça, ça a été dit, ça a été vocalisé et verbalisé dans une commission ?
03:56– Je l'ai dit à la commission d'enquête parlementaire.
03:59– Vous avez eu des procès pour ça ou pas ?
04:00– Moi, on ne me fait aucun procès.
04:02Je le regrette parce que j'apporterais les preuves.
04:05Elle était moi.
04:06parce que je ne dis que ce que j'ai pu vérifier quand même.
04:10Bon, on ne raconte pas n'importe quoi.
04:11C'est la France, là.
04:12C'est un enjeu très important.
04:13C'est notre bien commun, en quelque sorte.
04:16Alors, après, je continue.
04:18Il y a eu la Farge.
04:20La Farge, ça a été la fusion avec Holchim.
04:23Ne vous inquiétez pas.
04:25Tout reste en France.
04:27Ben non, tout est parti.
04:28Et en plus, on a eu des histoires.
04:30Et le président de l'époque, qui a touché un gros chèque, lui aussi,
04:34parce qu'ils ont tous eu, pour moi, le prix de la trahison de la France,
04:37je l'ai déjà exprimé, c'est 15 millions, en moyenne.
04:42– Mais vous êtes sûr ?
04:43Est-ce que je ne peux pas vous…
04:44– Qu'est-ce qu'il y a ?
04:45– Les précautions à temps ou pas de précautions à temps ?
04:47Ils n'ont pas trahi la France, ces gens-là.
04:49Ils ont vendu un groupe du CAC 40, dans des conditions qui ont fait perdre le contrôle
04:56à la nation de ce groupe, contre un chèque, une rémunération extraordinaire,
05:05extrêmement importante, qui montre à quel point, finalement, la vénalité dirige les affaires.
05:13On n'est pas surpris.
05:14Enfin, quand on a une responsabilité de gouvernance et qu'on est à la tête d'un petit morceau de
05:20France,
05:20Alstom, c'est un morceau de France, Lafarge, c'est un morceau de France, Technip, c'est un morceau de
05:24France,
05:26je suis désolé.
05:27Et Alcatel, les restes de la CGE, la compagnie géographique, il y avait Alstom, Thomson, Alcatel.
05:35Thomson disparu, Alstom vendu en morceaux, Alcatel, Michel Combes, 15 millions, environ, 13, 13 millions, je crois.
05:43Pour vendre à Nokia, alors qu'on aurait pu racheter, nous, Nokia.
05:49Excusez-moi.
05:50On était à peu près au même niveau.
05:52Donc, si vous voulez, tous ces gens qui vendent et qui prennent un gros chèque,
05:57moi, pour moi, ça fait partie du tableau de l'abandon de la France par les élites.
06:02On parle souvent des gouvernants.
06:04Mais c'est des patrons de grandes boîtes.
06:07C'est des gens qui ont fait de grandes études, qui doivent tout.
06:09Ils ont défilé, la plupart, sur les Champs-Elysées, en uniforme, parce qu'ils avaient fait l'école polytechnique.
06:14Moi, pour moi, c'est très grave, ce qui s'est passé.
06:17Et ça continue, hein.
06:18Ça continue.
06:20Après, vous avez eu Essilor et Luxottica, qui est moins grave.
06:25Mais on pourrait continuer, comme ça.
06:27Alors, M. le ministre, vous connaissez mon point de vue sur qui doit protéger la France
06:32pour des questions de renseignement économique, pour des questions d'atteinte aux intérêts français.
06:39Je vais vous répéter ma marotte.
06:42Que font les services de renseignement ?
06:45Ah ben non, mais moi, les services de renseignement, ils ne sont pas...
06:49À l'époque, quand j'étais au gouvernement, ils n'étaient pas au niveau.
06:52Et même, moi, je me souviens avoir appelé, quand nous avons découvert le complot contre Alstom
06:58avec la complicité de Cron pour nous vendre à General Electric aux Américains,
07:04j'ai appelé le patron de la DGSE, M. Bajolet, qui a fait des mémoires fort honorables.
07:10Je lui ai dit, nous sommes, selon le témoignage de la famille de Pierucci,
07:17que j'avais fait recueillir par mes collaborateurs à l'époque,
07:20puisque je m'étais porté au secours de Pierucci.
07:22Il voulait raconter cette triste histoire.
07:25Et lui a souffert énormément pour avoir résisté et refusé de collaborer
07:29avec le système d'espionnage que le département de justice américain,
07:34décidé au plus haut niveau, voulait mettre en place contre nos intérêts français
07:39et contre une entreprise française qui s'appelait Alstom.
07:41Il a refusé.
07:42Il l'a payé deux années de prison en orange avec des chaînes aux pieds
07:46et toute la violence à l'intérieur des prisons.
07:49Voilà ce qui s'est passé.
07:49Donc, quand j'apprends ça, j'appelle le patron des services secrets, un certain Bajolet.
07:56Bernard de son petit nom.
07:58Je lui dis, nous sommes espionnés.
08:04Il y a quand même une opération qui est en train de se monter.
08:07Est-ce que vous pouvez nous dire en ce moment ?
08:09Ah, nous, nous n'écoutons pas les Américains.
08:11Je lui dis, pardon, il y a eu Snowden qui a révélé que nous avions eu 75 millions de conversations
08:16qui avaient été écoutées par l'agence NSA.
08:20Et d'ailleurs, quand Pierucci s'est pointé pour dire, je ne veux pas reconnaître les faits,
08:24on lui a sorti un million de mails, son local lui a dit, il me faut trois ans pour les
08:28lire.
08:28Et ça vous coûterait un million de dollars ou quelque chose comme ça.
08:31Bon, qu'est-ce que ça voulait dire ?
08:32Ça veut dire qu'ils utilisent la NSA pour pomper l'information de façon illégale.
08:38Puis ensuite, il la recycle, il la donne au système judiciaire qui en fait des procès pour nous piquer nos
08:44entreprises.
08:45Et on appelle ça des alliés.
08:48Et alors, évidemment, le voyage au Washington entre François Hollande et Barack Obama,
08:53pas un mot sur l'histoire des 75 millions de conversations écoutées en Europe sur les dirigeants, dont nous.
09:03Donc moi, je peux vous parler des services de renseignement.
09:06Les services de renseignement, ils font ce que les dirigeants politiques leur demandent de faire.
09:10Puisqu'ils sont sous contrôle politique, heureusement d'ailleurs.
09:12Heureusement. C'est la démocratie, je vous rappelle.
09:17C'est la démocratie, je vous rappelle.
09:45Sous-titrage Société Radio-Canada
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