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Dans cet extrait exclusif de Thinkerview, l'ancien ministre de l'Économie et du Redressement productif Arnaud Montebourg livre un témoignage explosif sur le sabotage de la souveraineté industrielle française.
Il dévoile les coulisses des ventes d'Alstom, Alcatel et Lafarge, dénonçant la passivité et la vénalité d'une partie des élites et des grands patrons français face aux intérêts financiers américains.
Face aux écoutes massives de la NSA révélées par Edward Snowden et à l'utilisation agressive du droit américain, il pointe du doigt l'aveuglement de nos services de renseignement et l'abandon politique de nos intérêts stratégiques nationaux.

#Montebourg #Thinkerview #Souverainete #Alstom #Politique

00:00 Intro
00:53 Arnaud Montebourg
09:15 Outro

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Réponses au quiz de fin :
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Quel montant Alstom a-t-il reçu en chèque pour Patrick Kron ?
➡ Une vingtaine de millions.

Quelle banque d'affaires a fait un rapport vendant les vertus de FMC ?
➡ Goldman Sachs.

À quelle entreprise finlandaise Michel Combe a-t-il vendu Alcatel ?
➡ Nokia.

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Transcription
00:00Pour moi, le prix de la trahison de la France, je l'ai déjà exprimé, c'est 15 millions en
00:05moyenne.
00:06– Mais vous êtes sûr ? Est-ce que je ne peux pas vous...
00:08– Qu'est-ce qu'il y a ?
00:09– Les précautions à ratons ou pas de précautions à ratons ?
00:11Ils n'ont pas trahi la France, ces gens-là ?
00:13– Ils ont vendu un groupe du CAC 40, dans des conditions qui ont fait perdre le contrôle à la
00:20nation de ce groupe,
00:22contre un chèque, une rémunération extraordinaire, extrêmement importante,
00:30qui montre à quel point finalement la vénalité dirige les affaires, on n'est pas surpris,
00:3915 millions environ, 13 millions je crois, pour vendre à Nokia, alors qu'on aurait pu racheter, nous, Nokia.
00:52– Est-ce que vous n'avez pas l'impression que ça fait des années qu'on a une élite
00:56européenne
00:57qui est biberonnée avec du fric américain, des réseaux qui sont biberonnés avec du fric américain
01:04pour faire taire les voix comme Arnaud Montebourg ou autres sur la réindustrialisation, la souveraineté française ?
01:12Est-ce que vous n'avez pas l'impression que de l'intérieur, excusez-moi l'expression de monsieur mon
01:17ministre,
01:17on nous castre, on nous castre de l'intérieur pour éviter que la France prenne le lead de l'Europe
01:23et on nous castre avec l'aide des Allemands, proxy américain.
01:29Donc la question elle est très directe, est-ce que vous n'avez pas, j'entends votre constat de
01:35on peut faire ci, on a plein d'argent, c'est super cool, est-ce que vous avez…
01:40– Mais c'est déjà pas mal de dire qu'il y a des solutions à face aux gens qui
01:43vont faire du fatalisme.
01:44– Donc c'est pas du fatalisme, je vois que la France est mise en laisse avec un collier étrangleur
01:51que nos élites ne défendent pas notre nation, soit par incompétence, soit par forfaiture,
01:58soit pour des questions, on va pas rentrer dans le détail pour pas se prendre un procès ce soir,
02:03j'ai vraiment l'impression que notre pays est mis au pas.
02:10est-ce que vous avez le même constat que moi ?
02:14Monsieur mon ministre, Alstom, Arabelle, on voit les Américains faire du Arabelle,
02:21la liste est longue, Technip ?
02:24– Moi j'ai fait la liste des patrons de boîtes qui ont reçu un chèque pour se vendre presque
02:34aux enchères.
02:36– C'était en euros ou en dollars ?
02:38– Ah bah, je pense qu'il y avait un peu des deux, c'était un peu ça.
02:42– On ne fait pas des parties ce soir.
02:44– Ah non mais je vais donner les chiffres, j'ai donné les noms peut-être, c'est encore mieux.
02:47Je l'ai déjà dit devant une commission d'enquête parlementaire,
02:51donc je peux le redire ici, avec toute la même sincérité et liberté.
02:57– Un, Alstom, c'était un chèque d'une vingtaine de millions pour Cron
03:04et une garantie d'immunité des poursuites pour corruption mondiale
03:08de la part du Department of Justice de l'administration américaine.
03:15Pilinco, Thierry Pilinco, patron de Technip, a fait une fausse fusion entre égaux
03:22avec FMC, une boîte texane qui était en vérité en grave difficulté,
03:28mais dont un rapport de Goldman Sachs avait montré toutes les vertus
03:33et qu'il a gobé comme ça.
03:35Et d'ailleurs, dans le conseil d'administration, il y a des gens qui ont refusé de voter,
03:38ils n'ont jamais voulu parler malheureusement,
03:39mais la BPI et l'Institut français du pétrole,
03:43c'est-à-dire celui qui détient les brevets du général d'Egaux sur l'oil et l'ingas,
03:46ont voté pour.
03:48On peut quand même le dire.
03:49– Ça, ça a été dit dans une commission.
03:51– C'est des décisions qui ont été prises.
03:53– Ça, ça a été dit, ça a été vocalisé et verbalisé dans une commission ?
03:56– Je l'ai dit à la commission d'enquête parlementaire.
03:59– Vous avez eu des procès pour ça ou pas ?
04:00– Moi, on ne me fait aucun procès.
04:02Je le regrette parce que j'apporterais les preuves.
04:05Elle était moi.
04:06parce que je ne dis que ce que j'ai pu vérifier quand même.
04:10Bon, on ne raconte pas n'importe quoi.
04:11C'est la France, là.
04:12C'est un enjeu très important.
04:13C'est notre bien commun, en quelque sorte.
04:16Alors, après, je continue.
04:18Il y a eu la Farge.
04:20La Farge, ça a été la fusion avec Holchim.
04:23Ne vous inquiétez pas.
04:25Tout reste en France.
04:27Ben non, tout est parti.
04:28Et en plus, on a eu des histoires.
04:30Et le président de l'époque, qui a touché un gros chèque, lui aussi,
04:34parce qu'ils ont tous eu, pour moi, le prix de la trahison de la France,
04:37je l'ai déjà exprimé, c'est 15 millions, en moyenne.
04:42– Mais vous êtes sûr ?
04:43Est-ce que je ne peux pas vous…
04:44– Qu'est-ce qu'il y a ?
04:45– Les précautions à temps ou pas de précautions à temps ?
04:47Ils n'ont pas trahi la France, ces gens-là.
04:49Ils ont vendu un groupe du CAC 40, dans des conditions qui ont fait perdre le contrôle
04:56à la nation de ce groupe, contre un chèque, une rémunération extraordinaire,
05:05extrêmement importante, qui montre à quel point, finalement, la vénalité dirige les affaires.
05:13On n'est pas surpris.
05:14Enfin, quand on a une responsabilité de gouvernance et qu'on est à la tête d'un petit morceau de
05:20France,
05:20Alstom, c'est un morceau de France, Lafarge, c'est un morceau de France, Technip, c'est un morceau de
05:24France,
05:26je suis désolé.
05:27Et Alcatel, les restes de la CGE, la compagnie géographique, il y avait Alstom, Thomson, Alcatel.
05:35Thomson disparu, Alstom vendu en morceaux, Alcatel, Michel Combes, 15 millions, environ, 13, 13 millions, je crois.
05:43Pour vendre à Nokia, alors qu'on aurait pu racheter, nous, Nokia.
05:49Excusez-moi.
05:50On était à peu près au même niveau.
05:52Donc, si vous voulez, tous ces gens qui vendent et qui prennent un gros chèque,
05:57moi, pour moi, ça fait partie du tableau de l'abandon de la France par les élites.
06:02On parle souvent des gouvernants.
06:04Mais c'est des patrons de grandes boîtes.
06:07C'est des gens qui ont fait de grandes études, qui doivent tout.
06:09Ils ont défilé, la plupart, sur les Champs-Elysées, en uniforme, parce qu'ils avaient fait l'école polytechnique.
06:14Moi, pour moi, c'est très grave, ce qui s'est passé.
06:17Et ça continue, hein.
06:18Ça continue.
06:20Après, vous avez eu Essilor et Luxottica, qui est moins grave.
06:25Mais on pourrait continuer, comme ça.
06:27Alors, M. le ministre, vous connaissez mon point de vue sur qui doit protéger la France
06:32pour des questions de renseignement économique, pour des questions d'atteinte aux intérêts français.
06:39Je vais vous répéter ma marotte.
06:42Que font les services de renseignement ?
06:45Ah ben non, mais moi, les services de renseignement, ils ne sont pas...
06:49À l'époque, quand j'étais au gouvernement, ils n'étaient pas au niveau.
06:52Et même, moi, je me souviens avoir appelé, quand nous avons découvert le complot contre Alstom
06:58avec la complicité de Cron pour nous vendre à General Electric aux Américains,
07:04j'ai appelé le patron de la DGSE, M. Bajolet, qui a fait des mémoires fort honorables.
07:10Je lui ai dit, nous sommes, selon le témoignage de la famille de Pierucci,
07:17que j'avais fait recueillir par mes collaborateurs à l'époque,
07:20puisque je m'étais porté au secours de Pierucci.
07:22Il voulait raconter cette triste histoire.
07:25Et lui a souffert énormément pour avoir résisté et refusé de collaborer
07:29avec le système d'espionnage que le département de justice américain,
07:34décidé au plus haut niveau, voulait mettre en place contre nos intérêts français
07:39et contre une entreprise française qui s'appelait Alstom.
07:41Il a refusé.
07:42Il l'a payé deux années de prison en orange avec des chaînes aux pieds
07:46et toute la violence à l'intérieur des prisons.
07:49Voilà ce qui s'est passé.
07:49Donc, quand j'apprends ça, j'appelle le patron des services secrets, un certain Bajolet.
07:56Bernard de son petit nom.
07:58Je lui dis, nous sommes espionnés.
08:04Il y a quand même une opération qui est en train de se monter.
08:07Est-ce que vous pouvez nous dire en ce moment ?
08:09Ah, nous, nous n'écoutons pas les Américains.
08:11Je lui dis, pardon, il y a eu Snowden qui a révélé que nous avions eu 75 millions de conversations
08:16qui avaient été écoutées par l'agence NSA.
08:20Et d'ailleurs, quand Pierucci s'est pointé pour dire, je ne veux pas reconnaître les faits,
08:24on lui a sorti un million de mails, son local lui a dit, il me faut trois ans pour les
08:28lire.
08:28Et ça vous coûterait un million de dollars ou quelque chose comme ça.
08:31Bon, qu'est-ce que ça voulait dire ?
08:32Ça veut dire qu'ils utilisent la NSA pour pomper l'information de façon illégale.
08:38Puis ensuite, il la recycle, il la donne au système judiciaire qui en fait des procès pour nous piquer nos
08:44entreprises.
08:45Et on appelle ça des alliés.
08:48Et alors, évidemment, le voyage au Washington entre François Hollande et Barack Obama,
08:53pas un mot sur l'histoire des 75 millions de conversations écoutées en Europe sur les dirigeants, dont nous.
09:03Donc moi, je peux vous parler des services de renseignement.
09:06Les services de renseignement, ils font ce que les dirigeants politiques leur demandent de faire.
09:10Puisqu'ils sont sous contrôle politique, heureusement d'ailleurs.
09:12Heureusement. C'est la démocratie, je vous rappelle.
09:17C'est la démocratie, je vous rappelle.
09:45Sous-titrage Société Radio-Canada
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