00:06L'invité de ce Smart Impact, c'est Pierre Duvernois, bonjour.
00:09Bonjour.
00:09Bienvenue, vous êtes directeur d'exploitation chez le bailleur social Plurial Novilia.
00:13On va commencer par présenter Plurial Novilia.
00:15Donc Plurial Novilia, on fait partie du groupe Action Logement.
00:17On est basé à Reims, dans la Marne, dans le 51,
00:20et on intervient du nord des Ardennes jusqu'à l'est de l'île de France.
00:24On a 39 000 logements en patrimoine
00:27et on fait de la gestion locative de logements
00:30et de la construction de logements et de la réhabilitation.
00:33Uniquement des logements sociaux ou tout type de logements ?
00:37Non, on a tout un panel.
00:39Notre activité principale, c'est le logement social,
00:41mais on fait également de l'accession, des maisons en accession.
00:45On a vraiment tout le panel de logements à proposer au sein de notre entreprise.
00:50Double question.
00:51Un, le marché du logement en général.
00:53On a des retours qui sont quand même compliqués depuis un certain nombre de mois,
00:57voire plus d'une année.
00:59Où il en est aujourd'hui ?
01:00Et puis dans ce marché-là, le marché des logements sociaux, comment il se porte ?
01:03Donc le marché en accession est compliqué actuellement.
01:05On a du mal à vendre nos logements.
01:09Ensuite, côté locatif, nous on réfléchit sur 50 ans.
01:12Donc on est un peu moins sujet aux problématiques actuelles.
01:18On a une vision à long terme.
01:20Donc on continue notre développement comme on l'a toujours fait depuis que Pluriel existe.
01:25Alors vous êtes venu parce qu'on voulait parler d'un projet, c'est plus qu'un projet.
01:30Un premier immeuble de logement imprimé en 3D béton.
01:35C'est une première en France, c'est ça ?
01:37Même en Europe.
01:37Mais même en Europe.
01:38Alors il ressemble à quoi ?
01:39Donc c'est dans la Marne, on est dans l'agglomération de Reims, c'est ça ?
01:43Voilà tout à fait.
01:43À Bezanne, il ressemble à quoi cet immeuble ?
01:45Donc cet immeuble, c'est un immeuble de 12 logements qui fait 800 m²
01:48et qui est donc dans l'agglomération hauremoise à Bezanne.
01:51À Bezanne, c'est là où il y a la gare TGV, où il y a la clinique Courlancy.
01:56Donc c'est une commune dynamique qui a toujours été à la pointe de l'innovation
02:00où on a déjà fait d'autres projets innovants par le passé
02:03et où on a continué avec un nouveau projet innovant.
02:07C'est un immeuble de logement, de logement social ?
02:10Quelles sont les caractéristiques ?
02:11Qui va y loger, a priori ?
02:12Donc c'est un immeuble de logement social.
02:14Donc voilà, c'est 12 logements sociaux.
02:17Donc après, ça sera des clients locataires qui sont déjà rentrés dans le bâtiment.
02:23Alors évidemment, moi j'ai une curiosité de base,
02:26c'est comment ça marche, l'impression 3D béton.
02:30Ça veut dire quoi ?
02:30Ça veut dire que la machine est sur place, elle est sur le site ?
02:34Comment ça fonctionne ?
02:34Oui, tout à fait, la machine est sur le site.
02:36Donc en fait, il faut revenir un peu sur la jeunesse du projet.
02:39On a commencé par une première expérience sur un écoquartier à Reims, à Rémaverre,
02:44où on a construit cinq maisons en impression 3D.
02:47Sauf que l'impression 3D, on avait fait...
02:49L'impression 3D se déroulait hors site à Rungis.
02:53Donc après, c'était comme des pré-murs, des murs préfabriqués qu'on transportait depuis Rungis
02:58et qu'on venait assembler sur site.
03:00Là, on a voulu passer le cap supérieur.
03:03Donc on a imprimé sur site notre immeuble.
03:06C'est-à-dire que vous avez un gros portique avec une imprimante.
03:09Et cette imprimante imprime les murs tout en allant sur le site.
03:17Un portique, je veux juste qu'on essaye de visualiser.
03:21Ça doit être assez gigantesque.
03:22Ça doit pouvoir faire un mur complet, c'est ça ?
03:25Donc déjà, le portique, obligatoirement, il fait la taille de l'immeuble.
03:28Donc il faut bien que l'imprimante passe au-dessus de l'immeuble.
03:31Donc voilà, le portique, il est aussi grand que l'immeuble.
03:34Et ensuite, l'imprimante peut coulisser dans les axes X et Y
03:40pour pouvoir réaliser l'impression.
03:44Bon, je commence à visualiser, à comprendre comment ça marche.
03:46Quels avantages ça a à l'impression 3D ?
03:48Donc le gros avantage de l'impression 3D,
03:51c'est déjà de changer l'image du boulot de maçon sur site.
03:55Parce que c'est vrai que le boulot de maçon, il ne fait pas toujours rêver.
03:59C'est des boulots pénibles physiquement.
04:02Voilà, donc on a voulu, on voudrait améliorer ce boulot.
04:08Et donc on essaie de trouver des solutions pour améliorer les techniques de construction.
04:14Donc là, vous avez un opérateur avec une tablette numérique,
04:17un autre opérateur qui regarde comment le robot tourne
04:19et un autre opérateur qui met des liaisons entre les murs.
04:23Donc ce n'est plus du tout le même travail.
04:25Il y a beaucoup moins de bruit, il y a beaucoup moins de poussière,
04:30il y a beaucoup moins de désagréments.
04:32Ça change complètement l'image de la construction
04:34et je pense que ça peut redonner envie à certains jeunes
04:37de venir dans notre secteur.
04:39Parce que c'est vrai qu'on est un peu en manque d'attractivité
04:42et on a du mal à recruter dans notre secteur.
04:45Alors est-ce qu'il n'y a pas aussi beaucoup moins de maçons ?
04:47C'est-à-dire que pour construire cet immeuble 3D,
04:49il y a beaucoup moins de main-d'oeuvre forcément ?
04:50Il y a deux fois moins de main-d'oeuvre.
04:53On peut voir la question de deux façons.
04:56C'est dommage, sauf que vous venez de nous dire
04:58qu'il y avait des difficultés de recrutement.
04:59En fait, les entreprises, à peu près 30% des entreprises
05:02recherchent à recruter actuellement.
05:04Donc on a une pénurie de main-d'oeuvre en France
05:07pour les métiers de construction qui ont des difficultés à attirer.
05:11Donc le fait de pouvoir rendre le métier plus facile
05:16et aussi de le rendre un petit peu plus attrayant,
05:20un peu plus dans l'air du temps,
05:21ça va permettre de compenser ce problème.
05:25Oui. Alors il y a aussi évidemment l'aspect environnemental.
05:29J'imagine que vous avez modélisé l'impact environnemental
05:33d'un immeuble construit comme ça sur site
05:36avec une imprimante 3D.
05:38Et puis, soit le système de construction hors site
05:41dont vous nous parliez tout à l'heure,
05:43soit le système à l'ancienne.
05:44En fait, là sur le projet,
05:46on a fait un immeuble de 12 logements en impression 3D
05:49et un immeuble juste à côté de 18 logements
05:51en construction traditionnelle.
05:52Donc de ce fait, on a pu comparer les deux méthodes
05:55et on a pu voir quelle était la méthode la plus efficace
06:00et quelles étaient les différences entre les deux méthodes.
06:02Donc le projet...
06:03Sur l'aspect, on va dire bilan carbone déjà.
06:06Qu'est-ce qu'on peut en dire ?
06:08Donc sur le bilan carbone,
06:09on utilise à peu près 10% de béton en moins en impression 3D
06:12et on a utilisé un béton bas carbone.
06:15Donc en gros, par rapport à un béton classique,
06:17on gagne 30% au niveau du bilan carbone.
06:20Ensuite, en termes de délai,
06:22on a mis 12 mois pour construire le bâtiment hors infrastructure,
06:27donc le bâtiment en impression 3D.
06:29On a mis 15 mois pour construire le bâtiment à côté
06:31en structure traditionnelle.
06:35Donc les trois mois gagnés ont été sur la période du gros œuvre
06:38puisque ça a été beaucoup plus vite en impression 3D
06:41qu'en traditionnelle.
06:42Ce n'est pas lié au nombre de logements à construire ?
06:44Non, ça ne change pas grand-chose.
06:46Ça n'aurait pas changé grand-chose.
06:48Il y a aussi la question des transports, forcément,
06:50qui rentre dans le bilan.
06:51Oui, tout à fait.
06:51Donc quand vous construisez un délogement traditionnel
06:56en béton armé,
06:57vous avez les toupies qui partent de la centrale
07:00et qui viennent vous livrer sur le chantier
07:01que là, le mixte, il se fait sur site
07:05et ensuite il est injecté dans la primante par des tuyaux.
07:08Quels freins peuvent aujourd'hui limiter ?
07:12Parce que là, vous nous décrivez une technique
07:13qui est vraiment une technique, j'allais dire, d'avenir.
07:16D'aujourd'hui, mais potentiellement d'avenir.
07:18Quel frein vous voyez ?
07:20C'est le coût.
07:20Pour le moment, c'est le coût.
07:21Ça coûte plus cher ?
07:22On est 30% plus cher qu'une construction traditionnelle.
07:25Voilà, tout à fait, c'est un vrai frein.
07:27Mais avec le temps, ça va s'améliorer
07:29puisque déjà, on pensait imprimer en 50 jours,
07:33on a imprimé en 34 jours.
07:34Donc ça veut dire qu'on a été beaucoup plus vite à imprimer
07:38que ce qu'on pensait.
07:39Donc obligatoirement, l'entreprise va le chiffrer moins cher.
07:42Également, entre le premier mur qu'on a imprimé
07:45et le dernier mur qu'on a imprimé,
07:47on a été 35% plus rapidement.
07:49Donc de ce fait, pareillement, ça va coûter un peu cher.
07:52Il fallait apprendre à utiliser la machine en quelque sorte ?
07:54Il fallait apprendre à utiliser la machine,
07:56à utiliser le mixte,
07:57à voir comment ça allait se passer.
07:59Les entreprises, elles chiffrent le risque aussi.
08:01Quand elles ne connaissent pas une façon de faire,
08:03obligatoirement, elles vont chiffrer le risque
08:05et prendre de la marge pour pallier à cette marge
08:09puisque le marché est global et forfaitaire.
08:12Pour l'instant, c'est plus cher.
08:14Est-ce que vous diriez qu'à l'avenir,
08:16ça pourrait rendre la construction moins coûteuse ?
08:18C'est notre objectif d'arriver au même prix
08:20que le traditionnel déjà.
08:21Donc on va lancer une autre opération
08:24dans la foulée en 2027
08:27pour essayer d'approcher le prix du traditionnel.
08:31Déjà, si on arrive au prix du traditionnel,
08:33ça sera très bien et ça sera...
08:35Vous le faites pourquoi ?
08:36Est-ce que c'est un engagement environnemental
08:38de Pluriel Novilia ?
08:39Est-ce que c'est une logique d'innovation,
08:42de recherche et développement
08:43qui consiste à dire
08:44qu'il faut qu'on invente le bâtiment du futur ?
08:46C'est une logique d'innovation.
08:48Pluriel Novilia a toujours innové
08:49et vraiment, on est pionniers dans cet état d'esprit.
08:55Et un bailleur social,
08:57comme je vous l'ai dit au début,
08:58on investit sur le long terme.
09:00Donc nous, nos opérations,
09:01c'est sur 50, 60 ans qu'on les rentabilise.
09:05Donc si nous, on n'essaye pas d'innover,
09:07qui va le faire ?
09:08Ce n'est pas un promoteur
09:09qui doit toucher sa marge
09:11à la fin de l'opération.
09:13Ça ne peut vraiment être
09:14que les bailleurs sociaux
09:14qui peuvent innover,
09:16qui ont les moyens financiers
09:18de pouvoir payer peut-être
09:19un petit peu plus cher à un moment
09:20pour trouver de nouvelles solutions.
09:22Vous le disiez,
09:23c'est une première européenne.
09:24Ça veut dire que vous avez été espionné ?
09:27Il y a d'autres acteurs du secteur
09:29qui sont venus voir un peu
09:30comment vous faisiez ?
09:31Déjà, on avait une équipe européenne
09:33puisqu'il y avait Péry,
09:35il était allemand.
09:37Le fabricant de béton,
09:38c'était Holstim Larfarge.
09:40Donc on avait une équipe européenne
09:42qui nous a aidés,
09:45qui nous a suivis dans ce projet.
09:47Donc après, on a été suivis,
09:50mais je ne pense pas espionner.
09:51Non, mais c'était une boutade.
09:53Mais derrière cette question,
09:56il y a l'hypothèse de voir
09:59des chantiers comme le vôtre
10:00se démultiplier en fait.
10:02Oui, tout à fait.
10:03Je pense que ça va se démultiplier
10:04en Europe.
10:06Après, c'est quelque chose
10:08qu'il faut reproduire.
10:09Et plus on va le reproduire,
10:11et plus on va arriver
10:11au coût du traditionnel.
10:13Avec, dernière question,
10:15ce portique, c'est ça ?
10:17Il est réutilisable,
10:20mais pour des immeubles
10:21d'un même gabarit,
10:22si j'ai bien compris.
10:23Il est réutilisable.
10:24Après, un portique,
10:25au final, c'est des éléments assemblés
10:27dont vous pouvez le faire
10:28plus ou moins large,
10:29plus ou moins grand.
10:30Il n'y a pas vraiment de contraintes.
10:32Ça veut dire qu'il est démonté
10:33à la fin du chantier ?
10:34Il est démonté à la fin du chantier,
10:35et après, il est réutilisé
10:37sur un autre chantier.
10:38Après, les immeubles,
10:39on fait quand même un gabarit
10:40un peu toujours similaire,
10:41puisqu'on part du sous-sol,
10:42vous avez votre place de parking,
10:44vous avez la circulation
10:45entre les places de parking
10:46et l'autre place de parking
10:47de l'autre côté.
10:48Au final, nos immeubles,
10:50en termes de largeur,
10:51sont souvent à peu près identiques.
10:54On va pouvoir réutiliser.
10:55Ça veut dire que vous avez déjà
10:56le prochain immeuble en 3D
10:58dans les tuyaux ?
10:59Pour le moment,
11:00on est en train de chercher
11:00le terrain où on peut le faire
11:03et trouver une commune
11:04qui est volontaire
11:06et qui est prête
11:07de nous accompagner
11:08dans cette innovation.
11:09J'imagine qu'il y avait
11:10pas mal de passants
11:11qui devaient s'arrêter
11:12et se dire,
11:12mais qu'est-ce qu'ils font là ?
11:13Oui, tout à fait.
11:14Ça fait énormément parler.
11:16Ça fait intriguer les habitants
11:17de Beusanne.
11:19Merci beaucoup
11:20d'être venus nous présenter
11:21cette première européenne,
11:23donc un immeuble impression 3D
11:26dans la marne,
11:27dans l'agglomération de Reims.
11:28À bientôt,
11:28Pierre Duvernois,
11:29sur Bissarra,
11:30Smart4Change.
11:31On passe au zoom
11:32de ce Smart Impact.
11:32On va parler
11:33des fondations actionnaires,
11:35l'enjeu majeur
11:36de la transmission d'entreprises,
11:38500 000 entreprises
11:39qui vont devoir changer de main
11:41dans les 10 prochaines années.
11:43dans les 10 prochaines années.
11:44Sous-titrage Société Radio-Canada
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