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  • il y a 13 heures
Aujourd'hui, c'est au tour de Arthur Essebag, animateur TV et producteur, de faire face aux GG. - L’émission de libre expression sans filtre et sans masque social… Dans les Grandes Gueules, les esprits s’ouvrent et les points de vue s’élargissent. 3h de talk, de débats de fond engagés où la liberté d’expression est reine et où l’on en ressort grandi.

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Transcription
00:00RMC face aux grandes gueules
00:05Arthur et Sebag, même la nuit ne veut pas de moi aux éditions Grassez. Bonjour Arthur.
00:08Salut.
00:09Vous reverra-t-on un jour au Parc des Princes ?
00:13Double champion d'Europe.
00:15Moi j'ai regardé le match à la télévision.
00:18C'est une réponse ça ou pas ?
00:20Non, non, j'ai regardé le match, je supporte le Paris Saint-Germain, j'ai un fils qui est fan,
00:26tout le monde avait le maillot devant la télé.
00:28Oui, ma question c'était vous, reverra-t-on au Parc des Princes ?
00:32J'espère, j'espère, oui mais moi je regarde le foot à la maison,
00:35parce que vous savez je fais très attention à chacune des réponses que je vais donner dans cette émission.
00:39Je veux faire très attention, parce qu'à chaque fois que je passe dans une émission,
00:43je me fais défoncer, quel que soit le sujet,
00:45donc j'ai décidé de tourner cette fois ma langue dans ma bouche.
00:48Mais plus sérieusement, oui j'y suis allé l'année dernière d'ailleurs.
00:53Mais parce que tout à l'heure on parlait des débordements.
00:55Oui mais ça ne représente pas tous les fans du dérégé.
00:58Mais ce que j'ai noté par exemple, qu'à Bordeaux, on s'en est pris à une synagogue.
01:02C'est-à-dire que les débordements, les violences, touchent aussi...
01:08Je vais vous donner une info...
01:09Et il y a des mortiers aussi, vous avez entendu, ça c'est pour les juifs, à propos des tirs
01:12de mortiers.
01:13Et il y a un gars qui lui répond, il dit, passe un frérot, il dit, oh wesh, c'est
01:16vrai.
01:16Alors je vais vous donner une info qui n'est pas particulièrement officielle,
01:18mais vous savez qu'il y a beaucoup de synagogues qui ont fermé samedi.
01:21Il n'y a pas eu d'office samedi pour toutes les synagogues qui étaient aux alentours du parc
01:25et des zones où il y avait les fans.
01:26Mais comment vous expliquez ce phénomène ?
01:28C'est-à-dire que c'est violent, ce débordement lié au foot, ça touche aussi les juifs ?
01:34Bah écoutez, je n'ai pas entendu parler d'une église ou d'une mosquée
01:38qui était particulièrement protégée à la sortie du match du PSG.
01:42On avait déjà vu des banderoles pendant la saison,
01:46on a un sponsor qui est le Qatar, qui est le financé du Hamas,
01:51on ne va pas se mentir.
01:52Donc peut-être que...
01:53De toute façon, le plus important pour moi, c'est de rappeler qu'il ne faut pas faire d'amalgame
01:57entre les fauteurs de troubles et les fans du PSG,
02:01parce que l'immense majorité, Dieu merci, des fans du PSG ne sont pas violents.
02:05Mais si avant chaque match, mes bureaux sont derrière les Champs-Elysées,
02:08on est obligés de barricader les bureaux, on est obligés de barricader les boutiques,
02:12on se met en état de siège.
02:14Avant chaque match du PSG, ça devient compliqué.
02:17C'est triste pour le pays, l'immense qu'on envoie.
02:18Bah oui, c'est triste.
02:20D'ailleurs, c'est marrant parce que j'en parle dans mon livre,
02:22puisque j'ai un passage là-dessus,
02:24où je raconte qu'il y a un an exactement la même chose,
02:28et ça me fait toujours sourire de voir les pouvoirs publics,
02:31ce que je raconte dans mon livre,
02:32qui nous expliquent comment Israël doit agir face au Hezbollah, au Hamas, au Houthi, à l'Iran.
02:38Mais ils ne sont pas capables de gérer quelques milliers de gamins agités.
02:43On ne va pas agir face aux gamins agités,
02:45comme on doit agir face au Houthi, à l'Iran.
02:48Non, je dis, on nous donne des leçons de comment gérer une guerre,
02:52alors qu'on n'est pas capables de contrôler des mômes.
02:55On manque de fermeté et de muscles quand même en France.
02:57Je ne sais pas, je n'en sais rien.
03:00Je dis juste que j'ai l'impression que ces jeunes gens qui sont un peu énervés,
03:06torse nu et qui hurlent et qui balancent des mortiers en criant « c'est pour les Juifs »,
03:09je pense qu'ils n'ont peut-être pas conscience que l'antisémitisme,
03:12c'est un délit et que ce n'est pas une opinion,
03:14et surtout qu'ils ne mesurent pas le risque de finir en prison s'ils continuent ce genre d'action.
03:18Est-ce qu'ils vont aller en prison, tous ceux qui ont été arrêtés ?
03:20Donc il y a un sentiment d'impunité ?
03:22Peut-être.
03:23En tout cas, il n'y a pas beaucoup de pays où on s'amuse à se jeter sur les
03:26voitures de police.
03:28Il y a des pays où si vous vous approchez une voiture de police, ils se défendent.
03:31Pourquoi vous avez repris la plume ?
03:33Il y a eu ce succès du premier qui vous a surpris.
03:36J'ai perdu un Bédouin dans Paris.
03:37Vous avez été vous-même étonné du succès, 80 000 livres vendus,
03:41ce qui est effectivement énorme aujourd'hui,
03:43parce que c'est compliqué de vendre des livres.
03:45Pourquoi avoir voulu reprendre la plume pour ce tome 2, en quelque sorte ?
03:50En fait, le premier livre, c'était un peu...
03:52Je racontais, de mon point de vue, le séisme.
03:57Et le tome 2, on va dire, ce sont les répliques.
04:00Je pensais que mon premier livre est sorti le 1er octobre,
04:04deux semaines avant la libération des otages.
04:06Et moi, j'écrivais tout au long du livre que la guerre s'arrêterait le 13 octobre,
04:10le jour où les otages sont libérés.
04:12Et je pensais qu'aussi bien à Gaza qu'en Israël,
04:15les familles, les peuples allaient commencer leur deuil et à commencer à se reconstruire.
04:19Et en fait, je me suis aperçu qu'après le 13 octobre, ça a été pire
04:22et que l'orgie antisémite qui déferle sur la planète
04:26n'a jamais été aussi forte depuis la Seconde Guerre mondiale.
04:30Donc, je me suis dit, je ne pouvais pas ne pas raconter la suite.
04:33D'abord, parce que je voulais à tout prix raconter la libération des otages,
04:36parce que moi-même, j'étais très impliqué auprès des familles et des proches des otages.
04:40Et donc, c'était pour moi important.
04:41J'avais presque cette frustration de ne pas avoir raconté,
04:43de ne pas avoir couché sur un livre ce moment-là.
04:47Sachant que ce n'est pas vraiment un livre,
04:48c'est un journal quelque part, ce sont les moments.
04:51Un journal de bord.
04:52Voilà, exactement, mes trois dernières années.
04:54Et surtout, un journal où vous racontez votre angoisse,
04:57vos nuits sans sommeil.
05:00Somatisation.
05:02Oui, je ne suis pas le premier à le dire,
05:03mais c'est vrai que le corps encaisse beaucoup.
05:05Vous vous demandez comment va votre dos, d'ailleurs.
05:07Mon dos ne va pas mieux.
05:09J'ai tout essayé.
05:11Je disais toujours, c'est parce que j'en avais plein le dos.
05:13On me disait, tu en as plein le dos.
05:14Mais en fait, non, je n'en ai pas plein le dos.
05:15Je pense que c'est parce que j'essaie de tenir le plus droit possible tout le temps
05:18et qu'au bout d'un moment, ça crée des douleurs.
05:22Mais objectivement, je dors peu, mais pour une raison simple.
05:25Moi, je sais pourquoi je ne dors pas.
05:27Je ne dors pas parce que j'ai participé aux documentaires
05:29sur les massacres du Festival Nova.
05:31Ces jeunes qui ont été massacrés.
05:33J'ai vu les images non floutées,
05:34les images des terroristes et les images des jeunes
05:36qui se filmaient avec l'iPhone.
05:37Et je n'arrive pas à retirer ces images de mon cerveau.
05:40Et puis dans votre quotidien, comme vous-même,
05:42vous êtes menacé, que vous êtes entouré d'une garde rapprochée
05:46pour votre sécurité.
05:48On ne peut pas sortir de ça, finalement.
05:50Votre vie, celle que vous décrivez,
05:52elle n'est pas très légère.
05:53C'est-à-dire que pour aller boire un coup avec un copain...
05:55Pour aller au Parc des Princes, c'est compliqué.
05:57Oui, par exemple.
05:58Mais même aller dans un resto,
05:59il faut s'organiser.
06:00Oui, ça fait partie des protocoles.
06:02Si je ne peux plus, du jour au lendemain,
06:04en deux minutes, un pote t'appelle pour te dire
06:06« viens, on va boire un coup »,
06:06je ne peux pas.
06:07Il faut que ce soit prévu au planning.
06:09Mais ces menaces, elles s'expriment comment ?
06:11Écoutez, en général,
06:12ce n'est pas vous qui êtes au courant des menaces.
06:14Je ne tiens même pas compte de celles des réseaux sociaux
06:16parce que ça n'a pas d'intérêt.
06:18Mais au ministère de l'Intérieur,
06:20il y a un département qui vous informe
06:22de l'état de vos menaces.
06:24Et qui vous dit qu'il faut vous mettre sous protection policière.
06:27Alors, moi, je ne suis pas sous protection policière.
06:30C'est-à-dire que j'ai des personnes
06:32qui m'accompagnent 24 heures sur 24,
06:34mais ce ne sont pas des policiers.
06:36C'est votre propre sécurité.
06:37Oui, exactement.
06:39On me l'a proposé,
06:40mais je l'ai refusé
06:41parce que je n'avais pas envie
06:42qu'on me reproche ça aussi.
06:44Je ne voulais pas que ce soit
06:46au frais du contribuable.
06:47Vous avez ça depuis combien de temps ?
06:48Depuis deux ans maintenant.
06:50Et donc, tout s'organise par rapport à ça ?
06:53Oui, tout est organisé.
06:54Les vacances, tout s'organise en fonction de ça.
06:58Mais je ne veux pas me plaindre
06:59parce que je connais des mômes
07:01qui, eux, n'ont pas la chance d'être protégés
07:04et qui, quand ils vont à l'école,
07:06ont peur de se faire tabasser.
07:07C'est le prix à payer pour parler du 7 octobre,
07:09pour écrire, pour venir sur les plateaux télé ?
07:11Je ne crois pas que ce soit le prix à payer.
07:12C'est juste le symbole de la folie
07:14dans laquelle nous sommes
07:15où on menace quiconque
07:18ne pense pas comme les autres.
07:21Surtout qu'en plus,
07:21je n'ai pas pris de position politique.
07:23Je n'ai parlé que des otages
07:25depuis deux ans.
07:27Je n'ai parlé que de la libération des otages.
07:28Et d'ailleurs,
07:29depuis que les otages ont été libérés,
07:30je n'ai pas fait une seule sortie
07:31dans les médias
07:32jusqu'à l'arrivée de mon livre.
07:33Mais on a décidé que,
07:35peut-être que,
07:36comme je suis à la télévision,
07:38comme je suis quelqu'un de médiatique,
07:40peut-être qu'on a considéré
07:42que ce que je pouvais dire
07:43était la parole de ma communauté,
07:44ce qui est faux complètement.
07:45Charles Consigny.
07:46Moi, écoutez,
07:48le 7 octobre,
07:49l'opération à Gaza,
07:50etc.,
07:50c'est un sujet
07:51sur lequel je m'exprime
07:53le moins possible.
07:54C'est radioactif.
07:55Justement,
07:55pour ne pas me prendre
07:56des tombeaux de merde
07:58sur les réseaux sociaux
08:00et ne pas vivre moi-même
08:01avec des gardes du corps.
08:03Je suis pour l'instant
08:04librement tout seul
08:05sur mon scooter
08:06ou dans le métro
08:07et ça me va très bien.
08:08Donc, il y a une espèce
08:09d'auto-censure, alors ?
08:10En tout cas,
08:10moi, j'essaie de ne pas
08:12m'exprimer trop
08:13sur ce sujet.
08:16Néanmoins,
08:17si je dois rentrer un peu
08:18dans la polémique
08:19pour les besoins
08:20de l'exercice,
08:22je trouve que
08:24vous exprimez beaucoup
08:26sur ce que vous ressentez,
08:27etc.,
08:28sur ce traumatisme,
08:28et je le comprends
08:29très bien,
08:31évidemment,
08:31mais fort peu
08:33sur la disproportion,
08:38la furie
08:39de cette opération israélienne.
08:41Et en fait,
08:42moi, je trouve
08:43qu'on vous attendrait aussi
08:44comme une espèce de...
08:46Puisque vous avez de l'écho,
08:47par exemple,
08:48quand j'entends,
08:49j'en sais rien,
08:51Alain Finkielkraut,
08:52quand il s'exprime,
08:53c'est une grande voix
08:54très écoutée,
08:55quand il s'exprime
08:56sur le sujet,
08:57il a des mots
08:58très durs
08:58contre Netanyahou
09:00et il condamne
09:02extrêmement sévèrement
09:03les morts civiles
09:04à Gaza,
09:05etc.
09:06Et sauf erreur,
09:07je n'ai pas l'impression
09:08que ce soit votre premier...
09:10Vous avez lu le livre ?
09:11Non, alors je n'ai pas eu
09:13le temps de lire le livre.
09:14Alors si vous prenez
09:15le temps de lire le livre,
09:15vous verrez qu'il y a
09:16un passage entier,
09:17là-dessus.
09:18Non, mais voyez,
09:19je me fie par exemple
09:22à ce que j'entends
09:23dans vos interviews
09:24que j'attrape
09:25par petits bouts
09:25ici et là
09:26et qui sont charmantes.
09:26Mais parce que
09:27je réponds à des questions,
09:29Charles.
09:29Je réponds à des questions.
09:30Vous venez de m'en poser une
09:31quelque part,
09:32je vous réponds.
09:33Dans le premier livre
09:34et dans le second,
09:35et vous l'avez lu,
09:35il y a un passage entier
09:37où justement,
09:38je dis que je ne suis pas
09:39du tout en accord
09:40avec la politique
09:41de Benyamin Netanyahou
09:42et que les déclarations
09:44de Benkvir
09:45me révulsent.
09:46Donc seulement,
09:47les journalistes
09:48ne me posent pas la question.
09:48ça fait du bien
09:49que vous le disiez.
09:50Mais je l'ai dit
09:51dans toutes mes interviews.
09:52Ben,
09:53c'est pas ce qui ressort.
09:54Pour quelqu'un
09:54qui suit la chose de loin,
09:55c'est pas ce qui ressort.
09:57C'est parce qu'on n'a pas envie
09:58que...
09:58Mais c'est parce que
09:58les gens ont envie
09:59que je dise aussi.
10:00Parce que quand je dis ça,
10:01ça va à l'encontre
10:02du narratif qui est
10:04« Ah, Arthur,
10:05il est israélien
10:06alors que je suis français,
10:07il est juif,
10:08donc il est d'accord
10:10avec ce qui se passe
10:10en Israël,
10:11donc il supporte
10:12la politique de Netanyahou,
10:13ce qui est totalement faux.
10:14Donc,
10:15il faut lire mon livre,
10:16justement.
10:16C'est ça qui est intéressant.
10:19C'est là où on voit
10:19la différence
10:21de la haine.
10:22C'est-à-dire que c'est bien
10:22de l'antisémitisme.
10:23Parce que si on vous écoutait,
10:25vous avez toujours
10:25milité pour la paix,
10:26vous avez toujours été
10:27pour la solution à deux États,
10:29vous avez toujours condamné
10:30les politiques
10:31quand elles étaient extrémistes.
10:33Mais seulement,
10:34ce qu'on voit,
10:34c'est que vous êtes juif,
10:35donc forcément,
10:36caution de tout ce qui se passe
10:37là-bas.
10:37Exactement.
10:37C'est la première fois
10:39en 30 ans
10:39que moi je suis français
10:41avant d'être juif
10:42et c'est la première fois
10:43où on me voit
10:43sous le prisme
10:44de ma judéité.
10:45Et d'ailleurs,
10:47si aussi le livre
10:48a reçu un tel accueil,
10:50le premier et le second,
10:51c'est aussi parce que
10:52j'ai dit ce genre de choses,
10:53Charles.
10:54Mais ce qui est frappant...
10:55Maintenant,
10:55il faut lire le livre.
10:56Ce qui est frappant...
10:57Mais comme je sais
10:58que vous êtes un garçon sérieux,
10:59vous allez lire le livre
11:00et vous direz
11:01j'ai lu et je me suis trompé.
11:03Absolument.
11:03Arthur,
11:04ce qui est frappant,
11:04c'est quand même
11:05la crispation
11:05sur ce sujet-là.
11:07Comment le conflit
11:08israélo-palestinien
11:10somme finalement
11:10tous les Français
11:11à choisir leur propre camp ?
11:13Je pense qu'il y a
11:13beaucoup de Français
11:14qui ne s'y intéressent pas,
11:15qui ne comprennent pas
11:16d'ailleurs ce qui s'y passe
11:17parce que c'est un long
11:17conflit complexe.
11:19Mais on est obligé
11:20de choisir un camp
11:21sans nuance.
11:22On a perdu la nuance.
11:23D'abord,
11:23on a perdu la nuance
11:24et puis aussi,
11:25il y a un sondage
11:26qui m'a frappé,
11:27c'est au moment
11:28de l'élection
11:28de Mandany à New York.
11:3185% des jeunes
11:32ont voté pour lui
11:32et dans le sondage,
11:33on disait que
11:3495% des jeunes
11:36ne s'informaient pas autrement
11:37que sur les réseaux sociaux.
11:38Ça veut dire que
11:39le mal du siècle
11:40il est sur l'algorithme
11:41de nos réseaux
11:42qui fait qu'on se retrouve
11:43presque malgré nous
11:44à être dans un camp
11:45et à chaque fois
11:46on nous dit
11:46que c'est le camp du bien.
11:47Mais quand il y a
11:48deux fois le camp du bien
11:49qui s'oppose,
11:49ça finit toujours mal.
11:51Donc aujourd'hui,
11:51on a perdu la nuance
11:52et surtout,
11:53on n'a plus le temps
11:54d'expliquer.
11:55On n'a plus le temps
11:55de raconter.
11:56Mais moi,
11:56mon livre,
11:57ce n'est pas de parler
11:58de ce qui se passe à Gaza.
12:00Je le dis
12:00dans toutes mes interviews
12:01qui est une horreur.
12:03C'est terrible
12:03ce qui se passe.
12:04Il y a des morts
12:05de part et d'autre
12:05que ce soit en Israël
12:07que ce soit à Gaza.
12:07Maintenant,
12:08la guerre est terminée
12:08depuis le 13 octobre.
12:09Il y a un cessez-le-feu
12:10aujourd'hui en vigueur
12:11même si régulièrement
12:12on apprend des très mauvaises nouvelles
12:14côté Gazaoui.
12:15Mais ce que je veux dire,
12:16c'est que je pensais
12:16que tout ceci
12:17allait calmer le monde
12:19et en fait,
12:19on s'aperçoit
12:20que ça a excité encore plus.
12:22On ne va pas se mentir.
12:23Les partis politiques
12:24qui ont importé
12:24le conflit en France
12:25qui l'utilisent.
12:26Aujourd'hui,
12:27la campagne des municipales
12:28pour certains politiques
12:29n'était que autour
12:30du drapeau palestinien.
12:35de voir tous ces jeunes
12:36qui manifestent dans la rue
12:37en criant
12:37« Free Palestine !
12:38From the river to the sea ! »
12:39sans même savoir
12:40de quoi on parle.
12:41Je veux bien,
12:42mais pourquoi vous ne descendez pas
12:43pour les jeunes de votre âge
12:45qui étaient en Iran
12:46massacrés par dizaines de milliers
12:48en 48 heures ?
12:49C'est aussi ce choix des sujets
12:52qui est un peu disproportionné
12:55par rapport à ce que l'on vit.
12:57Laura ?
12:59Vas-y, Laura.
13:00Je n'ai pas beaucoup de temps.
13:03Je voudrais déjà vous remercier.
13:05Votre livre,
13:05il m'a beaucoup parlé
13:06parce que,
13:07effectivement,
13:08moi je l'ai pris comme un journal.
13:09Je ne l'ai pas pris
13:09comme un roman documentaire
13:11ou un pseudo-journaliste
13:13qui voudrait relater des faits
13:14pour faire entendre sa voix,
13:15mais vraiment comme un journal.
13:16Parce que moi,
13:16la nuit ne me trouve pas non plus
13:17pour une autre cause
13:19qui est les violences pédocriminelles
13:21et les violences faites aux femmes.
13:23Et donc,
13:23j'ai les images,
13:24les témoignages,
13:25les enfants, etc.
13:26Donc,
13:28j'avais presque
13:29les mêmes émotions que vous
13:30quand je lisais votre livre.
13:32Là où je ne suis pas d'accord,
13:33c'est pour moi,
13:34l'antisémitisme est encore plus grave
13:35en ce moment
13:35qu'il ne l'a été en 39-45.
13:37Je trouve qu'il est
13:38beaucoup plus international.
13:39Je trouve qu'il n'a pas de logique,
13:41il n'a pas de frontière.
13:42Mais je ne dis pas le contraire.
13:44Non,
13:44c'est que vous dites
13:45qu'il n'a jamais été aussi fort
13:47que pendant 39-45.
13:48Moi,
13:48je trouve qu'il est encore plus fort.
13:50Depuis,
13:50c'est-à-dire,
13:51depuis 1939,
13:52l'antisémitisme
13:53n'a jamais été aussi virulent.
13:55J'avais pas compris.
13:56Mais ok,
13:57super.
13:58Enfin non,
13:58pas super.
14:00Du coup,
14:01pas super.
14:01Et en fait,
14:02j'ai deux réelles questions
14:03à vous poser,
14:04mais avant,
14:04je voudrais vous remercier.
14:05Rapidement,
14:06rapidement.
14:06C'est pour ça que je voulais passer après.
14:09Parce que vous êtes l'un des rares
14:11que je vois
14:12et qui parlent constamment
14:13des victimes iraniennes.
14:15Moi,
14:15j'ai posté à chaque fois.
14:16Dès qu'il y avait un visage de victime,
14:17je l'ai posté,
14:18j'ai rappelé le nom.
14:18Mais c'est important.
14:19Oui,
14:19mais on n'est pas nombreux.
14:20C'est important parce que je pense que
14:23il y a deux ans,
14:24je me plaignais beaucoup
14:25du manque d'empathie.
14:26J'ai dit,
14:26ah,
14:26mais les gens n'ont pas d'empathie.
14:28En fait,
14:28non.
14:28Si on veut recevoir de l'empathie,
14:30il faut savoir en donner.
14:31Et je pense qu'aujourd'hui,
14:32il y a suffisamment de causes
14:33qui méritent de l'empathie.
14:35Pour moi,
14:35je suis aussi choqué
14:37par 40 000 mômes
14:38qui se font massacrer
14:39en 48 heures
14:40que par les 500 000 soudanais,
14:43les 15 millions de déplacés,
14:44par les homosexuels au Sénégal
14:46qu'on frappe aux portes
14:47pour les arrêter
14:47les uns après les autres.
14:48Et eux n'ont ni droit au flottis,
14:50ni droit à la une des journaux.
14:52Je regardais une vidéo
14:54qui circulait sur les réseaux
14:55où ils avaient fait une étude
14:56sur France Inter,
14:58vos collègues.
15:0075 % des sujets
15:01étaient des sujets
15:02contre Israël,
15:042 % sur le Soudan,
15:062 % sur le Congo
15:07et 15 % pour l'Ukraine.
15:09Ça veut dire que
15:10ce petit pays
15:10qui fait la taille
15:11de la Bretagne
15:12cristallise quand même
15:13quelque chose
15:14et il occulte
15:16les malheurs
15:17du monde entier
15:18quelque part.
15:18À cause de ce conflit,
15:20on ne parle pas
15:20des autres conflits,
15:21ce que je trouve injuste.
15:22Et alors,
15:22ma question,
15:23du coup,
15:24selon vous,
15:25si le régime iranien
15:27tombe
15:28et qu'il y a
15:29une réelle démocratie
15:30qui s'installe
15:30à Téhéran,
15:31est-ce que vous pensez
15:32que ça pourrait apaiser
15:34l'ensemble
15:34de tous ces pays
15:35qui veulent de la destruction ?
15:36Déjà, moi,
15:36je ne suis pas géopolitologue,
15:38moi,
15:38je suis l'animateur télé
15:39qui a écrit un livre
15:40sur son ressenti
15:41après le 7 octobre.
15:42Je sais certainement
15:44une chose,
15:45c'est qu'aujourd'hui,
15:46toutes les menaces
15:47terroristes de la planète
15:48viennent de proxy
15:49de l'Iran.
15:50Donc, moi,
15:51je crois en une seule chose,
15:52c'est les accords d'Abraham,
15:54c'est la paix.
15:55C'est la seule chose
15:56qui puisse arriver.
15:56Tous les pays
15:57qui ont signé la paix
15:58avec Israël
15:58se portent très bien.
15:59L'Égypte a signé
16:01la paix avec Israël,
16:01il y a plein de pays
16:02du Moyen-Orient
16:03qui sont en paix,
16:03il n'y a plus de guerre
16:04et c'est ce qu'on veut,
16:05on veut la paix,
16:06tout le monde veut la paix.
16:07C'est presque bateau
16:08de dire ça.
16:09Barbara.
16:09Dans un instant,
16:10la suite avec Arthur,
16:12il reste avec nous,
16:14c'est son deuxième livre,
16:15même La nuit ne veut pas de moi,
16:17aux éditions Grasset,
16:19question de Barbara Lefebvre,
16:20puis on continuera
16:20de parler, bien sûr,
16:22de ce que vous ressentez,
16:23de vos émotions,
16:24peut-être qu'on parlera
16:24un peu de télé aussi.
16:25On verra.
16:25Allez, à tout de suite
16:27avec les GG,
16:28il est 10h20.
16:48C'est l'animateur,
16:50le producteur,
16:51Arthur qui est avec nous
16:52aujourd'hui dans les GG,
16:53dans les Grandes Gueules
16:55avec ce livre,
16:56Même la nuit ne veut pas de moi,
16:57aux éditions Grasset,
16:58c'est la suite de
16:59J'ai perdu un bédouin
17:00dans Paris.
17:01On en parle
17:02de ce qu'il ressent aujourd'hui,
17:04la manière dont il ne vit plus
17:07ou ne dort plus
17:08depuis le 7 octobre.
17:10Et puis,
17:11avec tout ce qui se passe,
17:11avant de donner la parole
17:12à Barbara,
17:13dans votre livre,
17:14vous relatez aussi
17:15des conversations
17:16avec des copains
17:16au téléphone,
17:19où tout a changé,
17:20même dans le rapport
17:21que vous avez
17:22avec vos amis
17:23dans les conversations,
17:24où inévitablement,
17:25à un moment,
17:26boum,
17:27revient aussi.
17:28vous les juifs
17:29ou quoi que ce soit.
17:29Exactement.
17:30Et puis surtout,
17:31c'est parce que je suis français
17:32et juif,
17:34je dois justifier
17:35de ce qui se passe
17:36dans un conflit
17:38qui est à quelques minutes
17:39de kilomètres
17:39de chez moi.
17:40Et quelle que soit
17:41la justification
17:42que je vais donner,
17:42on va répondre,
17:43mais de toute façon,
17:44ce n'est pas objectif
17:45parce que tu es juif.
17:46Vous voyez ce que je veux dire ?
17:47Donc je me suis retrouvé
17:47à répondre à des questions
17:48dans des dîners
17:49où je me disais,
17:49mais pourquoi on me pose
17:50la question à moi ?
17:51Pourquoi on ne me pose pas
17:53une question
17:53sur les Ouïghours,
17:54par exemple ?
17:55Je pourrais répondre.
17:56J'étais dans la rue
17:57quand il y a eu des manifs
17:58pour les Ouïghours.
17:58Pourquoi on ne me pose pas
17:59une question sur les LGBT
18:01qui sont jetés du haut des immeubles ?
18:02J'ai fait un livre sur le sujet
18:03quand même.
18:04J'ai fait le livre,
18:05ce n'est pas sur le sujet.
18:06Parce que les livres...
18:07Mais le sujet de mon livre,
18:09que vous n'avez toujours pas lu,
18:10n'est pas la guerre à Gaza.
18:11Mais j'ai quand même lu
18:12le pitch.
18:13Le sujet de mon livre,
18:15c'est les réactions
18:16et ce que j'ai vécu
18:17après le massacre du 7 octobre.
18:20Oui, je comprends.
18:20Ce qui a changé,
18:21ce n'est pas un livre sur les Ouïghours.
18:22Ce qui a changé...
18:23Non, je dis juste
18:24que dans un dîner,
18:26quand je raconte ce dîner-là,
18:27c'était avant que je sorte un livre.
18:29D'accord.
18:29Charles, il faut lire maintenant.
18:33Non, mais moi, j'ai besoin
18:34que les réponses soient claires.
18:35Est-ce qu'elles sont suffisamment claires ?
18:37Je me mets à la place des auditeurs.
18:38Je pense que c'est plus clair.
18:39Qui, comme toi,
18:39n'ont pas lu le livre.
18:40Mais en parlent.
18:41Ce que vous racontez aussi...
18:43C'est d'ailleurs le problème majeur
18:45des gens qui m'insultent
18:46sur les réseaux sociaux,
18:47c'est qu'ils n'ont pas lu le livre.
18:48Ce que vous racontez aussi,
18:50c'est que pour faire
18:51le casting de vos émissions,
18:53inviter des humoristes,
18:55des artistes,
18:55c'est plus compliqué
18:56parce que certains, maintenant,
18:57ne veulent plus venir.
18:58Pas tous,
18:59mais une petite minorité.
18:59Écoutez, on parle de trois artistes
19:01qui m'ont appelé.
19:03Déjà, ils ont cette honnêteté intellectuelle
19:04pour me dire
19:05je ne peux pas venir faire ton émission
19:07pas parce que je n'ai pas envie de la faire,
19:09parce que si je viens à la faire,
19:10je vais me faire défoncer
19:11par ma propre communauté.
19:13Donc, ce n'est pas la même chose.
19:13Des artistes que vous ne citez pas ?
19:15Non, parce que ils ne m'ont pas...
19:16S'ils m'avaient dit
19:17je ne veux plus faire tes émissions
19:19parce que tu es juif
19:19ou parce que tu as pris des positions
19:21qui ne correspondent pas
19:22à mes convictions,
19:24je pourrais débattre de ça.
19:25Mais là, ils me disent
19:26je ne viens pas
19:26parce qu'on m'empêche.
19:27parce qu'il y a une pression terrible.
19:29Vous ne pouvez pas savoir
19:30la pression de l'algorithme,
19:31la pression digitale,
19:32elle est terrible sur les artistes.
19:34On le voit bien avec le cinéma,
19:35on le voit bien avec les déclarations.
19:36Vous prenez la déclaration de Gilles Lelouch,
19:39il a pris une pression mondiale
19:41et médiatique sur les réseaux.
19:43Aujourd'hui, il y a un tribunal,
19:45il y a une espèce d'inquisition aujourd'hui
19:46qui est médiatique et digitale
19:48et il faut y répondre.
19:49Donc non, aujourd'hui,
19:50j'ai des artistes
19:51qui ont eu peur de venir chez moi
19:52mais ils ne sont que trois sur des...
19:54Et ensuite...
19:55Alors comment s'appellent-ils ?
19:56Je ne vous donnerai pas leur nom.
19:57Par contre, ce qui est fou,
19:58c'est tout ce que s'est pris Gilles Lelouch,
19:59Gilles Lelache...
20:00Non mais c'est complètement dingue.
20:02C'est irrationnel.
20:03Parce qu'on l'a sommé
20:04de donner la réponse
20:05que le journaliste voulait entendre.
20:06On lui a sommé de dire
20:06oui, je voterai LFI.
20:07C'est ce que le journaliste voulait entendre.
20:09Non mais aujourd'hui,
20:09c'est la nouvelle forme d'inquisition
20:12des médias.
20:12C'est complètement fou.
20:13En plus, vous qui avez fait mes émissions,
20:16certains d'entre vous deux brillamment...
20:18Il y a un qui a été plus brillant que l'autre
20:21dans mes émissions.
20:22On ne va pas revenir là-dessus.
20:24C'est une émission de culture générale.
20:26Il y en a un qui est très au-dessus de l'autre
20:28en termes de réponse.
20:30Vous voyez que s'il y a bien un endroit
20:31dans mes émissions
20:32où il y a de la diversité,
20:34il n'y a pas de problème.
20:35Il n'y a pas de problème là-dessus.
20:36C'est ça qu'on aime.
20:37C'est ça qu'on aime la diversité.
20:39Oui, bien sûr.
20:42Évidemment, votre livre,
20:43il est important.
20:45parce que vous expliquez quand même
20:46comment est-ce qu'on tient debout
20:48malgré la douleur.
20:49C'est quelque chose de très personnel
20:51ce que vous racontez.
20:52Comment vous tenez debout
20:52malgré la douleur que vous éprouvez,
20:54aussi bien émotionnelle que physique,
20:57parce qu'effectivement, ça impacte.
20:58Et comment aussi vous arrivez
20:59à masquer vos émotions en public
21:00parce que vous avez une activité
21:02qui vous oblige à être aussi
21:05dans une jovialité dans vos émissions
21:06et que malgré tout ça,
21:08il faut faire bonne figure
21:09pour essayer de tenir debout
21:10et vous expliquer justement de votre livre.
21:12Et c'est pour ça que ça peut parler
21:13à des gens qui sont aussi
21:14à proximité d'autres traumatismes.
21:16Comment on crée cette bulle
21:17pour continuer à vivre ?
21:19Et votre livre, il s'ouvre
21:20sur ce cauchemar que vous faites
21:22pendant 17 mois.
21:24C'est un cauchemar qu'on a tous fait
21:26quand on a milité pour les otages.
21:29Moi, mon cauchemar,
21:30ça a été pendant 17 mois,
21:31tous les soirs,
21:32en fermant mes yeux,
21:32de voir Kfir et Ariel Bibas.
21:36Les enfants qui ont été kidnappés,
21:39qui ont été massacrés
21:40par des milices
21:43proches du Hamas.
21:45Et cette douleur-là,
21:48je comprends votre livre
21:49et je le trouve magnifique,
21:50mais je vais vous le dire franchement,
21:52Arthur,
21:53plein de gens ne la comprennent pas
21:54et ne la comprendront jamais.
21:56Il y a des gens qui ne comprendront pas
21:57qu'on n'en a pas dormi
21:58pendant 17 mois
21:59et que quoi qu'on fasse
22:00quand on fermait nos yeux,
22:01c'est ce qu'on voyait
22:02parce qu'eux vont vous répondre
22:03ce qu'on a entendu tout à l'heure.
22:04Oui, mais les enfants à Gaza,
22:06oui, mais etc.
22:07Ils ne comprennent pas
22:08l'indicible de ce que nous,
22:10en tant que juifs,
22:11et je dis bien là,
22:12ici, nous,
22:13en tant que juifs,
22:13on a pu ressentir
22:15par rapport à tout ce que ça a
22:16comme écho de notre propre vie.
22:17Et par ailleurs,
22:18en plus,
22:19pour vous comme pour moi,
22:20on n'est pas d'origine ashkénaze,
22:21c'est-à-dire qu'en plus,
22:22on n'a pas forcément
22:23le poids familial de la Shoah.
22:24On a ce poids mémoriel,
22:25mais on n'a pas en plus,
22:26on n'a pas notre arrière-grand-mère,
22:27notre arrière-grand-père.
22:28On vient de l'autre côté
22:29de la Méditerranée.
22:30Et donc,
22:31c'est quelque chose
22:32qui a été très violemment ressenti.
22:34Et moi,
22:35je suis contente
22:36que votre livre marche,
22:37que vos livres marchent,
22:38mais je continue
22:39à avoir à la fois
22:40cette colère
22:41et cette tristesse
22:42de penser fondamentalement
22:44que nos compatriotes français
22:46non-juifs
22:47ne comprendront jamais
22:48ce que nous,
22:49on a vécu pendant 17 mois
22:50et ce qu'on continue
22:51à vivre aujourd'hui.
22:52Donc voilà,
22:52je veux vous le dire
22:53parce que vous avez quand même
22:54un petit peu cet optimisme,
22:55mais je vois à la fin
22:56de votre livre
22:57dans la conclusion
22:57que Judith,
22:58vous dit
22:58mais si,
22:59il faut y croire encore
23:00alors que vous quand même
23:01vous sentez
23:01qu'il y a quelque chose
23:02qui est complètement cassé.
23:03Alors,
23:03moi je ne demande pas
23:05à mes proches,
23:05à mon voisin,
23:08à mes amis non-juifs
23:10d'avoir ma douleur
23:12ni de la comprendre.
23:13Mais si au travers de ce livre,
23:14ils ont pu la ressentir
23:16entre les lignes,
23:16par exemple,
23:17je vois d'abord
23:17quand on vous dit gentiment
23:19que ce livre a été vendu
23:20à plus de 80 000 exemplaires,
23:21ce ne sont pas que des juifs.
23:23Et dans la rue,
23:23j'ai des sourires,
23:24des choses que je n'avais pas avant,
23:26des personnes qui me disent
23:26je n'imaginais pas.
23:27Et d'ailleurs,
23:28souvenez-vous,
23:29dans le premier livre,
23:30je racontais le spot de publicité
23:32que nous avons fait
23:32avec Maurice Lévy
23:33contre l'antisémitisme.
23:35Il n'était pas
23:35à destination des juifs.
23:37Il était à destination
23:38de l'immense majorité silencieuse
23:39qui n'est pas antisémite
23:40pour leur dire
23:41voilà ce qui se passe,
23:42c'est concret.
23:43Les étudiants,
23:43quand ils vont à la fac,
23:44ils cachent leur étoile de David,
23:45les gens retirent leur Mezouza,
23:47les jeunes changent leur nom
23:48quand ils prennent un taxi.
23:49Ça,
23:49c'est la réalité concrète
23:51de l'antisémitisme
23:51que les juifs vivent en France
23:53au quotidien.
23:54Maintenant,
23:54je ne demande pas
23:55à mon prochain
23:56d'avoir ma peine.
23:57Je lui demande
23:58d'essayer de la comprendre
24:00et de l'entendre.
24:02Et moi,
24:03mon but,
24:03ce n'est pas un but pour convaincre,
24:04c'est un but pour raconter.
24:05Et si,
24:06il y a une infime minorité
24:08de personnes
24:08qui l'ont lu
24:09et qui l'ont compris,
24:10alors je suis ravi.
24:11Je suis ravi.
24:12Je ne veux pas perdre l'espoir.
24:15L'antisémitisme dégoulinant,
24:16cette orgie antisémite,
24:17elle a payé.
24:18Regardez,
24:18aux municipales,
24:19elle a payé.
24:19Ça a permis à certains LFI
24:21d'obtenir des mairies
24:22qu'ils n'auraient jamais obtenues
24:23s'il n'y avait pas eu
24:24aussi cette dégoulinante-là.
24:26C'est sur combien de mairies ?
24:27Ah ben !
24:28Sur combien de mairies ?
24:29Très peu.
24:29Regardez,
24:29ceux qui ont été réélus
24:30en 2024 suite à la dissolution,
24:33c'était ceux qui tenaient
24:34les propos les plus délirants
24:35sur le génocide à Gaza,
24:37etc.
24:37Ils ne sont pas majoritaires.
24:38Ni à l'Assemblée,
24:39ni à l'Université.
24:41Encore une fois,
24:41je comprends ce que vous dites,
24:43mais c'est toujours
24:44les toutes petites minorités
24:45qui font l'histoire.
24:46C'est-à-dire que quand
24:47c'est des gens
24:48qui tiennent les propos
24:48les plus radicaux
24:49d'un côté comme de l'autre,
24:51qui sont les représentants
24:52de quelque chose
24:53et qu'on va tellement écouter
24:54au point de carrément
24:55les réélire
24:56dans quelque chose
24:57qui est quand même extraordinaire
24:58qui est l'espace
24:59de la représentation nationale,
25:00nous, on peut le ressentir
25:01comme étant la fin
25:03d'un pacte social.
25:04Mais la question,
25:05c'est qu'est-ce qu'on doit faire ?
25:05Je ne sais pas.
25:06Je ne sais pas.
25:07Justement,
25:07c'est tout mon sujet,
25:10en tout cas,
25:11vous faites bonne figure.
25:12Je reprends le terme
25:13utilisé par Barbara
25:14parce que quand on voit
25:15la télévision,
25:16quand on voit animer
25:17des émissions,
25:18là, c'est le professionnalisme
25:21qui agit
25:21parce qu'on ne sent pas
25:23cette douleur.
25:24Vous prenez encore du plaisir
25:25à faire de la télé ?
25:25Ah oui.
25:27Ah oui.
25:27Oh là là.
25:28Je tourne la semaine prochaine.
25:29Je peux vous dire que
25:30vous n'êtes pas invité
25:31la semaine prochaine ?
25:32Non.
25:32Je crois que c'est
25:33les champions qu'on invite.
25:34C'est pour ça.
25:35Je ne comprends pas
25:36pourquoi j'y suis.
25:37Moi, je comprends.
25:39Olivier, il ne comprends pas.
25:40Estelle Denis,
25:41j'imaginais alors.
25:42J'attends ce moment
25:43avec impatience.
25:44Et tu n'es pas le deuxième,
25:45toi ?
25:45Il y a le jeu des boîtes
25:49qui va revenir ou pas ?
25:50Non, pas du tout.
25:50Non ?
25:50Non, c'est le 25e anniversaire.
25:52On m'a posé la question
25:53est-ce que j'aimerais
25:53que ça revienne ?
25:54J'adorais.
25:55Regardez ça en famille,
25:56on adorait ça.
25:56Mais on a beaucoup parlé
25:58de la télé publique.
25:59Vous êtes intéressé,
26:00la commission à l'oncle,
26:01au fait de savoir
26:01est-ce qu'il faut continuer
26:02à dépenser de l'argent
26:04pour la télé publique ?
26:05C'est important.
26:06La différence entre le public,
26:07le privé,
26:08c'est des choses
26:09qui vous intéressent ?
26:09Écoutez,
26:10je n'ai pas pris de position
26:10d'abord parce que
26:11je produis beaucoup
26:12pour la télévision publique.
26:14J'ai regardé ça,
26:15j'ai observé ça,
26:16je trouvais que c'était
26:16un petit peu exagéré quand même.
26:18Mais voilà,
26:19pour le reste,
26:20je n'ai pas pris...
26:20Parce que c'est quand même
26:20un métier qui évolue aujourd'hui.
26:21Et je n'ai pas été reçu
26:22d'ailleurs par Charles Lalonde.
26:23Mais pourquoi ?
26:23Oui, c'est dommage.
26:24Parce qu'il a estimé
26:25qu'il n'avait rien à me reprocher.
26:27Vous avez été vexé ?
26:28Non, pas du tout.
26:29Les journées sont assez longues.
26:31Non mais,
26:32j'attends la télé
26:33avec impatience
26:33parce que c'est une respiration.
26:35Regardez,
26:35je vais faire une semaine
26:36d'interview comme celle-ci,
26:38c'est intense,
26:39et je vais retrouver
26:40ma cour de récréation
26:41et là où c'est mon métier.
26:42Ma vie,
26:43ce n'est pas d'aller
26:43sur les plateaux télé
26:44et dire qu'il y a de l'antisémitisme.
26:45C'est un métier vieillissant,
26:47la télé ?
26:48Je pense...
26:49Déclinant ?
26:49Par rapport aux audiences ?
26:50Sachant qu'il y a
26:51toute une jeunesse,
26:52alors j'imagine vos enfants
26:53ou les nôtres...
26:54Oui, qui sont sur YouTube.
26:54Qui se mettent sur YouTube
26:59au compact disque
27:00et du CD à Spotify ?
27:01Tout le monde a dit
27:01que c'était la fin de la musique
27:02et finalement,
27:03la musique continue.
27:04Je pense que la télé
27:05va se réinventer
27:06et qu'elle est en train
27:06de pivoter.
27:07En fait,
27:07de toute façon,
27:08la télé,
27:08c'est un objet désormais.
27:10C'est juste...
27:11Aujourd'hui,
27:11les chaînes de télé linéaires
27:13telles qu'on les connaît
27:15et vous en étudie d'ailleurs,
27:16vous aussi,
27:17elles sont en train
27:18de se renouveler,
27:19de se réinventer.
27:20Donc,
27:20je n'ai pas d'inquiétude.
27:21Maintenant,
27:22les chiffres sont là.
27:23Il y a de moins en moins
27:23de gens qui regardent
27:24la télévision.
27:25Notre objectif,
27:26c'est de faire en sorte
27:27que le programme
27:28qu'ils ne voient pas,
27:28par exemple,
27:29sur TF1,
27:29mais ils continuent
27:30à le voir ailleurs.
27:31Voilà,
27:31c'est tout.
27:32Mais la radio,
27:32ça ne vous manque pas,
27:33la radio ?
27:34Énormément.
27:35À chaque fois que je suis
27:35derrière un micro,
27:36j'ai envie de reprendre.
27:38On me propose très régulièrement
27:39d'en faire.
27:39Mais pour moi,
27:40la radio,
27:40c'est quelque chose
27:41qui doit être quotidien.
27:42Une émission longue
27:42comme vous aviez
27:43sur Fun Radio.
27:44Ah,
27:44le record !
27:45Les 34 heures de...
27:47Non,
27:47non,
27:47une quotidienne,
27:48je veux dire.
27:49Alors,
27:49aujourd'hui,
27:51j'adorerais,
27:51mais le problème,
27:52c'est que je suis chef d'entreprise
27:53et que je ne peux pas considérer
27:55perdre,
27:56pas perdre,
27:57utiliser 4 heures de ma journée
27:58pour m'asseoir derrière un micro.
27:59Et en plus,
28:00ce n'est pas 4 heures
28:00parce que quand on fait
28:01les choses bien,
28:01on prépare l'émission,
28:03on lit les livres.
28:04Contrairement à Charles.
28:05Attendez,
28:06sauf le terrain,
28:06vous avez été rajouté.
28:07Vous voulez venir au GG,
28:08on prépare bien.
28:09Last minute,
28:10je plaisante Charles,
28:11je plaisante Charles.
28:12Excusez-moi de...
28:13Last minute,
28:13on a le livre depuis 15 jours.
28:15Allez hop,
28:16c'est du quotidien.
28:16La radio,
28:17je pense que...
28:18C'est du quotidien.
28:19La radio,
28:19pour moi,
28:20c'est quelque chose
28:20où on le fait vraiment
28:21ou on ne le fait pas.
28:22Donc quand on me propose
28:23de faire une émission
28:24hebdomadaire,
28:24ça ne m'intéresse pas.
28:25Pour moi,
28:25la radio,
28:26c'est le matin,
28:27c'est prendre les gens
28:28au seau du lit
28:28et y aller à fond.
28:29Et aujourd'hui,
28:30je n'ai pas le temps.
28:31Mais peut-être qu'un jour.
28:33Merci Arthur.
28:34Dans un instant,
28:34on va parler de Gabriel Attal,
28:36de sa campagne positive.
28:37Est-ce qu'il est à côté de la plaque
28:38ou est-ce qu'il a raison ?
28:39Tiens,
28:46Vraiment,
28:46je vais répondre à cette question.
28:48Je tente.
28:49Il va être à l'isnard.
28:50Vous me proposez quoi ?
28:51Mélenchon Bardella,
28:51vous faites quoi ?
28:53Vous me proposez
28:54les deux extrêmes.
28:57Je ne sais pas.
28:58Je ne sais pas.
28:59On verra le jour même.
29:00En tout cas,
29:02ça,
29:02c'est la réponse,
29:03tu vois,
29:03je veux dire
29:03qui va occulter
29:04toute l'interview.
29:06Donc,
29:07je ne répondrai pas,
29:08mais vous savez très bien
29:09ce que je ferai.
29:11Merci Arthur.
29:11C'est ça la réponse.
29:14Merci Arthur
29:14d'être passé par les gens.
29:16Gigi.
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