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Alain Bauer, professeur émérite de criminologie, était l’invité de #LaGrandeInterview de Laurence Ferrari dans #LaMatinale sur CNEWS, en partenariat avec Europe 1.

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Transcription
00:00Et notre invité ce matin dans la grande interview sur CNews et sur Europe 1, c'est Alain Bauer.
00:04Bonjour à vous.
00:04Bonjour.
00:05Professeur de criminologie au Conservatoire national des arts et métiers.
00:08Vous publiez La vérité sur le système Epstein, un livre extrêmement important chez First Edition.
00:13Vous venez en parler en exclusivité sur nos antennes parce que vous avez mis à jour un système,
00:18comme vous le dites, et qui est absolument effarant.
00:20Un mot d'abord de l'actualité, la victoire du PSG en finale de la Ligue des Champions
00:24a été ternie par des scènes de pillage, de violence contre les forces de l'ordre.
00:29178 blessés du côté de nos policiers et gendarmes, 890 interpellations à l'échelle nationale.
00:35Est-ce que vous pensez que notre système de maintien de l'ordre est complètement dépassé Alain Bauer ?
00:39Le système de maintien de l'ordre, il se reconstruit de manière assez régulière
00:43entre nostalgie, amnésie, oubli et réaction.
00:48Vous avez un système des années 70 qui s'est perdu dans les années 80.
00:52Dans les années 80, on a vu arriver les surfeurs de manifestations.
00:55Pour la première fois, hors du service d'ordre central des organisations syndicales,
00:59qui organisait une sorte de tournoi ou de duel à distance entre CRS,
01:03gendarmes mobiles et service d'ordre central de la CGT, pour dire les choses,
01:06on a vu arriver des gens qui passaient devant pour aller à la castagne.
01:10Puis ensuite, ils sont allés sur les côtés.
01:12Enfin, ils ont fini par voler les manifestants eux-mêmes et agresser les manifestants.
01:16Car vous parlez à juste titre des blessés policiers,
01:18mais il y a un mort, un blessé très grave et deux sans blessés parmi les supporters.
01:23Et le drame du football, c'est qu'on mélange les supporters qui aiment le football,
01:27les ultras qui l'aiment peut-être un peu trop et les hooligans qui n'aiment que la violence.
01:31Les hooligans, on les a jetés hors des stades.
01:33Vous qualifiez ces gens-là de hooligans, pas simplement de délinquants ?
01:36Ah non, c'est des hooligans délinquants.
01:38Le hooligan est un délinquant.
01:40C'est d'ailleurs pour ça qu'on a inventé ce terme en Grande-Bretagne dans les années 80,
01:43pour les mettre hors des stades.
01:45Pour les mettre hors des stades, c'est parce qu'ils n'aiment pas le football,
01:47ils n'aiment pas le sport, ils aiment la violence.
01:49Ils cassent tout le temps.
01:50Oui, les hooligans.
01:51En marge des matchs de foot, ça peut être le 14 US, ça peut être le 31.
01:54Absolument, vous avez raison.
01:56Et d'ailleurs, c'est une tradition nationale.
01:57Jérôme Fourquet fait un excellent papier ce matin dans le Figaro,
02:03pour rappeler ce que moi-même j'explique,
02:04c'est que la France, c'est mille ans de jacquerie,
02:07mille ans de jacquerie,
02:08où la violence est la forme naturelle d'expression, de la revendication.
02:12Parce que d'un côté, l'État ne s'est pas négocié,
02:14et de l'autre côté, les organisations ou les désorganisateurs,
02:18parce qu'il y a aussi ceux-là, désormais, ne savent pas discuter.
02:21Il y a une difficulté naturelle,
02:23et désormais, tout est prétexte, victoire comme défaite,
02:27célébration comme tristesse,
02:29à une forme débridée de violence qui se développe.
02:32Mais Alain Bollard, il n'y a aucune revendication dans les violences
02:34auxquelles nous avons assisté.
02:35Ça dépend.
02:36Aucune, c'est juste le chaos, c'est juste le pillage.
02:39Les gilets jaunes avaient des revendications.
02:41Mais là, on n'est pas dans ce cas-là.
02:42Alors, on ne sait pas.
02:44Il n'y a pas de revendication.
02:46C'est juste générer le chaos et la violence.
02:48Parmi les gilets jaunes, vous aviez beaucoup de choses
02:50qui se sont agrégées.
02:51Et c'est ce que j'explique avec le fameux surf.
02:54Quand vous surfez sur une revendication,
02:56pour la casse, vous ne cherchez que la casse.
02:58Mais derrière, il se passe quelque chose.
03:00Et il faut qu'il y ait un mouvement populaire
03:02pour que tout le monde vienne surfer sur ça.
03:05Les casseurs, ils se sont agrégés
03:07aux supporters et aux ultras.
03:09Ils se sont servis.
03:10Ils les ont manipulés d'un certain point de vue.
03:13Et effectivement, vous avez raison.
03:14Ils n'ont comme objectif que la casse ou que la violence.
03:17D'ailleurs, parfois, il n'y a que la violence.
03:19D'accord.
03:20Mais est-ce que notre système de maintien de l'ordre
03:22est obsolète ou pas ?
03:23Est-ce que les ordres passés ont été assez fermes ?
03:25Laurent Nunez dit, oui, on a fait notre travail.
03:28Les policiers étaient là où il fallait qu'ils soient.
03:30Il y a eu des interpellations.
03:31Le travail a été bien fait.
03:33Est-ce que vous dites la même chose à l'avoir ?
03:34Il y a un bout de phrase qu'il ne faut pas oublier
03:36dans ce que dit Laurent Nunez.
03:37Dans le cadre de la législation existante.
03:40Parce que dans le cadre de la législation existante,
03:42le nombre de dispositifs qui entravent l'action des forces de police,
03:46qui entravent l'action préventive des forces de police,
03:48qui mettent en cause la capacité qu'il y a à empêcher la casse
03:53et pas seulement à arrêter les casseurs,
03:54est tout à fait considérable.
03:56Et la balle, de ce point de vue-là, doit être envoyée
03:58à tous ceux qui commentent, hurlent,
04:00soit pour justifier l'action des casseurs,
04:02parfois, ou expliquer que c'est la police qui casse.
04:04Il y en a à gauche.
04:07Voilà.
04:08La question centrale, elle est, la législation peut changer.
04:11Le préfet Lallemand, d'ailleurs, avait réussi à contenir la casse
04:15et il avait été beaucoup critiqué pour cela
04:17en changeant toute une série de dispositifs.
04:18Le préfet Nunez, à l'époque, préfet de police,
04:21avait réussi à reprendre la main de manière assez efficace.
04:23Et le ministre Nunez n'y arrive pas ?
04:24Il faudrait que les députés de l'absence de majorité
04:27fassent leur travail, plutôt que de commenter la casse
04:30d'une manière ou d'une autre, sans désoler.
04:32Vous savez, le système français, c'est négation, minoration, éjection.
04:34Ça commence par un, c'est pas vrai,
04:36deux, c'est pas grave, et trois, c'est pas de ma faute.
04:38Il faudrait qu'il y ait quelqu'un qui dise
04:39c'est vrai, c'est grave, et je m'en occupe.
04:41Emmanuel Macron a dit hier, ce n'est pas le foot,
04:43ce n'est pas le sport, on ne peut pas,
04:45on ne veut plus voir ça, c'est fini,
04:47on en a ras-le-bol, nous serons intraitables.
04:48Il a dit la même chose en 2025.
04:50Est-ce que ça ne signe pas, Alain Bauer,
04:52l'échec d'Emmanuel Macron sur le régalien et la sécurité ?
04:55Je ne sais pas si ça signe son échec à lui.
04:57Lui, il a le ministère de la Parole.
04:58C'est le président, a priori.
04:59Oui, mais au dernier nouvel, c'est le Parlement
05:01qui fait des lois, la police qui les exécute
05:03et les magistrats qui décident des peines.
05:05De ce point de vue-là, une responsabilité collective
05:07semblerait s'imposer, y compris ceux qui hurlent
05:09le plus fort aujourd'hui, qui n'ont pas fait grand-chose
05:11quand ils étaient au pouvoir.
05:11Mais la sienne, il n'y est pour rien ?
05:13Celle d'Emmanuel Macron ?
05:14Il n'y a pas de responsabilité ?
05:15Je ne vois pas ce qu'il peut faire.
05:17Je pense même que sa phrase...
05:18On ne peut rien faire ?
05:19En tant que président de la République ?
05:20En tant que chef de l'État.
05:20Je ne sais pas, j'ai lu la Constitution récemment,
05:22je n'ai pas trouvé là où il pouvait faire quelque chose.
05:24Envoyer un signal de fermeté ?
05:25Il dit, c'est fini, etc.
05:27C'est la même chose l'an dernier.
05:29Oui, exactement.
05:29Donc le signal est envoyé, il est mal reçu.
05:32Pourquoi est-il mal reçu ?
05:33Parce que la législation n'est absolument pas adaptée à la réalité.
05:36Je vous rappelle qu'il a fallu être en 2025
05:37pour qu'on s'occupe du narcotrafic en France
05:39grâce à une commission parlementaire du Sénat.
05:41Pas le gouvernement.
05:42Le Sénat, qui je rend hommage.
05:44Parce qu'au moins, ils l'ont fait le travail.
05:46On verra ensuite ce que ça donne.
05:47Encore une question, Alain Bauer.
05:49Vous êtes professeur de criminologie.
05:51Il y a eu des violences dans 71 villes.
05:53Pas seulement Paris.
05:54Donc on parle de Rennes, Angers, Strasbourg, Clément-Ferrand, Grenoble.
05:57Ça veut dire quoi ?
05:58Que c'est systématisé maintenant à l'échelle du pays ?
06:00Que c'est des jeunes délinquants ?
06:03On est frappé d'ailleurs par l'âge de ceux qui étaient dans les rues.
06:06Souvent des mineurs.
06:07Ça devient systématique ?
06:09On ne peut plus endiguer ce phénomène-là ?
06:11Mille ans de jacquerie.
06:12Mille ans de jacquerie, ça ne s'interrompt pas mécaniquement.
06:15Et en général, ce sont de jeunes hommes.
06:16Alors qu'est-ce qu'il faut ?
06:17Absolument, oui.
06:18Qu'est-ce qu'il faut faire ?
06:19Reprendre la main.
06:20Quand tout le système public s'effondre,
06:23éducatif, scolaire, sanitaire, sécuritaire,
06:28et malheureusement judiciaire, économique, sociale, environnementale,
06:32voilà, il y a un moment où il faut arrêter de se plaindre.
06:34Est-ce que vous faites le lien entre cette délinquance et l'immigration ?
06:37Le ministre de l'Intérieur refuse de le faire pour l'instant,
06:39vous comprenez sa prudence ?
06:40Ah, je ferai le lien quand j'aurai les moyens de faire le lien.
06:42Il se trouve que je ne sais pas ce qu'est l'immigration
06:43et je ne sais pas la décompter.
06:45Je sais ce qu'est la part des étrangers.
06:46J'ai été le premier à la publier, d'ailleurs,
06:48quand j'étais président de l'Observatoire de la délinquance,
06:50et on me l'a beaucoup reproché,
06:51il n'y a rien de caché, puisqu'on a les chiffres,
06:54on va donc les publier.
06:55En matière d'immigration, je ne sais pas comment ça se calcule,
06:57mais dès que j'aurai un outil pour le faire,
06:58et je souhaite qu'il y ait un outil pour le faire, vraiment.
07:00C'est-à-dire que des statistiques, quoi ?
07:02Oui, bien sûr.
07:02Des statistiques.
07:02Un outil statistique, non pas où on détermine qui sont les gens,
07:05mais la manière dont ils se déterminent eux-mêmes.
07:07Il y a un outil qui s'appelle Trajectoire et Origine,
07:09qui traite d'à peu près tout, sauf de ce sujet-là.
07:11Je suis pour qu'il soit traité, pour que tout soit transparent et lisible.
07:14Il y a la question des forces de l'ordre,
07:15qui ont été prises pour cible de façon absolument systématique.
07:19Est-ce que les délinquants sont punis à la hauteur
07:21des actes qu'ils commettent, Alain Bauer, aujourd'hui ?
07:23Je ne sais pas.
07:24Le système judiciaire est d'interprétation stricte.
07:27Le code pénal est un outil difficile à manier.
07:30Ce n'est pas parce qu'on interpelle quelqu'un
07:32qu'on peut démontrer qu'il a fait quelque chose,
07:33d'autant que vous avez des effets de groupe qui sont très importants
07:36et qui sont difficiles à déterminer
07:39au moment où vous passez devant les juridictions.
07:41Les juridictions sont souvent face à
07:42« je suis bien inséré dans la vie, j'ai été pris dans le mouvement,
07:46j'ai été faire mes courses dans un magasin d'électroménagers ».
07:50C'est pour ça qu'ils ne sont pas condamnés ?
07:51C'est pour ça qu'ils ne sont pas condamnés.
07:52En fait, ce n'est pas qu'ils ne sont pas condamnés.
07:54Ils sont peu condamnés à des peines incompréhensibles
07:55pour les victimes et les commerçants,
07:57et encore plus pour les policiers
07:59quand ils sont, eux, directement blessés.
08:01Il faut durcir l'arsenal législatif.
08:03Non, pas les choses.
08:03Ça ne sert à rien.
08:04Il faut l'appliquer, tout simplement.
08:05Il y a tout ce qu'il faut.
08:06Il n'y a pas besoin d'aller plus loin.
08:07Non.
08:08La France Insoumise accuse le ministre de l'Intérieur
08:10et donc de facto les policiers
08:11d'avoir provoqué ces violences.
08:13Qu'est-ce que vous dites ?
08:15Voilà.
08:16Bruno Rotailleux propose de mettre en place
08:18la reconnaissance faciale,
08:19de faire payer les dégâts à ceux qui les commettent.
08:20Qu'est-ce que vous dites ?
08:21Alors, reconnaissance faciale,
08:22il y a une partie qui est en expérimentation,
08:24qui a très bien servi pendant les Jeux olympiques.
08:26C'est un sujet qui peut parfaitement avancer.
08:27Je rappelle qu'il a fallu des dizaines d'années
08:29pour mettre en place,
08:34et une vidéo protection efficace
08:37et un début de commencement
08:39de ce qui allait devenir une police municipale à Paris.
08:41Donc, on peut parfaitement avancer intelligemment
08:44sur ces questions,
08:45en condition qu'il y ait les garanties de protection
08:47des identités, des droits humains
08:48qui sont absolument nécessaires à l'équilibre
08:50entre la protection des libertés et la sécurité.
08:53Parce que là, on bascule sinon dans un régime autoritaire
08:56comme il en existe.
08:57On va la tête à la chinoise.
08:58Donc, je ne suis pas sûr que ce soit un objectif en soi,
09:01mais rien n'est pas un objectif non plus.
09:02Alain Bauer, vous avez évoqué les narcomicides,
09:05le narcotrafic.
09:06On voit désormais que ça s'étend encore une fois
09:09sur l'ensemble du territoire.
09:10Est-ce qu'on est en pleine mexicanisation de la France
09:12ou est-ce que vous ne reprenez pas ce terme ?
09:14Je ne comprends pas ce terme
09:15parce que d'abord, on n'est pas dans cette logique-là.
09:17Mais par contre, pour la première fois dans notre histoire,
09:19on a une narcomafia qui s'est implantée.
09:20Ça n'était jamais arrivé.
09:22La DZ mafia, Gizaïr mafia,
09:23qui est en train de passer un accord
09:25avec la mochromafia, celle du Nord,
09:27et qui pose un problème inédit
09:29dans l'histoire de notre pays.
09:31Donc oui, il y a un problème de cartélisation de la France,
09:35mais pas encore de mexicanisation.
09:36Mais si on n'y fait rien comme d'habitude
09:38et si on fait une commission d'enquête dans 25 ans,
09:40je crois que là, vous pourriez nous poser la question
09:42en disant pourquoi n'avez-vous rien vu venir ?
09:43Comme d'habitude, comme je l'avais écrit
09:45dans les années 90 dans un papier
09:47à l'époque publié par Le Monde
09:49sur « Attention, nous sommes face à une pléthore
09:51d'oranges mécaniques »,
09:53nous y sommes.
09:53Mais on est déjà dans un État mafieux ou pas ?
09:56Non, on est dans un État qui perd du terrain
09:59face à une narcomafia qui s'installe.
10:02Et des profils de délinquants,
10:04de narco-trafiquants de plus en plus jeunes,
10:07beaucoup de mineurs utilisés, là encore.
10:09Oui, alors là, c'est plutôt des tueurs à gages
10:10et des gestionnaires de points de deal.
10:14Non, la majorité pénale ne pose pas de problème,
10:16c'est l'application de la loi qui pose problème,
10:17c'est le fait d'aller jusqu'au bout d'un processus
10:19pour les sortir du dispositif.
10:21Notamment, il y a beaucoup de mineurs non accompagnés
10:23qui posent un autre problème
10:24sur la gestion de ces populations
10:27qu'on ne peut pas juste laisser dans la rue
10:29en expliquant que...
10:30Mais la bataille est perdue ou pas, Alain Bauer ?
10:31Aucune bataille n'est jamais perdue,
10:33surtout quand on n'a pas commencé de la mener.
10:35C'est ça, donc on n'a pas commencé de mener ces combats ?
10:36Pas vraiment.
10:37Alain Bauer, l'affaire Epstein,
10:38la vérité sur le système Epstein,
10:40c'est votre livre chez First Edition.
10:42On a beaucoup écrit sur cette affaire tentaculaire.
10:46L'homme est mort en 2019,
10:47vrai faux suicide en prison.
10:49C'est une affaire de prédation sexuelle
10:51qui a été en partie ignorée dans les années 90,
10:53révélée dans les années 2019-2020
10:56et dont les rouages politiques sont immenses.
10:57Qu'est-ce que vous avez découvert dans ce livre
10:59qui est extrêmement riche et documenté ?
11:01Alors d'abord, j'ai cru que c'était une affaire parmi d'autres,
11:04comme souvent.
11:05Ensuite, j'ai commencé à m'intéresser à cette affaire,
11:07mais avec assez peu d'éléments,
11:08beaucoup d'élucubrations,
11:09du complotisme en veux-tu en voilà.
11:11Et donc, j'ai pris ça avec beaucoup de pincettes,
11:14des distances.
11:15Il n'y avait pas d'éléments,
11:16il n'y avait pas de quoi faire une enquête.
11:18Tout le monde racontait ce qu'il voulait.
11:19Vous savez, il y avait l'infox général
11:21sur les réseaux sociaux et Internet.
11:23Et puis, à partir du moment
11:24où les 3,5 millions de documents
11:25ont commencé à être diffusés,
11:26y compris ceux qui étaient noircis,
11:28mais que des outils technologiques
11:30permettent de révéler.
11:31C'est-à-dire qu'on enlevait des noms
11:32aux marqueurs.
11:33Voilà, chacun a essayé de protéger
11:35qui il pouvait,
11:36ou soit disant les victimes,
11:37ce qui n'est pas faux,
11:38soit aussi quelques auteurs
11:40et quelques complices.
11:40Et j'ai commencé à être étonné
11:42de voir après être non pas un cas Epstein,
11:45ni un dossier Epstein,
11:46mais un système Epstein.
11:47Et je dois même vous le dire,
11:48un système de systèmes.
11:49Ce que ce livre révèle,
11:50parce que ce livre
11:52n'est pas la version microscopique
11:54de chacune des innombrables
11:55affaires Epstein,
11:56parce qu'il faut laisser
11:57la parole aux victimes,
11:58il faut leur permettre
11:58de s'exprimer,
11:59il faut leur permettre
12:00de révéler ce qu'elles ont subi,
12:01mais de permettre,
12:02pour la première fois,
12:03l'analyse détaillée
12:04de tout ce qu'on sait
12:05qui est vérifié,
12:07validé et documenté.
12:08Et ce système de systèmes,
12:09il est,
12:10on découvre par exemple,
12:11certes il y a un système américain,
12:12mais désormais on sait
12:13qu'il y a un système anglais
12:13avec quatre au moins
12:15maisons appartenant à Epstein
12:17dont on découvre,
12:17non pas dans les documents,
12:18mais en allant ligne par ligne
12:20de ces virements bancaires
12:21de découvrir qu'il payait
12:22quatre loyers à Londres.
12:23On est en train de découvrir
12:24ce qu'il a voulu acheter
12:26et peut-être récupérer
12:28comme élément immobilier
12:30en France.
12:31Il y a un dossier français
12:33pour l'Afrique Epstein.
12:33Il y a un dossier
12:34et ce dossier,
12:35comme madame la procureure de Paris
12:36l'a répété l'autre jour,
12:37a permis d'ouvrir
12:38deux nouvelles enquêtes,
12:40une sur les volets financiers,
12:42qui a payé quoi
12:42et qui a été corrompu,
12:44et une sur le volet
12:45de la prédation sexuelle.
12:47Et sur le volet
12:48après la prédation sexuelle,
12:48il y a onze nouvelles plaintes,
12:50déjà,
12:50et donc en France,
12:51depuis février.
12:53Donc il se passe quelque chose.
12:54Et donc je crains
12:55que la partie française
12:57du système Epstein
12:58soit aussi importante
13:00que la partie américaine
13:01ou que la partie anglaise.
13:02Il aimait beaucoup la France,
13:03il avait un quartier général
13:04en France,
13:05mais il n'avait pas
13:05qu'un seul quartier général.
13:07Madame Maxwell,
13:07sa principale complice,
13:09avait un château en France.
13:11Lui-même a essayé
13:11d'en acheter plusieurs,
13:13a fait des locations.
13:14On est au début
13:15du commencement
13:16de probablement
13:17la plus grande affaire
13:18de prédation sexuelle,
13:19de relation entre la finance
13:23et le politique
13:24qu'on ait connu.
13:24Jeffrey Epstein,
13:25c'est un entremetteur,
13:26c'est un père macro,
13:27c'est un intercesseur,
13:28c'est un demi-mondain,
13:30c'est quelqu'un
13:30qui rend des services
13:31à tout le monde,
13:31la perversité sexuelle
13:33et la pédocriminalité en plus.
13:36Ce n'est pas une affaire
13:37de conspirationniste
13:38ou de complotiste,
13:39c'est la réalité
13:40d'une affaire
13:41qui va nous exploser
13:42à la figure
13:42et le moment était venu
13:43de fournir tout
13:44ce qui était disponible
13:45pour que chacun
13:46puisse comprendre
13:47ce qui est caché
13:48par le système
13:49de système Epstein.
13:51Monsieur Ponzi,
13:51ce n'était pas
13:52le premier fraudeur
13:53économique de l'histoire
13:54mais c'est devenu
13:54un modèle de la fraude.
13:56Epstein,
13:56ce n'est pas le premier
13:57prédateur sexuel
13:58mais c'est le modèle
13:59de la prédation sexuelle.
14:00Qui protège Jeffrey Epstein
14:01aujourd'hui encore
14:02dans notre pays ?
14:03Alain Bauer.
14:04Ses complices
14:05qui en ont bénéficié
14:06financièrement,
14:07qui sont toujours là,
14:08quelques-uns sont décédés,
14:09d'autres disent
14:10qu'une présomption d'innocence
14:11s'applique à tout le monde.
14:12D'autres disent
14:13qu'ils n'ont pas vu
14:14à l'insu de leur plein gré,
14:15qu'ils ne savaient pas
14:16ce qui se passait,
14:16qu'ils n'ont pas bien compris
14:17comme les Américains d'ailleurs.
14:19Vous avez des noms,
14:19il y a des personnalités françaises
14:20impliquées ?
14:21Tout est dedans.
14:21Allez-y,
14:23donnez-moi les noms.
14:24Non, non,
14:24il y a évidemment
14:25vous avez Madame Lang
14:27qui a bénéficié
14:29d'un héritage considérable
14:30qu'elle n'a certes pas touché
14:31mais qui dit
14:32je découvre que
14:33vous avez un photographe ici,
14:35un architecte là,
14:37toute une série
14:38de personnalités.
14:39Comme je l'ai dit,
14:40la prédomption d'innocence
14:41fait que je ne jette pas
14:42les noms
14:43mais par contre
14:43on peut chercher
14:44ce qu'ont les éléments
14:45qui précisément
14:47donnent qui a fait quoi,
14:48qui a su quoi
14:49et qui fait semblant
14:50de ne rien savoir.
14:51Vous dites banquier,
14:52procureur, avocat,
14:53scientifique, médecin,
14:54artiste politique.
14:55Oui.
14:56Tous ont contribué
14:56à l'impunité
14:57d'un système criminel
14:58international.
14:59Politique ?
14:59Il y a eu des complicités
15:00politiques à L'Ambauer ?
15:01Bien sûr,
15:02aux Etats-Unis particulièrement,
15:03en Grande-Bretagne aussi,
15:04autour de M. Mendelssohn,
15:07les cas sont désormais
15:08traités par la Couronne
15:10qui est quand même
15:10un des anciens
15:11principaux collaborateurs
15:12du gouvernement britannique,
15:14ancien ambassadeur
15:15à Washington,
15:17nommé justement
15:17à cause de ses relations
15:18avec le système Epstein,
15:20nommé là-bas
15:20parce que,
15:22pas seulement
15:23pour l'éloigner
15:24mais pour se servir de lui
15:25et qui a gravement
15:26mis en péril
15:27le gouvernement britannique
15:29actuel.
15:29Donc oui,
15:30il y a un système,
15:31deux systèmes
15:31et d'ailleurs,
15:32j'ai mis à la fin
15:32des petites cartographies
15:35pour qu'on s'y retrouve
15:36justement
15:36parce qu'au-delà
15:37de la lisibilité
15:38chapitre par chapitre
15:39qui couvre l'intégralité
15:41des dossiers Epstein,
15:42la vérification
15:43de chacun de ces dossiers,
15:44les éléments qui sont connus,
15:45les éléments qui sont vérifiés,
15:47il y a aussi un moment
15:48où tout d'un coup,
15:49ce qui est microscopique,
15:50quand vous prenez un télescope,
15:51devient cartographique
15:52et tout d'un coup,
15:52vous vous rendez compte
15:53de l'ampleur du système
15:54qui m'a moi-même dépassé
15:56à tel point
15:57que je n'y croyais pas
15:58et que je me suis convaincu
16:00moi-même
16:00par les recherches
16:02qui ont été effectuées
16:02avec la mise en place
16:03d'outils très modernes
16:05de vérification
16:06et de validation
16:07à quel point
16:08on était face
16:08à un immense système
16:10de systèmes.
16:11Comment expliquez-vous
16:12Alain Bauer
16:12que la justice française
16:14est mis tant de temps
16:14à ouvrir des dossiers
16:15ou à ouvrir des enquêtes ?
16:17Là aussi,
16:17il y a eu une omerta ?
16:18Non, avant janvier,
16:20elle n'avait rien,
16:20la justice française.
16:22Elle avait quelques plaintes,
16:23une émission de télévision américaine
16:25où un mannequin
16:27racontait que
16:29des cas très isolés,
16:30elle pensait
16:30que c'était une affaire américaine.
16:31Puis elle s'est rendue compte
16:32que c'était aussi
16:33une affaire anglaise
16:33et tout d'un coup,
16:34elle a découvert
16:34que c'était une affaire française
16:35et il faut rendre hommage
16:36à la procureure de Paris.
16:38Elle a ouvert
16:38deux enquêtes en février,
16:40il y a des équipes
16:40qui travaillent,
16:41elle fait des appels réguliers
16:42encore au mois de mai
16:43pour que des victimes
16:45se fassent connaître
16:45et tout d'un coup,
16:46onze nouvelles victimes.
16:48Il faut beaucoup de courage
16:50à ces femmes
16:51pour venir révéler
16:53ce qu'elles ont subi
16:55quand elles étaient
16:55pour beaucoup mineures
16:57ou venues
16:58de Pays de l'Est.
16:59Quand on découvre
17:00les quatre appartements
17:01de Londres,
17:01c'est une enquête
17:01de la BBC
17:02qui a mis des semaines,
17:03des mois
17:04pour révéler
17:05qu'il y avait
17:06quatre maisons de passe,
17:08je ne sais pas
17:08comment appeler ça,
17:09maisons closes
17:10à l'intérieur
17:11des quartiers
17:11les plus huppés de Londres
17:12avec des dizaines
17:13de jeunes filles
17:14qui étaient
17:15entre guillemets
17:16hébergées.
17:17Nous ne sommes
17:18qu'au début
17:18d'une gigantesque
17:20affaire Epstein
17:21et j'ai voulu venir
17:22chez vous
17:23parce que moi,
17:23je sais le courage
17:24que vous avez
17:24sur ces questions
17:25parce que c'était
17:26important
17:27qu'on découvre
17:28et qu'on révèle
17:29ce qui est en train
17:29de se passer
17:31avant qu'on n'envoie
17:32que des petits morceaux
17:33perdus dans la nature.
17:35Pour la première fois,
17:36un système de système
17:37est révélé
17:37dans sa complexité,
17:39pas seulement
17:39la criminalité organisée
17:41à la fin,
17:42mais là,
17:42nous en sommes au début
17:43et ce n'est pas seulement
17:44un moment particulier
17:46ou une violence particulière
17:47ou un fait divers,
17:48c'est quelque chose
17:49qui va gangréner
17:50ou qui a gangréné
17:51la société française,
17:52la société américaine,
17:53la société anglaise
17:54et qu'il faut absolument
17:56réussir à maîtriser.
17:58Il faut que les victimes
17:59viennent dire
18:00tout ce qu'elles ont subi,
18:01il faut qu'elles dénoncent
18:02tous ceux
18:03et toutes celles
18:04parce qu'il y a aussi
18:04des femmes
18:05qui ont servi
18:06le système Epstein,
18:07pas seulement des hommes
18:09et il faut enfin comprendre
18:10l'ampleur du dispositif.
18:12Vous révélez régulièrement
18:13ce qu'est la pédocriminalité
18:14dans le système scolaire,
18:16ce n'est pas une révélation,
18:17c'est une explosion.
18:18Le système Epstein,
18:19c'est la même chose.
18:20Et ça veut dire,
18:20Alain Bauer,
18:21que le système Epstein
18:22perdure à l'heure
18:23où on se parle ?
18:24Bien sûr.
18:24Vous et moi ce matin ?
18:25Oui.
18:26Oui ?
18:26Vous avez regardé
18:27les découvertes que vous faites,
18:28moi j'écoute Romain Desarbres
18:29le matin de manière
18:31assez régulière,
18:32quand il révèle
18:33des cas d'agression,
18:34de pédocriminalité,
18:35d'agression sexuelle,
18:37etc.
18:38Et je rends hommage
18:38à ce travail vraiment
18:40d'éclairage
18:41et d'information,
18:42et bien on voit
18:43à quel point
18:43il y a une répétition générale.
18:46Regardez l'affaire Pellicot.
18:48L'affaire Pellicot
18:48a permis de révéler
18:49des dizaines d'affaires Pellicot
18:50un peu partout
18:51parce que personne
18:52ne s'était rendu compte
18:53de ce qu'était
18:53la domination chimique,
18:55la soumission chimique.
18:56Cette question-là,
18:56elle est au cœur
18:57de la reconstruction
18:58d'une identité
19:00véritablement citoyenne
19:01pour les femmes
19:02et les mineurs,
19:03garçons et filles,
19:04car il y a beaucoup
19:04d'agression
19:05et de pédocriminalité
19:06sur les garçons
19:07qui est encore moins révélé
19:08par la honte,
19:09l'horreur
19:09ou le fait que
19:10notre système
19:11d'autoprotection
19:12psychologique
19:13nous interdit
19:14d'y repenser
19:15et puis tout d'un coup
19:15ça explose.
19:16Eh bien ça,
19:17c'est le moment
19:17de prendre à bras le corps
19:19cette question
19:19et de se donner
19:20les outils
19:21pour comprendre
19:22ce que c'est
19:22et c'est ce qu'on essaye
19:23de révéler
19:23car au début de cette affaire
19:24je fais même
19:24une analyse criminologique
19:26de comment ça marche
19:27un système
19:28de prédation criminelle
19:29et comment ça marche
19:30d'être à la fois
19:31en situation
19:31de raquettes,
19:33de transmission
19:33de renseignements,
19:34de conflits d'intérêts,
19:36de rendre des services
19:37à tout le monde
19:37pour à la fin
19:38ne vivre que dans
19:39une forme de perversion
19:41sexuelle
19:42comme outil
19:42de rémunération
19:43de ces activités
19:44en plus de ce qu'ils faisaient
19:46payer aux uns aux autres
19:47puisque c'est aussi
19:47un immense escroc.
19:48Merci beaucoup Alain Bauer
19:50La vérité sur le système
19:51Epstein
19:51c'est chez First Edition.
19:53Merci d'être venu ce matin
19:54sur CNews et sur Europe 1.
19:56Bonne journée à vous.
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