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Avec Agnes Buzyn, Ancienne Ministre des Solidarités et de la Santé. Présidente de l’Institut Evidences, Caroline Pautard, Fondatrice de Blueback, Florent Surugue, Directeur du développement économique du SNITEM

Retrouvez Le Numérique pour tous avec Vanessa Perez tous les dimanches à 16h30 sur #SudRadio.
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##LE_NUMERIQUE_POUR_TOUS-2026-05-31##

Catégorie

🤖
Technologie
Transcription
00:00Sud Radio, le numérique pour tous, Vanessa Pérez.
00:03Bonjour et bienvenue dans le numérique pour tous, l'émission qui décrypte les grandes révolutions technologiques sans jamais perdre de
00:09vue, l'humain.
00:11Savez-vous quel est le point commun entre un appareil auditif, des lentilles de contact ou une montre connectée ?
00:16Eh bien il s'agit de ce que l'on appelle des dispositifs médicaux en santé, des concentrés d'innovation
00:21numérique au service de notre quotidien.
00:23Mais cette révolution soulève aussi de nombreuses questions, jusqu'où le numérique peut réellement améliorer le quotidien des patients et
00:30des soignants ?
00:30Qui peut financer aujourd'hui l'innovation en santé ? Et peut-on prétendre à une véritable souveraineté en temps
00:36de crise ?
00:36C'est ce que nous essaierons de comprendre avec nos invités.
00:39Le numérique pour tous spécial, l'innovation en santé, une émission réalisée en partenariat avec le SNITEM, le syndicat des
00:45entreprises du dispositif médical.
00:47C'est tout de suite et c'est sur Sud Radio.
00:49Sud Radio, le numérique pour tous, Vanessa Pérez.
00:52Et pour commencer cette émission spéciale sur les innovations dans le domaine de la santé, nous avons le plaisir de
00:58recevoir une personnalité qui connaît parfaitement ses enjeux.
01:02Ancienne ministre des Solidarités et de la Santé, médecin, hématologue et présidente de l'Institut Évidence.
01:07Elle est au cœur des grandes transformations du monde médical.
01:10Et aujourd'hui sur le plateau du numérique pour tous, nous avons le plaisir de recevoir Madame Agnès Buzyn.
01:15Bonjour.
01:16Bonjour Agnès, donc ravie de vous avoir.
01:18Et aujourd'hui, bien évidemment, comme on l'a dit, on va parler d'innovation en santé.
01:21Alors une question avant de commencer, que tout le monde se pose et en tant que droit de se poser.
01:24Dans un contexte où l'hôpital n'est pas forcément en bonne santé, est-ce qu'on a encore les
01:29moyens de s'offrir de l'innovation en santé en France ?
01:32Déjà la situation actuelle est assez rassurante.
01:36Elle doit être rassurante pour les Français.
01:38Aujourd'hui, la France est capable et a toujours financé les innovations qui apportaient un bénéfice aux malades.
01:46On a un système de solidarité qui s'appelle la sécurité sociale, l'assurance maladie, qui rembourse tout ce qui
01:53est prouvé comme étant utile.
01:56Et cette évaluation de l'utilité, elle est faite par une autorité qu'on appelle la Haute Autorité de Santé.
02:02Si la Haute Autorité de Santé estime qu'un dispositif médical ou un médicament va apporter un bénéfice à une
02:09maladie ou à un citoyen dans sa santé,
02:13il sera remboursé par la Sécurité sociale.
02:15La question c'est, combien de temps sommes-nous encore capables de financer cela ?
02:20C'est la grande question.
02:21Alors on a le sentiment, enfin on va dire que ces innovations sont le fruit de start-up,
02:24mais on a le sentiment qu'il y a un peu une injonction contradictoire parce qu'une start-up, elle
02:27doit vendre pour survivre et faire tourner l'économie.
02:29Et paradoxalement, on a un système de santé qui est quand même obligé de rationaliser un peu les coûts et
02:34qui ne peut pas tout financer.
02:35Comment on gère cette équation ?
02:37Alors il y a une procédure qui est l'évaluation du produit par la Haute Autorité de Santé qui est
02:42une sécurité pour les Français qui montre que leur argent est bien utilisé
02:46parce que l'argent de la Sécurité sociale c'est le nôtre, c'est le fruit de nos impôts, de
02:49nos cotisations sociales, de la CSG.
02:52Et donc quand la Sécurité sociale accepte de rembourser, c'est qu'il faut la preuve de l'utilité.
02:57Le problème des start-up, c'est qu'elles n'ont pas des financements énormes, pas des levées de fonds
03:03très faciles, notamment en France.
03:05Et donc elles vont essayer d'obtenir un remboursement ou d'être achetées par un hôpital ou par des médecins
03:12avant leur évaluation par la Haute Autorité de Santé.
03:16Et c'est là où il y a des injonctions contradictoires.
03:19C'est que ces start-up pour survivre, elles ont besoin de montrer qu'elles sont sur le marché français.
03:24Or le marché français, il est très exigeant et il nécessite cette évaluation préalable.
03:29Mais j'ai envie de vous demander, comment on évalue réellement l'utilité d'un dispositif ?
03:32On fait des calculs pour savoir si ça rallonge la vie, ça coûte moins cher à la Sécurité sociale ?
03:38Expliquez-nous un petit peu tout ça.
03:39Alors la première chose, c'est une efficacité médicale.
03:42C'est-à-dire que ça doit soit rallonger la vie, soit réduire des effets secondaires de traitement, soit améliorer
03:49la prévention de rechutes de cancers.
03:51Par exemple, il y a plein de façons d'évaluer l'utilité médicale et c'est ce qui coûte cher
03:56parce qu'en réalité, pour prouver qu'on apporte vraiment du mieux aux patients,
04:02il faut faire ce qu'on appelle des essais randomisés, des études cliniques où on va tester le dispositif par
04:08rapport à ce qui existe déjà.
04:10Et donc on va comparer des gens qui vont accéder au dispositif par rapport à des gens qui ont le
04:15traitement standard.
04:17Et les start-up doivent dans ce cas débourser beaucoup d'argent pour réaliser ces essais cliniques.
04:23C'est cet argent-là qui manque.
04:24Et c'est cette période-là et cette étape-là qui est la plus compliquée pour la plupart des start
04:29-up.
04:29J'ai envie de vous demander, on pourrait réfléchir autrement et se dire, on va davantage investir dans la prévention
04:34en France.
04:34Et paradoxalement, ce n'est pas forcément la culture dans notre pays, contrairement à d'autres pays européens.
04:39Oui, alors la prévention, je dirais que c'est comme la médecine.
04:43Il y a des choses qui fonctionnent et des choses qui ne fonctionnent pas.
04:45Et même en prévention, nous avons des dispositifs médicaux, par exemple, qui assurent le suivi par des objets connectés,
04:53de personnes qui ont de l'hypertension artérielle ou qui ont des facteurs de risque particuliers.
04:59Et c'est de la prévention, ce qu'on appelle la prévention secondaire ou tertiaire.
05:03Mais ça nécessite, comme tout le reste, une évaluation scientifique.
05:07Il y a de la bonne prévention et il y a de la prévention qui est intuitive et qui n
05:10'est pas forcément utile aux patients.
05:12Donc même en prévention, nous avons besoin d'évaluer ce que nous faisons et notamment parce que tout coûte cher,
05:18dans la santé tout coûte cher et que nous dépensons déjà énormément d'argent pour la santé.
05:23Je préfère rappeler quand même que nous sommes le troisième pays en termes de dépenses de santé au monde.
05:28Donc on ne peut pas dire qu'on fasse particulièrement des économies sur la santé,
05:32en tous les cas comparées aux autres pays du même statut.
05:37Les citoyens et sûrement nos auditeurs ont dû le remarquer.
05:39Aujourd'hui, il y a certains professionnels de santé qui prescrivent des applications,
05:43on appelle ça des thérapies numériques, pour accompagner de mois en mois le soin des patients.
05:50Est-ce que ça, c'est quelque chose qui, à terme, va pouvoir être remboursé ?
05:53Est-ce qu'on peut mesurer l'efficacité clinique, comme vous le dites, de ces dispositifs ?
05:57Alors, oui, oui, mais encore faut-il s'en donner les moyens.
06:02Et c'est le problème de la plupart des start-up ou de ce qu'on appelle la medtech,
06:06c'est-à-dire toutes ces technologies au service de la santé.
06:09C'est que souvent, ce sont des dispositifs qui sont pensés par des ingénieurs
06:12ou des applications qui sont pensées par des ingénieurs
06:15et qui, parfois, ne prennent pas suffisamment en compte les pratiques actuelles des professionnels.
06:22Donc, si je pouvais donner un conseil à toutes les start-up
06:25et à tous ceux qui veulent s'engager, ces investisseurs ou ingénieurs qui s'engagent,
06:33tout de suite, dès que vous avez une idée, allez la tester auprès de professionnels de la santé
06:38pour voir si elle a vraiment une utilité en clinique.
06:41Et oui, il y a de plus en plus d'applications qui permettent un suivi à distance des malades.
06:46Ça transforme aujourd'hui le pronostic d'un certain nombre de maladies
06:50qu'on est capable, notamment, de détecter, en tous les cas,
06:54de détecter des aggravations grâce à des applications et à des objets connectés
06:58qui peuvent être suivis par les médecins traitants.
07:01Alors, justement, vous connaissez bien les entrepreneurs dans le domaine de la santé.
07:04Vous en rencontrez beaucoup.
07:06Tous rêvent, à mon avis, de monter ce qu'on appelle une licorne,
07:09c'est-à-dire une start-up qui est valorisée à plus d'un milliard.
07:11Est-ce que c'est bien de le faire en France ?
07:13On a les moyens de le faire en France ?
07:14Ou alors, il faut plutôt penser européen,
07:16voire peut-être aller aux États-Unis pour avoir davantage de fonds ?
07:20Alors, on a un problème spécifique en France.
07:23Deux problèmes spécifiques.
07:24Le premier, c'est que nous avons beaucoup, aujourd'hui,
07:28de capacité d'investir au tout début
07:31lorsque un entrepreneur ou un chercheur a une bonne idée.
07:35Il y a notamment la Banque publique d'investissement, la BPI,
07:38et puis d'autres appels à projets qui permettent de lancer des idées.
07:42Le problème que nous avons, c'est un manque de liquidité
07:45et des investisseurs privés qui seraient capables de mettre plusieurs millions sur la table,
07:51justement pour passer à l'étape supplémentaire,
07:53une fois qu'on a la bonne idée que le produit est réalisé,
07:56de passer à cette étape d'études cliniques en vie réelle
08:00pour pouvoir tester vraiment l'utilité d'un produit.
08:04Cette étape-là, d'autres pays sont capables d'investir beaucoup plus dans leur start-up que la France.
08:09C'est ce qu'on appelle la vallée de la mort
08:11et c'est une véritable catastrophe pour notre pays.
08:14Nous avons très peu de liquidités et d'investissements privés.
08:17La deuxième particularité de notre pays,
08:20c'est que la coopération entre le secteur public et le secteur privé
08:25est très mal vue des Français.
08:27C'est considéré un peu comme se salir que de mélanger le privé et le public.
08:32Et donc les chercheurs académiques qui font des découvertes dans leurs laboratoires
08:36ont tendance à ne pas se mouiller
08:40ou ne pas oser devenir un entrepreneur, un créateur de start-up
08:44parce qu'ils ont peur du regard que les autres chercheurs poseraient sur eux
08:48parce qu'en France, ça ne se fait pas de faire de l'argent à partir de ces découvertes.
08:53On laisse à d'autres le soin de le faire.
08:56Ça n'est pas le cas dans beaucoup de pays.
08:57Dans beaucoup de pays, quand on est un chercheur académique reconnu,
09:01quand on dépose un brevet, on suit le développement de ce brevet.
09:04On monte ce qu'on appelle des spin-off de laboratoires, des start-up
09:08et on essaye de valoriser ce produit.
09:10Et c'est aussi reconnu par la communauté comme utile à la société.
09:15En France, ça n'est pas reconnu.
09:16Et l'écosystème de la recherche, et notamment dans le milieu académique des universités,
09:21voit d'un assez mauvais oeil ceux qui entreprennent.
09:24Et ça, je pense que culturellement, il va falloir qu'on change notre logiciel.
09:28C'était bon et nécessaire de le rappeler.
09:30Deux fois trente secondes pour conclure.
09:31Donc le 9 juin prochain se tiendra un événement majeur, justement,
09:34dans le monde de la santé et du numérique.
09:37Et Florent nous en parlera dans la deuxième partie de cette émission.
09:39Pourquoi ce type d'événement, qui réunit justement tout cet écosystème,
09:43est fondamental pour apporter une réponse, notamment à ce que vous venez d'évoquer ?
09:47Alors, c'est fondamental pour que les gens se rencontrent,
09:49pour que les investisseurs potentiels qui repèrent une bonne idée,
09:53aident ces chercheurs, ceux qui déposent des brevets, ces start-upers,
09:57à passer les différentes étapes de développement du produit.
10:01Ça ne se fait pas en un jour, c'est long.
10:03Et ces écosystèmes doivent se rencontrer.
10:06Et ces événements, justement, permettent, je pense,
10:10des vraies coopérations, des vraies collaborations,
10:13qui sont indispensables dans les deux sens.
10:16Je dirais que les chercheurs doivent se rapprocher
10:18du milieu financier et des entrepreneurs.
10:22Et à l'inverse, les entrepreneurs, quand ils ont des bonnes idées,
10:25notamment dans le monde des ingénieurs,
10:27ont besoin de se rapprocher très très vite du monde de la santé
10:30pour ne pas avoir une idée qui resterait sur le carreau
10:33parce qu'en fait, elle n'est pas adaptée à la pratique au quotidien.
10:36Comme ça, c'est beaucoup en Europe.
10:37Merci beaucoup, Madame la Ministre, de nous avoir éclairé sur ces enjeux essentiels.
10:41Restez avec nous, on marque une courte pause.
10:42Et dans un instant, nous vous ferons découvrir
10:44comment l'innovation fait bouger les lignes dans notre vie au quotidien.
10:48Le numérique pour tous spécial Innovation en santé,
10:50ça continue dans quelques instants.
10:51et c'est sur Sud Radio.
10:55Et pour continuer cette émission spéciale consacrée à l'innovation en santé,
10:59nous recevons désormais une actrice de terrain de ces transformations
11:02puisqu'elle a créé avec ses équipes un dispositif médical innovant
11:06pour accompagner la rééducation périnéale.
11:09Caroline Potard, bonjour.
11:11Vous êtes cofondatrice de Blueback sur le plateau du numérique pour tous.
11:14Aujourd'hui, nous avons le plaisir de vous recevoir.
11:16Alors, on va commencer très concrètement et très visuellement
11:19pour permettre à nos auditeurs et auditrices de savoir de quoi il s'agit.
11:22Blueback, c'est quoi exactement ?
11:23Alors, Blueback, c'est une entreprise bretonne qui existe depuis déjà 8 ans.
11:28Et on fait des dispositifs médicaux principalement pour la rééducation des muscles profonds.
11:32Et justement, on travaille sur le périnée, comme vous l'avez indiqué.
11:35Donc, on est sur le développement d'un dispositif pour la rééducation du périnée
11:40qui rendent justement visible ce que l'on fait quand on travaille son périnée.
11:44Ce qui n'est pas évident.
11:45Donc, c'est pour les mamans, mais c'est aussi pour les messieurs ?
11:47C'est pour tout le monde.
11:49Le périnée, on va le travailler dans pas mal de cas,
11:51en particulier en cas d'incontinence urinaire.
11:54Et l'incontinence urinaire, aujourd'hui, c'est une personne sur trois.
11:57Une personne sur trois.
11:58Donc, les hommes, les femmes et aussi les jeunes.
12:00Les jeunes sportives, les jeunes filles, malheureusement.
12:04Vous êtes entrepreneuse.
12:06Et derrière chaque entrepreneur, généralement, il y a une belle histoire.
12:09La vôtre, en quelques secondes ?
12:11Beaucoup de problèmes de dos dans la jeunesse.
12:13Donc, beaucoup de passages chez des kinésithérapeutes.
12:16Et il y en a une qui m'a débloqué la situation
12:18avec un muscle profond particulier au niveau des abdos.
12:21C'était ma grande sœur, ça tombait bien.
12:23Elle m'a dit, trouve-moi une solution pour que ça marche mieux avec ce muscle-là.
12:26Le muscle transverse abdominal.
12:28Parce que toi, en tant qu'ingénieur, docteur en physique,
12:31tu dois pouvoir trouver une solution.
12:33Je m'y suis penchée avec mon mari.
12:36Vrai aventure familiale.
12:37Ministère de famille, oui.
12:37Et puis, on s'est lancé.
12:39Aujourd'hui, vous êtes à un stade critique de votre start-up.
12:42C'est un peu ce qu'évoquait Agnès Buzyn dans la première partie.
12:45Vous avez vendu 20 000 dispositifs.
12:47Mais là, vous êtes à un momentum un peu critique.
12:49Expliquez-nous pourquoi.
12:50C'est ça.
12:51On a déjà deux dispositifs sur le marché.
12:52Et on est en train de développer le troisième,
12:54qui sera à destination du public.
12:56Nos deux premiers dispositifs sont pour les professionnels de santé.
12:59Et en fait, on a eu beaucoup d'aide
13:00pour les premières phases de développement.
13:03Mais là, effectivement, on est dans la preuve.
13:06Et puis, la croissance commerciale.
13:08Et c'est une phase qui est plus difficile à financer.
13:10Et ça veut dire quoi ?
13:10Vous avez levé des fonds ?
13:12Les fonds ne vous suivent pas forcément ?
13:14Vous avez du mal à justifier ?
13:15On a eu de la chance.
13:16On a déjà fait deux levées de fonds dans l'histoire de Blueback.
13:19Mais là, il nous en faudrait une troisième, en fait,
13:21pour vraiment passer ce cap-là.
13:23Et puis, soutenir aussi la croissance sur la commercialisation
13:26de nos deux dispositifs existants.
13:28Et là, vous vous dites peut-être que l'international serait plus facile
13:30parce qu'en fait, les marchés sont plus fluides.
13:32C'est nécessaire.
13:33Comme le disait aussi Agnès Buzyn, en fait,
13:35si on ne commercialise qu'en France,
13:36on touche une toute petite partie de notre marché
13:38qui est déjà, par essence, un marché de niche
13:41parce qu'on fait souvent un dispositif médical
13:42qui est bien ciblé, bien centré sur un besoin précis.
13:47Donc, c'est nécessaire pour nous d'aller à l'international.
13:50On aime bien se projeter dans le numérique pour tous.
13:53Dans cinq ans, vous imaginez comment,
13:54une fois que vous aurez passé tous ces affres, on va dire,
13:57d'administratifs et procéduriers
13:59qui incombent au dispositif médical ?
14:01Dans cinq ans, on espère que nos dispositifs
14:04de rééducation du périnée sera utilisés
14:06dans tous les foyers, en prévention
14:08et en suivi de traitement
14:10pour tous les problèmes d'un continent urinaire.
14:12Merci beaucoup, Caroline Potard, pour Blueback
14:14et pour clôturer cette émission spéciale
14:16consacrée à la santé et l'innovation.
14:18Un acteur clé de l'écosystème des technologies en France
14:21puisqu'il est directeur du développement économique du SNITEM.
14:24Il nous expliquera très concrètement ce qu'est le SNITEM
14:26et qui est dans vos vies au quotidien
14:28sur le plateau du numérique pour tous.
14:30Nous avons le plaisir de recevoir Florent Surig.
14:32Florent, bonjour.
14:33Alors, le SNITEM, cet acronyme un peu barbare
14:35mais que tout le monde devrait connaître, c'est quoi ?
14:37Bonjour Vanessa, merci pour l'invitation.
14:38Le SNITEM, vous l'avez dit en introduction,
14:41c'est l'association qui regroupe tous les fabricants
14:44de dispositifs médicaux en France.
14:46Alors, concrètement, un dispositif médical, qu'est-ce que c'est ?
14:49Ce sont des produits, des équipements
14:51qui vont permettre de guérir, de prévenir une maladie,
14:54de diagnostiquer, de compenser un handicap
14:56ou de faire un suivi des différents patients.
14:59Donc, si on donne quelques images, ce ne sera plus parlant.
15:01Oui, allons-y.
15:02Vous en connaissez forcément.
15:03Les lunettes, les pansements, les fauteuils roulants,
15:05des appareils d'imagerie comme les scanners ou IRM,
15:09une seringue, bref, tous les produits du quotidien
15:12qu'on va retrouver chez soi mais aussi à l'hôpital.
15:14C'est ça, les dispositifs médicaux.
15:17D'accord. Alors, Florent, on l'a évoqué aussi avec Agnès Buzyn,
15:19vous êtes à l'initiative de la 11e édition de la journée des start-up innovantes
15:23du dispositif médical.
15:25Cette journée, elle consiste en quoi, très concrètement ?
15:27Alors, concrètement, c'est un rassemblement majeur
15:30qui vise à mettre autour de la table tous les acteurs de l'écosystème
15:34du secteur des dispositifs médicaux,
15:36à commencer par les entrepreneurs qui développent des innovations,
15:40les chercheurs qui se posent la question, comme le disait Mme Buzyn,
15:44de comment je peux valoriser finalement mon prototype, mon innovation,
15:49des investisseurs et puis finalement tous les acteurs
15:52qui vont aider les start-up à grandir.
15:54Et donc, c'est un événement qui permet aux entrepreneurs
15:57de comprendre tous les pièges à éviter
15:59pour réussir à mettre sur le marché un dispositif médical
16:02et comment on passe finalement de l'idée à un produit
16:05qui est concrètement utilisé par les professionnels de santé.
16:07Florent, vous pouvez nous dire un peu en avant-première
16:09les grandes tendances des innovations au service des patients.
16:12On va être soigné avec quoi demain ?
16:13Alors, c'est une très bonne question.
16:15Le secteur du dispositif médical est un secteur qui innove en permanence.
16:18On est au carrefour de la mécanique, le textile, la métallurgie,
16:22l'informatique, l'électronique, l'intelligence artificielle.
16:25Bref, tous les domaines où ça innove,
16:28potentiellement appliqués au médical,
16:29on va retrouver de l'innovation en MedTech.
16:31Si on donne quelques exemples un peu plus parlants,
16:33ces dernières années, on a vu beaucoup, beaucoup de progrès
16:36dans le domaine de l'aide au diagnostic
16:38avec des logiciels qui permettent aujourd'hui maintenant
16:40de voir une tumeur sur une imagerie là où l'œil humain n'en est pas capable.
16:44On a d'ailleurs dans le concours start-up de cette année
16:47quelques exemples d'innovation avec trois start-up
16:50que j'ai souhaité citer, Rainpass AI.
16:53Dis-nous ce qu'elles font alors.
16:54Typiquement, cette start-up-là, elle va travailler sur l'analyse des cellules
16:59quand on fait une biopsie pour savoir combien il y a de cellules cancéreuses ou pas.
17:03Jusqu'à présent, on utilisait des réactions chimiques.
17:05Là, c'est un processus innovant qui allie optique et intelligence artificielle
17:09qui permet d'améliorer et d'accélérer le diagnostic.
17:12Une autre start-up qui sera présente, c'est Believer,
17:15qui elle vise à prédire la réponse d'une tumeur au traitement en avance de phase.
17:21Donc ça, c'est très intéressant aussi.
17:22Ou encore Oncelia, qui est une brassière connectée
17:25qui permet un dépistage précoce du cancer du sein.
17:28Donc plein d'innovations dans le diagnostic.
17:30Alors, il y a un mot qu'on entend partout dans toutes les émissions
17:33où il y a de l'entrepreneuriat, c'est le mot souveraineté.
17:34Quand je vous écoute, j'ai envie de me dire
17:36que toutes ces innovations, elles sont géniales.
17:38Mais si on a une grande crise sanitaire,
17:40est-ce que toutes ces entreprises sont suffisamment grandes
17:42pour que l'on soyons autonomes ?
17:43Ou alors, on va une fois de plus aller épuiser à l'international des solutions concrètes ?
17:47Donc, sommes-nous souverains ?
17:48Florent ?
17:49C'est une excellente question.
17:50En gros, notre priorité en tant que syndicat,
17:52elle est simple et en tant que citoyen,
17:54c'est de permettre aux Français ou aux patients français
17:57d'accéder le plus rapidement aux innovations
17:58qui peuvent améliorer leur prise en charge.
18:00Aujourd'hui, on a énormément d'innovations
18:02qui se développent sur le territoire.
18:03La France, comme le disait Madame Buzyn,
18:05est un territoire très propice à l'innovation.
18:08On a beaucoup d'atouts en termes de recherche,
18:10d'entrepreneurs de qualité, etc.
18:13Mais pour que ça fonctionne,
18:15il faut que les startups deviennent des entreprises viables,
18:17se développent.
18:18On l'a vu en temps de crise,
18:19si on n'a pas un tissu industriel fort
18:21et une localisation de la production
18:24ou des circuits d'approvisionnement,
18:26on peut être mis en tension en période de crise.
18:29Et donc, c'est essentiel de pouvoir faire grandir les startups
18:31pour s'assurer une certaine forme de sécurité sanitaire.
18:34Là, sur quel type de produit on est très fort en France ?
18:37Vous aimeriez dire s'il n'y a jamais une crise ?
18:38Alors, vous allez me dire, c'est une crise de quoi ?
18:40Mais en temps de crise, là, on serait fort sur quoi ?
18:42Alors, c'est une question difficile parce qu'effectivement,
18:44selon le type de crise, on n'aura pas les mêmes dispositifs médicaux
18:47qui vont être indispensables.
18:48Donc, globalement, on a des atouts dans plein de sous-secteurs,
18:51mais il serait illusoire de vouloir tout localiser.
18:53Donc, je pense qu'à un moment donné, il s'agira de faire des choix
18:56et de s'y tenir et de regarder quelques technologies
19:00qui nous semblent essentielles,
19:01sur lesquelles on doit mettre des efforts,
19:03et pas que en amont.
19:04Mais moi, j'aimerais entendre dans quoi on est bon, Florent ?
19:07En France, on a plein de qualités.
19:08On est bon dans l'imagerie,
19:10on est bon dans le soin et la cicatrisation,
19:12dans la prévention du handicap avec les aides techniques.
19:15On est bon dans la contention, dans le textile médical.
19:17C'est aussi un secteur historique.
19:19On est bon aussi dans l'IA.
19:21On a énormément de chercheurs qui apportent des technologies,
19:23mais la concurrence internationale est rude.
19:25Donc, il s'agira effectivement de faire des choix
19:28et d'accompagner les entreprises qui le méritent le mieux,
19:32avec une évaluation qui aura été faite au préalable.
19:35Pas que dans les phases de développement R&D,
19:37mais aussi dans les phases de commercialisation.
19:39Mais c'est important, en vous écoutant,
19:41de comprendre quelque chose de fondamental.
19:42Est-ce que l'innovation, c'est un coût ou c'est un investissement ?
19:45Comment on doit le prendre ?
19:46Justement, vous avez un peu répondu à la question.
19:49Il ne faut pas confondre l'innovation,
19:51justement, il ne faut pas prendre l'innovation comme un coût,
19:53mais justement comme un investissement,
19:54puisqu'on l'a vu, un dispositif médical, aujourd'hui,
19:56ça permet de raccourcir les délais de traitement,
20:01de sortir un patient plus rapidement de l'hôpital,
20:04ça permet d'optimiser le parcours de soins à l'hôpital,
20:07ça permet aux chirurgiens d'avoir un geste plus précis
20:12et d'éviter les complications.
20:13Bref, de faire des économies au système de santé dans son ensemble.
20:17Donc effectivement, acquérir une innovation
20:19pour un établissement de santé,
20:20parfois ça peut être vu comme un investissement facial important,
20:23mais sur le système de santé, sur le long terme,
20:26c'est un investissement qui permettra de faire des économies.
20:29Merci beaucoup Florence Urugue,
20:31et on va suivre avec attention cette onzième journée des start-up innovantes.
20:35Et parce que l'innovation en santé, c'est notre quotidien,
20:38je vous propose d'écouter la Minute Santé.
20:47Et si le numérique pouvait réellement simplifier la vie des personnes diabétiques au quotidien ?
20:51Eh bien aujourd'hui, ce n'est plus une promesse,
20:54c'est du concret, grâce à la pompe à insuline,
20:57un dispositif médical connecté.
20:59Alors comment ça marche ?
21:00On utilise un petit capteur placé directement sur la peau,
21:03il mesure la glycémie en continu jour et nuit,
21:06sans avoir besoin de se piquer à chaque fois.
21:08Ces données sont ensuite envoyées automatiquement vers un smartphone ou un lecteur dédié.
21:12Le système peut déclencher alors des alertes en cas de taux trop bas ou trop élevé.
21:22Et dans certains dispositifs plus avancés,
21:24la pompe à insuline est connectée au capteur.
21:26Elle ajuste la dose d'insuline en fonction des données mesurées.
21:30Alors concrètement, qu'est-ce que ça change pour le patient ?
21:32D'abord, beaucoup moins de gestes contraignants au quotidien.
21:35Ensuite, une meilleure visibilité sur son état en temps réel et surtout une charge mentale allégée.
21:41Le patient reste impliqué, mais il est désormais accompagné par un système
21:44qui surveille en continu son état de santé.
21:47Vous l'avez compris, le numérique assiste, sécurise et redonne aux patients
21:51plus de liberté dans sa vie de tous les jours.
21:54C'était la Minute Numérique et Santé avec le SNITEM,
21:57le syndicat des entreprises du dispositif médical.
22:00Le numérique pour tous, c'est fini pour aujourd'hui.
22:02Cette semaine encore, un grand merci à tous d'être de plus en plus nombreux
22:05à nous suivre sur les réseaux sociaux et à interagir.
22:07On adore lire vos commentaires.
22:09Il est temps pour moi de vous souhaiter une excellente fin de week-end
22:12et de vous dire à la semaine prochaine.
22:13Sous-titrage Société Radio-Canada
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