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00:23Alors, vous m'avez bien dit, jeune homme,
00:26qu'en fin mai de l'année 1636, vous êtes né à la chapelle Saint-Denis.
00:32Parfaitement.
00:33Vous avez donc 18 ans, et vous êtes de ces heureux mortels
00:37qui avaient vu le jour sous le merveilleux signe des gémeaux.
00:41Des gémeaux ?
00:41Oui, ils sont deux dans le ciel, à se regarder dans les yeux,
00:46à se tenir par la main, à se jouer mutuellement la comédie,
00:50en riant et criant à contre-temps.
00:52Ils ont des destins associés, et s'ils se font l'amique,
00:56c'est simplement pour s'amuser.
00:59Oui, mais je suis fils unique.
01:01Ah, la belle affaire.
01:03Vous êtes double, et vous vous regardez car vous êtes artiste.
01:08Non, je suis boulanger.
01:11On peut mettre autant d'art à fabriquer un pain
01:13que M. Corneille a troussé des verres,
01:17et, mon Dieu, si la pièce est un four...
01:20On est tous dans le pétrin !
01:24Je vous disais, donc, jeune homme, que vous êtes artiste,
01:28et dans un temps rapproché,
01:31je vous vois quitter la boulangerie pour la pâtisserie.
01:36Pour la pâtisserie ?
01:37Oui, oui, vous allez quitter le pain de ménage,
01:40et je vous vois qu'il nage dans les brioches,
01:45dans les tartes, dans les flancs, et dans les croissants.
01:48Et sur votre boutique, pour attirer le chaland,
01:52dans la rue Saint-Honoré,
01:54cette enseigne,
01:56Ragnol, le pâtissier !
01:58Mais vous connaissez donc mon nom ?
01:59Non, je ne connais pas votre nom,
02:01mais je connais l'avenir.
02:03Je vois votre renommée,
02:05et vous joindrez à vos talents
02:07celui de taquiner la muse,
02:09et vous passerez avec délices,
02:12des plaisirs du palais,
02:14à ceux de l'esprit.
02:15En nourrissant tous les poètes de Paris,
02:19et en mettant en verre
02:21vos meilleures recettes.
02:23Voilà ce que je vois.
02:25Tenez, venez voir vous-même,
02:26si vous ne me croyez pas.
02:28Venez voir.
02:29Oh, là, c'est une arme.
02:32J'ai mis une recette en verre.
02:35Ah !
02:35Ayons sévère !
02:37Cette brioche
02:38a mis son bonnet d'autre à verre.
02:41Ce pain d'épices
02:42suit le rimeur famélique,
02:44de ses yeux à l'amande
02:46aux sourcils d'Angélique.
02:49Nous écoutons.
02:50Le chou bave sa crème,
02:52il rit.
02:54Pour la première fois,
02:55la lire m'en nourrit.
02:57Une recette en verre.
02:59Tu déjeunes,
03:00tu dînes.
03:03Comment on fait
03:05les tartelettes j'amandées ?
03:08Ah !
03:09Bâté pour qu'il soit mousseux
03:12quelques œufs.
03:13Incorporez à leur mousse
03:15un jus de cédra soisie.
03:18Versez-y un bon lait
03:21d'amande douce.
03:22Mettez de la pâte à flanc
03:24dans le flanc
03:26de moules à tartelettes,
03:29d'un doigt presque
03:29à bricoter les côtés,
03:31verser goutte à gouttelettes
03:33votre mousse en s'épuie.
03:36Puis,
03:37que s'épuie,
03:39passe au four et blondine,
03:42sortant en guet troupe-lait,
03:45ce sont les
03:47tartelettes j'amandites.
03:49T'es mystérieux !
03:51Percé par ta voix,
03:54ne vois-tu pas
03:54comme ils s'empiffrent ?
03:56Je le vois sans regarder de peur
03:57que cela ne les trouble
03:58et dire ainsi mes vers
03:59me donnent un plaisir double
04:00puisque je satisfais
04:02un doux faible que j'ai
04:03tout en laissant manger
04:04ceux qui n'ont pas mangé.
04:06Toi,
04:07tu me plais.
04:08Oh,
04:09c'est étourdissant
04:10de se voir ainsi
04:10transporté dans les années à venir.
04:12N'est-ce pas ?
04:13Eh bien,
04:13vous en avez pour 20 pistoles,
04:15messieurs.
04:1510 pour le gémeaux pâtissier,
04:1810 pour le gémeaux poète.
04:20Et maintenant,
04:21la séance est terminée
04:22car je vois venir
04:24un autre natif des gémeaux
04:26qui joue avec les mots
04:27et qui a laissé
04:28dans l'espace lunaire
04:30son ombre,
04:31son double
04:32ou son frère.
04:33N'est-il pas vrai,
04:34monsieur de Cyrano ?
04:35Salut vieillard
04:36qui lit dans les étoiles
04:37la destinée des hommes.
04:39Ne vous inquiétez pas
04:40si notre ami est solennel.
04:41Il a passé la nuit
04:42en compagnie de Lamotte Levoyer,
04:44précepteur de monsieur,
04:45frère du roi Louis XIV.
04:46Il ne faut pas le laisser
04:47dans un monde si haut,
04:49si éthéré.
04:50Il est l'heure
04:51de sa chronique.
04:53La chronique,
04:54la chronique.
04:55D'ailleurs,
04:56quel démon vous pique ?
04:58Croyez-vous que je vais
04:58en parler en public
04:59des secrets de celui-ci
05:01ou des trésors de celui-là
05:02devant ces foules assemblées
05:03sur ce traiteau à tout vent
05:05en risque de nous accuser
05:06de calomniers
05:07ou de médires ?
05:09Allons.
05:15Et maintenant,
05:16êtes-vous content ?
05:18Ah,
05:18comme ça,
05:19c'est différent.
05:20Alors,
05:20monsieur de Bergerac,
05:22aujourd'hui,
05:23votre chronique,
05:24de qui va-t-elle nous parler ?
05:25Eh bien,
05:25ce soir,
05:26mes amis,
05:27je vous entretiendrai
05:28d'un personnage illustre
05:29qui s'appelait,
05:30lorsqu'il naquit,
05:31Jean Armand du Plessis.
05:32C'est de Richelieu
05:33qu'il s'agit.
05:34Voilà,
05:34c'est du cardinal
05:35de Richelieu en personne.
05:37Mais à l'époque
05:37qui nous occupe,
05:38il n'avait pas encore
05:38revêtu la pourpre cardinalise
05:40car nous sommes
05:41à sa naissance
05:43en septembre 1585.
05:45Je croyais que tu nous tenais
05:46la chronique
05:47des décembre du grand siècle.
05:49Oui,
05:49c'est en effet mon propos
05:50puisque le personnage
05:51qui nous occupe
05:52a achevé sa vie
05:53il y a 12 ans déjà,
05:54le 4 décembre 1642,
05:57j'espère,
05:57par cette date,
05:58échappé à vos critiques
05:59et pouvoir tranquillement
06:00poursuivre ma chronique.
06:01Mais qui l'est susceptible ?
06:03Les gens de son signe
06:05détestent à tort
06:06ou à raison
06:07qu'on les égratigne.
06:09Bon,
06:09alors,
06:10alors je continue ?
06:12Je vous laisse
06:13à l'aise disserter
06:14sur mon caractère
06:14et mes petits travers.
06:16Mais continue !
06:18Continuez !
06:19Bon,
06:19puisque vous insistez.
06:20Sachez,
06:21messieurs,
06:23que Jean-Armand du Plessis
06:26n'est pas né
06:27à Richelieu,
06:28mais à Paris,
06:29rue du Boulois,
06:31et qu'il fut baptisé
06:32à l'âge de 6 mois
06:33dans l'église Sainte-Estache
06:34portée par sa marraine
06:36Françoise de Rochechoir.
06:38Désirez-vous
06:39que grâce à mes miroirs
06:40ardents et magiques,
06:41je vous fasse voir
06:42un si bel événement ?
06:44Pourquoi pas ?
06:44Un baptême a toujours
06:45quelque chose d'émouvant.
06:46Un bébé qui vagit
06:47et que l'on asperse
06:48ne me paraît pas
06:49très palpitant.
06:49Il faudrait mieux
06:50de garder votre pouvoir
06:51pour plus tard.
06:52Comme vous voudrez.
06:53Oui, car la vie
06:54qui nous occupe
06:54est très longue
06:55et très mouvementée.
06:56Moi, j'ai lu
06:57dans un vieux grimoire
06:58qui traînait je ne sais où
06:59que l'enfance de Richelieu
07:01s'était écoulée en Poitou.
07:03Oui, oui,
07:04c'est seulement à l'âge
07:05de 9 ans
07:06qu'il revient à Paris.
07:08Ce pari-là,
07:10je peux vous le montrer.
07:13Regardez.
07:16C'est un pari
07:17en corps noir
07:17de la crasse du Moyen Âge.
07:19hérissé de murailles
07:21et de tours,
07:22un pari aux ruelles
07:23sombres et tortueuses,
07:25un pari aux ponts fragiles
07:27et surchargés,
07:28remplis de couvents,
07:29d'églises,
07:30de palais
07:31et de masures,
07:32un pari constamment inondé
07:34par une scène
07:35à fleurs de quai
07:36qui, lorsqu'elle se retirait,
07:39laissait une boue
07:40nausée abonde.
07:41partout grouillait
07:42une faune redoutable.
07:44Des éclopés,
07:45des mendiants,
07:46des spadassins,
07:47des malandrins
07:47et des prostituées
07:49harcelaient les passants
07:50et étaient prêts
07:51à tous les mauvais coups.
07:52Oui, c'est vrai.
07:53Et la célèbre cour
07:54des miracles
07:54était le résumé
07:55de tout cela.
07:57Elle servait de refuge
07:58à 6 ou 7 000 brigands
07:59qui entraient en campagne
08:00si tôt la nuit tombait.
08:02Il faut dire que depuis
08:03un demi-siècle,
08:04les choses ont bien changé,
08:05heureusement pour les Parisiens.
08:06Mais heureusement aussi
08:07pour les étudiants,
08:08surtout.
08:09Sais-tu quel était
08:10le régime de l'université?
08:13Levé à 4 heures du matin
08:16et travaille jusqu'à 8 heures du soir
08:18avec pour seul répit
08:19une messe et deux repas.
08:21Et tiens, les repas,
08:22parlons-en.
08:23Un demi-arand
08:25et un neuf
08:26ou un légume,
08:27un fromage.
08:29Voilà quel était
08:30l'ordinaire de Richelieu,
08:31sans oublier le fouet
08:32et la férule
08:32qui étaient alors
08:33distribués très généreusement.
08:35Ce sont des méthodes
08:35qui formaient les hommes.
08:36Moi, cela dépend du caractère.
08:39Celui de Richelieu
08:40était indomptable.
08:42Ça, ni châtiment,
08:43ni menace
08:44n'arrivaient à le ployer.
08:45Par contre,
08:45on pouvait le manœuvrer facilement
08:47en usant de promesses
08:48et de compliments.
08:49Ne le destinait-on pas
08:50à lui faire une carrière militaire?
08:52En effet.
08:54Mais son frère Alphonse,
08:56ayant abandonné
08:57l'évêché de Luçon
08:58pour rentrer chez les Chartreux,
09:00Armand,
09:00pour garder le bénéfice
09:02de cette charge
09:02à sa famille,
09:03dut lui aussi
09:04recevoir les ordres.
09:05Il fut sacré évêque
09:07à 22 ans
09:08par une dispense
09:08qu'il alla chercher
09:09lui-même à Rome,
09:10fit la conquête
09:11du pape Paul V
09:12et donna tous ses soins
09:14à sa charge
09:15de telle sorte
09:15qu'il prêcha
09:16deux carèmes
09:17avec grand succès.
09:18Mais que faites-vous donc?
09:19J'écoute la voix
09:20du pape Paul V.
09:22Mais qu'est-ce que ça vous apprend?
09:24Que sur son jeune abbé,
09:26il avait une double opinion.
09:27Tenez, écoutez la première.
09:30Il est juste
09:30que l'homme
09:31qui montre une sagesse
09:33au-dessus de son âge
09:34soit ordonné
09:35avant l'âge.
09:36Il tenait donc Richelieu
09:37en fière estime.
09:38Vous en seriez moins sûr
09:40si vous prêtez l'oreille
09:41à la seconde citation.
09:43Ce garçon
09:44sera un grand fourbe.
09:48C'est que ce pape averti
09:50avait déjà sous le prélat
09:52vu poindre l'homme politique.
09:53Eh oui, la politique,
09:55ce sera sa carrière.
09:56À quel moment
09:56va-t-il s'y engager?
09:57Vers l'âge de 29 ans.
09:59Il est élu député
10:01du clergé Poitvin
10:02par les États généraux
10:03de 1614.
10:04Oui.
10:05Et son succès
10:06sera rapide.
10:06Oh, très rapide.
10:07Dès l'année suivante,
10:09la régente Marie de Médicis
10:10le remarque,
10:11le prend pour aumônier
10:12et le fait entrer au conseil
10:14comme secrétaire d'État
10:15à la guerre
10:15avec précédence
10:16sur tous les autres.
10:17Je ne vois pas
10:18comment ces États de service
10:19vont permettre à Richelieu
10:20de passer du violet de l'évêque
10:22à la pourpre de cardinal.
10:24Mais ce sera
10:25la récompense de l'action
10:26qu'il va mener
10:28en empêchant Marie de Médicis
10:30d'entrer en révolte armée
10:32contre son fils Louis XIII.
10:35L'ayant convaincu,
10:37il va réussir
10:38à les réconcilier
10:39par le traité d'Angers
10:41et d'Angoulême.
10:42Mais une autre récompense
10:44sera sa nomination
10:46comme premier ministre
10:47et son entrée
10:48au conseil du roi
10:49en 1624.
10:51Savez-vous ce que l'on dira
10:52de Richelieu
10:53dans les siècles à venir ?
10:54Ah, mais nous n'avons
10:55ni votre science
10:56ni votre clairvoyance,
10:57alors ne nous faites pas languir.
10:58Eh bien, Richelieu apparaîtra
11:00comme le premier homme
11:01moderne politique.
11:03Avec lui est née
11:04cette force supérieure
11:06qui est la primauté de l'État
11:07et qui est restée inconnue
11:09jusqu'à la fin du XVIe siècle.
11:10Ah, ce sont en effet
11:12les quatre points
11:12de l'accent ministériel
11:13à laquelle Richelieu
11:14va consacrer le reste de sa vie.
11:16C'est sans doute
11:16ce qu'on appellera
11:17les quatre points cardinaux.
11:18Ça, c'est malin, Lebray.
11:20Tu n'as pas honte ?
11:21Au moment où nous brossons
11:22une grande page
11:23d'Histoire de France,
11:24M. Lebray fait des mots d'esprit.
11:25Quelle pitrerie !
11:26Tiens, puisqu'elle allait être ainsi,
11:28messieurs, je me retire.
11:28Moi, j'ai horreur de perdre mon temps.
11:29Alors, moi, Cyrano,
11:31voyons, voyons, voyons.
11:32Ça n'est pas une raison
11:33parce que votre ami Lebray
11:35n'a pas pu résister à la tentation
11:37que vous n'allez pas terminer
11:38votre chronique.
11:40Alors, quels sont-ils,
11:42ces quatre points du cardinal
11:44qui ne sont point
11:45les quatre points cardinaux ?
11:47Quels sont-ils ?
11:48C'est bien pour vous.
11:50Premièrement,
11:52ruiner le parti huguenot.
11:56Deuxièmement,
11:57ravaler l'orgueil des grands.
12:00Troisièmement,
12:00soutenir une grande guerre
12:02contre les ennemis puissants
12:04afin d'assurer par une bonne paix
12:07le repos pour l'avenir.
12:09Et quatrièmement,
12:10mettre l'État en opulence.
12:13Et toutes ces belles théories,
12:14pourra-t-il les mettre à l'épreuve ?
12:15Mais certainement,
12:16car il a le soutien du roi.
12:18Richelieu va commencer
12:20par en finir avec les ligueurs.
12:21Il va mettre le siège
12:22devant la Rochelle,
12:24la capitale protestante.
12:25Il l'emportera
12:26au bout de 14 mois.
12:29Rochelle se réfugie
12:30dans les Cévennes.
12:31Richelieu prend à l'aise
12:32et priva
12:34et contraint Rochelle
12:35à signer une paix
12:37qui met fin à l'existence
12:38des réformés
12:39en tant que parti politique.
12:40Voilà pour les huguenots
12:41et les ennemis puissants,
12:42mais pour les grands.
12:43Non, mais la même sévérité
12:44que pour tout le monde.
12:45Ça n'a pas de passe-droit.
12:46La loi est la loi.
12:46Un exemple, s'il te plaît.
12:48Un exemple.
12:48Tiens.
12:50Richelieu interdit les duels.
12:52Le comte de Montmorency-Bouteville
12:55vint en plein midi
12:57malgré les édits
12:58se battre place royale.
12:59Il est arrêté,
13:00jugé et exécuté.
13:01Ah !
13:02Et l'opulence, elle,
13:03on ne la fait pas venir
13:03à coup de hache.
13:04Mais si, si,
13:05c'est en portant le fer
13:07dans la fraude
13:08et dans la gabegie
13:09qu'entretenaient soigneusement
13:10les gouverneurs des provinces
13:11et pour leur profit
13:12que Richelieu,
13:13par une centralisation administrative
13:15et par l'institution
13:16du corps des intendants,
13:17réussit à ramener
13:18la prospérité.
13:19Et cette organisation centralisée
13:21ne l'a-t-il pas poussée
13:22jusqu'aux arts et aux lettres
13:23en fondant l'académie ?
13:24Oui, oui, oui.
13:26Je me suis souvent demandé
13:27si Richelieu
13:28ne s'était pas fait
13:29plus d'ennemis
13:30parmi les littérateurs
13:31qu'il a refusés
13:32à l'académie
13:33que parmi les grands seigneurs
13:34qu'il poursuivit
13:35de sa vindicte.
13:36Alors là,
13:37permettez-moi de vous dire
13:38que tout au long
13:38du pouvoir qu'il exerça,
13:40ce ne fut que machination,
13:44complot.
13:45Il les déjoua tous
13:46avec une adresse merveilleuse.
13:48Mais l'un d'eux
13:49eut un revirement
13:50si complet
13:51et si célèbre
13:52qu'on l'appela
13:53la journée des dupes.
13:54Pourtant,
13:55à la fin de sa vie...
13:56Ah, il y eut
13:57un dernier complot,
13:58celui de Saint-Marc,
13:59le courtisan,
14:00le favori de Louis XIII.
14:04Le roi
14:05et Richelieu,
14:07tous les deux
14:08mourants,
14:09eurent alors
14:10une conversation
14:12sur le crime
14:13et sur ses châtiments.
14:14Nous pouvons,
14:16si vous voulez,
14:17revivre ce moment
14:18grâce à mes instruments.
14:20Allons,
14:21cher astrologue,
14:22faites-nous remonter
14:23dans le temps.
14:24Et puisque pour le cardinal,
14:26ce seront les derniers instants,
14:29pour notre chronique,
14:30ce sera notre conclusion.
14:46Cardinal,
14:49si...
15:12vous allez mourir.
15:15Oui, sire.
15:17Et je vais mourir.
15:19Oui, sire.
15:22Croyez-vous...
15:25Croyez-vous qu'il faille ?
15:27Vous le savez,
15:28votre majesté me poserait
15:30cette question.
15:33Un homme qui va mourir
15:37incline à l'indulgence.
15:41J'ai trouvé des excuses
15:43à M. de Saint-Marc.
15:47Ah oui, n'est-ce pas ?
15:49Il est certain
15:50qu'il n'a jamais songé
15:53à se rebeller contre vous.
15:57C'est moi seul
15:58qui l'haïssait.
16:01C'est à moi seul
16:02qu'il en voulait.
16:09Vous l'excusez.
16:11Je vous explique
16:13comment vous pouvez
16:16lui garder
16:16toute votre amitié.
16:19Alors,
16:21on lui peut pardonner.
16:24On peut ne pas le faire périr.
16:27Non, sire.
16:31Mais...
16:32Et vous le savez
16:33aussi bien que moi.
16:39Oh, cardinal.
16:42Oui, sire.
16:45Nous allons mourir.
16:48Et il serait tentant
16:50de laisser vivre
16:51un enfant de 20 ans.
16:54Mais que deviendra
16:56le royaume ?
16:58Après nous,
17:02les nouveaux jardiniers
17:04auront bien du mal
17:06à tenir les terres
17:09en l'état
17:11où nous les laissons.
17:13Si nous n'arrachons pas
17:16nous-mêmes
17:18les mauvaises herbes,
17:21auront-ils la force
17:24de le faire ?
17:26Ne seront-ce pas
17:28les mauvaises herbes
17:30qui les étoufferont ?
17:36Vous avez raison,
17:37monsieur le cardinal.
17:41Vous avez toujours
17:42pour le faire
17:43c'est bon.
17:45C'est bon.
17:48C'est bon.
17:51C'est bon.
17:52C'est bon.
17:52C'est bon.
18:00C'est bon.
18:02...
18:32...
19:02...
19:05...
19:06...
19:07...
19:07...
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