- il y a 3 mois
Regardez « On refait le monde » avec Dr Guillaume Pourcher, chirurgien viscéral et digestif, Auteur du Livre L'obésité la maladie du siècle, ni une faute, ni une fatalité (éditions XO), Dr Sophie Bauer, présidente du syndicat des médecins libéraux, Mickaël, patient d'un essai clinique de Wegovy et Carrie Nooten, correspondante de RTL aux Etats-Unis.
Regardez On refait le monde avec Anne-Sophie Lapix du 28 mai 2026.
Regardez On refait le monde avec Anne-Sophie Lapix du 28 mai 2026.
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00:01Jusqu'à 20h, on refait le monde sur RTL, avec Anne-Sophie Lapix.
00:06Ils portent des noms plutôt exotiques, Wegovi, Mounjarro, ce sont les fameux traitements qui permettent de perdre du poids, beaucoup
00:13de poids.
00:14La ministre de la Santé a annoncé aujourd'hui qu'il pourrait être prescrit aux personnes obèses et même remboursé
00:19par la Sécu.
00:21Nous sommes le premier pays à le faire en Europe. Pourquoi ? Qui est concerné ? Combien ça va coûter
00:26?
00:26On va poser la question à nos invités dans Refait le Monde, le docteur Guillaume Pourchet, chirurgien viscéral et digestif,
00:33auteur du livre
00:34« L'obésité, la maladie du siècle, ni une faute, ni une fatalité », aux éditions XO. Bonsoir.
00:40Bonsoir.
00:41Et le docteur Sophie Bauer, présidente du syndicat des médecins libéraux. Bonsoir.
00:47Bonsoir.
00:48On refait le monde sur RTL.
01:00Vous avez peut-être reconnu la chanson de Mika, « Big Girls, you are beautiful », voilà, les femmes qui
01:06ont du poids, vous êtes belles aussi.
01:09Alors d'abord, il faut expliquer ce que sont ces fameux médicaments Wegovi et Mounjarro.
01:13Ce sont des GLP1, Glugaco, like peptide 1, pour être précis.
01:20Guillaume Pourchet, de quoi s'agit-il ?
01:23Alors, ce sont des nouveaux médicaments, mais qui sont utilisés depuis plus de 20 ans dans le diabète, avec des
01:29très bonnes efficacités.
01:30Ce sont des médicaments qui sont des analogues, comme des hormones, qui vont imiter des hormones naturelles,
01:36et qui vont permettre de coupes, ce sont des coupes fins, ils vont réguler notamment des sécrétions pancréatiques également,
01:44et le péristaltisme de l'intestin.
01:46Donc, c'est des médicaments qu'on connaît maintenant depuis plusieurs années, et qui ont des efficacités dans la maladie
01:53-obésité.
01:54C'est la même chose que l'Ozampic, dont on avait entendu parler il y a quelques années,
01:58qui est un médicament, pour les diabétiques, je crois, qui avait été détourné pour les personnes qui voulaient maigrir.
02:03Exactement, c'est vrai que l'engouement sous ce médicament, parce que l'obésité, la maladie-obésité,
02:09elle est omniprésente quasiment aujourd'hui, 20%, 18-20% de la population en France,
02:15est touchée par cette problématique qui est majeure, parce qu'elle réduit l'espérance de vie.
02:20Et ça, il faut le rappeler, c'est-à-dire que c'est une vraie maladie, une maladie chronique,
02:24une maladie qu'on va garder avec soi toute sa vie, même quand on maigrit,
02:28et qui est grave, parce qu'elle est reliée à une surmortalité.
02:32Et donc, grâce à ces médicaments, on peut avoir une efficacité.
02:35Mais là, ça va être un petit peu, je pense, toute la discussion.
02:38Il y a d'autres traitements qui sont connus depuis très longtemps,
02:41que sont la chirurgie pour les formes très graves et sévères,
02:44et qui restent beaucoup plus performants.
02:45Oui, c'est aussi ce que vous faites comme traitement contre l'obésité, on va en parler.
02:51Mais pour revenir à nos deux médicaments, Wegovi et Mounjarou,
02:55ce sont deux médicaments développés par deux groupes différents.
02:58le norvégien Novo Nordisk, qui a été le premier à développer ces médicaments-là,
03:02et l'autre, c'est un américain Elilili.
03:05Ça fonctionne comment ? Ce sont des injections ?
03:07Voilà, donc ce sont des médicaments qui étaient utilisés dans le diabète,
03:10comme on l'a dit, qu'on connaît bien, et on va les injecter.
03:13Alors, les nouveaux médicaments pour l'obésité, c'est une injection hebdomadaire.
03:17Une fois par semaine, on va injecter une dose.
03:19On monte progressivement en dose pour éviter des effets secondaires
03:24et permettre une meilleure efficacité.
03:27Donc, ce sont aussi des médicaments qui ont des risques.
03:30Donc ça, il faut le savoir.
03:32Et c'est pour ça que c'est une révolution positive,
03:35que de rembourser ces médicaments dans une maladie qui tue les personnes
03:38et qui a de nombreuses comorbidités.
03:41Mais c'est des médicaments qui doivent être aussi encadrés.
03:43Il faut que ce soit prescrit, suivi, évalué en amont par un bilan diététique notamment
03:50et multidisciplinaire.
03:51Et puis, suivi à long terme parce que ces médicaments qui font très bien maigrir,
03:55comme la chirurgie d'ailleurs, qui fait très bien maigrir,
03:57eh bien, on peut avoir des carences, on peut avoir des pertes de masse musculaire.
04:00Donc, il y a un enjeu multidisciplinaire.
04:03Docteur Sophie Wauer, qu'est-ce qu'il a de plus, selon vous, ce médicament ?
04:07C'est celui qui offre les meilleurs résultats ?
04:11Alors, c'est clairement un médicament qui joue à la fois sur l'insulino-sécrétion
04:17et c'est là-dessus qu'il était important dans le diabète.
04:20Mais ça joue aussi sur la vidange gastrique, en ralentissant la vidange gastrique.
04:24Ce qui fait que ça augmente la sensation de satiété
04:27et que le cerveau a beaucoup plus vite la notion qu'il n'y a plus de faim.
04:33Donc, ça permet vraiment une réduction de la prise alimentaire qui est importante.
04:37Et c'est pour ça, effectivement, qu'il faut un suivi.
04:39Et ça ne peut pas être le seul traitement.
04:43Il faut vraiment associer ça à de l'activité physique adaptée,
04:46à effectivement un suivi nutritionnel et diététique qui est important.
04:51Mais c'est comme ça que ça marche, en fait.
04:53On n'a plus envie de manger, en fait. On n'a plus faim.
04:56C'est ça, ça.
04:57D'une part, ça coupe l'appétit.
04:58D'autre part, ça modifie l'insulino-sécrétion.
05:01Et on sait que quand il y a trop d'insulino-sécrétion,
05:05il y a trop de stockage.
05:06Donc, ça module, en fait, l'insulino-sécrétion naturelle
05:09par une action directe au niveau du pancréas.
05:12Donc, ça diminue l'hyperglycémie post-repas, post-prandial.
05:17Oui, docteur Pau.
05:18On a aussi des effets qui sont bien décrits dans les compulsions alimentaires.
05:22Il semble même qu'avec des publications récentes sur l'alcoolisme,
05:26des effets.
05:27Donc, c'est-à-dire que c'est aussi un médicament qui va bloquer,
05:30d'une certaine manière, cette envie, ces fringales.
05:33Donc, ce sont des médicaments tout à fait intéressants
05:38pour ces pathologies.
05:39Et on maigrit à quel rythme ?
05:41On peut espérer perdre combien de kilos en un mois ?
05:45C'est un médicament qui est quand même assez rapide.
05:49Ça peut aller jusqu'à, en général, c'est 1, 2, 3 kilos par semaine.
05:54Donc, on peut avoir, dès le premier mois,
05:55on peut avoir une perte entre 4 et 8 kilos
05:58en fonction de la perte à avoir.
06:02Mais encore une fois, il faut que ce soit vraiment
06:03dans un cortège de mesures et pas isolé.
06:07Oui, c'est rapide, mais ce sont des pertes
06:11qui sont tout à fait gérées par le corps.
06:15Il faut savoir que tout le monde ne répond pas.
06:17Ça aussi, c'est important.
06:18Parfois, ça ne marche pas.
06:19Oui, tout à fait.
06:21C'est plutôt autour de 60% de réponses.
06:24Donc, ce n'est pas tout le monde.
06:26Il faut l'évaluer.
06:27On a des effets secondaires.
06:28Alors, quels sont ces effets secondaires, justement ?
06:30Alors, il y a un certain nombre d'effets secondaires.
06:32Les premiers sont des troubles digestifs,
06:35des nausées, des vomissements, des diarrhées,
06:37qui sont souvent acceptables.
06:40Mais, attention, il faut toujours arrêter le médicament
06:43quand ça devient vraiment invalidant au quotidien.
06:46Des effets plus graves et plus rares,
06:48comme des pancréatites et des problèmes de calcul
06:50au niveau de la vésicule biliaire.
06:52Donc, ça, c'est une douleur brutale.
06:53On prévient toujours ces patients de ces effets.
06:56D'autres effets, comme une sorte de blues,
07:01de déprime qui peut aussi se mettre en place.
07:03Il faut être vigilant et prévenir les patients.
07:05On a des effets qui ont fait beaucoup de bruit,
07:08notamment au niveau de la vue,
07:09avec des baisses d'acuité visuelle
07:11qui sont vraiment exceptionnelles.
07:13Vous faites peur, là.
07:14Voilà.
07:16Ce sont des médicaments qui sont prescrits
07:18depuis plus de 20 ans dans le diabète.
07:19Donc, on les connaît très bien.
07:22Le doliprane a des effets secondaires graves.
07:24On peut faire une hépatite fulminante avec le doliprane.
07:27Oui, il y a toujours des...
07:28Il ne faut pas non plus en avoir peur.
07:30Mais, il faut le faire avec des procénels
07:32qui connaissent bien et qui vous suivent
07:35et qui vous préparent accompagnés par,
07:38on l'a évoqué, l'activité physique,
07:40le suivi diététique et psychologique aussi.
07:42Sophie Bauer, en France,
07:44il est autorisé depuis assez peu de temps,
07:46ce médicament, depuis 2023.
07:48Jusqu'ici, comment on l'obtenait ?
07:50Il suffisait d'aller voir n'importe quel médecin ?
07:54Alors, non.
07:55Il a d'abord été prescrit uniquement par les spécialistes,
07:59en particulier dans le diabète et dans l'obésité, bien sûr.
08:03D'ailleurs, l'indication dans l'obésité est beaucoup plus récente en France.
08:07Et depuis maintenant un peu plus d'un an,
08:11il peut être prescrit aussi par les médecins généralistes,
08:14ce qui est bien parce que ça facilite évidemment l'accès aux soins des patients,
08:19puisqu'on sait qu'il y a aussi des difficultés pour l'accès aux spécialistes.
08:24Donc, c'est une bonne chose que les médecins généralistes puissent le prescrire.
08:28Il y a des critères de prescription qui sont très stricts et très clairs,
08:32en particulier évidemment l'indice de masse corporelle.
08:37Il y a eu un abaissement récent sur l'indice de masse corporelle,
08:39mais enfin, on a encore une exigence d'indice de masse corporelle supérieur à 30
08:44ou un indice de masse corporelle supérieur à 27,
08:47mais avec ce qu'on appelle des comorbidités.
08:49C'est-à-dire des effets graves sur l'organisme de ce surpoids.
08:55Pour donner une idée à nos auditeurs,
08:58effectivement, pour espérer avoir le remboursement de la Sécu,
09:01parce que c'est la nouveauté à partir de mi-juin,
09:0365% remboursés par la Sécu,
09:05il faut rentrer dans certains critères.
09:07C'est l'obésité massive.
09:09Alors, vous parliez d'indice corporelle,
09:11et c'est vrai qu'on ne connaît pas forcément son indice corporelle,
09:13mais pour donner une idée,
09:14si on mesure 1m60, c'est plus de 100 kg.
09:17Vous rentrez dans ce critère d'obésité massive.
09:20Pour 1m70, c'est plus de 115,
09:22et pour 1m80, c'est plus de 130 kg.
09:25Et ça concernerait plus d'un million de personnes,
09:28dans ce cas donc en France.
09:29Jusqu'ici, Dr Porchet,
09:31comment ont soigné ces personnes par la chirurgie ?
09:34Alors là, il y a un immense sujet de polémique.
09:37C'est-à-dire que, je l'ai évoqué,
09:38les médicaments ne font pas aussi bien
09:41que le traitement classique,
09:43qui est la prise en charge chirurgicale
09:45à indications équivalentes.
09:48Le remboursement, le projet de remboursement,
09:50il se retrouve en fait en compétition
09:52avec les indications chirurgicales.
09:54Et ça, c'est vraiment très dommage pour les patients,
09:57parce que le bon traitement validé par les publications,
10:00c'est plutôt une prise en charge chirurgicale.
10:04La chirurgie bariatrique, c'est très intrusif.
10:07Alors c'est vrai, c'est intrusif,
10:08mais ça sauve la vie.
10:10Les médicaments, ils n'ont pas fait la preuve
10:12de la réduction de la mortalité.
10:14Quand vous avez un indice de masse corporelle supérieure à 40,
10:18et ça, je voudrais appeler formellement,
10:21il faut calculer son indice de masse corporelle.
10:24Toute consultation médicale ou de soins
10:26doit faire cette...
10:27Parce que c'est un outil très simple.
10:29Le poids divisé par la taille,
10:31multiplié par elle-même.
10:32Et on a, en quelques secondes,
10:35sur Internet, surtout...
10:36...le poids divisé par la taille,
10:37au carré.
10:38Oui, c'est ça, au carré, voilà.
10:39Au carré.
10:40Donc, ça permet de calculer,
10:42de dépister cette maladie.
10:44Et c'est aujourd'hui un des enjeux,
10:46puisqu'on n'a malheureusement pas de campagne au dépistage.
10:49On a des recommandations,
10:50on a beaucoup de choses en France,
10:51et tant mieux, mais il manque.
10:53Donc, calculez votre IMC,
10:54et faites consulter une équipe spécialisée.
10:58Ces médicaments, malheureusement,
11:00aujourd'hui, peut-être pour des raisons économiques,
11:02sont mis en compétition avec le traitement de référence,
11:06alors que les indications qui nous paraissent favorables,
11:08ce sont celles qui ont été dites tout à l'heure
11:09pour des formes plus simples.
11:11On va continuer à en parler,
11:12on va essayer de comprendre ce qu'est être obèse,
11:14cette maladie qui culpabilise et qui exclut.
11:17Réponse juste après l'essentiel de l'info avec Charles Ducrot.
11:27Bonne soirée sur RTL.
11:34RTL, votre radio.
11:38Anne-Sophie Lapix.
11:39On refait le monde sur RTL.
11:41Il est 19h30, l'essentiel de l'info avec vous, Charles Ducrot.
11:4437,8 degrés à l'ombre.
11:47Température record absolue pour un mois de mai en France,
11:50dans les relevés de Météo France.
11:52La vigilance orange canicule concernera encore 14 départements.
11:55Demain, c'est trois de moins qu'aujourd'hui.
11:57La Manche, les Côtes d'Armor et le Finistère repassent en jaune.
12:00Un élève de 15 ans décédé ce matin
12:02après un accident de tronçonneuse dans son établissement à Montélimar.
12:05L'adolescent suivait une formation.
12:07Selon les premiers éléments de l'enquête,
12:08la tronçonneuse a rebondi,
12:10blessant les lèvres au niveau du cou.
12:11Les pompiers n'ont pas pu le sauver.
12:13Israël intensifie ses combats au Liban.
12:15Au moins 14 morts dans des frappes menées dans le sud du pays,
12:18dans la région de Tir.
12:19L'État hébreu assure avoir étendu sa zone de combat
12:21contre le Eskola pro-iranien,
12:23ce malgré un cessez-le-feu officiellement en vigueur
12:25depuis plus d'un mois.
12:27Le tennis, Roland-Garros.
12:28On retient la qualification du français Moïse Kouamé.
12:3017 ans, près de 5 heures de jeu.
12:32Et l'élimination du numéro 1 mondial Yannick Siner.
12:34On vous retrouve Isabelle Langer,
12:36la française Elsa Jacquemot sur le central.
12:38Oui, face à la numéro 1 mondiale,
12:41Arina Sabalenka,
12:42qui mène 7-5, 3 jeux à 1.
12:45Et elle a deux balles pour se détacher à 4 jeux à 1.
12:47Elle a bien résisté dans la première manche,
12:49Elsa Jacquemot.
12:50C'est compliqué dans le deuxième set.
12:51On rappelle aussi la qualification de Diane Paris,
12:55qualifiée pour le troisième tour.
12:56Elle a battu la tête de série numéro 30,
12:58l'américaine Lee 6-3, 6-4.
13:01Isabelle Langer, prochain point dans une demi-heure.
13:03Merci Charles, on vous retrouve à 20 heures.
13:06Anne-Sophie Lapix.
13:07On refait le monde jusqu'à 20 heures sur RTL.
13:11Si vous n'avez pas changé et pris en charge
13:13de façon très sérieuse et rigoureuse
13:14les choses qui vous ont amené à l'obésité,
13:16vous allez reprendre votre poids, c'est sûr et certain.
13:19Les études le montrent.
13:20Dès lors qu'on arrête le traitement,
13:21on reprend du poids.
13:22Donc il faudra se poser une question.
13:23Est-ce qu'on est prêt à avoir
13:24une, deux générations de Français
13:26qui sont sous traitement toute leur vie
13:28dans l'obésité ?
13:29Et on traitera l'obésité finalement
13:30comme l'hypertension, comme le diabète.
13:33C'était le docteur Jimmy Mohamed ce matin
13:36dans la matinale d'RTL.
13:38L'obésité est-elle le mal du siècle ?
13:41Un milliard d'êtres humains souffrent
13:42sur les huit qui habitent la planète.
13:44À ce rythme, si on ne fait rien,
13:45il pourrait être le double en 2030
13:47et même représenter la moitié de l'humanité
13:49en 2035.
13:51On prend la mesure du phénomène,
13:53on va essayer de comprendre
13:53comment on en est arrivé là aussi
13:55avec nos invités,
13:56le docteur Guillaume Pourchet,
13:57chirurgien viscéral et digestif,
13:59auteur du livre
13:59L'obésité et la maladie du siècle.
14:01Ni une faute, ni une fatalité.
14:03Et le docteur Sophie Bauer,
14:05présidente du syndicat
14:07des médecins libéraux.
14:09Alors je vous propose d'entendre
14:10d'abord le témoignage
14:12de Mickaël
14:13qui habite Nancy.
14:14Bonsoir Mickaël.
14:16Bonsoir à tous.
14:18Vous avez 41 ans
14:19et vous avez suivi
14:20un traitement au Wegovy.
14:22Vous étiez suivi
14:23au CHU de Nancy,
14:25c'est ça ?
14:26Oui, c'est bien ça,
14:27pendant trois ans.
14:28Pendant trois ans.
14:29Quel était votre poids ?
14:31Aux environ 150 kilos.
14:34Et combien de kilos
14:35avez-vous perdu
14:36durant ces trois années
14:37de traitement ?
14:38J'ai réussi à perdre
14:40jusqu'à 50 kilos
14:41et depuis l'arrêt du traitement,
14:43j'en ai repris une quinzaine.
14:44Ah oui,
14:45le traitement s'est arrêté quand ?
14:47Alors,
14:47c'est arrêté fin décembre
14:48avec l'arrêt du protocole,
14:50de prise en charge du protocole.
14:52Vous participiez en fait
14:53à l'étude sur le traitement
14:55au Wegovy.
14:57Mais qu'est-ce qui s'est passé
14:58alors depuis le mois de décembre ?
15:00Qu'est-ce que vous avez ressenti ?
15:02Comment se fait-il
15:02que vous ayez repris ces 15 kilos ?
15:05L'arrêt du traitement
15:06parce que financièrement,
15:07je ne pouvais pas
15:08me permettre de payer
15:09aux environs de 400 euros par mois.
15:12Et donc du coup,
15:12après vous reprenez
15:13pas de mauvaises habitudes alimentaires
15:15parce qu'on les conserve.
15:15Enfin, moi personnellement,
15:16je les ai conservées.
15:18Mais c'est la reprise du poids.
15:21Vous avez conservé
15:22vos mauvaises habitudes alimentaires,
15:23c'est ça que vous nous dites ?
15:25Quelques, certaines sont revenues.
15:27Mais sinon, j'ai conservé.
15:29Avant, je buvais énormément
15:30de boissons gazeuses.
15:31Depuis trois ans
15:32que j'ai été au Wegovy,
15:33je les ai totalement arrêtées.
15:35Et le sentiment de satiété,
15:38il a disparu
15:39dès lors que vous avez arrêté ce traitement ?
15:41Non, parce que j'arrive quand même
15:43à faire la différence
15:46entre la faim et la gourmandise.
15:49Le traitement va être remboursé
15:51à certaines conditions mi-juin.
15:54Est-ce que vous souhaiteriez le reprendre ?
15:56Oui, bien évidemment, oui.
15:58Merci beaucoup.
15:59Le côté financier,
16:01ça a été un frein.
16:04Merci beaucoup, Mickaël,
16:06pour ce témoignage.
16:08Ça ne vous surprend pas ?
16:09Dès qu'on arrête,
16:11ça repart ?
16:12Absolument pas.
16:13C'est très bien connu.
16:15C'est un médicament
16:16qui a un effet intrinsèque.
16:18Et donc, on le voit très bien
16:19chez ce patient
16:19qui a maintenu l'essentiel
16:21de ses bonnes habitudes
16:23qu'il avait corrigées.
16:25Et même en faisant bien,
16:26il a repris du poids.
16:27Donc, l'effet lié au médicament
16:29s'estompe tout de suite
16:31dès qu'on arrête.
16:32Donc, ce sont des médicaments...
16:32Qu'est-ce qui se passe
16:33quand on arrête très exactement ?
16:35La faim revient ?
16:37On se remet à manger comme avant ?
16:40En fait, ce médicament,
16:41il a un double tropisme.
16:43Il a un tropisme pancréatique digestif.
16:46Mais on pense qu'il y a aussi
16:46une action probablement
16:48directement au niveau cérébral
16:50par l'intermédiaire
16:51des neurotransmetteurs
16:54et des récepteurs.
16:55Et du coup,
16:57cet effet s'arrête
16:59dès que le médicament s'arrête.
17:01Ce qu'on ne sait pas, en fait,
17:02dans cette indication
17:03pour l'obésité,
17:05c'est si, au bout d'un long temps,
17:07on a finalement une modification
17:09de l'expression des gènes.
17:11Parce que tout cela est lié
17:13à des perturbateurs endocriniens,
17:15à des prédispositions génétiques
17:18qu'on peut avoir.
17:19Et donc, ce qu'on ne sait pas,
17:21c'est si, au bout d'un long temps
17:22de traitement,
17:24finalement, l'environnement
17:25a fait qu'on a un effet
17:27ce qu'on appelle épigénétique
17:28sur les gènes.
17:29Ça, on ne sait pas pour le moment.
17:30Ce qui est sûr,
17:31c'est qu'effectivement,
17:32ce qu'on a constaté,
17:33c'est que dès l'arrêt du médicament,
17:35soit les mauvaises habitudes reprennent,
17:37mais même quand elles ne reprennent
17:38pas complètement,
17:40il semble que l'effet direct
17:42sur les récepteurs
17:43ne se faisant plus,
17:44en particulier cet effet
17:45sur le pancréas,
17:46on a des hyperglycémies
17:47postprandiales
17:48qui se réinstallent.
17:49Et donc, on a du stockage
17:51qui se réinstalle.
17:53Michael, vous seriez prêt
17:54à prendre ce traitement à vie ?
17:58S'il n'y a pas le choix, oui.
18:00Pour vous, c'est...
18:01Ça a totalement changé ma vie
18:03de l'avoir.
18:04J'ai retrouvé du souffle.
18:06Ça a été...
18:08J'ai revécu, en fait.
18:10C'était revivre.
18:11Vous avez des comorbidités ?
18:16C'est-à-dire ?
18:17C'est-à-dire des maladies
18:19entraînées par ce problème
18:21d'obésité ?
18:23On a découvert que je faisais
18:24de l'apnée du sommeil,
18:25donc maintenant,
18:25je suis traité pour ça.
18:26Donc, ça va mieux.
18:30C'est une maladie,
18:32Guillaume Ponchet,
18:33Michael nous le disait,
18:34il a retrouvé la possibilité
18:36de faire du sport.
18:38C'est très handicapant
18:38et puis c'est aussi
18:39très stigmatisant.
18:41C'est terrible.
18:42C'est-à-dire que c'est,
18:44on l'a dit,
18:45une maladie qui touche
18:46énormément de personnes
18:47et qui n'est pas
18:48véritablement reconnue
18:48comme telle.
18:49Tout le monde croit
18:50qu'être obèse,
18:51c'est parce qu'on n'a pas
18:52de volonté,
18:53parce qu'on ne sait pas
18:54gérer l'alimentation,
18:55parce qu'on ne fait pas
18:56d'activité physique.
18:57Tout ça, c'est faux.
18:58Alors, qu'est-ce que c'est ?
18:59On a du mal à comprendre
19:00ce que c'est que l'obésité.
19:01Est-ce qu'on est
19:02avec une potentialité
19:04de devenir obèse ?
19:05Est-ce que c'est l'éducation ?
19:06C'est quoi, en fait ?
19:07Alors, le problème,
19:08c'est qu'on mélange tout.
19:09Comme toutes les maladies,
19:10et particulièrement
19:11les maladies chroniques,
19:12on a des causes
19:12et on a des facteurs aggravants.
19:14C'est très différent.
19:15Le facteur aggravant,
19:16ce n'est pas à cause de lui,
19:17mais il va aggraver la situation.
19:19Et les causes de l'obésité,
19:21elles ne sont pas
19:23parfaitement connues.
19:23On a encore beaucoup
19:24de recherches et de travaux.
19:26Mais il y a des causes génétiques
19:28et d'ordre épigénétiques.
19:29Donc, c'est-à-dire
19:30qu'on reçoit une tendance
19:31à la maladie, clairement.
19:33C'est même une tendance
19:33qu'on transmet.
19:34Ça, c'est des données
19:36dont on ne parle pas.
19:37L'augmentation de l'obésité,
19:38ce n'est pas l'augmentation
19:39de la malbouffe,
19:40même si elle va révéler plus.
19:41Mais elle est, à mon sens,
19:42surtout liée au fait
19:43qu'on n'a pas soigné
19:44cette population
19:45et qu'elle transmet
19:46à ses enfants
19:47avec des formes
19:47de plus en plus graves
19:48via des mécanismes
19:51intergénérationnels
19:51et épigénétiques.
19:52Et donc, plus on a
19:54de populations obèses,
19:54plus on a des enfants
19:55qui ont des formes
19:56de plus en plus graves.
19:57Et c'est pour ça
19:57que ça ne cesse d'augmenter
19:59et que les prospectives
20:00sont très alarmantes.
20:00Deuxième grande cause,
20:01c'est le dérèglement hormonaux.
20:03C'est global,
20:04on pourra en parler
20:05très longtemps.
20:05On a aussi le microbiote,
20:07les bactéries qu'on a en soi.
20:08Vous savez qu'on a
20:09plus de 150 fois plus
20:11de gènes bactériens
20:12dans son corps
20:12que de gènes humains.
20:13Ils sont beaucoup plus nombreux
20:14que nous-mêmes.
20:15Et ça, ça intervient
20:17sur notre physiologie.
20:18Et puis, la quatrième grande cause,
20:19c'est des causes
20:20plutôt d'ordre psychique
20:21et le traumatisme psychique
20:23qui, lui,
20:24n'est malheureusement
20:24pas traité
20:25ni par la chirurgie,
20:26contrairement aux trois premières
20:27et encore moins
20:28par les médicaments.
20:30La ministre de la Santé
20:31a estimé que le traitement
20:32par le remboursement
20:34de ces traitements
20:35par la Sécu
20:36allait coûter
20:37une centaine de millions.
20:39Est-ce que vous trouvez
20:39que c'est beaucoup,
20:40Sophie Bauer ?
20:41Quand on constate
20:42le prix actuel
20:43de l'obésité
20:43qu'on estime à peu près
20:45à 12 milliards
20:46par an en France...
20:47On dit 12,7 milliards
20:49en 2024.
20:51Tout à fait.
20:51Et ce sera sans doute
20:5215,4 milliards en 2030.
20:54Donc on dit 12 à 15
20:55si on veut.
20:57Et le coût augmente
20:58de 4,5% par an.
20:59Mais oui,
21:00par ce phénomène
21:01d'entraînement
21:01que vous expliquez
21:03mon confrère.
21:03C'est-à-dire que
21:04en fait,
21:05vous allez transmettre
21:06cette susceptibilité,
21:08voire carrément
21:09ces gènes
21:09entre guillemets
21:10de stockage.
21:11Et donc,
21:12vous avez une population
21:13de plus en plus obèse
21:14et donc ça coûte
21:15de plus en plus cher
21:16avec une explosion
21:17des maladies cardiovasculaires
21:19qui sont liées,
21:20des apnées du sommeil.
21:21Apnées du sommeil
21:22qui elles-mêmes
21:22sont génératrices
21:24encore plus
21:25de maladies cardiovasculaires.
21:26Donc on voit
21:26qu'on est dans
21:27un espèce de cercle
21:28d'entraînement
21:29qui fait que
21:30si on ne décide pas
21:31effectivement
21:32d'investir maintenant
21:34massivement
21:34sur le traitement
21:35de l'obésité
21:36et encore une fois
21:37c'est pas le seul.
21:38Il y a les mesures
21:39diététiques,
21:39il y a l'activité physique
21:41adaptée,
21:42il y a la chirurgie
21:42qui n'est pas forcément
21:44non plus
21:45pour tout le monde.
21:47J'avais vu une patiente
21:48qui allait acheter
21:50son hamburger
21:50qui se le mixait
21:52donc évidemment
21:55pour que ça passe
21:56si vous voulez.
21:57On va expliquer d'ailleurs
21:58là.
21:58Forcément là
21:59c'était moins efficace
22:00la chirurgie.
22:01Il faut qu'on explique
22:02ce que c'est
22:02la chirurgie bariatrique
22:04il y a deux choses
22:04la sleeve
22:05et le bypass
22:06c'est ça ?
22:07Ce sont les deux
22:07grandes techniques
22:08qui sont largement
22:09utilisées dans le monde.
22:10Ça consiste à...
22:11Alors donc
22:11le bypass
22:12c'est en fait
22:13comme son nom l'indique
22:14c'est un court-circuit
22:16c'est-à-dire qu'au lieu
22:16que les aliments
22:17passent dans l'estomac
22:19et dans le duodenum
22:20et dans l'intestin
22:21pour être digérés
22:22et bien on va raccourcir
22:23cette longueur
22:24et faire que l'alimentation
22:26va passer directement
22:27plus bas.
22:28Pour faire simple
22:29on raccourcit
22:29d'environ 2 mètres
22:30un intestin
22:31qui est estimé
22:31à environ 6 mètres.
22:33Donc on va empêcher
22:34la digestion
22:35d'une certaine manière
22:36aussi réduire
22:37les quantités
22:38qu'on peut manger.
22:39Donc ça c'est la technique
22:39un peu de référence
22:41la plus ancienne
22:42qui marche très bien
22:44mais une autre technique
22:45qui est née plus récemment
22:46et les français sont pionniers
22:47dans l'approche
22:48de cette technique-là
22:50qui est devenue
22:51la première procédure
22:52utilisée dans le monde
22:52à plus de 55%
22:54c'est la sleeve gastrectomie.
22:55Alors la sleeve gastrectomie
22:56c'est
22:57on va transformer
22:59l'estomac
22:59qui est une poche
23:00en un tube fin
23:02en enlevant
23:03la partie élastique
23:04et aussi
23:05c'est une partie
23:06on le sait
23:07on en parle souvent
23:07l'estomac
23:08c'est le deuxième cerveau
23:09on l'évoque comme ça
23:10et c'est vrai.
23:10C'est un organe très complexe
23:12qui est relié au cerveau
23:13qui est relié au pancréas
23:14qui va réguler la faim
23:15avec les hormones
23:16de la faim
23:17donc le fait
23:18d'enlever cette partie
23:19d'estomac
23:19qui est déréglée
23:20et bien ça a une efficacité
23:22tout à fait remarquable
23:24et ça en tant que chirurgien
23:25moi je trouve que
23:26et pour les patients
23:27qui sont en situation
23:28de souffrance
23:28il faut vraiment rappeler
23:30que ce n'est pas une faute
23:31qu'il faut sortir
23:32de ces idées reçues
23:34de tu manges mal
23:35tu manges trop
23:35tu manges le burger
23:36non
23:37c'est une vraie maladie
23:38un dérèglement biologique
23:39d'ordre génétique
23:40et il faut se faire soigner.
23:41Alors est-ce que l'obésité
23:42ça ne se combra pas aussi
23:44avant qu'elle n'apparaisse ?
23:45Comment prévenir l'obésité
23:46pour ne pas avoir à la soigner ?
23:47On en parle juste après la pause.
23:53Cette émission vous plaît ?
23:55Abonnez-vous au podcast
23:56sur l'appli RTL
23:59Anne-Sophie Lapix
24:01On refait le monde
24:02jusqu'à 20h sur RTL
24:05Je ne suis pas gros
24:07Je suis un peu engloqué
24:08Je ne suis pas gros
24:10Vous aurez sans doute reconnu
24:13Obélix
24:14Comment l'obésité
24:16est-elle devenue
24:17la maladie du siècle
24:18bien après Obélix ?
24:19Comment arrêter cette pandémie ?
24:21Le Wegovi et le Mounjarro
24:22ce sont des soutiens
24:23mais le mal est profond
24:25comment le combattre ?
24:26On en débat avec nos invités
24:27le docteur Guillaume Pourchet
24:28chirurgien viscéral et digestif
24:31auteur du livre
24:31L'obésité
24:32la maladie du siècle
24:33ni une fatalité
24:34aux éditions XO
24:36et le docteur Sophie Bauer
24:37qui est présidente
24:38du syndicat des médecins libéraux
24:40J'évoquais les chiffres
24:41de l'OMS
24:42plus d'un milliard d'obèses
24:44aujourd'hui
24:44alors il y a 650 millions d'adultes
24:46340 millions d'ados
24:4839 millions d'enfants
24:49ça pourrait être
24:51la moitié de l'humanité
24:52d'ici 2035
24:53à quel moment
24:55docteur Pourchet
24:56ça a dérapé ?
24:58C'est complexe
25:00c'est vrai que ça fait
25:01plus de 80 ans
25:02qu'on voit augmenter
25:03cette pathologie
25:05il y a probablement
25:08des phénomènes génétiques
25:10qui étaient là
25:10depuis toujours
25:13pour essayer de résumer
25:14mais tant mieux
25:16la famine
25:17recule
25:18c'est-à-dire qu'on a
25:18accès à l'alimentation
25:20certes
25:21très souvent
25:21malheureusement
25:22de mauvaise qualité
25:22mais c'est quand même
25:23un gain
25:24un progrès
25:25de l'humanité
25:25et ça révèle
25:27probablement
25:27cette pathologie
25:28qui est latente
25:29dans des populations
25:30qui ont souffert
25:31sur plusieurs générations
25:32donc il y a cet élément
25:34intergénérationnel
25:35qu'il faut prendre en compte
25:36par exemple
25:37au Mexique
25:38où c'est une population
25:39qui a vécu la famine
25:41à plus de 95%
25:42jusqu'à il y a 100 ans
25:43et ils sont rentrés
25:44dans le pire
25:45des modèles alimentaires
25:46qui puissent exister
25:47qui est le modèle américain
25:48et donc
25:49ils ont des taux d'obésité
25:50à 68%
25:52donc c'est
25:52au Brésil
25:55c'est dramatique
25:56donc toutes ces populations
25:57et ce n'est pas
25:58encore une fois
25:59la faute de la pauvreté
26:01ou la faute de l'ignorance
26:03c'est véritablement
26:04quelque chose
26:04qui est en eux
26:05un dérèglement
26:06une vraie maladie
26:06comme le diabète
26:07est une maladie
26:08et bien
26:09c'est pas parce qu'on a mangé du sucre
26:10quand on était petit
26:11qu'on est diabétique
26:12et bien
26:12quand on est obèse
26:14alors bien sûr
26:15il y a des stades
26:15de la maladie
26:16mais quand on est dans des stades
26:17très sévères
26:18et bien ce n'est pas de sa faute
26:19il faut se faire aider
26:20et se dépister
26:21alors vous parliez
26:22du modèle américain
26:23on va se rendre aux Etats-Unis
26:24où 6 personnes sur 10
26:25sont en surpoids
26:26ou obèses
26:27et on retrouve notre correspondante
26:28bonsoir Karine Auten
26:30bonsoir Anne-Sophie
26:31bonsoir à tous
26:31alors aux Etats-Unis
26:32on peut parler d'épidémie
26:34cette maladie
26:34a fait même baisser
26:36l'espérance de vie
26:37oui alors déjà
26:38on peut vraiment parler d'épidémie
26:39vous venez de le dire
26:406 Américains sur 10
26:41obèses ou en surpoids
26:42on dépasse largement
26:43la moitié de la population
26:44et on estime
26:45que d'ici 25 ans
26:47près de 260 millions
26:49d'Américains
26:49seront en surpoids
26:50ou obèses
26:51soit 80%
26:52de la population
26:52on voit de plus en plus
26:54d'enfants et d'ados
26:55avec un surpoids important
26:56ce qui était beaucoup plus rare
26:57il y a 30 ans
26:58le choix désastreux
26:59des cantines
26:59n'y est pas pour rien
27:01il y a un fort gradient
27:02social aussi
27:03plus on est pauvre
27:04plus le risque d'obésité
27:05augmente
27:06notamment dans certains quartiers
27:07où trouver des produits
27:08frais
27:08abordables
27:09et bien c'est très rare
27:10c'est surtout
27:11des produits ultra transformés
27:12bien moins chers
27:13qu'on trouve dans les super-aides
27:14de ces quartiers-là
27:15tout se traduit en années de vie
27:17vous avez raison
27:17en années de vie perdues
27:19chez une personne
27:19en surpoids
27:20c'est un an d'espérance
27:21de vie en moins
27:21une personne modérément
27:22obèse 3 ans
27:23et très obèse
27:25ça peut être
27:25jusqu'à 10 ans
27:26de vie en moins
27:27les Américains ont aussi
27:28été les premiers
27:29à utiliser le GLP-1
27:31alors c'était pas
27:32le Mounjarro
27:32ou l'Oégovi
27:33c'était l'Ozampic
27:34qui avait été détourné
27:35de sa destination
27:37des diabétiques
27:38aujourd'hui
27:38combien d'Américains
27:39prennent ce traitement ?
27:42alors on estime
27:42qu'entre 15 et 30 millions
27:45d'Américains
27:45prennent un médicament
27:46de cette gamme
27:46c'est 6 à 10%
27:47de la population
27:48tout de même
27:49ça dépasse donc
27:50largement
27:51les patients diabétiques
27:52pour qui le GLP-1
27:53fait partie
27:54d'un traitement médical
27:56nombreux sont ceux
27:57à l'utiliser
27:57que pour maigrir
27:58c'est un vrai phénomène
28:00deux sociétés ici
28:01les stars en parlent
28:02les enfants de la pub
28:03sont complexes
28:03comme Serena Williams
28:04qui s'affiche
28:05en 4x3 dans tout New York
28:07et même Elon Musk
28:08il a avoué
28:09à un internaute
28:09qui lui demandait
28:10sur X
28:10le secret de sa nouvelle
28:11silhouette élancée
28:12qu'il faisait
28:13du jeûne intermittent
28:14mais qu'il prenait
28:15aussi un médicament
28:17GLP-1
28:18à base de semaglutide
28:19et il a carrément
28:20déclaré
28:21il y a deux ans
28:22que rien ne ferait plus
28:23pour améliorer la santé
28:24la durée de vie
28:25et la qualité de vie
28:26des Américains
28:26que de rendre
28:27les inhibiteurs
28:28du GLP-1
28:29extrêmement bon marché
28:31une sorte de révolution
28:32médicamenteuse
28:33contre l'obésité
28:34en somme
28:34et pourtant c'est très cher
28:35aux Etats-Unis
28:36c'est plus cher
28:36extrêmement coûteux
28:37extrêmement coûteux
28:39surtout si on le prend
28:39sur le long terme
28:40aujourd'hui
28:41sans bonne assurance santé
28:42on est facilement
28:43à plusieurs centaines
28:44de dollars par mois
28:45pour un GLP-1
28:46comme le Zampik
28:47ou le Wegovy
28:48ce qui ferme la porte
28:49à beaucoup d'Américains
28:50au revenu modest
28:51il faut être très clair
28:52le fabricant
28:53a tout de même annoncé
28:54une baisse importante
28:55des prix
28:55entre 35 et 50%
28:57toutefois
28:58malgré cette baisse
28:59cela restera
29:00un traitement cher
29:01donc il reste
29:02deux grandes questions
29:03est-ce que les moins aisés
29:04pourront se le permettre
29:05aussi
29:06ou est-ce que cela
29:06continuera à creuser
29:07les inégalités
29:08face à l'obésité
29:09et puis il y a aussi
29:10la question des effets
29:11indésirables
29:12à court terme
29:12on le sait
29:13ce sont des désagréments
29:14digestifs
29:14souvent réversibles
29:15mais pour le long terme
29:16on manque encore de recul
29:17on surveille ici
29:18pas mal
29:19les patients
29:20notamment leur proncréas
29:21la thyroïde
29:22certains cancers
29:23la santé mentale
29:24aussi
29:25des patients accros
29:26au GLP-1
29:27Merci beaucoup Carrie
29:28en direct de New York
29:30Docteur Sophie Bauer
29:31est-ce que l'obésité
29:33est une maladie de riche
29:34parce que les Etats-Unis
29:35c'est le pays
29:36le plus riche du monde
29:37et c'est celui
29:37où il y a le plus d'obèses
29:39Alors pas vraiment
29:39parce qu'en fait
29:41ce qui a finalement
29:44décompensé cette épidémie
29:45ça a été quand même
29:47les aliments ultra transformés
29:49et justement
29:50dans ces aliments
29:51pour faire du poids
29:52on est allé chercher
29:53ce qui coûtait le moins cher
29:54c'est-à-dire le sel
29:55le sucre
29:56et aux Etats-Unis
29:56le maïs
29:57qui était très
29:58facilement accessible
29:59C'est-à-dire que dans ce pays
29:59ce sont quand même
30:00les plus pauvres
30:00qui sont plus oubènes
30:02Exactement
30:02Alors ce qu'on sait
30:04c'est qu'effectivement
30:05les populations
30:07qui ont été soumises
30:08à des variations importantes
30:10sur l'accessibilité
30:12aux denrées alimentaires
30:13sont particulièrement touchées
30:14parce que
30:15ce qui avait fait
30:16la survie générationnelle
30:18finalement
30:19ça a été justement
30:20ces fameux gènes de stockage
30:21qu'on est loin
30:22d'avoir tous identifiés
30:23bien entendu
30:24et c'est pour ça
30:25que vous avez le même problème
30:26par exemple
30:27sur les Indiens d'Amérique
30:29qui maintenant
30:30sont dans les réserves
30:31qui ont aussi accès
30:32à cette nourriture
30:34abondante
30:35et ultra transformée
30:37c'est des gens qui étaient
30:37des nomades
30:38qui étaient donc soumis
30:39à des variations
30:40dans l'accès à la nourriture
30:42qui maintenant
30:43ont une abondance
30:45de mauvaise nourriture
30:46particulièrement riche
30:48riche en gras
30:49riche en sucre
30:50et donc ça a décompensé
30:52finalement
30:53ces gènes de stockage
30:54qu'on ne va pas
30:56visiblement
30:57invalider
30:58en une génération
31:00mais peut-être
31:02qu'effectivement
31:02en traitant cette obesité
31:03sur plusieurs générations
31:05ou en mettant
31:06ces médicaments
31:07sur le long terme
31:08on ne sait pas encore
31:09finalement ce que ça va faire
31:10sur l'épigénétique
31:12ce qui est sûr aussi
31:13c'est que c'est aussi
31:14une maladie environnementale
31:15on a beaucoup de perturbateurs
31:16endocriniens
31:17dans notre environnement
31:19il y a des pistes aussi
31:21sur tout ce qui est
31:22microplastique
31:22etc
31:22qui provoque
31:23des équilibres hormonaux
31:25donc on va voir
31:26ce que ça donne
31:26dans l'avenir
31:28mais en fait
31:29on a quand même
31:29un contexte général
31:31qui fait que
31:32cette maladie
31:33effectivement
31:33ne peut qu'exploser
31:35si vraiment
31:36on ne prend pas
31:38le problème
31:39à bras-le-corps
31:39et pour prendre
31:40le problème
31:41à bras-le-corps
31:41il y a aussi
31:42le travail
31:43qu'on peut faire
31:44le travail d'éducation
31:45parce que là
31:46on a parlé
31:47effectivement
31:47des gènes
31:49et des facteurs extérieurs
31:52mais il y a aussi
31:52une éducation
31:53pour limiter
31:54au possible
31:54les prises de poids
31:55docteur
31:55alors bien sûr
31:56mais ça
31:57ça ne marche pas
31:58c'est à dire
31:59qu'une personne
32:00qui a 40 indices
32:02de masse corporelle
32:03quand on lui fait
32:04un régime
32:05une éducation
32:07et bien
32:07ça ne traite pas
32:08la maladie
32:09ça ne la contrôle pas
32:11mais là vous parlez
32:12de toutes les personnes
32:13obèses
32:13parce qu'il y a
32:14l'obécité massive
32:15on devient très vite
32:16stigmatisant
32:17en disant
32:17tu as qu'à faire
32:18un petit régime
32:19tu as qu'à faire
32:19attention
32:20alors que ça
32:20c'est faux
32:21le principe de maladie
32:22c'est un dérèglement
32:24biologique
32:25génétique
32:25très complexe
32:26qui fait que
32:27on ne peut pas
32:27s'en sortir seul
32:28d'où l'utilisation
32:29de médicaments
32:30d'où l'utilisation
32:31même de chirurgie
32:32qui encore une fois
32:33ne doit pas être
32:34mise en compétition
32:35avec les médicaments
32:36c'est des indications
32:36très différentes
32:37et ça c'est peut-être
32:39une erreur
32:39de l'annonce
32:40du remboursement
32:41qui les met un peu
32:43en compétition
32:43à mon sens
32:45mais quand on dit
32:45il y a un milliard
32:47de personnes sur Terre
32:48qui souffrent d'obésité
32:51c'est un milliard
32:52de personnes
32:52elles peuvent changer
32:54leur alimentation
32:54ça ne changera rien
32:55ce que vous dites
32:56pour des formes
32:57avancées
32:58de maladies
32:58ce n'est pas pour
32:59toutes les formes
32:59alors pour le surpoids
33:01et l'obésité
33:02simple
33:02dans la plupart des cas
33:03effectivement
33:04le changement alimentaire
33:05l'activité physique
33:07le sommeil
33:07ce sont tous les facteurs
33:09aggravants de la maladie
33:10c'est ça
33:10c'est très important
33:11de bien différencier
33:12les causes
33:12des facteurs aggravants
33:13parce qu'on devient
33:14très vite stigmatisant
33:15avec un amalgame
33:16et bien
33:17quand on fait
33:18les facteurs aggravants
33:20c'est l'alimentation
33:20et le comportement
33:22alimentaire en général
33:23donc par exemple
33:23le jeûne intermittent
33:24de Elon Musk
33:25il ne faut surtout pas
33:25parce que quand vous êtes obèse
33:29vous avez la tendance
33:30à la maladie obésité
33:31ou la tendance à l'obésité
33:32si vous faites du régime
33:33vous allez aggraver
33:34votre maladie
33:35donc surtout pas de régime
33:36dans ces situations
33:37ou de jeûne intermittent
33:39et puis
33:40donc l'alimentation
33:41vous avez l'activité physique
33:43ça c'est très important
33:44on le rappelle
33:44il faut faire
33:45au moins une heure de marche
33:477 à 10 000 pas par jour
33:48et 2 heures et demie
33:51d'activité plus intense
33:52par semaine
33:53ça on doit tous le faire
33:54le troisième facteur
33:55c'est le sommeil
33:56le manque de sommeil
33:57le mauvais sommeil
33:58va vous faire grossir
34:00quand vous avez la maladie
34:01de façon très grave
34:02et puis
34:03le dernier
34:03c'est la gestion du stress
34:04des émotions
34:05qui aussi va
34:07aggraver la situation
34:08donc de résumer
34:09la maladie
34:10juste au facteur aggravant
34:11c'est une erreur
34:12grossière
34:13non on ne la résume pas
34:14on se demande
34:15s'il y a un moyen
34:16de lutter contre elle
34:18ce sont des facteurs
34:19qui vont diminuer
34:20la gravité
34:21ça va permettre
34:22de diminuer la gravité
34:23il y a beaucoup à faire
34:24les pouvoirs publics
34:25ne font pas assez
34:26on a évoqué
34:27les cantines
34:28il y a énormément de choses
34:29à faire
34:30mais je pense que
34:31pour vraiment
34:33limiter
34:33l'épidémie
34:35obésité
34:35c'est surtout
34:36de la prévention secondaire
34:37c'est à dire
34:38dépister les personnes malades
34:40les soigner
34:41pour éviter
34:41qu'ils transmettent
34:42la maladie
34:43merci beaucoup
34:44à vous d'être venu
34:45débattre sur ce plateau
34:47demain Thomas Soto
34:48recevra
34:49une légende
34:50du football français
34:52Michel Patini
34:53et quant à Marc-Olivier Fogel
34:55il accueillera
34:55François Gemmène
34:56spécialiste du climat
34:57et co-auteur
34:58du sixième rapport
34:59du GIEC
34:59il est l'heure de retrouver
35:01André Dusselier
35:01bonsoir André
35:02quelle histoire
35:03allez-vous nous raconter ?
35:04bonsoir Anne-Sophie
35:05ce soir je vous raconte
35:07Romy Stader
35:08derrière son élégance
35:09et son talent
35:10des drames
35:11et des blessures
35:12qui ont marqué
35:13toute une vie
35:14à tout de suite
35:15sur RTL
35:16merci André
35:17à tout de suite
35:22bonne soirée sur RTL
35:32RTL
35:33RTL
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