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  • il y a 2 jours
Face aux tensions croissantes dans le système de santé, les médecins libéraux alertent sur la dégradation de leurs conditions d’exercice. À travers l’action syndicale, ils entendent défendre leur rôle, leurs responsabilités et l’avenir de la médecine libérale en France. Rencontre avec Sophie Bauer, présidente du Syndicat des Médecins Libéraux.

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Transcription
00:00On nous a mis à l'os et maintenant il faudrait qu'on soit des shivas présents dans l'ensemble
00:03du territoire.
00:04Il faudrait qu'on travaille nuit et jour, le plus gratuitement possible.
00:15Ce syndicat est né en 1981, en réaction finalement à une menace qui commençait à peser très fortement sur la
00:22médecine libérale.
00:22Le but de ce syndicat est effectivement de défendre la médecine libérale sous toutes ses formes et pour toutes les
00:29spécialités,
00:30que ce soit la médecine générale ou les autres spécialités et également ce que l'on appelle les médecines à
00:35expertise particulière.
00:39Déjà, il y a une action qui a été très importante pour le syndicat, c'est que nous avons obtenu
00:46les congés maternité pour les femmes médecins.
00:48De même, nous avons obtenu que les internes ne perdent pas leur rang de classement lorsqu'elles avaient une grossesse.
00:53Actuellement, bien sûr, nous avons de nouvelles luttes.
00:57Nous voudrions des honoraires à la moyenne européenne, ce qui n'est absolument pas le cas.
01:01On est passé quand même derrière l'Albanie.
01:03Nous nous battons, nous, pour une consultation à 50 euros.
01:06Nous avons prouvé que c'était viable.
01:07Cela permettrait d'embaucher du personnel, d'avoir des cabinets médicaux plus grands
01:11et du coup de faire du travail aidé de façon beaucoup plus facile dans nos cabinets.
01:14Nous sommes aussi sur la promotion du secteur 2 et l'accès au secteur 2 pour tous les médecins qui
01:19le souhaitent.
01:19On fait de la formation aussi.
01:21On est très, très fort dans la formation.
01:22J'ai donné une orientation au syndicat vers l'idée d'une seule santé, donc One Health,
01:28parce qu'on est persuadés tous maintenant au syndicat que c'est de la médecine d'adnir,
01:32que de considérer cet ensemble One Health.
01:36Et puis, évidemment, on forme nos cadres et on forme les gens du syndicat
01:40à ce qu'est vraiment l'intelligence artificielle, c'est limite, c'est danger.
01:48Eh bien, un jour, je me suis aperçue que de râler toute seule dans mon cabinet ne servait à rien.
01:53Et finalement, c'est au syndicat des médecins libéraux que je me suis trouvée bien,
01:56parce qu'il y avait déjà une prise en compte de la féminisation de la médecine,
02:01avec un syndicat qui était dynamique.
02:03Et puis, le fait qu'on soit très répandu sur le plan géographique.
02:09Pendant qu'on était maltraités dans notre pays avec le projet de loi de financement de la Sécurité sociale,
02:14qui voulait nous mettre des amendes pour tout et pour rien,
02:17eh bien, nos jeunes consoeurs et confrères recevaient des lettres,
02:21des propositions d'installation de la Suisse, du Luxembourg,
02:25où effectivement, les médecins sont visiblement mieux accueillis, mieux considérés.
02:30que, malheureusement, ce qui est le cas actuellement en France,
02:34on a l'impression qu'il y a une espèce de fracture entre le monde politique et le monde médical.
02:39Ils voudraient mettre l'opprobre, jeter l'opprobre,
02:42donner la responsabilité de cette faillite du système aux médecins,
02:47et en particulier aux médecins libéraux, ce qui est absolument inadmissible.
02:50On nous a mis à l'os, et maintenant, il faudrait qu'on soit des shivas,
02:52présents dans l'ensemble du territoire.
02:54Il faudrait qu'on travaille nuit et jour, le plus gratuitement possible.
02:58Et donc, nous sommes effectivement en bataille pour faire comprendre
03:02ce que nous faisons au quotidien, la charge mentale que ça suppose,
03:06les énormes responsabilités qui sont les nôtres.
03:11On a fait tomber l'obligation de voir le DMP.
03:14C'est un objet qui, actuellement, est absolument inadapté à la pratique quotidienne.
03:19C'est une espèce de fourre-tout où on met tous les documents médicaux
03:22et ça prend dix minutes, un quart d'heure pour en sortir un.
03:24On est toujours en guerre sur les arrêts maladie,
03:27puisque le fait de ne pas pouvoir donner plus d'un mois sans justification
03:32nous pose problème, évidemment, vis-à-vis du secret médical.
03:35En plus, on ne voit pas l'intérêt de la chose.
03:38On est en ce moment en guerre contre la loi fraude
03:41et le gouvernement nous a promis un amendement de suppression
03:44sur la mise sous objectif.
03:47Je rappelle que la mise sous objectif, c'est l'assurance maladie
03:50qui décide du nombre de jours d'arrêt de travail
03:51que vous allez donner à votre patientèle,
03:53alors que vous ne savez pas qui va venir vous consulter,
03:55vous ne savez pas quelles pathologies ils vont présenter.
03:58Je ne vois pas comment on peut, sur le plan déontologique,
04:01s'engager sur un nombre de jours d'arrêt de travail
04:04à donner à notre patientèle.
04:05Ça n'a pas de sens.
04:10On n'était pas opposé à une quatrième année
04:12qui rapprochait la durée d'études de la médecine générale
04:15de la durée d'études des autres spécialités.
04:17Donc les médecins généralistes ont quand même beaucoup de responsabilités,
04:20ils ont beaucoup de pathologies à traiter,
04:22il faut qu'ils aient une formation continue de qualité.
04:25Le problème, c'est la manière dont ça s'est fait.
04:27C'est-à-dire qu'en fait, on n'a pas mis une quatrième année,
04:29finalement, pour qu'ils apprennent vraiment le libéral.
04:32Non, on a mis une quatrième année,
04:33parce qu'on a dit qu'il manque des médecins dans certains territoires,
04:35donc hop, on va les parachuter,
04:37on leur a entre guillemets payé leurs études,
04:39ce qui est complètement faux,
04:41parce que je rappelle quand même que la formation d'un médecin généraliste
04:43rapporte à l'hôpital public 80 000 euros
04:46et que la formation des autres spécialistes
04:48rapporte à l'hôpital public 120 000 euros.
04:49Donc, ils ne doivent rien à la nation à la fin de leurs études,
04:53que ce soit bien clair.
04:54Et là, le problème, c'est que vous voulez les parachuter dans des zones
04:57où, par définition, il y a moins de médecins,
05:00moins de médecins, ça veut dire que dans ces zones,
05:01il y a moins de mètres de stage.
05:02Il fallait anticiper sur la formation des mètres de stage,
05:05ce qui a été moyennement bien fait.
05:07En plus, on nous a fait une espèce d'usine à gaz,
05:10passez-moi l'expression,
05:11pour ce qui est du paiement des mètres de stage.
05:13Au lieu de percevoir les zones horaires,
05:15les médecins, les docteurs juniors
05:17vont être payés par l'hôpital public,
05:18donc on perd quand même une bonne partie
05:20de l'intérêt de cette quatrième année.
05:26Surtout dans la formation, à l'époque,
05:28je faisais partie d'une espèce émergente
05:30et on m'a bien fait sentir
05:32qu'on n'avait pas forcément envie qu'elle émerge.
05:33Une fois, je me suis entendue dire
05:34« tu serais mieux dans une cuisine »,
05:36ce à quoi j'ai répondu « je ne veux pas faire travailler
05:37le centre anti-poison ».
05:38Oui, on ne nous ouvrait pas grand la porte.
05:43C'est quand même en train d'évoluer,
05:45les mentalités évoluent avec la féminisation.
05:46Les services sont obligés d'accueillir
05:48des internes femmes chirurgiennes
05:50beaucoup plus qu'avant.
05:51Mais il y a encore des réticences
05:52chez certaines femmes
05:53pour choisir ces spécialités.
05:55Et c'est aussi notre rôle en tant que syndicat
05:57de leur expliquer qu'il ne faut pas
05:59qu'elles se ferment les portes.
06:00C'est des spécialités qui sont tout à fait
06:01faisables par les femmes.
06:05Toujours un temps d'avance.
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