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Film sorti en 1963,
équipe de tournage : Ahmed Rachedi, Nasser Guenifi, Héléna Sanchez, Sidi Boumédiéne, Mohamed Guenez, Allal Yahiaoui, Mohamed Bouamari, André Dumaître, Taibi, Mustapha Bellil Réalisateur : René Vaultier
équipe de tournage : Ahmed Rachedi, Nasser Guenifi, Héléna Sanchez, Sidi Boumédiéne, Mohamed Guenez, Allal Yahiaoui, Mohamed Bouamari, André Dumaître, Taibi, Mustapha Bellil Réalisateur : René Vaultier
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00:10Le jour où nous inscrivons avec l'encre de mille sèches à l'aérodrome de Maison-Blanche.
00:20Voyageurs, vous êtes dans un pays libre.
00:24L'Algérie vous souhaite la bienvenue.
00:27Vous êtes les hôtes que nous avons attendus pendant 130 ans.
00:32Le retard a été grand.
00:35Mais entrez vite dans le ciel que nous avons aménagé avec le sang.
00:44Peindre Alger avec une caméra c'est facile.
00:48D'autres l'ont fait.
00:49De l'extérieur.
00:52Des maisons.
00:54Et dans les maisons, des hommes.
00:58Notre tâche à nous, cinéastes algériens, est de peindre les hommes plus que les maisons.
01:04Prendre la caméra comme un scalpel.
01:07Et décortiquer la ville.
01:23Il serait facile de se pencher sur ces cimetières et par au milieu des quartiers vivants.
01:28Et de chercher à l'ombre de l'étoile et du croissant la longue histoire de ceux qui ont fait
01:33notre pays.
01:37Mais il ne suffit pas aujourd'hui de se pencher sur les morts.
01:41Aujourd'hui, après l'an 1 de notre indépendance,
01:45il nous faut faire comprendre le mouvement d'un peuple.
01:50Un peuple vivant.
01:52Un peuple debout.
01:56C'est seulement en cela que nous sommes sûrs qu'une caméra s'applace au cœur du combat pour l
02:01'édification d'une société nouvelle.
02:05Mais il faut que chacun ait pour devise.
02:08Je dis ce que je vois,
02:10ce que je sais,
02:12ce qui est vrai.
02:40Pourquoi ces images en exergue?
02:44Parce que toute l'Algérie d'aujourd'hui s'y trouve.
02:47Et la terre.
02:49Et l'enthousiasme.
02:51Et les corps aussi.
02:53Les souvenirs.
02:54Le travail.
02:56Et demain,
02:58les promesses d'arbres dans les mains des hommes.
03:02Pour comprendre notre peuple,
03:05ces images-là ne sont pas anecdotiques.
03:07L'Algérois,
03:08les Ores,
03:09la Kabylie,
03:10l'Oarsénis,
03:11la guerre finie et graine encore,
03:13jour après jour,
03:14son chapelet.
03:16Montrer ici un père qui cherche le corps de son fils
03:18dans la clairière où l'un des derniers combats l'a abattu,
03:22est-ce une anecdote?
03:24Où s'arrête l'anecdote?
03:26Où commence l'histoire?
03:31Plus d'un million de morts.
03:36C'était hier.
03:46Cinq mille villages détruits,
03:48un pays à reconstruire.
03:52C'est aujourd'hui.
03:54Et c'est déjà
03:55un peuple en marche.
04:03Bien sûr,
04:05il serait simple de vous montrer une carte
04:06et de vous dire
04:08l'Algérie,
04:09c'est tant de kilomètres carrés,
04:11tant de fleuves,
04:12tant de montagnes,
04:13c'est tant de mines
04:14et tant de quintaux de grains,
04:16tant de têtes de bétail.
04:19Il y a dix ans,
04:20on aurait complété en vous racontant
04:22l'Algérie,
04:23c'est une province tranquille et calme
04:25où des communautés fraternelles
04:27travaillent côte à côte.
04:29Une bonne petite province
04:32et on vous l'aurait montré
04:33en dessin bien agencé.
04:43Ce que l'on ne vous aurait pas dit
04:44il y a dix ans,
04:46c'est que l'Algérie
04:47battait les records
04:48de la mortalité infantile.
04:56C'est que l'Algérie
04:57était un des pays
04:58où l'opposition entre la misère
05:00et l'aisance
05:01était la plus flagrante.
05:09Le pays de l'exotisme
05:11des petits sireurs.
05:18Le pays où l'on préférait
05:19faire travailler les gosses
05:20de 13 ans dans les mines
05:21parce qu'on peut les payer
05:23moins cher
05:23et qu'on n'a pas besoin
05:25de bâtir des écoles.
05:30Le pays de la misère
05:38des mains inutilisées
05:42du chômage
05:47le pays des fermes blanches
05:49des colons
05:52et des masures
05:54des félats.
05:55Le pays de 132 ans
05:57de dignité bafouée,
05:59de révoltes durement réprimées,
06:02de promesses
06:03jamais tenues.
06:08Nous avions,
06:09nous aussi,
06:11répondu à l'appel
06:11de la grande lutte
06:12pour la liberté.
06:14Mais ce jour-là,
06:158 mai 1945,
06:17nous avons su
06:18que la liberté
06:19n'était pas pour nous
06:21si nous ne la rachions pas.
06:24Partout dans le monde,
06:26les peuples vainqueurs
06:27criaient leur joie.
06:31En Algérie,
06:32ce jour-là,
06:33la Légion étrangère
06:34tirent sur les cortèges
06:35d'Algériens.
06:36Les colons,
06:37l'Inde chez fusil.
06:3945 000 morts de Guelma,
06:40de Sétif,
06:41des villages du Constantinois.
06:44Visage bon au feu,
06:46visage bon au froid,
06:48visage bon au cou,
06:50visage bon à tout.
06:51Voici la mort qui vous guette,
06:54la mort,
06:55cœur renversé.
06:57Ce jour-là,
06:58beaucoup ont su
06:59que c'est seulement par la force
07:00que nous pourrions arracher
07:02le droit à la dignité,
07:03le droit de vivre debout.
07:05Et ce droit,
07:07nous l'avons gagné.
07:17Pour comprendre
07:18un peuple en marche,
07:19notre peuple,
07:20il faut se rappeler
07:22les obstacles
07:22dressés devant notre lune.
07:25Notre pays en révolte
07:26fut coupé du monde.
07:27nos campagnes tronçonnées,
07:32quadrillées,
07:35découpées.
07:46Le ciel même
07:48était au geôlier.
07:57Et sur les montagnes
07:59étaient braqués
08:00les regards soupçonneux
08:01des bloquants.
08:04Sur nos montagnes
08:06où battait notre cœur
08:07avec ceux qui s'étaient levés
08:10avant le jour.
08:19Les voici
08:20qui défilent aujourd'hui
08:21en un de l'indépendance
08:24dans les rues d'Alger,
08:25la capitale.
08:30Les voici,
08:32les rescapés des combats,
08:34armés d'aujourd'hui,
08:36nés des maquilliers.
08:41En ce temps-là,
08:42ils s'étaient mis en marche
08:44devant le peuple en marche.
09:01Et c'est leur fusion
09:02avec le peuple
09:03qui faisait leur force.
09:05L'armée de libération nationale,
09:08issue du peuple,
09:09au service du peuple.
09:14Le principe des guérillas,
09:17être au milieu du peuple
09:18comme un poisson dans l'océan,
09:20était la règle d'or.
09:22Pour briser cette union,
09:24les colonialistes ont entrepris
09:26de supprimer l'océan.
09:28Supprimer tous les villages
09:30qui se trouvaient
09:30dans les montagnes.
09:32Deux millions de personnes déplacées,
09:34des centaines de milliers
09:35de familles errant sans toit,
09:37sans espoir,
09:39des centaines de milliers
09:39de familles
09:41comme celle de Yamina.
09:43Et depuis,
09:44il est parti.
09:46Alors là,
09:46ça a commencé mes interrogatoires.
09:49Vers le soir,
09:50c'était le onzième interrogatoire.
09:52En me disant,
09:53avoue,
09:54ton mari a avoué,
09:54tu viendras chez nous
09:55manger,
09:56boire,
09:57toi et ta famille.
09:58j'ai dit non,
09:59mon mari n'a rien fait.
10:01Il recommençait en me disant,
10:02pense à ton enfant.
10:03Où naîtra ton enfant ?
10:04J'ai dit,
10:05dans la rue.
10:06En tous les cas,
10:06mon mari n'a rien fait.
10:07S'il vous a avoué,
10:08quoi que ce soit,
10:09c'est parce que vous l'avez
10:11torturé.
10:12Et quand on est torturé,
10:13on est obligé de dire
10:15ce qu'on n'a même pas fait.
10:17Alors,
10:17pour bien les mettre en place,
10:19j'ai dit que,
10:20ben,
10:20vous vous êtes,
10:20vous vous êtes fait piquer
10:22par les abeilles
10:23et vous vous vengez
10:24des pauvres sauterelles
10:25du village
10:25parce que vous avez trouvé
10:26des moutons.
10:27Il me donnait des coups
10:28en disant,
10:28c'est ton dernier mot.
10:29J'ai dit,
10:30c'est mon dernier mot.
10:31Il a dit,
10:31ben,
10:31puisque ton mari t'aime,
10:32il veut faire ton bonheur,
10:34vous voulez votre indépendance,
10:37il crèvera.
10:38Alors là,
10:38il est parti.
10:40Et tous les jours,
10:41il y avait un cadavre dehors.
10:43On le tuait
10:43et on l'enterrait.
10:46Et le dernier jour,
10:47on a dit que c'était
10:48l'évacuation.
10:50Elle s'était forcée
10:51de se sauver n'importe où.
10:53Et c'est ce jour-là
10:54que j'ai eu
10:55un sixième enfant.
10:56Et depuis,
10:57on a beaucoup souffert,
10:59mais pour l'indépendance,
11:01il fallait.
11:02Et puis,
11:03le piège refermé,
11:06le camp de regroupement,
11:08le camp de concentration.
11:26Bochottwald ?
11:43Bochottwald ?
11:46L'Algérie concentrationnaire.
11:53Combien de morts crient dans ces tombes.
12:01Pour fuir ces camps, des villages entiers partaient vers la montagne
12:05pour essayer de joindre les frontières avec l'appui des Djunoud.
12:39Les maquisards distribuaient au peuple errant le blé qui devait assurer leur subsistance.
12:46Là, Hélène s'identifiait au peuple, le peuple à son armée.
12:52Un seul combat, une seule souffrance.
13:20Et puis, les chemins divergés.
13:25Les Djunoud s'en allaient vers de nouvelles batailles.
13:33Les réfugiés s'en allaient vers les frontières proches ou lointaines.
13:48Mais la mort ailée les poursuivait.
13:54Les bombes de l'Otan les rejoignaient.
13:58Mort de cent villages.
14:01Mort de Sakye Tsidi Yousse.
14:03C'est INTE bom.
14:04C'est parti.
14:14C'est parti !
14:33Au nom de l'espoir enterré,
14:36au nom des larmes dans le noir,
14:40au nom des plaintes qui font rire,
14:43au nom des rires qui font peur,
14:46au nom des hommes en prison,
14:49au nom des femmes déportées,
14:52au nom de tous nos camarades,
14:55martyrisés et massacrés pour n'avoir pas accepté l'ombre,
14:59il nous faut drainer la colère
15:01et faire se lever le fer
15:04pour préserver l'image haute
15:06des innocents partout traqués
15:09et qui partout vont triompher.
15:32Sous-titrage Société Radio-Canada
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16:07...
16:43Le 13 mai 1958, les ultras d'Algérie et les parachutistes prennent le pouvoir au cri de Algérie française et
16:50intégration.
16:51Je vous ai compris !
17:15Et je déclare qu'à partir d'aujourd'hui, la France considère que dans toute l'Algérie, il n'y
17:27a qu'une seule catégorie d'habitants.
17:30Il n'y a que des Français à part entière.
17:37Ah ! Puissent-ils participer en masse à cette immense démonstration ?
17:48Tous ceux de vos villes, de vos doigts, de vos plaines, de vos diébelles, puissent-ils même y participer ?
18:00Ceux-là qui, par désespoir, ont cru devoir mener sur ce sol un combat dont je reconnais, moi, qu'il
18:15est courageux.
18:22A toutes ces promesses vides et vagues, une seule réponse.
18:27L'intensification de la lutte.
18:29Les Algériens n'ont que faire d'un pardon octroyé.
18:32Ils arracheront leur liberté, ils seront des Algériens à part entière.
18:44La Hélène renforce son organisation, sa discipline, sa cohésion.
19:03Sous-titrage Société Radio-Canada
19:26Les soldats algériens, incorporés dans l'armée colonialiste, rejoignent les rangs de la Hélène.
19:33Et ils sont accueillis en frères.
19:42Et les villes aussi se dressent comme les montagnes.
19:47Manifestation d'Alger, de Constantine.
19:51Voici, du pavé, se lever les hommes qui n'ont que leurs poitrines pour rempart.
19:56Les hommes qui n'ont à perdre que leurs chaînes.
20:13Ayant épuisé toutes ces tentatives, l'ennemi en arrive à céder sur les points principaux.
20:17C'est le cessez-le-feu et vient.
20:23La Hélène, larmes aux pieds, reste dans les montagnes.
20:53L'appel aux morts. Morts des combats passés.
20:56Et morts aussi que l'on peut prévoir.
20:59Les frères des villes qui tomberont sous les coups des fascistes entre le cessez-le-feu et l'indépendance.
21:05Pendant que l'OAS assassine, la Hélène aide au grand retour des réfugiés.
21:27Les fascistes frappent encore.
21:29Mais demain, l'armée de libération descendra des montagnes et l'OAS disparaîtra de gré ou de force.
21:48Et voici la question posée, la question à laquelle le peuple a déjà répondu par un million de morts pour
21:54ou contre l'indépendance.
21:58Et le peuple répond.
21:59Musique
22:02Musique
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22:23Musique
22:30132 ans.
22:32Il a fallu attendre 132 ans pour voir flotter ce drapeau.
22:37Mais ce n'est pas seulement un drapeau, un but.
22:41C'est un nouveau départ.
22:44Musique
22:45Musique
22:52Musique
22:53Musique
22:53Musique
23:16Revenant des sables, la Hélène du Sahara regagne le toit.
23:52Le chœur de ce Sahara.
23:54Auquel on refusait le droit d'être algérien.
23:56Le chœur de ce Sahara.
24:10Le chœur de ce Sahara.
24:13Le chœur de ce Sahara.
24:14Le chœur de ce Sahara.
24:23Le chœur de ce Sahara.
24:26Le chœur de ce Sahara.
24:28Le chœur de ce Sahara.
24:29Le chœur de ce Sahara.
24:30Le chœur de ce Sahara.
24:32Le chœur de ce Sahara.
24:35Le chœur de ce Sahara.
24:36Le chœur de ce Sahara.
24:39Le chœur de ce Sahara.
24:41Le chœur de ce Sahara.
24:43Le chœur de ce Sahara.
24:49Le chœur de ce Sahara.
25:03Le chœur de ce Sahara.
25:40Le chœur de ce Sahara.
25:56Le chœur de ce Sahara.
25:58Le chœur de ce Sahara.
26:00Le chœur de ce Sahara.
26:02Le chœur de ce Sahara.
26:50Le chœur de ce Sahara.
27:06Sahara.
27:31Sahara.
28:27Sahara.
28:57Sahara.
29:04Sahara.
29:34Sahara.
29:35Sahara.
30:09Sahara.
30:36Sahara.
30:41Sahara.
31:10Sahara.
31:40Sahara.
31:43Sahara.
31:45Sahara.
31:47Sahara.
31:48Sahara.
31:48Sahara.
31:49Sahara.
31:50Sahara.
31:51Sahara.
31:54Sahara.
31:55Sahara.
32:11Sahara.
32:13Sahara.
32:16Sahara.
32:43Sahara.
32:44Sahara.
32:45Sahara.
32:47Sahara.
32:49Un.
33:13en oubliant que l'armée de libération nationale était seulement le bras armé du peuple,
33:18issu du peuple, au service du peuple.
33:21L'appel a remplacé le fusil.
33:23Les bras sont les mêmes, au service de la même révolution qui continue.
33:33Devant cet effort de reconstruction cimentant l'unité nationale,
33:36les diviseurs patentés ont lancé un nouveau bruit.
33:39L'opposition entre la ville et la campagne.
33:42Entre ouvriers et les paysans.
33:46Là encore, c'est par les actions communes que les paysans et les ouvriers ont répondu.
33:52Pour nourrir l'ensemble du pays, il fallait ouvrir aux semences une terre pendant 8 ans négligée.
33:58La campagne des labours a été le premier appel du gouvernement.
34:03C'est sur les tracteurs réparés par les volontaires des villes ou fournis par des paysamis
34:07que les paysans se sont lancés dans la bataille des Sillans.
34:11Il n'y a pas eu de coup de baguette magique, seulement les efforts conjoints des hommes.
34:16En beaucoup d'endroits, il a fallu avoir recours aux vieilles charrues de bois.
34:20Mais charrues ou tracteurs, la terre s'est ouverte aux semences sur des milliers et des milliers d'hectares.
34:30Le premier défi était lancé.
34:32D'un côté, la froide raison, les statistiques et ceux qui les servent disant
34:37la production de céréales sera inférieure de 30% aux besoins de l'Algérie.
34:42De l'autre côté, la vie et la confiance.
34:45Les paysans pensant, il faut que la première récolte de notre indépendance soit au moins égale aux récoltes précédentes.
34:54La réponse est venue.
34:56La vie et la confiance ont gagné le pari.
34:58Le temps aidant, la récolte a été supérieure à toutes les récoltes que l'Algérie avait connues jusqu'à ce
35:04jour.
35:05Cette dignité reconquise n'a pas encore changé le sort matériel des paysans.
35:10Leurs difficultés sont grandes.
35:11Mais en cette année, ils ont repris la terre qui leur avait été volée.
35:17Ils peineront avec un matériel rudimentaire des années encore.
35:21Mais la terre est maintenant à ceux qui la travaillent.
35:25Et les moissons sont maintenant les moissons du peuple.
35:32La terre est maintenant les moissons du peuple.
36:05Qui dira les souffrances des campagnes algériennes,
36:08où aujourd'hui encore les gestes les plus pacifiques,
36:11labourer, garder les moutons,
36:13se brisent parfois sur les vestiges de la guerre.
36:16Une brebis s'égare.
36:18Un enfant s'écarte pour la chercher.
36:22Les mines.
36:30En un seul hôpital, près de la ligne Maurice,
36:33500 amputés, en un an de paix,
36:37les mines portent le sigle de l'OTAN.
36:39Les mines.
36:47Les mines.
36:50Les mines.
36:51Les mines.
37:15Pour déminer, la bonne volonté ne suffit pas.
37:19Il faut du matériel lourd.
37:21Aujourd'hui, le matériel est là.
37:23Mais il ne vient pas des pays d'où étaient venues les mines.
37:45C'est aux actes que le peuple algérien reconnaît les peuples aimés.
37:59Sur les dix mille médecins qui se trouvaient dans l'Algérie d'hier, quelques centaines
38:03seulement sont restés dans l'Algérie indépendante.
38:06Et le personnel médical était une cible de choix pour les tueurs de l'OAS.
38:13Il faut aujourd'hui que l'Algérie forme son propre personnel médical et tout est mis en
38:17oeuvre pour cela.
38:18Mais l'urgence est extrême.
38:21Là, comme ailleurs, les responsables font appel à la compréhension des masses populaires
38:25parce que rien ne peut se faire sans elles.
38:28Des stages rapides, pratiques, sont organisés pour les infirmiers et infirmières venus
38:32des maquis ou pour les jeunes désignés par les comités de gestion, par les assemblées
38:37de villages comme responsables sanitaires.
38:39Pas une heure à perdre.
38:41La maladie n'attend pas.
38:43Ce qu'on leur enseigne, les moyens de convaincre les villageois de la nécessité d'une action
38:48préventive ou curative contre les grands fléaux.
38:50L'utilisation des médicaments de base que le gouvernement veut mettre à la disposition
38:55de tous.
39:01Et puis, pendant leur stage même, ils prennent contact avec les villages et expérimentent
39:06leurs connaissances neuves.
39:09Pour que reculent le trachome, la tuberculose, les fléaux qui minent, aveugles et tuent,
39:15il faut que la lutte devienne l'affaire du peuple dans son ensemble, du plus jeune au plus
39:19vieux.
39:47Et sur tous les fronts, le peuple en marche engage le peuple.
39:50combat.
39:51Pas un pouce de terre algérienne ne doit échapper au peuple d'Algérie.
40:12Dans tout le pays, sur chaque terre abandonnée, se lève un drapeau.
40:16Ce groupe, un comité de gestion.
40:42visage bon à la nuit des mines, visage bon à la brusque brûlure des arcs.
40:47visage bon à la brusque brûlure des enfants.
40:49Visage uriné à la patiente usure du travail.
40:51visage où s'inscrit la certitude de la dignité conquise.
40:58Un jour proche, toutes les richesses d'Algérie seront exploitées.
41:02Non point comme par le passé en fonction des besoins d'une économie étrangère
41:06pour le bénéfice de quelques-uns,
41:08mais en fonction des seuls intérêts du peuple.
41:11Tous déjà sentent poindre ce jour.
41:32Et il vient ce jour, morceau par morceau.
41:36Dans toutes les entreprises industrielles que les patrons avaient abandonnées,
41:39les ouvriers ont élu des comités de gestion,
41:42et l'usine fonctionne, et la mine produit.
41:46Partout où des patrons saboteurs freinaient le travail,
41:49entretenaient la sous-production,
41:50les ouvriers s'organisent et ripostent à leur façon.
41:54Et partout, l'on s'aperçoit que si les ouvriers sont indispensables,
41:59les patrons, eux, peuvent être remplacés.
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