- il y a 1 jour
Chaque soir, Maxime Switek vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00On va parler de Trump.
00:00Trump, deux choses, Philippe Karsanti.
00:02Trump qui va bien, c'est ce qu'il dit.
00:04Il a passé sa visite médicale aujourd'hui
00:06et lui-même en fait le compte-rendu en disant que tout va bien circuler,
00:10il n'y a rien à voir.
00:10Et l'autre information importante,
00:12on va retrouver Antoine Delar pour en parler tout de suite à la Maison-Blanche,
00:14c'est que Trump réunit demain son conseil des ministres,
00:18non pas à la Maison-Blanche, mais à Camp David.
00:20Lieu mythique que Trump déteste.
00:22Alors pourquoi là ?
00:27Écoutez, ça n'a pas été expliqué par la Maison-Blanche.
00:29Pourquoi ce conseil des ministres demain sera délocalisé ?
00:32D'habitude, ce type de réunion a lieu ici même, à la Maison-Blanche.
00:36C'est une réunion qui réunit autour de Trump tous ses ministres,
00:40les membres les plus importants de son administration,
00:42le vice-président également.
00:44Ça fait une bonne vingtaine de personnes autour de Donald Trump.
00:46Dans ce type de réunion, on parle de tout,
00:48de l'économie, de l'insécurité, des affaires politiques,
00:51mais aussi évidemment des affaires internationales.
00:53Donc demain, on va parler de l'Iran,
00:55mais pas seulement de l'Iran pendant cette réunion.
00:57Alors on peut supposer que, alors qu'on est dans un moment
01:00où il y a cette négociation importante avec l'Iran,
01:03Donald Trump, symboliquement, veut se rendre à Camp David,
01:06qui, vous l'avez dit, est un lieu mythique,
01:08un endroit où, par le passé, des accords très importants ont été négociés,
01:12des accords qui concernent le Moyen-Orient.
01:14C'était le cas, par exemple, à la fin des années 70,
01:17un accord historique à l'époque entre Israël et l'Égypte.
01:21Et Donald Trump veut peut-être montrer qu'il se met dans ces pas-là
01:24et que ce qu'il est en train de négocier en ce moment,
01:26c'est un accord qui, à ses yeux, pourrait être historique
01:30et pourrait peut-être même changer la face du Moyen-Orient.
01:33Ça, c'est quelque chose qui est très important aux yeux de Donald Trump,
01:36qui pense à son héritage, à la trace qu'il va laisser dans l'histoire.
01:39Et c'est donc peut-être pour cette raison que demain,
01:41eh bien, il a donné rendez-vous à Camp David.
01:43Mais attention, a priori, demain, il n'y aura pas d'annonce particulière.
01:47En tout cas, ce qui est certain, c'est qu'il n'y aura pas de négociateurs iraniens
01:50ou pakistanais ou qataris qui seront présents à Camp David
01:55pour négocier cet accord.
01:57C'est simplement un conseil des ministres
01:58pendant lequel on va parler de l'Iran, mais pas que de l'Iran.
02:01On est vraiment là plutôt dans le symbolique.
02:03Donc, une façon, encore une fois, pour Donald Trump
02:06d'être dans un lieu mythique, chargé d'histoire,
02:09un endroit où le destin du Moyen-Orient a, par le passé, déjà basculé.
02:14Et c'est donc un peu cette symbolique-là, cet imaginaire-là
02:18que Trump, probablement, veut mettre en avant demain
02:21en convoquant ce conseil des ministres là-bas.
02:23Antoine Delar à la Maison-Blanche. Merci, Antoine.
02:25Vous voyez la même symbolique, Philippe Carcenti, ce soir ?
02:27Non.
02:28Pas du tout ?
02:28Non. Moi, je pense qu'il est en train de délocaliser son conseil des ministres
02:33en vue d'éviter d'être dans le marais de Washington,
02:36d'éviter les fuites, de rester en petit comité
02:39et d'éviter tout ce qu'on a entendu.
02:40Parce que tout ce qu'on a pu voir depuis quelques jours dans les médias,
02:43ce qu'on a pu entendre, est rigoureusement faux.
02:45Donc, on a entendu...
02:46C'est-à-dire ?
02:46C'est-à-dire que toutes ces soi-disant des avancées
02:49sur lesquelles on avançait, on nous disait...
02:50J'ai eu une conversation hier avec un de vos chroniqueurs ici
02:53qui expliquait qu'on était quasiment, qu'on avançait,
02:58qu'il y avait des choses que Trump avait acceptées.
03:00Non.
03:00En l'état actuel des choses, on ne peut pas accepter,
03:03l'administration Trump ne pourra pas accepter
03:04de faire du Obama 2.0 en pire.
03:08Parce qu'objectivement, si l'accord qui a été annoncé par les médias,
03:11enfin décrit par les médias hier, on y arrivait,
03:14ce serait pire que tout.
03:15Pire qu'Obama, on aurait un État...
03:17Ce n'est même pas un régime voyou qui serait une épée de Damoclès
03:20sur la Terre entière, qui mettrait en danger l'Europe,
03:24le Proche-Orient, Israël, les États-Unis à terme, l'Asie, tout le monde.
03:28En fait, le vrai sujet qu'on doit vraiment intégrer, je crois,
03:32dans nos réflexions intellectuelles,
03:34c'est que ce régime ne peut pas se maintenir en place,
03:37parce que sinon, ce serait une catastrophe à long terme.
03:40Et je dis merci à Donald Trump et aux Israéliens
03:44d'avoir eu le courage de rentrer en guerre
03:46dès maintenant pour les arrêter, avant que ce soit...
03:48Vous éloignez de la question, pourquoi Candavid ?
03:51Candavid, c'est un lieu de retraite, un lieu de réflexion,
03:53un lieu pour signer les grands accords historiques.
03:56Trump n'aimait pas y aller, je crois, une fois.
03:58Qu'est-ce qui le pousse à réunir ?
04:00Finalement, c'est plus proche, tous les ministres, le cabinet,
04:02n'est dans ce lieu hautement symbolique.
04:05Alors, de ce que j'ai cru comprendre,
04:06parce que je passe des appels et j'essaie de voir ce qui se passe,
04:10je pense que c'est plus pour les retirer du marais de Washington,
04:13les retirer pour cesser d'avoir ces influences et ces fuites,
04:17tout ce qui pourrait être perturbé, pour dire où il en est.
04:20Donc, s'il est rôti dans ce lieu à l'abri de toutes les rumeurs,
04:24de toutes les fuites, de la presse, etc.,
04:26c'est pour réfléchir avec eux à quoi ?
04:28Moi, je pense qu'on repart vers une guerre,
04:31on repart vers des frappes,
04:33et l'objectif, je vous le dis, de toute façon,
04:36on ne s'arrêtera pas là.
04:37La situation ne permet pas de s'arrêter là.
04:39Et je pense que c'est notre intérêt aussi.
04:41Comprenez une chose, si l'Europe...
04:42Notre intérêt à nous, Français ?
04:43Français, Européens, la Terre entière.
04:46La Terre entière, à part 2 millions de gardiens de la Révolution,
04:50de ce que vous voulez, de tarés,
04:52qui mettent la planète à feu et à sang,
04:54qui ont posé des bombes dans Paris, en Argentine,
04:55où vous voulez, dans le monde entier,
04:57ces gens-là sont un danger pour l'humanité.
04:59Mais l'intérêt de la France, aujourd'hui, et de l'Europe,
05:01c'est d'avoir une économie qui fonctionne,
05:03ce n'est pas une croissance négative,
05:04ce n'est pas des prix à la pompe
05:05qui empêchent les gens d'aller travailler, etc.
05:08Ce n'est pas ça, l'intérêt immédiat.
05:09Ulysse, on va remettre les choses en perspective.
05:12Le prix du baril,
05:13le prix du litre d'essence à la pompe,
05:15il a pris 20 ou 25 % maximum
05:16en fonction des fluctuations.
05:18Donc, c'est grotesque.
05:19Aujourd'hui, on a un enjeu...
05:20Ça dépend pour qui ?
05:21Non, non, mais je suis désolé.
05:25C'est grotesque comparé aux risques existentiels qu'on a.
05:30On a face à nous des gens qui le mettent le feu à la planète.
05:34Et donc, je dis, même si on doit payer 50 % de plus le litre d'essence,
05:37si on ne doit pas partir en vacances,
05:38si on doit se restreindre,
05:40si on doit avoir une inflation,
05:41si on doit avoir une chute de la croissance de 5-10 % s'il le faut,
05:44pour éliminer ce régime, il faudra y aller.
05:47Ce régime est une épée de Damoclès.
05:49Je le répéterai jusqu'à la fin.
05:50C'est le plus grand danger que nous ayons affronté.
05:53Vous savez, j'entends...
05:54Il va falloir qu'on rentre dans le détail des négociations,
05:56notamment sur l'uranium.
05:57Mais si je comprends bien, pour vous,
05:59toutes les négociations sont du vent, en réalité.
06:00Elles ne servent à rien.
06:01Non, je pense...
06:02Seulement, moi, connaissant un tout petit peu, quand même,
06:04Trump et son environnement,
06:06je sais que ça va vous faire sourire,
06:07mais c'est quelqu'un qui a, en horreur,
06:10les pertes de vie humaine.
06:11Vous voyez, la guerre, c'est quelque chose qu'il ne supporte pas.
06:13Et donc, il veut le donner jusqu'au bout.
06:16Il veut montrer qu'il a donné sa chance à la paix jusqu'au bout,
06:19en allant pour bien montrer...
06:20Vous savez, il y a un proverbe arabe qui dit
06:22qu'il faut suivre le menteur jusqu'à sa porte.
06:24C'est exactement.
06:25Il va montrer qu'on ne peut pas laisser ces gens-là...
06:27Mais dans un mois, c'est la fête des 250 ans
06:30de la déclaration d'avance aux Etats-Unis.
06:31Elle va être gâchée si l'Iran est toujours en guerre
06:33contre l'Amérique et l'Amérique contre l'Iran.
06:35Tout, d'abord, c'est vrai, c'est un mois et une semaine.
06:39Mais tout peut être gâché.
06:41Mais le monde peut être gâché
06:42avec une puissance aussi nocive
06:45qui nous met en danger.
06:46N'oublions pas, quand même,
06:47qu'ils ont réussi à faire partir un missile
06:49avec une tête vide à Diego Garcia.
06:52que si on les laisse continuer,
06:54ils pourront armer ces missiles et nous mettre...
06:56Vous êtes bien seul à dire que le monde est menacé
06:58aujourd'hui par l'apocalypse liée à l'Iran.
07:00Ah non, je ne suis pas le seul, vraiment.
07:01Même les irisraéliens, pardon.
07:03Trump le dit.
07:04C'est le discours, le Trump.
07:05Ce que vous dites là, ce sont littéralement les arguments.
07:07En même temps, je ne suis pas...
07:09C'est un mot près et un chiffre près, effectivement.
07:11Ce n'est pas surprenant.
07:11Nico, je suis porte-parole.
07:13Ce n'est pas surprenant.
07:14Mais en revanche, je dis que si jamais on arrivait à l'accord
07:16qui a été décrit ces derniers jours,
07:18alors là...
07:18Alors justement, je me retire.
07:22Parce que quand vous parlez de menaces,
07:23vous parlez notamment de la menace nucléaire iranienne.
07:25On va en parler avec Emmanuel Galichet.
07:27D'abord, Lisa, dernière info donnée ce soir
07:29pour le Wall Street Journal.
07:30Oui, selon qui, des médiateurs, des pourparlers
07:32entre les Américains et les Iraniens révèlent ce soir
07:34que des progrès ont été réalisés
07:36au sujet de l'avenir des stocks d'uranium
07:38hautement enrichis de l'Iran.
07:39Parmi les options envisagées,
07:41il y aurait la possibilité de diluer le matériau
07:44ou de le transférer à un pays tiers
07:46comme la Chine ou la Russie.
07:48Mais il n'y a pas encore vraiment d'entente
07:50sur les modalités de mise en œuvre
07:52de l'adoption envisagée.
07:54Et c'est ce que j'avais dit exactement il y a trois semaines.
07:56C'est ce que j'avais dit il y a trois semaines.
07:57Et vous savez, vous m'avez repris.
07:58Et vous aviez raison
07:59parce que ce n'était pas encore la position de la Maison Blanche.
08:01C'était la position des think tanks
08:03du conseiller Donald Trump.
08:04Il lui a dit accepte même la délocalisation.
08:07Vous m'avez dit, il va y faire un miracle.
08:09Et on lui a dit accepte.
08:11Et là, pour montrer vraiment qu'il va jusqu'au bout,
08:13il est prêt à dire OK,
08:14même si l'uranium va en Russie.
08:15Alors, attendez.
08:16Je reprends vos arguments.
08:18Qui est de dire que Trump voudra forcément
08:19quelque chose de plus fort, de plus costaud
08:21que l'accord qui avait été négocié en 2015
08:25par Barack Obama ?
08:26On va prendre deux points, Emmanuel Gallichet.
08:28D'abord, les fameux 440 kg d'uranium enrichi.
08:31Trump voudrait arracher cet uranium enrichi
08:34des mains des Iraniens, on l'a bien compris.
08:35Soit qu'il soit envoyé aux Etats-Unis,
08:37soit détruit sur place,
08:38c'est ce que disaient un certain nombre de sources
08:40ces derniers jours,
08:41ou dans un lieu acceptable,
08:43c'est ce qui avait été libre.
08:43Est-ce que c'est crédible techniquement ?
08:45Est-ce que ça, on peut, on sait faire sans problème ?
08:48Oui, c'est faire tout à fait sans problème.
08:50S'il n'y a pas d'hommage sur les cylindres,
08:53vous vous rappelez,
08:54l'uranium enrichi est dans des espèces
08:56de cylindres en métal,
08:59avec une fermeture extrêmement hermétique.
09:01Si ça, c'est toujours en état,
09:04c'est assez facile de les transporter,
09:06même à dos d'hommes.
09:07Ok, plus compliqué.
09:07Est-ce que ça, c'est acceptable par les Iraniens ?
09:10Ah ben là, je ne suis pas dans la tête des Iraniens,
09:14mais j'imagine que ça va être quand même difficile pour eux
09:17d'accepter de se séparer de ce stock de guerre,
09:22entre guillemets.
09:24Donc, il est probable qu'ils puissent accepter quand même
09:27qu'on puisse le diluer sur place.
09:29S'ils ont effectivement des installations nucléaires
09:31qui sont encore en utilisation,
09:35qui n'ont pas été complètement détruites,
09:37il est probable qu'on puisse le faire sur place.
09:39Mais là, encore une fois, il faudra qu'il y ait l'AIEA
09:41qui aille et qui vérifie l'ensemble.
09:44Tout le procédé, l'agence effectivement à l'énergie atomique,
09:47doit regarder tout le procédé.
09:50Évidemment, ça doit être sous les yeux.
09:51Ça, c'est...
09:52Si Trump accepte, c'est une concession majeure
09:55qu'il fait aux Iraniens.
09:56Moi, j'ai du mal à croire que Trump laisse faire.
09:59Les Iraniens, je pense qu'ils seraient ravis
10:01de pouvoir dire, on va diluer l'uranium.
10:03On va le faire chez nous, dans notre punie de cuisine.
10:05Mais ils montrent et ils trichent depuis 47 ans.
10:07C'est là où je pense que pour Trump,
10:09là, il va être, comment dire,
10:11l'objet de toutes les attaques.
10:13Déjà qu'aux États-Unis, il est soumis à une fronte très forte
10:15de la part de Républicains et d'autres
10:18qui l'accusent d'un accord catastrophique pour l'Amérique,
10:20pour la crédibilité de l'Amérique,
10:22qui signifierait la fin de l'Empire américain.
10:25Vous voyez comme quoi on peut être excessif.
10:27Mais effectivement, imaginez cette concession-là,
10:29c'est-à-dire dire aux Iraniens,
10:30OK, diluer et on va faire vérifier
10:32par les inspecteurs de l'AIEA.
10:34Ça, vous n'y croyez pas ?
10:35Ça me semble pour un pari extrêmement dangereux.
10:38Là, je pourrais rejoindre M. Carsanti,
10:43mais je n'y crois pas.
10:45Mais ce qui est intéressant,
10:46c'est que c'est dans la négociation.
10:48Ça veut dire quoi ?
10:48Ça veut dire que malgré les ruptures du cessez-le-feu,
10:51malgré les pétroliers en feu,
10:53on continue à discuter.
10:55L'autre option qui est intéressante,
10:58qui n'avait pas apparu depuis le début de la guerre,
11:00c'est la Chine.
11:01On avait parlé de la Russie, effectivement.
11:03Poutine avait dit, moi, je suis candidat,
11:04je suis là pour aider, si vous voulez.
11:06À plusieurs reprises, il a tenté d'entrer dans la négociation.
11:09Trump ne l'a jamais voulu.
11:10Par contre, il est allé à Pékin.
11:11Est-ce qu'à Pékin, il y a eu des avancées sur ce point ?
11:15Et est-ce que la Chine pourrait effectivement dire,
11:17on prend en charge pour aider à résoudre la crise du développement ?
11:20Il y a l'autre point, Emmanuel Gallichet,
11:22c'est-à-dire qu'il y a les 440 kg d'uranium enrichi
11:23à plus de 60 %,
11:25on voudrait les diluer, rabaisser le taux d'enrichissement
11:31justement pour éviter d'en faire une bombe à la fin.
11:34Mais après, il y a l'enrichissement lui-même.
11:35C'est-à-dire, est-ce qu'on laisse aux Iraniens
11:37la possibilité de continuer à enrichir de l'uranium ?
11:41Trump voudrait zéro enrichissement.
11:44Zéro.
11:44C'est-à-dire qu'au moins pendant, je ne sais pas,
11:4615, 20 ans, les Iraniens,
11:48terminez, vous ne l'enrichissez plus,
11:49vous ne vous servez plus des centrifugeuses.
11:51Est-ce que ça, ça vous paraît viable et crédible ?
11:53Alors, si effectivement, l'unique but de ces guerres
11:58était une guerre contre la prolifération nucléaire,
12:02c'est l'unique objectif.
12:04C'est à ça qu'il faut arriver.
12:05C'est bien un démantèlement total
12:07de l'ensemble des installations
12:09de manière à ce qu'il n'y ait plus d'enrichissement
12:12sur le sol iranien.
12:14Maintenant, est-ce qu'ils arriveront à cet objectif ?
12:18Là, je n'en sais rien.
12:20C'est sûr que pour les Iraniens, c'est beaucoup d'argent
12:22qui a été mis dans ce...
12:24Il faut se rappeler,
12:25l'Iran a fait deux projets industriels,
12:28l'aérospatial, le nucléaire.
12:30Ils ont mis tout leur argent dedans,
12:32toute leur tête pensante dedans.
12:34Donc, c'est énormément d'efforts financiers et humains
12:37qui le laissent tomber.
12:39Ça me paraît complètement aberrant.
12:40On ne va pas prendre des paris, Philippe Carcentine.
12:42Mais pour vous, sur ce point-là, sur l'Euranium,
12:44quelle est la ligne rouge de Trump pour vous ?
12:47Qu'est-ce qu'il ne laissera jamais passer, Donald Trump ?
12:49Alors, je crois qu'on l'a entendu répéter.
12:53L'Iran n'aura jamais l'arme atomique.
12:55Ça, c'est la première chose.
12:56Mais encore une fois, je veux vraiment aller plus loin.
12:58Le balistique dont vient de parler Mme Galichet
13:01est aussi une problématique.
13:02Et les armées délocalisées qu'on appelle proxidantes
13:05sont des armées.
13:05Le Hamas, l'Hezbollah, les Houthis et les milices en direct
13:08sont des armées délocalisées.
13:09C'est pour ça que chaque fois que j'entends qu'on nous dit
13:11« cette guerre est illégale, Israël n'était pas attaqué ».
13:13En fait, Israël et les États-Unis ont toujours été attaqués
13:16par des armées délocalisées de l'Iran.
13:17Alors, c'est facile de dire « ah ben, c'est pas moi ».
13:19Enfin, ce sont les groupes qu'ils financent et qu'ils arment.
13:22Donc, en fait, très concrètement,
13:24très concrètement, moi, j'assume parfaitement,
13:26je dis qu'Israël et les États-Unis avaient parfaitement
13:28le droit d'attaquer l'Iran.
13:30Et on a encore le droit, jusqu'au bout, d'aller
13:32parce que le seul objectif final de cette guerre
13:34est le changement de régime.
13:36Peut-être que ce n'est pas dit poliment
13:37parce que les diplomates sont des rejans.
13:40Surtout, ça n'est plus dit du tout.
13:41Mais ça n'est plus dit du tout.
13:42Mais ça n'est peut-être que le seul objectif final.
13:44Parce que depuis le 15 mars, Donald Trump et toute son équipe
13:47disent clairement que le changement de régime
13:49est déjà intervenu.
13:51Le fait d'avoir démonétisé ce mot
13:53de changement de régime en disant simplement
13:55« voilà, on a décapité, sans mauvais jeu de mots,
13:57la plupart des 40 grandes têtes du régime iranien,
14:00ça a fait qu'il y ait un changement de régime de facto. »
14:03Ça veut dire qu'aujourd'hui,
14:05quand Donald Trump et ses affidés parlent
14:07de changement de régime,
14:08de fait, ils se sont tout simplement tirés une balle dans le pied
14:11parce qu'ils ne peuvent plus aujourd'hui convoquer cette carte,
14:13invoquer cette carte.
14:14Ce changement de régime a déjà eu lieu sans l'eux.
14:17Et ils ont une autre, évidemment, épine dans le pied
14:19qui est bien sûr la question du Détroit d'Ormuz
14:20parce qu'en un mot,
14:22ce que les Iraniens sont en train de faire aujourd'hui,
14:24c'est mettre en œuvre avec leur autorité de gestion du Détroit
14:28quelque chose qui n'est pas complètement illégal
14:31selon par exemple l'article 21 ou l'article 26
14:33de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer.
14:35Peut-être qu'on en reparlera un autre jour.
14:38J'ai l'impression que ça va l'encontre de tout ce que vous nous dites
14:40depuis des semaines, pas complètement illégal ?
14:41Alors non, justement, ce que je vous dis depuis des semaines,
14:43c'est que l'Iran essaye effectivement de rendre
14:46ce qu'ils mettent en place, c'est-à-dire leur fait accompli,
14:48ils essayent de le tourner de manière à ce que ça devienne légal
14:51ou ça puisse être considéré quelque chose de à peu près légal
14:54sur cette question de la gestion du Détroit.
14:56D'abord par Oman, puis ensuite par la communauté internationale.
15:00Et de fait, ce qui est intéressant ici,
15:01c'est que la manière dont cette autorité du Détroit
15:05est en train de mettre en place, d'opérationnaliser
15:08cette gestion du Détroit par les normes qu'ils demandent,
15:10par les papiers qu'ils demandent,
15:11la documentation Q88, qu'on a déjà évoquée ici,
15:15et bien de fait, on voit que petit à petit,
15:17au fur et à mesure des jours,
15:18quand là, depuis deux jours, justement,
15:20les gardiens de la Révolution vous disent
15:21« En fait, ce n'est pas du racket, ce n'est pas illégal,
15:25c'est simplement des services en avitaux
15:29ou des services aux navires qu'on offre
15:32en échange effectivement d'un paiement »,
15:34et bien de fait, ils se rapprochent petit à petit
15:36de quelque chose qui pourrait être
15:39assez proche de la légalité.
15:40On n'est pas obligé de rentrer dans le jeu
15:41de cet État voyou.
15:43Non, non, mais je suis en train d'entrer
15:44dans l'enjeu de personne.
15:46Non, mais Philippe, il faut arrêter.
15:48Non, mais je ne suis pas en train de rappeler
15:48dans la narrative, je suis en train de vous dire
15:50la réalité de ce qu'est le droit maritime
15:52et de comment ils essaient de l'instrumentaliser
15:54pour justement pouvoir imposer
15:56ce qu'ils veulent, c'est-à-dire la gestion du Détroit.
15:59Oui, juste pour dire que sur la prolifération nucléaire,
16:03il y a quand même deux dossiers historiques
16:04sur lesquels on a des résultats.
16:08Taïwan, qui était dans le même État que l'Iran,
16:11c'est-à-dire avec un vrai programme secret militaire,
16:13et là, les États-Unis ont réussi
16:15à le démanteler totalement.
16:18Donc Taïwan n'a pas eu d'armes nucléaires.
16:20Et puis de l'autre côté, la Corée du Nord,
16:22où là, on a laissé un peu traîner, etc.
16:26Et ils ont l'armes nucléaires.
16:27Et c'est la catastrophe Clinton.
16:28Et c'est Clinton qui a laissé la Corée du Nord
16:30avoir l'armes nucléaires.
16:31Et je tiens à dire que la différence entre Taïwan
16:33et l'Iran, enfin les Mola iraniens,
16:35c'est que Taïwan, c'est un pays rationnel
16:37avec des dirigeants rationnels.
16:38Et face à nous, on a des dirigeants apocalyptiques
16:40qui veulent mettre la planète à feu et à sang.
16:42Et c'est pour ça que l'on devra s'en débarrasser.
16:43Tant de Donald Trump, Lisa ?
16:45Oui, compte tenu des prévisions météorologiques
16:47défavorables pour demain,
16:48notre réunion du cabinet se tiendra à la Maison Blanche
16:50et le déplacement du cabinet à Camp David est reporté.
16:53Donc tout notre débat sur Camp David,
16:54eh ben voilà, c'était bien utile.
16:56C'est pour ça qu'en tout cas,
16:57ça continue et contribue à dire
16:58que ce n'était pas à chercher un symbole historique.
17:04En tout cas, je vous remercie toutes et tous.
17:06Sous-titrage Société Radio-Canada
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