00:00Donald Trump n'a pas utilisé, pour repartir du sommet de l'OTAN,
00:03n'a pas utilisé le Boeing 747 avec lequel il était venu en Turquie,
00:08le Boeing offert par le Qatar.
00:09Le président est monté dans une ancienne version d'Air Force One,
00:14l'ISADEF, visiblement pour des questions de sécurité.
00:17Oui, pourtant à l'aller, le président était bien à bord,
00:19mais entre-temps la reprise des frappes a effectivement visiblement changé la donne.
00:23Le Secret Service a ordonné à Donald Trump de descendre de l'avion
00:28à cause de plusieurs failles de sécurité dans le nouvel avion.
00:31Ce sont les arguments avancés.
00:33Le Air Force One, ancienne version, est notamment doté d'un système conçu
00:37pour aveugler un missile antiaérien.
00:39Il a aussi de petits leurres, par exemple, pour tromper un missile
00:42et le dévier de sa trajectoire.
00:44Des outils donc de sécurité qui manqueraient sur le nouveau modèle.
00:47Résultat, Donald Trump, regardez, a dû changer d'avion en cours de route,
00:52lui qui avait pourtant insisté pour que ce Boeing offert par le Qatar
00:55soit opérationnel le plus rapidement possible.
00:58Et c'est peut-être là le problème, se précipiter,
01:01c'est donc prendre le risque que toutes les sécurités requises
01:04pour protéger le président ne soient pas correctement mises en place.
01:07Et Trump prend ce sujet presque à la légère
01:10face aux journalistes qui l'accompagnaient à bord.
01:12Écoutez.
01:13Vous êtes au courant d'une menace crédible de l'Iran, contraire à Force One ?
01:16J'ai une menace tout le temps.
01:18Je suis numéro un sur la liste, avant vous.
01:21Mais si je pars, vous partez aussi.
01:22Donc peut-être que certains d'entre vous veulent changer de profession.
01:27Si je pars, vous partez.
01:29Pourtant, la Maison Blanche avait bien assuré que tout était en or.
01:31Tout était, c'est-à-dire, sécure, pour parler comme les...
01:33Sécure, en français, dans le texte.
01:35Le nouvel Air Force One est un avion ultra-moderne,
01:37doté de protocoles de sécurité de haut niveau,
01:40qui garantissent la sécurité du président et de son personnel.
01:44On ne peut pas faire plus clair.
01:45Des proches du président ont confié au New York Times
01:47que le nouvel avion a bien toutes les caractéristiques de l'ancien
01:51et que ce changement d'avion n'était, je cite, qu'une précaution.
01:54Mais dans le même temps, on a le Pentagone qui dit l'inverse.
01:57Pour que le nouvel avion soit à la hauteur de l'ancien,
02:00il faudrait faire au moins un an de travaux
02:02et débourser environ 400 millions de dollars.
02:06Donald Trump, lui qui est si pressé d'utiliser son nouvel appareil,
02:10n'en démord pas puisqu'il écrit sur les réseaux sociaux
02:12qu'il a volé à bord de l'ancien, non pas parce qu'il manque
02:15des atouts de sécurité, mais uniquement par, regardez, nostalgie.
02:19Par nostalgie, bien sûr.
02:21Elsa Vidal, est-ce qu'il y a, comment dire,
02:24une menace encore plus grande aujourd'hui contre Trump,
02:28menace qui viendrait de l'Iran et encore plus grande
02:30parce qu'il y a ces frappes et ces tensions qui reviennent ?
02:32Oui, il y a une fraction du régime iranien
02:35qui, bien sûr, verrait comme un couronnement, si c'était possible,
02:38la capacité à abattre, d'une part,
02:40ce qui est le fleuron, le symbole absolu de la puissance américaine.
02:44Comme les Américains ont abattu l'ayatollah Khamenei.
02:47Absolument, particulièrement cette période d'obsèque
02:49de l'ayatollah Khamenei qui se conclut aujourd'hui à Machrad.
02:54Il y a donc cette possibilité de cette frappe, finalement, trophée.
03:00Et puis il y a aussi deux éléments.
03:02La nécessité pour les services secrets de montrer qu'ils sont vigilants.
03:06Ils ont quand même largement échoué la dernière fois
03:08lors de la tentative d'attentat loupé qui s'est passée à Washington
03:13et qui a quand même failli.
03:14Il y en a eu au moins deux.
03:16Et les précédentes pendant la campagne.
03:18Au moins deux, oui, où ils se sont légèrement troués.
03:20Donc, pas mal de fiascos à faire oublier.
03:22Et puis, il y a, bien sûr, une grande pression aussi pour Donald Trump.
03:28Et c'est ce plaisir que vous voyez.
03:30Il ne boude pas son plaisir à être bravage.
03:32Moi, finalement, j'ai le cran.
03:33Je suis... Il veut être le numéro un, même sur la liste des assassinats à prévoir.
03:38Le trophée Trump, Jean-François Codossimon ?
03:40Oui. Encore une fois, on peut penser que ces symboles n'agissent pas,
03:45mais ils sont très, très forts.
03:47La fatwa, il est frappé une fatwa.
03:49Comme Saman Rush dit, ces fatwas sont irrévocables.
03:52Bon, c'est un homme âgé, mais disons que s'il était plus jeune, dans 30 ans,
03:56n'importe quel musulman du monde, et qui adhère évidemment aux idées de l'Ola,
04:01ce n'est pas le cas de tous les musulmans, moi, s'en faut,
04:05serait en droit de l'assassiner parce qu'il est défini comme ennemi de Dieu.
04:11C'est-à-dire que c'est le plus haut niveau, si vous voulez, d'abomination humaine
04:15qui puisse exister, là, vous êtes irrécupérables.
04:18C'est-à-dire que vous êtes mis Dieu à dos.
04:19C'est-à-dire que vous êtes mis Dieu à dos.
04:20C'est-à-dire que vous n'avez plus une affaire humaine.
04:21Les hommes sont juste là pour vous égorger,
04:23parce que c'est Dieu qui crie vengeance.
04:25Non, non, c'est pas...
04:27Et alors, d'autre côté, ce qu'il y a d'extraordinaire,
04:29c'est que lui, il pense qu'il est immortel,
04:31puisqu'il est rescapé, n'est-ce pas ?
04:33Vous vous souvenez de son fameux discours,
04:35« Pourquoi est-ce que j'ai été sauvé ? »
04:37Parce que Dieu voulait que je le sois pour sauver l'Amérique.
04:40Et là, vous avez quand même...
04:41Nous, on est un peu perdus,
04:42mais vous avez quand même des représentations.
04:44Ça ne veut pas dire que tout le monde y croit,
04:46mais ces représentations,
04:47elles sont quand même marquées par l'empreinte du divin,
04:50par donc le maximalisme le plus complet.
04:53Et nous aurions tort de penser qu'elles n'agissent pas,
04:56malgré tout, sur les consciences.
04:58– Mico, et ensuite, je voudrais qu'on revoie
05:00les images d'Air Force One quand même.
05:01– Oui, ici, l'enjeu par rapport à Air Force One,
05:03c'est aussi pour Donald Trump de masquer une bêtise.
05:06Et la bêtise, c'était quoi ?
05:07C'est le fait d'avoir voulu accélérer le rétrofit de l'avion.
05:11Alors, de quoi je parle ici ?
05:12– Rétrofit.
05:13– L'avion qui a été donné en cadeau par le Qatar
05:16est en fait un avion, un Boeing 747-800,
05:20qui était, si vous voulez, à la retraite,
05:22qui était mis à la retraite.
05:23Et donc, pour transformer cet avion-là en un avion,
05:26on en a un VC-25,
05:27c'est-à-dire un avion avec une dimension militarisée,
05:30tout ce qu'on a déjà évoqué en termes de sécurisation, etc.
05:32– De fait, ça prend du temps.
05:34Et parce que Donald Trump ne voulait pas attendre,
05:36parce qu'il y a eu des pressions venant de la Maison-Blanche
05:39sur tous ceux qui faisaient le rétrofit,
05:41c'est-à-dire la conversion de ce 747-800 en VC-25,
05:46de fait, ils n'ont tout simplement pas mis ce qu'il fallait
05:49en matière de sécurisation.
05:51Là, pour le coup, c'est une réalité.
05:52Et c'est de fait Donald Trump qui en est à l'origine.
05:56Et là, on a tout simplement Donald Trump qui,
05:59tout simplement, comme on dit en anglais,
06:00« It's what he cooks »,
06:01c'est-à-dire, il mange ce qu'il a cuisiné.
06:03– Michel Polacco, on va revoir les images
06:07de l'ancien modèle, celui dans lequel finalement a volé.
06:10Et on voit sur le nez de l'avion,
06:12une espèce d'excroissance sur le nez de l'avion.
06:14Ça fait partie des systèmes de sécurité.
06:16Il y a quoi dans cette excroissance
06:17qu'on n'a pas dans un 747 traditionnel ?
06:20– C'est l'emplacement où vient s'enquiller
06:24la perche de ravitaillement en vol,
06:26d'un avion ravitailleur qui permettrait à ce moment-là
06:29à l'avion Air Force One
06:31d'avoir beaucoup plus d'autonomie en vol
06:34et donc de pouvoir franchir des distances
06:38qui seraient évidemment imprévisibles
06:39par d'éventuels agresseurs.
06:41Cela dit, vous ne pouvez pas dire l'ancien
06:43parce qu'il n'y a pas d'ancien.
06:44Il y a aujourd'hui deux avions présidentiels aux États-Unis
06:48qui ont effectivement 40 ans,
06:50mais ce sont des avions qui sont parfaitement équipés
06:53pour être ravitaillés en vol,
06:56pour communiquer avec les forces nucléaires stratégiques américaines,
07:00pour communiquer avec tous les moyens de défense
07:04qui existent de par le monde,
07:06avec les moyens américains qui existent par le monde
07:10sur toutes les bases américaines dans le monde, etc.
07:12Ils peuvent même communiquer directement en cas de besoin et d'urgence
07:17avec des sous-marins d'attaque
07:19ou voire avec des sous-marins nucléaires lanceurs d'engins
07:21qui seraient en posture de préparer un tir.
07:25Donc vous voyez, c'est quand même quelque chose de considérable.
07:27C'est un avion qui est un avion pour le président des États-Unis,
07:31patron de l'une des deux plus grandes puissances nucléaires du monde.
07:34L'avion du Qatar, c'est un gadget.
07:36C'est un avion d'affaires, un gros avion d'affaires,
07:40un avion VIP dans lequel on a mis un téléphone satellite
07:43et deux ou trois systèmes anti-missiles.
07:47Mais c'est très très léger, c'est très insuffisant.
07:51Et la preuve, c'est que le Pentagone et l'US Air Force
07:54n'ont pas voulu qu'ils repartent avec son gadget, avec son caprice,
07:59mais ils ont voulu qu'ils repartent avec son Air Force One, le vrai,
08:03celui qui est un avion conçu pour réserver le président des États-Unis.
08:07Et je vous rappelle que les 747-800 dont on parlait,
08:11comme le gadget en question, le Qatari,
08:14ce sont des avions qui sont en cours d'aménagement depuis plus de cinq ans
08:19et qui vont être mis en service fin 2017, début 2018.
08:23Et le président des États-Unis, à ce moment-là,
08:26pourra voler dans un modèle d'avion qui sera véritablement adapté à sa fonction.
08:31– Michel Polacco, une toute dernière question de culture générale.
08:34Vous me confirmez qu'en fait, on appelle Air Force One tout avion
08:37à bord duquel se trouve le président américain.
08:39Ce n'est pas cet avion-là particulièrement, etc.
08:41C'est tout avion à bord duquel se trouve le président qu'on appelle Air Force One.
08:45– Voilà, l'indicatif de l'avion à bord duquel se trouve le président,
08:48c'est Air Force One.
08:50Quand il est dans un hélicoptère, c'est Marine One,
08:52parce que ce sont les hélicoptères de la marine, de l'US Marine Corps.
08:57– Et si d'aventure, vous le mettez sur un vélo, ce sera vélo One, voilà.
09:02– Merci beaucoup Michel Polacco d'avoir été avec nous ce soir, Mika.
09:06– Mais oui, en fait, ce qui s'est passé, c'est que pour gagner du temps,
09:09ce sur quoi ils ont rogné, et ça pour le coup, c'est des informations qui sont publiques,
09:13c'est sur la préparation, par exemple, en matière de protection anti-missiles,
09:17ou c'est sur la préparation, par exemple, en matière de protection
09:20par rapport à des armes électromagnétiques.
09:21Et donc, de fait, ça, effectivement, ça prend du temps à être testé,
09:26installé, vérifié, débogué, appelez ça comme vous voulez,
09:29et de fait, l'avion n'était tout simplement pas prêt.
09:32– Il faut comprendre que finalement, Donald Trump a pu faire lever
09:35le carton rouge de cet avion, si j'ai bien compris.
09:38– Ça marche aussi pour les avions.
09:39– C'est ça, ça marche aussi pour les avions.
09:41– C'est ça, c'est ça.
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