- il y a 2 jours
Chaque soir, Alice Darfeuille vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00Quaquin va devoir raconter une histoire qui donne l'impression qu'il sort grandi de ces négociations.
00:05On parle beaucoup de la menace nucléaire, on a beaucoup parlé aussi de la menace balistique évidemment ces dernières semaines.
00:12Et du coup je voudrais qu'on s'arrête aussi quand même sur ce qui s'est passé ce week
00:16-end en Ukraine.
00:17Sachant que ce soir, le chef de la diplomatie russe, Sergei Lavrov, a quand même exhorté Marco Rubio
00:23à évacuer l'ambassade américaine à Kiev en vue de nouvelles frappes.
00:28Voilà ce qui s'est passé ce week-end.
00:31Il y a ce missile, ce fameux missile Oreschnik, Général Sidos, qui a été utilisé.
00:37Alors il faut quand même rappeler qu'il n'y a pas eu que ce missile.
00:4090 missiles, 600 drones, les Ukrainiens ont vécu l'une des pires nuits depuis le début du déclenchement de cette
00:47guerre en 2022.
00:48Mais ce missile Oreschnik, il est particulier. Pourquoi ?
00:52Il est particulier d'abord parce qu'il n'y en a pas beaucoup qui ont été interceptés, voire pas
00:56du tout.
00:57Autant sur les frappes de drones, il y en a à la quasi-totalité qui ont été interceptés.
01:00Mais tout ce qui est missiles, il y en a très peu qui ont été interceptés.
01:04On dit que c'est un météorite.
01:06Oui, il va très vite.
01:08D'abord, il fait 5000 kilomètres.
01:10Il va à Mach 10.
01:11Il a une portée de 5000 kilomètres.
01:13C'est un missile balistique à portée intermédiaire.
01:16Il a été utilisé trois fois.
01:18Donc là, c'est la troisième fois hier.
01:20Alors c'est le Noastier, Arjechnik.
01:22C'est bien ça ?
01:23Oui.
01:23Voilà.
01:24Parce que l'accent n'est pas sur le haut.
01:27Arjechnik.
01:28Donc voilà.
01:29Et effectivement, alors il a été utilisé trois fois.
01:31La première fois, c'était en 2024.
01:32La deuxième fois en janvier de cette année.
01:35Et donc là, la troisième fois.
01:37Alors il pose problème parce que, justement, c'est une arme normalement à destination dissuasive nucléaire.
01:44Et que là, alors ils n'en ont pas beaucoup.
01:46Je crois qu'ils en fabriquent 25 par an.
01:47Ce qui n'est pas gigantesque.
01:48C'est-à-dire que ce missile peut transporter une bombe nucléaire.
01:52Oui, une double charge.
01:53Soit l'une, soit l'autre.
01:54Et ensuite, il a plusieurs têtes.
01:56Pourquoi vous dites non ?
01:57Parce que Poutine nous balade depuis deux ans et demi avec ce fameux Arjechnik.
02:01D'abord, ce n'est pas un missile.
02:03C'est un complexe de lancement de missiles.
02:06Poutine n'a jamais prononcé le mot « Raketa Arjechnik ».
02:09Il a dit toujours « Raketa n'est complexe Arjechnik ».
02:13Oui, mais ce n'est pas parce que Vladimir Poutine chipote qu'on est obligé.
02:15C'est très important.
02:16C'est très important par rapport à ça.
02:17Ça veut dire que, en réalité, ce que les sources militaires en Ukraine et en Russie disent,
02:25c'est que les Russes ont pris un vieux missile soviétique du style Kedre ou du style Topol.
02:31Ils ont enlevé un étage de ce missile et ils ont mis les têtes à la place des têtes potentiellement
02:39nucléaires.
02:39Ils ont mis juste des têtes en métal remplies de béton.
02:43Et donc, en fait, on utilise uniquement la force cinétique de ces têtes qui tombent tout simplement du ciel avec
02:50une énorme vitesse.
02:52Mais il y a quand même un message, Sergei.
02:55On est dans une surenchère, là.
02:56Bien évidemment, mais Poutine nous a dit qu'à trois reprises qu'il était en train de mettre en construction
03:02en chaîne d'Arjechnik,
03:05personne n'a vu ces Arjechnik en chaîne.
03:20Ils ne l'ont pas, c'est ce que vous dites.
03:22Ça veut dire qu'à la limite, il aurait pu utiliser ce vieux missile.
03:26Mais à ce moment-là, ça pose des problèmes parce qu'il faut mettre de l'argent.
03:31C'est trop dangereux parce qu'en fait, le combustible des missiles russes, c'est du poison.
03:38En fait, c'est très compliqué.
03:40Et en fait, il les envoie tout simplement sur la tête des Ukrainiens en utilisant tout simplement la...
03:45Et là, cet Arjechnik, la dernière chose très importante, il n'a pas été lancé sur Kiev.
03:52Il a été lancé sur la ville de Berlaïd-Cerk, qui est à 80 km de Kiev.
03:56Et il a été lancé sur les garages.
03:59Il a détruit trois garages.
04:01Et on dit même qu'il y en a deux qui ont été tirés et il y en a un
04:04qui est tombé en Russie.
04:05En Russie, à Lugansk.
04:07En fait, moi, je rejoins en partie ce que dit Sergei.
04:11La capacité de production, elle me semble exagérée.
04:14Parce qu'en deux ans de guerre ou trois ans de guerre, puisque les premiers ont été tirés en 2024,
04:20ils n'en ont tiré que quatre, dont un qui s'est écrasé en Russie.
04:25Alors certes, il est plus rapide que les autres.
04:27On me dit Mac-11.
04:29Les autres, Mac-8, Mac-7...
04:31Ça veut dire quoi, Mac-11, Mac-8 ?
04:33On se voit la vitesse du son.
04:34D'accord.
04:35On se voit la vitesse du son.
04:36Donc, il ne le rend...
04:37Il n'est pas interceptable par les patriotes ou par les samtés français ou italiens.
04:43Aucun système de défense anti-aérienne ne peut l'intercepter.
04:48La problématique, le problème tel que je le conçois, c'est qu'effectivement, comme disait le Général Sidos,
04:55c'est normalement un engin qui rentre dans la composante nucléaire.
05:00Ce qui fait que, lorsque cet engin est tiré, personne ne sait, avant qu'il soit tiré,
05:06s'il a effectivement une gueuse en béton, ça veut dire qu'il est vide de charges militaires,
05:12ou si, au contraire, il a une charge nucléaire.
05:14Et c'est toute la problématique de la mise en branle, de la mise en opération,
05:19de toute la chaîne de dissuasion nucléaire pour tirer ce type de missiles.
05:23Et donc, il y a quand même un vocabulaire, il y a quand même une grammaire nucléaire dans le fait
05:28de tirer ce type de missiles.
05:28Un message, quoi.
05:30Mais je rajouterais que, comme ils coûtent très cher, qu'ils en ont tiré très peu,
05:34parce qu'à mon avis, la production, elle ne doit pas être aussi grande que ça.
05:38Et tout compte fait, ces missiles hypersoniques, ils n'ont pas changé le cours de la guerre.
05:43En revanche, je pense que les centaines, les milliers de Shahed ou de Géran qui sont produits actuellement en Russie,
05:51c'est une arme qui va user, parce que ce n'est pas cher, parce qu'on peut en tirer
05:56des centaines, des milliers.
05:57Et je suis convaincu, moi, que ça, c'est, encore une fois, on est dans la symbolique,
06:03alors que la véritable menace, ce qui risque de peser sur la population et les forces ukrainiennes,
06:08ce sont les drones qui, eux, sont bon marché et qui sont en côté phénoménales.
06:13C'est ce schéma qui a été diffusé ce week-end par nos confrères du Monde,
06:16que je trouve très intéressant, sur les composantes de la dissuasion nucléaire.
06:22Le maritime, composantes aériennes et composantes terrestres.
06:26Et de quoi disposent les pays qui sont censés disposer de l'arme nucléaire ?
06:32Donc, ça veut dire que quand on parle de composantes terrestres, par exemple, c'est un Orelchnik, précisément ?
06:38Non, c'est les missiles intercontinentaux qui sont tirés des silos.
06:42Mais ils ne sont pas forcément intercontinentaux.
06:44Et ma question est, au-delà des Russes, quels sont les autres pays qui sont censés disposer de missiles similaires
06:51comme ça,
06:52comme ceux au Orelchnik ?
06:54Vous avez les cinq pays dotés.
06:56C'est-à-dire États-Unis, Chine, Russie, Chine, France et Grande-Bretagne.
07:01Sauf que la France a renoncé à sa composante terrestre.
07:05Nous avions ce qu'on appelait le golfe le plus cher au monde, les 18 trous du plateau d'avion,
07:11qui ont été démantelés.
07:13Et la France...
07:15Composantes maritimes et aériennes, on le voit très bien sur cette terre.
07:18C'est pour ça que je trouvais que c'était intéressant.
07:19Donc nous, on n'a pas l'équivalent d'un Orelchnik, par exemple.
07:24On n'a pas l'équivalent sol-sol.
07:26Sol à sol.
07:27Vous avez quand même dit une chose très importante, c'est qu'au-delà du tir du missile,
07:31le ministre des Affaires étrangères russe, aujourd'hui, a fait cette déclaration demandant,
07:36exhortant, entre guillemets, les diplomates occidentaux, américains en particulier,
07:39puisqu'il s'est adressé à Marco Rubio, l'américain.
07:42Mais pas seulement.
07:44Ça touche aussi les diplomates européens, et notamment la France.
07:47C'est une menace qui est sans précédent, puisque depuis le début de la guerre,
07:51il n'y a jamais eu, de façon ciblée, une attaque aussi précise contre les Occidentaux et leurs diplomates.
07:58Alors, d'abord, un point d'information.
08:00On a posé la question au Quai d'Orsay.
08:01Que fait la France ? Est-ce qu'elle évacue son ambassadeur ?
08:05Réponse, pas question.
08:06On n'évacue pas.
08:07Et ce n'est pas la première fois que Poutine nous menace.
08:10On est confronté à ça depuis le début de la guerre, d'une certaine manière.
08:15Mais ça fait longtemps qu'il n'y a pas eu un appel de ce type, quand même.
08:17L'ambassadeur de France, rappelons-le, est l'un des rares à être resté à Kiev
08:21pendant les premiers jours de la guerre, qui ont été décisifs.
08:25Donc, du côté français et du côté des Européens,
08:28on verra ce que disent les Américains,
08:30pas question de se soumettre à ces menaces, premièrement.
08:34Deuxièmement, il faut rappeler le contexte.
08:35Pourquoi Poutine se fâche, que ce soit avec des faux ou des vrais missiles ?
08:40Il a effectivement annoncé au Witterby qu'il y a eu un tir de missile et tout le monde l
08:44'a vu.
08:44Et il annonce d'autres frappes, encore plus importantes, contre Kiev et l'Ukraine.
08:49Donc ça, c'est préoccupant.
08:50Mais pourquoi ?
08:51Parce qu'au cours des derniers jours, les Ukrainiens, enfin des dernières semaines,
08:55les Ukrainiens ont réussi à frapper la Russie en profondeur,
08:58en touchant des usines, des centres de raffinerie, de pétrole,
09:05en affaiblissant la capacité économique de la Russie de façon extrêmement pointue.
09:11Et au cours de ces raids, il y a eu une frappe qui a touché une école.
09:15Oui.
09:16Non, non, non.
09:17Attendez, attendez.
09:18Ce n'est pas une école.
09:19Un lycée.
09:19C'est ce qu'on proclame les Russes, en tout cas.
09:21C'est un lycée, un centre scolaire.
09:23Non, non, non, c'est faux.
09:25C'est faux.
09:26C'est très important.
09:27C'est très important.
09:29Ce n'est pas une école.
09:30Ça s'appelle un collège.
09:32Oui, alors si vous préférez, c'est un collège.
09:33Je peux vous donner le nom.
09:34Collège en France, c'est jusqu'à 15 ans.
09:39En Russie, dans ce collège, c'est les gens, les étudiants de 19 à 23 ans.
09:44C'est une université.
09:45Mais c'est moins grave.
09:47Attendez, attendez.
09:48C'est pourquoi ?
09:48C'est parce qu'on y a un an.
09:49C'est une université.
09:50C'est un établissement scolaire qui se trouve à Starobilsk.
09:53Donc, ce qui est important, c'est qu'une frappe ukrainienne a touché un établissement
09:57scolaire.
09:58J'ai dit école.
09:58Militaire.
09:59Non, mais attendez.
10:00Militaire.
10:01Établissement scolaire.
10:01Scolaire, militaire.
10:02Peut-être militaire, on verra.
10:03C'est pas peut-être.
10:04Mais pourquoi j'en parle, Sergei ?
10:05C'est pas peut-être.
10:06Si je peux terminer.
10:06Oui.
10:07Si je peux terminer.
10:07C'est que les Russes en tiennent argument pour justifier les frappes contre l'Ukraine.
10:13C'est ça qui est important.
10:14Oui, mais il faut expliquer de quoi il s'agit.
10:16Si vous pouvez me dire que cet établissement est un établissement militaire, très bien.
10:19Très bien.
10:20Mais les Russes, si vous voulez, en fait, les Russes aujourd'hui disent, nous sommes,
10:26enfin, ils se disent qu'ils réagissent en fonction de ces frappes.
10:30En réalité, c'est une réponse aux frappes ukrainiennes.
10:33Et donc, c'est un mensonge.
10:33C'est pour ça, d'ailleurs.
10:34C'est sans doute un mensonge.
10:35Mais en réalité, c'est le risque auquel on va être confronté.
10:38Plus cette guerre va durer sans notre intervention, parce que la capacité de l'Ukraine à résister, elle s'accroît.
10:44Elle est obligée de porter des coups de plus en plus importants pour essayer de se sortir de cette ornière,
10:49étant donné que nous n'intervenons pas assez fortement.
10:53Et plus cette guerre durera dans ces conditions, plus il y a un risque aussi que les frappes ukrainiennes viennent
10:58déstabiliser
10:58et justifier en Russie, auprès de la population russe, l'usage de frappes contre les Ukrainiens.
11:04Je termine simplement pour dire que le fait qui est majeur, c'est que l'Ukraine, qui est donc envahie
11:10depuis 4 ans,
11:11réussit maintenant à porter des coups très durs contre la Russie.
11:14Et ça explique la réaction de Poutine.
11:16Alors qu'il y ait une guerre de communication, de désinformation sur ce qui a été ou n'a pas
11:20été touchée,
11:20bien entendu, vous êtes le premier bien placé pour en parler.
11:24Mais moi, ce que je trouve intéressant, c'est que ça oblige Poutine, finalement, à menacer les diplomates occidentaux,
11:30à leur dire que si vous ne quittez pas votre ambassade, on va taper et vous risquez d'en payer
11:35le prix.
11:36Donc c'est quand même un changement de situation, une sorte de renversement de situation qui nous semble intéressant.
11:40C'est pour ça qu'on voulait en parler ce soir.
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