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Christine Kelly et ses chroniqueurs débattent de l'actualité dans #Facealinfo

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00:01Bonsoir et bienvenue à vous qui nous rejoignez dans Face à l'Info, je suis ravie de vous retrouver sur
00:04l'antenne de CNews en ce lundi de Pentecôte.
00:08On en profite évidemment pour saluer Christine que vous retrouverez demain.
00:12Je vous rassure, dans un instant je vous présente les invités, ça me donne l'occasion de lancer le programme
00:17de cette émission.
00:18On va parler de cet animateur de maternelle qui est jugé ce mardi à Paris pour des violences sexuelles commises
00:24dans le 11e arrondissement de la capitale.
00:25Plusieurs autres sont mis en examen pour des faits innommables sur des enfants âgés de parfois 3, 4, 5 ans.
00:33Premier procès public sur ce sujet qui nous heurte, parents, enseignants, citoyens tout simplement.
00:39Gérald Darmanin souhaite que les choses bougent plus vite, il réclame même un plan Marshall à cet effet.
00:44Il est temps bien sûr d'en faire la priorité absolue car une société qui ne protège pas ses enfants
00:50est une société malade, nous dira sans doute Anne Cofinier.
00:53Tandis que Nelly Garnier qui est conseillère de Paris dans le 11e arrondissement est notre invitée ce soir.
01:00Autre sujet de société brûlant, l'ouverture d'enseignes de fast-food de poulet à des prix défiant toute concurrence
01:07doit aussi nous alerter sur les sacrifices que font les Français dans leur assiette.
01:12Ils sont 8 millions dans notre pays à vivre dans ce qu'on appelle l'insécurité alimentaire.
01:18Ces produits peu chers aux normes douteuses sont aussi des bombes à retardement sanitaire.
01:23Combien de cas de diabète ou d'obésité apparaîtront encore dans les prochaines années si l'on y prend garde
01:29?
01:29Chronique signée Jonathan Cixoux.
01:32Les relations sont bonnes entre la France et l'Algérie, nous assure le ministre de l'Intérieur.
01:37Elles sont même reparties vraiment.
01:39Mais alors pourquoi diable Alger vient-elle de voter la loi sur la criminalisation de la colonisation française ?
01:46Qualifiée de crime d'État.
01:48Égard à ceux qui seraient tentés de la glorifier, la peine encourue va jusqu'à 10 ans de prison.
01:54En outre, un article prévoit un certain nombre de réparations réclamées à la France et une reconnaissance officielle du passé
02:01colonial.
02:01Tout cela va-t-il donc dans le sens d'un apaisement ?
02:04Michel Fayad s'est penché sur cette question.
02:07Ils étaient plusieurs dizaines de milliers de catholiques cette année encore à se lancer dans le pèlerinage de Chartres et
02:14presque autant dans l'autre sens.
02:16Un pèlerinage de la Pentecôte qui convainc de plus en plus de jeunes.
02:19Destins croisés, gardiens de la tradition, autant de messages d'espoir.
02:23C'est même un symbole de recivilisation pour Gabriel Cluzel qui nous raconte cette longue et belle histoire qui remonte
02:29au Moyen-Âge.
02:45Bienvenue.
02:46Donc si vous nous rejoignez à l'instant, je suis ravie de vous retrouver.
02:48On a une historique parmi nous, bien sûr, Gabriel Cluzel.
02:50Vous tenez le flambeau de l'équipe des Mousquetaires que vous retrouverez demain en grand complet.
02:54Merci d'être là en ce lundi de Pentecôte.
02:57Bonsoir à vous, Jeanette.
02:58Bonsoir, chère Nelly.
02:59On se retrouve d'ici quelques minutes.
03:00Bien sûr, Michel Fayad aussi, vous l'aurez compris, qui viendra nous parler de l'Algérie.
03:04Et puis Anne Coffinier et Nelly Garnier, notre invitée spéciale qui rebondira sur ce sujet éminemment important.
03:10Car on va commencer avec vous, Anne.
03:12C'est demain que s'ouvre donc le procès d'un animateur d'une école du 11e arrondissement de Paris,
03:17soupçonnée d'agressions sexuelles sur des élèves de maternelle.
03:20Ce sera, je le disais, le premier procès public depuis que les révélations de violences sexuelles ont explosé de toutes
03:25parts ces derniers mois.
03:27Le collectif MeToo École a même appelé à manifester devant le tribunal.
03:33Le garde des Sceaux, Gérald de Darmanin, tente de prendre le taureau par les cornes,
03:37puisqu'il vient d'adresser une circulaire au procureur érigeant le traitement de ses dossiers en priorité absolue.
03:42Alors Anne, vous qui êtes experte en éducation, vous qui présidez, créez son école, vous êtes aussi maman de quatre
03:49enfants.
03:50Je pense que ça a son importance quand on aborde ce genre de questions.
03:53Quel regard portez-vous sur cette affaire du périscolaire aujourd'hui ?
03:57Comme la plupart des Français, c'est vraiment, ça me prend la gorge, il n'y a pas d'autre
04:01terme.
04:03Et ce qui s'est passé, c'est insupportable à mon avis à deux niveaux.
04:07Et le pire, c'est que c'était largement prévisible.
04:09C'est ça qui, à mon avis, est le plus intéressant à analyser.
04:13Pour commencer, d'abord, les faits sont en eux-mêmes terrifiants, par leur nature monstrueuse, bien sûr,
04:17mais par les conséquences de long terme dont on ne parle pas assez.
04:19Il s'agit de tout petits enfants qui sont blessés, abusés, violés.
04:23Et ces blessures ne se referment pas.
04:26On tue dans l'œuf la confiance en l'adulte, l'envie, la joie de vivre.
04:29Et nombre de ces enfants, en fait, deviendront, en porteront des séquelles post-traumatiques toute leur vie,
04:35qui affecteront leur capacité à entrer en relation.
04:39Et on sait d'expériences, et c'est ça qui est le plus effrayant,
04:42que ça les prédispose eux-mêmes à devenir, ces enfants victimes,
04:47à devenir une fois grands, des agresseurs sexuels.
04:49Alors évidemment, pas tous, et pas systématiquement, bien sûr.
04:52Vous ne faites pas dire ce que je ne dis pas.
04:53Mais les statistiques sont là.
04:55On sait très bien que quand on a subi, on a plus tendance à reproduire.
04:58Et c'est fondamental de l'Europe à l'épreuve.
04:59Donc, en fait, on a une bombe à retardement qui est là, présente, sous nos yeux.
05:04C'est important de les prendre en charge.
05:06Donc, il va falloir se pencher sur la question.
05:07Tout à fait.
05:09On sait bien, et ce n'est pas nouveau, puisque Sigmund Freud, en 1905, l'expliquait déjà,
05:13que les êtres plus fragiles, à commencer par les tout-petits, attirent particulièrement les pervers.
05:18À l'époque, on ne parlait pas de pédocriminels.
05:19Ce n'est pas un hasard malencontreux, donc.
05:21C'est un fait structurel, prévisible, qui devait donc être anticipé comme tel.
05:26Et c'est ça qui est important.
05:29Ces pédocriminels rivalisent d'ingéniosité, plutôt, pour se faire embaucher là où il y aura le plus grand nombre de
05:35proies.
05:36Donc, ça veut dire quoi ?
05:37Les crèches, les garderies, les centres aérés, les maternels.
05:40Ils recherchent en particulier les positions d'autorité,
05:42qui leur permettent plus facilement d'obtenir coopération et silence de la part des enfants,
05:46qui n'ont pas la capacité de verbaliser les abus dont ils sont victimes.
05:50Alors, je pose une question.
05:52Comment notre système du périscolaire a-t-il pu être structuré d'une manière si désinvolte,
05:57si confiante en la nature humaine ?
05:59Avec des recrutements de dernière minute, sans vérification du passé des animateurs,
06:03avec un encadrement limité et des contrôles impromptus, quasi inexistants.
06:07Encore une fois, la présence des prédateurs sexuels dans ce type de milieu n'est ni fortuite, ni étonnante.
06:14Elle est logique, prévisible, documentée.
06:17Je ne dis évidemment pas que tous les animateurs sont des péneaux criminels.
06:21Évidemment pas.
06:22La plupart doivent faire très bien leur métier.
06:24Je repose donc ma question.
06:26Comment n'a-t-on pas tenu compte de ce fait bien connu pour organiser le recrutement,
06:30l'encadrement, le contrôle interne et externe, la formation des cadres ?
06:34Et là, malheureusement, la réponse qui s'impose n'est pas sympathique.
06:37C'est que notre administration n'accorde pas à l'enfance le niveau d'importance et d'attention qu'elle
06:42mérite.
06:43Et comme toute société a l'administration qu'elle mérite,
06:46alors la conclusion s'impose, c'est que notre société fatiguée ne fait pas grand cas de sa jeunesse.
06:53Bref, elle ne s'intéresse pas à son avenir.
06:56Défendre le droit à l'innocence d'un enfant n'est pas la priorité de notre société.
07:00Et voici une autre preuve.
07:01On s'érige à peine contre la sexualisation précoce de la petite enfance dans la publicité.
07:06Par exemple, les vêtements ou les maquillages inspirés des codes sexuels adultes,
07:10les postes suggestives imposées aux enfants, etc.
07:12Et là-dessus, il y a des travaux extraordinaires qui sont faits par une chercheuse qui s'appelle Susan Lee,
07:16une chercheuse américaine, qui a montré les dégâts que ça produit.
07:21Donc, c'est à nous de protéger les enfants de ces représentations factices et de les préserver activement dans leur
07:27innocence.
07:27Alors, vous disiez, Anne, que ce drame du périscolaire, vous était insupportable à deux niveaux.
07:34Celui des faits, alors vous avez montré l'atrocité, l'étendue du désastre, si je puis dire.
07:39Surtout quand on prend la mesure de leur grande prévisibilité.
07:43Ça, c'était le premier aspect de votre papier.
07:45Mais quel est le deuxième niveau auquel vous vous référiez ?
07:48Le deuxième niveau, c'est le niveau judiciaire et politique.
07:52En fait, il y a un scandale dans le scandale.
07:54On va commencer peut-être par le judiciaire.
07:56Alors, Gérard Darmanin vient d'adresser une circulaire, c'est très bien.
08:00Mais les juges ne sont pas en nombre suffisant pour traiter les cas sans mettre en souffrance d'autres cas
08:05urgents.
08:05Il faut quand même bien voir comment est organisée la France.
08:08Nous avons là une criminalité de masse et nous n'avons pas assez de juges.
08:11Vous savez qu'il y en a à peu près 9000, un peu moins de 9000 en France.
08:15C'est-à-dire que vous avez 11 juges et demi pour 100 000 personnes.
08:18Si vous comparez avec l'Allemagne, c'est 20 et la médiane européenne, c'est 18.
08:24Je ne sais pas si vous voyez, on est quasiment à un rapport x2.
08:27Donc, il ne faut pas imaginer qu'en envoyant des circulaires, ça va changer grand-chose.
08:31Mais ça, c'est un problème systémique qui concerne toutes les autres affaires qui sont traitées.
08:34Toutes les autres affaires.
08:35Donc, si vraiment on veut traiter ce sujet-là, il faut plus de juges.
08:39À cela s'ajoute que les personnes en situation de recueillir la personne des enfants ne sont pas assez formées.
08:43J'aimerais bien insister sur ce point-là.
08:45Évidemment, qui sont les gens en première ligne ?
08:47Les parents, les professeurs, les directeurs.
08:50Les parents, les professeurs.
08:51En tout cas, les parents ne sont pas du tout formés.
08:53Et les professeurs et les directeurs, à peine ou tout récemment.
08:56Ensuite, vient la police et la justice.
08:58Et leur formation est souvent sommaire et très inégale d'un territoire à l'autre.
09:02Sauf dans des unités spécialisées qu'on appelle les UAPED.
09:05Unité d'accueil pédiatrique enfant en danger.
09:07Mais qui va dans ces unités-là ?
09:09Et le problème, surtout, c'est qu'il faut mener des actions de formation, de rattrapage en termes de formation.
09:16Mais le problème, c'est qu'en fait, avec un tout petit,
09:20le problème, c'est que sa mémoire est encore sujette à la reconstruction, à la fabrication de faux souvenirs.
09:24Donc, si un enfant est d'abord interrogé maladroitement, par exemple, ce qui est quasiment tout le temps le cas.
09:28Il peut garder ça comme référence.
09:29C'est ça.
09:30Et donc, ça va compromettre quasi définitivement sa capacité à rendre compte de ce qui s'est vraiment passé.
09:34C'est pour ça que c'est quasiment insoluble comme situation.
09:37Il y a quand même un autre degré de réflexion.
09:41Et là, il faut le porter au plan politique.
09:43Parce que, comme vous dites, pour pouvoir agir sur les leviers judiciaires,
09:47c'est déjà les politiques qui doivent s'en saisir pour pouvoir changer les lois.
09:51Et puis, effectivement, procéder.
09:53C'est la parole politique qui permet le recrutement de plus de magistrats,
09:57de plus de greffiers, qui est un problème systémique dans notre pays.
09:59On le sait.
10:00Oui, alors je pense que Délique Garnier nous donnera des informations beaucoup qualifiées.
10:03Pas de questions à nous poser.
10:04Mais en tout cas, dès 2015, au Conseil de Paris, la solette d'alarme est tirée par la droite,
10:10en particulier Jean-Pierre Lecoq, maire du 6e.
10:12Et surtout, il y a un rapport d'inspection générale de la ville de Paris,
10:16qui est très clair et très net, qui est disponible sur le réseau,
10:18en 2015, et qui confirme les cas risqués et ce qu'il faudrait faire.
10:24Et là, à quoi on a fait allusion ?
10:25On a fait affaire.
10:27On a eu tout simplement une Anne de Lago qui a dit,
10:29oui, on va faire quelques contrôles en plus, un peu de formation,
10:31mais qui n'a pas voulu traiter ça comme un problème politique,
10:34un problème d'urgence, vraiment, au niveau de la ville de Paris.
10:37Donc, ça remonte à 2015.
10:38Je ne sais pas si Nelly Garnier, qui est à côté de vous, peut confirmer.
10:40Ça fait déjà 10 ans qu'on est confronté à ça.
10:42En fait, en réalité, ça fait depuis...
10:44En fait, la réforme des rythmes scolaires, c'est 2013-2014.
10:47Et donc, on y reviendra, c'est quand on a dû recruter en masse n'importe qui
10:51que, dès la première année, il y a eu des cas.
10:54Alors, on y reviendra dans un instant.
10:56Alors, ça a été amplifié sous Emmanuel Grégoire.
10:58Tout à fait.
10:59C'est flagrant que le problème a été sous-traité.
11:01Et d'ailleurs, les termes utilisés par Emmanuel Grégoire
11:03ne laissent pas tellement à hésiter.
11:05Il a parlé, avec constance, de dysfonctionnement.
11:08Moi, je suis désolée.
11:09Quand vous avez affaire à des enfants qui sont violés, abusés,
11:12c'est un peu léger de parler dysfonctionnement.
11:14Et non seulement, il a parlé dysfonctionnement,
11:15mais ensuite, quand il a fait son fameux...
11:18Il a minisé constamment, en fait, la nature du drame.
11:22Et puis, quant à Annie Dago, elle n'a pas été non plus à la hauteur.
11:26Elle a pesé toute son autorité pour empêcher les débats
11:28au Conseil de Paris sur ce sujet.
11:29En traitant, d'ailleurs, les opposants un peu comme des gamins.
11:32Ils disaient, enfin, vous ne comprenez pas,
11:33vous voudriez qu'on n'embauche plus personne, etc.
11:35Donc, vraiment, d'une manière qui était très condescendante.
11:38Et elle a présenté, finalement, le fait qu'il y ait des pédocriminels
11:41comme une sorte de fatalité statistique.
11:45Après tout, c'est comme ça, dans la vie...
11:47C'est dans la société, c'est ça ?
11:47C'est dans la société, voilà.
11:48Donc, on peut le calquer sur l'école.
11:50Donc, maintenant, Emmanuel Grégoire juge absolument,
11:52à qui veut l'entendre, qu'il est très déterminé,
11:55qu'il prend ça au sérieux.
11:56Je suis désolée, ce n'est pas crédible.
11:57Ce n'est pas crédible.
11:58Pour moi, la seule chose qu'il ait à faire, c'est de démissionner.
12:00Alors, je suis d'accord, ça ne fait pas longtemps qu'il est élu,
12:01en tout cas au poste de maire,
12:03mais il pourrait quand même commencer par démissionner.
12:04Il était responsable à l'airage de la ville de Paris.
12:07Et les Français en ont assez,
12:09d'avoir des hommes et des femmes politiques
12:10qui portent en bandoulière leur impuissance
12:13et ne se sentent jamais responsables ni coupables de rien.
12:16Donc, Inès de Ragonel, par exemple, élue,
12:18elle a l'air très engagée à ce sujet,
12:19a demandé à ce que la mission d'information et d'évaluation
12:22qui vient d'être créée examine les responsabilités,
12:24notamment pénales, passées et présentes.
12:26Ça me semble fondamental.
12:28Merci beaucoup.
12:29On a plein de questions à vous poser.
12:31J'imagine que vous êtes d'accord avec l'ensemble du constat,
12:33Nelly Garnier.
12:34Je rappelle pourquoi on vous a invité.
12:35Vous êtes conseillère LR dans le 11e,
12:39conseillère de Paris,
12:40là où le scandale a commencé.
12:42J'ai envie de vous demander,
12:43comment avez-vous appris ce qui se passait réellement ?
12:46Qui ont été les premiers lanceurs d'alerte autour de vous
12:49et que vous a-t-on répondu instantanément
12:51quand vous avez soulevé cette question ?
12:53Alors, on savait qu'il y avait un problème
12:54dans le périscolaire depuis plusieurs années
12:56parce qu'on savait que c'était plus ou moins
12:58que de la garderie,
12:59en tout cas, ce n'était pas qualitatif.
13:00On savait qu'il y avait énormément de vacataires.
13:03On savait que ce n'était pas organisé,
13:05que ce n'était pas géré,
13:05que ce n'était pas piloté.
13:07Après, en avril 2025,
13:10effectivement, il y a eu un premier cas
13:11qui est sorti dans la presse
13:13au niveau de l'école Alphonse Baudin.
13:15Donc moi, je l'ai appris par la presse.
13:17Et à ce moment-là,
13:19un certain nombre de parents du 11e arrondissement
13:21m'ont appelé pour me dire
13:22qu'il y a un vrai problème au niveau de la CASP.
13:24La CASP, c'est l'organisation déconcentrée
13:27de la direction des affaires scolaires
13:28en disant qu'on remonte beaucoup de problèmes
13:31à la directrice.
13:33On n'est pas écoutés.
13:34On nous demande de ne pas affoler les autres parents,
13:37de ne pas faire des rumeurs,
13:39de rester calme.
13:41Et notamment sur cette affaire
13:42de l'école Alphonse Baudin,
13:44ce qui a créé beaucoup d'émoi,
13:46c'est qu'il y avait eu,
13:47et ça a été révélé ensuite
13:48par les inspections derrière,
13:50il y avait eu,
13:51dès le mois de septembre,
13:52un petit garçon qui avait dit à sa mère
13:55qu'effectivement l'animateur,
13:57quand il allait aux toilettes,
13:58lui touchait le sexe
13:59et que la mère l'avait remonté
14:01à la direction de l'école
14:02et qu'il y avait eu finalement,
14:03tout le monde s'était renvoyé
14:04la responsabilité,
14:05que ça n'avait pas amené
14:06à un signalement,
14:07à une enquête et à quelque chose.
14:08Et donc quand les parents
14:10se sont rendus compte,
14:10six mois après,
14:11qu'on avait laissé prospérer
14:13quelque chose qui aurait été,
14:14ça les a mis dans un état
14:15pas possible.
14:16Et puis ensuite,
14:17à partir de cette histoire-là,
14:19dans le 11e,
14:19il s'est passé quelque chose
14:20d'incroyable.
14:21C'est-à-dire qu'on a eu finalement
14:22toutes les semaines quasiment
14:24de nouvelles agressions
14:25et cet effet qui a forcément
14:28créé un émoi énorme
14:30dans l'arrondissement.
14:31C'est pour ça que j'avais d'ailleurs
14:32demandé un plan d'urgence,
14:33c'est pour ça que j'avais demandé
14:34une audition de la direction
14:35des affaires scolaires
14:36au niveau du 11e arrondissement.
14:38Et pendant tout ce moment-là,
14:39la mairie de Paris a répondu
14:41« Nous sommes dans la moyenne
14:42des statistiques nationales.
14:43Il n'y a rien d'anormal
14:45sur le 11e arrondissement. »
14:47Sur ce qu'on peut retenir
14:48des choses qui n'ont pas été
14:50intégrées et prises en compte.
14:5384 établissements touchés
14:54avec des premières mises en examen
14:55et donc ce cas que vous avez rapporté
14:57qui sera jugé dès demain.
14:58On est tous tombés de notre chaise
14:59devant l'ampleur du désastre.
15:01Je crois qu'on peut le dire facilement.
15:03Est-ce que selon vous,
15:04on n'a pas encore vu
15:05la fin de cette catastrophe éducative ?
15:08Et peut-on qualifier finalement
15:10d'omerta,
15:11ce qui s'est passé dans les mois
15:12qui ont suivi,
15:12ou comme vous le dites,
15:13le fait que,
15:14c'est une forme d'omerta en soi,
15:16le fait qu'on ait,
15:18qu'on se soit renvoyé la balle,
15:20un peu comme on l'a vu
15:22au moment des squats
15:23dans le nord-est parisien d'ailleurs,
15:25entre la mairie,
15:26la préfecture,
15:27c'est toujours une responsabilité
15:28soit partagée,
15:29soit renvoyée à l'autre.
15:30C'est-à-dire que là,
15:31à partir du moment
15:32où ça a créé un émoi,
15:33enfin ça commence à créer un émoi,
15:34parce qu'on en parle en fait
15:37depuis cet avril 2025,
15:39mais on a mis du temps
15:40à faire émerger le sujet,
15:41c'est sûr que,
15:42sur ce qui s'est passé
15:43entre 2015 et 2025,
15:45là ça restera toujours
15:46un trou noir
15:46et c'est pour ça qu'on demande
15:47à ce qu'il puisse y avoir un audit
15:49et je crois que,
15:50moi ce qui m'a choquée
15:51dans l'arrivée au pouvoir
15:52de cette nouvelle équipe municipale
15:53qui en réalité est la même équipe municipale,
15:55c'est qu'ils ont dit
15:56bon, là maintenant on l'admet,
15:58c'est terrible
15:58mais on passe à autre chose.
16:00Sauf qu'on ne peut pas passer à autre chose
16:02parce qu'il faut quand même comprendre
16:03comment on a laissé s'installer
16:06cette situation
16:06pour éviter que ça se reproduise
16:08et notamment aujourd'hui
16:10la question,
16:11c'est la question des temps,
16:13des rythmes scolaires
16:14puisqu'on voit bien que,
16:16on en parle comme d'un fait de société,
16:18moi je dis c'est un problème
16:19RH.
16:20Ça peut paraître étonnant
16:22comme manière de dire
16:23mais en réalité,
16:23c'est comment on a recruté des gens,
16:25quels étaient les postes
16:26qu'on leur proposait
16:27à partir de la réforme
16:28des rythmes scolaires.
16:29On propose à des animateurs
16:31de travailler 2h le lundi,
16:332h le mardi
16:34à des horaires décalés.
16:35Donc finalement,
16:36vous êtes sur du temps partiel
16:39explosé sur la semaine
16:40donc vous n'arrivez à recruter
16:41que des gens
16:42qui sont capables
16:43de prendre du temps partiel
16:44explosé sur la semaine
16:45et donc vous recrutez très mal
16:47et vous n'arrivez pas à recruter,
16:48vous finissez par recruter
16:49n'importe qui.
16:50Je vais vous poser quand même
16:50les questions peut-être
16:51de manière un peu cash
16:52et puis on va quand même
16:53en venir aux propositions
16:54de Gérald de Darmanin
16:55parce que c'est important
16:56quand même de voir
16:56si ça va permettre
16:57de faire bouger les lignes
16:58vraiment.
17:00Est-ce qu'une fois que le loup
17:04est entré dans la bergerie,
17:05il convoque d'autres loups
17:07qui vont s'en prendre aux enfants ?
17:08En gros, ce que je veux dire,
17:09c'est qu'il y avait
17:09un système en place
17:11avec une parole libre
17:13et des trucs qui étaient donnés
17:15entre pédophiles
17:17qui fait qu'il y a eu
17:18une forme de système
17:19de recrutement entre eux
17:22parce qu'on sait comment ils agissent
17:23dans la sphère
17:23et dans le darknet aussi.
17:24Il est très important
17:26que le travail policier
17:28et judiciaire
17:29puissent poser cette question
17:30parce que, vous voyez,
17:31moi, dans le 11e arrondissement,
17:34on m'a répondu,
17:35on est dans la moyenne
17:35des statistiques nationales,
17:37si vous avez deux tiers
17:39des écoles concernées,
17:40c'est-à-dire à peu près
17:4111-12 écoles sur 18,
17:43si c'est ça la moyenne
17:44des statistiques nationales,
17:46c'est que ce pays
17:47est complètement gongréné
17:49par la pédoclunaire.
17:50La question des moyens
17:51ne fait pas tout.
17:51On ne regarde que
17:52ce qu'on veut voir finalement.
17:53Mais j'ai quand même une question.
17:54Sur les propositions
17:55de Gérald Darmanin,
17:55le plan Marshall,
17:57il veut faire bouger
17:58l'appareil judiciaire,
17:59il veut prioriser le fait
18:00de s'attaquer à ce fléau.
18:03On s'interroge quand même,
18:04en 2026,
18:05comment se fait-il
18:05que la parole infantile
18:06soit encore trop souvent
18:07laissée de côté
18:08et qu'on s'en soucie
18:09seulement maintenant,
18:10au-delà même
18:10de ce qui s'est passé à Paris ?
18:11Moi, je suis tout à fait d'accord.
18:12Je vais vous dire,
18:13le sentiment que j'ai eu,
18:14c'est de me dire,
18:14en fait, on est en 2026,
18:16on a eu des dizaines
18:17de témoignages à l'école,
18:18mais aussi dans les clubs sportifs,
18:21dans les colonies de vacances,
18:23dans l'église.
18:24Enfin, je veux dire,
18:25l'église,
18:25le rapport sauvé,
18:26maintenant,
18:26ça date de 2020.
18:27Donc, je veux dire,
18:28l'église qui n'est pas
18:28toujours considérée
18:29comme étant la première
18:30à aller sur les sujets,
18:31maintenant,
18:32elle devance quand même
18:32depuis longtemps
18:34cet examen de conscience
18:35que n'a pas su faire
18:36l'école publique
18:37et notamment
18:38l'école publique parisienne.
18:39Et donc, moi,
18:40quand je lis dans la circulaire
18:42de Gérald Darmanin
18:43qu'on demande au juge
18:45d'étudier tous les signalements
18:47qu'ils reçoivent
18:48et d'avoir une réponse pénale
18:50ferme,
18:50c'est-à-dire,
18:50je me demande
18:51comment on peut en 2026
18:53avoir cette réponse-là,
18:54ça veut dire
18:55qu'elle n'a pas eu lieu avant
18:56et je rappellerai quand même
18:57que Outreau,
18:58c'est 2001
19:00parce que Outreau,
19:01c'est justement
19:02un fiasco judiciaire
19:04mais autour de violences
19:05d'enfants
19:06qui ont été abusés sexuellement
19:07parce qu'on oublie souvent
19:08que Outreau,
19:09c'est d'abord des enfants
19:10qui ont été abusés sexuellement.
19:11Donc, finalement,
19:12en 2001,
19:12on se rend déjà compte
19:14qu'on n'est pas capable
19:14de gérer d'un point de vue judiciaire
19:17une problématique
19:18d'abus sexuel
19:19sur des enfants.
19:20Gabrielle,
19:20vous voulez peut-être
19:21en dire un mot en règle ?
19:22Moi, je vous dirais
19:22très honnêtement,
19:23j'ai honte de notre société,
19:25j'ai honte de la France.
19:26Je me dis,
19:26il devrait y avoir des manifs
19:27devant la mairie de Paris.
19:28Non, mais franchement,
19:29c'est de tout petits enfants
19:30dont il s'agit.
19:31On comprend ça ?
19:32C'est abject,
19:34c'est absolument abject.
19:36Ça a commencé,
19:37si je comprends bien,
19:38en 2015.
19:39D'ailleurs,
19:39dès l'installation
19:40de ce territoire scolaire,
19:40certains avaient mis en garde.
19:42J'avais dit,
19:42tous les pédocriminels,
19:46ils...
19:46On se croit dessus.
19:47Mais évidemment,
19:48les enfants vont être des cibles
19:51et rien n'a été fait.
19:53Mais moi,
19:53je suis extrêmement choquée
19:55même de la non-réaction
19:56de la société,
19:57des médias.
19:58Pourquoi ?
19:58Parce que ce n'est pas
19:59des enfants de cœur
20:01parce qu'ils ne sont pas
20:01dans des écoles privées.
20:02Ça n'intéresse pas la gauche.
20:03Moi, je m'étonne
20:04que les stars qui sortent
20:05pour MeToo,
20:05pour MeToo École,
20:06elles ne sont pas là.
20:07Pardon,
20:07c'est des tout petits enfants.
20:10Mais je ne sais pas.
20:12J'ai l'impression
20:12qu'on crie dans le désert
20:14et qu'il ne se passe rien.
20:15C'est proprement révoltant.
20:16Une dernière question.
20:17Qu'est-ce que vous dites
20:18aux parents aujourd'hui
20:19qui sans doute rechinent
20:20ou s'interrogent
20:21sur le fait de confier
20:22leurs enfants
20:22peut-être à la rentrée prochaine ?
20:23Tu m'étonnes.
20:24Dans ces mêmes structures
20:26de périscolaire ?
20:27Moi, je me suis posé
20:28la question avec les miens,
20:29par exemple.
20:29Bien sûr.
20:29Alors, souvent,
20:30on nous demande pourquoi...
20:31Parce qu'effectivement,
20:32la première réponse de la gauche...
20:33D'ailleurs,
20:34quand je suis intervenue
20:34au Conseil d'arrondissement,
20:35ils m'ont dit
20:35que ça arrive aussi dans le privé,
20:37comme si ça misait le sujet.
20:39Pourquoi aujourd'hui
20:40le privé est moins touché à Paris ?
20:41Parce que le privé
20:42n'a pas mis en place
20:43la réforme des rythmes scolaires.
20:44Donc, finalement,
20:44les enfants ont cours
20:45jusqu'à 16h30.
20:46Après, ils vont en études.
20:47Tout ça est plus ou moins
20:48dirigé par des enseignants.
20:51Et le mercredi,
20:53soit ils sont gardés à domicile,
20:54soit ils ont des activités,
20:55soit un certain nombre
20:56d'établissements
20:57proposent des activités
20:59sportives ou artistiques.
21:00Ce qu'a fait cette réforme
21:02des rythmes scolaires
21:02et qui, d'ailleurs,
21:04a été reposée par Emmanuel Macron
21:05parce que c'est quand même
21:06un serpent de mer
21:06de toujours se dire
21:07quel est le bon rythme
21:08pour l'enfant.
21:09Je trouve qu'on peut se poser
21:10la question du quel est
21:10le bon rythme pour l'enfant.
21:11On peut aussi se poser la question
21:12de qu'est-ce qu'on est capable
21:13d'organiser en matière
21:14de politique publique.
21:15Là, au lieu de se reposer
21:16en permanence
21:17et de faire en permanence
21:17des conférences
21:18sur le rythme de l'enfant,
21:19il faudrait voir
21:21quelle organisation
21:22des rythmes scolaires
21:23permet d'organiser
21:24des personnes qualifiées.
21:25En tout cas,
21:26ce qui est sûr,
21:26c'est quand de manière morcelée
21:28vous faites un petit peu
21:29comme si
21:29et que vous proposez aux gens
21:31des temps partiels
21:31totalement morcelés,
21:32l'expérience montre
21:33que vous vous êtes obligés
21:34de recruter n'importe qui.
21:35Aujourd'hui,
21:36on a une convention citoyenne
21:38qui est mise en place
21:38par Emmanuel Grégoire.
21:40Le retour qu'on en a,
21:41parce que nous,
21:42les élus d'opposition,
21:42nous n'y sommes pas associés,
21:44mais les retours,
21:45moi que j'en ai,
21:45c'est qu'Emmanuel Grégoire
21:46a dit par principe
21:47qu'on ne reviendra pas
21:48à la semaine de quatre jours.
21:49Moi, je dirais aux parents
21:51qu'à un moment,
21:52cette fois-ci,
21:53il faut faire pression
21:53sur Emmanuel Grégoire
21:54pour poser réellement
21:55la question d'une organisation
21:56qui permet de recruter
21:58de manière qualitative
21:59et pour ça,
22:00de penser
22:02quel temps on offre.
22:03Nous, on a dit
22:04qu'on pourrait faire
22:05un mercredi plein
22:06et le reste du temps,
22:07les gens sont à ESH
22:08parce que vous savez
22:08qu'on manque de personnes
22:10pour accompagner
22:10les enfants handicapés.
22:12Donc, il y a toute
22:12une réflexion à faire,
22:13non pas comme le fait
22:14parfois la France Insoumise
22:16qui dit
22:16le seul problème,
22:17c'est qu'on n'embauche
22:18pas assez de gens
22:18et qu'on ne les paye pas assez.
22:19Ce n'est pas ça le problème.
22:20C'est comment on leur donne.
22:21On leur organise
22:23des temps pleins.
22:24Ils seront peut-être
22:24moins nombreux.
22:25Il y aura peut-être
22:25moins de temps de périscolaire,
22:27mais il y aura des temps pleins
22:28et où on donne
22:29un vrai moyen aux gens.
22:32Vous y croyez quand on dit
22:33on va analyser
22:35scrupuleusement
22:36tous les dossiers
22:36et on sera intraitable
22:38sur les casiers judiciaires,
22:39sur le passé ?
22:39Il y en a forcément
22:40qui vont passer entre les gouttes.
22:41Comment c'est possible
22:42de devenir précautionneux,
22:44ultra précautionneux
22:45du jour au lendemain ?
22:45Ça a été dit.
22:46C'est-à-dire que le drame
22:47de cette affaire
22:48du périscolaire à Paris,
22:49c'est que c'est sur
22:50des enfants très jeunes
22:50qui sont dans une très grande
22:53difficulté à verbaliser.
22:54Par ailleurs,
22:55tout ce qui a eu lieu,
22:56là on voit ce qui a eu lieu
22:57sur la dernière année,
22:59mais ce qui a été lieu
23:00entre 2015 et 2025,
23:01on peut penser
23:01qu'il y a un certain nombre
23:02d'enfants qui sont sur
23:03des formes d'amnésie traumatiques
23:04et nous ce qui nous remonte,
23:06moi ce qui me remonte
23:07de la part des parents,
23:08notamment dans le 11e arrondissement,
23:09c'est que beaucoup
23:10vivront toute leur vie
23:11avec le doute de savoir
23:12si leur enfant
23:13qui a eu des problèmes
23:14de sommeil à un moment donné,
23:15qui a eu des problèmes
23:16d'alimentation,
23:17ce n'était pas le symptôme
23:18d'une agression
23:19qu'ils ne seront jamais capables
23:21de déterminer
23:21et ils vivront avec ce doute.
23:23Merci beaucoup d'être venu
23:24nous porter votre témoignage.
23:26On peut quand même dire
23:27avec certitude
23:28que c'est la presse
23:29qui a été le lanceur d'alerte
23:30dans ce dossier.
23:31Et notamment chez vous.
23:32Je vous remercie.
23:32Merci encore
23:33pour votre présence
23:34et votre témoignage très fort.
23:36On marque une petite pause
23:37et puis on s'intéressera
23:37aussi au ravage
23:39de la malbouffe
23:39à suivre avec vous
23:40Jonathan Cixou
23:41et bien sûr
23:42le pèlerinage de Chartres.
23:43Ce sera le point d'orgue
23:45de cette émission
23:45avec vous, Gabriel Cluzel.
23:46A tout de suite.
23:50De retour avec vous,
23:51je suis ravie de vous accueillir
23:52si vous nous rejoignez
23:52à l'instant
23:53dans Face à l'Info.
23:54C'est la deuxième partie
23:55de notre émission
23:56et on va enchaîner avec vous
23:57Jonathan Cixou.
23:58Vous avez choisi
23:59de nous parler de malbouffe.
24:00Alors évidemment,
24:01c'est à l'honneur,
24:03malheureusement,
24:03j'ai envie de dire
24:04depuis quelques semaines
24:05en raison de l'ouverture contestée
24:07de ces nouvelles enseignes
24:08de fast-food
24:08qui mettent en avant
24:09le poulet.
24:10Ça rencontre
24:11un succès considérable.
24:13Le problème,
24:14c'est que ce phénomène
24:14de masse,
24:15il est déplorable
24:16d'un point de vue alimentaire
24:18et c'est aussi
24:19le reflet
24:19de l'état économique
24:20de la France.
24:21Triste état économique
24:23de la France
24:24qui nous offre
24:24malheureusement
24:25une ironie de l'histoire
24:26avec un grand H
24:27puisque depuis l'Antiquité,
24:29le surpoids,
24:30la crise de gouttes
24:30était l'apanage
24:31de la richesse
24:32et c'est aujourd'hui
24:33l'un des stigmates
24:34de la pauvreté.
24:35Et il se trouve
24:36que les Français
24:37s'appauvrissent
24:38de plus en plus.
24:39Selon un sondage élable,
24:4079% d'entre eux
24:42déclarent devoir
24:43se serrer la ceinture
24:44et les fins de mois
24:45des plus précaires
24:46sont de plus en plus difficiles.
24:47Les témoignages
24:48de toutes les associations
24:49convergent vers ce point.
24:52Il en va de même
24:53pour tous les travaux
24:54de l'INSEE
24:55qui débouche
24:55sur le fait
24:56qu'aujourd'hui
24:56en France,
24:579 millions de personnes
24:59vivent dans ce qu'on appelle
25:00un état de situation
25:01de privation.
25:03Pour ces millions
25:04de Français,
25:05le déclassement
25:05n'est pas un sentiment,
25:06c'est une réalité
25:07et on le voit
25:07dans le changement
25:08des habitudes
25:09quand ils vont faire
25:09leurs courses
25:10au supermarché.
25:11il y a un recul
25:12considérable
25:13des ventes
25:13de produits frais
25:14de viande
25:15notamment
25:16au bénéfice
25:17des oeufs
25:18et une augmentation
25:19constante
25:20des promos
25:20et des fameux
25:21marques
25:21des distributeurs.
25:23Et donc,
25:23petit à petit,
25:24c'est cette pente
25:25qui nous mène
25:26à la malbouffe.
25:27Oui,
25:27parce que c'est un constat
25:28là aussi
25:29qui est fait
25:29depuis quelques années.
25:30On peut le faire
25:31malheureusement,
25:31on a suffisamment
25:32de recul
25:32pour pouvoir dire
25:33que plus on est pauvre,
25:35moins on mange bien.
25:36Et oui,
25:37c'est aussi
25:37une pente
25:38vers la malbouffe
25:38parce que quand
25:39vous n'avez pas
25:39beaucoup d'argent,
25:40que vous soyez
25:40une famille nombreuse
25:41ou un couple,
25:42vous pouvez avoir
25:43d'énormes difficultés
25:45à remplir
25:45votre chariot
25:46de supermarché
25:47avec des produits
25:47de qualité
25:47qui,
25:48par définition,
25:49coûtent plus cher.
25:50Ça,
25:50c'est pour la nourriture
25:51qu'on apporte à la maison.
25:52Mais quand on est obligé
25:54de déjeuner dehors,
25:55par exemple,
25:55que ce soit
25:55les ouvriers du bâtiment,
25:56des étudiants
25:58et autres,
25:59des employés de bureau
26:00aussi,
26:01ou se dirigent-ils
26:02de plus en plus fréquemment
26:03vers ces nouveaux
26:04fast-food
26:05que vous évoquiez
26:06en introduction.
26:07On ne va peut-être pas
26:07donner les marques.
26:08Non,
26:09j'en suis puisque
26:09je peux en donner trois.
26:11De toute façon,
26:12on les connaît,
26:12ce n'est pas grave,
26:13ils s'en décroustillent.
26:14Le but,
26:14ce n'est pas de leur faire
26:15de la...
26:15Absolument pas,
26:16ils en ont déjà suffisamment.
26:17Je ne vais pas les citer.
26:18Ils ont tous à peu près
26:19les mêmes produits,
26:20des barquettes de riz
26:21agrémentés,
26:23de poulet frit
26:24ou de poulet rôti.
26:25Et il faut dire
26:26que leurs prix
26:26font passer les kebabs
26:28ou même les fast-foods
26:30historiques
26:30pour des restos de bourgeois
26:31parce que,
26:32par exemple,
26:33une grande enseigne
26:34qui est régulièrement citée
26:35vend des pilons grillés
26:36à 1 euro,
26:37des demi-poulets
26:38à 4,50 euros.
26:39Autant dire
26:40que vous ne pouvez pas
26:40faire le poids
26:42en face de cela.
26:43Et puis,
26:44il y a aussi
26:44les problèmes sanitaires
26:46directement liés
26:46à ce qu'ils vendent
26:48parce qu'avec de tels prix,
26:49vous imaginez bien
26:49qu'ils ne sont pas très regardants.
26:50Ces poulets viennent
26:51d'Ukraine,
26:52viennent du Brésil.
26:54Ils transitent
26:55par des grossistes
26:56en Hollande
26:57ou en Espagne,
26:59notamment.
27:00Régulièrement,
27:00ces enseignes
27:01sont pointées
27:02par des contrôles sanitaires.
27:04qui mettent en évidence
27:05des failles
27:06élémentaires
27:07dans l'hygiène.
27:10Ces boutiques,
27:11si je puis dire,
27:12ferment le rideau
27:12le temps
27:13de passer
27:14un coup de ménage,
27:15réouvrent après.
27:16Ça ne désespère
27:16absolument pas
27:17la clientèle
27:18qui continue
27:19de gonfler les rangs
27:20devant leur comptoir
27:21posé directement
27:22sur les trottoirs.
27:23Et ça provoque aussi
27:23des nuisances
27:24pour les riverains.
27:25Oui,
27:25alors ça,
27:25c'est l'autre facette
27:27du phénomène.
27:28Je vais passer rapidement
27:29là-dessus,
27:29mais c'est vrai
27:30que ça a donné
27:31à Saint-Ouen,
27:32notamment,
27:32l'occasion assez cocasse
27:33d'une guerre des gauches.
27:34On en a largement parlé
27:37de Karim Bouamran.
27:38Voilà,
27:38mais le point
27:39sur lequel je voulais
27:39insister,
27:40en fait,
27:40c'est sur la paupérisation
27:43de la France
27:43parce qu'on se rend compte
27:45que la malbouffe
27:46réellement gangrène
27:47des quartiers entiers,
27:48des quartiers populaires.
27:49Vous savez qu'on parle
27:50de déserts médicaux
27:51pour ces quartiers
27:52qui n'ont pas
27:53ou peu de médecins.
27:55Eh bien,
27:55un terme a été forgé
27:56pour parler de ces quartiers.
27:57On parle de marécage alimentaire.
28:00C'est la traduction
28:01d'un concept américain,
28:02les food swamps.
28:04Je remarque juste au passage...
28:05Food swamps ?
28:06Swamps,
28:06pardon pour mon accent.
28:07Je remarque au passage
28:08qu'ils inventent un problème
28:09et puis après,
28:09ils inventent un mot
28:10pour le nommer également.
28:12Ces marécages alimentaires
28:13sont donc des quartiers défavorisés
28:15dans lesquels
28:16il y a de l'offre alimentaire.
28:17Ce ne sont pas
28:18des déserts alimentaires,
28:19mais cette offre
28:20est réduite
28:21à peau de chagrin.
28:21Il n'y a quasiment que,
28:23voire uniquement,
28:23dans certains cas,
28:24des fast-food
28:25pour se nourrir.
28:27Et cela,
28:27vous le disiez
28:27en introduction tout à l'heure,
28:28Nelly,
28:29représente près de 8 millions
28:30de Français
28:31qui vivent
28:32dans ces tristes décors
28:34avec également
28:36des chiffres
28:37qui pourraient encore augmenter
28:38parce que les 8 millions,
28:38ça date de 2023
28:39et c'était des chiffres
28:40de l'INSEE.
28:41Quand on voit
28:41la dégradation
28:42de la situation
28:44socio-économique
28:44de la France
28:45en trois ans,
28:45on peut craindre le pire.
28:46C'est 1 sur 6,
28:471 sur 7 pratiquement.
28:48Quasiment.
28:49Si on grossit le chiffre
28:50et qu'on arrive à
28:50grosso modo 10 millions.
28:52Alors,
28:53vous parlez
28:53dans sécurité alimentaire.
28:55Il y a donc
28:56un risque sanitaire
28:57pour les consommateurs.
28:58Quand vous consommez mal,
29:00forcément...
29:00Si vous en mangez
29:02quotidiennement,
29:03parce qu'il y en a
29:03qui se nourrissent
29:04de ça quotidiennement,
29:05c'est un risque évident.
29:07Ces barquettes
29:08de croustitrucs
29:09sont des bombes,
29:10vraiment des bombes caloriques
29:12composées
29:12de très mauvais produits
29:13comme je l'évoquais
29:15tout à l'heure.
29:16C'est les mêmes risques
29:17qu'on encourt
29:17si on ne se nourrit
29:18uniquement de produits
29:19et de l'industrie
29:20agroalimentaire
29:21hyper transformés,
29:23comme on dit.
29:23Ce sont les mêmes risques
29:24qui pèsent sur
29:26la santé de chacun.
29:27Cardiovasculaire aussi.
29:28Ça,
29:29exactement.
29:29Cholestérol et tout ça.
29:30Et c'est là où
29:31ça crée des problèmes
29:32de santé,
29:33mais pardon de le souligner aussi,
29:34on est dans un pays
29:35en faillite,
29:35on peut quand même
29:36en parler du coût
29:37des problèmes de santé
29:38directement liés
29:39à la malbouffe
29:40et effectivement,
29:41obésité,
29:41diabète,
29:43maladie cardiovasculaire,
29:44tout cela a coûté
29:45en 2025
29:46à l'État
29:46plus de 12 milliards d'euros.
29:48Mais si on ajoute
29:49à cela
29:49les autres problèmes
29:50liés à la malbouffe,
29:51à savoir l'hospitalisation,
29:53les arrêts de travail,
29:54la perte même
29:54de productivité,
29:56cela coûte à l'État,
29:57donc à nous,
29:58contribuables
29:58125 milliards d'euros
30:00par an.
30:01On disait tout à l'heure
30:02que ces chiffres
30:03étaient le reflet
30:04des inégalités sociales.
30:07Et il est vrai
30:08que le surpoids
30:08et l'obésité
30:09touchent donc
30:10les plus précaires.
30:11Je vous donne
30:12un exemple.
30:12A Bondy,
30:13c'est l'une des villes
30:14pauvres de la pauvre
30:15Seine-Saint-Denis.
30:16A Bondy,
30:1728% des habitants
30:19souffrent de diabète,
30:2028%,
30:21alors qu'à l'échelle
30:22de la France,
30:22c'est 6,3%.
30:24Cela vous donne
30:24une idée
30:25des ravages
30:26qu'on peut d'ores et déjà
30:27avoir sur le visage.
30:27Une corrélation directe
30:28entre la paupérisation
30:29et la mauvaise santé.
30:31Comme quoi,
30:32vous nous dites
30:32que cela coûte aussi cher
30:33en prise en charge
30:36sanitaire,
30:37alors qu'on nous dit
30:37que le bio,
30:38c'est trop cher.
30:38Cela vaudrait peut-être
30:39le coup de se pencher
30:40sur la question
30:40parce que si vous mettez
30:41un peu plus d'argent
30:42sur le bio
30:43et que...
30:43Il n'y a pas que le bio.
30:44Il peut subventionner,
30:45mais vous gagnerez
30:46pour surtout le reste aussi.
30:47Il y a des solutions
30:48quand même
30:49qui sont proposées
30:49pour remédier
30:50à cette spirale infernale.
30:52Elle relève surtout
30:53de la politique du chèque
30:54et ce n'est pas trop
30:54le moment d'en demander
30:55des chèques.
30:57Toutefois,
30:57il y a une certaine créativité
30:59qu'on peut remarquer.
31:00Dans plusieurs villes
31:01et agglomérations,
31:03notamment,
31:03principalement,
31:04d'Île-de-France,
31:04on teste la sécurité sociale
31:06de l'alimentation.
31:07C'est un système
31:07qui permet aux ménages,
31:09moyennant une cotisation
31:10indexée sur leurs revenus,
31:12de toucher environ
31:12100 euros par mois
31:14à dépenser
31:15dans des magasins alimentaires
31:17qui sont en partenariat
31:18avec les municipalités.
31:20Ça peut être,
31:20pour le coup,
31:21des maraîchers bio.
31:22Il y a un autre exemple,
31:23c'est le département
31:24de Seine-Saint-Denis
31:24qui s'est associé
31:26avec l'ONG
31:26Action contre la faim
31:27qu'on est plus habitué
31:29à connaître
31:29pour des actions
31:30dans le sub-Sahel
31:31ou ailleurs.
31:32Mais il y a eu
31:33une expérimentation,
31:34Vital In,
31:35qui a été menée
31:36en 2023
31:38et plus de 1 000,
31:391 300 habitants
31:40des communes
31:41de Montreuil,
31:41Sevran,
31:42Vintaneuse
31:42et Clichy-sous-Bois
31:43ont perçu 50 euros
31:44par mois
31:45pendant 6 mois.
31:46Vous me direz
31:46que ce n'est pas beaucoup.
31:47Mais là aussi,
31:47avec un fléchage alimentaire,
31:49peut-être,
31:50donc 50 euros
31:50à dépenser
31:51dans des magasins
31:51d'alimentation.
31:52Peut-être que c'est aussi
31:53comme ça
31:53qu'on peut apprendre
31:54à mieux faire ses courses
31:56quand on a un peu d'argent
31:57pour le faire.
31:58Pour conclure,
31:58vous n'avez pas dit
31:59si ces croustilles trucs
32:00en tout genre étaient bons.
32:01Vous les avez testés ?
32:02J'ai testé, oui.
32:03Et parce que je suis honnête,
32:04je peux vous dire
32:05que cette nouvelle malbouffe
32:07fait honte
32:08à la malbouffe elle-même.
32:09D'accord.
32:10Tout est dit.
32:11Moi aussi,
32:12j'ai testé
32:12les sauces,
32:13le sucre dans les sauces.
32:15Il vous demande
32:16dans les commandes
32:17si vous voulez
32:18une extra sauce.
32:18C'est terrible.
32:20Gabriel Cluzet,
32:20d'où l'importance aussi,
32:21cette idée me vient
32:22en réaction
32:23à la chronique de Jonathan,
32:25c'est l'importance
32:26de maintenir possible
32:28les achats
32:29de biens alimentaires
32:31avec les tickets restaurants.
32:32Pendant un moment,
32:33vous vous souvenez,
32:33on avait voulu supprimer
32:34cette mesure.
32:35Il est important
32:35pour les Français
32:36qui n'arrivent pas
32:37à joindre les debouts
32:38de pouvoir continuer
32:39à faire leurs courses
32:39avec ça
32:40plutôt que de se ruer
32:41vers les kebabs.
32:42Oui, vous avez raison.
32:43Parmi les analyses
32:44que j'avais lues,
32:45il y en avait une autre.
32:46On dit beaucoup
32:47qu'il faut moins
32:48de produits transformés
32:49et plus de cuisine
32:50faite maison.
32:53Finalement,
32:53c'est chez les CSP+,
32:56dans les classes supérieures
32:57qu'on a plus le temps
32:57de cuisiner,
32:58d'aller sur le marché
32:59acheter son petit brocoli.
33:00Et finalement,
33:01dans les milieux populaires,
33:02on achète plus de plats
33:04tout préparés
33:05et ce n'est pas
33:06une bonne chose.
33:07Donc, en fait,
33:07il y aurait de fait
33:09beaucoup de choses
33:09à revoir,
33:10mais ce ne sont pas
33:10ces enseignes
33:11qui vont aider
33:12évidemment les Français
33:12à mieux se nourrir.
33:14Bon, écoutez,
33:15on va suivre ça
33:16avec attention.
33:16Enfin bon,
33:1728% en Seine-Saint-Denis,
33:18effectivement,
33:18il y a de quoi s'interroger.
33:20Autre sujet,
33:20tout autre sujet.
33:21Bonsoir Michel Fayad,
33:22merci d'être là.
33:23Alors, on nous dit
33:25les relations sont bonnes,
33:26ça y est,
33:27c'est reparti.
33:28Ça, c'est Laurent Nunez,
33:29pas plus tard
33:30qu'il y a deux ou trois jours.
33:31Alors, Alger,
33:32ceci dit,
33:32vient de promulguer une loi
33:33sur la colonisation française
33:36passible de crimes
33:37d'État imprescriptibles.
33:39Elle a été adoptée
33:40à l'unanimité
33:40en décembre 2025,
33:41c'est un peu passé
33:42sous le radar
33:42parce qu'elle a été amendée
33:43quelques mois plus tard.
33:45Bon, alors,
33:46elle retire les demandes
33:46d'excuses
33:47et de réparations généralisées,
33:49mais ça maintient
33:49la responsabilité juridique
33:52de la France.
33:53Vous qui suivez de près
33:55ces relations compliquées,
33:57c'est le moins qu'on puisse dire,
33:58entre Alger et Paris,
34:01que vous inspire cette loi ?
34:03Déjà, je pense que
34:04ce n'est pas un acte juridique,
34:05c'est un acte politique
34:07parce que, justement,
34:08c'est un régime
34:09qui est un peu aux abois
34:10lorsqu'au lieu d'essayer
34:12de régler les problèmes
34:13des Algériens
34:13qui est, par exemple,
34:14le chômage massif des jeunes,
34:18l'absence de liberté politique,
34:20la répression des opposants
34:21et puis le fait
34:22que l'économie n'est pas diversifiée,
34:24elle ne repose que
34:25sur le pétrole et le gaz.
34:27Donc, ils ne parlent
34:28que de la colonisation française.
34:29Ça montre bien
34:30qu'il y a un problème interne
34:31chez eux.
34:32D'accord.
34:32Ensuite,
34:34le Parlement,
34:34effectivement,
34:35a voté à l'unanimité
34:36en décembre 2025
34:37cette loi
34:38qui est donc
34:39qui criminalise
34:40la colonisation française
34:42de manière
34:44imprescriptible.
34:45Mais,
34:46quelle est la valeur
34:47de cette décision
34:48quand on sait
34:49que ce Parlement,
34:50en fait,
34:50dans ce Parlement,
34:51il n'y a pas
34:51d'opposition politique,
34:52il n'y a pas
34:53de véritable parti indépendant.
34:55Il n'y a,
34:55en fait,
34:57cette décision
34:58n'a aucune réelle valeur,
34:59je pense.
35:00Mais pourquoi est-ce
35:01qu'on en parle aujourd'hui ?
35:02Tout simplement
35:02parce que le 21 mai,
35:03il y a quelques jours,
35:04ça s'est paru
35:05dans le journal officiel
35:06en Algérie,
35:07juste quelques jours
35:07après la visite
35:08de Gérald Darmanin
35:09en Algérie.
35:10C'est un camouflet.
35:10Il faut le voir
35:11comme un camouflet
35:12diplomatique quand même.
35:13Voilà.
35:13Et le texte,
35:14il couvre toute la période
35:15coloniale.
35:16Donc,
35:16je cite
35:16l'agression
35:18du 14 juin 1830
35:20jusqu'au 5 juillet 1962.
35:22Et donc,
35:23il inclut
35:24tous les effets
35:24directs et indirects
35:25ayant perduré
35:26après cette période.
35:28Donc,
35:28ils ont listé
35:2931 infractions
35:31qualifiées
35:31de crimes imprescriptibles,
35:32les homicides,
35:33les attaques
35:34contre les décivils,
35:35des usages d'armes
35:35interdites,
35:36des essais nucléaires
35:37et chimiques,
35:38de la torture physique
35:39et psychologique
35:39à grande échelle,
35:40des viols,
35:41des esclavages sexuels,
35:42du pillage du trésor algérien,
35:44des profanations de dépouilles
35:45et même,
35:46je cite,
35:46l'attribution d'appellations
35:47jugées dégratantes
35:48aux Algériens.
35:49Donc,
35:49le champ est très large.
35:52Ils ont quand même
35:53retiré des choses,
35:54les demandes généralisées
35:56et les excuses,
35:57même si on vous demande
35:58quand même la reconnaissance
35:59de la colonisation
36:00à grande échelle.
36:01Voilà.
36:01Mais pas de réparation.
36:03Pas de réparation
36:04et pas d'excuses officielles
36:05parce que vis-à-vis
36:06des tribunaux internationaux,
36:07ça n'aurait aucune
36:08véritable valeur.
36:09Ils ne pourraient pas
36:09l'utiliser.
36:10Donc,
36:11ils ont un petit peu évolué
36:12par rapport à ça.
36:13Mais sur le fond,
36:14tout reste la même chose
36:15parce que la loi maintient
36:17des demandes très précises
36:18sur la dépollution
36:19des sites d'essais nucléaires
36:20et chimiques.
36:21Donc,
36:21la France est censée
36:22rembourser cela.
36:22La transmission des cartes
36:24de ces zones,
36:24l'indemnisation des victimes
36:26et de leur ayant droit,
36:27la restitution des archives nationales,
36:29des biens culturels
36:29et des valeurs morales spoliées
36:31et la restitution
36:32des dépouilles
36:33de figures de la résistance
36:34pour les réunimer
36:36en Algérie.
36:37Et donc,
36:37là,
36:37ils pensent pouvoir
36:39obtenir
36:39un gain de cause.
36:40Mais ce qui est quand même
36:41assez grave,
36:42à mon sens,
36:42et ce qui est choquant,
36:43c'est qu'en fait,
36:44le Parlement algérien,
36:46le gouvernement algérien
36:46ne parle que des 132 ans
36:48de présence française
36:49en Algérie,
36:49mais pas des 333 ans
36:52de jouges ottomans
36:53et encore moins
36:54de l'invasion
36:55arabo-islamique
36:56qui a précédé tout ça.
36:57Ce que vous voulez dire,
36:57c'est qu'aujourd'hui,
36:58on ne s'en prend pas
36:58à la Turquie,
36:59par exemple.
36:59Oui,
37:00et on ne s'en prend pas
37:01peut-être à l'Arabie Saoudite.
37:02Pourquoi pas ?
37:03Parce que finalement,
37:04qu'est-ce qu'ont fait
37:04les Ottomans ?
37:05Les Ottomans ont fait
37:06d'Alger la capitale
37:07de la piraterie
37:08de la région.
37:10Et en fait,
37:11dans les textes
37:12d'époque algérien,
37:13on nous dit que Barberousse,
37:14à la fin de la journée,
37:15avait quelques mots
37:16au bras
37:17parce qu'il avait décapité
37:18trop d'Algériens
37:19durant la journée.
37:20Donc en fait,
37:21voilà un peu le background,
37:23du joug ottoman
37:24dont apparemment
37:25il n'y a aucune condamnation
37:26à faire.
37:27Et puis sur la période
37:29arabo-islamique,
37:30vous savez,
37:30ils ont détruit
37:31toute l'identité
37:32de l'Algérie
37:33puisque l'identité
37:34de l'Algérie,
37:35c'était les Amaziques,
37:36c'était la langue amazique,
37:37l'identité amazique,
37:38etc.
37:38Les Amaziques
37:38dont sont issus
37:39les Kabiles.
37:41Et donc en fait,
37:43si vous voulez,
37:44on ne veut parler
37:45que d'une chose
37:45et on ne veut pas parler
37:46de l'essentiel en réalité.
37:47D'accord.
37:48Et je pense que
37:50aussi ce qui est important
37:51de dire,
37:51c'est que
37:53le gouvernement algérien
37:54ne veut pas reconnaître,
37:55c'est qu'en 1962,
37:57ce n'est pas le FLN
37:58qui a remporté la guerre,
37:59c'était la France.
38:00Et puis une autre chose,
38:01c'est que
38:02durant la décennie noire,
38:04sans la France,
38:05l'Algérie n'aurait pas pu
38:06gagner contre les islamistes.
38:07Alors,
38:08cette loi,
38:08elle fait peser évidemment,
38:10c'est ce qu'on comprend
38:10en filigrane,
38:11un risque concret
38:12pour tout Français
38:14qui serait critique du régime
38:15parce qu'en fait,
38:16il y a le délit
38:17de glorification
38:18de la colonisation française.
38:19Ça veut dire que
38:20si vous avez écrit
38:21quelque chose
38:21dans une publication
38:22avant même d'arriver
38:24en Algérie
38:24ou qu'on épluche
38:25votre passé,
38:26si vous êtes un écrivain
38:27comme Boilem Sansal,
38:28si vous êtes un Christophe Glaze
38:29qu'on n'a toujours pas pu
38:30faire libérer,
38:32vous êtes passibles,
38:33susceptibles
38:34d'être arrêtés
38:35à Alger.
38:36et ça va compromettre
38:36et ça va compromettre
38:37pas mal de déplacements
38:38et de missions.
38:38J'imagine que déjà,
38:39il n'y en avait plus beaucoup
38:40côté français
38:41et même côté officiel
38:42et pendant ce temps,
38:43il y a quand même
38:43des ministres français
38:44qui font le voyage là-bas
38:45pour dire
38:46tout va bien,
38:48je ne regarde pas
38:49ce qui se passe
38:51du point de vue
38:51de la loi algérienne.
38:53Oui,
38:54pour aller vite,
38:54effectivement,
38:55vous avez parfaitement raison.
38:56Aujourd'hui,
38:57quelqu'un viendrait juste
38:57critiquer un combattant
38:59du FLN de l'époque,
39:01il pourrait avoir
39:01deux ans à cinq ans
39:02de prison en Algérie,
39:03tout simplement,
39:04juste pour que le téléspectateur...
39:05De manière totalement arbitraire
39:06et tout à fait légale en plus,
39:07c'est ça la différence.
39:08Voilà,
39:08et il y a une chose,
39:09c'est qu'on réfléchit,
39:10nous, en tant que Français,
39:11qu'on pourrait avoir
39:12des problèmes,
39:12mais il faut bien comprendre
39:13que cette loi,
39:14elle vise aussi
39:14les Algériens de la diaspora
39:16parce que c'est en fait
39:17un moyen de museler
39:18les Algériens de la diaspora.
39:20Donc c'est quand même
39:20très important de le rappeler
39:22et effectivement,
39:22les ministres,
39:23donc Laurent Nunez,
39:24Alice Ruffeau,
39:25Gérald Darmanin,
39:26trois visites ministérielles
39:27en trois mois
39:28et zéro résultat concret.
39:30Alors,
39:30Ségolène Royal dans tout ça
39:31et Emmanuel Macron,
39:33quelle est sa ligne ?
39:34Est-ce que Ségolène Royal
39:34peut être la sauveuse
39:36de ce lien diplomatique rompu ?
39:40Vous savez,
39:41là vous avez parlé
39:42de trois visites,
39:43mais elle a quand même
39:44fait une photo
39:44avec force publicité.
39:46Oui,
39:47puis elle a réussi l'exploit
39:48de voir 35 minutes
39:49Christophe Gleiz
39:50dont vous parliez
39:51et de parler de cela
39:53comme étant un geste humanitaire
39:54accordé par le très aimable
39:57et respectable présidente Éboune.
39:59Exactement.
39:59Et puis Emmanuel Macron,
40:01lui,
40:01a changé plusieurs fois d'attitude.
40:03On se rappelle en 2021,
40:04il parlait de rente mémorielle
40:05du régime
40:06et puis il a reculé
40:08et puis en 2024,
40:09il avait reconnu
40:09le Sahara occidental
40:11et puis en fait,
40:12il alterne tout le temps
40:14en fermeté
40:14et retour en arrière.
40:16Il n'a pas de ligne
40:16et en fait,
40:17quand vous n'avez pas de ligne
40:19mais qu'en face,
40:19ils ont une ligne très claire
40:21et très dure,
40:22et bien finalement,
40:22c'est une défaite permanente
40:24pour la France.
40:24Je pense que c'est important
40:25de le rappeler.
40:26Puis moi,
40:27j'aimerais juste parler
40:28pour les Algériens.
40:29Parce que vous savez,
40:30aujourd'hui en Algérie,
40:31il y a 500 prisonniers politiques.
40:33Il y a,
40:34vous savez,
40:35ils n'ont pas le droit
40:35de manifester,
40:36ils n'ont pas la liberté
40:37de presse.
40:39Lorsqu'il y a eu le Hirak
40:40en 2019,
40:40il y a eu des millions
40:41d'Algériens dans la rue
40:42et aujourd'hui,
40:43on fait comme s'ils n'existaient pas
40:44et donc,
40:45je pense,
40:46c'est assez grave.
40:47Et la France,
40:48en fait,
40:49doit,
40:50si vous voulez,
40:50se faire respecter
40:51et aussi faire respecter
40:52le peuple algérien
40:54face à ce régime
40:54qui l'empêche
40:56en réalité
40:56d'être libre.
40:58Une petite question,
40:59il n'y a pas eu
40:59de condamnation officielle
41:01de la France
41:01par rapport à cette loi ?
41:03Il n'y a même pas eu
41:03un communiqué,
41:05un tweet
41:06de notre ministre
41:08des Affaires étrangères
41:09pour s'en émouvoir ?
41:10Rien,
41:10c'est silence radio
41:11jusqu'à l'heure.
41:12La promulgation,
41:13elle date d'il y a quelques jours
41:14mais néanmoins.
41:14Absolument,
41:15on a vu M. Barraud
41:17critiquer le ministre
41:18Benkvir en Israël
41:19mais par contre,
41:20pour condamner
41:22les décisions
41:23de l'État algérien,
41:24il est assez absent,
41:25je pense.
41:26Mais pourtant,
41:27il y a aussi d'autres choses
41:29qui sont importantes
41:29de dire,
41:30c'est que Gérald Lermanin,
41:30lorsqu'il était en Algérie,
41:32il a voulu faire
41:33une coopération
41:33pour combattre
41:34la DZ mafia.
41:36Et dans les faits,
41:37il y a un problème,
41:37c'est qu'il y a eu
41:38une arrestation
41:39qui est l'arrestation
41:40de Amir Boukros,
41:43qui en fait,
41:44c'était un influenceur algérien
41:47critique du régime
41:48qui vivait en France.
41:49Il a été enlevé
41:50sur le sol français
41:51et c'est un agent consulaire
41:55algérien
41:55qui a été mis en examen
41:56en avril 2025.
41:58Donc en fait,
41:58l'Algérie est directement,
42:00enfin le régime algérien
42:01est directement responsable
42:02de cela.
42:03Et donc,
42:03on continue de fermer nos yeux
42:05et de nous aplatir.
42:06Je pense que c'est assez grave
42:07et on a peut-être
42:07un levier,
42:08juste pour conclure,
42:09qui serait en fait
42:10d'utiliser peut-être
42:12la cause cabile
42:13d'un côté
42:14pour les faire respecter
42:15leurs droits.
42:15Et l'autre chose,
42:16c'est le pétrole
42:17et le gaz.
42:17Peut-être que si on jouait
42:18de la solidarité européenne
42:20avec les Espagnols
42:21et les Italiens,
42:22on pourrait peut-être
42:23s'imposer face à ce régime.
42:25De même que Trump,
42:26il y a quelques années,
42:26s'était imposé face
42:27au Turc d'Erdogan
42:28qui maintenait le contrôle
42:29d'un pasteur américain.
42:31La solidarité européenne,
42:32Gabriel,
42:33vaste programme.
42:34Pour l'instant,
42:34on ne l'a pas beaucoup
42:35vu à l'œuvre,
42:35malheureusement.
42:36Non, mais de toute façon,
42:37dans les relations
42:38franco-algériennes,
42:38quand vous avez un président
42:39qui a dit que la colonisation
42:40était un crime
42:41contre l'humanité,
42:41qu'est-ce que vous voulez
42:42faire de plus ?
42:43C'est terminé.
42:45Moi, j'ai une pensée émue
42:47pour des gens
42:47qui sont en train
42:48de disparaître aujourd'hui
42:49mais dont la mémoire
42:50a été complètement oubliée.
42:51C'est celle des pieds noirs,
42:52des harkis,
42:53parce qu'aujourd'hui,
42:53la mémoire est complètement
42:55hémiplégique.
42:56L'histoire officielle
42:57est complètement hémiplégique.
42:59Ils ont été massacrés
43:00pour certains,
43:00d'autres ont disparu.
43:01Il n'y a rien à envier
43:02à ce qui s'est passé
43:03le 7 octobre.
43:03Il y a des vraies similitudes.
43:05Ceux-là,
43:05on n'en parle jamais.
43:06Et puis,
43:06dernière question,
43:07si les Français sont si méchants,
43:09si ils ont été des colonisateurs
43:10aussi abominables,
43:11je ne comprends pas
43:12pourquoi il y a tant
43:12d'Algériens qui viennent chez nous.
43:13Ce n'est pas prudent.
43:14Ce n'est pas prudent.
43:15On n'est pas gentils.
43:16Voilà.
43:17Donc, moi, c'est vrai
43:17que c'est une question
43:18qui me taraude.
43:20Il y a un petit peu
43:21d'incohérence,
43:21selon vous,
43:23dans le propos.
43:23C'est le moins
43:24que l'on puisse dire.
43:24Alors,
43:25il y a un autre sujet
43:26sur lequel, là,
43:26il n'y a pas du tout
43:27d'incohérence.
43:28Ça me permet d'enchaîner
43:29avec vous, évidemment.
43:30C'est le pèlerinage de Chartres
43:32qui vient de s'achever.
43:33Les pèlerins,
43:34à l'heure qu'il est,
43:35sont en train de quitter Chartres
43:36ou peut-être même
43:36pour certains,
43:37rentrer beaucoup plus vite
43:38avec le train.
43:40Vous y voyez, vous,
43:41un symbole de recivilisation.
43:43Est-ce que vous pouvez
43:43nous expliquer pourquoi ?
43:44Alors, vous savez,
43:45oui, aujourd'hui,
43:45on invente beaucoup
43:46de néologisme
43:48parce que nous avons
43:48une situation un peu inédite
43:49dans ce pays,
43:50il faut bien le dire.
43:51Donc, nous ne trouvons pas
43:52les mots ad hoc.
43:53Et vous vous souvenez
43:53qu'Emmanuel Macron,
43:54il avait parlé
43:55de décivilisation.
43:56Je crois que c'était
43:56Jérôme Pourquet
43:57qui lui avait glissé
43:59ce mot
43:59et il avait été très critiqué
44:01parce qu'évidemment,
44:02ça impliquait
44:02une dynamique négative.
44:04C'est-à-dire que
44:05nous avons détricoté
44:06ce qui était nos mœurs,
44:08notre façon de vivre,
44:08notre civilisation.
44:09La recivilisation,
44:10c'est l'inverse.
44:11On retricote,
44:12on ravode,
44:13on répare le lien,
44:15on raboute.
44:16Alors, il ne s'agit pas
44:17de dire que la civilisation
44:19ne se trouve que dans
44:19ce pèlerinage,
44:20ni même que chez les catholiques.
44:22Évidemment,
44:22ce serait complètement faux.
44:24Et s'agissant des catholiques,
44:25il y avait d'ailleurs
44:25d'autres événements.
44:26Je tiens à le dire
44:27parce que beaucoup de gens
44:27m'ont dit
44:27que vous parlez beaucoup
44:28du pèlerinage de Chartres
44:29mais pas du reste.
44:30Alors, il y avait déjà
44:30le pèlerinage de Chartres
44:31en face
44:32qui a réuni 7000 personnes
44:33qui est née d'une scission
44:35des deux pèlerinages
44:36il y a un peu plus de 30 ans,
44:37après les sacres faits
44:38par Mgr Lefebvre.
44:39Il y avait le rassemblement
44:40du frat 14 000 jeunes
44:42qui se fait chaque année
44:43à cette époque-là.
44:44Il y avait le pèlerinage
44:45militaire international.
44:47Pour ce week-end de Pentecoute,
44:48je crois que ça faisait
44:4850 000 personnes sur le pont
44:50si vous me permettez.
44:51Tous ces gens sont croisés.
44:52Et tous ces gens,
44:53ce n'est pas étanche
44:56entre les uns et les autres.
44:57Je sais que les deux pèlerinages
44:59qui se croisent à Chartres
45:00à titre individuel,
45:01il y a des gens
45:01qui déjeunent ensemble.
45:03Et puis le frat
45:04et le pèlerinage de Chartres
45:06du Notre-Dame de Chrétienté
45:07avait promis de prier
45:11officiellement les uns
45:11pour les autres.
45:12Quant au pèlerinage
45:13militaire international,
45:14il y a beaucoup de gens
45:14qui le font,
45:15mais qui aussi,
45:15fait celui de Chartres.
45:17Mais pourquoi je vous parle
45:18du pèlerinage de Chartres,
45:19de Notre-Dame de Chrétienté
45:20qui a réuni 20 000 personnes
45:22de Paris à Chartres ?
45:24Parce que c'est le plus grand
45:26pèlerinage européen
45:26et peut-être même occidental,
45:28je crois.
45:28Il fascine du reste les étrangers.
45:30J'ai observé ça tout le week-end.
45:31Il y a des comptes X
45:32extrêmement puissants.
45:34Vous savez,
45:34aux États-Unis,
45:35tout est XXL.
45:35Nous, on compte
45:36notre nombre d'abonnés.
45:37Ils se sont dit,
45:37on est tout petit
45:38à côté de ceux des Américains.
45:40Et ils se sont fait l'écho
45:42de ce pèlerinage,
45:42des Espagnols,
45:43des Anglais.
45:44Un peu de fascination
45:45et aussi d'envie.
45:46Vous savez,
45:47les Américains disent
45:48un jour en oral même.
45:49C'est un peu comme
45:50le 14 juillet.
45:51Oui, comme celui
45:52qui veut Donald Trump.
45:53Il veut son arche,
45:55il veut son défilé.
45:56Alors, CNews,
45:57on s'en souvient,
45:58a couvert le pèlerinage
45:59tout au long du week-end,
46:00notamment la messe dominicale
46:01de Pentecôte.
46:02D'ailleurs,
46:03petite surprise,
46:04on entendra Charlotte
46:05dans un instant
46:06qui nous donnait
46:07son sentiment
46:07sur ce parcours.
46:09Vous vouliez parler
46:09de ces petits détails
46:10qui sont parfois
46:11imperceptibles,
46:12en tout cas pas visibles
46:13à la télévision.
46:14Oui, exactement.
46:15À la télévision,
46:15on voit les offices,
46:16on voit la foi
46:17de ceux qui témoignent.
46:18Mais il y a des petits détails.
46:19On dit que le diable
46:20se cache dans les détails.
46:20Moi, je crois que le bon Dieu
46:21se cache dans les détails.
46:23Et on ne peut les saisir
46:24que sur place.
46:25Alors, je vais essayer
46:25de faire ça chronologiquement.
46:27Tout d'abord,
46:27le samedi matin,
46:28je suis allée les voir partir
46:29à 5h30.
46:30Et alors,
46:31il y avait une foule
46:32dans les rues,
46:33mais c'était extrêmement impressionnant.
46:36Je vais vous expliquer pourquoi.
46:37Déjà, c'est toujours impressionnant
46:39en place Saint-Sulpice,
46:39mais là,
46:40il s'est tiré
46:41dans toutes les rues
46:41du 6ème arrondissement
46:42parce qu'en fait,
46:42on avait un tout petit peu
46:43changé le mode de distribution
46:45des bracelets
46:46qui permettent
46:47d'obtenir le précieux sésame.
46:48Vous savez qu'ils sont 20 000.
46:50C'est limité.
46:50parce que c'est limité.
46:52C'est limité
46:52pour des raisons logistiques.
46:53Déjà, c'est extrêmement lourd.
46:54Il faut plus de 1 000 bénévoles
46:55pour s'en occuper.
46:56Donc, il ne peut pas
46:56y en avoir plus de 20 000.
46:57Donc, le jour de l'inscription,
46:58à 7 heures,
46:59ils sont au taquet
47:00pour s'inscrire
47:00comme pour un concert
47:01de Céline Dion.
47:0320 000,
47:04c'est quand même
47:04toute la ville de Caor
47:05qu'il faut transporter,
47:06pour donner une idée,
47:08sur 100 kilomètres
47:08pendant trois jours.
47:10Et donc, d'habitude,
47:10on leur envoie leurs bracelets.
47:11Et puis, en fait,
47:12comme c'est beaucoup de jeunes
47:14et certains n'ont pas leur nom,
47:15ils sont en colloque
47:16sur les boîtes, etc.
47:17Donc, cette année,
47:18le pèlerinage s'est dit
47:19bon, ce n'est pas grave,
47:19on va leur envoyer un QR code
47:20et puis, on leur donnera
47:22leur bracelet là-bas.
47:22Et ça a fait un embouteillage,
47:25une foule incroyable
47:26qui s'est finalement
47:28très bien passé.
47:28Mais vous savez,
47:29quand je les ai vus,
47:30avant que tout ça se résorbe,
47:32quand j'ai vu cette foule
47:33qui était là
47:34et qui attendait son bracelet,
47:35je n'ai pas pu m'empêcher
47:36de penser à la foule
47:37des centres commerciaux.
47:38Vous savez, par exemple,
47:39à Paris 2,
47:40dans les Yvelines,
47:41récemment,
47:41la vente de la montre
47:42soit Audemars Piguet,
47:44vous avez cette collaboration.
47:46Ça s'est fini en émeute.
47:48La police a dû utiliser
47:49les gaz d'acrymogènes.
47:50Là, ils étaient
47:50avec leur gros gossac,
47:52ils étaient avec leur bannière,
47:53ils auraient pu râler.
47:53Pas du tout.
47:55Et d'un côté,
47:56vous voyez,
47:56vous avez le temple
47:57de la consommation,
47:58la convoitise
47:59d'une monde de luxe,
48:00l'impatience et la violence.
48:01De l'autre,
48:02vous avez une église,
48:03la volonté de l'effort.
48:04Et je peux vous assurer
48:05que cette année,
48:05c'était très dur
48:06parce qu'il faisait très chaud
48:07et ça fait très mal aux pieds
48:08de façon générale.
48:09la patience et la paix.
48:11Les forces de l'ordre
48:12sont remerciées
48:13tout au long du trajet.
48:14Je ne sais pas,
48:14j'avais donné une image
48:15à France,
48:15je ne sais pas si elle l'a,
48:16où on voit notamment
48:17un garde républicain,
48:18Asphal,
48:18qui fait un check,
48:21je crois qu'on appelle ça
48:22comme ça,
48:22avec un petit garçon.
48:23Oui, c'est une belle image.
48:24Il se passe en bonne intelligence.
48:26Bref,
48:26c'est la recivilisation.
48:29Alors,
48:29autre détail important
48:31qui m'a frappée,
48:32ils étaient un certain nombre
48:32à porter un suite
48:34qui avait été édité
48:35par la direction du pèlerinage
48:36il y a quelque temps.
48:37Le temps était encore
48:38un peu frais après,
48:39je pense qu'ils l'ont enlevé.
48:40Et sur le suite,
48:40il y avait marqué
48:42gardien de la tradition.
48:43Je crois qu'on l'a aussi,
48:44l'image.
48:44Qu'est-ce que ça veut dire alors ?
48:45Qu'est-ce que ça nous apprend ?
48:46Moi, j'ai trouvé ça
48:47très touchant.
48:47J'ai trouvé très touchant
48:49de voir des jeunes
48:49se déclarer gardiens
48:51de la tradition.
48:53La transmission
48:53dans l'église
48:54depuis 2000 ans,
48:55ça se fait par les écritures
48:56et par la tradition.
48:58Et c'est vrai que
48:58dans une société
48:59d'individus atomisés,
49:01seulement intéressés
49:01par le plaisir immédiat,
49:03ils se reconnaissent
49:04humblement,
49:05en maillant d'une chaîne,
49:06comme Saint-Paul,
49:06ils pourront dire
49:07« J'ai transmis
49:08ce que j'ai reçu ».
49:10Et au-delà du rite ancien,
49:12vous savez,
49:12le pèlerinage de Chartres,
49:13c'est le Vétou Sordo,
49:14c'est la messe traditionnelle,
49:17eh bien,
49:18il y a cette tradition,
49:19cette pèlerinisation
49:20de la tradition du pèlerinage.
49:21Est-ce que vous savez
49:22que les pèlerins de Chartres,
49:23ils vont depuis le Moyen-Âge ?
49:24Car depuis 876,
49:27il y a une relique
49:28du voile de la Vierge.
49:29On dit que c'était le voile
49:30qu'elle avait
49:30lors de l'Annonciation.
49:32Donc, ces jeunes,
49:33mettent les pas
49:34dans ces pèlerins médiévaux,
49:35puis aussi dans ceux
49:36de Charles Péguy
49:37au début du XXe,
49:39et puis dans ceux
49:40des fondateurs
49:40de ce pèlerinage.
49:41Parce que pourquoi
49:42ils avaient fait ce pèlerinage
49:43au début des années 80 ?
49:44Parce qu'ils avaient été piqués
49:45par l'interpellation
49:46du pape Jean-Paul II
49:47qui avait dit
49:48« France, fille aînée de l'Église,
49:49qu'as-tu fait de ton baptême ? »
49:52Alors, j'ai été frappée aussi.
49:53Je vais vite,
49:54parce que je sais
49:54qu'on n'a pas beaucoup de temps.
49:55Non, non, non,
49:56vous avez encore quelques minutes.
49:58Parce qu'au moment
50:00de la communion,
50:00vous savez,
50:01les gens viennent s'agenouiller
50:02devant le prêtre,
50:02et il y a beaucoup de jeunes
50:03qui arrivaient
50:03avec les bras comme ça.
50:05Ce qui veut dire
50:05qu'ils n'ont pas fait
50:06leur première communion,
50:07voire qu'ils n'ont pas été baptisés.
50:09Donc, ce sont des catéchumènes.
50:11Donc, vous voyez,
50:11ils s'apprêtaient
50:11à faire 100 kilomètres.
50:14Ils ne sont pas encore
50:15dans les villes, n'importe quoi.
50:16Voilà,
50:16ils seront peut-être baptisés
50:18à Pâques l'an prochain,
50:19ou alors ils feront
50:19leur première communion plus tard.
50:21Et c'est vrai
50:22que c'est très impressionnant,
50:24ces jeunes.
50:25Alors,
50:25l'organisation du pèlerinage
50:27a fait des statistiques.
50:28Alors,
50:28ce n'est pas tous
50:29des catéchumènes,
50:29mais ils étaient 34%
50:31à venir pour la première fois.
50:33Voilà,
50:3334%,
50:34c'est beaucoup.
50:34Donc,
50:34ça veut dire
50:35qu'il y a un vrai
50:36regard d'intérêt
50:36pour ce pèlerinage.
50:38Voilà,
50:38mais il y a quand même
50:3866% qui reviennent.
50:40Alors,
50:40moi,
50:40je peux vous dire
50:40pour avoir fait ce pèlerinage,
50:41je trouve que c'est impressionnant
50:43qu'il y en ait 66%
50:44qui reviennent.
50:45Oui,
50:45100 kilomètres,
50:47le rythme,
50:47c'est quoi ?
50:47Mais il y a une telle ambiance.
50:49C'est 30 kilomètres par jour.
50:51Oui,
50:51et le premier jour,
50:53c'est le pire,
50:53c'est 40 kilomètres.
50:55Vous l'avez fait ?
50:55Je l'ai fait six fois,
50:56oui.
50:57Six fois ?
50:57Ah oui,
50:58d'accord.
50:59Moi,
50:59ça a été très important
51:01dans ma conversion.
51:02Je me suis convertie en 2001
51:03et dans la foulée,
51:04j'ai fait ce pèlerinage,
51:05je me suis dit
51:05c'est des fous,
51:06mais je les ai trouvés
51:06merveilleux,
51:07c'est-à-dire qu'ils sont spartiates.
51:09Il faut voir,
51:09franchement,
51:10on n'a rien sur rien,
51:11il pleut,
51:11il neige,
51:12il vente,
51:12enfin voilà.
51:13Il y avait une jovialité
51:14et puis je voyais
51:20avec des chaussures de ville.
51:22Je voyais au contraire
51:23parfois des militaires
51:25qui portaient
51:26deux,
51:26trois sacs à la fois
51:27parce qu'ils voyaient bien
51:28qu'il fallait aider.
51:29Il y avait une convivialité.
51:31Pareil,
51:31on n'a pas parlé de ça,
51:32mais il y a tout le service,
51:33à la fois le service d'ordre
51:34mais aussi le service technique.
51:35Dans le service technique,
51:36vous trouvez parfois des gens
51:37qui auraient été
51:37des haches de grandes boîtes,
51:40généraux à sacs d'étoiles,
51:42qui lavent les chiottes.
51:43Donc je veux dire,
51:44il y a une simplicité,
51:45il y a une convivialité,
51:47c'est vraiment quelque chose à vivre.
51:48Alors,
51:48il y a de fait des petites vieilles
51:49mais le moyenne d'âge,
51:51ce n'est pas préjoratif d'ailleurs,
51:52parce qu'on le sera toutes,
51:54mais la moyenne d'âge
51:54c'est quand même de,
51:55alors je croyais 20 ans,
51:56c'est 22 ans,
51:57ce n'est pas tellement plus.
51:58La moyenne d'âge ?
51:59La moyenne d'âge.
52:00C'est bien qu'on commence
52:00à 15 ou 16 ans.
52:01Non, non,
52:02beaucoup plus.
52:02On peut commencer,
52:04on peut le faire en famille au début.
52:05La moyenne d'âge est de 22 ans.
52:0622 ans,
52:07c'est très très jeune.
52:08L'âge planché.
52:09Alors,
52:09il y a beaucoup de choses
52:10qui entrent en ligne.
52:11Alors,
52:12il y a ceux qui sont tombés dedans
52:21quand ils étaient petits,
52:22si j'ose dire.
52:22Alors ceux-là,
52:23ils font partie de ceux
52:24qui l'ont fait plus de 10 fois.
52:25Il y en a plus de 17%
52:26qui l'ont fait plus de 10 fois.
52:29Alors eux,
52:29ils sont très nombreux
52:31parce que c'est vrai
52:31qu'en plus,
52:32on n'a pas besoin
52:33de parler de réarmement démographique
52:34dans ce famille-là
52:35parce qu'il n'y a jamais eu
52:36de désarmement,
52:37si j'ose dire.
52:37Il y a les familles nombreuses,
52:38c'est très très fréquent.
52:40Il y a les catholiques
52:41qui sont catholiques,
52:43pratiquants,
52:44mais qui ne sont pas
52:44des habitués du Vetus Ordo,
52:46donc de la messe ancienne,
52:47mais qui sont venus
52:49par des amis
52:50ou des cousins.
52:51Alors ceux-là,
52:51ils sont 61% dans ce cas
52:53parmi les nouveaux pèlerins.
52:55Et puis,
52:55finalement,
52:56on voit que c'est
52:56une attraction quand même humaine.
52:58On parle du numérique
52:59beaucoup,
53:00mais ça reste à 12%,
53:01même si c'est en progression.
53:03Et cette année,
53:03le thème,
53:03c'était la mission.
53:04On voit que ces jeunes
53:05sont de fait très missionnaires
53:07puisqu'ils emmènent leurs amis.
53:08Il y a une chose
53:08de très frappante,
53:09c'est l'esthétique.
53:10Et c'est vraiment
53:11quelque chose
53:12qui parle au cœur.
53:13Vous savez,
53:13Dostoevsky disait
53:14« La beauté sauvera le monde »,
53:15mais c'est très frappant.
53:16Il y a la liturgie,
53:17bien sûr,
53:17mais aussi la colonne,
53:18la colonne qui traverse
53:19les champs,
53:20qui traverse la bosse.
53:21Et puis,
53:22tout d'un coup,
53:22elle voit ce que Charles Péguy
53:23appelait le plus bel épi
53:24de la bosse.
53:25C'est la flèche
53:26de la cathédrale de Chartres
53:27et tout le monde
53:28se met à genoux
53:28la première fois
53:29qu'on la voit.
53:30Il y a les processions d'entrée
53:32avec les bannières
53:32qui sont absolument incroyables.
53:34Et ces jeunes
53:35aspirent au beau.
53:36Pourquoi ?
53:36Parce qu'en convenant-en,
53:38ils sont quand même
53:38entourés de moches.
53:39On a une architecture
53:40assez dépressive aujourd'hui
53:43avec des universités
53:44en béton
53:45et des lycées
53:46aussi très cubiques
53:48et cafardeux.
53:49Moi,
53:49je crois beaucoup
53:50à l'écologie
53:52par le retour au beau.
53:53Il faudra aussi
53:54que ça se fasse.
53:55Ce qui frappe aussi,
53:56c'est la charité.
53:57Vous savez,
53:57la charité.
53:58Ils soutiennent
53:59les plus fatigués.
54:00Ils font des chaises à porteurs
54:01avec leurs bras
54:02pour leur permettre
54:02de terminer.
54:03Alors,
54:04vous allez me dire,
54:04tout ça se trouve ailleurs.
54:05Le beau,
54:05on le trouve dans les musées,
54:07les forts dans les marathons,
54:08la charité,
54:09certaines ontés la pratiquent.
54:10Mais c'est la réunion
54:11de tout ça,
54:11la beauté,
54:12les forts,
54:12la charité
54:13au service de quelque chose
54:14de plus grand,
54:15de ce que soit,
54:16qui s'appelle
54:16la foi qui recivilise.
54:18Et pourtant,
54:19certains évêques
54:19les regardent toujours
54:20avec un peu de méfiance.
54:21Pourquoi ?
54:22Alors,
54:23on ne va quand même pas tous
54:24puisque Mgr Ulrich
54:26était là
54:26pour bénir les pèlerins
54:28à Paris.
54:28L'évêque de Chartres
54:29est venu également.
54:31Mais,
54:31comme chaque année,
54:32il y a toujours
54:33un petit article
54:33un peu pincé de La Croix.
54:35Vous voyez,
54:35La Croix,
54:35c'est un magazine progressiste,
54:36mais il a quand même
54:37ses traditions,
54:37l'article pincé
54:38sur le pèlerinage de Chartres.
54:41Et il faut voir
54:42que loin de se réjouir
54:42de cette vitalité,
54:43certains évêques
54:44la déplorent.
54:45C'est le rite ancien
54:46qui leur déplait.
54:47L'an dernier,
54:48dans La Croix,
54:48je lisais
54:49« Les jeunes catholiques
54:50inquiètent leurs aînés ».
54:52Bon.
54:53Ils redoutent en somme,
54:54on pardonnera
54:55un néologisme,
54:55une radicalisation.
54:57Alors,
54:58cette année,
54:58on lit que les jeunes
54:59qui ne vont qu'à la messe tradie
55:01sont,
55:02je cite,
55:02« problématiques ».
55:03Pourquoi ?
55:03Alors,
55:04je vais vous dire
55:04si on n'a que ce genre
55:05de problème en France.
55:06On devrait pouvoir les gérer.
55:07Je ne comprends pas bien.
55:08La messe tradie
55:09n'a jamais été interdite
55:10par Vatican II
55:11ni par qui que ce soit.
55:12on cherche le crime.
55:13C'est la querelle
55:14des anciens et des modernes
55:15mais l'originalité
55:16c'est que les anciens
55:17ici sont jeunes
55:18et les modernes
55:19sont âgés.
55:20Et il est quand même
55:21assez fort de café
55:22qu'une génération de cathos
55:23qui en son temps
55:24a voulu s'émanciper
55:25de ses pères
55:25et bien
55:26va y faire rentrer
55:28aujourd'hui
55:28ces jeunes
55:29dans le moule
55:30par coercition.
55:32Alors,
55:32sans doute
55:32peut-on y voir
55:33une forme d'affolement
55:34parce que c'est vrai
55:34que les digues
55:35s'ouvrent
55:36avec les jeunes générations.
55:37Il y a une grande porosité
55:38et puis la pétence
55:39pour ce pèlerinage
55:40dépasse les cercles
55:42traduits habituels
55:42et puis comme disait
55:43quelqu'un de célèbre ici
55:44la démographie
55:45c'est d'elstein.
55:47N'est-ce pas ?
55:50Voilà.
55:51Alors oui,
55:51ce pèlerinage
55:52qui recolle les morceaux
55:53est un signe
55:54de recivilisation
55:55un signe d'espérance.
55:56Alors il y a des gens
55:56qui me disent
55:57vous êtes gentils
55:57ma brave dame
55:58mais 20 000 pèlerins
56:00pour près de 70 millions
56:01d'habitants
56:02mais précisément
56:03je vous invite
56:03à relire Charles Péguy
56:04la petite fille espérance
56:06encadrée par la foi
56:08et la charité
56:08vous savez
56:09les trois vertus théologales
56:10et bien
56:11il dit
56:12Charles Péguy
56:13elle a l'air
56:13de rien du tout
56:14mais c'est elle
56:15qui porte tous les autres.
56:16Et cette petite fille
56:17on va la retrouver aussi
56:18à travers les yeux
56:19de Charlotte
56:20Charlotte Dornela
56:21qui était dans ce pèlerinage
56:23et qui nous a confié
56:23ce petit message.
56:25Bonjour Charlotte Dornela
56:27alors est-ce que vous pouvez
56:27nous donner votre sentiment
56:29sur le pèlerinage
56:30s'il vous plaît ?
56:32Bah écoutez
56:33c'est un moment
56:33assez exceptionnel
56:34où il y a
56:34de très nombreuses personnes
56:36la plupart du temps jeunes
56:37qui se retrouvent
56:39et qui acceptent
56:40de mettre leur vie
56:41et leur confort
56:41surtout entre parenthèses
56:42pendant trois jours
56:43pour marcher de Notre-Dame
56:44de Paris
56:44à Notre-Dame de Charles
56:45avec une seule ambition
56:46demander au bon lieu
56:47de répondre aux attentes
56:48aux joies
56:49aux espérances
56:49et aux souffrances aussi
56:50de tous les hommes
56:51en France
56:52et puis plus largement
56:53dans le monde entier
56:54donc c'est
56:55je trouve ça magnifique
56:56voilà
56:56et ressourçant.
56:59Ressourçant
56:59Est-ce que ça vous a convaincu
57:00Michel Fayette ?
57:01Je ne sais pas si vous l'avez
57:02déjà fait
57:02de vous lancer
57:03sur les routes
57:05de la Beauce
57:06de Chartres
57:07Je suis allé plusieurs fois
57:08à Chartres
57:08mais je n'ai jamais fait
57:09le pèlerinage
57:09J'ai failli le faire
57:11L'an prochain
57:11vous venez nous en parler ?
57:12Oui
57:13Mais en tout cas
57:14je trouve que
57:15en fait dans la Bible
57:17on apprend qu'il faut être
57:18le sel de ce monde
57:19donc le sel
57:20c'est quelques-uns
57:21qui peuvent tout changer
57:21Bon
57:22et bien Gabriel
57:24on vous a
57:24on vous a réquisitionné
57:26cette année
57:26mais l'an prochain
57:26vous y allez
57:27c'est ça
57:27vous le refaites ?
57:27J'emmène
57:28qui veut
57:29Michel
57:30Nelly
57:31il faut acheter
57:32des bonnes chaussures
57:32Alors le Graal
57:33c'est quand même
57:33le départ du Puy-en-Volée
57:34pour le chemin de Saint-Jacques
57:36Ah oui
57:36alors ça c'est encore autre chose
57:37mais ça n'en vache pas
57:39On le fait en plusieurs fois
57:40En général
57:41il y en a peut-être
57:41qui le font d'une seule traite
57:43C'est un peu comme
57:44la préparation au marathon
57:45C'est très très long
57:46Ce qui est certain
57:46c'est qu'il y a une vraie
57:47appétence aujourd'hui
57:49pour les pèlerinages
57:50et ça en dit long
57:51quand même
57:51sur la vie spirituelle
57:54quand même nécessaire
57:55des Français
57:57Merci beaucoup
57:58Le lien entre l'effort physique
58:00et la dimension spirituelle
58:01qui existait largement perdu
58:02et là on le retrouve
58:03On sait bien que
58:04Merci à tous
58:05d'avoir été là parmi nous
58:07Je vous remercie
58:08de nous avoir accompagnés
58:09On espère que cette émission
58:10vous a plu
58:11Demain évidemment
58:11vous retrouvez Christine
58:13Kelly
58:13et l'équipe au complet
58:14des Mousquetaires
58:15et je vous dis à très bientôt
58:17Excellente soirée
58:17tout de suite bien sûr
58:18leur dépro avec Pascal
58:19Sous-titrage Société Radio-Canada
58:21Merci à tous
58:21Merci à tous
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Commentaires
1
poubnetil y a 1 jour
toujours aussi excellent michel fayad, au moins il sait de quoi il parle

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