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  • il y a 18 heures
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François Pons et Marc Bouzik se confient dans Tous Wonder.
Cousins depuis l’enfance, ils décident un jour de partir ensemble pour une aventure complètement folle, traverser plus de 20 frontières et parcourir 25 000 kilomètres en sidecar, avec un fauteuil roulant embarqué sur la moto.
Mais derrière cette aventure spectaculaire, il y a surtout une histoire profondément humaine.
François est en fauteuil roulant depuis un grave accident de voiture survenu il y a 10 ans. Trois mois de coma, trois ans de rééducation, et une vie totalement transformée. Marc, lui, pense au départ emmener son cousin handicapé dans un grand voyage. Mais très vite, il comprend qu’il s’est trompé.
Dans cet épisode, ils racontent les galères techniques, les frontières, les nuits sous la tente, les pannes en Iran, mais surtout les tensions, les incompréhensions et les prises de conscience qui ont changé leur regard l’un sur l’autre.
Marc explique comment il a réalisé qu’il voulait constamment faire les choses à la place de François, pensant bien faire. François, lui, raconte ce qu’il aimerait que les personnes valides comprennent enfin sur le handicap, poser des questions au lieu de décider à la place.
Un épisode puissant sur l’autonomie, la relation humaine, les préjugés et le dépassement de soi.

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Tous WONDER met en lumière ces héros du quotidien, ces personnalités inspirantes qui ont connu un tournant majeur. L’objectif est d’aller chercher l’instant charnière dans la trajectoire de personnalités issues de la société civile, du monde politique, du CAC 40, de l'entreprenariat, du sport, de la culture, du monde scientifique... Tous WONDER fait un pas de côté, un format d’interview intelligent qui révèle l’inattendu chez ses invités.

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Catégorie

😹
Amusant
Transcription
00:00Si on m'avait dit au début tout ce par quoi on allait passer, je pense qu'on ne l
00:02'aurait pas fait.
00:0320 passages de frontières, c'était quoi qui était difficile ?
00:05J'ai perdu François, j'ouvre toutes les portes, je tombe sur des barbus avec des calaches.
00:09C'est le cousin handicapé qui emmène son cousin valide régler ses problèmes.
00:12Et là en fait il m'a dit il faut vraiment que t'arrêtes de me considérer comme une valise.
00:15Bonjour à tous et bienvenue dans TousFonder, le média qui parle de votre point de bascule.
00:19Aujourd'hui je reçois deux cousins extraordinaires.
00:23Marc Bouzic et François Ponce.
00:25Leur histoire elle est dingue, ils ont passé 4 mois et demi ensemble,
00:28ils ont voyagé en sidecar, ils ont parcouru 25 000 kilomètres, traversé 20 frontières.
00:35Marc a conduit la moto, François en sidecar avec une particularité,
00:40devant lui son fauteuil roulant parce que depuis un accident de la route,
00:44il est aujourd'hui en fauteuil roulant.
00:46Vous allez le voir, ce n'est pas l'histoire du cousin valide qui emmène en voyage son cousin handicapé,
00:52c'est plutôt le cousin handicapé qui permet au cousin valide de résoudre ses problèmes à l'autre bout de
00:57la planète.
00:58Ils en ont tiré un film, Side to Side, au-delà du handicap,
01:02et c'est une histoire qui est forte, qui est inspirante,
01:04que je vous invite à écouter parce que ça fait vraiment réfléchir.
01:07TousFonder, c'est tous les mardis, vous nous retrouvez sur YouTube et sur toutes les plateformes de podcast,
01:11Spotify, Deezer, Amazon et Apple.
01:14Vous pouvez nous écouter, nous regarder un peu partout, un peu tout le temps.
01:17Cet épisode vous est présenté avec Lucie, l'expert en santé préventive.
01:22Vous le savez, dans TousFonder, on parle souvent de points de bascule, de déclics qui changent une vie.
01:26Eh bien, parfois, le premier déclic, c'est simplement de mieux comprendre son corps.
01:30Souvent, on se demande pourquoi on est tout le temps fatigué, tout le temps stressé.
01:34Pourquoi une femme peut perdre ses cheveux, par exemple, en pleine ménopause ?
01:37Pourquoi un homme, même jeune, peut avoir des problèmes de fertilité ?
01:41Eh bien, très souvent, la réponse, elle se trouve dans votre corps, dans notre corps.
01:45Et Lucie propose, que moi, en tout cas, je cherche depuis longtemps, et c'est pour ça que je vous
01:49en parle,
01:49c'est un bilan complet, analyse de sang, d'urine, de salive.
01:53Il y a plus de 110 marqueurs qui sont étudiés.
01:55En gros, vous l'avez compris, tout est passé au crible.
01:59Métabolisme, organes, équilibre hormonal.
02:01Et quand vos résultats arrivent, eh bien, vous avez un plan d'action à mettre en place
02:05pour avoir de nouvelles bonnes habitudes sur votre activité, votre sommeil, votre santé mentale.
02:10Et vous pouvez même échanger avec un chat, avec une IA,
02:13pour vous aider à avoir de bonnes nouvelles habitudes.
02:16Avec Touswander, vous avez un code de réduction,
02:18moins 10% avec le code Touswander10.
02:20Et évidemment, je vous mets le lien dans la description de l'épisode.
02:23Touswander, c'est maintenant, avec l'histoire de Marc et François
02:26qui ont parcouru 25 000 kilomètres en sidecar avec un fauteuil roulant.
02:42Alors, aujourd'hui, je reçois Marc Bouzic et François Ponce.
02:44Merci beaucoup.
02:45C'est rare qu'on soit deux, enfin, que vous soyez deux, qu'on soit trois.
02:49Vous avez une histoire qui est extraordinaire.
02:51On va en parler.
02:52Vous allez nous raconter.
02:53On a reçu plein d'images de votre film Side to Side
02:56qui va, je pense, bien illustrer votre aventure.
02:59Mais on commence, dans Touswander, toujours par un point de bascule.
03:02Vous avez évidemment un point de bascule différent.
03:04François, c'est fin août 2020.
03:06Marc, il propose de participer à son voyage.
03:09Oui, c'est ça.
03:10Et Marc, toi, c'est le 3 décembre 2024.
03:13Tu m'as dit que le film a été projeté au cinéma
03:16et qu'en fait, la salle était remplie.
03:18Donc, évidemment, c'est deux points de bascule assez fous.
03:21Tout ça part d'un voyage.
03:22Il faut quand même me raconter comment est venue cette idée de dingue.
03:25C'est-à-dire partir tous les deux en sidecar.
03:28Ça paraissait impossible, mais vous l'avez fait.
03:30Sur le coup, je ne me rendais pas bien compte de ce que ça impliquait.
03:33Si on m'avait dit au début, tout ce parcours on allait passer,
03:36honnêtement, je pense qu'on ne l'aurait pas fait.
03:38C'est vrai ?
03:39Oui, bien sûr.
03:40Qu'est-ce qui était super difficile ou que tu n'avais pas anticipé dans les difficultés ?
03:46On voit que tu ne connais pas François.
03:47Je n'avais rien anticipé du tout.
03:49Cinq mois, 24-24, 7-7 avec François.
03:52Ce n'est pas facile tous les jours.
03:54Oui, François, tu as un caractère de cochon, en fait.
03:56Non, non.
03:57Je suis normal.
03:59C'est normal.
03:59Je suis normal, en fait.
04:01Marc, il n'est pas facile.
04:02Ça doit être parfait.
04:03Mais bon, ça, j'ai bien fait, au final.
04:07Je me rendais absolument...
04:08François a un super bon caractère et ce n'est pas le problème, tu vois.
04:10Mais je ne me rendais pas compte du côté le voyage.
04:13On est tous les deux pendant cinq mois dans une sorte de huis clos.
04:16où on est tout le temps ensemble.
04:19Je ne me rendais pas compte que moi, j'avais un caractère de cochon, pour le coup.
04:22Et que François a fait beaucoup d'efforts.
04:23Et surtout, je ne me rendais pas compte du tout de tout ce que les contraintes du fauteuil roulant impliquaient,
04:28en fait.
04:28Du coup, il ne se rendait pas compte.
04:29Il voyait ça.
04:30Il se disait, non, on va s'en le faire.
04:32Mais en fait, je n'avais pas pensé à ce qui arrivait après.
04:36Qu'est-ce qui a été difficile ?
04:37En fait, c'était l'accès.
04:38Parce que vous avez traversé 20 pays.
04:41Donc, finalement, l'idée de base, c'était Paris, Vladivostok.
04:44Vous avez fait Paris, Iran, ce qui est déjà extraordinaire, au sens littéral du terme.
04:5020 passages de frontières.
04:51C'était quoi qui était difficile ?
04:52Parce qu'évidemment, il y a plein de pays où il n'y a pas d'accès handicapé, où il
04:56n'y a pas d'accès pour le fauteuil.
04:57C'était ça, la première difficulté, finalement ?
04:59Non.
04:59C'était logistique ?
05:00La plupart des pays, il y a beaucoup moins d'accès que chez nous.
05:03Mais ils sont très gentils.
05:05Ils sont toujours très prêts à t'aider.
05:07C'est sympa, quand même.
05:08En France, les gens trouvent des gars qui réfléchissent d'abord à ce qu'ils peuvent perdre.
05:11C'est dur, quand même.
05:13Non, non.
05:14À l'étranger, c'est très bien.
05:16C'est vrai que ça, je n'avais pas remarqué, mais c'est François qui m'a fait remarquer ça.
05:20En France, tu sens que les gens veulent t'aider, mais ils se disent
05:22« Ah, potentiellement, je suis pressé.
05:24Potentiellement, j'ai des choses à faire. »
05:25C'est un peu ce que tu veux dire quand tu dis ce que les gens veulent perdre.
05:27En France, je n'avais pas conscience.
05:29Et dans des pays comme la Turquie ou l'Iran, les gens sont fondamentalement gentils.
05:33Ils sont mous.
05:34C'est incroyable.
05:34Est-ce qu'on peut repartir à la genèse ?
05:36En fait, il fallait construire un sidecar, parce qu'il n'existait pas.
05:40Vous avez mis combien de temps ?
05:42Et comment vous avez fait pour construire ce sidecar qu'on verra en images ?
05:45Et j'invite à ceux qui nous écoutent d'aller quand même voir la vidéo,
05:48parce que les images, elles sont folles.
05:51Comment vous avez fait ?
05:52« N'apprends quelque chose, Rony. »
05:54À Saïd.
05:55« C'est directement, c'est MoniMétal. »
05:57En fait, le side, c'est un triptyque de trois choses.
06:01Une moto, un châssis avec la troisième roue et une nacelle.
06:05La moto, on a eu de la chance, c'est qu'on a eu un sponsor de dingue.
06:07C'est la marque Triumph, qui nous a aidés, qui nous a accompagnés,
06:10qui nous accompagne encore.
06:12On les remercie d'ailleurs.
06:13On a acheté un châssis.
06:15Et en fait, notre oncle a fabriqué la nacelle qui vient se poser sur le châssis,
06:20pour qu'elle soit 100% adaptée à ce qu'on voulait faire.
06:23Pour qu'elle puisse me transférer tout seul.
06:25En fait, il fallait que tu puisses monter et descendre tout seul, c'est ça ?
06:27Exactement ça, le transfert.
06:29Du coup, c'est bouger mon fauteuil roulant, puis aller sur la nacelle.
06:33Ça, c'est important que je puisse le faire tout seul, sans trop chiant pour Marc.
06:36Et donc, il fallait quoi ? Qu'il n'y ait pas de rebord ?
06:38Enfin, concrètement, ça veut dire quoi ?
06:40Il fallait que ça soit comment, cette nacelle ?
06:42Que je puisse m'agriper quelque part, et que ça tienne, parce que je ne suis pas très joué,
06:46parce que je ne suis pas très joué, parce que je ne suis plus.
06:48Et que je puisse faire tout seul, facilement.
06:51Donc, que je puisse me mettre, puis bouger mon cul, en fait.
06:55Bouger ton cul ?
06:56En fait, contrairement à un sidecar classique, l'image que les gens ont en tête,
07:00c'est Indiana Jones avec son père qui est assis.
07:02Peut-être François et moi, on est au même niveau.
07:04Donc, François est assis à la même hauteur que moi.
07:06Et concrètement, ce que notre nacelle a de particulier,
07:09c'est qu'on peut mettre le fauteuil, une fois qu'il est plié,
07:11on peut le mettre devant nous.
07:12Et à l'arrière, on peut emmener tout notre équipement,
07:14qui était assez conséquent.
07:16Parce que vous êtes quand même parti cinq mois, quoi.
07:18Ah, c'est un truc de dingue.
07:20Donc déjà ça, tu vois, la conception de la nacelle, les essais,
07:23ça a pris six mois à peu près.
07:26Donc, deux ans, finalement, entre l'idée et le départ.
07:32Deux ans entre l'idée et le départ.
07:34Au début, on se...
07:35Parce qu'on a fait un grand voyage, un petit voyage, un VHS.
07:38Ça, c'est un détail qui est important pour François.
07:40Ah oui, très important.
07:41Moi, je voulais le faire, Marc, vous ne voulez pas le faire.
07:43Du coup, c'est important.
07:44On l'a fait.
07:45Très merci, Marie-Vir.
07:46De faire un VHS ?
07:48On est parti.
07:49Il ne se rendait pas compte.
07:51Il ne se rendait pas compte.
07:52Il pensait que c'était normal, en fait.
07:53Mais ça implique beaucoup d'emmerdes, le fauteuil.
07:57En fait, on n'est pas à la demande de François.
07:59Et je reconnais que c'était une très bonne idée.
08:01Je le dis devant la caméra.
08:02On est parti tester notre matériel en Norvège pendant deux semaines.
08:07On a fait 5000 kilomètres pour prendre un peu nos repères et adapter notre matériel.
08:11Et moi, au début, je ne voulais pas le faire.
08:13Si toi aussi, tu aimes cet épisode, aide-moi à produire la saison 2.
08:17Je lance une campagne participative.
08:19Je te mets le lien en description.
08:20N'hésite pas à participer et à partager.
08:23Merci.
08:24Ces projets-là, c'est des projets qui prennent beaucoup de temps et qui sont méga engageants,
08:27notamment vis-à-vis de ton taf.
08:29Et en fait, moi, je voulais partir le plus vite possible pour le gros voyage.
08:32Tu vois ce que je veux dire ?
08:32Oui, je comprends.
08:33Pour ne pas utiliser des congés payés, entre guillemets, pour rien.
08:36Et au final, pourquoi ça a été une bonne idée ?
08:37Bah, ça nous a permis de faire des améliorations.
08:41On avait pris deux tentes à base, parce qu'on est ensemble toute la journée.
08:45Au bout d'un moment, on a un peu marre l'un et l'autre.
08:47Du coup, on était contents de pouvoir être tranquillement dans sa tente.
08:50Mais moi, je ne peux rien faire dans la tente.
08:52Je ne peux rien faire tout seul.
08:53Marc était obligé de monter deux tentes.
08:55Du coup, c'est embêtant.
08:57Une tente, c'est mieux finalement.
08:59Parce qu'on pouvait mettre le fauteuil à bris quand il pleuvait.
09:02Ça, c'est très bien.
09:03Puis moi, je pouvais partir du pied au montage de la tente.
09:06Marc faisait ce que je ne pouvais pas faire.
09:07Et puis bon, du coup, ça se fait.
09:10Oui, parce qu'en fait, au final, vous étiez parti sur deux tentes.
09:13Et vous avez fait des petits ajustements.
09:15Une tente.
09:16Mais une tente, pour abriter le fauteuil et tout, il a fallu racheter une tente.
09:19Il a fallu...
09:20Vous avez trouvé une tente qui existait ?
09:22Ou c'était quoi le...
09:23Comment vous avez fait ?
09:24En fait...
09:25Tout est sur mesure, en fait.
09:26Non, non, non.
09:27On a trouvé une tente.
09:28La particularité de notre voyage, et là, on a eu une chance énorme,
09:30c'est qu'on a reçu énormément de soutien.
09:33On a fait un financement participatif.
09:35On a levé beaucoup d'argent pour pouvoir acheter la moto, fabriquer le sidecar.
09:39Combien, si ce n'est pas indiscret ?
09:41À peu près, tu vois.
09:43En cash, on a levé 25 000 euros.
09:45Bravo !
09:46On a reçu environ 5 000 euros d'équivalent en matériel,
09:49dont la fameuse grande tente.
09:51En fait, pour que les gens puissent visualiser,
09:53initialement, on est parti en Norvège avec deux tentes de trek.
09:55Elles sont très légères.
09:56Le problème, c'est qu'elles sont très basses.
09:58Et factuellement, une fois que François était allongé dans sa tente,
10:01on ne pouvait plus rien faire.
10:03Oui, c'est emmerdant.
10:03C'est un peu con.
10:04C'est long, quoi.
10:05Alors qu'après, on a reçu en dotation ce qu'on appelle une moto-tente.
10:10C'est normalement une tente qui est très haute,
10:12qui est faite pour, en fait, dormir avec ta moto à l'abri.
10:15Et du coup, nous, on n'a pas mis la moto à l'abri.
10:17On mettait le fauteuil roulant, etc.
10:19Ce qui nous permettait, même dans des conditions de pluie, d'orage,
10:23d'être à l'abri.
10:24François sur son fauteuil, moi sous la tente, tranquillement,
10:26et pas dans notre zone de vie.
10:28Gros inconvénient, pardon, c'est qu'on dormait ensemble.
10:31Il ronfle.
10:32Il ronfle.
10:32Du coup, ça, c'est un inconvénient.
10:34Il ronfle.
10:35Donc, Marc, il ronfle.
10:37Et François, il fait quoi, alors ?
10:38Il ronfle pas, lui.
10:40Non, mais toi, tu ronfles pas.
10:41Non, non.
10:43Il ronfle pas.
10:44Donc, au moins, t'as eu de la chance.
10:46Racontez-moi alors ce que vous avez fait,
10:47le nombre de frontières, combien de kilomètres.
10:49Si on fait un petit résumé de l'aventure.
10:51Un petit résumé d'un Seine-Borne.
10:54On a fait une vingtaine de pays et quatre mois et demi.
10:57Quatre mois et demi, c'est hallucinant.
10:58135 jours.
10:59Qu'est-ce qui a été le plus difficile pour vous ?
11:03Est-ce que c'était des imprévus ?
11:04Est-ce que c'est l'aspect humain ?
11:06C'est quoi ?
11:06On a sans doute pas la même façon de faire les choses.
11:09Ce qui est super intéressant,
11:10c'est qu'on n'a pas du tout la même expérience du voyage.
11:13Pour moi, c'était un voyage qui a été dur,
11:16physiquement, psychologiquement.
11:17Et le plus dur pour moi,
11:18je vais le dire, je vais me tirer deux balles dans le pied
11:20face à la caméra,
11:21ça a été de ne pas considérer mon cousin comme une valise.
11:24Parce que, je n'ai pas honte de le dire,
11:26on en parle beaucoup maintenant en entreprise, etc.
11:28Au début, c'était mon idée de voyage,
11:31mon projet.
11:31J'emmenais mon cousin,
11:33qui a priori savait moins bien que moi
11:34parce qu'il était en fauteuil roulant
11:35et qu'il s'exprimait moins bien.
11:37Et c'est moi qui croyais qu'au quotidien,
11:38je devais tout faire.
11:40Sauf qu'en fait, à un moment,
11:41j'ai explosé parce que ça ne pouvait pas fonctionner comme ça.
11:44Tu t'en as rendu compte comment ?
11:45Je m'en suis rendu compte le jour.
11:47Il m'a mis une énorme soufflante
11:49parce que j'ai fait une story un peu...
11:51Je ne me suis pas rendu compte de ce que je disais.
11:56On arrive à la frontière entre la Turquie et l'Iran.
11:58Et en fait, à un moment,
11:59François et moi, on est séparés.
12:00Moi, je passe avec le véhicule
12:01et François passe au passage piéton.
12:03Et il se trouve que,
12:04sans m'en rendre compte,
12:04j'ai gardé tous les documents de François.
12:06Il a son passeport,
12:07mais il n'a pas son visa,
12:09il n'a pas son test PCR,
12:10il n'a rien.
12:11Et au moment où je m'en rends compte,
12:12je panique complètement.
12:14Et donc, j'arrive en Iran,
12:15dans le poste frontière,
12:16et je ne trouve plus François.
12:17Et vraiment, je panique, tu vois.
12:19Et j'ouvre toutes les portes,
12:21je tombe sur des barbus avec des calaches.
12:22Enfin, c'est pas...
12:23Ils étaient très sympas, tu vois,
12:24mais tu arrives dans un endroit où tu dis,
12:26OK, qu'est-ce que j'ai fait, en fait ?
12:28Et tout le monde me regarde en disant,
12:29mais mec, qu'est-ce que tu fous
12:30à ouvrir toutes les portes, etc.
12:32Et là, je commence vraiment à péter un plomb.
12:34Et à un moment,
12:34il y a un gars qui vient me voir
12:36et qui me mime un fauteuil roulant.
12:38Je dis, bah oui, oui, oui.
12:39Et en fait, le mec m'explique
12:40que c'est un taxi
12:41et qu'après le poste frontière,
12:43la première ville est à 5 bornes
12:44et que François a pris un taxi
12:46pour aller m'attendre à la ville.
12:48Et moi, François, laisse-moi finir,
12:49s'il te plaît.
12:50Je fais une story
12:52en face caméra, en expliquant
12:54j'ai perdu François.
12:55Les mecs l'ont mis dans un taxi
12:56et je ne sais pas où il est.
12:58J'ai été séparé de François
13:00à la frontière.
13:01Lui, il est passé au passage piéton.
13:04Moi, je suis passé avec la moto.
13:05Arrivé de l'autre côté,
13:06il n'était plus là.
13:08Les mecs l'ont mis dans un taxi
13:09et ils lui ont fait faire 5 bornes
13:12jusqu'à la première ville, en fait, en Iran.
13:14Là, j'ai perdu François.
13:16Je ne sais pas où il est.
13:17On ne peut pas se parler
13:17puisqu'il n'y a pas de réseau.
13:20C'est impeccable.
13:21Nickel, bienvenue en Iran.
13:22Sauf qu'en fait,
13:23au moment où je poste ces stories,
13:25François pète un plomb
13:25parce qu'en fait, François me dit
13:26mais mec, je ne suis pas un objet.
13:28J'ai choisi de prendre le taxi tout seul
13:30et c'est moi qui t'attendais, en fait.
13:32Et là, il m'a dit,
13:33il faut vraiment que tu arrêtes
13:34de me considérer comme une valise.
13:35Et c'est là où j'ai commencé à tilter.
13:37Parce qu'on n'a pas le choix, en fait.
13:38Bon, après, passer aux frontières,
13:40il n'y a qu'une seule route,
13:41il n'y a pas de...
13:42Pour aller jusqu'à la première ville,
13:43on était obligés de passer par là.
13:44Du coup, il était obligés
13:45de passer de me voir.
13:46C'est pour ça que je suis allé là-bas.
13:48Parce qu'on était là-bas.
13:49On n'est pas passé au même endroit.
13:51Mais du coup,
13:51il était obligés de passer par là-bas.
13:52Ouais.
13:53Du coup, bon,
13:53c'est sûr qu'il allait y passer.
13:56Puis il pense que
13:56qu'on m'a mis en taxi comme ça.
13:59C'est moi qui vais tout seul au taxi quand même.
14:01Ouais, t'es monté seul, quoi.
14:02Oui, bien sûr.
14:03Et c'est ça, en fait,
14:04qui t'a excédé, en fait.
14:06Ce qui m'a vraiment énervé,
14:07c'est qu'il pense que
14:08je n'ai pas de tête
14:09et que je suis emballé
14:10comme un objet, en fait.
14:12Ça m'a vraiment énervé.
14:14C'est moi qui décide d'y aller.
14:15Bien sûr, bien sûr.
14:16Mais qui ont parté n'importe quoi,
14:18c'est moi qui l'a demandé.
14:20Toujours t'y comme ton douce.
14:21En plus.
14:22T'as mis du pot sur la table.
14:24Ouais, c'est là que t'as...
14:25C'est intéressant comme point.
14:26C'est là que tu t'es rendu compte
14:28qu'en fait,
14:29qu'il fallait changer de prisme, en fait.
14:32En fait, c'est là où, dans ta tête,
14:33tu te prends une sorte de baffe
14:34et tu dis, mais en fait,
14:35tu crois que t'es le mec
14:36qui sait bien faire,
14:37qui sait gérer,
14:38qui sait mieux les choses.
14:38La réalité, c'est que toi,
14:39pendant une heure,
14:41j'étais en panique absolue,
14:43absolue,
14:43alors qu'en fait,
14:44la personne qui, je pensais,
14:46gérait moins,
14:47savait moins bien, etc.,
14:48avait eu un raisonnement mégalogique
14:49qui dit, la route, c'est par là,
14:51il va passer là-bas.
14:51Et François, il m'attendait peinard
14:53en discutant avec les douaniers.
14:54Moi, je suis arrivé,
14:55j'étais catastrophé, tu vois.
14:57Et ce qui est dingue,
14:58c'est que,
14:59même quand on est revenus,
15:00non, ma famille disait,
15:01oh là là,
15:01quand t'avais perdu François
15:02à la frontière,
15:03et François, ça le mettait hors de l'eau,
15:04et j'ai compris, tu vois, après.
15:05Putain, mais...
15:07Je l'ai pas perdu, en fait.
15:09François, il a pris une décision solo
15:10qui était beaucoup plus intelligente
15:11que la mienne,
15:12et il s'est débrouillé tout seul, tu vois.
15:14Et ce que tu dis dans le film,
15:15c'est marrant aussi,
15:16tu dis, François,
15:17c'est le seul mec au monde
15:17qui a passé la frontière iranienne,
15:19sans visa,
15:20sans test PCR.
15:22C'est vrai qu'en fait,
15:23c'était une voie, quoi.
15:23C'est vrai, j'avais pas de visa,
15:24mais j'avais un passeport, du coup.
15:26Ils m'ont regardé,
15:26j'avais un passeport,
15:27ils me disaient,
15:28bon, on va passer, monsieur.
15:30Non, mais tu dis ça
15:31comme si t'étais rentré
15:32en vacances en Italie, François.
15:34C'est l'Iran.
15:34Enfin, je veux dire,
15:35même si nous,
15:36on a passé un mois en Iran
15:36et qu'on sait
15:37à quel point les gens sont accueillants,
15:39c'est quand même pas,
15:40vu de l'extérieur,
15:41le pays le plus ouvert du monde.
15:42Non, non, mais
15:43on ne disait pas
15:43que c'était un terroriste, quand même.
15:44Mais je te rappelle
15:45la session à l'ambassade
15:46pour avoir le visa.
15:47Non, c'est chiant.
15:49Mais non.
15:50Si tu veux ton visa en Iran,
15:52tu vas au...
15:52Alors, je ne sais plus
15:53si c'est un ambassade
15:53ou un consulat,
15:54et tu dois leur donner ton téléphone.
15:57Ah, le téléphone, physiquement ?
15:58Tu leur donnes
15:59et puis après,
15:59ils te donnent rendez-vous.
16:00Tu parles pendant une heure
16:01avec quelqu'un
16:02qui te demande beaucoup de choses
16:03sur qu'est-ce que tu vas faire en Iran,
16:04dans quelle ville,
16:05dans quel but, etc.
16:07Pendant ce temps-là,
16:07ton téléphone,
16:08on ne sait pas ce qu'ils en font,
16:10et après, tu le récupères.
16:12Donc, ils scannent le truc
16:13et puis...
16:14Si ça se trouve,
16:14c'est juste une mesure de sécurité.
16:15Ouais, ouais.
16:16Mais bon,
16:16c'est fou.
16:17Tout ça pour dire que
16:17j'étais quand même assez étonné
16:19que tu arrives à rentrer.
16:20Non, mais franchement,
16:21ils n'ont pas trop peur de moi.
16:22Je suis en fauteuil.
16:24Il n'y a pas de soucis.
16:25Il ferait bien de se méfier de toi,
16:26en fait.
16:26C'est ça qui s'occupe.
16:27Que mauvais.
16:29Ce qui est sympa,
16:29c'est que vous n'arrêtez pas
16:30de vous engueuler, en fait.
16:32On est rarement d'accord, en fait.
16:34Du coup, bon,
16:35on discute quoi ?
16:36On est obligé.
16:37Tu vois, c'est ça
16:37qui est super intéressant.
16:39Et ça, c'est un des grands
16:40enseignements du voyage.
16:41C'est qu'au début,
16:42je n'étais pas d'accord
16:43et je pensais que j'avais raison
16:44et François avait forcément tort.
16:46Encore une fois,
16:46je n'ai pas honte de le dire, tu vois.
16:49Parce que mon cousin,
16:50je l'ai connu avant
16:50et que maintenant,
16:51il s'exprime moins bien.
16:52Parfois, il fait des gestes, etc.
16:53Je n'ai pas honte de dire
16:54que je l'ai jugé, tu vois.
16:55Et d'ailleurs,
17:00quand je lui propose un truc,
17:02tu peux être sûr
17:02qu'il va dire non.
17:03Mais tu vois, je me dis,
17:04OK, ça va être l'opportunité
17:05de réfléchir à quelque chose
17:06de différent.
17:08Et même si ce n'est pas facile
17:09au quotidien,
17:10c'est super enrichissant, en fait.
17:11Mais il y a une phrase,
17:12moi, qui m'a touchée.
17:13Tu dis, finalement,
17:14ce n'est pas le cousin valide
17:15qui emmène son cousin handicapé
17:16en voyage.
17:17C'est le cousin handicapé
17:18qui emmène son cousin valide
17:19régler ses problèmes
17:20à l'autre bout du monde.
17:22Alors, texto,
17:22c'est à l'autre bout de la planète.
17:24Ah, excuse-moi,
17:24il y a un mot d'écart.
17:25Pas de problème, pas de problème.
17:26Finalement,
17:27ce n'était pas toi
17:27qui avais le plus besoin
17:28de voyager,
17:29c'était Marc
17:29qui avait le plus besoin
17:30de voyager, quoi.
17:32Je pense qu'on avait toujours
17:32le besoin,
17:33mais chacun de notre façon.
17:35Pas pour les mêmes raisons,
17:36en fait.
17:37Moi, parce que ma vie
17:39est un peu trop pareille,
17:41du coup, j'avais un vie différent.
17:42Marc, il voulait.
17:43Il avait besoin de souffler.
17:44Il faut autre chose.
17:45Et donc, tu vois,
17:46c'est ça.
17:46Après coup,
17:47quand on a commencé
17:48à raconter notre voyage
17:49dans des podcasts, etc.,
17:50et que j'ai arrêté
17:52de parler pour nous deux,
17:53parce qu'avant,
17:53je parlais beaucoup
17:54pour nous deux,
17:55un jour, on fait un podcast.
17:56Je parle beaucoup, Gérald.
17:57En plus, je parle beaucoup.
17:58Ça, ce n'est pas grave.
17:59Ce n'est pas un défaut.
18:00Non, ce n'est pas très grave.
18:01Un jour, on fait un podcast
18:02et le premier qu'on fait,
18:04et là, on dit,
18:04OK, vas-y,
18:05laisse parler François.
18:06Et là, j'écoute François
18:07raconter le voyage.
18:07Je me dis, mais attends,
18:08mais en fait,
18:08on n'a pas du tout
18:09vécu le même truc.
18:10Et lui, il avait une super
18:11bonne expérience,
18:12un bon retour, etc.
18:13Et moi, dans ma tête,
18:14ce voyage, il était difficile.
18:16Et c'est là où je me suis dit,
18:17mais en fait,
18:18tu n'as peut-être pas
18:18tout compris, tu vois.
18:20Ah, donc en fait,
18:20tu t'es dit ça à rebours.
18:21Oui, bien sûr.
18:22Ah oui,
18:23ce n'est même pas
18:23pendant le voyage.
18:24Non, non.
18:25C'est en rentrant.
18:25Je n'ai pas à Saint-Dijon
18:26pour le comprendre tout de suite.
18:29Non, pardon.
18:30Toujours sympa, les cousins.
18:32Un maximum de bienveillance,
18:33c'est notre règle.
18:35Non, non.
18:35Non, mais tout ça pour dire
18:36que tu vois,
18:36on est souvent en train de...
18:38On s'engueule pour rigoler,
18:39on n'est pas d'accord, etc.
18:40Mais fondamentalement,
18:41ça avance dans le bon sens.
18:42Oui, c'est ça.
18:43Et tu as senti
18:44que son regard avait changé, toi ?
18:46Pas pendant le voyage,
18:47pour être honnête.
18:48Au retour, pas trop.
18:50Mais maintenant,
18:50il a changé
18:51par rapport au voyage,
18:52c'est sûr.
18:52Pour comprendre,
18:53vous, vous êtes très proche
18:54depuis l'enfance.
18:55Oui.
18:56Vous avez un an d'écart,
18:57c'est ça ?
18:57C'est ça.
18:58Vous avez grandi ensemble.
19:00Vous avez fait
19:00les 400 coups ensemble.
19:03Et François,
19:04tu as eu un accident.
19:05Est-ce que tu peux nous raconter
19:07ces nôtres bascules
19:08où on en a plein dans la vie ?
19:09Tu as eu cet accident,
19:10c'était il y a 10 ans,
19:11c'est ça ?
19:11Il y a 10 ans maintenant, oui.
19:12Qu'est-ce qui s'est passé ?
19:13En rentrant au travail,
19:14je me suis planté en voiture.
19:16Donc, c'est un accident de voiture.
19:18Là, du coup,
19:19il y a trois mois de combat,
19:20trois ans de rééducation.
19:22Maintenant,
19:22ça fait dix ans
19:23que je suis en photo.
19:25Waouh,
19:25trois ans de rééducation.
19:27Non, oui,
19:27j'ai bien,
19:28j'ai bien,
19:29comment dire ?
19:32Bien abîmé ?
19:32Oui, merci Marc.
19:34Ouais,
19:34t'étais bien abîmé, ouais.
19:35C'est dur,
19:36t'es un miraculé.
19:38Peut-être pas un miraculé,
19:39mais je viens de moi quand même.
19:41Et pendant que t'étais dans le coma,
19:43toi Marc,
19:43en fait,
19:43t'as veillé ton cousin.
19:44C'est-à-dire qu'en fait,
19:47il y a...
19:48Veillé,
19:49c'est un grand mot.
19:49Non,
19:49mais t'es venu,
19:50t'es venu...
19:51J'ai déjà gagné ma place au paradis.
19:54En fait,
19:56on a grandi ensemble,
19:57on était super proches
19:57quand on était petits,
19:58adolescents,
19:59au moment des études,
20:00de manière un peu naturelle,
20:02on a fait des choix,
20:03on s'est un peu éloignés.
20:04Pour préciser qu'on n'habit pas
20:05de souris dans la même région.
20:07Du coup,
20:07bon,
20:08on se voyait pour les grandes occasions.
20:09C'est ça.
20:09Pour Noël,
20:10pour les vacances du ski,
20:12pour les vacances d'été,
20:13mais pas entre le dessus.
20:15Pas entre le dessus.
20:16Exactement.
20:16Mais on avait toujours ce lien
20:18et effectivement,
20:19le jour où François a eu son accident,
20:21du coup,
20:22là,
20:22ton cousin revient dans ta vie
20:23un peu de manière imprévue.
20:26Et là,
20:26vous avez quel âge
20:26tous les deux ?
20:28Moi,
20:2823,
20:29donc 24.
20:2923 et 24.
20:32Et voilà.
20:32Et en fait,
20:32François était en réanimation
20:33et au début,
20:34on te dit,
20:35s'il survit,
20:36c'est un miracle.
20:38On ne l'a pas dit comme ça,
20:39mais voilà.
20:40Puis au final,
20:41il survit.
20:42Et puis après,
20:42voilà.
20:42Et donc,
20:42en fait,
20:43tous les week-ends,
20:43j'allais le voir en réanimation
20:45en attendant qu'il se réveille.
20:46Sauf qu'il a mis un petit moment
20:47à se réveiller.
20:48C'est ça,
20:50la particularité.
20:51Ouais,
20:51trois mois.
20:51Dans le service de soins intensifs,
20:54parce qu'au début,
20:55c'était les soins intensifs.
20:56Après,
20:56c'était la réanimation.
20:59Un jour où il s'est réveillé.
21:03Contrairement à tous les pronostics,
21:04donc ça,
21:05c'était plutôt cool.
21:05Ça n'arrive pas d'un coup.
21:06Il faut préciser quand même
21:07pour les gens qui écoutent France.
21:09Parce que tu ne se réveilles pas d'un coup.
21:12Tu ne se réveilles pas bribe,
21:14en fait.
21:14D'accord.
21:15Et après,
21:16tu ne te souviens pas tout,
21:17en fait.
21:17Tu n'es pas conscient tout le temps.
21:19Et au bout d'un moment,
21:20tu es conscient tout le temps.
21:21Mais c'est un moment après,
21:23quand même.
21:24Ouais,
21:24ce n'est pas tout de suite.
21:25Et vous avez continué
21:27à être très proche.
21:28C'est-à-dire que l'accident
21:28ne vous a pas séparé.
21:30Il vous a même soudé
21:31parce qu'on l'a vu
21:31avec ce voyage.
21:32Vous êtes resté proche tout de suite
21:34ou il a fallu reconstruire
21:35une relation de cousin ?
21:36mais en fait,
21:36on n'était plus proche avant.
21:38Parce que...
21:39Oui,
21:39c'était les études.
21:39C'est totalement différent.
21:40Moi,
21:41j'ai en économie,
21:41ils faisaient des commerces.
21:43Puis bon,
21:43j'étais en grande école.
21:45Les sorciers,
21:45ils faisaient amuser les copains.
21:46Moi,
21:47pareil avec les miennes.
21:47En compagne,
21:48puis à Paris.
21:49C'est compliqué, quoi.
21:50Cette relation,
21:51elle s'est aussi reconstruite
21:53complètement.
21:55Après l'accident,
21:58et puis,
21:58il y a ce voyage
21:59qui va arriver,
22:00qui est fou.
22:01On a un peu le sentiment
22:02que c'est un voyage
22:03de tête brûlée.
22:03Mais qu'est-ce qui est
22:04plus tête brûlée
22:05de vous deux ?
22:05C'est-à-dire que...
22:07Là,
22:07c'est quand même...
22:08À la base,
22:09je pense que j'étais
22:09plus tête brûlée
22:10de lui.
22:10Mais maintenant,
22:11j'y fais encore un.
22:12Maintenant,
22:13c'est lui
22:13le plus déjeuner,
22:14je pense.
22:15Quand on était petits,
22:16je prends toujours
22:16cet exemple-là,
22:17on est allé au ski ensemble.
22:19J'étais en haut de la piste
22:21en train de réfléchir
22:21à comment j'allais descendre.
22:22François était déjà en bas,
22:23en train de reprendre
22:24le tierface.
22:24T'avais l'impression
22:25que son cerveau
22:26était débranché,
22:27qu'il disait,
22:27vas-y,
22:27on s'en fout,
22:28c'est pas grave,
22:29j'y vais,
22:29les boss,
22:29les boss,
22:30les restés.
22:30Moi,
22:30j'étais là en mode
22:31calme,
22:32calme.
22:32Est-ce que vous avez
22:33l'impression
22:34qu'il y avait des limites
22:36avant le voyage ?
22:36Est-ce que ces limites,
22:37elles ont sauté ?
22:38Tu vois,
22:38de se dire,
22:40ça paraissait impossible,
22:41il y a des trucs
22:42qui paraissaient impossibles
22:43et en fait,
22:43finalement,
22:52c'est que nous,
22:52on a fait les choses
22:53petit à petit en fait.
22:54Ouais.
22:54On a fait les choses
22:55au fur et à mesure.
22:56C'est bloqué en fait,
22:57comme ça.
22:58Je ne sais pas,
22:59moi.
22:59Ouais,
22:59je suis d'accord avec François,
23:00en fait,
23:01nous,
23:01on a quand même été bloqués
23:02factuellement à un moment,
23:03c'est qu'arrivés en Iran,
23:04les frontières des pays limitrophes
23:07étaient fermées,
23:08soit pour raison de Covid,
23:09soit pour raison de guerre.
23:10Donc là,
23:11on ne pouvait rien y faire en fait
23:12et il y avait des méthodes
23:14pour passer,
23:15mais là,
23:15ça sentait vraiment le...
23:17ça sentait la poudre
23:18comme méthode
23:19et on s'est dit
23:19qu'on n'était peut-être pas
23:21armés pour le faire.
23:22Donc au final,
23:23il y a un moment
23:23où on a fait demi-tour.
23:26En l'occurrence,
23:27on a fait demi-tour.
23:27Et c'était une déception
23:28ou pas de faire demi-tour ?
23:28Pour moi,
23:29ouais,
23:29beaucoup.
23:29Ouais,
23:30c'est vrai.
23:30Une fois arrivé à Vladivostok,
23:32en fait,
23:32on devait faire un one-way
23:33et revenir en avion.
23:34Alors que là,
23:34on s'est arrêté en Iran,
23:35on a fait une boucle,
23:36on est revenu avec le side.
23:37C'était pour réduire
23:39la frustration ?
23:41C'était ça ?
23:41Ouais,
23:41c'était ça.
23:42C'était pour continuer.
23:43On n'avait pas
23:44d'autre moyen de rentrer.
23:45On n'avait pas anticipé
23:45le fait de rentrer...
23:47D'être bloqué.
23:47D'être bloqué.
23:49Moi,
23:49je voulais surtout pas rentrer.
23:50J'avais arrêté de taffer,
23:51j'avais un créneau de 5 mois,
23:52je voulais en profiter à fond.
23:53Toi,
23:54t'avais pris une pause
23:54de 5 mois ?
23:55Ouais.
23:569 mois exactement.
23:574 mois de stage
23:57de mécanique moto
23:58et 5 qui m'a servi à rien d'ailleurs.
24:01Parce que je suis nul.
24:02Et 5 mois de voyage.
24:044 mois et demi.
24:05Racontez-moi un peu
24:05les imprévus techniques justement
24:07parce qu'il y en a eu.
24:09Il y en a eu beaucoup
24:10à cause de François.
24:11Il y a des pièces
24:11qui ont cassé ?
24:13Je pense que ce qu'il faut expliquer,
24:15c'est qu'on a créé
24:17un sidecar,
24:17donc c'est le triptyque
24:18dont je te parlais,
24:19qui n'était pas homogène.
24:20C'est-à-dire que la nacelle
24:21qu'on avait fabriquée
24:22avec notre oncle
24:22était un petit peu trop lourde
24:24pour le châssis.
24:25D'accord.
24:25Notre oncle avant,
24:26il travaillait pour la DCN,
24:28c'est l'entreprise
24:28qui fait les sous-marins nucléaires
24:30notamment.
24:30Donc nous,
24:31il nous a fait un sidecar
24:32nucléaire.
24:32Ouais.
24:33Un peu trop lourd.
24:33Il m'a dit
24:34« Marc, t'inquiète pas,
24:34ça cassera pas.
24:35Tonton, pas de problème. »
24:37Donc la nacelle n'a pas cassé,
24:38mais c'est le châssis
24:38en fait qui a un petit peu souffert.
24:39D'accord.
24:41À cause du poids,
24:42on a cassé deux choses.
24:43L'amortisseur du châssis
24:45qui a cassé
24:46juste à la frontière
24:46avant l'Iran.
24:47Donc on est resté bloqué
24:48deux semaines en Turquie.
24:49Non, on a du bon film.
24:51Parce que ça aurait cassé
24:52en Iran,
24:52on était vraiment dans la merde
24:53pour livrer les pièces.
24:55Donc c'est très bien
24:56qu'on ait cassé en Iran.
24:57Ouais, parce que ça arrivait
24:58plus facilement avant l'Iran.
24:59Exactement.
24:59En Iran, ce serait pas arrivé.
25:00Ce serait pas arrivé du tout.
25:02Donc on a cassé ça.
25:04On remercie les Kurdes
25:05qui nous ont accueillis
25:06à la frontière
25:07parce qu'on est resté
25:08deux semaines avec eux
25:08et c'était magnifique.
25:11Très bien, franchement.
25:12Deuxième casse,
25:13j'ai pas écouté mon copilote.
25:14J'ai pris une route
25:15qui s'est transformée en piste.
25:16J'ai cassé l'embrayage
25:18en Iran.
25:19C'est assez bien.
25:19Et là, on n'est pas rien du coup.
25:21On pouvait rien faire.
25:22Là, c'est chaud.
25:23Il a fallu sortir le pays
25:24avant de pour livrer les pièces
25:26en Armée.
25:27Mais comment vous avez fait
25:29pour continuer à conduire ?
25:32L'embrayage,
25:32on n'a pas passé vitesse en fait.
25:34Ah, c'est ça ?
25:34On est passé à la volée.
25:37On ne débrie pas, quoi.
25:38On a fait 1000 kilomètres
25:39sans utiliser l'embrayage.
25:41Et donc, on s'est arrêté, quoi.
25:43On s'est arrêté le minimum.
25:44Ça en fait quand même,
25:44mais pas beaucoup.
25:45Par contre,
25:46tout ce qui était stop,
25:47feu rouge et tout,
25:47ça, ça devenait optionnel
25:48pour nous.
25:49C'est hyper dangereux en plus.
25:50Non, non.
25:51Mais parce qu'ils n'en ont
25:52pas beaucoup en Iran
25:53des stops, des feu rouges.
25:54Ils en ont,
25:55parce qu'ils ne les respectent pas.
25:56Oui, c'est vrai.
25:57Ah, donc vous n'étiez pas les seuls
25:58à ne pas les respecter,
25:59feu rouge ?
25:59Non, la conduite en Iran,
26:00c'était...
26:01C'est chaud ?
26:02Non, c'est assez smooth.
26:03Mais alors par contre,
26:03il n'y a pas de règle.
26:04Tu vois, donc c'est vraiment,
26:06tu peux rouler,
26:07doubler quelqu'un.
26:08Là, tu as quelqu'un
26:08qui va doubler
26:09sur la quatrième file là.
26:10C'est assez rock'n'roll.
26:12Donc ça, c'était
26:13la deuxième casse.
26:14Et encore une fois,
26:14tu as des gens
26:15qui nous ont aidés.
26:16Tu as des Iraniens
26:16qui nous ont remorqués
26:17parce qu'on était
26:18en haut de la montagne
26:18qui nous ont hébergés
26:19chez eux.
26:20Quel a été le regard
26:21du coup des gens ?
26:23Parce que j'ai vu
26:24quelques images,
26:25les gens ont klaxonné.
26:33Il devait être surpris
26:33de voir un sidecar.
26:34On n'en voit pas tout le temps.
26:36Vous voir tous les deux
26:37sur la route.
26:38Comment ça s'est passé ?
26:39Il y a vraiment
26:40beaucoup de gens
26:41qui nous klaxonnaient,
26:41qui nous disaient
26:42bienvenue en Iran, etc.
26:43C'était pareil en Turquie.
26:45Et globalement,
26:46quand tu voyages
26:47en moto,
26:48et encore plus là
26:49avec un sidecar,
26:50les gens viennent à toi
26:51de manière très naturelle.
26:52Et quand on s'arrête,
26:53parce qu'au début,
26:53les gens ne comprennent pas
26:54qu'il y a un fauteuil roulant.
26:55Quand tu t'arrêtes
26:55et que tu te décharges
26:56de fauteuil roulant,
26:57là, c'est l'explosion sociale.
27:00C'est-à-dire ?
27:01Les gens viennent à toi,
27:03te demandent
27:03si tu as besoin d'aide,
27:04te souhaitent la bienvenue
27:04dans le pays.
27:05Les gens sont fondamentalement
27:06plus gentils
27:07parce qu'il y a
27:07le fauteuil roulant ?
27:09Plus gentils,
27:09je ne sais pas.
27:10Tu crois pas ?
27:11Vu qu'ils voient
27:12que j'ai moins de chance
27:13qu'eux,
27:13ils disent qu'ils font
27:15un effort.
27:16C'est sympa quand même.
27:17Donc,
27:18c'est un lien social
27:19qui est vraiment particulier.
27:20On n'a jamais fait
27:22de mauvaise rencontre ?
27:23Non, jamais.
27:24Par contre,
27:24ça, c'est vrai.
27:25Jamais.
27:26Toi,
27:26tu as l'impression
27:27que les gens étaient
27:27plus gentils
27:28parce qu'il y avait
27:28un fauteuil ?
27:30Moi,
27:31je fais du voyage
27:31en moto solo.
27:32Oui, je te le dis.
27:33Tu as vu une différence ?
27:34Ne dis pas non.
27:35Je te vois faire comme ça.
27:37Non,
27:37je vais y rajouter un truc.
27:38On s'est fait arrêter
27:40par la police quand même
27:41pour prendre un selfie
27:42avec le secours.
27:43Ils se repassent comme ça.
27:45C'est trop sympa, les gars.
27:47Ah, les policiers
27:48voulaient prendre un selfie.
27:49C'est énorme.
27:50Arrêtez dans la voiture
27:52à me dire
27:53de me mettre sur le côté.
27:54On se met sur le côté.
27:55On se dit
27:55c'est pas bon là.
27:57Le mec me fait un selfie
27:58avec nous.
27:58Ils se repassent comme ça.
28:00C'est trop sympa.
28:00Trop drôle.
28:01Les policiers iraniens.
28:02C'est vrai
28:02qu'ils ne sont pas connus
28:03en général pour être très doux.
28:04C'est assez incroyable.
28:05C'est quand tu les vois
28:06dans ton rétro,
28:07tu te dis
28:07oh là là,
28:08c'est compliqué.
28:09En plus, nous,
28:09c'est le moment
28:10où en Iran,
28:12tu avais des touristes
28:12qui commençaient à être arrêtés
28:13de manière arbitraire.
28:16Donc nous,
28:16on a fait le choix d'y aller.
28:17On a rencontré des gens
28:18qui en Turquie
28:19ont fait demi-tour
28:20pour ne pas y aller
28:21parce qu'ils font
28:21des mecs en moto.
28:24Nous, on a hésité
28:24deux secondes.
28:25Non, on n'a pas hésité.
28:27On a pris un risque.
28:29Pour le coup,
28:30on a pris le risque.
28:32Mais en fait,
28:33c'était incroyable.
28:34Comment ça s'est passé
28:35la gestion du handicap ?
28:36C'est-à-dire qu'en fait,
28:38Marc,
28:38tu dis
28:39que tu n'avais pas
28:40imaginé toute la difficulté.
28:42Toi, François,
28:43évidemment,
28:44tu es autonome,
28:45mais pas à 100%.
28:46Non.
28:47C'est-à-dire qu'à un moment,
28:48tu as dû te reposer
28:48sur ton cousin.
28:50Bah,
28:52pas beaucoup,
28:52en fait.
28:53Ah ouais,
28:54c'est vrai ?
28:55Marc,
28:56regarde,
28:56il a mis les yeux au ciel.
29:06C'était l'avantage
29:07du voyage test
29:08en Norvège.
29:09On avait réfléchi
29:10à une séparation
29:14des tâches,
29:14tu vois.
29:15Et on vivait
29:16beaucoup sous la tente
29:18avec François
29:18et on se partageait
29:20le montage de la tente.
29:21On le faisait tous les deux.
29:22Après,
29:23François,
29:23lui,
29:23installait toutes les affaires
29:24dans la tente,
29:25gonflait tous les matelas,
29:26organisait tout,
29:26pendant que moi,
29:27je m'occupais de la moto.
29:28Et au final,
29:28on avait une organisation
29:29qui était assez complémentaire.
29:30Vu que je connais mon handicap,
29:32je savais à quel moment
29:33j'aurais besoin d'être.
29:34Donc bon,
29:34je sais pas,
29:35ça.
29:36C'est lui qui était
29:36bon préparé,
29:37en fait.
29:37Ouais,
29:38moi,
29:38j'étais...
29:38T'as dû lui expliquer
29:39un petit peu ?
29:40Il y avait un mode d'emploi ?
29:43Là,
29:43il savait quand même.
29:45Du coup,
29:45bon,
29:45il s'est pas dit,
29:46tiens,
29:46il a pas découvert ce coup.
29:48Mais,
29:49bah,
29:49il savait pas
29:56que j'avais déjà aidé François
30:01avant qu'on parte en voyage
30:02dans le quotidien,
30:03etc.
30:04Donc le sujet des transferts,
30:05etc.,
30:05ça je connaissais.
30:06La chose que j'avais pas anticipée,
30:08c'est le fait de devoir
30:10accepter de changer de rythme,
30:11en fait.
30:12Parce que,
30:12puisqu'on avait décidé
30:13de faire des choses ensemble,
30:14au début,
30:15je voulais tout faire.
30:16Mais François m'a dit,
30:16ça va pas être possible.
30:17Donc,
30:17on va séparer les choses.
30:19Je devais accepter que,
30:21si François voulait faire des choses,
30:22et c'est normal,
30:23parce que c'est son voyage,
30:24c'est son autonomie,
30:25moi,
30:25je devais accepter de,
30:27entre guillemets,
30:27perdre du temps.
30:28Et tu vois,
30:29c'est intéressant,
30:29on parlait de la conception
30:31du voyage qui est différente.
30:32Bah,
30:32ma partie est plus longue
30:34que la chaîne.
30:35Donc,
30:35tu veux encore
30:36me couper la parole ?
30:38Vas-y.
30:39Tu vois,
30:39un jour,
30:39François m'a dit,
30:40mais toi,
30:40tu veux être efficace
30:41pour avoir du temps libre,
30:43alors que moi,
30:43ce que je veux,
30:44c'est prendre le temps
30:44de faire les choses.
30:46Ta tête,
30:46tu te dis,
30:47waouh,
30:47il va falloir réussir
30:48à concilier les deux.
30:49c'est intéressant.
30:49Et c'est ça
30:50qui était difficile.
30:53Au-delà du côté,
30:54on est quand même
30:55dans des environnements
30:55qui étaient assez inadaptés,
30:57je pense qu'on peut le dire,
30:58tu vois,
30:59et François,
31:00même s'il veut se débrouiller
31:01tout seul,
31:01tu l'as vu tout à l'heure.
31:02Il y a des moments
31:05où il est bloqué,
31:06mais toi,
31:06quand tu es en train
31:06de faire autre chose,
31:07il faut que tu l'aides.
31:08Ça peut paraître évident
31:09quand je te le dis là maintenant,
31:10mais quand tu as d'autres choses
31:11à faire vraiment
31:12et que ton cousin
31:12a besoin de toi,
31:14il y a des moments
31:15où tu pètes un plomb.
31:17Ouais,
31:17où tu as fini
31:18par t'agacer ?
31:19Ah ouais,
31:19mais je n'ai pas honte
31:20de le dire.
31:20Vraiment,
31:20il y a des moments
31:21où c'est saoulant en fait.
31:23Tu te dis,
31:24je ne peux pas être tranquille
31:25en fait.
31:25Et après,
31:26tu te dis,
31:26oui,
31:26mais en fait,
31:27souviens-toi que François
31:28t'a prévenu
31:29et que si tu as accepté
31:30le voyage,
31:30tu ne peux pas lui reprocher
31:31maintenant en fait.
31:31C'est ça qui était
31:32difficile à gérer.
31:33C'est fou parce qu'on a l'impression
31:34que tu es vraiment
31:36transformé en fait.
31:37Non.
31:38Non,
31:38c'est vrai.
31:39On a le sentiment
31:40quand tu parles de toi,
31:42que tu as l'air de raconter
31:43que tu as complètement
31:45changé ta perception
31:46de voir ton cousin
31:47sur toi,
31:48sur plein de choses.
31:49Ça a été,
31:50je l'ai remercié plusieurs fois,
31:52tu vois,
31:52ça a été une vraie remise
31:54en question.
31:55Sans tomber dans les clichés
31:57du discours,
31:57j'ai découvert le secret
31:58de la vie,
31:58le bonheur,
31:59c'était une vraie remise
32:00en question.
32:01Je pense que je n'ai pas
32:02encore tout compris,
32:03mais au quotidien,
32:04je pense que je comprends
32:04beaucoup mieux les frustrations
32:06que François peut vivre
32:07ou les envies qu'il peut avoir.
32:09Et tu vois,
32:09je le dis souvent,
32:10ça aurait été vachement
32:10plus simple et drôle
32:12de partir avec mon meilleur pote.
32:14Ça, c'est sûr.
32:15Mais au final,
32:16tu vois,
32:16grâce à tout ce qu'on a vécu
32:17ensemble,
32:18aujourd'hui,
32:18le voyage s'est fini
32:19il y a trois ans.
32:20Trois ans, oui.
32:21Et depuis,
32:22on fait plein de choses.
32:23Le film,
32:23les conférences,
32:24les prochains projets.
32:25Et ça,
32:25c'est grâce au job
32:27qu'on a fait tous les deux.
32:28Donc, je suis vraiment
32:28reconnaissant de ça.
32:30Et qu'est-ce que vous avez appris
32:31l'un sur l'autre
32:33pendant le voyage ?
32:35François, fais gaffe
32:36à ce que tu vas dire.
32:37Ok, je suis bien.
32:39Comment ça ?
32:39Comme ça,
32:40je peux réfléchir
32:41à comment je suis.
32:42Vas-y, vas-y.
32:43Qu'est-ce que tu as appris
32:43sur moi ?
32:44Moi, ce que j'ai appris
32:45sur François,
32:46on en parle pas mal
32:47d'ailleurs en ce moment,
32:48c'est que,
32:49en fait,
32:49j'ai appris à comprendre
32:50les raisonnements
32:51de mon cousin.
32:52Je vais reprendre
32:53cet exemple, François,
32:53parce que je sais
32:54que tu ne l'aimes pas,
32:54mais moi,
32:54je l'aime bien.
32:56Un jour,
32:56on rencontre
32:57un couple de Français.
32:59Et François me regarde
32:59et me dit
33:00c'est étonnant quand même
33:01que tu leur parles.
33:03Ok ?
33:04Il dit,
33:04parce qu'ils ne sont pas
33:06très bien habillés,
33:06ils n'ont pas beaucoup
33:07d'argent.
33:09Moi, je suis là,
33:10j'écoute ça,
33:11je dis,
33:12mais ce n'est pas possible
33:12de dire des choses pareilles.
33:14C'est simpliste
33:15comme raisonnement.
33:16Et là,
33:16il me regarde,
33:17il me dit,
33:17ose me dire qu'à Paris,
33:18tu serais allé leur parler.
33:21Et la réponse,
33:22c'est bien ?
33:24La réponse,
33:25c'est que quand tu réfléchis,
33:26que tu développes un petit peu,
33:27il a raison,
33:27ce n'est pas les mêmes cercles,
33:28etc.
33:29Donc, je suis d'accord.
33:29Mais sur le coup,
33:30je me suis dit,
33:31en fait,
33:31sur le coup,
33:31je ne l'ai même pas écouté.
33:33Et du coup,
33:33maintenant,
33:35dès qu'il y a une idée
33:36qui me semble très raccourcie,
33:37je me dis,
33:37ok,
33:37il y a quelque chose
33:37d'intéressant derrière,
33:38il faut que je creuse.
33:39À moins de poser
33:39les bonnes questions.
33:41Et ça,
33:42pour moi,
33:43c'est un changement majeur
33:43parce que ça a transformé
33:44notre relation.
33:45Ce qui est trop bien,
33:46maintenant,
33:47c'est que,
33:47en tout cas dans ma tête,
33:49on est passé d'une posture
33:50à mon voyage,
33:51mon projet,
33:53j'emmène mon cousin,
33:54à on est partenaire.
33:56Et maintenant,
33:57je ne suis plus dans cette posture
33:58où je dis à François,
33:59est-ce que tu peux m'aider
34:00à faire ci ?
34:00Est-ce que tu peux m'aider
34:01à faire ça ?
34:01C'est vraiment,
34:02ok,
34:02comment est-ce qu'on va construire
34:03notre prochain projet ensemble ?
34:05Et autant,
34:06à la fin du voyage en Saïcar,
34:07quand je n'avais pas encore eu
34:08toute cette prise de recul,
34:09tu m'aurais dit,
34:09vous repartez,
34:10je t'aurais dit,
34:10c'est hors de question.
34:11Autant là,
34:12j'ai vraiment envie de repartir
34:14en mode,
34:14ok,
34:15vas-y,
34:15on va faire du bateau,
34:16c'est le prochain objectif,
34:17on va faire une aventure
34:20en voilier.
34:22Comment ça se passe ?
34:23J'ai hâte
34:23qu'on soit confronté
34:25tous les deux
34:25à des difficultés
34:26et dire,
34:27ok,
34:27comment est-ce qu'on va
34:28les résoudre tous les deux ?
34:29Parce que je suis sûr
34:29que ça peut aller loin.
34:31Quelqu'un a vu notre film,
34:32il est skipper,
34:32il nous a dit,
34:33moi,
34:34j'ai la possibilité
34:34d'utiliser un voilier
34:35qui est aménagé
34:37pour pouvoir accueillir
34:37des personnes en fauteuil roulant
34:39et qui peut potentiellement
34:40faire des gros voyages.
34:42Est-ce que vous voulez essayer ?
34:43Nous,
34:44on a dit oui,
34:44évidemment.
34:45C'est sûr.
34:45Donc là,
34:46nouveau point de bascule.
34:47Nouveau point de bascule.
34:48Et en plus,
34:49autant sur le sidecar,
34:49j'étais le seul
34:50à pouvoir piloter,
34:51autant là,
34:51sur le voilier,
34:52on pourrait être
34:52a priori à part légal.
34:55À naviguer ensemble.
34:55Donc,
34:56ce serait trop bien.
34:56C'est pas mal.
34:57Et en plus de ça,
34:58on nous a proposé
34:59de faire de l'apnée.
35:01Donc,
35:02particularité de l'apnée,
35:03c'est que sous l'eau,
35:04il n'y a plus de fauteuil roulant.
35:05Alors,
35:06le handicap ne disparaît pas,
35:08je sais,
35:09mais tu vois,
35:10c'est une autre manière
35:11de faire des choses ensemble
35:12et de se lancer des challenges.
35:14Et c'est une autre manière
35:15de continuer à faire passer le message.
35:17Et c'est quoi le message
35:17que vous avez envie
35:18de faire passer tous les deux ?
35:19Bah,
35:20on n'est pas des objets, quoi.
35:21On peut réfléchir.
35:23Faut poser des questions quand même.
35:25Pas tout faire à notre place.
35:27Contre notre volonté.
35:28On n'est personne,
35:29on peut penser à nous tous seuls.
35:31Bien sûr.
35:31Faut poser des questions, en fait.
35:33Pas penser à notre place.
35:34On s'est vraiment donné
35:35les moyens d'arriver
35:36là où on en est aujourd'hui.
35:37Et en fait,
35:37c'est ça le truc,
35:38c'est que
35:39c'est trop cool
35:40de regarder des vidéos
35:41de mecs qui font des trucs fous
35:41sur YouTube.
35:42C'est trop cool
35:42de rêver sur TikTok
35:43ou sur Insta.
35:44Mais il y a un moment,
35:45en fait,
35:45ça peut t'arriver à toi aussi
35:46si tu décides
35:47de lui donner les moyens.
35:48Il faut foncer.
35:49Exactement.
35:50Prochain projet.
35:51Départ en bateau,
35:52voilier
35:53et vous avez envie
35:54de tester l'apnée ensemble.
35:57Ce qui paraît fou.
35:59Vous n'êtes quand même
36:00pas très formé à l'apnée,
36:02pardon,
36:02mais ça ne s'invente pas.
36:04Comment vous allez faire
36:05et qu'est-ce qui vous intéresse
36:07en tout cas dans le défi ?
36:08Quand on est parti en Saïcar,
36:10tout le monde a vu,
36:11et moi au début le premier,
36:13Marc Levalide
36:13qui emmène François,
36:14son cousin,
36:15en fauteuil roulant.
36:16Et en fait,
36:17le fauteuil roulant
36:18nivelait un peu par le bas
36:19ce qu'on pouvait faire
36:20au quotidien,
36:21dans les visites,
36:21etc.
36:22La particularité de l'apnée,
36:23c'est que même si le handicap reste,
36:26le fauteuil roulant n'est pas là.
36:28Et qu'en fait,
36:29un des facteurs déterminants
36:30pour performer en apnée,
36:32c'est le mental.
36:33Et ce que François t'a pas dit,
36:35c'est que François
36:35ait les ceintures noires de judo.
36:37Tu faisais combien d'entraînement
36:38avant ton accident par semaine ?
36:39Beaucoup, 4-5.
36:404-5 ?
36:41Ah ouais, par semaine.
36:42Donc en fait,
36:43le mental de sportif
36:44dans le binôme,
36:45c'est pas moi qui l'ai,
36:46c'est François.
36:47Donc si demain,
36:47on va s'entraîner
36:48et tous les deux,
36:49on va faire des choses en apnée,
36:51sans parler de record,
36:52mais de tous les deux,
36:53tu vois,
36:54bah potentiellement,
36:55celui qui va m'apprendre des choses,
36:56c'est François,
36:57tu vois ce que je veux dire.
36:57Et là,
36:58aux yeux des gens,
37:00les rôles sont inversés,
37:01en fait.
37:01Et moi,
37:02je trouve ça trop cool.
37:02C'est trop cool.
37:03Qu'est-ce que ça t'a appris,
37:04et le handicap,
37:05je sais que c'est embêtant
37:06pour toi
37:06qu'on te parle du handicap.
37:08Non, non, franchement,
37:10si je peux apprendre
37:10des choses aux gens,
37:12la plupart des conneries
37:14qui avaient le handicap,
37:15parce qu'il y a des gens
37:16qui ne réfléchissent pas,
37:17qui n'ont pas ces connaissances.
37:19Du coup,
37:19moi,
37:19si je peux te donner des trucs,
37:20franchement,
37:21vas-y,
37:22pas un problème.
37:23Qu'est-ce que t'as envie de dire
37:24aux gens qui sont valides
37:25et qui ne connaissent pas
37:26le handicap,
37:27tu vois ?
37:28Qu'est-ce que...
37:30Oui,
37:30qu'est-ce que t'as envie de dire,
37:31quoi ?
37:31C'est quoi le regard
37:32qui peut t'agacer,
37:33les comportements
37:34qui peuvent t'agacer
37:34auxquels les gens
37:35ne pensent pas forcément...
37:36Que la personne
37:37qui connaît mieux son handicap,
37:38c'est le handicapé lui-même.
37:39Donc,
37:40il faut lui poser des questions.
37:42Simplement.
37:42Sans croire de savoir,
37:44poser des questions.
37:46Tout bêtement.
37:47Pas faire à la place
37:48avant de m'en poser des questions.
37:49C'est pas faire à la place,
37:50c'est ça, ouais.
37:51C'est ça qui est important.
37:52Des gens qui veulent me pousser,
37:54ça m'énerve profondément,
37:55par exemple.
37:56Je galère,
37:57je ne suis pas très doué,
37:58mais au moins,
37:59je le fais tout seul.
37:59Moi, j'aime bien.
38:00Des gens aiment bien
38:02pousser.
38:02C'est différent pour chaque personne.
38:04Vous posez la question
38:05de ne pas faire avant.
38:06Ouais.
38:07Simplement.
38:08Comment ça s'est passé
38:09le retour pour vous deux ?
38:10Parce qu'après autant de mois
38:13sur la route,
38:14en voyage,
38:15à vivre des aventures,
38:16il a fallu quand même
38:17revenir à une réalité
38:18assez basique,
38:21quand même, hein.
38:21La vie,
38:22c'est la routine.
38:24Complètement.
38:25Bah, depuis avant l'autre,
38:27dans le premier temps,
38:28c'est bien quand même.
38:28Mais après,
38:30ça manque un petit peu
38:31quand même.
38:32Mais le retour à la vraie vie
38:34a été assez compliqué.
38:36Tu passes cinq mois
38:39à penser à rien,
38:40hormis rouler,
38:42découvrir des pays,
38:43aller le plus à l'aise possible.
38:45Tu te mets dans des situations
38:45où ta carte gold
38:47ne sert à rien
38:48et où t'as beau être
38:49le mec le plus intelligent
38:50du monde
38:51avec un gros package
38:53et un gros titre
38:54sur LinkedIn,
38:54en fait,
38:55ça ne te sert à rien.
38:56En fait,
38:56les gens s'en foutent.
38:57tu vois.
38:59Et quand tu reviens
39:00là dans Paris 8e
39:01en tant que...
39:02Tu remets ta tenue
39:03de consultant
39:04et que le lundi matin,
39:059h,
39:05on t'explique
39:06qu'il y a un problème
39:08sur le taux de sell-out
39:09de telle référence,
39:10tu te dis
39:10mais qu'est-ce que je fous là,
39:11en fait ?
39:12Qu'est-ce que je fous ?
39:12Parce que t'as repris
39:13le boulot, évidemment.
39:13Ouais, bien sûr.
39:14Bah, il faut.
39:15Ouais.
39:16Et c'était violent.
39:17C'était vraiment violent.
39:19Parce que tu te retrouves...
39:21T'es plus dans ton élément,
39:22en fait.
39:22Tu te dis,
39:23il y a trois semaines,
39:24j'étais en train
39:24de te réparer,
39:26faire la mécanique
39:27de ma moto
39:27et monter la tente
39:29en discutant
39:29avec mon cousin
39:30et là,
39:30je fais quelque chose
39:31que fondamentalement...
39:33Enfin,
39:33en quel fondamentalement,
39:34je crois pas.
39:35Ouais, c'est ça.
39:36ce sera pas vrai
39:36pour tout le monde,
39:37mais moi,
39:39j'avais un taf
39:39qui était assez dur,
39:40assez exigeant.
39:41En plus,
39:41j'étais pas...
39:42Je faisais du conseil.
39:44Du conseil en quoi ?
39:45Je faisais du conseil
39:46pour des maisons de luxe
39:47et des marques de mode
39:48sur le développement retail.
39:51Et t'as quand même
39:52une boîte
39:52qui a été suffisamment sympa
39:53pour te laisser partir
39:54pendant neuf mois.
39:55C'est quand même énorme.
39:56Bien sûr.
39:56Je les remercie, tu vois.
39:58Mais sauf que toi,
39:59ça fait neuf mois
39:59que t'es parti.
40:00Eux, ça fait neuf mois
40:00qu'ils t'attendent.
40:02Donc, quand tu reviens
40:02le lundi matin,
40:04sur ta boîte mail,
40:05t'as une pile de dossiers
40:06et là, boum, c'est parti.
40:07Et j'étais pas prêt à ça.
40:09J'étais vraiment pas prêt à ça.
40:10Et je l'ai très, très mal vécu, d'ailleurs.
40:11Qu'est-ce qui s'est passé, Alain ?
40:13Je pense qu'au bout de trois mois,
40:14les vacances de Noël
40:15étaient vraiment bienvenues.
40:16Mais quand j'ai claqué
40:17mon ordinateur
40:18le 23 décembre,
40:18je me suis dit
40:19je suis pas sûr
40:19que je vais le réouvrir
40:20le 3 janvier.
40:22Et t'es revenu
40:22ou t'es pas revenu ?
40:23T'as changé de vie, du coup ?
40:24Non, non.
40:25Alors, j'ai pas changé de vie.
40:26Encore une fois,
40:26ce voyage,
40:27ça n'a pas été
40:27une transformation.
40:29J'ai dû faire un peu le...
40:32Comment dire ?
40:33Tu sais,
40:34c'est les environnements
40:34où t'oses pas dire
40:35quand t'es en difficulté
40:36parce que tout le monde
40:37fait la course à la performance
40:38et moi, je leur ai dit
40:38les gars,
40:39j'ai vraiment mal vécu
40:40les trois premiers mois.
40:41Ça va vraiment pas bien.
40:42Et en parallèle de ça,
40:43on m'avait proposé
40:44d'intégrer une boîte
40:45de voyage à moto
40:46pour devenir directeur
40:47des opérations.
40:48Donc tu sais,
40:48tu vas pas bien dans ton taf
40:49et là,
40:49on te propose un job
40:50qui...
40:53Je l'ai pas choisi
40:54ce job-là
40:54parce qu'il faut pas
40:56confondre passion
40:56et à mon avis,
40:57c'est pas une bonne chose.
40:59Et j'ai eu la chance
41:00d'avoir une boîte
41:00qui m'a beaucoup accompagné,
41:02qui a compris
41:03que le retour
41:04avait été très violent,
41:05qui a adapté
41:06les méthodes de travail,
41:08mon job, etc.
41:09Et voilà,
41:10il se trouve que j'ai arrêté
41:10de travailler
41:11dans cette boîte-là
41:12parce que quand on a sorti
41:13notre court-métrage
41:14avec François,
41:15tu sentais qu'il se passait
41:16quelque chose
41:17et on nous proposait
41:17des projets
41:18à côté desquels
41:19j'avais pas envie
41:20de passer, en fait.
41:21Et comment s'est passé
41:21le retour pour toi
41:22du coup, François ?
41:24Bah, je suis revenu
41:24à ma vie normale, quoi.
41:27Mais bon...
41:28Bah...
41:29C'est différent, quand même.
41:30Le voyage, c'est sympa.
41:33Donc bon...
41:34C'est pas idéal,
41:35je trouve,
41:35le retour comme ça.
41:37Mais bon...
41:38C'est pire, quand même.
41:39Ma vie est pas horrible.
41:41Le voyage était très bien,
41:42du coup,
41:43c'était pas les vacances, quoi.
41:45Faut juste la tête,
41:46c'est après.
41:47Bon, bah, c'est pas grave.
41:49C'est pas aussi bien
41:50qu'au voyage,
41:51mais c'est pas grave.
41:51Les vacances,
41:52c'est fait pour ça.
41:53Mais c'était quand même
41:54plus morne, quoi.
41:55T'es passé d'aventures
41:55incroyables
41:56à l'autre bout
41:57de la planète,
41:58à un quotidien traditionnel.
42:00J'ai jamais revenu à ça.
42:01Oui.
42:01En partant déjà, donc bon.
42:03Donc toi, t'as mieux vécu
42:05l'atterrissage que Marc.
42:06En fait, j'ai pas mal
42:07vécu l'atterrissage
42:08parce que moi,
42:08c'est logique.
42:10J'ai pas de débat.
42:11Ça va être comme ça.
42:12Donc bon,
42:13pas grave, quoi.
42:14C'est vrai que t'es vachement
42:15plus sage qu'avant.
42:18T'es enregistré, pareil.
42:19T'as lu des bouquins,
42:20c'est pas possible.
42:20Qu'est-ce que t'as fait ?
42:21Même pas.
42:23Même pas.
42:24C'est incroyable.
42:25On arrive à la fin
42:26de l'entretien.
42:27J'aime bien demander
42:28aux gens qui participent
42:30au podcast
42:31un petit mot de la fin,
42:33de conclure.
42:33Est-ce qu'il y a
42:34un conseil
42:35que vous avez envie
42:35l'un et l'autre de donner ?
42:38Est-ce qu'il y a quelque chose
42:39que vous avez envie
42:40de partager ?
42:43François ?
42:45Bah...
42:46Quand vous voyez
42:48un handicapé,
42:48il ne faut pas penser
42:49à sa place.
42:50Il faut poser des questions,
42:51franchement.
42:52Ils sont capables
42:53à réfléchir.
42:53On est capables à réfléchir.
42:55Si il n'est pas capable,
42:56on vous dirait
42:56que ce n'est pas capable.
42:58Du coup, bon,
42:58il faut poser des questions
42:59vraiment.
43:01C'est bon, moi,
43:02je pense que c'est ça.
43:03Oui, en fait, c'est ça.
43:03T'as envie de vraiment
43:05déconstruire les a priori
43:06qu'on peut avoir
43:07sur le handicap.
43:08Il y a beaucoup trop, je trouve.
43:09C'est pas parce que
43:10t'es en fauteuil
43:10que tu ne sais pas faire
43:11et ça, c'est intéressant.
43:13Évidemment, évidemment.
43:14Marc ?
43:15Je vais la ressortir, François,
43:16je suis désolé.
43:17Vas-y, qu'est-ce que tu as ?
43:18Mais on adore les anecdotes, nous.
43:19Non, mais c'est une phrase
43:21que j'ai entendue
43:21dans un podcast
43:22quand je roulais en Iran,
43:23justement.
43:24Un mec, il disait...
43:27Un mec, il disait...
43:28Pour comprendre,
43:29il faut réfléchir.
43:30C'est pour ça que
43:31beaucoup de personnes jugent.
43:32Je pense que ça résume
43:33un peu tout le message
43:34qu'on veut porter, en fait.
43:35Avant de juger,
43:35essayons de comprendre
43:36les gens qu'on ne comprend pas
43:37de premier abord.
43:39Et il y a beaucoup
43:39de perspectives qui s'ouvrent.
43:40Et nous, on en est
43:41le bon exemple.
43:42Oui, complètement.
43:43Bravo à vous deux.
43:44Merci pour ce mot de la fin.
43:45Merci de nous avoir accueilli.
43:45Ce qui est vachement joli.
43:47Bravo pour votre maturité
43:49à tous les deux.
43:50Bravo pour ce voyage
43:50d'avoir osé.
43:52Ça paraissait impossible,
43:53mais vous l'avez fait.
43:54Donc, je me réjouis
43:55de voir la suite.
43:56Et bravo.
43:56Et je vous recommande
43:57side to side.
43:58Alors, il faudra attendre
43:58qu'il y ait un diffuseur.
44:00En tout cas, moi,
44:00j'ai pu le voir en avant-première.
44:01C'était génial.
44:02J'ai adoré.
44:03Bravo à tous les deux.
44:04Et tous fondeurs,
44:05on se retrouve tous les mardis.
44:07Donc, je vous dis
44:07à mardi prochain.
44:08Salut.
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