00:00Oui, en fait, c'est une histoire qui peut, à certains égards, j'y reviendrai, faire penser à celle de
00:06Thomas.
00:06Vous savez, t'es moi, Perroto, qui...
00:08Crépole.
00:09Crépole.
00:09Donc, j'y reviendrai dans un instant.
00:11Donc, voilà cette histoire qui occupe beaucoup d'espaces médiatiques au Royaume-Uni,
00:17qui a très peu d'écho à travers le monde.
00:19Or, il s'agit d'une histoire qui a une dimension politique très forte.
00:22Donc, Henri Novak, étudiant, 18 ans, étudiant brillant, apprécié de ses proches,
00:27et de suite revient un soir de foot, si je ne me trompe pas, avec des amis.
00:33Et il croise dans la rue un accusé, celui qui conduira à la mort,
00:40Vikrum Singh Digva, donc qui est un Sikh.
00:43Et il le filme du point...
00:45Ce qu'il nous a raconté pour l'instant, parce qu'encore, il y a des faits à préciser.
00:48Il le voit dans la rue avec un très grand poignard.
00:51Donc, pas seulement le poignard...
00:52Vous savez, chez les Sikhs, il y a le kirpan.
00:53Le kirpan, c'est le poignard cérémonial qu'ils doivent porter une obligation religieuse.
00:58Mais il y a aussi un très grand poignard, et il le voit.
01:01Et Henri Novak le filme dans la rue.
01:04Il le filme.
01:05La situation tourne mal.
01:07Et à terme, Henri Novak est poignardé à cinq reprises,
01:11deux fois aux jambes, notamment une fois à la poitrine.
01:14Et il en meurt.
01:15Déjà, c'est une histoire assez tragique, c'est le moins qu'on puisse dire.
01:19Mais une dimension s'ajoute à cela.
01:21Là, les policiers arrivent.
01:24M. Digva, qui est Sikh, donc, vous savez, pour reconnaître les turbans et tout ça,
01:30accuse Novak, dit, il va faire contre moi une agression raciale.
01:34Une agression raciale.
01:35Donc, que font les policiers?
01:36Ils passent des menottes à l'homme qui saigne par terre,
01:40qui est en train de se vider de son sang.
01:42Henri Novak.
01:43Donc, il décide de menotter ce pauvre garçon,
01:46parce que la victime dans les circonstances,
01:48c'est celui qui a été victime de propos racistes
01:51et non pas celui qui s'est fait poignarder.
01:54L'histoire, donc, pendant...
01:56Et là, je précise qu'avec des vidéos,
01:57tout ce qu'on comprend pour l'instant,
01:59parce que le procès, bon, se tient,
02:00mais ce qu'on comprend pour l'instant,
02:02c'est que les propos racistes n'ont pas eu lieu.
02:04Si je peux me permettre, aurait-il eu lieu
02:05que ça ne donne pas le droit de poignarder quelqu'un?
02:08Parce que M. Digva dit,
02:10il a cherché à m'arracher mon turban,
02:12à m'enlever mon kirpan, à m'enlever mon couteau, tout ça.
02:14Il me filmait.
02:15Donc, pour ce qu'on comprend pour l'instant,
02:18il y a un récit fantasmé,
02:19d'autant que la maire de Digva
02:22est accusée d'avoir, s'être présentée sur les lieux,
02:24d'avoir retiré l'arme.
02:25Donc, autrement dit, avoir cherché à dissimuler des preuves.
02:28Qu'est-ce qui est intéressant à travers cela,
02:29sur le plan politique?
02:30Pourquoi ça occupe tant d'espace médiatique en Grande-Bretagne?
02:33Parce que dans une situation comme celle-là,
02:35l'accusation de racisme verbal a été jugée plus importante
02:40que la situation d'un homme qui saignait poignardé par terre.
02:44Donc, ce que l'on peut dire pour l'instant,
02:46c'est qu'on se demande si...
02:48On ne sait pas s'il a été tué parce que Blanc.
02:50Ça, c'est une chose.
02:51Mais ce qu'on sait, c'est que les policiers,
02:53dans les circonstances,
02:55décident de considérer que c'est lui le danger principal
02:57parce que Blanc,
02:59et le récit de ce meurtre atroce
03:02est occulté médiatiquement parce que Blanc.
03:06Alors, vous me direz, c'est peut-être exceptionnel.
03:08Je ne vous répondrai pas vraiment.
03:10Les grooming gangs, dont on parlait encore la semaine dernière ici,
03:13pourquoi on a décidé de ne pas porter attention
03:15pendant des années à ces gangs pakistanais,
03:18dans ce cas-là,
03:19qui pratiquaient l'esclavage sexuel
03:21des jeunes blanches issus de la classe ouvrière?
03:24Et je dis le mot blanche, pourquoi?
03:25Parce que c'était un esclavage sexuel racialement cherché.
03:28C'est-à-dire, cette dimension-là était cherchée.
03:30Eh bien, on ne l'a pas mentionné
03:31parce qu'il ne ferait pas troubler
03:33le récit de la diversité heureuse
03:35et du multiculturalisme lumineux.
03:38De la même manière, en Allemagne,
03:39ça, c'est toute autre chose,
03:40c'était il y a un an et demi, je m'en souviens encore,
03:42donc il y a une scène un peu de trouble à l'ordre public,
03:45et les policiers se jettent sur l'agressé
03:47plutôt que sur l'agresseur
03:48parce que l'agressé était associé à l'extrême droite.
03:52Comme on dit, on le suspectait d'être d'extrême droite,
03:54donc les policiers se tournaient vers celui,
03:56l'agressé dans les circonstances,
03:58parce qu'il était mal connoté idéologiquement
04:01ou politiquement.
04:02Donc, qu'est-ce qu'on voit à travers cela ?
04:04Il y a un système de préférence raciale
04:07inavoué ou avoué qui existe dans nos sociétés,
04:09mais, contrairement à ce qu'on dit,
04:11ce n'est pas un racisme systémique
04:13à l'avantage de ceux qu'on appelle les Blancs,
04:15mais c'est un racisme anti-Blanc militant,
04:17mais que l'on ose nommer.
04:19– Autre question que l'on se pose
04:21à travers ce sujet, bien évidemment,
04:25Mathieu Bocoté,
04:26c'est comment expliquer cette difficulté
04:28à nommer le racisme anti-Blanc ?
04:31– Vous savez, dans la structure mentale
04:32des sociétés occidentales contemporaines,
04:35il faut comprendre, l'imaginaire d'une société,
04:37ça ne flotte pas dans le ciel éthéré des idées pures.
04:39C'est produit par des institutions,
04:41produit par des courants de pensée.
04:43Ceux qui maîtrisent l'université et les médias
04:45ont une véritable capacité d'influence.
04:47Or, la thèse dominante est la suivante,
04:48le racisme est blanc et le blanc est raciste.
04:51Et le non-Blanc ne peut pas être raciste,
04:53parce qu'à la rigueur, il peut y avoir des réflexes
04:55d'autodéfense raciale,
04:56mais le racisme est un système à davantage des Blancs.
04:59Et, de l'autre côté,
05:00le racisme anti-Blanc est une théorie d'extrême droite.
05:03On a fini par le comprendre.
05:04Dans cette logique,
05:06eh bien, c'est une lecture de l'histoire aussi
05:08qui se présente.
05:08L'Occident a un encens,
05:10le monopole du mal.
05:11L'Occident, le monopole du mal,
05:12il est racisé,
05:13donc ceux qui auraient subi la domination de l'Occident.
05:16Eux ne peuvent jamais être dans une situation
05:17d'agression, de conquête, de contre-conquête.
05:20On a commémoré cette semaine
05:21les 25 ans de la loi Taubira.
05:23La loi Taubira, notamment sur la reconnaissance
05:25de la traite négrière, de l'esclavage, et ainsi de suite.
05:28Rappelez-vous ce que Mme Taubira disait
05:30à l'époque à propos de la traite négrière.
05:33Elle disait,
05:33« Je ne veux pas reconnaître dans cette loi,
05:35notamment, la traite issue du monde arabe,
05:38parce que je ne veux pas que la jeune génération
05:40issue du monde arabe,
05:41les jeunes arabes,
05:42portent le poids de la traite négrière
05:45de leur point de vue
05:46dans la formation de leur identité,
05:47dans la vie publique. »
05:49Pourquoi n'avait-elle pas le même souci
05:50pour ceux qui n'étaient pas arabes en France ?
05:52Il y en a encore quelques-uns.
05:53Donc, il y avait cette idée
05:55d'une forme de système
05:56de différenciation ethnique
05:58portée à l'époque par Mme Taubira
06:00qui disait,
06:01« Certains groupes doivent être épargnés
06:03d'une mémoire négative.
06:06Certains groupes doivent se définir,
06:08donc les fameux Blancs,
06:09les Français de souche,
06:10on ne sait plus comment les nommer,
06:11doivent être définis
06:12par cette mémoire négative. »
06:15Plus largement, dans nos sociétés,
06:16les tensions liées
06:17à la société multiculturelle
06:18sont partout présentes.
06:19Il faut le constater,
06:21aucune société qui fait l'expérience
06:22des grandes migrations,
06:24du multiculturalisme,
06:25ne fait l'économie de ces tensions.
06:28Pendant longtemps,
06:28on s'est dit,
06:29« On va nier ces tensions,
06:30on va dire que ça n'existe pas,
06:31circulez, il n'y a rien à voir. »
06:33Quand ces tensions arrivent,
06:34inévitablement,
06:35quand on ne peut plus nier,
06:36quand la société explose,
06:37quand la violence est partout,
06:39qu'est-ce qu'on fait ?
06:40On trouve un système d'explication
06:41qui permet de neutraliser
06:42la dimension ethno-culturelle.
06:44Je vais vous donner
06:45quelques exemples.
06:45Rappelez-vous,
06:46tout récemment,
06:46on en a parlé ici,
06:48la loi portée au Sénat
06:50et demain à l'Assemblée
06:51sur l'entrisme islamiste.
06:53Le ministre de l'Intérieur,
06:54pour l'instant,
06:55veut une loi non plus
06:55sur l'islamisme,
06:56non pas sur l'entrisme islamiste,
06:58mais sur l'entrisme en soi.
06:59Donc, une loi
07:00qui officiellement prétendait,
07:02au tout début,
07:02le prétexte d'origine,
07:03c'était lutter contre l'islamisme,
07:05mais dans un deuxième temps,
07:06finalement,
07:06c'était pour lutter
07:07contre tous les potentiels
07:08ennemis de la République.
07:09Je vous annonce,
07:10c'est certain,
07:11demain,
07:11avec une telle loi,
07:13eh bien,
07:13ce sont les groupes identitaires
07:14ou dits d'extrême droite
07:15qui seront ciblés
07:16parce qu'on est incapable
07:17de nommer le danger
07:18de l'islamisme,
07:18alors on décide de frapper
07:20sur tout le monde
07:20et finalement,
07:21on frappera sur ceux
07:21qu'on devrait protéger.
07:23De la même manière,
07:24quand on parle
07:24d'ensauvagement général
07:25de la société,
07:26sans noter que la violence
07:27qui vient
07:28est inégalement distribuée
07:29parmi les groupes culturels
07:31ou ethno-culturels
07:32que nous connaissons
07:32à cause des vagues migratoires.
07:34De même,
07:35quand on parle
07:36du harcèlement de rue,
07:37les femmes victimes
07:38de harcèlement de rue,
07:39on va nous dire
07:39qu'on en connaît
07:40tout autant à Versailles,
07:43par exemple,
07:43que dans le 9-3
07:44ou dans d'autres quartiers
07:47de Paris.
07:48Donc, on va dire,
07:48oui, Versailles,
07:49c'est le véritable lieu.
07:49Rappelez-vous,
07:50dans l'issue
07:50de la Manif pour tous,
07:51on disait l'homophobie
07:52en France,
07:52non,
07:53il n'y a aucune dimension
07:53culturelle
07:54ou alors c'est Versailles
07:55qui nous contamine.
07:57Alors, j'y reviens.
07:58Il y a l'idée
07:58d'une forme de racisme
08:00structurel
08:00qui domine nos sociétés.
08:01Les Blancs
08:01en sont seuls coupables.
08:03Le problème,
08:03c'est lorsque les Blancs
08:04sont tués en tant que Blancs,
08:05rappelez-vous la séquence
08:06de Thomas à Crépole,
08:08eh bien,
08:08on fait tout
08:09pour l'occulter,
08:09le nier.
08:11Lorsque le racisme
08:12anti-Blanc
08:12pourrait être
08:13une circonstance aggravante,
08:14on la nie.
08:15Et lorsque vous êtes poignardé,
08:17c'est encore vous
08:17le coupable potentiellement.
08:19C'est ce qu'on a vu
08:19au Royaume-Uni.
Commentaires