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Dans son édito du 30/03/2026, Mathieu Bock-Côté revient sur [thématique de l'édito]

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Transcription
00:00Une nouvelle campagne de propagande et de diffamation frappe CNews accusée d'avoir permis la tenue de propos, je cite,
00:10racistes à propos du maire de Saint-Denis, Bali Bagayoko.
00:15Et c'est sur cette campagne de propagande, c'est le terme qui vous semble juste, Mathieu, que vous voulez
00:20revenir pour votre premier édito.
00:22Parce qu'il s'agit en effet d'une campagne de propagande, d'une grande violence qu'il nous faut
00:26décrypter, qu'il nous faut analyser pour voir les mécanismes de l'exécution sociale et médiatique,
00:33pour voir de quelle manière certains cherchent en ce moment à profiter véritablement de citations, j'y reviendrai dans un
00:40instant, complètement décontextualisées, pour en finir complètement avec ce qu'ils jugent être leurs opposants.
00:45Mais rappelons-nous le fait premier derrière cette campagne, c'est la volonté d'analyser depuis deux semaines, et de
00:52plus encore depuis une semaine, l'émergence d'un vote communautariste décomplexé en France aujourd'hui.
00:59Donc, premier élément, c'est la revendication explicite d'une nouvelle France qui prétend balayer l'ancienne.
01:05C'est quand même pas rien. Une nouvelle France qui prétend balayer l'ancienne et qui se réclame elle-même
01:09de l'immigration pour balayer une France dite de souche qui, aujourd'hui, ferait problème et serait de trop.
01:15Théoriquement, ces déclarations auraient pu choquer, auraient pu susciter la controverse.
01:20Mais non, elles vont de soi balayer un peuple de chez lui au nom d'une France nouvelle venue d
01:25'ailleurs.
01:25Apparemment, ça, c'est pas haineux. Je dis ça comme ça.
01:28Deuxième élément, on a donc une communautarisation de la vie politique que tous constatent, même s'ils ne la nomment
01:33pas de la même manière.
01:34Certains disent donc communautarisation, d'autres disent séparatisme, d'autres disent contre-colonisation.
01:40Je ne sais pas lequel de ces termes est le bon, mais nous savons tous qu'il se passe quelque
01:44chose,
01:44un basculement à l'échelle de l'histoire dans la définition du peuple français.
01:48Nous avons vu une conscience ethno-culturelle et même une conscience, et là, je dis le mot raciale, et je
01:53m'en désole, émerger cette semaine.
01:55Lorsqu'on a vu, par exemple, Mme Hassan nous dire à propos de mères dits racisés, Noirs disent que ce
02:02sont les nôtres.
02:03Les nôtres plutôt que les autres, donc les racisés contre les non-racisés.
02:07Je ne sais pas comment le qualifier, si ce n'est pas le bon terme, qu'on me le dise.
02:10Une conscience ethno-raciale explicite dans le débat public.
02:13Elle avait posté un tweet qu'on avait fait.
02:16Bien sûr, on en avait parlé ici.
02:18Et rappelez-vous, lorsqu'elle avait dit aussi, il y a quelques mois, sa déclaration devant Mathilde Panot en disant
02:23« Le temps du porte-parole à pour l'antiracisme est terminé, donc il n'y a que des racisés
02:27pour parler au nom des racisés. »
02:29C'était le sens de son propos avec le concept de racisé.
02:32On pourrait aussi parler, si on s'inscrit dans le temps plus long, du mauvais sort de la communauté juive
02:38qui était, par exemple, en Seine-Saint-Denis ou, par exemple, à Sarcelles,
02:41qui était peu à peu, qui a quitté ce territoire pour des raisons que l'on suppose.
02:45Donc, c'est un élément que l'on doit analyser pour comprendre la France nouvelle qui s'impose.
02:50Et on pourrait penser aussi au décret d'inexistence du racisme anti-blanc, selon LFI,
02:55qui nous explique régulièrement que le racisme anti-blanc n'existe pas.
02:57Donc, le blanc est raciste et le racisme est blanc.
03:00Donc, ça, point à garder à l'esprit.
03:02Et évidemment, des déclarations de M. Bagayoko lui-même
03:04à propos de la Nouvelle-France, de l'Ancien, du Servant d'Allégeance et tout ça.
03:08Donc, quand on a tout ça à l'esprit, voilà comment le système LFI se défend.
03:14Il prend deux citations.
03:16On l'a vu, celle d'un psychologue, celle de Michel Onfray, philosophe,
03:19et deux citations qui sont complètement décontextualisées.
03:22Et c'est toujours la même méthode.
03:23Je dirais que c'est une méthode qu'on a vue, qu'on a appliquée à Finkielkraut dans l'histoire,
03:27avec Zemmour, avec tant d'autres dans la classe politique.
03:30On a toujours vu ce phénomène.
03:31Donc, d'abord, on prend une citation, un bout de phrase.
03:34On le détache de son contexte.
03:36Et ce bout de phrase, détaché de son contexte, ne veut plus dire la même chose
03:39que l'intention première qu'on lui prêtait.
03:42Donc, citation décontextualisée.
03:44Et plus encore, plongé dans un nouveau contexte.
03:47Donc, ça, c'est un bout de phrase auquel on prête un nouveau contexte.
03:49C'est quoi le nouveau contexte ?
03:50CNews serait une chaîne d'extrême droite et raciste.
03:52On vous le dit, on vous le répète sans arrêt.
03:54Dès lors, ce bout de phrase, analysé à la lumière de l'accusation, chaque fois lancé
03:58continuous, sachez que nous sommes devant une controverse raciste, nous disent-ils.
04:02Donc, décontextualisation, recontextualisation, assimilation d'une espèce de sous-texte sur le mode racisme, racisme, racisme,
04:10et qu'il doit être entendu de tous que ses propos sont scandaleux.
04:14L'étape qui suit, nous la connaissons, elle est diffusion massive sur les réseaux sociaux des propos tronqués.
04:21Diffusion massive.
04:22Donc là, ça doit tourner, tourner, ils sont tronqués.
04:24Nous le savons.
04:25Et là, entre-temps, si les principaux accusés d'avoir tenu des propos scandaleux disent
04:30« Honnêtement, vous m'avez mal compris, je précise mon propos, je le précise pour que vous le compreniez bien
04:34»,
04:34on se contrefiche des explications, on les balaie, elles sont jugées inutiles
04:39parce que le sur-contexte, qui est l'accusation de racisme, racisme, racisme,
04:43est plus important que l'explication que donnera celui qui a peut-être été mal compris.
04:48Ensuite, l'étape suivante, on la connaît, le service public et plus largement les médias du système s'y mettent
04:53en disant « Il y a désormais une polémique, c'est news, une polémique, racisme, une polémique, ci, polémique, ça
04:57».
04:57Vous devez tous, vous, les politiques, vous positionner par rapport à cela.
05:02Donc, on pose la question à tous les politiques en disant « Est-ce que vous êtes scandalisés, vous aussi,
05:05les propos racistes tenus sur c'est news par X ou Y ? »
05:08Alors, évidemment, dans la vie, quand on vous demande si vous êtes scandalisés par des propos racistes,
05:12je vous invite à dire que vous l'êtes aussi parce que sinon, vous serez coupable par association
05:16de ne pas être indigné par le racisme.
05:18Même si vous n'avez pas écouté l'explication.
05:20Mais il ne faut surtout pas l'avoir écouté.
05:21Alors, il faut se fier à ce qui a été répété, répété, répété.
05:24Donc, c'est la rumeur, finalement, la rumeur du propos devient plus importante que le propos d'origine.
05:29Donc, qu'est-ce qu'on voit dans cette séquence-là ?
05:30On nous dit « Chacun doit se positionner. Chacun doit répéter l'accusation de racisme. »
05:36Parce que s'il ne le fait pas, on bascule dans ce qu'on a appelé au moment de la
05:39séquence de George Floyd,
05:40« Le silence est une violence. »
05:42Si vous ne dénoncez pas le racisme à votre tour, si vous ne dénoncez pas la fameuse déclaration,
05:47donc vous êtes raciste vous aussi.
05:48Vous voulez rejoindre le camp des racistes ? Non.
05:51Donc, payez vous aussi votre dû au grand récit médiatique du moment.
05:55Portez l'accusation vous aussi.
05:57Et si vous accusez quelqu'un de racisme, dès lors, vous n'êtes pas raciste vous-même.
06:01Là, c'est une espèce de terreur morale.
06:03Ça crée un climat d'obligation à la dénonciation et à la délation.
06:08C'est ce qu'on a appelé chez Orwell, j'en ai souvent parlé ici, les deux minutes de la
06:11haine chez Orwell.
06:12C'est-à-dire, quand on désigne un ennemi public, tout le monde doit participer à la dénonciation de l
06:16'ennemi public.
06:17Et si on n'y participe pas, on devient soi-même le complice de l'ennemi public.
06:21Il faut du courage pour ne pas parler.
06:23Bien sûr. Ça, c'est compliqué, ça.
06:25Ensuite, les tribunaux peuvent s'en mêler.
06:26Donc là, on va poursuivre la polémique.
06:29Donc, on dirait qu'on va porter plainte devant les tribunaux.
06:30Donc, ça installe la polémique dans la durée.
06:33Ce qui fait en sorte que cette polémique vient polluer le débat public.
06:36À terme, l'objectif, c'est très clair, c'est rendre toute critique de LFI inimaginable
06:41parce que le coût à payer, le prix à payer pour mener cette critique est tel
06:45que les gens vont préférer se taire en disant, je suis désolé, je préfère ne rien dire
06:49parce que le prix à payer, c'est une destruction de ma réputation.
06:51Et c'est assimiler toute critique de la racialisation revendiquée par LFI à du racisme.
06:57À l'échelle de l'histoire, si vous vous passionnez un peu pour l'histoire du communisme,
07:01nous sommes devant des méthodes de propagande, de disqualification, de fabrication du faux
07:06qui ont participé à l'histoire de la gauche radicale en France et partout en Occident.
07:10On voit qu'elles sont encore appliquées aujourd'hui.
07:13On fabrique du faux, on force tout le monde à se positionner par rapport à ça.
07:16Et à la fin, si vous ne reconduisez pas de faux, vous êtes vous-même condamné
07:20comme un vilain raciste dans la vie publique.
07:23Surtout si vous ne l'êtes pas.
07:24Mathieu Bocoté, vous décrivez ici une machine de propagande bien rodée.
07:29Est-ce qu'il est possible de résister à cette machine de propagande bien rodée?
07:35Non et oui. Non pourquoi? Parce qu'à partir de ce moment, celui qui lance l'accusation
07:40n'a pas le souci de la vérité. Il a le souci de vous condamner.
07:44Nous sommes devant une technique d'exécution politique.
07:46Le critère de vérité, c'est l'exécution de l'ennemi.
07:50Donc dès lors que votre souci, c'est de vous débarrasser d'un personnage,
07:53vous débarrasser d'une chaîne, vous débarrasser d'un individu,
07:55l'essentiel, c'est d'en finir avec lui.
07:57Vous êtes indifférent à la vérité. Ce que vous voulez, c'est détruire l'ennemi
08:01en lui prêtant des propos qu'il n'a jamais dit ou en les tronquant complètement.
08:05Dès lors, qu'est-ce qu'on voit? On est devant des méthodes authentiquement révolutionnaires.
08:08Il s'agit simplement d'effacer l'adversaire.
08:11Et quand l'adversaire de bonne foi, il y en a souvent, ils se défendent.
08:14« Non, mais je n'ai pas dit ça. Écoutez-moi, s'il vous plaît. Écoutez-moi.
08:16Voilà ce que j'ai vraiment dit. » Mais on s'en fout.
08:18Et plus vous vous justifiez, plus vous êtes coupable.
08:21Il faut comprendre leur état d'esprit.
08:22Alors ça va encore plus loin. Le véritable objectif ici,
08:25c'est de faire en sorte de créer un halo d'infréquentabilité absolue autour du condamné.
08:31De l'autre côté, qu'est-ce qu'on peut se dire?
08:33Est-ce qu'il est possible de tenir tête? Comment?
08:35Eh bien, c'est simplement ce mélange de courage et de culture.
08:39De courage, c'est-à-dire qu'il faut stopper la chaîne de la contamination.
08:42Vous condamnez, Christine Kelly, et là, si vous ne condamnez pas,
08:44là, il y a un problème.
08:45Et là, si quelqu'un d'autre ne condamne pas,
08:46ça vient briser la chaîne de la condamnation obligatoire.
08:50Deuxième élément, eh bien, il faut aussi avoir un peu de courage
08:52et, je dirais, d'intellect pour savoir ce qui se passe,
08:54être capable de décrypter la manœuvre.
08:57Par ailleurs, j'aimerais noter deux ou trois dernières choses
08:59avant de passer au dernier point.
09:02Quelques réflexions qui m'ont inspirées cette querelle.
09:05Premièrement, le régime, quoi qu'on en dise,
09:07n'a aucun problème à ce qu'on mette de l'avant une conscience raciale,
09:10pour peu qu'elle ne soit pas blanche.
09:11La conscience raciale non blanche est légitimée.
09:14Deuxièmement, le régime n'a aucun problème avec l'antisémitisme,
09:17sauf s'il est prêté au RN.
09:19Troisième élément, le régime n'a aucun problème
09:21avec l'assimilation, à la vieille d'actrice d'assimilationniste,
09:24pour peu qu'il s'agisse d'assimiler les Français de souche.
09:28Autre élément, le régime n'a aucun problème
09:30à ce qu'on dise, il faut un serment d'allégeance
09:31où vous décampez, pour peu que ça s'applique
09:33dans les nouvelles républiques LFI.
09:35Et dernier élément, je prends la peine de le noter,
09:37le régime n'a aucun problème à ce qu'on animalise un adversaire
09:39pour peu que ça soit la bonne personne à animaliser.
09:41Rappelez-vous quand Mélenchon avait dit à Zemmour
09:44« à la niche le chien »,
09:45je n'ai pas souvenir alors d'une controverse
09:47lorsqu'il s'agit alors explicitement
09:49d'une véritable animalisation d'un ennemi
09:51et non pas d'un propos déformé.
09:53Mais ça, ça ne dérangeait pas.
09:55Communautarisation de la vie politique,
09:57prix à payer trop élevé,
09:59courage, culture, discernement.
10:01Il y a une femme qui a ce courage,
10:03ça sera notre invitée dans un instant.
10:06Elle viendra justement braver son courage
10:08pour témoigner et dire qu'elle est contre
10:10justement ce vote communautaire.
10:13Aliz Juara, Mathieu Bocoté,
10:15s'est permis une déclaration étonnante
10:17ces derniers jours qui aurait pu susciter l'inquiétude.
10:19Qu'est-ce qu'il a dit, lui, concrètement ?
10:20Aliz Juara, le 29 mars, maire de la Courneuve,
10:23désormais, je crois, député auparavant.
10:25Alors, il dit, se mettant en scène
10:27sur les réseaux sociaux,
10:28une ville, un peuple, un maire.
10:32Plusieurs ont vu, peut-être se sont-ils trompés,
10:34un écho au « ein Volk, ein Reich, ein Führer »
10:37qui caractérise un régime absolument détestable
10:39du 20e siècle.
10:40Alors là, qu'est-ce qu'il se passe ?
10:41Je crois savoir si je ne me trompe pas
10:42qu'il a retiré, comme quoi il est conscient
10:46que c'était problématique.
10:47Je note deux choses.
10:48Soit, LFI a promu un homme
10:50qui savait la comparaison qu'il faisait
10:51et dès lors, la complicité avec cet imaginaire
10:54du 20e siècle,
10:56des années absolument les plus terribles,
10:58eh bien, ne le dérangeait pas.
10:59Il se le réappropriait sur le mode de la provocation.
11:01C'est possible.
11:02Ou alors, il ne savait vraiment pas ce qu'il disait.
11:04C'est tout à fait possible.
11:05Mais alors, nous sommes devant un inculte.
11:06C'est tout à fait possible aussi.
11:07J'ignore lequel des deux éléments est le plus grave.
11:10Par ailleurs, M. Diwara a aussi été
11:13au cœur de l'actualité. Pourquoi ?
11:14Marine Tondelier, à propos d'un article du JDD,
11:18décide de dénoncer François Puponi.
11:20François Puponi qui rappelle comment, finalement,
11:22à propos d'un autre député,
11:24pardonnez-moi, maire LFI,
11:27il dit que le processus d'assimilation
11:29a fonctionné pour lui.
11:30Ça a bien fonctionné.
11:31Autrement dit, tout le discours victimaire,
11:33communautariste, ne correspond pas à la réalité.
11:36Lui, l'assimilation, la méritocratie républicaine
11:38a fonctionné.
11:39Puponi dit très bien.
11:40Franchement, bravo.
11:40De quoi se plaint-t-il?
11:41Ça a fonctionné pour lui.
11:43Mme Tondelier dit, qualifie-t-il-a de racisme
11:46et de clientélisme.
11:48Pardonnez-moi, racisme et clientélisme.
11:49Elle croit alors être dans le bon camp.
11:51C'est formidable quand on accuse quelqu'un de racisme.
11:53On sait qu'on est dans le bon camp soi-même.
11:55Eh bien, M. Diwara décide de s'en mêler.
11:57Il fait un tout retweet du tweet de Mme Tondelier
11:59en disant, dans pas longtemps,
12:01on parlera de ton racisme marine.
12:04Autrement dit, Marine Tondelier
12:06croyait, elle aussi, appartenir au camp des bons,
12:08au camp des purs, au camp des antiracistes.
12:11Dans son camp, on dit, un instant,
12:12t'es la prochaine.
12:14Tu es la prochaine.
12:16Reste à s'expliquer pourquoi.
12:17Quelles sont les déclarations ?
12:18Quel est le fondement de l'accusation ?
12:19Peut-être est-ce simplement parce qu'elle est blanche ?
12:21Je n'en sais rien.
12:22J'ai hâte de savoir pourquoi on l'accuse de racisme.
12:23Parce que, si j'ai bien compris,
12:25on parlera de ton racisme marine.
12:26Tondelier.
12:27Sous-titrage Société Radio-Canada
12:32Sous-titrage Société Radio-Canada
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