- il y a 9 heures
"1000 pays pour demain", le magazine qui nous entraîne à la rencontre de ceux et celles, entrepreneurs, ingénieurs, artisans ou encore designers qui innovent ou remettent au goût du jour des savoir-faire ancestraux de nos territoires.
Tous excellent dans leur domaine et contribuent au dynamisme de leur "pays", tous se battent pour que vive le "Made in France".
Rebecca Fitoussi reçoit en fin d'émission un sénateur, élu de la région qui réagit aux reportages et met à l'honneur une entreprise de son choix . Année de Production :
Tous excellent dans leur domaine et contribuent au dynamisme de leur "pays", tous se battent pour que vive le "Made in France".
Rebecca Fitoussi reçoit en fin d'émission un sénateur, élu de la région qui réagit aux reportages et met à l'honneur une entreprise de son choix . Année de Production :
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00:02Générique
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00:26Bonjour à tous, bienvenue dans 1000 pays pour demain.
00:29Bienvenue en Normandie.
00:31Nous sommes aujourd'hui à Caen, dans le Calvados.
00:33Tellement de choses à vous dire sur ce département.
00:36Peut-être d'abord qu'ici,
00:37on trouve de très beaux lieux de mémoire,
00:39qui nous rappellent les sacrifices et les morts
00:41de la Deuxième Guerre mondiale et du débarquement.
00:43Musées, monuments, sites historiques,
00:45c'est tout cela, le Calvados.
00:47Si on va dans un registre un peu plus léger,
00:49c'est aussi ce département qui abrite
00:51des villes comme Deauville et Cabourg,
00:53avec leurs festivals internationaux de cinéma
00:56et leurs défilés de stars.
00:58Le Calvados est aussi une porte d'entrée vers la Manche,
01:01l'une des mers les plus fréquentées du globe,
01:03près de 20% du trafic mondial.
01:05Et je pourrais enfin vous parler du secteur automobile,
01:08pilier de l'activité industrielle normande,
01:10avec Renault, Stellantis, Volvo.
01:13Mais je vais laisser la parole à une élue
01:15qui saura bien mieux que moi vous présenter son département,
01:17une sénatrice avec laquelle on va aussi découvrir
01:20des artisans pleins de talents.
01:211000 pays pour demain dans le Calvados.
01:24C'est parti.
01:25Sonia de la Provoté, bonjour.
01:27Merci beaucoup de nous accueillir sur votre territoire.
01:30Vous êtes sénatrice centriste du Calvados,
01:33secrétaire du Sénat.
01:34Vous êtes née à Caen.
01:35Vous avez fait toute votre scolarité à Caen.
01:37Vous avez fait vos études ici.
01:39Vous avez même travaillé au CHU de la ville
01:41parce que vous êtes médecin de formation.
01:43Bref, Caen est votre ville.
01:45Et c'est ici que vous avez souhaité nous accueillir.
01:48Nous sommes au Dôme de Caen.
01:50Pourquoi avoir choisi ce lieu ?
01:51Il représente plusieurs choses.
01:53D'abord, il est inscrit dans les premiers programmes
01:55de la presqu'île qui sont le camp de notre siècle,
02:00le camp de l'avenir.
02:02Et puis, c'est un lieu de culture scientifique,
02:05à la fois de formation, d'acculturation,
02:08d'accompagnement des entreprises innovantes,
02:10de détection de talents.
02:11Et un lieu où on parle économie,
02:14mais au travers de la dimension
02:18véritablement culture de la science.
02:19C'est un endroit un peu d'effervescence, de créativité
02:22et qui me tient particulièrement à cœur.
02:24Le message est clair.
02:25Avant d'aller découvrir nos chers artisans,
02:28je voudrais que vous nous parliez un petit peu
02:29de l'économie locale du Calvados
02:32et de ses piliers.
02:33J'ai d'abord pensé au tourisme.
02:35Je me suis dit que vous aviez effectivement
02:37un double tourisme, un tourisme historique
02:39lié aux plages du débarquement, par exemple.
02:41Et puis, un tourisme lié à toutes ces belles villes
02:44qu'on connaît, Onfleur, Deauville, Cabourg.
02:47J'imagine que tout ça, c'est un énorme pilier
02:49pour l'économie locale.
02:50Notre département est un département touristique,
02:53mais pas que par le tourisme de mémoire,
02:54qui le fait évidemment singulièrement connaître,
02:57mais c'est le deuxième département
02:58en matière de patrimoine.
02:59On a toutes nos communes,
03:00on regorge de trésors patrimoniaux,
03:04qu'ils soient petits ou grands,
03:05petits au sens l'avoir, comme grands, comme des châteaux.
03:09Et puis, c'est aussi un département qu'on dit bleu, blanc, vert,
03:14blanc par la pierre de Caen, bleu par la mer et par les fleuves
03:17et par les nombreuses rivières qui l'habitent,
03:19qui font d'ailleurs le vert derrière,
03:21c'est-à-dire ces paysages extraordinaires.
03:23– Un mot peut-être de la filière automobile,
03:26j'ai cru comprendre qu'elle était aussi importante ici,
03:29dans le Calvados et dans toute la Normandie,
03:30c'est aussi un pilier ?
03:31– C'est aussi un pilier, alors on a plusieurs piliers,
03:34parce qu'en fait, la particularité du Calvados,
03:38c'est qu'il y a à peu près plus d'une dizaine
03:40de filières différentes identifiées.
03:43Nous ne sommes pas mono-industrie ou mono-activité économique.
03:47– Donc les difficultés dans la filière économique,
03:49par exemple, finalement vous n'en pâtissez pas tant que cela,
03:51parce que vous avez varié les secteurs.
03:53– En tout cas, on crée de l'emploi dans notre département,
03:56et donc ça c'est une caractéristique
03:58qui est plutôt une valeur ajoutée, bien évidemment,
04:01mais parce que cette diversité économique
04:03fait qu'on peut accueillir des diversités de talents,
04:06de compétences, et tout n'est pas concentré sur la ville de Caen,
04:10qui est la grande ville, mais qui est un peu la locomotive
04:13qui entraîne des wagons qui sont extrêmement riches
04:16et sans lesquels elles n'existeraient pas
04:18et elles n'auraient pas sa forme.
04:19– Sonia Delaprovoté, vous savez que dans cette émission,
04:21on part à la recherche de pépites, d'entrepreneurs méconnus,
04:24d'artisans locaux, innovants.
04:26Je vais peut-être vous fâcher un peu en commençant par un fabricant de parapluies,
04:30parce que disons-le, il pleut de temps en temps dans le Calvado.
04:33– Modérément, et il fait beau plusieurs fois par jour.
04:35– On est en gros à une moyenne de 150-170 jours de pluie par an,
04:38et c'est peut-être ce qui a inspiré l'entreprise H2O Parapluies,
04:42qui se trouve dans le petit village de Crépons, à 5 minutes de la mer.
04:45Tout y est fabriqué à la main, 100% made in France, 100% local,
04:50et ça alors que le marché est inondé de produits venant de Chine.
04:53Yves-Charles Boccacini, c'est son nom, il est le maître des lieux.
04:57Il va nous présenter ses équipes, son atelier, leur savoir-faire très rare,
05:01juste après un petit détour par le mémorial britannique de Vers-sur-Mer.
05:06Incontournable, on y va.
05:08– C'est impressionnant, là.
05:15Nous sommes au mémorial de Vers-sur-Mer.
05:17Là, vous avez la collection des géants qui matérialise le nombre de morts anglais
05:23et qui a eu le premier jour du débarquement.
05:25Lui, en fait, il a perdu la vie à l'âge de 19 ans, le 6 juin 1944.
05:29C'est touchant, quand même.
05:37Ça fait 30 ans que je suis entrepreneur.
05:39J'ai toujours voulu privilégier la fabrication française
05:42et puis surtout préserver ce savoir-faire des parapluies.
05:47C'est un parapluie qui ne se retourne pas et qui est vraiment costaud.
05:51Et en fait, vous avez du tulle dans le fond
05:55et qui permet de laisser passer l'air.
05:57Et donc, c'est un parapluie qui nous protège parfaitement.
06:02À bord de mer, il y a toujours de l'air.
06:04Donc, un parapluie comme ça, c'est indispensable.
06:06Et ma vie de Normandie.
06:16Bonjour, madame.
06:18Bonjour, monsieur.
06:21Et avec le haut de ma main, je vais venir tourner autour du parapluie.
06:24Il faut bien l'enrouler, il faut qu'il garde bien sa forme.
06:30Vous arrivez à en faire combien par jour ?
06:32Par jour, je ne peux pas vraiment dire
06:35que ça dépend du modèle que je fais.
06:37Mais un tout simple comme ça,
06:39je peux en faire une bonne quinzaine par jour.
06:42C'est important aussi de vraiment être honnête
06:44sur la manière dont on travaille.
06:47C'est pour ça que l'atelier est juste devant eux.
06:49Ils viennent me poser des questions s'ils ont besoin.
06:54Alors, il faut au minimum que j'ai huit pièces de tissu
06:58pour fabriquer un parapluie.
07:00Puisque je travaille essentiellement le parapluie à huit baleines.
07:12Et donc, nous allons repartir.
07:15Nous allons maintenant assembler la toile.
07:19Tenez, là et là, du coup, les pointes de médium
07:22pour les faire engancer bleu blanc rouge, s'il vous plaît.
07:32En fait, c'est le biais qui va venir imperméabiliser la couture.
07:35Pour la prochaine étape, je vais venir finir le bas du parapluie.
07:39Ça va permettre de le renforcer et de faire une jolie finition.
07:50Toutes mes coutures en bas sont bloquées.
07:52Et j'ai une jolie finition sur tout le bas de mon parapluie.
07:57Merci, Leïla.
08:03Je pose des aiguillettes.
08:06Donc, on voit, il y a un trou, juste là,
08:08qui va servir à passer l'aiguille
08:10et le trou au bout qui va venir accueillir la baleine.
08:22On est vraiment dans un objet durable et réparable.
08:25Il y a 15 millions de parapluies qui sont détruits chaque année en France.
08:28Nous, nous luttons contre ça.
08:35Les aiguillettes cousues, je vais venir mettre la toile sur le mécanisme.
08:40Là, on est sur un médium.
08:45Nos machines, c'est des vieilles dames.
08:47Elles ont 70 ans.
08:49Donc, on les bichonne.
08:54Et là, le parapluie va prendre forme.
08:58Bonjour Monsieur.
09:06Alors là, le repassage, c'est la dernière étape de fabrication.
09:12C'est ce qui va me permettre de vérifier mon parapluie.
09:18Et ça permet également d'éliminer tous les petits plis.
09:23Et voilà, le parapluie est terminé.
09:31Vous avez un parapluie qui est fait en France,
09:34qui a été créé par l'entreprise depuis les années 90.
09:37Il y a eu une hémorragie, un suicide industriel français.
09:41Et je trouve qu'à l'heure actuelle, je pense qu'il faut être fier de nos valeurs.
09:45Il faut se battre pour ça.
09:47Et j'espère qu'à travers cette vidéo,
09:49on pourra donner déjà l'envie à des entrepreneurs
09:51de reprendre des entreprises françaises.
09:53Et puis à nos politiques de se dire,
09:55écoutez, on a un beau tissu local.
09:57Préservons-le.
09:58Battons-nous pour lui.
10:01Et c'est depuis le dôme de Caen que nous allons revenir
10:04sur les propos de cet entrepreneur
10:06qui se bat pour le made in France
10:08et qui porte un discours très fort
10:10adressé aux responsables politiques d'ailleurs.
10:13Yves-Charles Bocassini nous parle d'hémorragie,
10:15de suicide industriel français dans les années 90.
10:19Il demande au monde politique de préserver ce made in France.
10:23Qu'est-ce qu'on peut lui répondre ?
10:24On peut lui répondre tout simplement
10:26qu'en tout cas, il peut avoir l'assurance
10:29que nous sommes un certain nombre
10:30à particulièrement avoir conscience
10:32de l'importance de la préservation du made in France.
10:35– D'accord.
10:35– Que la situation actuelle nous alerte encore plus
10:39en matière de souveraineté
10:40et que cette question est particulièrement prégnante
10:44pour nous permettre à nous de garder à la fois des savoir-faire
10:47et les savoir-faire même artisanaux
10:50ont des déclinaisons dans le domaine économique et industriel
10:54pour aussi relancer la formation dans tous les domaines.
10:58et on fabrique des produits qui sont durables, qui sont recyclables.
11:02Et quand on parle des parapluies, les 15 millions…
11:05– 15 millions de parapluies détruits chaque année.
11:08La société du jetable.
11:09– Exactement, qui sont détruits chaque année.
11:11Eh bien, on voit que dans le made in France,
11:14il y a une ressource plus moderne, plus durable et plus adaptée.
11:18– Oui, moi comme vous, j'avais noté ce chiffre.
11:1915 millions de parapluies détruits chaque année.
11:22On est quand même sur des parapluies haut de gamme
11:24qui coûtent entre 160 et 400 euros.
11:26ce n'est quand même pas à la portée de tout le monde, loin de là.
11:29Mais le luxe à la française, ça se protège aussi ?
11:32Ça se préserve ?
11:32– Oui, ça se préserve.
11:34Alors le luxe, il y a des marges de manœuvre dans le luxe.
11:40Il y a l'hyper-luxe.
11:41Et puis le luxe, ça peut être simplement, effectivement,
11:45payer plus cher un produit, mais qu'on gardera plus longtemps.
11:49– Ça, c'est un message à envoyer aux consommateurs.
11:51– Exactement.
11:51Et les consommateurs considèrent que c'est un geste citoyen d'acheter du Made in France.
11:57Et il y a au moins une garantie derrière ce Made in France
12:01que les emplois sont des emplois durables ou recréés dans notre pays.
12:05Et ce sont aussi des compétences derrière qui vont être le terreau d'une nouvelle industrie,
12:09puisqu'il est nécessaire de réindustrialiser notre pays.
12:12– Alors vous allez croire que je le fais exprès,
12:14mais je vais maintenant vous parler d'une entreprise qui s'appelle,
12:16tenez-vous bien, après la pluie.
12:17Ce n'est pas une blague.
12:19Alors pourtant, on ne parle pas du tout de pluie, de parapluie.
12:21On parle cette fois de caléidoscope,
12:25fabrication artisanale de caléidoscope et de jeux optiques.
12:28Chaque pièce est entièrement réalisée à la main.
12:30Et là aussi, c'est un savoir-faire très rare,
12:33rare en Europe même, à tel point que son fondateur Dominique Stora exporte beaucoup.
12:37C'est une de ses forces.
12:38On va le rejoindre, il est à Beaumont, en Auge.
12:41Il nous situe et il nous présente son village.
12:44On y va.
12:47La vue, c'est ce qui m'a décidé à m'installer ici.
12:58Le charme du caléidoscope, c'est que c'est un objet modeste.
13:01C'est un objet artisanal en fait.
13:03Il n'y a pas de prétention à faire ça, ce qui me plaît déjà.
13:05Ensuite, malgré la modestie du procédé,
13:08il y a une richesse de résultats qui est confondante.
13:14Beaumont d'Auge, c'est un très ancien et très joli village
13:16qui est entre Pont-l'Évêque et Deauville,
13:19donc en plein pays d'Auge.
13:21Ça fait bientôt 50 ans que je suis ici.
13:23J'ai jamais arrêté d'être venu m'installer ici.
13:28On se dirige vers l'atelier, là.
13:32Vous allez me voir fabriquer un caléidoscope.
13:39Voilà.
13:40Alors maintenant, l'idée, c'est de fabriquer un caléidoscope
13:45comme on le faisait au 19ème siècle,
13:47c'est-à-dire en utilisant exclusivement du verre de vitrail coloré dans la masse,
13:52ce qui fait que la brillance et la couleur est superbe.
14:03Là, c'est un rouge profond.
14:05Donc le rouge profond, on va faire plutôt un petit morceau.
14:13Ils sont deux types de verres différents.
14:16Il y a un vert qui lui est mulé et du rouge qui lui est lisse.
14:19Ça va ajouter à la qualité de l'image dans le caléidoscope,
14:23le fait que les structures du verre soient différentes.
14:27Bon, alors là, il y a un peu trop de bleu.
14:34Ce sont deux bleus différents.
14:35Je vais peut-être laisser le plus clair.
14:38La base du caléidoscope, c'est une réflexion qui est faite par des miroirs.
14:41Donc il est important qu'ils soient de bonne qualité.
14:44Je fais ce chevaux chez les miroirs en triangle.
14:49Alors maintenant, le matériau de calage.
14:51Voilà.
14:52Pour que si le caléidoscope tombe, il y ait moins de risques que ça casse.
15:00L'autre pièce maîtresse étant la petite cage en verre
15:04dans laquelle il y a ces éléments colorés
15:05qui, eux, vont déterminer le dessin.
15:09Maintenant, je mets une lentille oculaire.
15:14Donc voilà, je vérifie bien que c'est à la fois bien coloré, bien lumineux
15:18et que les éléments à l'intérieur bougent bien.
15:21C'est un peu le même genre d'image qu'ont vu les premiers spectateurs au 19e siècle.
15:29C'est un peu le plus clair.
15:34Voilà, ça, c'est la boutique.
15:39Ici, je vends des objets de curiosité, donc des objets scientifiques anciens,
15:46quelques jouets anciens, des livres et surtout mes caléidoscopes que je fabrique.
15:52Voilà.
15:54La chance que j'ai eue, c'est que j'ai un éventail de clients extrêmement large.
15:58Ça va de la boutique de jouets à la librairie, la galerie, la boutique de musée,
16:05les événements, les grandes maisons du luxe.
16:09Ça m'a amené à aller au Japon quatre fois, aller aux États-Unis un bon nombre de fois,
16:15de faire beaucoup de salons et en France et en Europe.
16:20Quand j'ai commencé mon activité, j'ai eu la chance que dans le 19e et le 20e arrondissement à
16:26Paris,
16:27il y ait eu tout un tissu d'artisans.
16:29Le côté artisanal de leur fabrication leur permettait d'accepter de ma part des commandes modestes
16:37sans que, manifestement, ça leur pose de problème.
16:40Beaucoup de ces artisans ont disparu et ceux qui ont résisté et qui ont réussi à subsister
16:45sont devenus des petits industriels.
16:47Ce qui a eu pour moi des inconvénients qui demeurent, c'est-à-dire que ces industriels
16:53m'imposent maintenant des quantités sensiblement plus importantes, ce qui est un problème.
16:58– Mille pays pour demain continuent dans le Calvados.
17:01Nous sommes toujours dans ce magnifique lieu qu'est le Dôme de Caen
17:04avec la sénatrice Sonia de la Provoté.
17:06On sent qu'il est un peu nostalgique, Dominique Stora.
17:08Nostalgique d'un temps où il avait plein de copains artisans,
17:11tous entrés dans l'industrie depuis.
17:14Vous la comprenez, cette nostalgie ?
17:15– Oui, bien sûr, on peut comprendre la nostalgie en même temps.
17:20Et ces caléidoscopes, c'est notre enfance,
17:23c'est peut-être pas tout à fait l'enfance des jeunes de maintenant.
17:26Et il y a quand même un marché, il y a un savoir-faire,
17:30il y a une technique, une technique incroyable.
17:33– Et il fait rayonner la France, mine de rien.
17:3770% de sa production est vendue à l'étranger, c'est pas rien,
17:39c'est pas rien pour le pays, c'est pas rien pour le Calvados ?
17:42– Bien sûr que non, c'est pas rien pour le Calvados.
17:44C'est bien aussi de pouvoir avoir cette façon
17:47de parler de notre département au travers de ce type d'objet.
17:51Et le Calvadoscope, c'est à la fois la culture et à la fois l'essentiel.
17:56– Je lisais en préparant cette émission
17:57que la Normandie était une vraie terre d'artisans.
18:00L'artisanat normand, c'est plus de 100 000 salariés,
18:0380 000 entreprises, c'est à peu près ça les chiffres ?
18:05– En fait, nous sommes une terre d'artisans
18:08parce que nous avons gardé ce maillage territorial
18:11de villes actives, de villes moyennes actives,
18:13de petites villes actives partout dans le territoire.
18:16– Ça a été entretenu par des politiques publiques.
18:17– Et ça a été entretenu par des politiques publiques.
18:19Et d'avoir une stratégie de considérer que quelle que soit la taille de l'entreprise,
18:25ce qui compte, c'est ce qu'elle propose, c'est le fait qu'elle soit présente
18:28et puis qu'elle soit répartie dans tout le territoire.
18:33– Et vous avez des grands rendez-vous en Normandie,
18:35les Journées Européennes des Métiers d'Art en Normandie,
18:37le Festival de l'Excellence Normande et puis il y a le Salon du Made in France.
18:42Tout cela permet aussi de rendre visible le travail de toutes ces personnes
18:45qu'on découvre dans l'émission et qui sont aussi sur le territoire normand ?
18:48– Alors à la fois on rend visible, mais aussi on permet la rencontre.
18:51– D'accord.
18:51– Parce que la rencontre entre ces différents savoir-faire,
18:55entre ces différentes entreprises, entre ces différents artisans,
18:59crée un collectif de personnalités.
19:04Et ce collectif-là donne une image de tous les possibles,
19:07de tout ce qu'on peut proposer dans notre département.
19:09– De cohésion et d'harmonie aussi.
19:11– Exactement.
19:11– Sonia de La Provotée, c'est un petit rituel dans cette émission,
19:14l'entreprise coup de cœur.
19:15C'est un rituel qu'on aime bien.
19:16Vous, vous avez choisi Filt.
19:18Filt, c'est une manufacture qui a une riche histoire, je crois.
19:22– Oui, c'est une manufacture qui a une riche histoire.
19:24Il fabrique des filets, il fabrique des mèches.
19:28– Vous avez apporté quelque chose d'ailleurs, je crois.
19:30Vous pouvez nous le montrer.
19:31– Voilà, exactement.
19:32Il fabrique ces fameux filets qui ne connaît pas les filets Filt.
19:36– D'accord.
19:36– Puisqu'on les voit sur tous les salons.
19:38Ils ont vraiment une publicité importante autour de leur fabrication.
19:44Et c'est mon entreprise coup de cœur qui porte toutes les valeurs de ce qu'on souhaite.
19:47– Mais je vous l'offre.
19:48– Oh, mais c'est gentil.
19:49Merci.
19:49Alors là, avec joie.
19:50Merci, je le garde.
19:52On va reparler artisanat, mais cette fois avec Valentin Debreuil.
19:56Lui, il est ébéniste designer.
19:58Il fabrique des meubles en bois massif entièrement réalisés ici, dans le Calvados.
20:03Et il y ajoute sa patte d'artiste parce qu'il a étudié dans la prestigieuse école Boulle.
20:08Ce savoir-faire de départ, il le tient de son père et même de son grand-père.
20:12C'est une très jolie histoire de transmission qu'il va nous raconter.
20:14On le retrouve, il est à Landelles et Coupigny.
20:17C'est au sud-ouest de Caen, je crois.
20:19On y va.
20:23On arrive chez grand-père, qui est la personne qui m'a un peu aussi appris les bases du métier
20:28avec mon papa.
20:30Donc forcément, ils sont très importants.
20:32C'est ceux qui m'ont initié au travail du bois.
20:33Ça va ?
20:35Valentin, ça va ?
20:36D'accord ?
20:37Ça se maintient.
20:38Ça se maintient.
20:40Ça se maintient.
20:40Ça va aussi eux ?
20:41Typiquement, c'est ce que mon grand-père faisait, des tables de ferme, en fait.
20:44Lui, il y avait des fiches dans le bois, plus t'es content que maintenant.
20:49Typiquement, mon grand-père, il faisait pas mal de petites tables comme ça, plutôt bois massif,
20:53à contrario avec les petites tables légères et modulables en kit qu'on fait à l'atelier aujourd'hui.
21:00Eh oui.
21:09Donc ici, on arrive à l'atelier de mon père.
21:11C'est là où j'ai appris.
21:12Et maintenant, je fais de l'éministerie, de la création de mobilier ici.
21:19En fin de compte, on aurait dû les faire rappeler donc, pour que ça porte.
21:30Cette table-là, en fait, je l'ai imaginée quand je vivais dans un petit appartement à Paris,
21:34avec des matailles au noble pour vous vraiment montrer que c'est un travail aussi artisanal.
21:40Donc là, on a la table debout, version bureau, pour le coup.
21:46Là, on est sur du noyer, cuir, ocre, acier, lac et noir.
21:49Ici, on la repasse en table basse.
21:51Tout simplement.
21:53On va replier les pieds.
21:56Et on passe en table basse.
22:01Du coup, on redémonte et on colle.
22:08Donc là, on est sur deux meubles hauts de salle de bain.
22:11Donc nous, aujourd'hui, on réalise aussi le miroir, qui est un miroir en palisandre massif,
22:15qui est assez précieux, qui a un vénage très particulier, très marqué.
22:24Donc là, je reponce mes assemblages avant de pouvoir sculpter pour partir sur une base propre.
22:33C'est un miroir qui fait presque 2m20 par 1m40 de haut.
22:36Donc, intéressant à travailler, à sculpter.
22:42Et là, on va utiliser l'outil mécanique pour le coup,
22:46pour retranscrire un peu l'effet bouger qu'on pouvait avoir à la main.
22:49Mais l'avantage de le faire mécaniquement, c'est déjà qu'on va pouvoir aller plus vite sur toute la
22:52surface
22:53et faire quelque chose d'un peu plus régulier.
23:16J'ai aimé fabriquer des meubles. J'avais conscience de ce qu'était le bois massif.
23:20Puis j'ai découvert aussi le dessin, le dessin d'art, les ministeries, le design,
23:27grâce aux études que j'ai faites.
23:34À l'école Boulle, j'ai proposé un meuble pliant comme chef-d'œuvre.
23:37Cette pièce de diplôme m'a valu la place de majeure de promotion à la sortie de l'école,
23:41et ce qui m'a permis de trouver tout de suite un travail sur Paris.
23:47Après, comme c'est assez fin, on peut toujours revenir leur poncer.
23:50C'est vraiment trop saillant, ça.
23:53Aujourd'hui, on a la chance d'avoir deux apprentis
23:55qui, peut-être, seraient pas là avec moi si on avait été aidés, justement,
23:59pour recevoir des apprentis, parce que ça prend du temps aussi de les former.
24:02Ce qui est dommage, c'est qu'aujourd'hui, on veut réduire les aides pour prendre des apprentis.
24:06Donc, si demain, on peut pas commencer par l'apprentissage pour faire développer notre entreprise,
24:11si on a tout de suite ce frein de devoir payer un apprenti
24:16qui sera pas forcément, ou même pas du tout, compétent au départ,
24:21ça sera forcément compliqué.
24:24Plein de choses à retenir de ce reportage.
24:26On y revient avec vous, Sonia de La Provotée.
24:28Vous avez donc choisi le Dôme de Caen pour nous accueillir dans cette émission.
24:31D'abord, cette possible baisse des aides pour recruter des apprentis,
24:36dont nous parle Valentin Debreuil.
24:38Il a raison de s'en inquiéter, il ne faut surtout pas baisser ses aides ?
24:42Alors, il ne faut surtout pas les baisser.
24:44Je pense que l'apprentissage, c'est vraiment la force vive de demain.
24:48Et puis, l'apprentissage, c'est la survie de toutes ces entreprises artisanales,
24:52parce que ces entreprises, par définition, elles demandent des compétences,
24:55de l'expertise, des savoir-faire.
24:57Et ça, ça s'apprend sur le terrain par des gens passionnés, des patrons,
25:01des maîtres de stage passionnés, qui transmettent ce qu'ils ont appris
25:04pendant de nombreuses et longues années.
25:06Et c'est l'avenir de tous ces savoir-faire et de toutes ces entreprises.
25:10Valentin Debreuil aimerait aussi qu'on relocalise la création
25:12et les métiers de création dans les territoires ruraux.
25:15Qu'en pensez-vous ?
25:16Est-ce qu'effectivement, ça peut animer, revivifier les villages
25:19et les territoires un peu isolés ?
25:21En même temps, il ne faut pas transmettre le message non plus
25:24que l'activité économique dans les territoires ruraux, ça n'est que de l'artisanat,
25:28puisque nous avons quand même des exemples d'entreprises très modernes
25:32et très puissantes dans leur niche économique,
25:36qui ne sont pas tout à fait des entreprises artisanales
25:38et qui sont aussi installées dans les territoires ruraux.
25:41On doit pouvoir proposer de tout, mais il est clair en tout cas
25:44qu'il faut absolument favoriser l'installation de l'artisanat,
25:49le maintien de l'artisanat, quoi qu'il arrive, et le plus réparti possible,
25:53parce que c'est à la fois de la vie, mais c'est aussi une histoire
25:55et puis c'est une façon, comme on en témoignait chez ces entreprises,
25:59de s'enraciner là où on a vécu, parfois là où on est né,
26:02ou là où on a de nouvelles attaches.
26:04– Un dernier petit rituel avant de se quitter, Sonia de La Provoté,
26:07si vous deviez nous donner trois bonnes raisons
26:10de venir nous installer ici dans le Calvados
26:12ou de venir installer notre entreprise, quelle serait-elle ?
26:14– Trois bonnes raisons, c'est compliqué trois,
26:16parce que moi j'en ai des milliers de raisons de venir s'installer dans le Calvados.
26:21– Une petite sélection.
26:21– Mais d'abord, ici nous sommes accueillants,
26:23on accueille toutes les possibles, toutes les bonnes initiatives.
26:27– Vous le dites même avec un peu d'émotion,
26:30on sent que vous y êtes attachée à votre territoire.
26:31– Oui, je suis extrêmement attachée.
26:34Et la deuxième raison, c'est que nous sommes un département
26:38en plein développement économique,
26:40nous créons de l'emploi dans notre département
26:43et la troisième région, nous sommes près de la mer, près de Paris.
26:48Nous sommes un peu un lieu où le monde peut se retrouver.
26:53Beaucoup de touristes étrangers y viennent
26:55et pour ceux qui ont envie de s'installer ici,
26:59on peut leur assurer qu'ils auront toujours les portes ouvertes
27:01vers le reste du monde.
27:02– Alors venez, venez tous à Caen, venez tous dans le Calvados.
27:05Merci Sonia de La Provoté d'avoir été avec nous dans cette belle émission.
27:08Merci aux équipes du Dôme de Caen de nous avoir accueillis pour ce tournage
27:11et merci à vous de nous avoir suivis.
27:13d'émissions à retrouver en replay sur notre plateforme publicsénat.fr.
27:17À très vite.
27:17– Sous-titrage ST' 501
27:37– Sous-titrage ST' 501
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