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00:47Salvatore a sauvé le duc de Nemours, fils de Louis-Philippe.
00:52Le roi lui rend ses galons de colonel.
00:56L'officier doit embarquer à Nantes avec son régiment pour aller se battre en Algérie.
01:01Mais en Vendée, la Duchesse de Berry fomente des troubles dans l'espoir de rendre le trône de France au
01:06Bourbon.
01:08Sa tête est mise à prix.
01:12Gibassier, devenu son homme de confiance, l'a trahi pour toucher une prime de 50 000 francs.
01:25Monsieur le ministre, il fait encore une fugue.
01:28Ne vous affolez pas, de vrai. J'espère qu'on le suit de loin.
01:32Naturellement, le service habituel.
01:34Eh bien, laissez le roi, c'est manu plaisir.
01:37N'oubliez pas qu'il est le premier prisonnier de France.
01:41Aucun condamné n'est l'objet d'une telle surveillance.
01:44Alors je comprends que de temps en temps, le pauvre Bougre s'évade par une porteuse de service.
01:48Ne serait-ce que pour s'affubler du chapeau et du parapluie de monsieur Tout-le-Bond.
01:51Oui, mais quelle imprudence. C'est courir au-devant de l'attentat.
01:58Franchement, je ne le pense pas.
02:02Avez-vous remarqué, de vrai, que les résicides font toujours leur coup devant le grand public ?
02:07Avec tout ce qu'il faut de soldats et de policiers pour assurer la protection de leurs victimes ?
02:13Gloriole peut-être en partie, mais surtout manque d'informations.
02:18On sait que César ira au Sénat, Henri IV à l'arsenal et le premier concile russe indiquaise parce que
02:24toute sortie officielle est prévue.
02:26Mais que le roi d'Ivto prenne qu'un échappeau pour une sortie impromptue,
02:31personne ne le sait, sauf sa police, bien entendu.
02:54Je ne le pense pas.
03:07Et pourquoi ce chagrin, ma bonne femme ?
03:10Bourgeois, on apprend la mort de l'aiglon.
03:14C'est comme si je l'ai perdu un de mes enfants.
03:17Vous l'aimiez donc tellement ?
03:19C'était le fils de l'autre.
03:22Qu'est-ce qu'il vous a donc apporté, l'autre ?
03:25La grandeur.
03:28Je veux bien. Mais à quel prix ?
03:30Cinq millions de morts en quinze ans ?
03:33Écoutez, bourgeois, faites-le compte des Suisses qui sont nés avant 1720.
03:38Ils n'ont pas eu de guerre, mais ils sont tous morts quand même.
03:52Plein de plaisir !
03:55Plein de plaisir !
03:56Qui qu'en veut du plaisir ?
03:59Plein de plaisir !
04:02Qui qu'en veut du plaisir ?
04:03Le voilà !
04:05Le plaisir !
04:07Et bouge, et bouge, mets vos ballons rouges !
04:10Qu'est-ce que, un petit plaisir ?
04:12Le plaisir !
04:13Et bouge, et bouge, mets vos ballons rouges !
04:17Qu'est-ce que, un petit plaisir ?
04:21Et bouge, et bouge, mets vos ballons rouges !
04:23Le plaisir !
04:27Le plaisir, mesdames !
04:29Et bouge, et bouge, mets vos ballons rouges !
04:31Quitte pas, petit plaisir. Quitte pas, mère.
04:34J'ai beau, j'ai beau, j'ai beau, j'ai beau plaisir.
04:39Ah, compère, quel beau pays de la France.
04:43Ah, là, oui, oh.
04:45Gueux chez soi plutôt que prince à l'étranger.
04:50Mais, ferons-tu bon de l'ami que nous devons cette chance
04:53à notre bon roi Louis-Philippe.
04:58Plus de guerre coûteuse.
05:01La sagesse dans l'économie et l'économie dans la justice.
05:08Je vais te faire l'aveu.
05:10J'ai pas toujours fait le câbleau.
05:13Sous Charles X, j'avais un grade important dans la police.
05:19J'avais bien mon dieu, y'a pas d'euros.
05:22Mais, mais, la révolution est arrivée et...
05:27tous ceux qui avaient intérêt à me perdre m'ont accusé de tous les crimes.
05:30Bon, je ne le renveux pas, moi, je ne le renveux pas.
05:35Dieu est le seul juge.
05:39Mais, y'a pas à dire, je regrette mon métier.
05:44Je le regrette.
05:46Tu vois, rien que pour le plaisir, hein ?
05:50Il m'arrive de le faire encore.
05:54Cet an dernier, je me trouvais en Vendée.
05:59Par un bienheureux hasard, j'ai connu la cachette de la Duchesse de Berry
06:04et je l'ai livrée à la police du roi.
06:08Sais-tu comment, Mille-Mont ? Merci.
06:11Non, en me jetant 50 000 francs à la figure.
06:15Comme un Judas.
06:1950 000 francs ?
06:21C'est une somme ?
06:23Non.
06:24C'est un crachat.
06:26Tiens, regarde.
06:30Elle est là.
06:32Elle est là.
06:35Sais-tu ce que je vais en faire ?
06:36Non.
06:38Il a laissé sur ce banc.
06:40J'ai écrit sur le papier à remettre à notre bon roi.
06:44Passant, qui que tu sois, ne te laisse pas aller à des mauvais penchants.
06:47Tu tiens dans tes mains l'avenir et la dignité d'un fidèle serviteur du pouvoir.
06:54Tu prends là un gros risque.
06:57Qu'espères-tu obtenir ?
07:02La réhabilitation.
07:09Mon adresse est à l'intérieur.
07:11Votre Majesté.
07:14Plein de plaisir !
07:16Il bougez-vous !
07:17Il faut pas le rouge !
07:18Il bougez-vous !
07:20Il faut pas le rouge !
07:21Il faut pas le rouge !
07:24Il faut pas le rouge !
07:3050 000 francs.
07:32Par ici, messieurs.
07:38Ah, vous êtes là, sire ?
07:40Oui, mon cher.
07:41Tous ces meubles Louis XVI ont une apparence fragile
07:44qui, sournoisement, me mettent mal à l'aise.
07:47Ces bois fruitiers, ces pieds graciles, ces angles durs,
07:52ne conviennent pas à ma carure de bon père de famille.
07:56J'aimerais qu'on m'invente un style confortable et solide comme moi.
08:01Avec des rondeurs, de l'épaisseur, dans des bois qui fassent riche.
08:06Le palisande, la cajou, au fond, j'ai toujours aimé la cajou.
08:11Comme le petit caporal, comme celui qui fut l'empereur des Français.
08:16Je n'aime pas cette désinvolture qu'on croit de bon ton d'avoir dans mon entourage
08:20sur celui qui sut planté aux quatre coins de l'Europe le drapeau tricolore.
08:25N'oubliez pas que j'ai combattu à Jemmap, sous les plis de ce même drapeau.
08:31Le petit peuple est dans le vrai quand il pleure la mort du duc de Rechstadt.
08:35La gloire de Napoléon est la sienne.
08:39Et pourquoi n'en hériterais-je pas moi-même, puisque je suis le premier des Français ?
08:45Votre Majesté ne laisse rien perdre.
08:49Il faut terminer au plus vite l'arc de triomphe.
08:53Remettre sa statue aux fêtes de la colonne Vendôme.
08:57Et si je faisais rapatrier son corps pour l'inhumer aux invalides ?
09:02De grâce, sire, pas si vite.
09:04Vous finiriez par mettre le petit chapeau.
09:06Vous avez raison.
09:08L'excès en tout est un défaut.
09:11Laissez-nous.
09:17Au fait, il m'est arrivé hier une bien curieuse aventure.
09:22Un certain Simon Dutz m'a rendu les 50 000 francs
09:28qu'il avait touchés pour avoir aidé à l'arrestation de la Duchesse de Berry.
09:34Oui, c'est Dutzon, n'est autre que Jibassier.
09:37Un ancien officier de police que j'ai eu sous mes ordres.
09:40Oui, je sais.
09:41Il me dit tout dans une longue lettre.
09:43Il se prétend innocent des crimes dont vous l'accusez.
09:47Il n'en est pas moins l'assassin du ministre, l'orédant de votre jeûneuse.
09:51C'est parce qu'on le croyait mort qu'il n'y a pas eu d'action judiciaire contre lui.
09:54Avez-vous des charges suffisantes ?
09:56Pas plus maintenant.
09:58Il n'y avait qu'un seul témoin.
10:01Mais accablant.
10:02C'était le secrétaire du ministre.
10:04On l'a retrouvé poignardé dans la rue.
10:06Ce Jibassier sollicite l'honneur d'être réintégré dans la police.
10:11Ce serait un déshonneur pour elle, majesté.
10:13Je ne demande pas la police d'être honorable, je demande d'être efficace.
10:16Mais cet homme n'est qu'un vulgaire bandit.
10:17Peut-être un bandit, mais il n'est pas vulgaire.
10:20Rendre 50 000 francs, vous avouerez que c'est un beau geste ?
10:23Et je ne l'aurais peut-être pas fait moi-même.
10:26Oui, je sais, c'est pour vivre au grand jour, comme tout bon citoyen.
10:31Décidément, le personnage m'amuse.
10:33En Vendée, il m'a fait faire l'économie d'une guerre civile.
10:37Ne pourrait-on pas lui donner un poste marginal dans la police secrète ?
10:42Il peut même prendre le mien si votre majesté tient tellement à lui.
10:45En voyant, j'accale, ne jouons pas les vertus outragés.
10:48Mais nous savons bien tous les deux ce qu'il faut de Roury
10:51pour accéder au sommet où nous nous trouvons.
10:54Si à vos désirs sont des ordres...
10:56Oui, c'est moi qui mène le fiacre.
11:01Le fiacre ?
11:02Je n'aurais pas la prétention d'appeler mon char de l'État un carrosse.
11:07Mais je vous le demande, reprenez Gibassier,
11:11que diable, on ne fait pas la police avec des enfants de cœur.
11:13Et un coquin intelligent me servira mieux qu'un imbécile honnête.
11:18Je m'efforcerai pourtant de le rester aux dettes.
11:21Le solliciteur se présentera ce matin dans la plus humble posture.
11:26Méprisez-le, mais souriez.
11:28Le sourire, jacal, n'engage que celui qui le reçoit.
11:55Monsieur le ministre vous attend.
12:13Permettez-moi de vous dire, monsieur le ministre,
12:17combien je suis ému de me retrouver devant vous.
12:24Oui, j'aimerais que soient oubliés les malentendus qui ont pu exister entre nous.
12:32Oui, je sais bien, je sais bien qu'en toute justice,
12:36je devrais être puni pour certains égarements.
12:46Qu'est-ce que c'est la justice des hommes ?
12:50Voulez-vous me le dire ?
12:53Les mêmes magistrats qui naguèrent sur la restauration
12:55condamnaient les complateurs orléonistes
12:57jugent et punissent aujourd'hui les légitimistes
13:00avec la même intransigeante rigueur.
13:06Les gouvernements nous imposent la justice.
13:09Mais pourraient-ils nous l'imposer
13:11s'ils n'avaient pas d'abord commencé par la violer eux-mêmes pour s'établir ?
13:14Eh oui, eh oui.
13:15La justice est fille.
13:18Et plus elle est violée, plus elle se montre prude et sévère.
13:22Tandis que la police...
13:31Quel corps admirable !
13:35Toujours au service du plus fort, en toute franchise.
13:38Elle, au moins, elle, ne se prétend pas libre et indépendante du pouvoir.
13:44Et c'est ce qui lui épargne toutes les volte-face.
13:57C'est un grand jour pour moi
14:00que celui où je rentre au bercail.
14:05Car par la grâce du roi
14:08et par la vôtre,
14:11je suis réintégré.
14:14N'est-ce pas ?
14:20Je suis réintégré.
14:32Les crétins !
14:34Ils ont un salvateur colonel d'Empire
14:36et après quatre ans de guerre d'Algérie,
14:38je vais le retrouver colonel à Strasbourg.
14:41Pas rapide l'avancement dans cette fichue armée.
14:43Moi qui vais m'engager,
14:45c'est pas de moins que je serai caporal.
14:48Mais j'ai pas le choix.
14:49À Paris, Jibassi a fait la loi
14:51et il ne demandait qu'à m'expédier au balai.
14:54Alors, va pour l'armée.
14:55Si c'est sous les ordres d'un ami.
15:20Regarde.
15:22Rendez-vous.
15:24Regarde.
15:26Rendez-vous.
15:27À l'engagement.
15:29Coupez.
15:31Redoublez.
15:32Redoublez.
15:33Ah, rendez-vous, bonsoir.
15:35Qu'est-ce que vous avez entre les jambes ?
15:36À cadenas ?
15:37En garde.
15:40Voilà.
15:41Rassemblez.
15:53Mon général.
15:54Mon général.
15:56Mon général.
15:58Mon général,
15:59notre ami Fialin
16:00revient de Bâle.
16:02Ah, vous avez vu le prince.
16:04Une boue d'impatience.
16:12N'est-ce pas trop tôt ?
16:14Il n'est jamais trop tôt pour redonner le trône à un bon appart.
16:16Tout est prêt.
16:17L'opinion publique est pour nous.
16:18Je me porte garant de mon régiment.
16:20Le peuple et l'armée porteront Napoléon III sur le trône de son oncle.
16:25Et Valjeuneuse, vous y avez pensé ?
16:29C'est lui, le commandant de l'artillerie.
16:32S'il refuse de marcher avec nous,
16:33le prince Charles demeure à un proscrit.
16:36Ou puis encore,
16:37il sera arrêté et traduit en justice
16:39pour complot contre la sûreté de l'État.
16:42Pourquoi Valjeuneuse refuserait-il de marcher avec nous ?
16:44Lui, un héros de la grande armée.
16:47Hein ?
16:47Parce que c'est une tête de l'art.
16:51Je le connais bien.
16:53S'il a donné sa parole d'officier à Louis-Philippe,
16:55il ne la trahira jamais.
16:57Mais vous ne pensez pas que...
16:58qu'il pourrait se retourner contre nous ?
17:01Comment savoir avec lui ?
17:02Je ne sais pas, moi.
17:04Allez le voir, tâtez le terrain.
17:05C'est indispensable.
17:07Urgentissime.
17:09Soit.
17:11Je vais tâter le terrain.
17:14Mais de la pointe du pied.
17:23Tâtez le terrain !
17:46Le colonel de Valjeuneuse.
17:48Bâtiment en fond.
17:50Merci.
18:16Entrez.
18:18Entrez.
18:20Bien rentré, sergent.
18:23Si vous avez peur d'une fléchette, qu'est-ce que ça sera devant le canon ?
18:25Général Le Prémant demande à être reçu, mon colonel.
18:32Qu'il entre ?
18:36Ah si, c'est bien vrai.
18:37Vous êtes à Strasbourg.
18:39Content de vous voir, mon général.
18:40Je ne t'en prends pas, messieurs.
18:42La vie avec vous sera moins monotone dans cette triste ville.
18:46Pourquoi y êtes-vous venu ?
18:47Je vous le dirai plus tard.
18:50Parlons plutôt de vous.
18:51Comment était-ce en Algérie ?
18:53Plutôt chaud.
18:54Abdelkader nous a donné du fil à retendre.
18:56Vous étiez à Mascara ?
18:58Oui.
18:59Belle victoire.
19:00Et Constantine ?
19:02Belle défaite.
19:04Mon régiment y a été décimé.
19:08C'est pourquoi nous avons été rapatriés.
19:10Et la politique ?
19:12Ah ça, je ne m'en mêle plus.
19:14Même pour rejoindre les amis.
19:16Même.
19:18Un peu de framboise, mon général ?
19:20Ah, volontiers, oui.
19:22Dites-moi, est-ce qu'on joue toujours au Moïcan à Paris ?
19:26Pas seulement à Paris.
19:27C'était plus un gouvernement que nous avons.
19:29C'est un jeu de massacre.
19:31Charles X n'avait en vue que le bonheur de la France.
19:33Louis-Philippe le renverse parce qu'il n'a en vue lui aussi que le bonheur de la France.
19:37Hier, la Duchesse de Berry, où aujourd'hui les Républicains foment des troupes
19:41dans le seul but d'assurer à leur tour le bonheur de la France.
19:44Si la France n'est pas heureuse après toutes ces bousculades,
19:47c'est qu'elle n'a vraiment pas le goût du bonheur.
19:50Mais vous, que faites-vous donc à Strasbourg ?
19:54D'illicite.
19:55Ça, je ne veux pas le savoir.
19:58À part cela, je tiens une salle d'arme.
20:01Il faudrait venir.
20:02Avec plaisir.
20:05Après l'Algérie, la vie doit vous paraître bien calme.
20:09Plutôt froide.
20:10Les mondanités m'ennuyaient déjà à Paris,
20:12alors vous pensez ici, à Strasbourg.
20:15Enfin, heureusement, il y a les chevaux et la forêt toute proche.
20:18Là, au moins, je respire.
20:20Il y a tout de même d'autres distractions.
20:23Je les dévis, nos distractions.
20:25Depuis trois semaines que je trotte sur le même parcours,
20:28j'ai à peu près fait le compte de toutes ces fenêtres.
20:31Du haut de ces jalousies, dix mille prunelles me contemplent.
20:33Des mères qui veulent marier leurs filles,
20:34des filles qui veulent quitter leur père,
20:36des pères qui se demandent si je suis vraiment un bon parti.
20:39Eh bien non, je n'en suis pas un.
20:40Célibataire, je suis. Célibataire, je reste.
20:43Et plutôt que de me laisser prendre au charme de ces petites voies blanches,
20:47j'aimerais encore mieux jouer au billard.
20:49Et Dieu sait si j'ai horreur de ce prétendu délassement.
20:52Je vous demande pardon, général, c'est l'heure de mon cheval.
21:06Alors, à bientôt, général.
21:14Toreau !
21:16Qu'est-ce que tu fais par ici ?
21:17Ah, change d'air. L'air de Paris devenait malsain pour moi.
21:20Je parie que tu as encore joué au méchant républicain.
21:22Il y a un peu de ça.
21:24Et tu viens de cacher ?
21:26Oui, mais pas le même.
21:27Appelle-moi Salvatore.
21:29Tu n'es pas sous mes ordres.
21:30C'est que, justement, je viens m'engager.
21:32Pourquoi faire ?
21:33Pour être votre ordonnance.
21:35Quelle drôle d'idée.
21:37Remarque, il est vrai que tu ne seras jamais aussi bien caché que sous l'uniforme.
21:40Un soldat, c'est un épi dans un champ de blé.
21:43Mais attention, les blés, on les fauche.
21:47Et la moisson s'appelle la guerre.
21:48Je la ferai à vos côtés.
21:51Eh bien, c'est entendu, j'accepte.
21:52À la bonne heure.
22:08Eh bien, qu'est-ce que c'est ça que cette ville-ville ne s'appasse à rien ?
22:25Il faut reconnaître que Sa Majesté Louis-Philippe se conduit en fin politique.
22:30Cette inauguration de l'Arc de Triomphe, à coup de mètre, il ralliait au trône tout ce petit peuple qui
22:36rêva encore de gloire napoléonienne.
22:38C'est ce qui s'appelle tirer la couverture.
22:40Mais cette couverture-là est parsemée d'abeilles.
22:43Le roi pourrait bien se faire piquer.
22:45Oh, pour vos abeilles !
22:48La roche est dispersée et leurs darts sont bien émoussés.
22:51Il y a toujours des bonapartistes.
22:54Ah oui !
22:56Mais où sont les bonapartistes ?
22:58L'un-deux se trouve en Suisse.
23:00Le fils de la Vanortense ?
23:01Oui, le prince Charles Louis-Napoléon.
23:03La bouture !
23:05C'est un greffon sur une branche morte.
23:07Je vous prédis qu'il ne poussera jamais.
23:09Je n'entends plus nos enfants.
23:11J'espère qu'ils sont sages.
23:19Oui, ils sont très sages.
23:32Il est certain que les usines de notre région
23:36supportent depuis quelque temps
23:37un climat de subversion ouvrière
23:40que nous avons tout intérêt à surveiller de près.
23:46Il n'y a pas eu d'incident, que je sache.
23:47Non, non, pas encore, mais
23:50les idées saint-simoniennes et fourriéristes
23:52font leur chemin.
23:54Un chemin qui aboutirait à la République.
23:56Si nous laissions faire...
23:58Mon régiment et celui de Valjeune
23:59suffisent à maintenir leur...
24:01Oui, évidemment.
24:02Mais il vaut mieux montrer sa force
24:04qu'avoir à s'en servir.
24:06C'est pourquoi j'aimerais que
24:07le défilé de l'Assomption au 15 août
24:10soit cette année exceptionnellement riche.
24:13Tous vos lanciers, connaît le Vaudrait.
24:16Et tous vos canons !
24:17Valjeuneuse !
24:18Voilà qui fera plaisir à la Sainte Vierge.
24:22Quelle heure tu préfères, toi, Rosine ?
24:24Colonel de Valjeuneuse.
24:25Moi, le Colonel, votre âne me déplait.
24:27Lui, car c'est un peu vieux pour une fille de 16 ans.
24:29Valjeuneuse, elle les a pas.
24:31Et moi, j'en ai 17.
24:32Mais tu rêves, Rosine ?
24:33Moi ?
24:34Monsieur de Valjeuneuse apparaît-il
24:35une fortune considérable.
24:37De plus, il est bel homme,
24:39ce qui ne gâte de rien.
24:40Il ne manquerait pas à Strasbourg
24:42de situation en rapport.
24:43Il lui faudrait une jeune veuve.
24:45Vous, par exemple ?
24:47Moi ?
24:48Oh, non !
24:49Je n'abandonnerai plus pour aucun homme
24:51ma carrière de chanteuse.
24:52Mais notre chère Olympe,
24:54n'est-elle pas la candidate idéale ?
24:56Jeune, veuve.
25:00Mais pauvre Léonore !
25:02Vous oubliez la situation en rapport
25:04et c'est là le principal.
25:06Qui sait ?
25:08L'amour, quelquefois,
25:09comble les différences.
25:10Je vous en prie, Léonore.
25:21Colonel de Valjeuneuse,
25:23j'ai parié que vous n'aviez pas
25:24plus de 35 ans.
25:26J'ai 70 ans, mademoiselle.
25:31Eh bien, qu'est-ce qui lui arrive ?
25:51Oh, le pauvre enfant, c'est affreux !
25:53Pouffe petite, mais vite, décède du vinaigre !
25:56Mais pourquoi pas de l'huile ?
25:59Rosine, je vous en prie, relevez-vous, vous vous rendez ridicule.
26:02Allez !
26:03Je vous ai tendu hier chez moi, toute la soirée.
26:11Pourquoi n'êtes-vous pas venu ?
26:12Et moi, pourquoi vous aimerais-je telle que vous êtes ?
26:15Puisque vous ne m'aimez pas telle que je suis.
26:18Je ferai ce que vous voudrez, mais venez, je vous en supplie.
26:22On verra cela.
26:41Non !
26:42Te voilà tout de même !
26:44Oh, ne te fâche pas, mon chéri !
26:47Vaudrait, tu l'as vu ?
26:48Oui, celui-là nous est définitivement acquis.
26:51Il bave comme un ourson devant un pot de miel.
26:54Parfait !
26:55Entretient le moral de l'infanterie et l'autre.
26:57L'artillerie !
26:58Oh, Valjeuneuse !
26:59Celui-là, je ne sais pas comment le prendre.
27:01Eh bien, débrouille-toi, c'est pressé.
27:04Je crois que cette gourde d'Olympe est amoureuse de lui.
27:09Ah !
27:10C'est bon, ça !
27:12Et de plus, la mort de son mari, le comte de Riel,
27:15l'a laissé dans une situation pécuniaire embarrassante.
27:24Voilà ce qu'il faudrait faire.
27:25Lui prêtait de l'argent.
27:28Ensuite, nous pourrions la manœuvrer comme nous le voulons.
27:31Je lui ai déjà entreté 10 000 francs sur ma cassette personnelle.
27:37Tu es merveilleuse.
27:39Alors, nous la tenons ?
27:40Oui, nous la tenons.
27:45Moi, conspirer, ça me rend amoureuse.
27:59Et qu'est-ce que c'est que cette vie où il ne se passe rien ?
28:21Vous connaissez la dernière chanson de Béranger ?
28:23Non, je ne la connais pas.
28:24Voulez-vous m'accompagner ?
28:26Volontiers.
28:27Je vous ai apporté la musique.
28:41Oh, quand la pauvre Champagne
28:46eut en proie aux étrangers,
28:51Lui brevant tous les dangers
28:56sans blesser tenir la campagne.
29:02Un soir, tout comme aujourd'hui,
29:08j'entends frapper à la porte.
29:13J'ouvre bon Dieu,
29:16J'ouvre bon Dieu, c'était lui,
29:18suivi d'une faible escorte.
29:24Il s'assoit où me voilà,
29:28s'écriant,
29:31s'écriant auquel guerre,
29:35il s'est assis là, grand-mère.
29:40Il s'est assis là, il s'est assis là.
29:45J'ai faim, dit-il, et bien vite,
29:51je certes qu'il n'était pas un bite.
29:57Puis il sèche ses habits,
30:03même à dormir, le feu l'invite.
30:07Au réveil, voyant mes pleurs,
30:14Il me dit bonne espérance.
30:19Je cours de tous ses malheurs,
30:23Sous Paris, vengé la France.
30:28Il paraît comme un trésor.
30:34J'ai depuis gardé son verre.
30:39Vous l'avez encore, grand-mère.
30:44Vous l'avez encore, vous l'avez encore.
30:49Le voici, mais à sa perte,
30:56Le héros fut entraîné,
31:01Lui qu'un pape a couronné,
31:06Et mort dans une île déserte.
31:12Où tant aucun ne l'a cru,
31:16On disait, il va paraître.
31:22Par mer, il est à couron.
31:27L'étranger va voir son maître.
31:32Qu'en erreur, on nous dira,
31:37Ma douleur fut bien amère.
31:42Dieu vous bénira, grand-mère.
31:47Dieu vous bénira.
31:50Dieu vous bénira.
31:54Belle chanson, n'est-ce pas ?
31:57C'est un vrai cri d'amour pour lui.
32:03Monsieur Béranger a bien du talent.
32:07C'est comme un rat de marée qui soulève la France.
32:10Il aurait suffi que Napoléon II se présente à la frontière
32:13Pour que le peuple entier lui tende les bras.
32:16Hélas, il est mort.
32:19Un autre le remplacera.
32:22Le prince Louis Napoléon, vous y croyez, vous ?
32:26Il le faut, ma chérie. Notre fortune en dépend.
32:29Notre fortune ?
32:32Pourtant, vous avouez, cher Olympe,
32:35je n'ai pu vous rendre de petits services financiers
32:37que grâce à la complaisance de puissants amis bonapartistes convaincus.
32:43Vous auriez dû m'en avertir ?
32:46Le vol à débitrice de gens que je ne connais pas ?
32:49Ne me grondez pas.
32:50Je vous apporte la possibilité de retrouver vos biens.
32:54Vous reprendrez quand nous aurons gagné votre rang de noblesse.
32:56Plus grand encore que celui d'avant.
32:59Faites-moi confiance, Olympe.
33:01Vous n'avez rien à perdre.
33:03Et tout à gagner.
33:09Qu'attendez-vous de moi, au juste ?
33:15Le colonel de Valjeuneuse vous intéresse ?
33:19Qu'est-ce qu'il peut vous donner à penser ?
33:21Ne vous frassez pas.
33:24Une femme en remarque, ces choses-là.
33:29Ne suis-je pas votre amie ?
33:31Attentive à tout ce qui vous touche ?
33:37Je ne crois pas l'intéresser.
33:41Beaucoup nous changerait cela.
33:43L'homme semble d'accès difficile, je vous le concède.
33:47Raison de plus pour vous piquer au jeu.
33:58Quatre heures.
34:00C'est à peu près l'heure à laquelle le colonel revient de sa promenade.
34:10Observez bien le manège de Rosine.
34:16Le beau dîner brefait au moins une victime.
34:20L'empire l'appétit.
34:22Quel dommage.
34:25Si vous vouliez de vos conseils.
34:28Ah non, certainement pas.
34:32Rosine ?
34:33Rosine ?
34:36Venez me voir.
34:43Pourquoi ne faites-vous pas du cheval vous aussi ?
34:46Petite Rosine ?
34:55Merci madame.
34:58Merci madame.
35:16Merci madame.
35:34Il ne fallait pas prendre cette peine mademoiselle.
35:36Mon ordonnance aurait ramassé votre chapeau.
35:46c'est bien.
35:48Ah!
35:50Oh!
35:51Oh là là !
35:53Eh bien Rosine, cette promenade...
35:57Piteuse, ma tante.
35:59Piteuse et mémorable.
36:04Oh, le mufle.
36:06Mon coucher.
36:08On a bien eu tort, ma tante, de me conseiller ses promenades.
36:11Vous ne vous êtes pas fait mal, au moins.
36:13C'est pire.
36:15Je me suis fait honte.
36:17Je suis tombée devant lui sans qu'il d'aille faire le moindre geste.
36:20Il n'est pas très gallant.
36:22J'aurais voulu rentrer sous terre.
36:26C'est un homme étrange.
36:28On dit que son cœur bat encore pour une ancienne maîtresse morte.
36:33Pourquoi ne pas l'avoir dit ?
36:35Je ne suis pas taille à lutter contre une ombre.
36:37Au contraire, ma chérie.
36:39C'est maintenant qu'il faut vous battre.
36:41L'amour est un tournoi où le vainqueur n'est pas toujours le plus fort,
36:45mais le plus adroit, le plus rusé, le plus patient.
36:50Pas le plus ridicule.
36:52Je ne m'y risquerai plus, je vous le jure.
36:55Eh bien, n'en parlons plus.
36:58À ma place, oseriez-vous vous remontrer à lui après ce qui m'est arrivé ?
37:02À votre place, je ne laisserai pas échapper un homme fidèle à ses souvenirs.
37:06C'est ce qu'il y a de plus rare au monde.
37:08Il finira par me trouver insolente.
37:11Qu'en pensez-vous, Olympe ?
37:16Une jeune fille peut se permettre des élans.
37:20Ses maladresses même ont du charme.
37:23Et la vie finit toujours par gagner.
37:26Vous le pensez vraiment ?
37:29Que ne vous êtes bonne, ma tante, de me redonner du courage.
37:57Etant à l'âme de Riel, comment se débrouille-t-elle ?
38:00Si je n'étais pas là, elle ne ferait pas grand-chose.
38:02J'essaie de lui amener Valjeuneuse par le truchement de sa nièce.
38:07Si je comprends bien, la gosse vous sert d'apport.
38:09Oui, mais le gibier ne se presse pas d'immordre.
38:12Il ne faudrait pas que ça traîne.
38:14On s'impatiente en Suisse.
38:16S'il voulait se contenter d'un colonel.
38:18Sûrement pas, l'autre nous tomberait dessus.
38:20Au fait, n'as-tu pas dit que Mme de Riel faisait régulièrement de l'escrime ?
38:24C'est le seul passe-temps qu'elle se permette.
38:26Elle tire à la salle d'armes de Prémont.
38:30C'est un contact possible.
38:33Il faudrait que Vaudrey s'en charge.
38:36Ah oui, Vaudrey.
38:38Il me suffira de lui accorder un morceau de sucre à mon petit toutou.
38:41Oh, tu me mets mon genou.
38:43Oui, oui, mais je ne veux pas te mettre en retard.
38:49Regarde.
38:50Rendez-vous.
38:52Regarde.
38:53Rendez-vous.
38:55À l'engagement.
38:57Coupez.
38:59Redoubler.
39:00Redoubler.
39:01Redoubler.
39:01Qu'est-ce qui m'a fichu ce fantassin ?
39:04Oh, votre jeuneuse.
39:06Bonjour, général.
39:07Vous en avez mis du temps à me rendre ma visite.
39:09Vous connaissez ?
39:10Un peu, oui.
39:12La première fois où nous nous sommes rencontrés, c'était sur la glace.
39:15Ce jour-là, la Bérezina nous a semblé bien large.
39:18Ce sont des choses qui ne s'oublient pas.
39:20Ce qui importe, c'est d'être tous bien vivants.
39:22Prêts pour d'autres aventures.
39:26Voulez-vous tirer avec moi, ma jeuneuse, pour voir où vous en êtes ?
39:28Volontiers, mais oui, vous savez, c'est plutôt le sardre.
39:31C'est le poignet qui importe.
40:07Très bien.
40:10Un peu raide, Quentin.
40:12J'aimerais vous opposer à l'un de mes bons élèves.
40:15S'il vous plaît, cher ami.
40:25Voulez-vous faire assaut avec monsieur de Valjeuneuse ?
40:32Volontiers.
40:36Je n'ai pas l'habitude de tirer avec un adversaire dont je ne connais pas le visage.
40:41Voulez-vous que ce soit l'enjeu de notre assaut ?
40:44Vaincu, je me montre.
40:46Vainqueur, je me garde.
40:48D'accord ?
40:49Allez-y.
41:09Touché.
41:25Touché.
41:38Touché.
41:57Touché.
42:12Touché.
42:24Touché.
42:25Touché.
42:26Qui est-ce ?
42:27Mme la comtesse de Rueal.
42:30Une fine lame, n'est-ce pas ?
42:35Excusez-moi.
42:38Mais pourquoi ne s'est-elle pas démasquée ?
42:41Elle a pourtant des yeux superbes.
42:43Mon cher, je vous dirais bien que c'est la plus belle de Strasbourg,
42:47mais je craindrais d'offenser une autre beauté qui m'accorde une partie de son.
42:52Alors c'est une originale ?
42:54Oh, si le fait d'être digne, réservée, élégante,
42:59de la prêter à la médisance, c'est être originale, alors vous êtes originale.
43:03C'est là, la femme du comte de Rieul.
43:06Ils sont mariés, morts il y a quatre ans, du choléra.
43:09Du choléra ?
43:11Et depuis ce moment-là, depuis quatre ans, son chagrin dure encore.
43:15C'est pas raisonnable.
43:17D'autant plus qu'avec le maigre héritage qu'il va laisser,
43:20comment voulez-vous qu'elle entretienne un chagrin pareil ?
43:23Non, croyez-moi, aux couronnes des rosières,
43:26qui ont moins de vertu que cette jeune veuve.
43:41Sous-titrage Société Radio-Canada
44:23Encore à terre ? Décidément, c'est une manie.
44:25Ok, vous, monsieur, aidez-moi.
44:29J'ai peur de m'être cassé la jambe.
44:31Je relance là.
44:42C'est pourtant vrai.
44:44Mais qu'est-ce que vous faisiez encore là ?
44:45Est-ce que vous m'occurrez ?
44:48Taureau, viens m'aider.
44:50La petite est blessée.
44:51Allez, accrochez-vous.
44:54Doucement.
45:01Ouvrez ! Ouvrez vite !
45:08Oh, mon Dieu, un accident.
45:10Madame, une jambe cassée, madame.
45:12Mon ordonnance est d'aller prévenir votre médecin.
45:14Mais comment est-ce arrivé ?
45:15Elle est tombée de cheval.
45:17Attention !
45:18Vous êtes sûre qu'il n'y a rien d'autre ?
45:20Je ne le pense pas.
45:22D'ailleurs, le médecin vous le dira mieux que moi.
45:28Je n'aurais jamais dû la laisser monter à cheval.
45:30Elle est si maladroite.
45:32Je suis désolée, ma tante.
45:34Je vous en prie, Rosine.
45:35C'est à moi de l'être.
45:37Soyez tranquille, ma chérie.
45:39Vous serez bien soignée.
45:40Je ne vous quitterai pas d'une seconde.
45:42Monsieur de Vagineuse, vous m'avez sauvée la vie.
45:45Je vous en serai tellement reconnaissante.
45:48Je vous en prie, mademoiselle.
45:49N'importe quel passant, à ma place, vous aurez secourue.
45:54Viendrez-vous prendre des nouvelles de la pauvre Clopée ?
45:57Bien sûr.
45:59Avec votre permission, madame.
46:01Puisqu'elle vous le demande.
46:03Revenez demain, s'il vous plaît.
46:05Pas si tôt, Rosine.
46:07Monsieur de Valjeuneuse a bien autre chose en tête, n'est-ce pas ?
46:13Colonel ?
46:14Ne serait-ce que maintenant, madame.
46:16Mes officiers m'attendent pour le rapport.
46:19Courage.
46:29Merci encore.
46:30Colonel.
46:37L'autre jour, à la salle d'armes, vous m'avez laissé sur une cuisante défaite, madame.
46:40J'y suis retourné le lendemain et le jour suivant dans l'espoir d'une revanche.
46:44Hélas, vous n'étiez pas la plomb à donner.
46:46Monsieur, je suis en deuil, mais je sors peu.
46:49Après quatre ans ?
46:50Ne peut-on regretter un être cher toute sa vie ?
46:53Oui, certainement, mais tout de même, une vie, c'est long.
46:59Alors, à quand ma revanche ?
47:03Si vous voulez, nous en conviendrons lors de la visite que vous avez promise à Rosine.
47:09Mais serez-vous là ?
47:11Il le faudra bien, puisque je vais être sa garde malade.
47:38Que ces violettes vous vont bien, chère madame.
47:41J'aimerais que ces fleurs deviennent à la mode sous le Second Empire.
47:45Ce n'est pas à moi qu'elles ont été offertes.
47:47Du moins, pas directement.
47:49C'est lui qui les a apportées ?
47:50Oui, à ma nièce.
47:53Il vient la voir trois fois la semaine pour lui tenir compagnie.
47:57Un jour, il lui apporte un bouquet, la fois suivante, une poupée.
48:02Il est vrai que Rosine est encore entre l'âge des fleurs et des jouets.
48:08J'ai cru comprendre que ces violettes m'étaient destinées.
48:11Sans doute.
48:12Mais qu'attend-il pour se déclarer franchement ?
48:14Je ne lui en laisse guère l'occasion.
48:16Aussitôt qu'il arrive, je me retire dans la chambre.
48:19Tout cela est très beau, mais nous ne l'avançons pas.
48:20Mais monsieur, je vous en prie.
48:21Mais oui, cher Olympe.
48:23Il serait temps de passer au second acte de notre comédie.
48:26Le premier a parfaitement réussi.
48:28Voyons la suite.
48:29Vous vous trompez, Léonore.
48:31Pour moi, ce n'est pas un jeu.
48:32Mais tant mieux, si vous aimez monsieur de Valjeuneuse.
48:34C'est au bénéfice.
48:35Mais il ne faudrait pas que cet amour vous rende pudibonde
48:37au point de laisser passer votre chance.
48:41Mais vous voulez me rendre méprisable ?
48:43Non.
48:45Allons, pas de grands mots.
48:47Que vous soyez troublée en sa présence,
48:49c'est certainement d'un heureux effet.
48:51Mais vous gâchez tout en prenant la fuite.
48:53Vous devez au contraire pousser vos avantages.
48:56Bien qu'à son insur, Olympe n'a parfaitement rempli son rôle
48:59en amenant l'homme chez vous.
49:01À vous de jouer maintenant.
49:04Avec le temps presse, madame.
49:06Le prince prévoit d'entrer en France avant la fin du mois.
49:09Attendez, je préfère ne plus vous entendre.
49:11Ne comptez pas sur moi.
49:14Je ne suis ni habile, ni tortueuse.
49:17Je crainerai de vous faire du tort par mes maladresses.
49:20Mais c'est en nous abandonnant que vous nous feriez du tort.
49:22Un tort considérable.
49:25Nous serions obligés
49:27de vous garder rancune.
49:29Nos amis vous ont rendu service.
49:31Ne soyez pas ingrate.
49:38Quand je pense qu'à cause de moi,
49:40ma pauvre Rosine s'est cassée la jambe.
49:42Vous nous avez dit que déjà elle circulait avec des béquilles.
49:44Dans huit jours, on lui ôtera son plâtre
49:46et tout sera terminé.
49:47Allons, madame Doriole.
49:49Ne nous énervons pas.
49:50Nous sommes de grandes personnes.
49:53Alors voyons les choses calmement
49:56et lucidement.
49:59Asseyez-vous.
50:00Je vous en prie.
50:08Une tasse de thé.
50:14Et maintenant,
50:16la guerre d'Algérie en douze tableaux
50:18coloriés au pochoir
50:19par l'illustre imprimeur Pèlerin d'Épinal.
50:23Tout d'abord,
50:26le coup d'éventail du dé d'Alger
50:28au consul de France.
50:34Ensuite,
50:36le bombardement des forts d'Alger
50:38par la flotte française.
50:44Le débarquement de nos troupes.
50:47La prise d'Alger.
50:51Le dé capitule.
50:53Les couleurs sont belles.
51:01Voulez-vous mettre le feu à la maison ?
51:03Ma tante ne vous le pardonnera pas.
51:06Voilà.
51:07Mesdames et messieurs,
51:08la séance est terminée.
51:10Une petite pièce dans le chapeau,
51:11en partant, s'il vous plaît.
51:12L'artiste ne vit que de son travail
51:13et de la charité publique.
51:16Mademoiselle est-elle satisfaite ?
51:17Et vous, monsieur, êtes-vous ?
51:19Mais certainement.
51:20Vous m'étonnez,
51:21car vous avez regardé l'ordre
51:22plus de dix fois
51:23dans l'espoir de voir revenir
51:24madame Doriel.
51:25Car c'est pour elle
51:26que vous êtes ici.
51:27N'essayez pas de me tromper.
51:29Vous êtes de ces soupirants
51:30qui, pour plaire à leur maîtresse,
51:31commencent à caresser
51:32leur petit chien.
51:32Rosine, ma petite fille.
51:33Allez, c'est moi.
51:35Vous me plaisez avoir en moi
51:36qu'une petite fille.
51:37C'est pour mieux vous réserver.
51:39Allez-vous-en,
51:40je ne vous aime plus.
51:42Voyons, Rosine.
52:00Vous l'avez pleuré ?
52:05Nous ne la plaignons pas trop,
52:07madame.
52:08Ce n'est qu'une giboulée
52:09de printemps.
52:10Demain,
52:11elle rira à travers ses larmes.
52:18Mais moi...
52:38je suis là devant vous
52:40comme un adolescent créatif.
52:45C'est si fou,
52:46monsieur de Valjeuneuse.
52:48il ne faut pas.
52:51Mais pourquoi ?
52:53Vous ne serez pas toujours veuves.
52:57J'étais comme vous.
52:59Et il m'a suffi
53:00de vous rendre rentrée
53:02pour oublier le passé.
53:09Et je vous en suis reconnaissant.
53:12Grâce à vous, je revis.
53:16Olympe.
53:17Non, non,
53:17je ne dois pas vous écouter.
53:19Je vous en supplie,
53:20ne regardez plus derrière.
53:21Mais ce n'est pas le passé
53:22qui nous sépare,
53:23c'est le présent.
53:31Que voulez-vous dire ?
53:33Rien.
53:36Laissez-moi s'il vous plaît,
53:37et j'ai besoin d'être seule.
53:41Vous me chassez.
53:46Il ne faut plus revenir ici.
53:48Votre présence
53:48ne peut qu'entretenir
53:49le chagrin de Rosine.
53:56J'ai besoin de vous revoir, moi.
54:01Tenez, demain matin,
54:02j'irai me promener.
54:03Vous montrerez cheval.
54:06J'aimerais l'avoir
54:07sur un autre terrain.
54:12Un jour, peut-être.
54:16Nous nous connaîtrons mieux.
54:19C'est une promesse.
54:21Oui.
54:23Non.
54:26Je ne sais pas.
54:32Partez maintenant.
54:33Je ne veux plus rien vous dire.
54:34Je ne veux plus rien entendre.
54:48Je ne veux plus rien entendre.
54:49On est là,
54:49mais confirmé...
54:49...
55:19...
55:49...
55:51...
55:53...
55:54...
55:56...
55:57...
55:58...
56:00...
56:00...
56:02...
56:05...
56:07...
56:07...
56:07...
56:08...
56:08...
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