Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 10 heures

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Musique
00:30Musique
01:15Nous n'ignorons pas, monsieur le Président, que le vol à l'étalage est la plaie des grandes surfaces.
01:20Mais encore faut-il distinguer ceux qui en font un métier de ceux que la tentation effleure et qui n
01:26'y résistent pas, plus par défi que par vice.
01:30Mon client est-il un voleur ? A-t-il un casier judiciaire ? Non !
01:34Parce que c'est la première fois que je me fais piquer.
01:39Peut-on appeler ça un vol ?
01:41Pardon de vous interrompre, maître. Qu'entendez-vous, Paul Taverna, par c'est la première fois que je me fais
01:46piquer ?
01:47Ça me paraît clair. Ça fait dix ans que je barbote dans les grandes surfaces et jusqu'à maintenant, personne
01:53ne m'a pris la main dans le sac.
01:55Ça va pas, non ?
01:56Moi, ça va très bien.
01:59Continuez, maître.
02:01Défi, ai-je dit. Mais la réflexion que nous venons d'entendre n'en est-elle pas l'illustration ?
02:06Défi, oui. Révolte contre la société de consommation. Révolte ici même dans cette enceinte contre la justice.
02:13Bravade ! Mais ne confondez pas, monsieur le Président, Cyrano et Mandrin.
02:17Les prisons déjà surchargées n'ont que faire de délinquants qui ne veulent que se prouver à eux-mêmes qu
02:21'ils existent.
02:22Je demande d'assortir le mois de prison que réclame le procureur du sursis parce que je sais, parce que
02:29vous savez qu'il ne recommencera pas.
02:32Je vais me gêner, tiens.
02:35Vous en avez terminé, maître ?
02:38Oh oui.
02:41Le tribunal a tendu que Paul Taverna...
02:47Je suis en retard ?
02:49Si c'est pour le temps de 10h12, tu n'es plus en retard, mais tu commences à l'aide
02:52pour celui de 11h48.
02:54Je trouvais que vous m'épartition.
02:55Comment, comment ? Elles n'étaient pas dans la salle de bain ?
02:58Mais non, justement. Elles étaient à leur place.
03:00Oh évidemment, si on fait tout pour te contrarier...
03:15À quelle heure joues-tu ?
03:17À 17h30.
03:19Mais j'ai répétition à 16h.
03:21Et toi, qu'est-ce que tu vas faire ?
03:23Les couturiers.
03:25Je vais chercher la femme du ministre de la Culture du Mozambique.
03:28Alors je suis bon pour Poireté Avenue Montaigne jusqu'à je ne sais quelle heure.
03:33C'est bien veillé ?
03:34C'est le ministère des Affaires étrangères qui me paie.
03:38Alors tu sais l'administration ?
03:42Allô, oui ?
03:43Oui, bonjour.
03:45Mais qu'est-ce qui se passe ?
03:47Fais vite, Julien, j'en supplie.
03:49J'espère qu'il n'y a pas de piège.
03:50Non, non, avec Julien, vous pouvez avoir confiance.
03:52J'ai confiance en personne, même pas en moi.
03:54Non, il est peut-être encore temps d'arrêter cette folie.
03:56Non, je dois aller jusqu'au bout.
04:06Pour que Françoise m'appelle comme ça, il faut que ce soit grave.
04:09Je te jure qu'avec la voix qu'elle avait, c'était pas une plaisanterie, je la connais.
04:13Mais je sais que tu la connais.
04:14Oh, Anne, je t'en prie.
04:16Non, mais si elle est en danger, faut y aller, hein.
04:19C'est normal.
04:21Moi, mon concert, c'est pas grave, on fera une annonce.
04:24Dès qu'on saura de quoi il s'agit, je te raccompagnerai, même à Blois, s'il le faut.
04:30Avoue quand même que c'est bizarre, non ?
04:33Tu la vois plus maintenant que quand tu étais marié avec elle.
04:36Ah, c'est vrai.
04:39D'autant plus que la dernière année de mon mariage avec elle, j'étais toujours avec toi.
04:44Bah...
05:16Je vous préviens, si il y a la moindre entourloupe, je vous aurais deux morts sur la conscience.
05:21Elle d'abord et moi ensuite.
05:24Reculez.
05:24Reculez, laissez le passage.
05:36Oh, merci, Julien.
05:37Oh, je t'en prie. Tu peux m'expliquer ?
05:39Oh, non, non, c'est lui qui va t'expliquer.
05:41Bonjour, Anne.
05:42Écoutez, si je te demande pardon, je sais plus quoi faire.
05:44Dis-Marie !
05:45Nous allons.
05:46Roulez toujours, je vous dirai après.
06:01Vous voyez que c'est pas d'autre faute, hein.
06:03On a rien pu faire, hein.
06:06Oui, il est très fort.
06:07Mais nous, on le connaît.
06:09Il n'est pas assez malin pour nous échapper.
06:13Arrête le magnétoscope.
06:16Reviens en arrière.
06:21En avant, maintenant.
06:25Stop !
06:28Tu vois le numéro minéralogique de Lawrence ?
06:30Ben oui.
06:31Note-le.
06:35T'as toujours tes entrées à la préfecture, non ?
06:37Ben oui, patron.
06:40Ah, ça, j'avoue, j'y aurais jamais pensé.
06:42Ça prouve que nous sommes complémentaires.
06:44Si tu pensais, à quoi je servirais ?
06:46Allez au travail, cette fois, on me tient.
06:57Allô, Émilie ?
06:59Nous l'avons paier et ça va être à vous de jouer.
07:02Ah oui, exactement ce que nous avons décidé ensemble.
07:05Vous avez un crayon ?
07:07Alors, notez.
07:08Nous vous parlions dans notre précédent flash de la prise d'otages du palais de justice.
07:13Voici un appel d'Émilie Taverna, la mère de Paul Taverna, l'homme qui retient actuellement les trois otages.
07:18Paul, tu m'entends ? Je suis certaine que tu m'entends.
07:22Tu peux pas me faire ça ? Je ne reconnais plus mon fils.
07:25Écoute ta maman, je t'en supplie, mon petit Paul.
07:27Libère ces pauvres gens.
07:29Il ne te sera fait aucun mal.
07:30Tes amis et moi, ils veilleront.
07:32Je te le promets.
07:33Paul.
07:33Non !
07:34Tu m'as bien écouté ?
07:35Faut absolument que j'aille en prison.
07:36Et tout de suite, vous pourriez peut-être vous fatiguer un peu la tête pour avoir une idée, au lieu
07:40de gémir.
07:41Si vous croyez que ça m'amuse de vous avoir comme otage.
07:43Oh, dut.
08:01Sous-titrage Société Radio-Canada
08:14Et qui est G dans la voiture ?
08:16Non.
08:17On se dit que toutes les polices de France recherchent.
08:20Le preneur d'otage au palais de justice.
08:22Le mec qui a braqué son avocate ?
08:24Ah oui, ils l'ont dit aux infos, il s'est barré dans une Rolls.
08:27C'est celle-là ?
08:28Oui.
08:29Ah ben dites donc, c'est pas de chance pour vous.
08:32Alors je me suis dit...
08:33Oui ?
08:34Puisque de toute façon il ira en prison, autant qu'il y se le tout de suite.
08:38Ah, c'est pas bête comme idée.
08:41C'est même logique.
08:42Et alors ?
08:43Ben alors si vous le voulez, il est à vous.
08:47Hé hé hé hé hé hé.
08:48Ah ben vous savez que vous êtes marrants, vous ?
08:50Vous avez vu ça ?
08:52On est en grève.
08:53Alors les prisonniers condamnés, ils n'entrent pas.
08:56Les prisonniers libérés, ils sortent pas.
09:00Lui, il n'est pas condamné.
09:03Alors, on prend pas les inscrits.
09:05C'est pas pour prendre des clandestins.
09:09Excusez-moi de vous avoir dérangé.
09:11Non mais de rien mon bon monsieur.
09:14Puis, ayez pas de regrets.
09:15Si on n'avait pas été en grève, ils seraient pas rentrés non plus.
09:19Ici, c'est une prison.
09:20C'est pas un meublé.
09:24Ah non mais quelle époque.
09:30Ils n'ont pas voulu.
09:32Non.
09:33Je te l'avais dit.
09:34On peut vraiment compter sur personne dans ce pays.
09:36Chacun pense qu'à soi.
09:40Si c'est la police, vous me l'est passé.
09:44Mais pas qu'est-ce que tu fous ?
09:46Ça fait deux fois que le ministère des affaires étrangères téléphone.
09:50La femme du ministre attend à son hôtel.
09:52Et il y a du juif dans l'air.
09:54Je suis coincé, figure-toi.
09:56Sinon, c'est peut-être indiscret, mais t'es avec qui là ?
09:59Avec ma femme et Françoise et un client.
10:03Qui veut pas me lâcher.
10:05Bon alors qu'est-ce que je fais avec le ministère, hein, moi ?
10:07Parce que là-bas où Anna la brasse en hôtel, elle va tout casser.
10:11Eh ben tu prends l'autre voiture et tu y vas à ma place.
10:15Ah ah ah, c'est beau ça.
10:16J'ai pas que ça à ferme, je travaille.
10:19Alors sous prétexte que monsieur promène ses femmes,
10:22moi j'en ai qu'une de femme.
10:23Et je la sors que le dimanche.
10:25Et encore.
10:26Eh, dis donc, t'as pas écouté la radio ?
10:28Ben non, pourquoi j'aurais dû ?
10:30Aujourd'hui, oui.
10:31Salut.
10:36Fredo, tu m'allumes la radio ?
10:39Oui, le poste.
10:40On appelle ça une radio aussi.
10:46Lors du prochain conseil des ministres...
10:48Ah, excusez-moi, un fait nouveau dans la prise d'otages du palais de justice.
10:51On connaît maintenant l'identité des otages.
10:54Il s'agit de Julien Duvernois, chauffeur de grande remise.
10:58Son ex-femme, maître Françoise Garcin,
11:01qui se trouve être justement l'avocate de Poltaverna.
11:04Et la seconde femme de Duvernois, une violoncelliste.
11:08La présence de l'avocate...
11:09Il aurait pu dire Anne Duvernois, violoncelliste de talent.
11:12Ça n'y aurait pas écorché la bouche.
11:14Il semble difficile de penser qu'il n'y ait là qu'une coïncidence.
11:18Et bien que l'inspecteur Occivieri, chargé de l'enquête,
11:20fasse toute réserve à ce sujet,
11:22il envisage sérieusement qu'il puisse s'agir d'un canular.
11:25Un canular ?
11:27Mais qu'est-ce qu'il faut faire dans ce pays pour aller en tôle ?
11:29Il est certain que maître Garcin aura des comptes à rendre à son bâtonnier.
11:33Lorsque l'on aura découvert dans quel but on a voulu ridiculiser la justice et la police.
11:38Oh, ça c'est la meilleure.
11:40Non, non, mais alors, commise d'office, ça ne me rapporte pas un rond,
11:42je me retrouve au tâche et en plus soupçonné de complicité.
11:45C'est le plein d'emmerdement avec vous.
11:47Oh, plaignez-vous, ça vous fait de la pub ?
11:48Ben voyons.
11:49Si je suivirai pendant un an, c'est vous qui me nourrirez.
11:52Mais enfin, si vous vous expliquez franchement,
11:54qu'est-ce qui vous pousse à vouloir aller en prison à tout prix ?
11:59Vous vous y êtes fait des amis ?
12:00Vous êtes mariés ?
12:02C'est votre femme qui vous embête ?
12:03Oh, ah, non.
12:05J'ai connu un cas comme ça, un bassiste.
12:07Mais puisque je vous dis que je n'ai pas d'autre alternative,
12:09pour moi c'est la prison ou la mort.
12:11Vous êtes sûr de ne pas forcer un peu, là ?
12:13Les deux flics à Miami, Colombo,
12:16les feuilletons américains au dos, ça monte à la tête ?
12:18Non, je sais ce que je dis.
12:19La prison ou la mort.
12:21Et moi je suis décidé pour la prison.
12:35Bonjour, monsieur.
12:37Le plein, s'il vous plaît.
12:47Pousse pas que je te descends, ton fric.
12:51Allez-y, servez-vous.
12:55Excusez-moi d'avoir si peu.
12:57J'ai déjà été braqué, mais une Rolls, c'est la première fois.
13:01Bon, et maintenant, appelle les flics.
13:02Oui, forcément, dès que vous serez partis.
13:04Non, tout de suite !
13:05Vous croyez ?
13:07Mais ça c'est quoi ? C'est un flague.
13:08Et ça, c'est ton pognon.
13:10Donc c'est un hold-up.
13:11Voilà.
13:12Alors maintenant, tu appelles les gendarmes
13:13et tu leur racontes ce qui se passe.
13:15Et tu traînes pas, parce que je suis pressé.
13:22La gendarmerie ?
13:26Il n'a rien plus d'autre.
13:27Non, non, non.
13:28Alors voilà ce que je dois pour le plein
13:31et puis le service pour le dérangement.
13:33Merci.
13:34Depuis qu'il était braqué, il a des crises.
13:36On le soigne, mais ça lui reprend de fois en temps.
13:38Vous n'êtes pas raisonnable.
13:39Monsieur a eu peur.
13:40Non, même pas.
13:42Il a l'air plus malheureux que méchant.
13:44Dites-moi, est-ce que le revolver est chargé ?
13:47Chargé ?
13:48Mais c'est un jouet.
13:49Vous avez vu comme c'est bien imité.
13:51Ils font des choses fantastiques pour les enfants.
13:54Au revoir, monsieur.
13:54Excusez-nous.
13:55Allez, venez, venez.
14:00C'était pourtant un bon moyen.
14:02Sans intérêt.
14:03Il y avait combien dans la caisse ?
14:04600 francs.
14:05600 francs.
14:06Pendant quinze jours, vous étiez dehors.
14:07Allez vous asseoir.
14:14Oui ?
14:15L'obligation à comprendre.
14:29Allô, 45-71-23 ?
14:31Monsieur Duvernois ?
14:33Lui-même.
14:34Un ami m'a donné votre téléphone.
14:35Je rejoins de vous à la fin de la semaine prochaine.
14:37Vous êtes libre ?
14:38Il faudrait que vous me rappeliez chez moi.
14:40Vous avez mon téléphone personnel ?
14:43Oh, non.
14:44Je vous entends très très mal, brusquement.
14:46Vous devez être en limite de votre zone de couverture.
14:49Oh, pas du tout.
14:51Je suis à 100 kilomètres de Paris.
14:53Et moi je vous reçois 5 sur 5.
14:55Ah, ça va mieux là.
14:57Et où vous êtes, vous dites ?
14:59Je suis sur la Nationale 824 à 20 kilomètres de...
15:05Sont-eux.
15:06J'ai reconnu la voie de Niraq.
15:08Bon, ils sont par là.
15:10Faudrait les intercepter avant qu'ils ne se trouvent une planque.
15:13Mais ils ont beaucoup d'avance.
15:14Oui, c'est pourquoi il faut voir le problème de plus haut.
15:17Mande à Martial, moi je m'occupe d'Emilie.
15:19On y va.
15:19Mais calme, hein ?
15:21Vous lui faites peur.
15:23Faites pas de bobos.
15:24Mais peur ou très peur ?
15:25À vous de juger, mais vous me le ramenez un tas que j'ai besoin de lui.
15:28Et en bon état.
15:35Bon, je crois qu'on a assez joué.
15:39Vous nous racontez votre histoire et on voit ce qu'on peut faire pour vous.
15:42Ou on vous plante là et chacun rentre chez soi.
15:49Oh, ça n'est peut-être pas aussi grave que vous l'imaginez.
15:52Parfois, on se fait une montagne d'une chose sans importance.
15:55Oh, tenez, vous allez rire.
15:57Une fois, en plein concert, mon décolleté s'est mis à glisser.
16:00Anne.
16:00Et j'ai bien cru que...
16:02Oui, ça n'a aucun rapport.
16:04Vous nous prenez un otage, vous braquez un pompiste
16:07et quand on vous dit qu'on va vous aider, vous faites la gueule.
16:10Alors ?
16:11Bon.
16:13Je dois d'abord vous dire que je suis graveur sur cuivre.
16:16L'illustrateur m'apporte son dessin et je fais une planche.
16:19J'ai une certaine réputation dans mon métier.
16:21Au point que beaucoup de grands artistes ne veulent passer que par mois.
16:25Il y a deux mois, j'étais au jardin d'acclimatation avec ma mère.
16:28Comme tous les dimanches matins.
16:30Oui, il faut vous dire que je passe tous mes week-ends avec elle.
16:34On a la même passion.
17:06Sous-titrage MFP.
17:09Sous-titrage MFP.
17:40Non, mais vous êtes malade ou quoi ?
17:41Je suis désolé, je n'ai pas pu résister.
17:44Un bateau marchant hors de tout convoi, sans protection aérienne,
17:48c'est trop tentant.
17:50Mais je vous le remplacerai, bien entendu.
17:52C'est le bateau de maman.
17:53Ah, ah.
17:54Paul, qu'est-ce qui s'est passé ?
17:56Un mauvais réflexe, madame.
17:58Une erreur dont je vous prie de m'excuser
17:59et que j'entends bien réparer.
18:02Je me présente, Louis Nérac.
18:05Vous êtes un camarade de jeu de mon fils.
18:07Pas du tout, je ne l'ai jamais vu.
18:08C'est la première fois que vous venez.
18:10Je connais tous les habitués ici.
18:12Alors, qu'est-ce qu'on fait pour mon bateau ?
18:15C'était un porte-container, ça vaut très cher.
18:17Je vous en offrirai un plus beau, madame.
18:19Un bateau de croisière, à deux ponts.
18:22Avec une piscine.
18:23Évidemment.
18:25Et si vous le permettez, je vais vous raccompagner chez vous avec votre fils.
18:27Non, non, c'est inutile, on n'a pas besoin de vous pour rentrer.
18:29Et comme c'est l'heure du déjeuner, je vous invite pour me faire pardonner.
18:33Non, maman.
18:33Non, Paul.
18:35Si ce monsieur nous invite, ce serait discourtois de refuser.
18:38C'est trop gentil.
18:40Nous acceptons.
18:47Et nous voilà donc au restaurant, tous les trois.
18:49Ma mère, n'arrêtant pas de faire ma publicité,
18:51de raconter que j'avais des mains en or,
18:53sans signer de la gravure, etc.
18:57Nérac était très intéressé.
18:59Et vous n'avez jamais eu l'idée de créer des oeuvres originales ?
19:02Et de les signer ?
19:03Si, bien sûr.
19:04On a toujours envie à un moment donné.
19:05Il n'a pas assez confiance en lui.
19:07Ça fait dix ans que je le pousse.
19:10Mais il a des commandes, des commandes.
19:12Il est submergé de commandes.
19:15Avec le génie qu'il a.
19:17Maman, pas de grands mots.
19:18Mais oui, le génie.
19:20Que tu es en train de gâcher.
19:22Il vous fait rire.
19:25Il avait gravé un faux goya.
19:27À la manière des caprices.
19:29Eh bien, un expert a été persuadé que c'était une planche authentique.
19:35Un tirage disparu.
19:37Je ne suis pas goya quand même, ça se saurait.
19:40Notre rencontre est étonnante.
19:42Un goût commun pour le modèle réduit.
19:44Un autre pour la gravure.
19:47Ah, vous gravez, vous aussi ?
19:49Non.
19:49Non, je me contente de collectionner.
19:51J'ai quelques dureurs assez beaux.
19:54Des daumiers, des calots.
19:57Cinq aussi, Holbein.
19:59Excusez-moi, mais ils ne sont sûrement pas mieux que les siens.
20:02Ah !
20:09Il aimait les modèles réduits, collectionnait les gravures.
20:13Alors, je sais que le hasard fait bien les choses.
20:15Enfin, là, c'était vraiment un peu gros.
20:23Maman était sous le charme.
20:24Le baisemain, le luxe.
20:27Il nous a déposé à la maison et il a demandé à voir mon goya.
20:33Il a proposé 3 000 francs.
20:35Moi, je ne voulais pas.
20:37Maman a dit oui et j'ai laissé faire.
20:41Une semaine après, je me baladais
20:44et j'aperçois chez un antiquaire mon goya.
20:50250 000 francs.
20:54Il lui envoyait des roses tous les jours
20:57et ce jour-là, il l'avait invité à déjeuner à Giverny
21:00après la visite de la maison de Monet.
21:02Alors, j'ai attendu qu'elle rentre.
21:10Bonjour, mon chéri.
21:15T'as eu le temps de ne pas venir.
21:17J'ai passé une journée délicieuse.
21:19Tu veux que je te raconte la mienne ?
21:21Pourquoi ? T'es arrivé quelque chose ?
21:23Ah oui !
21:25L'imitation de Goya que t'as vendue à Nairac.
21:27Je l'ai retrouvée chez un marchand.
21:29Mais signé.
21:30Goya, bien sûr.
21:32Mais je sais.
21:33Il me l'a dit.
21:35Écoute, maman, t'es complètement inconsciente ou quoi ?
21:37C'est un faux !
21:38Et alors ?
21:40En art, il faut sa pullule.
21:42Des faux-monnaies, il y en a plein les musées.
21:44Et j'en ai vu des vrais cet après-midi.
21:46Eh bien, ils sont pas mieux.
21:47Mais je me demande si tu te rends bien compte de ce que tu dis.
21:50Mais tout à fait.
21:51J'en ai même parlé en déjeunant avec Nairac.
21:54Ah, il m'a proposé que tu fasses tôt trop Goya.
21:56Ah, pas question !
21:58C'est exactement ce que je lui ai répondu.
22:02En revanche, du reste, c'est moins risqué.
22:05Et il y a un marché.
22:06Qu'est-ce que ça veut dire, ça, il y a un marché ?
22:08Ben, ça veut dire qu'on peut en écouler 30 par an.
22:1230 par an, tu dois pouvoir y arriver, non ?
22:14Enfin, mettons 25.
22:16Je tiens pas à ce que tu tombes malade.
22:18Et je les signe ?
22:19Mais non, mais non, mais non.
22:20Il s'occupe de tout.
22:21Il les signe, il les vend,
22:23et il nous verse 100 000 francs par gravure.
22:25C'est honnête, non ?
22:26Ah oui, honnête, ça me paraît exactement le mot qui convient.
22:29Et si on m'arrête comme faussaire ?
22:31Ah ben, j'y ai pensé, tu t'imagines ?
22:35Tu sais bien que si t'allais en prison, j'en mourrais.
22:40Non.
22:43Personne n'entendra parler de toi.
22:46Mais t'es folle, maman !
22:47Il n'en est pas question !
22:48Mais écoute, j'ai promis, moi !
22:50Puisqu'on risque rien,
22:53on va pouvoir refaire la maison.
22:55Tu as vu dans quoi je vis depuis 30 ans ?
22:58Avec ce que tu sais faire,
22:59ça serait vraiment un crime de ne pas en profiter.
23:02Et puis tu vas faire plaisir.
23:04À qui ?
23:05Pour le collectionneur qui rêve de posséder un durer.
23:09Mais maman !
23:10Ce seront des faux !
23:11Mais puisqu'ils ne sauront pas !
23:14Oh, tu vas le faire, hein, Paul ?
23:17Ah, pour moi.
23:21Dis.
23:23J'ai tellement envie d'avoir une bonne.
23:26Et puis si tu le fais, tu sais ce qu'on va s'offrir ?
23:29La maquette du porte-avions-limits
23:31dont on rêve depuis si longtemps.
23:36Non, maman, je refuse.
23:38Tu peux prévenir Nérac.
23:41Et qu'est-ce qu'elle a fait ?
23:44Sa valise.
23:45Elle m'a joué la grande scène du 1.
23:47Tu refuses d'apporter un peu de bien-être
23:49à ta pauvre mère qui s'est signée pour toi.
23:52Et bien, vit dans ta médiocrité.
23:54C'est un cas, votre mère.
23:55C'est une femme de caractère.
23:58Et Nérac ne s'est pas manifesté ?
24:00Si, bien sûr.
24:02Lui, il m'a joué la grande scène du 2.
24:04Avec votre talent, la fortune, l'impunité,
24:07votre pauvre maman.
24:09Vous avez refusé ?
24:10Oui.
24:11Et ma voiture a sauté.
24:13Et la suite.
24:14Avec comme dernier argument
24:16la menace de s'en prendre à ma mère
24:17si j'avertissais la police.
24:18D'où votre idée d'aller en prison.
24:21En attendant que les esprits se calment.
24:23Mais si vous m'aviez expliqué ça avant,
24:25je vous aurais fait avoir un an.
24:26Ferme.
24:27C'est l'enfance de l'art.
24:29Maintenant, ils ne vont plus me lâcher.
24:31Ils nous cherchent.
24:44Et s'ils me prouvent ?
24:46Non, non, je ne crois pas.
24:48Ils veulent vous intimider, pas vous supprimer.
24:50En tout cas, pas avant d'avoir ce qu'ils veulent.
24:51Et s'ils s'en prenaient à ma mère ?
24:53C'est leur allié, ils vont pas risquer de tout perdre.
24:55Allez, calmez-vous.
24:55On va s'en occuper.
24:57Qu'est-ce que vous allez faire ?
24:58Faites confiance à Julien.
24:59Il a toujours été le cerveau de la famille.
25:01Ah, déjà de ton temps.
25:03Oh là !
25:04Je vais avoir besoin de vous.
25:07Comme d'habitude.
25:08Et d'avouer.
25:11Il faut arriver à piéger les raks.
25:13Mais avant, il faut convaincre la mère, et ça, c'est pas gagné, et mettre pas vers le prix.
25:25Salut, Françoise.
25:29Dépêchez-vous, Julien vous attend devant la mairie.
25:31Allez.
25:32Merci.
25:33Tenez, vite, vite, vite.
25:34Allez-y, allez-y.
25:38Au revoir.
25:51Pousse-toi, laisse-pas le volant.
25:57François, vous vous êtes fait avoir.
25:58Mais la roche nous a foncé dessus.
26:00Il avait un pistolet sur la tempe, ça a dû le stimuler.
26:03Pourquoi vous n'avez pas continué les recherches ?
26:05Martial était limite en carburant pour le retour à Paris.
26:08Alors, hein, qu'est-ce qu'on pouvait faire ?
26:09Bon.
26:11Vous allez les appeler dans la voiture et dire exactement le texte écrit là.
26:16Ça n'est pas trop difficile.
26:18Moi, j'ai rendez-vous avec Émilie, vous savez où me trouver.
26:30Oui ?
26:31Ici le SAMU.
26:33Nous avons eu vos coordonnées par la radio.
26:36Dites à M. Taverna que sa mère vient d'avoir un malaise cardiaque.
26:39Elle est à la clinique du vieux Chêne à Verrières-le-Buisson.
26:43Allô ?
26:44Ah, ils font pas dans la dentelle.
26:46Il faudrait prendre Paul.
26:48Suppose que ce soit vrai.
26:50Ça me paraît un peu gros.
26:52De toute façon, on va passer chez Émilie, on verra bien.
26:55Et laissons pas lui, il est.
27:02Dans cette tenue, ça va être difficile de vous faire passer pour un musicien.
27:06Et je vous vois mal dans la salle.
27:08Alors, restez ici, bien sagement.
27:11Vous aimez forêt ?
27:12Je ne connais pas.
27:13Il faut vous cultiver un peu.
27:15La gravure, c'est bien, mais la musique, c'est pas mal non plus.
27:18Bon, alors, écoutez, ne bougez pas.
27:20Dès que j'ai fini, nous irons ensemble à l'hôtel.
27:24Oh, ma famille.
27:34On a perdu la trace de votre fils.
27:36Il doit être l'otage de ces otages.
27:39Il y a deux femmes, non ?
27:41Elles ont dû pleurer.
27:43C'est un faible.
27:44Et ce sera toujours un faible.
27:46Où va-t-on ?
27:48Dans la propriété d'un de mes amis.
27:50Il y a un grand parc, des domestiques, enfin, tout ce que vous méritez.
27:56Et puis, je pourrais vous joindre à tout moment.
27:58Non, dès que nous aurons retrouvé sa trace.
28:02Je sais bien qu'il n'y a que moi qui puisse le faire revenir.
28:06Mais il m'a beaucoup contrarié ces temps-ci.
28:08Hein ?
28:09Vous avez des enfants, Louis ?
28:11Non.
28:12Alors, vous ne pouvez pas comprendre.
28:17Merci, merci, madame.
28:21Il nous a pris des vitesses.
28:23Miracle ?
28:24Oui, non, mais...
28:46Oh, dis donc !
28:47J'ai cru revoir Louison Bobé.
28:49Un peu épaissi, mais la silhouette, c'est ça ?
28:51Si j'étais pas si pressé, tu me ferais rire.
28:52Ah bon ?
28:53De toute façon, on est dans la mauvaise humeur aujourd'hui.
28:54Non, bah, tu le connais, mais ça va pas comme il veut.
28:56Si moi, je m'étais déguisé en coureur cycliste, on aurait pris le temps d'en parler.
29:00Bon, alors, je suis allé à l'héliport d'ici du Moulineau, comme ils me l'avaient commandé.
29:04J'ai repéré les deux types, je les ai suivis, j'ai leur adresse.
29:06Eh ben, on n'en a plus besoin.
29:08Ça, c'est formidable.
29:09Ça, vraiment, ça vous réussit d'être pris en otage, hein ?
29:15Ça va pas être facile.
29:18Si c'était facile, tu leur as pas demandé.
29:20Non, mais moi, je suis pas contre.
29:22Et ce sont les instances supérieures qu'il faut convaincre.
29:25Et ce ne sont pas des poètes.
29:27Ils se méfient de l'improvisation.
29:30Tu pourrais peut-être, pour les avertir.
29:37Je peux.
29:38Surtout qu'un Nérac, j'aimerais bien me le payer.
29:41On le soupçonne d'être le chef d'un réseau de fausse lithographie.
29:45Je suis sûr que c'est lui qui a mis dans le circuit plus de 2000 faux d'Ali.
29:50Sans compter des cambriolages de musées en province.
29:54Jamais on n'a pu le coincer.
29:56Nérac, je te l'offre.
29:58Ah, ça c'est un beau cadeau.
30:01Et je l'arrête sous quel motif ?
30:06Séquestration abusive.
30:08Ah, tu vois ça comme ça, toi, hein ?
30:10On se fait un plan ?
30:11Ça n'engage à rien.
30:13Allons-y.
30:16Séquestration abusive, c'est un peu léger.
30:18C'est ce qu'il a dit.
30:20Il faut qu'Emilie accepte de charger Nérac.
30:23Et puis d'après ce que dit Paul, elle est en extase devant lui.
30:25Mais c'est à nous de la persuader.
30:28Mais il sait ce qu'il risque du trait ?
30:30Oui, pourquoi ?
30:31Ah, parce qu'il aura peut-être besoin d'une avocate.
30:35Oh, attends.
30:38Que la mère de Paul Taverna, le preneur d'otages, a été victime...
30:41Oh, les salauds !
30:43Le coup de fil n'a rien donné, alors ils ont plein les grands moyens.
30:46Tu t'en pourras vu que Paul n'ait pas entendu.
30:49Non, non, non, c'est l'heure du concert.
30:50Il doit être dans l'orchestre avec Anne.
30:53Elle est actuellement en réanimation à la clinique du Vieux Chêne, à Verrière de Buisson.
30:57Oh, non, non, non, c'est pas vrai.
30:59C'est pour les hommes, mais il y en a beaucoup.
31:13Sous-titrage Société Radio-Canada
31:39Eh bien, qu'est-ce qu'on me dit ? Ma petite Émilie n'est pas contente ?
31:42Ah non, pas du tout.
31:45Cette histoire de crise cardiaque, qu'est-ce que ça veut dire ?
31:48J'aurais dû vous en parler, c'est vrai.
31:50Je plaide coupable.
31:52Mais quand j'ai trouvé ce moyen de faire revenir votre fils, j'étais persuadé que vous m'approuveriez.
31:56Mais il doit être fou d'inquiétude.
31:58Donc il va venir, voyez que j'avais raison.
32:01Alors le reste ?
32:02Ah, le lit est dur.
32:06Bon, c'est vrai, on va le changer.
32:09La nourriture est mauvaise.
32:11Vous savez ce qu'on va faire, Émilie.
32:14Tous les matins, vous ferez votre menu.
32:16Et vous irez surveiller en cuisine comment ça se passe.
32:19Cette maison manquait d'un intendant à poignes.
32:22Vous êtes promu.
32:24Ben oui, mais qu'est-ce que je vais raconter à Paul, moi, pour la crise cardiaque ?
32:27Vous n'allez rien dire, vous allez jouer les convalescentes.
32:29Moi ? Mais je pourrais jamais faire ça à mon fils.
32:32Mais si.
32:34A priori, il sera bien trop content de vous voir sain et sauve.
32:39Émilie.
32:42Pensez à l'argent que nous allons gagner ensemble.
32:45Notre trio est indissoluble maintenant.
32:47Et vous en êtes l'âme.
32:50Paul a le talent.
32:52Mais pas la volonté.
32:54Moi, j'ai les clients.
32:56Mais pas le talent.
32:57Sans vous,
33:00ni lui ni moi ne sommes rien.
33:02Oui, mais vous croyez que j'arriverai à jouer la comédie ?
33:07Je crois que vous êtes une comédienne née.
33:11Une sacrée bonne femme, en tout cas.
33:15Bon, ben,
33:17je vais essayer.
33:20Ah oui.
33:21Ah oui.
33:34Allô ?
33:35C'est moi.
33:36Paul est parti.
33:37Où est-il allé ?
33:38Mais je ne sais pas.
33:39On était en plein allégros.
33:40Je l'ai vu en coulisses.
33:42Il a mis la main sur son cœur.
33:43Il m'a envoyé un baiser.
33:44Il a disparu.
33:45Tu sais, ça m'a fait un coup de le voir partir.
33:48J'ai redémarré avec dix mesures de retard.
33:50Tout le monde m'attendait.
33:51C'était plus un allégros.
33:52C'était une berceuse.
33:53Tu peux me raconter ça, putain, ma chérie ?
33:55C'est embêtant qu'il soit parti.
33:57Ça m'oblige à modifier mes plans.
34:03Paul a quitté le voir.
34:05Eh ben, il a dû entendre les informations.
34:07Ben, tu vas peut-être avoir besoin d'adresse
34:08que j'ai eu le temps de m'a la procurer.
34:10Non, non, non, on va au plus pressé.
34:11Le plus pressé, c'est que je vois Émilie
34:13avant l'arrivée de Paul.
34:15Si je ne suis pas là à minuit,
34:16tu préviens du trait à la préfecture
34:17qu'elle intervienne en pleine nuit.
34:19Mais il n'a pas le droit.
34:20On va aller au petit jour.
34:22Non, ben, dis donc, elle ne fait pas de connerie, quand même.
34:24Enfin, je veux dire, fais attention à toi.
34:27Mais oui.
34:37Paul a téléphoné, il arrive.
34:38Comme vous n'avez pas frappé,
34:40j'ai même cru que c'était lui.
34:41Vous êtes prête ?
34:42Ne vous inquiétez pas.
34:43Le lien meilleur ?
34:44C'est un livre.
34:46Je vous dis bonne chance.
34:47Oh !
34:48Bonne chance à une comédienne
34:49pour son premier rôle.
34:50Non, mais vous êtes faux.
34:52On dit merde dans ces cas-là.
34:55Ah, alors...
34:57Merde, Émilie.
34:57Et on ne remercie pas.
35:00Voilà.
35:18On est là.
35:56...
36:26...
36:32...
36:34...
36:34...
36:36...
36:39...
36:40...
36:44...
36:45...
36:50...
36:52...
36:53...
36:54...
36:57...
36:59...
37:04...
37:09...
37:13...
37:14...
37:14...
37:15...
37:17...
37:19...
37:21...
37:21...
37:25...
37:27...
37:27...
37:31...
37:31...
37:31...
37:31...
37:31...
37:31...
37:34...
37:34...
37:34...
37:34...
37:34...
37:36...
37:37...
37:37...
37:38...
37:38...
37:39...
37:40...
37:40...
37:40...
37:40...
37:41...
37:41...
37:41...
37:41...
37:42...
37:43...
37:44...
37:45...
37:45...
37:45...
37:46...
37:46...
37:46...
37:46...
37:47...
37:47...
37:47...
37:47...
37:49...
37:49...
38:20...
38:20...
38:20...
38:21...
Commentaires

Recommandations