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  • il y a 5 mois
Daoud, musicien, trompettiste. Son nouvel album “OK” est sorti fin août. En concert à la Machine du Moulin Rouge le 15/11.

Retrouvez « Nouvelles têtes » présenté par Daphné Bürki sur France Inter et sur : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/nouvelles-tetes

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Transcription
00:00Daphné Burki et sa nouvelle tête.
00:02Il est 9h50, nous sommes en direct dans la grande matinale de France Inter et ma nouvelle tête aujourd'hui s'appelle Daoud.
00:08Trompettiste, musicien de jazz, mais pas du genre à baisser les yeux ou à faire des ronds dans l'eau.
00:12Daoud c'est un gars qui a traversé dix vies avant de dire « Ok » comme le titre de son deuxième album.
00:17« Ok » comme « Allez hop, je quitte mes petits boulots dans les PMU ou les pompes funèbres.
00:23« Ok » comme « Bon d'accord, je veux bien accepter d'être musicien mais avec tout ce que je suis.
00:27Ok » comme « Je me cache plus derrière ma trompette parce que Daoud il faut l'écouter mais faut aussi le regarder vivre. »
00:42Sous le plus grand chapiteau du monde, c'est ce film là qu'il a vu gamin qui lui donne envie d'être clown et de souffler dans une trompette.
00:48Parce que pour lui faire de la musique c'est pas s'effacer comme ça dans l'harmonie, c'est monter au front, c'est tendre le micro au monde ou plutôt lui souffler dedans.
00:55Chez Daoud, les racines c'est pas forcément le duc des lombards en costume 3 pièces avec une clope au beige.
01:01C'est plutôt le jazz en basket, c'est le groupe du hip hop, c'est le sens du contact d'un gars qui aurait pu jouer numéro 10 quand même sur un terrain de foot.
01:08Et dans ce monde, Daoud il le traverse avec humour.
01:10Je lui ai fait remplir mon fameux questionnaire Sonia.
01:12Et à la question « Qui sont vos modèles ? » il me répond pas du tout Miles Davis, il me dit « Mon chien ».
01:17Le super pouvoir qu'il aimerait avoir ? Avoir du charisme.
01:20Et quel est votre talent caché ? Vous m'avez répondu.
01:23Moi j'ai pas assez de talent pour les cacher.
01:26Bonjour Daoud, bienvenue sur France Inter.
01:29Je suis ravie de vous recevoir aujourd'hui et de vous présenter aux auditeurs.
01:32Quand on voit arriver sur scène Daoud il arrive avec des lunettes noires, le look il est impeccable comme aujourd'hui dans ce studio.
01:38Il est hyper mode, il a le sourire aux lèvres comme s'il débarquait à sa propre fête surprise.
01:42C'est quoi le réflexe que vous avez juste avant d'attraper la trompette ? Il y a une pensée, il y a quelque chose, une prière ?
01:49Moi j'ai une playlist d'avant-concerts où il n'y a que du métal et du rap américain.
01:57Je mets très fort jusqu'à ce que je monte au milieu de la scène et là je pose mon casque et je commence à jouer.
02:03Ah ben voilà, vous vous appelez Daoud, cet album il s'appelle OK. Je trouve ça court, je trouve ça glissé, ça pourrait être une escape.
02:10Mais vous avez voulu dire OK à quoi ?
02:12Il y a un côté accepter tous les petits soucis, accepter de grandir, accepter de vieillir un petit peu même déjà.
02:22Et d'avancer quand même quoi, de passer un deuxième album, tout ça.
02:28Dans l'imaginaire collectif, le jazzman, je le disais, c'est plutôt un gars concentré, comme ça, qui fait des jam sessions.
02:35Avec pareil, il a une petite clope au bec, comme ça.
02:38Ou alors, c'est complètement autre chose qu'en ambiance, c'est le romantisme, vous voyez, tout en douceur, en noir et blanc.
02:44Un amour contrarié.
02:45La cravate dénouée.
02:46Ouais, mais il a toujours une putain de clope au bec, comme ça.
02:50Alors que vous, pas du tout.
02:51On va écouter par exemple le son La Fièvre, vous créez de l'image avec le jazz.
02:56C'est très étonnant.
02:57Si on regarde les clips de Daoud, dans La Fièvre, il se fait casser la figure par des légendes du rugby.
03:02Dans Dijon, on lui rase le crâne.
03:04Dans Soda, il se fait tatouer la tête.
03:06Et dans Non peut-être, il tombe en boucle comme une cascade de cartoons.
03:09C'est hyper fun.
03:10Qu'est-ce que ça raconte, cette manière très physique de faire passer votre musique ?
03:14Je pense que c'est la continuité de ma carrière ratée de clown.
03:18L'humour, tu vois, l'humour corporel quoi.
03:21Non, justement toute cette histoire de subir un petit peu, d'être à la réception de choses pas forcément agréables.
03:27Puis de se relever, puis de quand même continuer, se faire fracasser, puis quand même arriver à la fin un peu amoché.
03:32Parce qu'on va dire, vous êtes quand même un ovni sur la scène de jazz.
03:35Un peu chelou, ouais.
03:36Pourquoi chelou ?
03:37Ben, chelou parce que je pense qu'il y a beaucoup de ces codes-là qui ne sont pas exploités aujourd'hui dans la scène.
03:45C'est en train de changer.
03:46Mais je sais qu'on se met, on est toujours un petit peu en retard nous dans le jazz.
03:51Donc on se met aux réseaux sociaux un peu après tout le monde.
03:53On se met à faire un petit peu de DA, un petit peu de visuel un peu après tout le monde.
03:58Donc on arrive, on arrive graduellement mais on arrive.
04:02Et vous avez, c'est vrai, une histoire d'amour un peu compliquée avec la trompette.
04:04Vous l'avez quittée une dizaine de fois.
04:06Oui.
04:07C'est beaucoup quand même.
04:08Tout le temps.
04:09Pour faire des petits boulots, au PMU, aux pompes funèbres ou encore de la vente de fenêtres.
04:13Vous avez fait plein de boulots étranges mais elle vous a toujours rattrapé.
04:16C'est quand même la grande histoire d'amour aujourd'hui.
04:18C'est officiel avec cet album.
04:19C'est pas officiel.
04:20C'est jamais officiel.
04:21Non mais tous les jours, c'est un instrument vraiment terriblement frustrant.
04:26C'est un combat de tous les jours.
04:28Mais ça fait quand même vachement longtemps que je fais de la trompette.
04:31Je ne veux pas trop me dater.
04:32Vous avez commencé à l'âge de 6 ans.
04:33Oui, j'ai commencé tout petit.
04:35Qui était professeur au conservatoire de Nancy.
04:37Exactement.
04:38Elle vous a fait choisir un instrument.
04:39Vous avez pris la trompette.
04:40Voilà, parce qu'on n'est pas à une décision absurde près.
04:43Et ouais, je me suis…
04:46Il y a un petit peu de tendresse maintenant, moi.
04:48Il y a de la frustration tout le temps mais il y a un petit peu de…
04:50Bon allez, c'est bon.
04:51Vas-y, on s'y remet quand même.
04:53Voilà, une très très belle histoire d'amour.
04:55Et donc, comme votre mère était prof au conservatoire de Nancy, elle recevait aussi ses élèves qui faisaient les vocalises dans votre salon le samedi matin.
05:04Vous m'avez dit que c'était vraiment un cauchemar à l'époque.
05:06Est-ce que c'était un peu fondateur aussi ? Qu'est-ce qu'elle vous a transmis votre mère ?
05:10Bah, tout en fait.
05:11Parce que moi, j'ai grandi dans une maison où il y avait de la musique tout le temps.
05:15J'ai une chance exceptionnelle.
05:18Il y avait un piano à la maison.
05:20On a eu accès à l'éducation musicale parce que c'est bête mais quand t'as des revenus bas en France ou que t'as quelqu'un qui est dans l'enseignement public, bah t'as accès à l'enseignement public de la musique gratuitement ou quasi gratuitement en conservatoire.
05:36Et donc, j'ai pu accéder au conservatoire tout petit et puis ça a bien matché, puis moins bien matché, puis re-bien matché.
05:43Alors, on va filer à Dijon pour un live sur France Inter.
05:47Le titre s'appelle Dijon, à chaque fois vous racontez n'importe quoi sur vos titres.
05:51C'est quoi l'histoire de Dijon juste qu'on se mette dans le bas ?
05:53Tu veux que je t'invente un bobard ?
05:54Vas-y, alors j'étais sûre.
05:56Pourquoi vous racontez des bobards sur les titres ?
05:58En fait, j'ai un truc que j'adore dans la musique instrumentale, c'est que les gens peuvent habiter le morceau avec ce qu'ils veulent.
06:07Ils peuvent donner le sens qu'ils veulent à la musique, il n'y a pas de parole pour te guider, il y a juste du son et tu mets le sens que tu veux.
06:14Et donner un titre à ça, ça peut trahir ce truc-là.
06:17Donc j'essaye de donner des titres un peu absurdes ou très vagues et puis ensuite de laisser les gens les habiter.
06:23Bon, alors je vous laisse rejoindre votre pianiste, il s'appelle Bastien Andrieux.
06:26Merci d'avoir accepté l'invitation.
06:27Et puis, on va se faire un voyage à Dijon.
06:30Chers auditeurs, imaginez l'histoire que vous voulez.
06:33Faites-vous plaisir.
06:34C'est Daoud en live sur France Inter.
06:37Merci d'avoir regardé cette vidéo !
06:38Merci d'avoir regardé cette vidéo !
06:42Merci d'avoir regardé cette vidéo !
07:12Merci d'avoir regardé cette vidéo !
07:42Merci d'avoir regardé cette vidéo !
07:52On n'a absolument pas envie que ça s'arrête !
07:54Bravo !
07:56Et si j'arrivais comme ça, je dis bonjour !
07:59Je m'appelle Daphné Burki comme ça, installez-vous !
08:01Je vous ai entendu l'autre jour sur France Inter, j'ai vraiment très envie d'apprendre la trompette.
08:05J'ai compris que vous étiez prof aussi à côté.
08:07Et moi, je ne suis jamais rentrée dans un club de jazz, ça me fait flipper !
08:10Les gens sont trop chic, ils sont trop snobs !
08:13Et puis, je ne suis pas capable de m'offrir une trompette !
08:15Vous dites quoi à vos élèves quand ils arrivent pour le premier cours ?
08:18Oui, volez-la !
08:20On m'a posé une question il n'y a pas longtemps,
08:22on m'a dit comment je fais pour convaincre mes potes de venir voir un concert de jazz ?
08:25Et je lui ai dit, mens-leur !
08:27Dis-leur que c'est autre chose !
08:29C'est pas grave ! En fait, une fois qu'ils sont dedans, ils vont kiffer !
08:31Mais le plus dur, c'est de passer la porte !
08:33Alors, on y va, on passe la porte !
08:35Il s'appelle Daoud, D-A-O-U-D sur Insta !
08:38Et l'album, il s'appelle OK, il est super OK cet album !
08:41Vous pouvez le voir aussi sur scène le 12 novembre au Bikini à Toulouse
08:44ou encore le 15 novembre à la Machine du Moulin Rouge à Paris !
08:47Merci Daoud !
08:48Merci à tous les deux !
08:49Le jour où vous épousez la trompette, vous nous invitez !
08:51Bien sûr ! Avec plaisir !
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