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  • il y a 12 heures
Ce jeudi 19 février, dans sa chronique, Annalisa Cappellini parle des impacts du Conseil de paix initié par Donald Trump. Cette chronique est à voir ou écouter du lundi au vendredi dans Good Morning Business, présentée par Laure Closier sur BFM Business.

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Transcription
00:00Trump a décrit cet organe comme le plus grand et le plus prestigieux conseil jamais réuni.
00:04Mais est-ce que ça va vraiment redessiner la diplomatie mondiale ?
00:08C'est un peu son rêve, celui d'une institution qui puisse réellement concurrencer l'ONU.
00:12L'idée de réorganiser l'ordre mondial sans lourdeur, sans s'embêter avec toutes les procédures onusiennes,
00:17en concluant des deals directement entre pays, entre décideurs.
00:21Effectivement, ça c'est son projet, mais ça paraît pour l'instant compromis
00:24quand vous regardez la liste des invités qui participeront donc aujourd'hui à cette réunion.
00:28Tout d'abord, il faut regarder qui participe.
00:30Il y a seulement cinq dirigeants mondiaux.
00:32Il y aura le Hongrois Viktor Orban et puis le président de l'Albanie, du Vietnam, de l'Indonésie et
00:39de la Roumanie.
00:40Donc vous voyez seulement cinq pays.
00:41Tous les autres pays invités vont être représentés au niveau ministériel ou officiel,
00:46donc non pas par leurs dirigeants.
00:47Vous voyez, c'est déjà très symbolique.
00:49Et puis, il y a des absents qui pèsent très lourd.
00:51Il n'y aura pas Vladimir Poutine qui avait pourtant été invité,
00:54qui a longtemps laissé planer le doute sur sa participation.
00:57Il n'y aura pas le président chinois Xi Jinping qui avait été lui aussi invité par Donald Trump.
01:02Même Netanyahou sera absent.
01:04Il envoie son ministre des Affaires étrangères.
01:05Donc vous voyez, quand le projet c'est de redessiner l'ordre mondial, ça paraît un tout petit peu compliqué.
01:10Du côté des Européens, on est divisé.
01:11Oui, comme d'habitude.
01:12Peut-être même encore plus que d'habitude.
01:14Alors je vous l'ai dit, il y aura Viktor Orban et le reste des Européens seront des États observateurs.
01:19Il y en a quelques-uns des Européens.
01:21Là encore, c'est des États qui ont une importance diplomatique relative.
01:24Il y aura la Roumanie, il y aura Chypre, la République tchèque, la Grèce, l'Italie,
01:28qui est peut-être le seul poids lourd diplomatique dans cette liste,
01:32qui envoie son ministre des Affaires étrangères.
01:34C'est plutôt en fait un symbole pour redire son atlantisme et pour éviter de se fâcher avec Donald Trump.
01:39Surtout, ce Conseil de la paix a mis la Commission européenne face à un choix très difficile.
01:44Ursula von der Leyen, elle, s'est engagée à ne pas participer au Conseil de paix,
01:48puisque les contours sont encore trop flous.
01:50Mais la Commission a quand même décidé d'envoyer un représentant, en l'occurrence une représentante.
01:55C'est la commissaire pour la Méditerranée du brave Kasvika.
01:57Sauf qu'elle ne l'a pas communiqué au préalable aux États membres.
02:01Et donc évidemment, ça a créé du remous en Europe, en particulier en France,
02:04puisque la Commission ne peut pas décider toute seule de la politique étrangère des pays
02:09sans qu'il n'y ait une position unanime de tous les États membres.
02:12Et en plus, la commissaire n'est pas une fonctionnaire, n'est pas une personne lambda,
02:15c'est une représentante politique. Donc on comprend que ça crée un tout petit peu de remous en Europe.
02:19Le premier sujet au sein de ce Conseil, c'est la reconstruction de Gaza.
02:22Et c'est pour ça que l'Europe envoie quand même un émissaire.
02:25C'est pour ne pas être mis de côté sur ce dossier.
02:27C'est ça, surtout parce que l'Europe est le principal fournisseur d'aides humanitaires aux Palestiniens.
02:31Elle a déjà débloqué 1,5 milliard d'euros.
02:33Donc elle veut participer à la discussion sur ce plan de Donald Trump
02:36qui prévoit de débloquer 5 milliards de dollars pour la reconstruction de Gaza.
02:40Gaza qui sera donc New Gaza dans le projet présenté par Jared Kushner
02:44où Gaza ressemble plus à un catalogue immobilier de Dubaï.
02:48D'ailleurs, la reconstruction de Gaza était la raison même d'abord de la création de ce Conseil de paix
02:53avant que Donald Trump ne décide d'élargir son mandat à la résolution des conflits armés dans le monde.
02:58C'est ça qui inquiète d'ailleurs les Européens.
03:00C'est qu'il n'y a pas de limite dans la durée de cette institution,
03:03ni dans le durée, ni dans le mandat.
03:05Donc le champ d'action est beaucoup trop large selon les Européens.
03:08Et ce que révèle ce changement de mission du Conseil de paix,
03:11c'est que de la part de Donald Trump, c'est surtout une stratégie de contournement de l'ONU,
03:15beaucoup plus qu'une vraie volonté de pacification.
03:18On sait que l'ONU traverse une phase super compliquée, déjà du point de vue financier.
03:22Et puis il y a une crise de confiance.
03:23On estime aujourd'hui que les institutions de l'ONU sont un peu dépassées, trop lentes.
03:28Donc Donald Trump installe une institution parallèle, taillée à son image.
03:31Finalement, il n'invente peut-être pas grand-chose.
03:33Il ne fait que donner une forme institutionnelle à sa diplomatie qui existe déjà.
03:37Merci beaucoup Annalisa Cappellini.
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