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  • il y a 8 minutes
Ce vendredi 10 avril, dans sa chronique, Annalisa Cappellini a abordé la position de Pedro Sánchez, qui n'hésite pas à critiquer directement les stratégies de Donald Trump et de Benyamin Netanyahou. Cette chronique est à voir ou écouter du lundi au vendredi dans Good Morning Business, présentée par Laure Closier sur BFM Business.

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Transcription
00:00Une voix qui s'élève, Annalisa Capellini, en Europe, c'est celle de Pedro Sanchez, le Premier ministre espagnol,
00:04qui n'hésite pas à critiquer directement la stratégie de Donald Trump, mais aussi celle de Benyamin Netanyahou.
00:10Oui, c'est un peu David contre Goliath pour l'instant, mais il arrive à tenir tête à Donald Trump,
00:14Pedro Sanchez,
00:15et peut-être que d'autres leaders en Europe d'ailleurs devraient s'inspirer de cette posture,
00:18parce que lui, il reste droit dans ses bottes face à un Donald Trump qui est de plus en plus
00:23insistant.
00:24Depuis le début de la guerre, le gouvernement espagnol a opposé plusieurs refus à Donald Trump,
00:29des refus très clairs, très symboliques.
00:31Tout d'abord, ils ont refusé l'accès aux bases militaires sur le sol espagnol,
00:35puis ils ont fermé leur espace aérien aux forces américaines impliquées dans le conflit,
00:38et puis ils ont critiqué de manière très dure les opérations israéliennes au Liban,
00:42qualifiées d'attaques contre la civilisation, à tel point que Pedro Sanchez a même demandé à nouveau à l'Union
00:48Européenne
00:49de suspendre son accord d'association avec Israël pour marquer son désaccord.
00:53Vous voyez, tous ces gestes sont une manière très claire de défier Donald Trump,
00:56et surtout de le défier publiquement, parce que là-dedans,
01:00Pedro Sanchez fait aussi un choix de communication qui est très très clair.
01:04Je vous fais un exemple.
01:05À l'annonce du cessez-le-feu, Emmanuel Macron, comme beaucoup d'autres dirigeants européens,
01:09l'a qualifié de très bonne chose.
01:11Pedro Sanchez, lui aussi, s'en est réjoui,
01:13mais juste après, il a déclaré que l'Espagne n'applaudirait pas ceux qui mettent le feu au monde,
01:17juste parce qu'après, il se présente avec un saut.
01:19Donc vous voyez, une attaque de plus vis-à-vis de Donald Trump.
01:22Il le fait publiquement, parce que l'objectif, c'est quand même d'exister sur la scène internationale.
01:26Évidemment, il y a un côté idéologique dans son opposition à la guerre,
01:29mais derrière, il y a un projet politique.
01:30En Europe, il y a beaucoup de positionnements différents.
01:33En ce moment, il y a les Allemands et les Anglais qui sont très atlantistes.
01:36Il y a la présidente du Conseil italien, Georgia Meloni,
01:39qui s'entend très bien avec Donald Trump, donc qui doit un peu jouer les équilibristes.
01:43La France, elle a toujours eu un positionnement assez indépendant vis-à-vis des États-Unis.
01:47C'est historique.
01:47Mais là, vous voyez, il n'y a pas de vraie opposition.
01:50Et donc, Pedro Sanchez a l'opportunité de devenir un symbole,
01:53de devenir le leader anti-Trump en Europe.
01:56Ça lui permet de se renforcer en interne.
01:58On le voit déjà.
01:59Il a remonté un petit peu la pente dans les sondages,
02:02alors que Vox, qui est le parti d'extrême droite pro-Trump, a perdu quelques points.
02:06Et puis, il y a un calcul stratégique purement personnel,
02:09puisqu'il se dirige sans doute vers la fin de sa carrière politique nationale.
02:13Et donc, il travaille son image sur la scène internationale.
02:16Il travaille un peu sa reconversion.
02:17Est-ce que ça peut lui coûter cher à Pedro Sanchez ?
02:20Oui, ça peut lui coûter cher, parce que le problème avec Donald Trump,
02:22c'est qu'on a toujours des représailles.
02:24C'est ce qui se passe en ce moment avec l'OTAN.
02:27Donald Trump qui est dans la surenchère, vous avez vu ces derniers jours,
02:30vis-à-vis aussi de ses alliés de l'OTAN,
02:31qui sont coupables, selon lui, de ne pas l'avoir soutenu,
02:34de ne pas être engagé avec suffisamment d'enthousiasme dans sa guerre contre l'Iran.
02:38Donc, d'abord, il a menacé de quitter l'OTAN.
02:40Et puis, il travaille désormais sur une espèce de vengeance.
02:43On serait puni, en fait, selon les informations du Wall Street Journal.
02:46La Maison-Blanche travaille sur un plan qui sanctionnerait certains membres de l'OTAN,
02:50ceux qui sont jugés peu coopératifs,
02:52et on peut imaginer qu'il y a l'Espagne là-dedans,
02:54en retirant les troupes de ce pays.
02:57Donc, c'est un plan qui est encore à l'état de brouillon pour l'instant,
02:59mais qui donne le ton d'un président qui est de plus en plus exigeant vis-à-vis de ses
03:03alliés
03:03et qui risque de se retrouver de plus en plus isolé.
03:06Merci beaucoup, Annel Zaquepelin.
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