00:00Quand j'ai rencontré la personne qui était violente avec moi, j'étais encore salariée à ce moment-là,
00:14et il a tout fait pour que je sois licenciée. Il a provoqué des disputes, des colères, de la charge mentale.
00:21Quand j'étais au travail, je n'étais pas vraiment dedans en fait, donc je faisais des erreurs.
00:24La qualité de mon travail s'en est ressentie, et donc du coup, mon ancien employeur m'a licenciée en disant
00:30« on n'est plus très content de la qualité de ton travail ».
00:32Mais moi, je ne suis pas du tout consciente de vivre de la violence à l'époque en fait, donc je suis juste en couple et on se dispute.
00:39Je me dis « ok, je vais devenir indépendante et je vais construire du service aux petits indépendants, du service administratif et ce genre de choses ».
00:48Et lui me dit « ah ben tiens, moi aussi je voulais devenir indépendante, créons notre société ensemble en fait ».
00:53C'était lié un peu à de la violence économique, pour que je n'ai plus aucun revenu indépendamment de « nous ».
01:02Et il y a un moment donné, je travaille toute seule avec un client qui m'envoie un message en me disant
01:06« oh Julie, je suis super content de ton travail, franchement c'est génial, merci beaucoup ».
01:12Un simple mail de remerciement, parce que je n'avais jamais vu cette personne, on avait tout fait à distance.
01:18Je forward le mail de remerciement en disant « tiens, en tant qu'associé, tu seras content de savoir que notre client est content de nous ».
01:25Et là, il me dit « c'est normal, en fait, il veut juste coucher avec toi ».
01:28C'est jamais mon travail que je fais qui est valorisé, je suis juste bonne à coucher en fait.
01:32Et c'est comme ça que je satisfais nos clients.
01:33Je travaille entre 70 et 80 heures, c'est jamais assez en fait.
01:36Je n'ai plus aucun revenu qui revient chez moi en fait.
01:40J'avais une maison où je la louais, puisqu'on habitait ensemble, et le loyer devait être mis sur le compte commun.
01:47Alors que c'était ma maison propre à 100%.
01:49Les revenus de la société, notre salaire, il est mis aussi en commun.
01:52Mon salaire est deux fois moindre que le sien.
01:54Je fais la même quantité de travail, mais pour lui, c'était normal que l'homme gagne plus.
01:58Petit à petit, il va enlever toute ma liberté financière que j'ai.
02:03Jusqu'au point où je dis « tiens, je vendrai bien ma maison pour pouvoir réinvestir ailleurs ».
02:07Et là, il me dit « ah mais non, on va mettre les deux maisons à nos deux noms ».
02:10Comme ma maison valait beaucoup plus que la sienne, j'ai refusé.
02:14Et c'est ce qui m'a sauvée en fait.
02:15Le déclic, c'est très simple.
02:16À un moment donné, je me suis dit « c'est lui ou c'est moi ».
02:18Ce que j'appelle mon instinct de survie qui s'est mis en route.
02:21Il n'y a personne qui m'a dit « Julie, tu vis de la violence.
02:23Julie, ce que tu vis n'est pas normal ».
02:26Je suis indépendante et je ne vois quasiment personne parce qu'il m'a coupée de tous mes amis.
02:30Il m'a coupée des clients, puisque les clients, c'est lui qui a les contacts.
02:34Moi, je suis, comme il dit, la petite main de l'ombre, que je suis juste une bonne à rien en fait.
02:38Je n'ai personne à qui pouvoir parler de ce que je vis.
02:40Il a d'abord fallu que je sorte de la société.
02:43Parce qu'en Belgique, si on a une société, en fait, si on est gérant d'une société,
02:48on n'a droit à rien du tout, à aucune aide.
02:50Il y a dû racheter mes parts.
02:51Il y a eu du harcèlement.
02:52Il y a un jour où j'ai même reçu, en deux heures, j'ai reçu 150 messages.
02:55Pour pouvoir vivre, j'ai dû vendre ma maison tout simplement.
02:58Je n'avais pas le choix, sinon je n'avais rien du tout devant moi.
03:02Comme la société était à nos deux noms, je ne pouvais pas continuer mon avenir professionnel avec ce que j'avais fait.
03:11En fait, quand je le quitte, je ne sais même plus réfléchir 30 minutes.
03:14Je ne sais même plus lire 30 minutes ou regarder la télé.
03:1730 minutes, ce n'est plus possible.
03:19Donc, il a fallu que je sorte d'abord du stress post-traumatique,
03:23que je me dise, OK, maintenant, qu'est-ce que tu veux faire ?
03:25Tu as 40 ans.
03:25Quand j'ai commencé à en parler aux rares personnes que j'avais autour de moi,
03:29il y a certaines personnes qui m'ont dit, oui, mais si tu es resté aussi longtemps avec lui,
03:32c'est que tu trouvais ton compte.
03:33Si j'avais été dans une entreprise, ce que j'aurais aimé, c'est du soutien, en fait.
03:36Je pense que c'est déjà une première chose de pouvoir avoir cette écoute sans jugement et du soutien financier.
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