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  • il y a 2 heures
Ce mardi 19 mai, dans sa chronique, Annalisa Cappellini a parlé d'une grande conférence concernant son avenir au Groenland, incluant une délégation américaine. Cette chronique est à voir ou écouter du lundi au vendredi dans Good Morning Business, présentée par Sandra Gandoin sur BFM Business.

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Transcription
00:00Ça faisait longtemps qu'on n'avait pas parlé du Groenland, Annalisa Capellini.
00:03Et ça y est, le Groenland accueille cette semaine une grande conférence sur son avenir,
00:06conférence à laquelle participe aussi une délégation américaine.
00:10Est-ce que ça veut dire que Trump s'intéresse toujours au Groenland ?
00:13Oh que oui, c'est vrai, vous avez raison, on en parle beaucoup moins,
00:15mais surtout Donald Trump, lui, en parle beaucoup moins.
00:18Il s'est concentré sur Cuba, sur l'Iran, sur sa visite à Pékin,
00:21mais il ne faut pas s'y tromper, Donald Trump n'a pas oublié le Groenland.
00:25La preuve, il a envoyé à Nook cette semaine Jeff Landry, son envoyé spécial,
00:29et juste avant, selon ce que raconte Jeff Landry lui-même,
00:32il a encouragé à se faire autant d'amis que possible au Groenland, je le cite.
00:36D'ailleurs, c'est ce qu'il est en train de faire, Jeff Landry, selon le programme officiel,
00:39il rencontre cette semaine un large éventail de Groenlandais
00:42pour discuter du développement des opportunités économiques,
00:46du renforcement des relations personnelles
00:48et surtout de l'amélioration de la compréhension entre les Etats-Unis et le Groenland.
00:53En gros, tous les événements de ce début d'année n'ont été qu'une grosse incompréhension.
00:57Dans ce voyage, les Etats-Unis vont en profiter pour remettre les choses un peu à plat.
01:02En réalité, les intentions des Américains n'ont pas vraiment changé, Annalisa ?
01:05Absolument pas. Ce qui a changé, c'est uniquement la forme.
01:08Ça arrive souvent avec Donald Trump, il monte au créneau sur un sujet de manière très spectaculaire,
01:13même un peu agressive, pour imposer son agenda,
01:15pour forcer tout le monde à s'asseoir autour de la table.
01:17Et puis, il redescend, c'est exactement ce qui se passe ici.
01:20On a d'ailleurs les premiers comptes rendus des réunions à Nook.
01:23Le Premier ministre groenlandais, lui, a parlé d'une rencontre constructive, apaisée avec Jeff Landry.
01:28Ils ont pu dialoguer dans un bon esprit et avec un grand respect mutuel.
01:32Mais en réalité, c'est clair, cette réunion n'a montré aucun signe que quoi que ce soit ait changé
01:37dans la position américaine.
01:38Chacun a ses lignes rouges qui n'ont, elles, absolument pas bougé sur la question.
01:42Ça veut dire que le projet, c'est toujours d'annexer ?
01:44Alors, pas tout à fait, mais dans les faits, ça y ressemble.
01:47Vous vous rappelez que les trois facteurs invoqués par les Etats-Unis pour annexer le Groenland,
01:51c'était le facteur militaire, c'était le facteur géologique pour les terres rares
01:55et géopolitique pour faire barrage aux Russes et aux Chinois.
01:59Eh bien, aujourd'hui, les Etats-Unis négocient sur ces trois points.
02:02Sur le volet militaire, ils négocient sur trois nouvelles bases militaires sur l'île
02:05et en même temps, ils travaillent en coulisses pour maintenir leurs troupes sur l'île indéfiniment,
02:10ce qui pour l'instant ne passe pas du tout auprès des Groenlandais.
02:12Sur les ressources naturelles, là encore, ils discutent d'une coopération avec les Groenlandais,
02:17c'est une enquête du New York Times qu'il a révélée.
02:19Et sur le volet géopolitique, là, les Américains travaillent sur un droit de veto
02:22qui serait effectif sur tous les gros investissements faits au Groenland.
02:26Donc, en gros, ça reviendrait à bloquer tous gros investissements chinois et russes au Groenland.
02:31Vous voyez, c'est un travail diplomatique qui se fait de manière moins explicite,
02:35qui se fait plus en coulisses, qui se fait dans les réunions avec les Danois et les Groenlandais,
02:39toujours selon le New York Times.
02:41C'est moins explicite, mais le but reste le même, c'est celui d'avoir la main mise sur l
02:45'île.
02:45Vous mentionnez les Danois, mais ils sont absents de cette rencontre ?
02:47Oui, ils n'y sont pas.
02:48Alors, ils sont représentés indirectement par Joseph Sikella,
02:51qui est le commissaire européen au développement.
02:53Mais c'est vrai, il n'y a pas de représentation danoise,
02:55alors que c'est un sujet si crucial pour eux, pour Copenhague.
02:59En fait, le gouvernement est tout simplement occupé ailleurs avec des négociations de coalition.
03:03Vous vous en doutez bien, les États-Unis ont tout de suite profité de ce vide de pouvoir temporaire à
03:08Nook
03:08pour organiser une action hautement symbolique.
03:10C'est l'inauguration des nouveaux locaux du consulat américain sur l'île.
03:14Pourquoi c'est important ?
03:15Ce ne sont pas simplement des locaux.
03:17L'ambassadeur américain au Danemark le dit d'ailleurs très clairement ce matin dans la presse groenlandaise.
03:21Les bâtiments ont toute leur importance en diplomatie,
03:25non seulement pour leur architecture, mais pour ce qu'ils symbolisent.
03:27Ils témoignent de notre présence, de notre sérieux et de notre volonté de nous implanter,
03:32durablement.
03:33Ça, c'est une très belle déclaration d'intention.
03:36Merci Annalisa Pellini.
03:37Sous-titrage Société Radio-Canada
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