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  • il y a 2 heures
Avec Gilles Bonnefond, pharmacien, vice-président de la chambre nationale des Professions Libérales, représentant des artisans et des professions libérales au CESE (Conseil Économique, Sociale et environnemental) et ancien président de l'USPO (Union Syndical des Pharmaciens d'Officine)

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##C_EST_A_LA_UNE-2026-05-11##

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Transcription
00:01Le Grand Matin Sud Radio, 7h10h, Maxime Liedot.
00:06Il est 7h12 sur Sud Radio et à la une ce matin, la France est-elle prête pour une éventuelle
00:11nouvelle crise sanitaire
00:12dans un contexte où une vingtaine de cas contacts viennent d'être déclarés sur le territoire
00:17et que la situation était suffisamment importante pour que la ministre de la Santé prenne la parole hier soir
00:22au JT de 20h de France 2 face à Laurent Delahousse. Bonjour Gilles Bonnefond.
00:26Bonjour.
00:27Merci beaucoup d'être avec nous ce matin, vous êtes pharmacien, vice-président de la Chambre nationale des professions libérales
00:32et vous êtes également représentant des artisans des professions libérales au CESE.
00:36Première question peut-être, quand on essaye de faire un état des lieux de la situation,
00:40on est face à des risques de pénurie, on a un contexte international étouffant pour certaines matières premières,
00:45indispensables aux matériels médicaux, on a aussi une petite vigilance sur une potentielle nouvelle épidémie.
00:51Est-ce qu'on a de bonnes raisons d'être inquiets ce matin ?
00:54Si le conflit en Iran et le blocage du détroit d'Hormuz continue,
01:00malheureusement l'approvisionnement en matière plastique qui est nécessaire
01:03pour la fabrication de seringues, de cathéters, de sondes, d'équipements de protection individuelle,
01:09tout ce qui est à usage unique peut poser problème aujourd'hui.
01:12Et il est temps de faire une évaluation du risque de pénurie pour tout ce type de matériel,
01:18parce que malheureusement on ne voit pas une issue rapide du déblocage de ce détroit.
01:23Donc comme on est capable de faire une évaluation des pénuries pour certains médicaments,
01:28je pense qu'il faut qu'on le fasse pour tous ces matériels qui sont très différents les uns des
01:33autres.
01:33Les sondes ne sont pas les mêmes quand on fait telle et telle intervention.
01:36Et je pense qu'il faut aujourd'hui évaluer et mettre en place une stratégie s'il y a un
01:41risque de pénurie.
01:42Mais Gilles Bonnefond, je vous entends, quand vous demandez une évaluation des risques,
01:46en tout cas une évaluation des stocks, des capacités françaises,
01:49ça veut dire qu'à l'heure où on se parle, on n'a pas du tout une idée précise
01:52des stocks de la France,
01:54par exemple pour les différents équipements que vous avez évoqués, les gants, les masques, les seringues ?
01:59Normalement il y a des stocks stratégiques qui sont détenus par Santé publique France.
02:05Ces stocks théoriquement devraient être des stocks dynamiques,
02:09c'est-à-dire avant qu'ils périment, ils doivent être restitués à des hôpitaux, etc.
02:15Et aujourd'hui, on voit que ce n'est pas fait.
02:17Mais pourquoi ce n'est pas fait ?
02:19Parce que déjà un texte de loi est passé dans la loi de financement de la sécurité sociale de cette
02:25année,
02:26autorisant Santé publique France à restituer des stocks.
02:29Ça veut dire que jusqu'à maintenant, 5 ans après le Covid,
02:32on était encore dans l'incapacité pour Santé publique France, par un texte de loi,
02:37de ne pas pouvoir céder à des hôpitaux.
02:39Donc on a laissé les produits se périmer.
02:42Donc ça, je disais que c'est du gaspillage, et on n'a pas tiré des leçons.
02:47Deuxièmement, on voit que le ministère de la Santé a décidé de récupérer la gestion des stocks de Santé publique
02:54France,
02:55donc tous les stocks stratégiques,
02:56et ce n'est plus Santé publique France qui va les gérer,
02:59c'est le ministère de la Santé qui va les gérer dès l'année prochaine.
03:02Donc ça veut dire que si on change de gestionnaire, ça veut dire qu'il y avait un petit problème.
03:08Voilà, donc ce n'est pas très rassurant.
03:10C'est bien que le ministère récupère cette gestion,
03:14mais on sent bien qu'il y a une difficulté dans ces stocks stratégiques
03:18et dans cette gestion dynamique absolument indispensable.
03:22Et ce qui est embêtant avec tous ces matériels à usage unique,
03:25c'est qu'ils sont très différents les uns des autres.
03:28Et donc il faut évaluer spécialité par spécialité,
03:31là où on a des risques de tension.
03:33Surtout que quand on regarde ailleurs en Europe,
03:35je pense à nos voisins européens et notamment au Royaume-Uni,
03:39où certains s'en enquêtent publiquement et demandent une évaluation des stocks qui soit public.
03:43Il y a également eu des renseignements,
03:45une volonté pour le ministère de l'économie,
03:48notamment d'avoir en tout cas une évaluation.
03:50Elle n'a toujours pas été rendue publique,
03:51mais pour qu'on comprenne bien, vous nous avez fait des tas des lieux,
03:54dans différents milieux médicaux également.
03:56On parle de difficultés vis-à-vis des seringles en plastique.
03:59Est-ce que vous confirmez ?
04:00Parce que si c'est le cas,
04:01si on doit se préparer à une vaccination très large,
04:04on sait à quel point c'est indispensable.
04:06Et surtout, quand on voit déjà la capacité que nous avons à vacciner
04:10sur des maladies comme la grippe ou sur le Covid,
04:14on sait à quel point c'est indispensable.
04:17Alors, un grand nombre de vaccins aujourd'hui sont fournis avec le matériel pour injecter.
04:23Donc, on n'a pas de difficultés sur la grippe,
04:26c'est en seringles pré-remplies, etc.
04:28La seule difficulté qu'on a aujourd'hui, c'est sur le Covid,
04:31où le vaccin se présente en flacon,
04:34et il est nécessaire d'avoir des seringles pour préparer les vaccins,
04:39et ensuite pouvoir l'injecter.
04:40Et là, l'approvisionnement de Santé publique France,
04:43qui était prévu pour tous les professionnels de santé pour injecter le Covid,
04:47nous ont alerté en disant qu'ils ne fourniraient plus de seringues et d'aiguilles,
04:52tout simplement parce que les stocks qu'ils ont sont périmés.
04:55Donc, on a une vraie alerte.
04:59Alors, c'est vrai que le rythme de vaccination Covid,
05:02malheureusement, n'est pas aussi élevé que ce que l'on souhaiterait,
05:05parce que les personnes se vaccinent peu,
05:08mais je ne comprends pas pourquoi, aujourd'hui,
05:12on n'a pas assez de stocks en Santé publique France
05:15de seringues et d'aiguilles pour continuer la vaccination Covid,
05:18et que l'on demande aux pharmaciens de se débrouiller, d'en acheter.
05:22Ça, c'est absolument sidérant,
05:23surtout quand, en effet, on nous avait promis
05:25qu'on tirait les enseignements de la catastrophe
05:28qu'avait pu être le Covid sur certains plans.
05:30Est-ce qu'on peut aller, dans des scénarios, on va dire,
05:32qui se compliqueraient, jusqu'à des déprogrammations de soins,
05:35par exemple, si la toson se prolonge dans certains endroits,
05:37quand on s'intéresse un tout petit peu à la presse,
05:40un peu spécialisée dans ces dernières heures, dans ces derniers jours,
05:42certains pourraient parler d'une situation
05:44qui serait presque aussi catastrophique,
05:46aussi pénible à vivre que le Covid ?
05:49Alors, je ne pense pas.
05:50D'abord, le virus, l'antivirus des Andes,
05:56n'a pas du tout la même, je dirais,
05:58la même possibilité de propagation que le coronavirus.
06:01Donc, même s'il y a des cas contacts, etc.,
06:03il faut qu'il soit isolé, mais on n'est pas du tout sur le même risque
06:06que le coronavirus.
06:08Ensuite, bon, là, il n'y a pas de vaccin,
06:10contre malheureusement ce virus,
06:14mais ce qui est inquiétant,
06:15c'est la gestion de risques de rupture de stock
06:19de certains types de matériel.
06:21Et quand on voit des opérations très spécifiques,
06:24que ce soit des opérations pour les spécialités de cardiologie,
06:29pour des spécialités de néphrologie, etc.,
06:33on a du matériel qui est vraiment à usage unique et très spécifique.
06:37Et donc, il faut que chaque spécialité puisse évaluer
06:41les besoins qu'ils ont dans un mois, dans deux mois,
06:44et de savoir si l'approvisionnement de ces matériels,
06:47qui peut venir parfois de fabricants
06:50qui sont dépendants du détroit d'Hormuz
06:53ou dépendants de l'Asie du Sud-Est,
06:54où on sait que les bateaux ont du mal maintenant
06:57à repartir sur l'Asie du Sud-Est,
06:59eh bien, on peut être très très très vite en difficulté.
07:03Donc, quand c'est comme ça,
07:05il faut être capable d'anticiper, d'évaluer,
07:08et de connaître les besoins,
07:09et de connaître l'état des stocks,
07:10savoir si on est à deux mois, trois mois de stocks,
07:13ou si on est à 15 mois de stocks.
07:13Mais ça, c'est la priorité ?
07:15Je crois, oui.
07:16Je crois que c'est absolument indisputable.
07:18Merci beaucoup Gilles Bonnefond,
07:19pharmacien, vice-président de la Chambre nationale des professions libérales,
07:22représentant des artisans et des professions libérales au CESE,
07:25et ancien président de l'USPO,
07:26c'est l'union syndicale des pharmaciens d'officine.
07:28On vous a bien compris, l'urgence aujourd'hui,
07:30notamment quand on voit l'inquiétude sanitaire légitime
07:33qui montre l'urgence de connaître les stocks de la France
07:35qui, quand on vous écoute, sont loin d'être publics
07:37et sont loin visiblement d'être totalement à jour.
07:39Merci beaucoup d'avoir été notre invité ce matin.
07:41Il est 7h20.
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