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Su historia de amor mítica con Humphrey Bogart quedó grabada para siempre en el celuloide de obras maestras del cine negro. Elegante, como su propia imagen, este es un retrato íntimo de Lauren Bacall también conocida como "The Look" (la mirada).




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Transcripción
00:14Gracias.
00:22¿Quién es Bob?
00:27¿Vas recuerdas cosas, no?
00:29Algunas cosas. ¿Qué es esto, Bob?
00:32Él se involucró con alguien más.
00:34Él le odia ahora, pero al mismo tiempo...
00:38Ella no quería que nadie más le tenía.
00:44¿Rival?
00:46Lauren Bacall no ha tenido de rival.
00:49Al menos para lo que es de este magnétismo.
00:52No otro no ha tenido el poder
00:54de hacer se dissonar el mundo alrededor de sí,
00:56pero sin ningún otro idioma.
01:00¿Tiene que estamos en pie,
01:01por este análisis?
01:03¿Qué es lo que nos hicieron?
01:09¿Cómo que nos hicieron?
01:12¿Tiene que nosotros,
01:16¿Tiene que nosotros,
01:17¿qué es el diáltimo?
01:19¿Qué es lo ver?
01:31En los años 1940-1950, Hollywood conoce su áge d'or.
01:36Los estudios rivalizan.
01:38Es a quien producirá el film el más espectacular, el más divertido, el más noir.
01:42A quien creara la star la más luminosa.
01:47Las compañías prestigieuses como MGM, Columbia, Paramount o Warner Bros.
01:51se mènent una guerra sin merci.
01:54Es en ese contexto que va apparaître un couple mythique, conçu sur mesure par la Warner.
02:00Un duo que nadie se separa nunca más.
02:02Lauren Bacal, Humphrey Bogart.
02:07Si Humphrey Bogart es ya la star adulée del cine noir,
02:11a esta época, nadie conoce Lauren Bacal.
02:17Una toda joven debutante, que jusque-là n'avait jamais tourné un seul film.
02:27Or, dès su primer film, Lauren Bacal entrera de plein pied dans la mythologie hollywoodienne,
02:33et sa vie durant, elle ne cessera de lutter contre cette image artificielle que les studios avaient fait d'elle.
02:41Elle n'aimait pas qu'on l'appelle Lauren, un prénom factice.
02:45Elle préférait qu'on l'appelle Betty.
02:49Comme la petite fille née dans le Bronx et grandie dans les rues de Brooklyn sous l'œil attentif de
02:53sa mère,
02:54qui secrètement nourrissait l'idée de la voir devenir princesse.
02:58Comme s'il s'agissait de prendre une revanche sur la vie.
03:03La petite Betty n'était pas vilaine.
03:06Très vite, elle préféra le théâtre à l'école.
03:09Pour sa mère, simple secrétaire qui l'élevait seule,
03:12ce qui comptait était le bonheur de sa fille.
03:14Et si elle voulait devenir actrice, tant qu'à faire qu'elle devienne une étoile.
03:21Alors à 17 ans, adieu l'école, les leçons, les devoirs.
03:25Bonjour les planches et la vache enragée.
03:29Meilleure méthode pour se forger un caractère, chose essentielle, lui répétait sa mère.
03:34Et du caractère, Lauren Bacal en avait.
03:41Lauren Bacal est née Betty John Persky, dans le Bronx, le 16 septembre 1924,
03:46d'une famille juive originaire d'Europe centrale.
03:51Les grands-parents et les parents de Lauren Bacal
03:53avaient vu inscrire leur nom sur un autre genre de générique.
03:57Et leur rêve américain ne se déroula pas dans les studios d'Hollywood,
04:01mais dans les bureaux d'Elys Island, à New York.
04:07La petite Lauren était née Betty Persky, du nom de son père,
04:10originaire de la région de Volgin, en Biélorussie.
04:13Une famille ancrée dans la tradition orthodoxe juive, mais rêvant de modernité.
04:20Sa mère avait quitté la Roumanie avec sa propre mère, son père, sa sœur aînée,
04:25son frère encore au berceau.
04:30Betty Persky, alias Lauren Bacal, rapportera dans ses mémoires
04:34que tout au long de sa vie, elle aurait fait de cette origine sa force intérieure.
04:45Le cinéma allait très tôt jouer sa part dans l'imaginaire de la petite Betty.
04:50Alors qu'elle s'approchait de son terme, sa mère alla voir un film,
04:54lorsqu'elle sentit soudain la créature qui s'agitait en elle
04:57commencer à faire irruption dans le monde.
05:02Maman quitta le cinéma et je suis née à 2h du matin au Grand Concours Sanitarium.
05:11Modeste fillette, dans un quartier modeste, dotée, il est vrai, d'une allure et d'une classe naturelle
05:16qui devait faire dire à sa mère qu'elle avait mis au monde une vraie princesse.
05:22I wanted my name in lights, I wanted that dream, I don't know where I got it from
05:27because, as you know from the book, no one in my family even came close to being in the theater
05:34or anything in the entertainment world.
05:37And I was just, I don't know, I just had to do it
05:41and I would have done anything, almost anything, and I did almost anything, to be recognized.
05:48Son père les avait abandonnés.
05:51Betty n'avait que 8 ans.
05:53Après le divorce, sa mère quitte Brooklyn pour Manhattan,
05:57reprend son nom de jeune fille, puis opte pour la version roumaine de son nom,
06:01Bacal, avec un seul L.
06:05Plus tard, c'est Betty qui optera pour le deuxième L.
06:09Elle aimait entendre ce son suave,
06:11Kohl, Bacol.
06:13Did you think that you had the proper physical attributes at the time
06:17when you were 16, 17, to become a filmster ?
06:20Uh, Michael, you know I didn't.
06:22I was flat-chested and large of foot
06:28and very gawky.
06:30No, I didn't.
06:31And I thought, I mean, I always was shy about smiling
06:35because my teeth were crooked and...
06:37God, I don't know, I was a mess.
06:38I don't know how many of these...
06:40Elle entame alors une carrière de mannequin
06:42et suit des cours de théâtre.
06:46And I'd gone to the American Academy
06:48and so on and so forth.
06:49But then when I graduated from high school,
06:51I had to get a job.
06:53And I ended up modeling in the Garment Center.
07:01I wanted to be an actress
07:03as far back as I can remember.
07:06Betty Davis was my idol.
07:08I just wanted to be like her,
07:11but on the stage.
07:11The golden girl, the cover girl.
07:14She did influence my beginning career very much,
07:17my thinking a great deal.
07:19It's the kind of actress I wanted to be.
07:20She's been profile cover,
07:22she's been very close to the star.
07:24Ne portait-elle pas le même prénom ?
07:29Mais c'est un simple cliché
07:31qui va faire basculer sa vie
07:32au plus haut sommet de la célébrité.
07:35En mars 1943,
07:37elle fait la couverture du Harper's Bazaar
07:40debout devant une vitrine de la Croix-Rouge.
07:43Clin d'œil à la femme vampire,
07:45forcément fatale
07:46pour ceux qui s'en approchent de trop près.
07:50À Hollywood, Nancy Hawkes,
07:52la femme de Howard Hawkes,
07:54découvre la photo
07:55et propose à son mari
07:56d'y jeter un coup d'œil.
07:58À cette époque,
07:59Howard Hawkes est un réalisateur
08:01qui compte à son actif
08:02près d'une vingtaine de films.
08:05Certains devenus mythiques,
08:06comme Scarface,
08:08l'impossible Monsieur Bébé,
08:09Viva Villa.
08:11Il a tourné avec des monstres sacrés
08:13comme Cary Grant,
08:15Catherine Hepburn,
08:16Rita Ewers.
08:17Et il rêve même de tourner
08:18avec la star des stars,
08:20Humphrey Bogart,
08:21l'acteur mythique du Faucon Maltais
08:24et de Casablanca.
08:29Betty était loin de se douter
08:30que le réalisateur recherchait
08:32depuis des années
08:33une jeune actrice
08:34qu'il pourrait façonner
08:35à sa mesure.
08:52En avril 1943,
08:53elle est convoquée
08:54dans les studios
08:55de la Warner à Los Angeles
08:56pour des essais
08:57avec Howard Hawkes.
09:09Elle écrit à sa mère
09:10« Mamoun,
09:12je me suis bien amusé
09:13à tourner mon bout d'essai.
09:15J'ai eu tout ce qu'une vedette a.
09:17Tout le monde m'a dit
09:18que seulement une fille sur 10 000
09:19avait droit à ce genre de traitement.
09:22Une fille sur 10 000,
09:23je m'en tire pas si mal. »
09:44Agissant en véritable Pygmalion,
09:46il faudra à Hawkes
09:47près d'une année
09:48pour préparer Bacall
09:49à son premier rôle.
09:51« Qu'est-ce que tu peux être
09:52quand tu es 18 ans
09:54et que tu ne connais rien
09:57et que tu n'as pas
09:59très limité
10:00de l'expérience,
10:01presque rien,
10:02et très peu de l'expérience
10:03Je veux dire,
10:04comment tu peux être
10:05sophistiqué ?
10:06Mais si tu as une voix profonde
10:08et que Howard Hawkes
10:09écrit ton dialogue
10:10et directs tu
10:10et te l'écoutes
10:12correctement,
10:13je veux dire,
10:14tu peux être tout.
10:27Merci.
10:32Qui est-ce que c'est ?
10:33Elle a pris ce matin,
10:34de la plaine du sud.
10:35Well, we had this new girl who had a way of kind of speaking a line
10:42that had an insolence that didn't anger people.
10:48This was, of course, my first leading role in a movie from nowhere, from Howard Hawks.
10:55And he said, I want to put you in a picture with either Cary Grant or Humphrey Bogart.
11:01And I thought, Cary Grant, oh boy, I thought that would be fabulous Bogart.
11:07I thought, it's all right, but, you know.
11:10You know you don't have to act with me, Steve.
11:13You don't have to say anything and you don't have to do anything.
11:16Not a thing.
11:18Oh, maybe just whistle.
11:24You know how to whistle, don't you, Steve?
11:27You just put your lips together and blow.
11:30His wife said, sweetie, what did you get?
11:34This picture was so well received and previewed
11:37that he said we should have another with these people right away.
11:42And I knew a story and we started to make it.
11:45It was just as successful as the first one.
11:48Tears flowed like wine.
11:50Yes, her tears flowed like wine.
11:54She's a real sad tomato.
11:56And it was easy to do because Bogart could help McCall.
12:00He fell in love with her.
12:04Hawks, qui s'était taillé sur mesure le parfait sex-symbole
12:07qui devait finir dans son lit,
12:09n'avait réussi qu'à la livrer à Bogart.
12:14Un brin cynique, il dira plus tard,
12:17ce qui est drôle, c'est que Bogart est tombé amoureux
12:20du personnage qu'elle jouait dans le film.
12:22Alors, elle dut continuer à le jouer
12:24pendant le reste de sa vie.
12:27And there was no trouble about working
12:30because it wasn't too easy to take a brand-new girl
12:34and get the kind of stuff that we got from McCall.
12:38Lying on a pillow
12:39Weeping like a willow
12:41And they started to make the picture
12:43and I was shaking all the time,
12:45you know, because I was a nervous wreck.
12:48And Howard knew how nervous I was
12:50and Bogie knew how nervous I was
12:52and Howard told Bogie,
12:53you know, kid around with her,
12:55you know, make her laugh
12:56and try to relax her
12:58because I know how tense she is.
12:59And Bogie, of course, understood that
13:01and he was a very funny guy,
13:03very witty man,
13:04which I never expected.
13:06And I, in turn,
13:08gave as good as I got.
13:13Oh, I like that.
13:18Except...
13:19except for the beard.
13:22Why don't you shave
13:24and we'll try it again.
13:29Suddenly, things changed.
13:31I mean, we had been working
13:34for three or four weeks in the movie
13:36and one night at the end of the day's shooting,
13:39I was sitting in my dressing room
13:41and getting ready to go home
13:43and Bogie walked into the dressing room
13:45just to say goodnight.
13:48and I looked at him and I said,
13:49oh, goodnight.
13:51So he leaned over
13:52and he pulled my head up
13:53and kissed me goodbye.
13:55Goodnight, I thought.
14:07So, that was the first kind of move
14:10that you made.
14:11And the next thing I knew,
14:13I was hanging out with us every word
14:15and the next thing you know,
14:17we were really in love.
14:23When we met him,
14:24she was 19 years old,
14:26he was 44.
14:28The young woman,
14:29the beginning and the star of Dulé,
14:31a single single couple.
14:45of course,
14:46he was still married
14:48and then he
14:50he wanted to leave his wife
14:52but he was very afraid
14:53of our age difference.
14:56He was,
14:57he thought that it was,
14:58it would never last.
15:00And he'd call me up
15:01at three in the morning
15:02and say,
15:02meet me on the corner of
15:05Beverly Drive
15:05and Wilshire Boulevard,
15:07which I did.
15:07and my mother would say,
15:09what's going on?
15:10Where are you going?
15:11What are you doing?
15:12She'd wake up,
15:13you know,
15:13by then she was living
15:14in the apartment with me
15:15in Beverly Hills.
15:17I said,
15:17I'm,
15:18I'm going to meet him.
15:19She said,
15:20you can't meet him,
15:20he's a married man.
15:21I said,
15:22yeah,
15:23but he likes me.
15:24Why shouldn't he like you?
15:25You're a beautiful young girl.
15:26Stay home.
15:27And of course,
15:27me,
15:28headstrong,
15:28I went right out the door
15:29and went and met him.
15:31The tension
15:31and the excitement
15:32and all of this
15:33and the,
15:34and the developing
15:35of our great
15:36falling in love
15:37with one another.
15:40His wife
15:40was on the set
15:42the first day
15:42of shooting.
15:43I was introduced
15:44to her
15:45and said,
15:45how do you do?
15:46And she kind of
15:47sneered at me.
15:49But I didn't think
15:50anything of it
15:50because I didn't think
15:51anything of anything
15:52except being in the movie
15:54and Howard Hawks.
15:56I'm going to leave you
15:56in a tough spot.
15:57That's all right with me.
15:58How do I get out of here?
16:00That door leads
16:00to a side porch.
16:01All right,
16:01as soon as I've gone,
16:02you count to 20 slowly
16:03and then scream your head off.
16:04I will.
16:06All right,
16:06start counting.
16:07You know you don't have
16:08back with me, Steve.
16:09Hawks,
16:10en grand professionnel,
16:11ne pouvant parvenir
16:12à ses fins avec Bacall,
16:14va utiliser
16:15l'histoire d'amour
16:15du couple.
16:17Ce ne sont plus
16:18ces films
16:18qui influent
16:19sur leur vie,
16:20mais leur vie
16:21qui inspire ces films
16:22jusque dans leur dialogue
16:23que Hawks récupère
16:25les retaillant sur mesure.
16:27C'est un autre type
16:29de dialogue.
16:31C'est le dialogue
16:33que Hemingway
16:33s'appelle
16:36oblique.
16:37Je l'appelle
16:38trois cushions.
16:39En parlant de horses,
16:41je les aime jouer
16:42moi-même.
16:43Mais je les aime
16:44faire un peu
16:45d'abord.
16:45voir si ils sont
16:46front-runners
16:47ou si ils viennent
16:47de derrière.
16:49Faut savoir
16:49ce qu'il y a leur
16:50car est.
16:51Ce qui fait
16:52qu'ils rire.
16:53Faut savoir
16:53mine?
16:54Je pense que.
16:55Go ahead.
16:57Je dirais,
16:58vous n'aime pas
16:58être rétaillant.
16:59Vous n'aime pas
17:00être rétaillant.
17:01Vous n'aime pas
17:01l'entendant.
17:04Vous n'aime pas
17:06l'entendant.
17:07Vous n'aime pas
17:08l'entendant.
17:08être rétaillant.
17:10Je n'aime pas
17:11rencontrer
17:11quelqu'un qui peut
17:12le faire.
17:12Any suggestions?
17:14Je n'aime pas
17:16l'entendant
17:16que je n'aime
17:17l'entendant.
17:18Vous avez
17:19un peu de classe,
17:20mais je ne sais
17:21comment
17:22vous pouvez
17:23aller.
17:23Il dépend
17:24de qui est
17:25dans la salle.
17:26Go ahead,
17:27Marlowe.
17:27Je me sens
17:28que vous travaillez.
17:29Pendant le making
17:30du big sleep,
17:31j'ai découvert
17:32pour la première fois
17:33que vous ne devez
17:35être trop logique.
17:36Vous devriez juste
17:36faire...
17:37Vous devriez juste
17:40faire...
17:41des bonnes scènes.
17:43Et si vous
17:44followz une scène
17:47avec l'autre,
17:48et ne vous arrêtez
17:48de s'occuper de la logique
17:50et ne vous arrêtez
17:51de s'occuper de les
17:52ensemble,
17:52faites juste des bonnes scènes.
17:57En quelques scènes magistrales,
18:00Hawks était parvenu
18:01à faire de Betty
18:02la femme fatale
18:03qui devait faire succomber
18:04tous les hommes,
18:05même les plus insensibles.
18:08Tout y était.
18:09Le timbre de la voix,
18:11les vagues de la chevelure,
18:13le chaloupé de la démarche,
18:15mais surtout,
18:16le regard,
18:18le look,
18:19celui qui en un éclair
18:21fit de Lorraine Bacall,
18:23là,
18:23Bacall.
18:43Sur ordre de Hawks,
18:45des équipes de maquilleurs
18:46et de coiffeurs
18:47ont métamorphosé
18:48la jeune fille
18:49en femme fatale,
18:50l'innocence
18:51en fatalité.
18:53Ils se sont acharnés
18:55sur les sourcils,
18:56le moindre pli
18:57des cheveux,
18:57ils lui ont même
18:58redressé les dents.
19:00C'est Hawks
19:01qui avait imposé
19:02le prénom Lorraine.
19:03Elle ne s'y fera
19:04en réalité jamais.
19:07Hawks ne se contenta
19:08pas de tout cela,
19:09c'est lui aussi
19:10qui modula sa voix.
19:12Il la voulait
19:13plus cassée encore,
19:14plus éraillée,
19:15plus grave.
19:16Il l'envoyait régulièrement
19:18sur Mulholland Drive
19:19et la faisait lire
19:20et réciter à voix haute
19:21que sa voix parvienne
19:23à couvrir la rumeur
19:24du boulevard.
19:25Il lui fallait hurler.
19:28Très vite,
19:30Betty se sentait
19:30disparaître
19:31sous l'artifice
19:32de Lorraine.
19:33Mon Dieu,
19:34se disait-elle,
19:35que vais-je faire de moi
19:36ensevelie sous tout cela.
19:43Mais Hawks,
19:44qui en avait fait
19:44cette créature artificielle,
19:47révéla finalement
19:47en elle la passion.
19:53Encore,
19:54j'étais en train
19:54de se faire
19:55avec Bulgy
19:55et j'ai voulu
19:57être avec lui
19:58plus que tout autre.
20:01Il a dit
20:02« Vous avez à faire
20:03une décision,
20:03vous avez à faire
20:04une décision.
20:05Si vous voulez
20:05une career,
20:07je vais faire
20:08tout ce que je peux
20:09pour vous,
20:09mais je ne vais pas
20:10vous marrer.
20:14Il a dit
20:15« Je ne vais
20:15être marié
20:16à trois actrices.
20:18Je veux
20:19une femme,
20:20je veux
20:20vous avec
20:21me tout le temps.
20:22Et vous avez
20:23de ce qui
20:23vient de
20:24qui vient de
20:24qui vient de
20:24qui vient de
20:25qui vient de
20:25qui vient de
20:25qui vient de
20:25qui vient de
20:26qui vient de
20:27qui vient de
20:27ce qui vient de
20:30qui vient de
20:37le 21 mai 1945,
20:40ils scellèrent
20:41leur union
20:41par un mariage.
20:48Malgré
20:48leur bonne
20:49résolution,
20:50Bogart,
20:51compréhensif,
20:52ne l'empêchera pas
20:52de poursuivre
20:53sa propre carrière.
20:54« Il était
20:55un marshmallow.
20:57Il était
20:57un homme très
20:58émotionnel,
20:59sensitif,
21:00qui était
21:01en fait
21:02sur le
21:03droit
21:03des tracts
21:04avec un docteur
21:05pour un père
21:06et un artiste
21:06pour une mère.
21:08Il était
21:09toujours
21:09considéré
21:09un gent,
21:11ce qui
21:12apparaît
21:12très peu
21:13de la
21:13ressemblance
21:13à la partie
21:14qu'il a joué.
21:15Il n'était
21:16rien comme ça.
21:16Il était
21:17aussi un
21:17bien
21:17réveillé,
21:18intelligent
21:18et très
21:19marreux.
21:23Bogart
21:23lui faisait
21:24oublier
21:25l'artificiel
21:25Lorraine
21:26pour la
21:27ramener
21:27à la
21:28naturelle
21:28Betty.
21:30Il la
21:31tranquillisait,
21:32la rassurait,
21:34l'amusait,
21:36savait
21:36combler
21:37ses troubles,
21:38répondre
21:39à ses
21:39doutes.
21:43Pour
21:44faire
21:44sourire
21:44Betty,
21:45souvent
21:45l'inspecteur
21:46Marlowe
21:46jouait
21:47Buster
21:47Keaton.
22:03Sous-titrage
22:05You know,
22:06when Ernest
22:06Hemingway's book
22:08Gold Bad
22:08on the Sea
22:09had been
22:10published,
22:10there was a
22:11great big
22:12Time article
22:13about him,
22:13Time magazine,
22:14and quoting
22:15Hemingway's
22:16feeling about
22:17the sea
22:18and Bogie
22:19just pointed
22:20it out
22:21to me
22:21and said
22:21read this,
22:22this is
22:22exactly
22:22the way
22:23I feel
22:23about the
22:24sea.
22:24He felt
22:25it was
22:25the last
22:26free place
22:27on earth,
22:27you see,
22:28and he
22:29just loved
22:31it.
22:32He loved
22:33sailing,
22:33and I
22:35unfortunately
22:35found myself
22:36feeling a little
22:37queasy,
22:39but for
22:40Bogart
22:41it was
22:42my great
22:43competition.
22:56Like
22:56she
22:57l'écrit
22:57dans
22:57ses
22:57mémoires,
22:59Bogie
22:59fit
22:59d'elle
22:59tout
23:00à la
23:00fois
23:00une
23:01actrice,
23:01une
23:02amante,
23:03une
23:03femme,
23:04une
23:05mère.
23:07Leur
23:07vie
23:08de
23:08couple
23:08semblait
23:08un
23:09conte
23:09de
23:09fées.
23:1212
23:13ans
23:13de
23:13vie
23:13heureuse,
23:14deux
23:15enfants.
23:19Lorraine
23:20voulait donner
23:20à Bogie
23:21tout ce
23:21qu'il
23:22n'avait
23:22jamais
23:22eu.
23:23Tout
23:24cet
23:24amour
23:25qu'elle
23:25avait
23:25amassé
23:26pour
23:26un
23:26père
23:26invisible,
23:27elle
23:28pouvait
23:28enfin
23:28en faire
23:29don
23:29à
23:29cet
23:29homme-là.
23:31Lui
23:31apporter
23:32le rire,
23:32la tendresse,
23:34la joie.
23:40Durant
23:41l'automne
23:411947,
23:43commença
23:43à Washington
23:44l'enquête
23:45menée par
23:46John
23:46Pardell
23:46Thomas,
23:47chargé
23:47de lutter
23:48contre
23:48toute
23:48activité
23:49suspectée
23:50de
23:50communisme.
24:0119
24:02personnalités
24:03du monde
24:03du cinéma
24:04sont
24:04convoquées
24:05par la
24:05commission.
24:06Il s'agit
24:07de scénaristes,
24:08de producteurs
24:08et d'acteurs.
24:10La commission
24:11tient neuf jours
24:12d'audience,
24:13mais poussant
24:13trop loin
24:14ses investigations,
24:15elle fut accusée
24:16de violer
24:17les principes
24:17de base
24:17de la démocratie
24:18américaine.
24:20Bogart
24:21et Bacall
24:22prirent
24:22alors la tête
24:23d'un
24:23contre-comité
24:24connu sous
24:25le nom
24:25de Comité
24:26pour le
24:26premier
24:26amendement.
24:27Ils comprenaient
24:28près de 80
24:29personnalités
24:30hollywoodiennes,
24:31dont Judy Garland,
24:32John Huston,
24:33Groucho Marx,
24:35Frank Sinatra.
24:35« Cet engagement
24:39fut une fierté
24:39pour Bacall.
24:41C'était la première
24:42fois que j'avais
24:42la révélation
24:43d'une cause
24:44à défendre,
24:44dit-elle.
24:45Je pris la chose
24:46très à cœur.
24:48On était
24:48au lendemain
24:49de la guerre,
24:49au lendemain
24:50de la défaite
24:51nazie.
24:51Il faut y aller,
24:52dit Jaboli. »
24:55Finalement,
24:55ce sont plus
24:56de 300 artistes
24:57qui ont été
24:57inscrits
24:58sur une liste
24:59noire
24:59par les studios.
25:01Un dixième
25:01d'entre eux
25:02réussira à se
25:03reconstruire
25:04une carrière.
25:07C'est cette commission
25:08qui préfigura
25:09la chasse aux sorcières
25:10entreprise
25:11par le sénateur
25:12McCarthy
25:12entre 1950
25:14et 1954.
25:20Tentée un moment
25:21par l'appel
25:22du politique
25:23et bien qu'elle
25:24fût courtisée
25:24par d'éminentes
25:25personnalités,
25:26le pouvoir
25:27n'était pas
25:28franchement
25:28son ambition.
25:31Même si par ailleurs,
25:33Lorraine était fière
25:34d'être la cousine germaine
25:35de Shimon Peres,
25:36le futur président
25:37de l'État d'Israël,
25:38pour elle,
25:39l'idéal
25:39de l'homme
25:40de conviction.
25:42Cependant,
25:43la photo
25:43dont elle était
25:44la plus fière
25:44était celle
25:45du président Truman
25:46au piano
25:47en train
25:47de lui faire
25:48la cour.
25:55En 1948,
25:56un an après
25:57la commission
25:58de Washington,
25:59elle tourne
25:59Key Largo
26:00sous la direction
26:01de John Huston.
26:03Ce film
26:04sera pour elle
26:05sa plus heureuse
26:06expérience
26:06avec Bogart.
26:13Ce sera pourtant
26:14le dernier
26:15qu'ils tourneront
26:16ensemble.
26:26En 1953,
26:28elle propose
26:28à la Fox
26:29un projet de comédie
26:30qu'elle fera
26:31avec Marilyn Monroe,
26:32Comment épouser
26:33un millionnaire.
26:34Pourtant,
26:35elle devra passer
26:36des essais
26:37comme si la femme
26:38de Bogart
26:38n'était pas reconnue
26:39comme actrice
26:40à part entière.
26:41« Toute ma vie,
26:42j'ai dû faire
26:43mes preuves,
26:43dit-elle.
26:44Et toute ma vie,
26:45j'en garderai
26:46rancœur au studio. »
26:50Elle enchaînera
26:50ensuite quelques films
26:51de moyenne facture
26:53avant d'incarner
26:54une styliste
26:54dans
26:55« Designing Woman »,
26:56la femme modèle
26:57de Vincent Eminelli.
26:59Le film était prévu
27:00pour Grace Kelly,
27:01mais son mariage
27:03avec le prince
27:03régné
27:03permit à Bacal
27:04d'hériter du rôle.
27:17Elle tourna ce film
27:18comme elle le dit
27:19pour se changer
27:20les idées,
27:21car au même moment,
27:22Bogart se mourait
27:23d'un cancer.
27:24Et c'était très drôle
27:25de vivre comme ça,
27:28dans cette situation
27:29avec Bogart
27:30comme il est
27:30comme il était
27:31dans cette horrible
27:32maladie,
27:33et puis de aller
27:34sur le set
27:36et de jouer
27:37en scène.
27:39C'était un temps
27:40difficile,
27:41mais Greg,
27:42qui était
27:42le marveillais,
27:44marveillais
27:45man,
27:46nous avons
27:46de connaître
27:47vraiment
27:48en 1956
27:49quand le film
27:50est rendu.
28:02L'idylle
28:03avec Gregory Peck
28:04devait quelque peu
28:05ébrécher le mythe
28:06du couple intègre.
28:08Mais que pouvait
28:09se reprocher Bacal
28:10vu l'infidélité
28:12avérée de son mari
28:13qui,
28:13durant plus de 13 ans,
28:15entretint
28:16une relation
28:16avec Verita
28:17Bouver-Thompson,
28:18sa coiffeuse.
28:22Les deux amants
28:23ne se séparèrent
28:24qu'au moment
28:24de la maladie
28:25de Bogart
28:27en 1955.
28:34Et, vous savez,
28:37si la personne
28:37qui est mort
28:39ne parle pas
28:40de vous,
28:40ne parle pas
28:40de ça.
28:42Et donc,
28:42je n'ai jamais
28:43demandé des questions.
28:44Mais je n'ai jamais
28:45pensé en termes
28:46de finité.
28:47Je n'ai jamais
28:48pensé en termes
28:49de la façon
28:49de mourir.
28:51Je pense que
28:52je n'ai pas
28:52de penser.
28:53Je suis en
28:53de l'avenir,
28:54c'est tout.
28:55Deux petits
28:55enfants.
28:58Je ne sais pas.
29:00Il savait
29:01qu'il pouvait
29:02travailler
29:02encore,
29:04il serait
29:04meilleur.
29:05Mais,
29:06bien sûr,
29:06il n'a jamais
29:07bien.
29:17Bacal et Bogart
29:19ne firent que
29:20quatre films
29:20ensemble,
29:21pas un de plus.
29:23Quatre films
29:24devenus
29:25immédiatement
29:26mythiques.
29:27Ils auraient dû
29:28pourtant se retrouver
29:29pour un cinquième.
29:31Il ne nous reste
29:32qu'un seul témoignage.
29:34Un bout d'essai
29:35de costume
29:35filmé le 20 février
29:371956.
29:39Ultime plan
29:40qui devait
29:41les réunir.
29:43Quelques temps
29:44après ses essais,
29:46Bogart
29:46entre à l'hôpital.
29:52Bacal écrit
29:53« Je ne songeais pas
29:55il est en train
29:56de mourir.
29:57Il dormait
29:58simplement
29:59d'un sommeil
29:59qu'il entraînait
30:00dans des lieux
30:01où je n'avais
30:01pas accès.
30:03Je me disais
30:04est-ce là
30:05l'aboutissement
30:06d'une existence
30:07est-ce ainsi
30:08que s'achève
30:09notre mariage
30:10cet homme
30:11si vivant
30:12si plein
30:12de fantaisie
30:13va-t-il
30:14vraiment me quitter
30:15pour toujours ? »
30:19Humphrey Bogart
30:20meurt le 14 janvier
30:211957.
30:47Bogart s'était fait confectionner
30:49un cercueil
30:49en forme
30:50en forme de bateau
30:50son bateau.
30:53La mort
30:54cette grande inconnue
30:55était semblable
30:57pour lui
30:57à la mer.
31:04C'est-ce qu'il y a
31:05un acteur
31:07en plus
31:09de
31:09être
31:10comme
31:10un être
31:11humain
31:11il
31:12devait
31:13tout
31:15culte
31:16qu'il
31:16peut
31:16être
31:17de
31:17chaque
31:17génération
31:18et
31:18il
31:18est
31:18timeless
31:19je pense
31:19que ça
31:19va
31:19continuer
31:20longtemps
31:20après
31:27Bacal
31:27dut apprendre
31:28à vivre
31:29sans Bogart
31:31tout au long
31:32du reste
31:32de sa vie
31:33elle ne s'est construite
31:34que dans la tentative
31:35de faire le deuil
31:36de celui
31:36qui était tout
31:37pour elle
31:40elle n'y est pas
31:41parvenue
31:58What did
31:59you do
31:59that for?
32:00I've been
32:00wondering
32:01whether I'd
32:01like it
32:02What's
32:03your decision?
32:04I don't
32:05know
32:05yet
32:12It's even better when you help
32:14You don't have to act for me, Steve
32:17You don't have to do anything
32:19Not a thing
32:21You know how to whistle, don't you, Steve?
32:24Just pucker your lips together and blow
32:28Like this
32:36Saturday night is the loneliest night of the week
32:42Cause that's the night that my sweetie and I
32:46C'est durant la maladie de Bogart que Bacall et Sinatra tombèrent amoureux
32:50I don't mind Sunday night at all
32:54Ce n'était plus un secret pour personne
32:57Devenu amant, leur relation durera des mois
33:02Un an après la mort de Bogart
33:04Sinatra propose le mariage à Bacall
33:08Un soir que les deux amants dînaient sur Sunset Boulevard
33:11Une jeune fille s'approcha leur demandant un autographe
33:15Sinatra incita Bacall à signer Betty Sinatra
33:20Le lendemain se furent les gros titres
33:22Sinatra épouse Bacall
33:24Furieux de cette publicité prématurée
33:26Sinatra rompit leur relation
33:28Et n'adressa plus la parole à Bacall pendant plus de dix ans
33:32Le choc fut terrible
33:36Trois ans plus tard
33:37Elle se consola dans les bras de Jason Robarts
33:40Aussi grand buveur devant l'éternel
33:42Que grand acteur
33:44La noce eut lieu le 4 juillet 1961
34:15Sous-titrage Société Radio-Canada
34:18En l'occurrence avec Jason Robarts
34:21Dont elle souligne dans ses mémoires
34:22L'alcoolisme chronique
34:23Elle n'a pas dû être souvent nerveuse
34:26Elle finit par se séparer de lui huit ans plus tard
34:29Pour cette raison qu'il en était devenu infréquentable
34:33Il eut le temps quand même d'être le père de son troisième enfant
34:47Le seul film qu'ils firent tous les deux fut une publicité
34:50Qui loin de vanter les mérites du scotch
34:52Vantait ceux du café
34:55Aurait-on vu Bacall divorcer pour un but de café ?
34:58C'est le début
35:01C'est le début
35:01Don't you get lonely up here all by yourself ?
35:04J'ai été born lonely, je pense
35:06C'est pourquoi tu visites les tribunaux ?
35:09Non
35:10Je suis venu parce que ton casque était comme mon père
35:13Je sais qu'il n'a pas fait de mon mariage
35:15Je sais qu'il lui a dit la vérité
35:18Je ne pense pas que j'ai été considéré par beaucoup de gens
35:21en films comme une actrice
35:23J'ai été considéré par beaucoup de gens
35:27Et c'était ça
35:28Et c'était ça
35:29Ils étaient toujours en films
35:31Et ils étaient en bons films
35:32Mais ils ne voulaient pas moi en eux
35:35C'est quand votre vie personnelle est dans l'Ascan
35:38Quand votre career est dans l'Ascan
35:39Quand votre career est dans l'Ascan
35:48Il n'a jamais atteint les heights
35:50Il n'a jamais atteint encore
35:50Il n'a jamais atteint encore
35:51Il n'a jamais atteint encore
35:52Il n'a jamais atteint
35:55Except moi
36:03Après Bogart
36:04C'est Hollywood qui l'abandonne à son tour
36:07Il n'a jamais atteint encore
36:21Il n'a jamais atteint encore
37:02Il n'a jamais atteint encore
37:14Il n'a jamais atteint encore
37:20Il n'a jamais atteint encore
37:49Outside
37:49Et je rentrions de ma rentrée
38:04Il n'est jamais atteint encore
38:11Donde vienes tú Lorraine, Ellis Island, le Bronx, Brooklyn, l'Europe centrale, quelles
38:22sont tes racines, ta jeunesse, ton enfance, cette force de persévérance, ce courage,
38:33cette détermination, d'où l'épuisa-t-elle, si ce n'est de ses racines auxquelles elle dit s'être
38:38constamment rattachée.
39:30Non, c'était pas ça.
39:36Non, c'était pas ça, c'était pas ça, c'était pas ça, c'était pas ça.
40:05J'ai passé une grande partie de ma vie, dit-elle, à essayer de trouver ma propre identité.
40:12Et ça n'a pas été facile.
40:15Ça n'est toujours pas facile.
40:36À l'époque, davantage que ce monsieur Bogart, sa mère aurait préféré qu'elle épouse un bon mari juif,
40:42comme, par exemple, le jeune Kirk Douglas.
41:17Qui oserait succéder à Boggy ?
41:24Même mort, Boggy continuait à l'éloigner de tous les hommes.
41:29Rares sont ceux qui se risquèrent à la comparaison.
42:12Une actrice est forcément dans la séduction, et les aventures courent tout au long des films.
42:29Betty n'aura eu de cesse de tenter de se défaire de Lorraine, finalement devenue sa rivale.
42:36Les gens m'ont vu dans une certaine façon,
42:40en particulier aujourd'hui.
42:43Je suis regardée comme une femme qui est en total control et en commande de chaque situation,
42:48et je n'ai pas besoin d'un, et je n'ai pas toutes les réponses,
42:50et je n'ai pas tout de suite, c'est comme toutes les parties que j'ai joué.
43:13Rongé par l'amertume et les frustrations de celles que personne ne sollicite plus,
43:18Bacal finira par quitter Malibu et Beverly Hills
43:21pour revenir au New York de sa jeunesse.
43:25Elle s'installe dans le célèbre immeuble Dakota, sur Central Park,
43:29dans un vaste appartement caverneux,
43:31un refuge, un lieu de repli sur soi,
43:35où elle aura tout le temps de méditer sa revanche sur Hollywood.
44:20Le fantôme de Bette Davis la hantait.
44:23Elle se souvint qu'elle aussi, mise sur la touche par Hollywood,
44:27avait dû quémander du travail,
44:29par ce mandat nonce les couloirs des studios.
44:34A vingt ans j'atteignis aux étoiles.
44:37Je croyais naïvement que tout cela durerait.
44:42Bacal disait avoir l'impression d'avoir vécu sa vie à l'envers.
44:46La gloire et le succès jeunes,
44:48et puis la vache enragée, dans la vieillesse.
44:53Dans mes plus graves moments de détresse,
44:55jamais je n'ai songé au suicide,
44:57comme mon ami Ernest Hemingway.
44:59J'attache bien trop de prix à l'existence.
45:02Je peux porter ma contribution aux autres.
45:06Ce qu'elle fit, par exemple, en organisant le 11 juin 1970,
45:10ce festival de jazz pour son ami Louis Armstrong.
45:15Armstrong l'encouragea.
45:17Il fallait toujours tenir la tête haute,
45:20ne jamais désespérer.
45:21Les icônes ne se lamentent pas.
45:24Il y avait eu la résurrection de Bette Davis,
45:27il y aurait la résurrection de Betty Bacal.
45:31En effet, Broadway allait être sa revanche sur Hollywood.
45:35It is a show that gave me a place in the theatre of my own,
45:43which I never had had.
45:45And I never felt that I had it in films.
45:48And I felt that I was beginning to get it in the theatre,
45:51but this really kind of was,
45:53it was no more just playing at it.
45:56And finally they realized it wasn't a lark.
45:59I mean, eight shows a week for two years is far from a lark.
46:01Ladies and gentlemen, the Tony Award winning,
46:05here from Applaus, Miss Lauren Bacall.
46:09Bacall écrira au lendemain du merveilleux succès d'Applaus en 1972
46:13« Enfin, je vais leur montrer que j'ai du talent,
46:17que je suis une vraie comédienne
46:19et qu'ils ont eu tort à Hollywood de me reléguer sur la touche. »
46:24Le comble, c'est qu'Applaus est l'adaptation musicale de All About Eve
46:28et que Bacall y joue le même rôle que tenait Bette Davis dans le film à l'époque.
46:34Un soir de représentation, Bette Davis s'est d'ailleurs glissée dans la salle
46:38sans que personne ne le sache.
47:02Bette Davis, l'idole de son enfance,
47:05venait l'applaudir dans ce même théâtre où, jeune fille, elle débutait sur les planches.
47:10La boucle était bouclée.
47:12« Le théâtre m'a donné ce que j'ai toujours voulu.
47:17Je veux dire, un genre d'accueil,
47:19mais je veux dire, une reconnaissance
47:21et un sens de que j'étais partie de cette communauté
47:25et de se faire sérieusement. »
47:28C'était un grand perc.
47:3020 ans j'ai passé sur le stage.
47:34J'ai aimé chaque minute.
47:39Tant de revanche à prendre sur le métier, sur le cinéma, sur les hommes.
47:46Elle continuera bien à tourner de façon sporadique
47:49quelques films de second ordre.
47:52Bacall participera à près de 50 films,
47:55mais vers la fin de sa vie, ce sont plus des apparitions
47:57que de véritables rôles.
47:59Le crime de l'Orient Express,
48:01Le dernier des géants,
48:03Rendez-vous avec la mort,
48:04Prêt-à-porter de Robert Altman
48:06ou encore d'Ogville de Lars von Trier.
48:11Désillusionnée quant à la fin de sa carrière,
48:13elle se consacrera à l'écriture de ses mémoires
48:16qu'elle intitulera « Par moi-même »,
48:18comme s'il s'agissait d'en finir avec l'idée
48:20d'avoir été la créature d'un autre,
48:23à commencer par celle de Ward Hawkes
48:25pour continuer par celle de Bogart.
48:35C'est pas un livre de ma carrière,
48:39parce que c'est un livre de moi.
48:41Et moi, je suis un femme.
48:47Je veux écrire un livre d'un vie.
48:52Et un vie qui aussi est une femme qui est vive sa vie
49:02avec les hommes, avec les enfants, avec les parents,
49:05avec la famille,
49:06mais aussi qui est une actrice.
49:19Pris de remords,
49:21Hollywood lui décernera un Oscar d'honneur en 2009,
49:25venu trop tard sûrement.
49:28Bacal finit par dire que ce fut pour elle
49:30la pire cérémonie.
49:32Mais elle ne s'en tirait pas trop mal.
49:35Elle venait en fait de se trouver
49:36le compagnon rêvé.
49:38Un homme à la fin !
49:48Quand l'American Institute la classa
49:50à la 11e place des 100 stars du cinéma
49:52de tous les temps,
49:54Bacal, désabusé, écrira
49:56« Le passé est le passé.
49:59Il m'a formé,
50:00m'a appris beaucoup de choses.
50:03Mais le présent m'importe davantage.
50:06Je lutte toujours pour acquérir le droit
50:08à mon identité propre.
50:11Je ne veux pas que l'on m'identifie pour l'éternité
50:13avec un rôle joué à 19 ans.
50:16Jusqu'à présent,
50:17j'ai toujours plus ou moins perdu cette bataille.
50:21Peut-être ne la gagnerai-je jamais. »
50:25C'est quoi ?
50:35C'est quoi ?
50:37C'est beau ?
50:39Jusqu'à présent,
50:40je pense que les gens
50:40regardent à vous
50:41avec tellement de admiration.
50:45C'est beau.
51:12Le 21 août 2014,
51:14s'en allait celle qui,
51:16au-delà de sa voix suave
51:17et de son regard magnétique,
51:20se disait en secret fragile,
51:22si peu sûre,
51:24sans cesse vulnérable,
51:26immensément timide,
51:29et qui, dans une classe extrême,
51:31nous échappait,
51:33fuyante, perpétuelle,
51:34subreptice.
51:38Subreptice.
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