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Avec Françoise Laborde, journaliste, ex-membre du CSA

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##LE_FAIT_DU_JOUR-2026-05-05##

Catégorie

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News
Transcription
00:00Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, le fait du jour.
00:06Le très controversé rapport du député UDR Charles Aloncle sur l'audiovisuel public a été publié aujourd'hui.
00:12Un rapport de près de 400 pages faisant parfois écho au principe de l'ORTF.
00:16Son principal objectif, réaliser un milliard d'économies en supprimant par exemple des chaînes de télévision et de radio.
00:22Autre objectif, la neutralité du service public, y compris sur les réseaux sociaux.
00:26La présidente de France Télévisions, Delphine Ernotte, a réagi ce matin.
00:30Elle dénonce une vision de la télévision publique élitiste, éloignée des familles et des publics les plus populaires.
00:36On en parle avec une ancienne membre du CSA, la journaliste Françoise Laborde. Bonjour.
00:42Bonjour. Bonjour, bonjour.
00:44Bonjour Françoise Laborde, merci d'être en direct sur Sud Radio.
00:47Aujourd'hui, je suis ravi de vous voir.
00:50Bien entendu, vous êtes totalement compétente pour décrypter un petit peu cette actualité.
00:55Et je ne vous présente plus, vous êtes une journaliste, ça on le sait.
00:58Vous avez animé des émissions de télévision, vous avez présenté des journaux télévisés.
01:03Vous êtes une figure de l'audiovisuel et vous avez été nommé par Nicolas Sarkozy en 2009,
01:08membre du conseil supérieur de l'audiovisuel, le célèbre CSA.
01:11Donc ce sont des sujets que vous connaissez bien, sur lesquels vous avez beaucoup réfléchi et disserté.
01:16Et je n'hésite pas un instant, je sais que vous aurez un avis précis et tranché.
01:20Donc le député Charles Alloncle a rendu son rapport, 10 points forts, je ne vais pas tous les rappeler.
01:25Supprimer de nombreuses chaînes de radio-télévision, diversifier l'origine des éditorialistes de France Inter,
01:30nomination des PDG de France Télévisions et de Radio France par le Président de la République.
01:35Bon, on ne va pas faire l'inventaire total.
01:38Françoise Laborde, c'est un dossier ancien, depuis la création de la haute autorité de l'audiovisuel
01:45qui avait été confiée à Michel Cotta au début, vous faites partie de ces journalistes
01:48auxquels les responsables politiques ont voulu confier cet arbitrage, aujourd'hui qui est représenté par l'ARCOM.
01:54Est-ce que l'audiovisuel public a besoin, aujourd'hui, d'une réforme ?
01:59On est dans le parlons vrai, chère Françoise.
02:01Est-ce que la réforme s'impose ?
02:03Et est-ce que la réforme doit être, j'allais dire, vraiment structurelle ?
02:06Ou c'est juste une petite retouche ?
02:09Alors, je pense qu'il faut faire une réforme de fond.
02:13Je pense que oui, l'audiovisuel public a besoin d'une réforme.
02:16Je pense qu'il est légitime de s'interroger sur le périmètre de l'audiovisuel public
02:21qui est devenu une sorte de mammouth, pour reprendre une expression célèbre.
02:26Donc ça, c'est le premier point.
02:28Le deuxième point, c'est que la télévision, et surtout la télévision publique,
02:33c'est le premier outil de culture populaire.
02:36C'est ça qu'il faut avoir en tête.
02:38Donc quand on est de gauche, on doit être attaché au service public.
02:41Moi, je suis attaché au service public.
02:43Mais la question, c'est qu'aujourd'hui, est-ce que le service public remplit les missions qu'il doit
02:48avoir ?
02:49Qu'est-ce que c'est qu'un outil de culture populaire ?
02:52On se rend compte que, par exemple, les grandes fictions qui nourrissent l'imaginaire collectif,
02:56elles ont complètement disparu du service public.
02:58Parce que, pour des tas de raisons sur lesquelles je ne vais pas revenir,
03:01on a préféré les remplacer par toutes sortes d'émissions de débats sans fin,
03:06qui essaient, en effet, sur France 2, sur France 5, etc.
03:10Ça coûte moins cher à produire.
03:11Ça a beaucoup enrichi, on en a beaucoup parlé, des maisons de production privée.
03:16Mais où est, j'allais dire, où sont les fictions ?
03:20Les Américains ont une expression en disant « what is the beef ? »
03:23Vous savez, où est le fond ? Où est-ce qu'il est le fond dans le service public ?
03:26Ça ne peut pas être simplement des débats.
03:28Et quand je vois, moi, la soirée des Molières hier soir, pardon,
03:34mais j'allais dire que c'est l'exemple même de la raison pour laquelle il faut réformer le service
03:38public.
03:39Cette espèce d'entre-soi, de gens qui vivent de subventions,
03:43et qui sont en train de cracher dans la soupe en permanence,
03:45en expliquant qu'ils sont les meilleurs et qu'ils ont forcément raison et que les autres ont tort,
03:50ça ne peut pas être ça, le service public.
03:52Parce que le service public, ça doit rassembler tout le monde,
03:55quelle que soit sa famille politique et quelles que soient ses opinions politiques.
03:59Et c'est bien dommage d'oublier que la France, pendant des années,
04:02a été le pays où il y avait le plus de fiction.
04:05Et aujourd'hui, qu'est-ce qu'on a à la place de la fiction ?
04:08On a des débats sans fin.
04:09Et c'est ça qui est bien dommage.
04:10Parce que notre pays est un pays de romans, de fictions, de documentaires,
04:15et c'est ça que doit être le service public.
04:17Il est vrai, Françoise Laborde, que la cérémonie d'hier soir
04:19cochait toutes les cases des interrogations.
04:21C'était un spectacle charmant, mais c'était vraiment le happy few.
04:25C'est-à-dire, on était entre copains,
04:27peut-être assez coupés de cette France périphérique, de la France réelle.
04:31Bon, c'était un spectacle.
04:32Mais il a été révélateur, effectivement, de certains états d'esprit et de certains états d'âme.
04:36Vous parlez des fictions, j'ai grandi, Françoise Laborde, comme vous,
04:40avec les Dames de la Côte de Nylant-Companaise,
04:42les Rois Maudits de Barma,
04:44deux ans de vacances, enfin bon, voilà.
04:46Je vais parler jusqu'à Claude Santilli,
04:47mais le service public introduisait de la culture.
04:50C'était le but de la télévision.
04:51C'était d'apporter de la culture dans les foyers
04:53où elle avait peut-être du mal à rentrer.
04:55Et c'était une façon de démocratiser cet accès à la connaissance,
04:57au savoir, bien sûr, au divertissement,
05:00et à l'information.
05:01Alors, vous vous souvenez de la phrase du président Pompidou ?
05:04C'est la voix de la France.
05:04Alors, d'accord, le service public n'est plus la voix de la France,
05:08elle est la voix des Françaises et des Français.
05:10Est-ce que pour autant, quand Charles Lalon suggère
05:13que les éditorialistes en général du service public
05:17à la télévision ou à la radio
05:19ne soient pas toujours les mêmes,
05:21avec la même orientation, la même sociologie,
05:23la même idéologie,
05:25est-ce qu'il faut faire entrer de la diversité
05:26dans l'éditorialisation des programmes télévisés et des radios ?
05:32Oui, c'est évident.
05:34J'allais dire, aujourd'hui,
05:35quand on écoute toutes les antennes du service public,
05:40qu'elles soient de radio ou de télévision,
05:42on a tout le temps la même musique.
05:44Donc, c'est vrai qu'il faut diversifier.
05:46Moi, pardon de le dire,
05:47mais j'ai travaillé pendant 20 ans dans le service public,
05:50à France 2, à France 3, à France 5.
05:51Donc, je connais les choses.
05:52Moi, quand j'étais au service économique et social,
05:54nous avions quelqu'un comme Philippe Sassier, par exemple,
05:57qui était un chroniqueur,
05:59un journaliste économique
06:00et qui défendait des valeurs, disons, conservatrices.
06:04Et c'était parfait.
06:05Et on avait à côté des journalistes sociaux
06:07qui suivaient les questions sociales
06:09et dont on savait qu'ils étaient proches
06:12de la CGT ou de la CFDT.
06:14Et c'était parfait.
06:15Parce qu'il y avait un pluralisme
06:17des points de vue et des opinions.
06:19Et c'est vrai que quand on passe
06:20ces journées entières avec le patronat,
06:22on n'a pas la même vue sur l'économie
06:24que quand on passe ces journées entières
06:25avec les syndicats.
06:26Mais c'était ça, la richesse du service public.
06:30Puis le deuxième point que je voudrais dire,
06:31c'est que la phrase, c'est la voix de la France,
06:34bien sûr qu'elle est un peu ridicule.
06:35Mais regardez ce que font les Américains.
06:37Ils utilisent la télévision comme un soft power.
06:40Pardon l'expression,
06:41mais pourquoi on est imbibé de culture américaine
06:43à ce point-là ?
06:44Parce qu'en France, on passe notre temps
06:45à regarder des feuilletons américains.
06:47Et que les Américains,
06:48Hollywood a su très bien faire ça.
06:50Regardez le nombre de films et de feuilletons
06:52qui nous expliquent la grandeur de l'Amérique,
06:55la grandeur de l'armée américaine,
06:56la grandeur des soldats,
06:57la grandeur du drapeau,
06:58la grandeur de ceci, de cela.
07:00C'est comme ça qu'on nourrit,
07:02j'allais dire, l'imaginaire du public.
07:04Et vous avez bien raison de citer
07:05ces beaux exemples qu'on a tous eu.
07:07Les rois maudits,
07:08mais quelle affaire !
07:09Mais quelle idée géniale !
07:11Les chevaliers de Maison Rouge !
07:13Rappelez-vous tous ces héros
07:15qui nous faisaient rêver pendant notre enfance
07:16et que l'on retrouve aujourd'hui dans des séries
07:18qui sont produites par Hollywood
07:20et qui s'appellent Game of Thrones
07:22ou The Crown ou Downton Abbey.
07:24Nous, on n'a pas été capables
07:26de faire l'équivalent de ça.
07:27Mais pourquoi ?
07:28Et c'est là où le service public
07:30manque à sa vocation.
07:32La vocation du service public,
07:33ce n'est pas de payer
07:35des entreprises privées,
07:36alors on a beaucoup parlé de MediaOne,
07:38mais il y en a toutes les autres,
07:39pour faire des débats
07:41que tous les journalistes du service public
07:42pourraient faire.
07:43À quoi ça sert d'avoir une rédaction entière
07:45de France 2, de France 3
07:46et de France 5 ?
07:47Si on demande à des entreprises privées
07:50de faire la même chose
07:51sur les données privées,
07:53de faire la même chose
07:54sur les données publiques,
07:55c'est une forme de privatisation
07:57rampante du service public.
07:58Donc si on est attaché
07:59au service public,
08:00on ramène dans ce giron
08:01du service public
08:02ce qui doit être fabriqué
08:03par le service public,
08:04c'est-à-dire en effet
08:05les débats,
08:07les émissions politiques,
08:08des choses qui doivent être
08:09produites en interne.
08:10On arrête d'externaliser
08:12et de donner des fortunes
08:13à des boîtes de production
08:14qui font des débats
08:16que pourrait tout à fait faire
08:17le service public
08:17et que faisait
08:18le service public avant.
08:20Alors après,
08:20est-ce que les fictions
08:21doivent être externalisées ?
08:23Sans doute,
08:24parce qu'aujourd'hui,
08:25on n'a plus
08:26ce qu'on a connu
08:28à notre époque,
08:29les buts de Chaumont
08:29avec ces grandes soirées
08:32qui étaient en direct
08:33ou au théâtre ce soir
08:34ou que sais-je encore
08:35qui n'existent plus.
08:36Peut-être qu'on a besoin
08:37évidemment d'entreprises privées
08:39qui soient capables
08:40de fabriquer ces séries.
08:41Mais bon sang,
08:42le bonsoir,
08:44encore une fois,
08:45on est capable
08:45de le faire en France.
08:47Il faut à un moment donné
08:48qu'on retrouve,
08:50et je trouve que ce serait formidable
08:51qu'on donne
08:52un cahier des charges
08:53au service public
08:54qui soit clair et transparent.
08:56C'est-à-dire,
08:57en effet,
08:57plus de fiction,
08:58plus de documentaires,
09:00plus de production interne
09:01et moins d'externalisation
09:03et qu'on arrête
09:04d'enrichir,
09:04en effet,
09:05les boîtes de production
09:06qui vivent
09:07sur la bête,
09:09si je puis dire.
09:09C'est un des éléments forts,
09:11d'ailleurs,
09:11un des points forts
09:11du rapport
09:13de Charles Aloncle.
09:14Maud Voscoffler.
09:15Françoise Laborde,
09:16réformer le service public,
09:17ça semble être
09:18une nécessité absolue,
09:19mais là où Charles Aloncle
09:20en fait est très critiqué,
09:21c'est sur l'aspect
09:22un peu caricatural
09:23de son rapport
09:24et sur la façon
09:24dont il a polémiqué
09:25tout au long
09:25de ses audiences
09:27et de cette enquête,
09:29cette commission d'enquête.
09:31On lui reproche
09:33d'avoir rendu
09:33un rapport à charge,
09:34un rapport un peu caricatural
09:36quand il dit,
09:37par exemple,
09:37qu'il faut supprimer
09:38des émissions de télé,
09:39des émissions de radio
09:41entières,
09:41voire des chaînes
09:42comme France 5,
09:43on a l'impression
09:43d'une espèce
09:44de revanche personnelle,
09:45c'est-à-dire qu'on a supprimé
09:47ces huit,
09:48donc il faut supprimer
09:48une chaîne du service public.
09:49Vous n'avez pas
09:50ce sentiment-là ?
09:52Alors,
09:52je vais vous dire un truc,
09:53pas du tout.
09:55D'abord,
09:55je trouve que Charles Aloncle,
09:57moi j'ai été bluffée
09:57parce que moi,
09:58je connais encore une fois,
09:59j'ai travaillé 20 ans
10:00de service public,
10:017 ans au CSA.
10:02J'ai été frappée
10:03par la méconnaissance
10:04totale de ce secteur
10:05des élus de la République.
10:06Ils ne se rendent pas compte
10:07que c'est un secteur
10:08industriel,
10:09que c'est un secteur
10:10qui emploie plus de monde
10:11que l'automobile en France
10:12et que ce n'est pas juste
10:13le bonjour,
10:14on va se divertir
10:15en parlant de choses et d'autres.
10:16Donc moi,
10:16j'ai été très impressionnée
10:17par la connaissance
10:18qu'avait Charles Aloncle
10:19du dossier.
10:20La deuxième chose,
10:21c'est que,
10:22bien sûr qu'il a posé
10:23des questions qui dérangent,
10:24mais je veux dire,
10:24il était là pour ça,
10:25il n'allait pas dire
10:26tout va très bien
10:26madame la marquise.
10:27Alors maintenant,
10:28on dit que c'est un rapport
10:29à charge.
10:30D'abord,
10:30personne ne l'a lu ce rapport,
10:31donc voilà,
10:32c'est très bien.
10:33Deuxièmement,
10:34il a été voté.
10:34Il y a 70 propositions.
10:36Vous rendez compte,
10:36il y a 70 propositions.
10:38Il a été voté,
10:39donc moi j'entends
10:39des gens qui disent
10:40quoi, comment,
10:41mais c'est une honte.
10:41Oui, mais voilà,
10:42c'est le jeu de la démocratie,
10:44il y a un truc qui a été voté,
10:45ça ne plaît,
10:45ça ne plaît pas,
10:46mais je veux dire,
10:46quand on est démocrate,
10:47on respecte le vote.
10:4812 voix contre 10,
10:49c'est clair.
10:51J'ai pas entendu parler.
10:5312 voix contre 10,
10:54ça a été voté,
10:55c'est clair et net.
10:55La commission a adopté,
10:56le rapport.
10:57Oui, c'est le jeu,
10:59voilà, c'est comme ça,
11:00on peut être élu
11:00président de la République
11:01à quelques voix près
11:02et on devient président
11:03de tous les Français.
11:04C'est arrivé.
11:05C'est comme ça.
11:06Et c'est arrivé, voilà.
11:07Donc, non,
11:08moi je ne trouve pas
11:08que ce soit un rapport à charge,
11:10je pense,
11:10je comprends tout à fait
11:13que certains fassent
11:14le parallèle avec CNews,
11:16mais moi je pense sincèrement
11:18que ça fait très longtemps
11:19qu'on sait que le service public
11:20est devenu une sorte d'entité
11:22sur laquelle tout le monde,
11:24plus personne n'a de contrôle.
11:26Et c'est vrai que,
11:28encore une fois,
11:29je parle souvent
11:30à d'anciens confrères
11:31qui travaillent à France Télévisions
11:33et qui me disent
11:33« Ah là là,
11:34si tu savais ma pauvre chérie,
11:35à quel point ça a changé,
11:37on ne peut plus rien dire,
11:38on ne peut plus rien faire
11:39si on n'est pas estampillé
11:41comme étant, j'allais dire,
11:42d'une certaine tendance politique,
11:44on est mal vu. »
11:45Regardez le scandale
11:46de faire venir
11:47Eugénie Bastier
11:48dans une émission.
11:50Eugénie Bastier,
11:51elle travaille au Figaro,
11:52c'est une femme cultivée,
11:54intelligente,
11:54qui bosse ses dossiers,
11:56je veux dire,
11:56bon sang, bonsoir,
11:57qu'est-ce que c'est que ce pays
11:58où subitement,
11:59on n'a plus le droit de parler
12:00parce qu'on n'est pas
12:03estampillé PS
12:03ou LFI
12:05ou je ne sais pas quoi.
12:07Je veux dire,
12:08quand même,
12:08on est devenu
12:09à un niveau d'intolérance
12:10qui est très occupant.
12:12le service public
12:12est l'endroit
12:13où la police de la pensée
12:14et l'inquisition
12:15ont encore beaucoup
12:16de ferveur
12:17et beaucoup de présence.
12:19Sujet très épineux,
12:20la nomination
12:20des patrons audiovisuels.
12:22Vous vous souvenez,
12:23en 2008,
12:23Nicolas Sarkozy avait dit
12:24« Allez,
12:25on ne va pas tourner
12:25autour du pot,
12:26on va arrêter
12:27de se cacher la face.
12:28C'est l'exécutif
12:29qui nomme les patrons
12:30comme du temps
12:31du général de Gaulle
12:32ou du président Propidou
12:33et même jusqu'à Giscard
12:34et Mitterrand.
12:35C'est l'exécutif
12:36qui nomme les patrons
12:37de l'audiovisuel.
12:38On l'avait instauré,
12:39bien entendu,
12:40je vous l'ai rappelé,
12:40la commission,
12:41la haute autorité,
12:43le conseil supérieur
12:43audiovisuel.
12:44Est-ce qu'il faut
12:45une entité
12:45qui arbitre,
12:47mais alors vraiment
12:47indépendante,
12:48dans d'autres pays
12:49et elle est nommée
12:49par le Parlement ?
12:50Là,
12:50les composites,
12:51ce sont souvent des gens
12:52qui sont nommés,
12:57et le président
12:58ou la présidente
12:58de l'Assemblée Nationale.
12:59Ce sont donc
13:00entre guillemets
13:01des militants politiques
13:01malgré tout.
13:02Est-ce qu'il y aurait
13:03une autre façon
13:04d'avoir une entité
13:05qui arbitre
13:06avec une autorité suprême
13:07sur la nomination
13:08des patrons
13:08ou est-ce que vous convenez
13:09vous aussi
13:10qu'il vaut mieux
13:10que ce soit
13:11le gouvernement en place,
13:12le gouvernement
13:13ou le président de la République
13:14qui décide
13:14de qui dirige
13:15l'audiovisuel ?
13:16Qu'est-ce qui vous semble
13:16la mesure la plus pertinente
13:18et la moins hypocrite ?
13:21Alors honnêtement,
13:22j'ai un peu de mal
13:23à vous donner
13:25une réponse tranchée.
13:26Oui, mais ce n'est pas simple.
13:28Oui, parce qu'aucun patron
13:30de chaîne publique
13:31n'a été nommé
13:32sans le feu vert
13:33de l'Elysée.
13:34C'est une fiction.
13:35Ça vous le confirmez.
13:37Que ce soit le CSA,
13:38l'ARCOM
13:39ou la haute autorité avant,
13:41personne,
13:42personne n'a été nommé
13:44sans que le président
13:45de la République
13:45en charge à l'époque
13:46ne donne son feu vert.
13:48Voilà, ça c'est dit.
13:50Donc que ce soit
13:51à l'époque de Mitterrand,
13:53que ce soit à l'époque
13:58de Sarkozy,
13:58peu importe.
13:59Mais l'autre chose,
14:01c'est que je pense
14:02que tout dépend aussi
14:03de la colonne vertébrale
14:05du patron de chaîne.
14:06Parce que, je veux dire,
14:07on n'est pas obligé
14:07non plus de nommer
14:09un larbin.
14:09On n'est pas obligé
14:10non plus de nommer
14:11son meilleur ami.
14:12On n'est pas obligé...
14:13Et c'est ça le vrai problème.
14:15C'est que régulièrement,
14:16on finit par nommer
14:17à la tête de l'audiovisuel public
14:18quelqu'un dont on se dit
14:20qu'il ou elle
14:20ne connaît rien à la télévision,
14:21ne connaît rien à la radio,
14:23on n'a jamais travaillé
14:23dans ce secteur.
14:24Mais au moins,
14:25il fera ce qu'on lui dit.
14:26Ben non,
14:27c'est pas ça être patron de chaîne.
14:29Être patron de chaîne,
14:29c'est à un moment donné
14:30être capable de dire non.
14:31François Zaborde,
14:33tout le monde n'est pas
14:33Pierre Desgros.
14:34Je vois très bien
14:34qui vous pensez
14:35qui était une figure,
14:36qui était un homme
14:37plutôt de sensibilité de gauche
14:38mais qui a été
14:39un formidable...
14:40qui a dit non à Mitterrand.
14:41Mais de la même façon
14:42que Hervé Bourge
14:43à un moment donné
14:43a pu dire non à Sarko.
14:46Donc,
14:46à Sarkozy,
14:47pardon,
14:47le président Sarkozy.
14:48Donc,
14:49c'est ça
14:51qui fait la différence.
14:52Et quand on nomme
14:53des membres du CSA,
14:54si on nomme
14:55que des hauts fonctionnaires
14:56qui n'ont travaillé
14:58qu'au Conseil d'État
14:58et qui connaissent rien
14:59à la télévision,
15:00ben forcément,
15:01ils ne vont pas avoir
15:01la même autonomie.
15:02Donc,
15:03moi,
15:03ce que je déplore,
15:04c'est que...
15:05Alors,
15:06je ne sais pas
15:06si c'est une bonne
15:07ou mauvaise décision
15:08de nommer directement
15:10ça aurait le mérite
15:11de la transparence.
15:12Ce que je sais,
15:12c'est qu'il faudrait
15:13qu'il y ait un contrôle
15:14ou en tout cas
15:15un vote
15:16du Parlement
15:17et du Sénat.
15:18À ce moment-là,
15:19on pourrait imaginer
15:20qu'en effet,
15:21les parlementaires
15:22et les sénateurs
15:22aient un droit de veto
15:23sur le nom
15:24de telle ou telle personnalité
15:26qui prennent la tête
15:27du service public.
15:27C'est ça le jeu démocratique
15:29à un moment donné.
15:30C'est un contrôle.
15:31On retient votre suggestion
15:32et peut-être sera-t-elle portée
15:33à l'Assemblée nationale
15:34au moment de prendre
15:35des décisions définitives.
15:36Merci François Delabor
15:37d'avoir été en direct
15:38avec ta ministre de Sud Radio.
15:40J'aurais le plaisir
15:40de vous re-solliciter
15:41parce que vous êtes
15:42d'une précision
15:43et d'un courage énorme
15:44quand vous parlez
15:45des questions audiovisuelles.
15:46À très bientôt.
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