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  • il y a 42 minutes
Dans son édito du 05/05/2026, Thomas Bonnet revient sur la position de Marine Le Pen au sujet de l'assistanat, évoquée lors de son dernier discours à Mâcon. 

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Transcription
00:00On va parler à présent politique avec vous Thomas Bonnet.
00:04Alors que les finances publiques de la France sont dans le rouge, je ne vous apprends rien,
00:07la question de l'assistanat s'invite dans le débat politique.
00:11Régulièrement dénoncé par la droite, le poids du système social au détriment du travail
00:15est désormais un thème pour le Rassemblement National.
00:18Et vous dites que c'est nouveau, Thomas Bonnet, c'est une vraie évolution de la part de Marine Le
00:22Pen ?
00:22Oui, parce que pendant très longtemps, et même encore maintenant,
00:25Marine Le Pen est régulièrement visée par la droite pour un positionnement jugé trop à gauche
00:31d'un point de vue économique.
00:32En cause, à chaque fois, c'est la politique sociale du RN, pas franchement libérale, c'est clair,
00:37attachée aussi à une certaine idée de la redistribution.
00:40La chef de file des députés RN est peut-être en train d'évoluer.
00:43En tout cas, le vocabulaire est en train de changer.
00:45Vendredi, à Mâcon, il y avait un discours où Marine Le Pen a prononcé ses mots.
00:50Écoutez.
00:53Pas davantage !
00:55Vous ne me verrez défendre les logiques d'assistanat.
00:59La nécessaire solidarité nationale, à laquelle je crois profondément,
01:04et que je défends avec la plus grande détermination, parce qu'elle est naturelle,
01:09n'a rien à voir avec l'adhésion malsaine à un assistana endémique,
01:16entretenu et encouragé.
01:18L'emploi du mot « assistana » par Marine Le Pen, c'est assez inhabituel.
01:22Ce n'est pas la première fois qu'elle l'emploie, mais c'est relativement rare.
01:25Mais c'est un discours assumé, réfléchi, qui a même été relayé sur les réseaux sociaux pour en étendre la
01:31portée.
01:31Thomas Bonnet, quand on parle d'assistanat, pour être très clair, on parle de quoi ?
01:35Alors la définition de cette notion, elle est assez floue, assez mouvante,
01:38mais il y a une base fondamentale, c'est l'idée, selon laquelle les aides sociales de l'État sont
01:42trop généreuses,
01:43et qu'elles peuvent dissuader les Français de travailler.
01:46En clair, à quoi bon se lever pour aller travailler,
01:48quand la protection sociale vous garantit des revenus décents, et le tout sans effort ?
01:52Alors c'est parfois un peu caricatural, mais indéniablement,
01:55il y a aujourd'hui une déconnexion entre l'État de nos finances
01:58et la générosité presque aveugle de ce qu'on appelle l'État-providence.
02:02Surtout que cette générosité, elle repose sur les salariés,
02:05qui eux voient l'écart entre leur salaire brut et leur salaire net augmenter défavorablement,
02:11et le tout au détriment de leur pouvoir d'achat.
02:12– Le fait que le travail doit plus payer que l'assistanat,
02:17que les aides sociales, est bien plus payé,
02:20c'est-à-dire qu'il n'y ait pas 50 euros de différence,
02:22parce que sinon, tout le monde vous dit,
02:24la personne qui vit des aides sociales va faire un peu de travail au black,
02:28et puis ensuite, gagnera plus que celui qui se réveille le matin.
02:30Cette question-là, elle va être au cœur du débat présidentiel ?
02:34– Oui, c'est indéniablement un sujet qu'il faudra trancher lors de cette campagne.
02:38Le fait que le RN se positionne sur cette question de l'assistanat,
02:41c'est loin d'être anodin.
02:42D'une part, parce que son électorat y est de plus en plus sensible,
02:46ses salariés qui ont de plus en plus de mal à accepter l'idée
02:48qu'on puisse gagner presque autant, voire parfois plus, sans rien faire.
02:52Et d'autre part, c'est une façon pour le RN d'envoyer des signaux au monde économique,
02:55aux chefs d'entreprise, même des petites entreprises,
02:58ses patrons qui constatent jour après jour le poids de la dépense sociale sur l'activité.
03:02Hier matin, sur notre antenne, Sarah Knafot est allée dans le même sens,
03:05affirmant qu'il n'y avait pas d'assisté en France,
03:07mais un système social qui favorise l'assistanat.
03:10Et la nuance a son importance.
03:11Il ne s'agit pas de viser qui que ce soit,
03:13il s'agit d'expliquer au plus grand nombre les limites de notre modèle social.
03:17On peut vouloir de la justice sociale et être attaché à la valeur travail,
03:21même à une logique de méritocratie.
03:23Travailler doit permettre de gagner plus que de ne pas travailler.
03:26Mais c'est évident, se heurte à une réalité implacable,
03:28avec ce chiffre qui est sans doute le plus important dans cette équation.
03:3356% de la population reçoit plus de l'État que ce qu'elle ne paye.
03:38Ça veut donc dire qu'une majorité de Français a intérêt aujourd'hui
03:41à conserver le système tel qu'il est.
03:43C'est un statu quo qui serait intenable pour nos finances publiques
03:46et qui nous conduirait tout droit vers le mur de la dette.
03:48Et c'est cet horizon obscur, nuageux,
03:51qui est en train sans doute de faire bouger les lignes,
03:52y compris au sein du Rassemblement national.
03:54Sous-titrage Société Radio-Canada
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