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  • il y a 10 heures
La publication du rapport de Charles Alloncle (UDR) sur l’audiovisuel public a été adoptée de justesse, à 12 voix contre 10. Un vote serré, au terme de plusieurs semaines de tensions, d’auditions sous pression et d’affrontements politiques. Ce grand reportage plonge au cœur d’une commission hors norme, où se sont opposées visions idéologiques, intérêts politiques et enjeux stratégiques majeurs pour l’avenir des médias publics.

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Transcription
00:01Pendant six mois, ils ont auditionné patrons, journalistes, animateurs et producteurs.
00:06Pourquoi est-ce que vous ne voulez pas nous indiquer le salaire qui vous est versé ?
00:10Parce que c'est mon droit, monsieur le rapporteur.
00:12J'ai du mal à comprendre pourquoi vous ne voulez pas, de façon très décomplexée,
00:15nous dire combien vous êtes payé par l'argent public.
00:17J'ai une rémunération qui correspond à mon expérience.
00:20Moi, j'ai tout mon temps. On peut y passer la soirée si vous voulez.
00:24Six mois de tension.
00:25C'est quoi une menace, monsieur Baladan ?
00:27Si vous ne voulez pas m'entendre.
00:28Mais je vous entends.
00:29On est où ici ? On est dans une cour d'école ?
00:31Mais Jérémy, franchement, mais qu'est-ce que tu fais là ?
00:34De révélations et de coups de théâtre.
00:36Je vous le redis, je commence à avoir marre de la manière de vous comporter dans cette commission d'enquête.
00:39Ça suffit maintenant.
00:40Ça suffit, sinon je vous coupe le micro.
00:42À la manœuvre de cette commission d'enquête sur l'audiovisuel public,
00:45deux jeunes députés que tout oppose.
00:47Charles Aloncle, le rapporteur.
00:49Moi, ce que j'ai voulu, c'est créer de la matière à débat.
00:52Et Jérémy Patrier-Létius, le président.
00:54Je considérais que cette commission d'enquête serait l'occasion
00:57de pouvoir à la fois contrôler l'audiovisuel public et le réformer.
01:02Salaire mirobolant.
01:03Pour gagner en 30 minutes d'émission, plus que le salaire médian mensuel des Français.
01:08Ces prix-là sont des prix catalogues.
01:10Conflits d'intérêts, soupçons de copinage, rien n'a échappé à leur enquête.
01:14Au bout de cette bataille politique et médiatique, un rapport explosif.
01:18400 pages et 80 recommandations qui auraient pu ne jamais voir le jour.
01:22On est passé très près d'une censure.
01:26Les Français n'auraient pas compris que cette commission d'enquête parlementaire fasse pchit après six mois de débat.
01:31Car jusqu'à la dernière minute, certains ont tout tenté pour empêcher sa publication.
01:35Pression, attaques médiatiques, manœuvres politiques.
01:39Monsieur Aloncle n'est pas capable de comprendre que l'audiovisuel public c'est un outil de souveraineté.
01:44Nous nous défendons un audiovisuel public qui est fort.
01:46Nous voterons contre l'adoption de ce rapport.
01:49Le Parti Socialiste, France Insoumise, estimait que Charles Aloncle était le cheval de Troie du Rassemblement National.
01:57Tout était bon pour me disqualifier.
01:58Le rapport sera finalement publié de justesse.
02:02Nous avons pu nous procurer ce document exceptionnel.
02:05Nous vous révélons son contenu.
02:07Réforme radicale.
02:08Le matin sur France en Terre, on a une chronique.
02:10C'est l'édito politique de Patrick Cohen, bonjour.
02:13Bonjour Florence.
02:13Et le soir sur France 5, on a à peu près la même chronique.
02:16L'édito de Patrick Cohen.
02:18Et on a ça du lundi au vendredi.
02:19Économie massive.
02:21Il y a encore des efforts de gestion à fournir, par exemple sur les frais de taxi.
02:25C'était open bar à tous les étages.
02:28Alors ça, je crois que ça va peut-être un peu cesser.
02:30Avenir de France Télévisions et de Radio France.
02:32Vous avez une fusion largement possible entre France 2 et France 5.
02:36Ce rapport peut-il changer à jamais le visage de l'audiovisuel public français ?
02:39Il y aura un avant et un après cette commission.
02:42Que s'est-il réellement passé en coulisses ?
02:44Il est très clair qu'il y a eu du lobbying tout au long de cette commission d'enquête.
02:48Certains créaient des groupes WhatsApp.
02:50Ça s'est joué à peu de choses.
02:51C'était très serré.
02:52Les députés ont changé leur vote jusqu'à la dernière minute.
02:56Découvrez pour la première fois le contenu d'un rapport explosif.
03:06Le 27 avril dernier marquait la fin d'un long feuilleton politique et médiatique.
03:11À l'Assemblée nationale, les 31 députés de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public
03:16se réunissaient une dernière fois pour statuer sur la publication du rapport signé Charles Aloncle.
03:22Un rapport aujourd'hui domine l'actualité politique en France.
03:26Ce rapport sur ce sujet devenu politiquement extrêmement sensible.
03:30On va s'intéresser au fameux rapport sur l'audiovisuel public.
03:34Les députés devront voter pour savoir s'ils le publient ou non.
03:38Dans les couloirs du Palais Bourbon, l'atmosphère est électrique, à l'image de ces six mois de commission.
03:44Monsieur Aloncle, c'est simple, il avait tout le monde contre lui.
03:47La présidente de l'Assemblée nationale qu'il a plusieurs fois rappelé à l'Ordre en disant
03:51« Mon petit Aloncle, quand même, il faudrait que tu arrêtes de poser des questions désagréables.
03:56Ça se fait pas trop. »
03:57Je suis en train, effectivement, de rappeler à l'Ordre le rapporteur
04:00pour lui demander, effectivement, de revenir à un respect de nos règles et de nos usages.
04:06Un député modem qui l'a menacé physiquement en lui disant « On va te régler. »
04:10T'inquiète, on va te régler. C'est quoi une menace, Monsieur Balanon ?
04:13En plus, une bonne partie des médias qui se copient les uns les autres et qui fassent en meute.
04:19À mesure qu'on se rapprochait de ce moment décisif du vote pour la publication du rapport,
04:25je sentais une opposition monter extrêmement forte.
04:30Toute la journée, les chaînes d'information ont les yeux rivés sur ce vote.
04:34Après plus de 70 auditions, 230 personnes entendues,
04:3731 députés qui composent la commission sur l'audiovisuel
04:40vont donc voter cet après-midi sur les conclusions du rapporteur Charles Aloncle.
04:43Je me souviens d'une journée vraiment sous haute tension.
04:46Le storytelling était absolument incroyable sur les chaînes d'information en continu.
04:49La question était de savoir est-ce que, oui ou non, ce rapport va être voté.
04:54Il faut dire que cette commission passionne, bien au-delà du monde politique.
04:57Il y avait un vrai appétit des Français pour les résultats de cette commission d'enquête.
05:03Il faut savoir qu'habituellement, la commission d'enquête parlementaire, ce n'est pas ce qu'il y a de
05:06plus sexy.
05:07C'est une sorte de tunnel technocratique que personne ne comprend vraiment.
05:10Là, cette fois-ci, on va directement dans le foyer des Français.
05:13On parle de chaînes qu'ils regardent, on parle d'émissions qu'ils regardent, on parle même d'animateurs vedettes.
05:19On a vu Patrick Sébastien à l'Assemblée nationale.
05:20Madame Ernotte ne m'aime pas et elle a envie de me dégager. Voilà, point, c'est tout.
05:24On a vu Nagui.
05:25Pour gagner en 30 minutes d'émission, plus que le salaire médian mensuel des Français.
05:30Ces prix-là sont des prix catalogues.
05:32Il y avait un côté très people.
05:33C'est la raison pour laquelle les médias se sont vraiment passionnés pour cette commission d'enquête parlementaire.
05:41Pendant les jours qui ont précédé le vote, certains médias ont multiplié les articles à charge contre Charles Aloncle
05:46pour tenter de décrédibiliser son rapport.
05:49Les médias qui se sont mobilisés contre la publication du rapport, c'est toujours les mêmes.
05:53C'est évidemment Libération, Le Monde.
05:56On peut citer également l'humanité.
05:58La presse de gauche, en général, était assez hostile à Charles Aloncle.
06:02Ce rapport provoque de vives inquiétudes, à la fois par la demande de suppression de chaînes et de stations,
06:07mais aussi par un dénigrement organisé de la parole.
06:10Et puis tous les médias en ligne de gauche, donc Mediapart, Le Média,
06:16Street Press, etc.
06:18Évidemment, tout le monde a attaqué bille en tête.
06:20Charles Aloncle lui-même, son travail, cette commission.
06:24Et évidemment, on s'est opposé à la publication du rapport.
06:28Des fake news ont même été relayés par une partie de la classe médiatique.
06:32Le fait, par exemple, que je souhaitais soi-disant supprimer le Tour de France,
06:36les 6 nations au Roland-Liaros du service public, alors que je dis strictement l'inverse dans mon rapport.
06:41Tout était bon pour me disqualifier.
06:42Tout était bon aussi pour disqualifier le rapport que j'avais pu rédiger.
06:48Des députés ont clairement affiché leur opposition à la publication du rapport de la commission d'enquête.
06:53Si M. Aloncle n'est pas capable de comprendre que l'audiovisuel public, c'est un outil de souveraineté,
06:59moi je me demande si c'est vraiment un bon patriote.
07:01Les deux éditions menées par le rapporteur étaient particulièrement à charge.
07:06Nous, nous défendons un audiovisuel public qui est fort, qui est indépendant, qui est doté de moyens.
07:10Nous voterons contre l'adoption de ce rapport, autant ne pas faire durer le suspense pour rien.
07:17Les partis politiques opposés à la publication du rapport sont naturellement les partis de gauche,
07:23donc Parti Socialiste, France Insoumise, Parti Ecologiste,
07:28qui estimaient que Charles Aloncle était le cheval de Troie du Rassemblement National
07:34et le soupçonnait effectivement de vouloir finalement une privatisation totale de France Télévisions.
07:41Les mêmes qui dans les dernières heures ont pris le pari et le parti de la censure
07:46étaient les mêmes qui avant même la création de cette commission d'enquête
07:49se sont opposés à cette commission sur l'audiovisuel public.
07:52Ils ne voulaient pas depuis le premier jour qu'on s'intéresse et qu'on demande des comptes
07:57aux personnes qui incarnent et qui dirigent l'audiovisuel public.
08:01Et ce que ça dit au fond de l'audiovisuel public, c'est que d'une certaine façon,
08:06il y a un sentiment d'appropriation d'une partie de la gauche qui se dise
08:09que l'audiovisuel public est leur propriété.
08:14Car aussi surprenant que cela puisse paraître, ce rapport explosif aurait pu ne jamais voir le jour.
08:19J'ai pu d'ailleurs recevoir un certain nombre de messages de Français qui s'étonnaient
08:23qu'on passe par le vote pour simplement décider de la publication ou non d'un rapport.
08:27C'est probablement une mesure qu'il faudra changer à l'Assemblée Nationale.
08:31Des mois d'audition, de révélations et de témoignages qui auraient pu rester confidentiels.
08:36Si ce rapport n'avait pas été publié, tout le contenu de cette commission d'enquête,
08:42les vidéos, toutes les auditions qui ont été faites ces derniers mois,
08:46auraient disparu et auraient été supprimées et personne n'y aurait eu accès.
08:52J'aurais été plus que frustré, et le terme est pudique, de voir que c'est six mois de travaux,
08:57c'est près de 70 auditions, c'est plus de 230 personnes qu'on a entendues,
09:01sur des auditions parfois très longues, que tout ça serait en fait parti à la poubelle.
09:06Les Français n'auraient pas compris que cette commission d'enquête parlementaire
09:09fasse pchit après six mois de débat, après des centaines et des centaines d'heures d'audition.
09:14Ça aurait été franchement très compliqué pour l'opinion publique d'adhérer à ce type de scénario.
09:20On est passé très près d'une censure, ce qui pose quand même un certain nombre de questions,
09:25parce qu'en 2026, censurer un rapport qui a provoqué autant d'articles, d'émissions, de commentaires,
09:35c'est un peu surréaliste, la censure c'était bien au 19ème,
09:39il suffisait que le ministère de l'information regarde et puis on voyait des petites pages,
09:43des petits espaces blancs dans les journaux, c'était ceux qui avaient été censurés.
09:47C'était assez simple à faire, aujourd'hui ça paraît complètement en dehors du temps.
09:56En coulisses, plusieurs élus auraient même créé des boucles de messagerie privée
10:00pour coordonner leur position et tenter de faire bloc contre la publication du rapport.
10:05Il est très clair qu'il y a eu du lobbying tout au long de cette commission d'enquête.
10:09Certains créaient des groupes WhatsApp, Telegram ou que sais-je,
10:13de façon à pouvoir influencer les votes.
10:15On peut très clairement parler d'une volonté de censure de la part de la gauche.
10:18Mais c'est dommage, parce que le fait de vouloir censurer un rapport,
10:23derrière, ça met la suspicion sur les députés eux-mêmes,
10:28parce qu'on va avoir l'impression qu'ils nous cachent quelque chose.
10:30Et puis ça érige aussi Charles à l'oncle en martyr qui, à juste titre, aurait pu dire
10:34« Vous voyez, moi je voulais pointer du doigt quelque chose d'essentiel,
10:38je voulais montrer des dérives avec votre argent public,
10:40eh bien on m'en empêche. »
10:43À mesure que la journée avance, la tension monte d'un cran.
10:46Il est 14h30, la réunion vient de commencer à huis clos, à l'abri des regards.
10:50Tout peut changer.
10:51Attention, le match n'est pas terminé.
10:53Il se joue jusqu'à la dernière minute.
10:56Car le vote s'annonce extrêmement serré.
10:58Ça s'est joué à peu de choses.
10:59C'était très serré.
11:00Les députés ont changé leur vote jusqu'à la dernière minute.
11:07En coulisses, deux passages du rapport cristallisent les tensions.
11:11Le président de la commission, Jérémy Patrier Lettus, demande à Charles à l'oncle de les retirer avant le vote.
11:16Il y a eu un certain nombre de points de chantage faits notamment par les députés Macronistes,
11:20par le président Macroniste de la commission d'enquête,
11:23qui ne supportait pas, que je rappelle notamment en introduction du rapport,
11:26qu'il était actuel administrateur de France Média Monde, donc RFI et France 24,
11:31qu'il avait été administrateur jusqu'en 2024 de Radio France et de LCP.
11:35Donc, ce sont des entreprises de l'audiovisuel public qui étaient objets de la commission d'enquête.
11:40Donc, il m'a demandé d'atténuer cette information, ce que j'ai eu beaucoup de mal à comprendre.
11:46Ils m'ont demandé aussi de supprimer, par exemple, une mention
11:49qui expliquait qu'El Brun Pivet, le matin même de l'audition de la présidente de Radio France,
11:54était allé au micro de France Inter pour dénoncer mes méthodes.
11:58Je me suis simplement permis de le rappeler parce que j'ai considéré cela comme une entrave,
12:02comme une entrave inédite et grave au fonctionnement parlementaire.
12:06Si Charles Laloncle dénonce un chantage, le président, lui, invoque une règle de fonctionnement institutionnelle.
12:12Dans le rapport, il y avait une mise en cause de la part du rapporteur, de la présidente de l
12:17'Assemblée nationale,
12:18et une mise en cause me concernant.
12:20Et là, j'ai considéré qu'il y avait une antinomie, qu'il était impossible qu'un rapport de l
12:25'Assemblée nationale
12:26pour mettre en cause dans les toutes premières pages la présidente de l'Assemblée nationale et le président d'une
12:32commission d'enquête.
12:32Le rapporteur pouvait le faire dans les médias, pouvait le faire sur ses réseaux sociaux,
12:37et il pourra le faire tant qu'il veut sur les lieux où il pourra s'exprimer.
12:42Mais je considérais qu'il y avait un vrai problème de forme, un problème institutionnel.
12:49Charles Laloncle finit par mettre de l'eau dans son vin.
12:51À la fin, parce que pour moi, seul le fond prime, j'ai consenti à supprimer ces mentions-là.
12:58Et en fin de journée, le vote a finalement lieu.
13:01Six députés du Rassemblement national ont voté pour.
13:06Deux députés, les Républicains, ont voté pour également.
13:10Et naturellement, toute la gauche s'y est opposée, en passant par les écologistes, les insoumis, les socialistes.
13:19Et puis, le parti de renaissance de Gabriel Attal s'est abstenu de tout vote.
13:25Mais au sein du groupe Horizon, largement abstentionniste,
13:29une voix va faire la différence, celle de Jérémy Patriel Etus.
13:33Contre toute attente, le président de la commission choisit de voter pour la publication du rapport.
13:37J'ai voté la publication du rapport par cohérence.
13:39Non pas parce que j'approuve ses conclusions,
13:42non pas parce que j'approuve la méthode du rapporteur, ça s'est vu,
13:45mais parce que moi-même, j'avais garanti la transparence des auditions.
13:50Et je n'allais pas dire aux Français, pendant six mois,
13:53j'ai souhaité que vous puissiez regarder ces auditions à travers les vidéos,
13:57que vous puissiez les suivre en direct,
13:58mais en revanche, pour ce qui est de l'écrit,
14:01on le met sous le tapis et vous n'avez pas le droit de le connaître.
14:04Moi, je considère que quand on fait de la politique, on débat,
14:07idée contre idée, devant les Français.
14:12Bilan des votes, douze voix pour, dix voix contre, neuf abstentions.
14:16Le rapport sera publié de justesse.
14:18Les députés de la commission d'enquête sur la neutralité de l'audiovisuel public ont tranché.
14:23Le rapport de Charles Aloncle sera publié.
14:25Après plus de quatre heures de débat, la commission a finalement adopté le rapport de Charles Aloncle
14:28au terme d'un vote serré.
14:30Même si le rapport n'a pas force d'autorité et qu'il n'est pas applicable forcément en direct,
14:37la vocation quand même à inspirer les décisionnaires, l'exécutif en France.
14:43Et pour cela, c'était vraiment une pièce précieuse.
14:47Si Charles Aloncle savoure sa victoire, à la sortie de l'Assemblée nationale,
14:52de nombreux députés de gauche font part de leur mécontentement.
14:55Une majorité s'est dégagée pour valider ce rapport.
14:59Je le déplore très profondément.
15:01Aujourd'hui, il y a un travail qui est mené de sape de l'audiovisuel public.
15:04Ce sera dans le rapport, donc tout le monde pourra le voir.
15:06Il y a des choses qui ne correspondent pas aux faits.
15:08Il y a des insinuations, il y a des qualificatifs qui n'ont rien à faire
15:10dans un document parlementaire qui devrait être quelque chose qui est objectif, qui est sur des faits.
15:14Quand je suis sortie de cette très longue réunion de la commission d'enquête sur l'audiovisuel public,
15:20j'étais dans un état de sidération.
15:22Depuis le vote, il y a eu, je dirais, le bal des pleureuses,
15:26avec effectivement les filles, les écologistes et le parti socialiste en disant
15:31tout ça c'est bien triste ma bonne dame.
15:34Ça aurait été mieux qu'on ne parle pas de tout ça
15:36parce que c'est quand même des attaques à l'audiovisuel public qu'on aime beaucoup
15:41et qui nous aiment bien d'ailleurs aussi, donc c'est un amour réciproque.
15:44Le macronisme était censé être le rempart face à l'extrême droite.
15:50Non seulement il n'aura pas été un rempart, mais il aura été un paillasson, voire un tremplin.
16:01Après six mois d'audition, Charles Aloncle a rédigé en seulement dix jours un rapport d'environ 400 pages,
16:07avec près de 80 mesures avancées pour réformer en profondeur l'audiovisuel public.
16:12Le rapport de Charles Aloncle sur l'audiovisuel public, ce n'est pas qu'un simple texte.
16:16En vérité, c'est vraiment un plan XXL pour amégrir l'audiovisuel public.
16:22Première priorité pour le député UDR, faire des économies.
16:25À l'heure où France Télévisions est dans une situation financière critique.
16:28On sait que France Télévisions est au bord de la faillite.
16:31La Cour des comptes indique qu'il y a un risque de dissolution qui pèse sur l'entreprise
16:36parce qu'il y a eu plus de 80 millions de déficits qui a été cumulé entre 2017 et 2024.
16:41Le rapporteur propose de supprimer plusieurs stations de radio,
16:44comme Le Mouv, l'antenne de Radio France dédiée au hip-hop.
16:47Même constat pour la chaîne France 4, qui ne devrait plus exister selon Charles Aloncle.
16:51France 4 est passé totalement à côté de sa cible.
16:53On n'a jamais su si c'était une chaîne à destination de la jeunesse,
16:57si c'était une chaîne à vocation culturelle.
17:01Autre mesure choc, le rapporteur souhaite fusionner deux chaînes de télévision, France 2 et France 5.
17:06Je vais vous donner deux raisons pour lesquelles je pense que cette fusion est nécessaire.
17:10Déjà parce que j'ai reçu des milliers de mails de téléspectateurs
17:13qui se plaignent des contenus rediffusés allègrement,
17:17notamment en deuxième partie de soirée sur France 2 et sur France 5.
17:19Ils ne comprennent pas pourquoi ils devraient payer pour ça.
17:22La deuxième raison, c'est celle de l'omniprésence des jeux.
17:26Sur France 2, quand vous regardez le programme télé,
17:28vous voyez qu'en 24 heures seulement, vous avez 9 jeux par jour sur France 2.
17:33Quand vous prenez en compte France 3,
17:35ça peut monter jusqu'à 13 jeux par jour entre France 2 et France 3.
17:39Sur les chaînes privées, par exemple TF1, vous n'avez qu'un seul jeu.
17:42Il marche très bien, c'est les 12 coups de midi de M. Reichman.
17:46Au bout d'un moment, il faut aussi s'interroger
17:47sur quel est l'ADN de France Télévisions.
17:50Est-ce que France Télévisions sert à divertir les Français ?
17:53Ou est-ce que France Télévisions sert à produire des enquêtes,
17:56produire de l'information, produire des contenus liés à l'histoire,
18:00liés au patrimoine ?
18:01C'est ce qu'on attend en fait.
18:02Ce sont les missions du service public.
18:03Donc, si demain, on retire les rediffusions, notamment en deuxième partie de soirée,
18:09si on diminue cette omniprésence des jeux,
18:12ces 9 cases de jeux par jour sur France 2,
18:14ça libère énormément de cases.
18:16Pour une grande chaîne généraliste du service public,
18:19vous avez une fusion largement possible entre France 2 et France 5
18:21qui, en plus de ça, permet d'économiser aux Français plus de 200 millions d'euros par an.
18:26Cette estimation que j'ai faite dans mon rapport,
18:28que j'étaye avec un certain nombre d'hypothèses,
18:30et en plus une estimation plutôt à la baisse.
18:34Autre chantier sensible, l'information.
18:37Charles Haloncle souhaite diversifier le profil des éditorialistes
18:40et renforcer les garanties d'impartialité à l'antenne.
18:42Je considère que pour garantir un vrai pluralisme,
18:45notamment politique, sur les antennes du service public,
18:48il faut arrêter avec les éditorialistes politiques stars du service public
18:54ou le matin sur France Inter, on a une chronique.
18:56C'est l'édito politique de Patrick Cohen. Bonjour.
18:59Bonjour Florence.
19:00Et le soir sur France 5, on a à peu près la même chronique,
19:03faite par la même personne.
19:04L'édito de Patrick Cohen.
19:05Et on a ça du lundi au vendredi.
19:07Je pense qu'un acte de pluralisme, c'est de permettre
19:10notamment à des éditorialistes de la presse écrite de venir.
19:13Le lundi matin, on pourra voir Le Monde.
19:15Le lundi soir, on pourra voir Le Figaro.
19:17Le mardi matin, on aurait Les Echos.
19:19Le mardi soir, on aurait Libération.
19:21Le mercredi matin, on aurait l'Express.
19:22Les Français, en plus, sauraient d'où ces éditorialistes parlent.
19:26Ça participerait à un vrai pluralisme.
19:29Sur la question du pluralisme de l'information,
19:31il faut renforcer les règles de pluralisme et d'impartialité.
19:35C'est essentiel parce que l'audiovisuel public,
19:36il appartient à tous les Français.
19:38Il faut que les Français aient le sentiment
19:40qu'ils trouvent dans l'audiovisuel public
19:42la diversité de leurs points de vue,
19:44la diversité de leurs opinions politiques.
19:46Et donc, il faut renforcer ces règles.
19:49Au sujet de l'information,
19:51Charles Lalong le souhaite fusionner France 24 avec France Info,
19:54la chaîne Info de France Télévisions,
19:56qui n'a jamais réellement trouvé son public
19:57depuis sa création il y a dix ans.
19:59La chaîne Info voulue par François Hollande, France Info TV,
20:04elle est arrivée bien plus tard que ses concurrentes,
20:07alors que la France était déjà surdotée en chaîne d'information.
20:12On avait plus d'informations que tous les pays qui nous entourent.
20:15On voit que le paysage de l'information en continu est saturé.
20:19Il y a quatre chaînes d'information en continu aujourd'hui en France.
20:21Quand vous interrogez les Français sur France Info TV,
20:24qui coûtent 40 millions d'euros par an,
20:27mais qui plafonnent à moins d'un pour cent de parts d'audience,
20:30quand vous leur demandez de définir l'identité de cette chaîne,
20:32ils ont du mal à trouver.
20:34Et moi aussi, j'ai du mal à trouver.
20:35On a l'impression que c'est une pâle figure
20:37qui n'arrive pas à cultiver son identité.
20:40Donc à l'évidence, il y a un projet de réforme à faire.
20:44Côté divertissement, le rapporteur souhaite supprimer
20:47la plateforme numérique très engagée Slash,
20:49qui là encore peine à émerger dans le paysage audiovisuel.
20:52Un ou une pansexuelle est une personne qui est attirée
20:55sexuellement et ou sentimentalement
20:57par les personnes indifféremment de leur sexe ou de leur genre.
21:01France TV Slash, c'est un repère wokiste d'extrême gauche.
21:05Je ne suis pas sûre que les Français aient envie réellement de financer ça.
21:10La direction de France Television, pendant des années, a cru que pour s'adresser à la jeunesse,
21:14il fallait proposer des contenus éminemment clivants, politiques et orientés pour s'adresser à eux.
21:19Bon, visiblement, ça a été un échec.
21:21Ils n'ont pas réussi à trouver leur audience.
21:23Ça a coûté près de 17 ou 18 millions d'euros chaque année aux contribuables
21:27sans trouver son audience.
21:29Donc, il est temps d'arrêter ça.
21:30D'une manière générale, le rapport propose une vaste rationalisation des dépenses,
21:35chasse au poste jugé redondant, ou encore réduction des frais de représentation,
21:39comme les 10 000 euros de taxi dépensés par jour.
21:41Il y a encore des efforts de gestion à fournir, par exemple sur les véhicules de fonction,
21:47par exemple sur les frais de taxi, par exemple sur les dépenses qu'on a vues au festival local.
21:51On voit quand même que c'était open bar à tous les étages.
21:56Alors ça, je crois que ça va peut-être un peu cesser.
22:00Charles Lalonde souhaite faire un milliard d'euros d'économies
22:02sur les 4 milliards qui sont actuellement présentés.
22:05C'est absolument colossal.
22:07Un milliard d'économies ?
22:09Il paraît que notre premier ministre cherche des économies.
22:13Bon, ça devrait lui faire plaisir et là, il va trouver un milliard.
22:16Un programme radical qui pourrait profondément transformer
22:19le visage de l'audiovisuel public français.
22:21On peut être d'accord ou pas avec les recommandations que je formule.
22:24Ce ne sont pas des injonctions.
22:26Moi, ce que j'ai voulu, c'est créer de la matière à discussion,
22:28de la matière à réflexion, de la matière à débat.
22:31Je ne prétends pas détenir la vérité.
22:33Je ne suis pas ministre de la Culture.
22:35Je ne suis pas président de France-Lévision.
22:36Je suis un simple parlementaire.
22:39Au cours de cet exercice parlementaire,
22:41une autre personnalité politique a émergé.
22:44Jérémy Patrier-Lettius, chargé d'une mission délicate,
22:47présidé ses six mois d'audition sous haute tension.
22:50Président d'une commission d'enquête,
22:52dans une assemblée nationale aussi fracturée,
22:54c'est un exercice difficile.
22:56Je ne suis pas certain d'avoir réussi à chaque instant.
22:59Depuis la fin des travaux et le vote in extremis
23:01pour la publication du rapport,
23:03de nombreuses questions entourent désormais le rôle
23:05qu'il a réellement joué pendant et après cette commission d'enquête.
23:09Il a joué quand même un jeu parfois un peu ambigu
23:12dans cette commission d'enquête.
23:14C'est un personnage qu'on a découvert en tout cas.
23:18Soutien de l'ex-premier ministre Édouard Philippe,
23:20Jérémy Patrier-Lettius est député du Calvados depuis 2022.
23:24Spécialiste reconnu des questions culturelles et audiovisuelles,
23:27il s'intéresse depuis longtemps au fonctionnement du service public.
23:30Dès mon délection, j'ai travaillé pour contrôler,
23:34pour réformer l'audiovisuel public.
23:37J'ai été administrateur de Radio France,
23:39où j'ai représenté l'Assemblée nationale
23:41et dans les conseils d'administration,
23:43j'exerçais un travail de contrôle de cette entreprise publique.
23:46Et puis j'ai été rapporteur d'une loi
23:49qui visait à changer la gouvernance de l'audiovisuel public.
23:52Fort de ses expériences, il était donc le candidat idéal
23:56pour présider cette commission.
23:57Je considère que cette commission d'enquête
23:58serait l'occasion de pouvoir à la fois
24:01contrôler l'audiovisuel public et le réformer,
24:04car pour ma part, j'y suis attaché à cet audiovisuel public,
24:07même si je considère qu'il doit se réformer.
24:11Pendant six mois, le député Horizon s'est évertué
24:14à organiser plus de 70 auditions dans un cadre serein et apaisé.
24:19Une mission quasi impossible face à cette commission d'enquête sous haute tension.
24:23Jérémy Patrier-Lettus, c'est quelqu'un de très posé, très calme.
24:27C'est un pur produit des élites culturelles françaises
24:29et qui a été pris dans un barnum politico-médiatique
24:32qu'il ne pensait pas aussi violent.
24:34Je vous le redis, je commence à avoir marre
24:35de la manière de vous comportez dans cette commission d'enquête.
24:37Ça suffit maintenant.
24:38Ça suffit, sinon je vous coupe le micro.
24:39On parle des gens comme ça, mais on est où ici ?
24:41Garant de la bonne tenue des débats,
24:43Jérémy Patrier-Lettus a dû hausser le ton à plusieurs reprises,
24:46notamment face à certains élus de la France Insoumise.
24:49C'est le moment où Ersilia Soudet, députée de la France Insoumise,
24:53qualifie Sofia Aram de raciste.
24:54On voit à côté de ça qu'on a une Sofia Aram,
24:56ça fait 20 ans qu'elle raconte des dingueries,
24:58elle a un humour raciste.
24:59Et là je m'emporte, parce que je considère
25:01que ce n'est pas le rôle d'une commission d'enquête
25:04et encore moins le rôle d'une députée
25:06que de venir placer une cible dans le dos
25:09d'un salarié de l'auduel public.
25:11Vous n'avez pas Sofia Aram en face de vous,
25:12donc évitez de qualifier une salariée du service public de raciste
25:16alors qu'elle n'est pas ici pour vous répondre.
25:18Je vous en prie, continuez.
25:19Quand elle qualifie Sofia Aram de raciste,
25:22elle vient lui mettre une cible dans le dos,
25:24et je m'emporte car je considère que c'est lamentable
25:28qu'une députée de la France Insoumise
25:30vienne utiliser cette commission d'enquête
25:33pour menacer indirectement l'une de nos concitoyennes.
25:38Alors qu'à côté de ça, on a une Sofia Aram.
25:40On a une Sofia Aram, mais on est où ici ?
25:41On est dans une cour d'école ?
25:43On est dans l'Assemblée Générale de la France Insoumise ?
25:45On ne parle pas des gens en disant
25:46on a une Sofia Aram ?
25:48Mais vous vous rendez compte ?
25:49Madame Soudet, vous vous rendez compte
25:50de ce que vous venez de dire ?
25:50On a une Sofia Aram ?
25:52C'est comme ça qu'on parle de citoyens français ?
25:54Et parce que je suis totalement impartial,
25:55et j'essaye d'être juste,
25:57quand je considère que le rapporteur
26:00transforme la commission d'enquête en procès individuel,
26:01je le dis,
26:02et quand je considère que la France Insoumise
26:04peut, à travers ses questions,
26:06transformer la commission d'enquête en procès individuel
26:08et en menaces individuelles,
26:10je le dis également,
26:12quand vous êtes président d'une commission d'enquête,
26:13vous n'avez pas de parti,
26:14vous essayez simplement de fixer des règles
26:16et d'être juste,
26:17quels que soient les bords politiques
26:20des personnes qui prennent la parole.
26:22Cette commission d'enquête parlementaire
26:24aura donc révélé au grand public
26:26deux jeunes députés ambitieux,
26:28très différents l'un de l'autre,
26:29tant sur la forme que sur le fond,
26:31à l'oncle et patrier laitus,
26:33ont dû travailler main dans la main durant ces six mois.
26:35Je pense qu'on peut parler d'une forme de rivalité
26:37entre le président et le rapporteur
26:39de cette commission d'enquête parlementaire.
26:40Pourquoi ? Parce qu'ils ont à peu près le même âge tous les deux.
26:42Ils sont trentenaires,
26:43ce sont des espoirs de la politique
26:45et ils ont un point commun,
26:46personne ne les connaissait il y a six mois encore.
26:48Voilà.
26:48Ils ont réussi à émerger grâce à ce moment démocratique.
26:53Simplement, les deux n'ont pas du tout le même style.
26:55D'un côté, on a Charles Laloncle, très conservateur,
26:58qui aime le clash.
26:59Et d'un autre, on a quelqu'un qui est beaucoup plus mesuré.
27:02Le point commun qu'ils partagent, effectivement,
27:04c'est peut-être cette ambition politique qu'ils peuvent avoir à leur âge
27:08et qui est tout à fait naturelle.
27:09Si Charles Laloncle a largement capté la lumière médiatique,
27:12son homologue, lui, est resté plus discret.
27:15Mais en coulisses, beaucoup s'interrogent.
27:16Quelles relations les deux hommes entretiennent-ils réellement ?
27:19Simple divergence de méthode ou véritable rapport de force ?
27:23La relation entre Jérémy Patriel Etus et Charles Laloncle est assez complexe
27:26parce qu'on a constaté au cours des auditions
27:28qu'il y avait une vraie animosité entre le rapporteur et le président
27:31de la commission d'enquête parlementaire.
27:34Ce sont deux députés qui ont, je pense, sensiblement le même âge.
27:40Effectivement, il a peut-être pu avoir un rapport un peu d'ego,
27:44de compétition entre les deux.
27:46Monsieur le rapporteur, pardon, il y a un président de cette commission d'enquête, c'est moi.
27:51D'accord ? Donc vous allez me laisser terminer calmement.
27:53On a même vu parfois des suspensions de séances
27:55et des échanges qui se sont poursuivis après
27:57parce que les micros n'étaient pas coupés, avec des tutoiements même,
28:00où on sentait de l'agacement de la part du rapporteur face au président.
28:04Merci messieurs les ministres.
28:06Mais non, mais... Mais Jérémy, franchement !
28:09Mais qu'est-ce que tu fais là ? Pourquoi tu...
28:11Monsieur le rapporteur, je viens de...
28:16Je viens de suspendre cette audition.
28:17Ils sont un peu chiens et chats, je dirais,
28:19mais je ne pense pas qu'il y ait une vraie détestation entre les deux personnages.
28:24Pas d'hostilité ouverte entre eux.
28:25Mais au sein de l'Assemblée nationale, comme en dehors,
28:28Jérémy Patrier-Létius a souvent été perçu comme le contrepoids de Charles à l'oncle.
28:32On l'a beaucoup accusé de brider Charles à l'oncle.
28:36Moi, je n'étais pas là, contrairement à ce que j'ai entendu,
28:38pour baïonner le rapporteur.
28:40J'étais là pour lui permettre de faire son travail,
28:42pour permettre que la commission d'enquête fasse son travail.
28:44Mais j'ai considéré que pour qu'elle puisse le faire de manière efficace,
28:48il fallait que ça se déroule dans un cadre qui soit serein.
28:50J'ai tout fait pour qu'il puisse faire son travail.
28:53C'est du jamais vu dans une commission d'enquête
28:55d'avoir organisé autant d'auditions.
28:56J'ai mis mon calendrier, mon agenda pratique,
28:58au service de Charles à l'oncle.
29:00Monsieur le rapporteur, au terme de cette audition et de cette commission d'enquête,
29:04vous ne pouvez pas dire que le temps vous a manqué.
29:06J'ai organisé 67 auditions.
29:09Du jamais vu.
29:10234 personnes auditionnées.
29:12200 heures d'audition.
29:13Nous avons passé plus de 200 heures ensemble.
29:15Quand vous voulez censurer ou baïonner ou empêcher
29:18un rapporteur de faire son travail,
29:19vous n'organisez pas 200 heures d'audition.
29:22Autre sujet de friction, la communication autour de la commission.
29:26Interviews, réseaux sociaux, médiatisation.
29:28Les deux députés n'ont pas partagé la même approche.
29:31Il y a eu effectivement parfois des différences de méthode
29:33parce que j'ai considéré que pour que la commission d'enquête
29:38soit efficace, se déroule dans un cadre serein,
29:41il fallait que la commission d'enquête reste au sein de la commission d'enquête,
29:44reste dans l'enceinte de l'Assemblée nationale.
29:46Et j'ai pu le critiquer effectivement sur son hyper-médiatisation,
29:50c'est-à-dire tout au long de la commission d'enquête,
29:52le fait d'aller commenter cette commission d'enquête
29:54sur les réseaux sociaux ou dans les médias.
29:56C'est son droit.
29:57Le rapporteur tweet en temps réel nos commissions d'enquête.
30:00Ce n'est pas moi.
30:01Ce qui est son droit.
30:01Ce n'est évidemment pas moi.
30:02Et ça a beaucoup énervé Jérémy Patriel Etus,
30:04qui a vu sa commission d'enquête parlementaire
30:06finalement déborder dans l'arène médiatique.
30:09Il ne voulait vraiment pas que cette commission d'enquête
30:12se transforme en spectacle.
30:13Forcé de reconnaître que ça a été un peu le cas,
30:16chacun jugera si c'est bien ou pas.
30:17En attendant, tout le monde en a entendu parler
30:19de cette commission d'enquête parlementaire.
30:20Néanmoins, en votant in extremis pour la publication du rapport,
30:24Jérémy Patriel Etus se retrouve aujourd'hui en première ligne
30:27et cristallise les tensions.
30:29Ça a arrêté la censure de simplement dire
30:31si je suis en désaccord avec ce rapport, je vote contre.
30:33Est-ce que vous n'avez pas, Jérémy Patriel Etus,
30:35manqué d'une forme de courage politique
30:37en allant au bout de vos convictions ?
30:39Beaucoup ne comprennent pas sa position
30:40et s'interrogent sur ses hésitations de dernière minute.
30:44Le président de la commission, après avoir plus ou moins indiqué
30:47qu'il allait voter contre, au dernier moment, au dernier moment,
30:50a voté pour. Pourquoi ?
30:51Parce que s'il avait voté contre,
30:53il aurait rejoint les 10 voix de gauche qui votaient contre,
30:5610-11, 11 contre 11.
30:59Là, le rapport était bloqué,
31:00alors que tout le bloc central,
31:02c'est-à-dire en gros Renaissance, Modem, Horizon,
31:05s'était abstenu.
31:06Bon, et le président est Horizon.
31:08Donc je pense qu'il était en difficulté.
31:10Le président de la commission ira même jusqu'à être accusé
31:13d'avoir joué un double jeu
31:14pour tenter de bloquer la publication du rapport.
31:17Une accusation qu'il réfute catégoriquement.
31:19On l'a accusé d'avoir fomenté des complots
31:22pour que le rapport ne soit pas voté.
31:24Et au final, il a voté lui-même le rapport.
31:27Donc bon, je pense que tous ces procès
31:31paraissent parfois un peu gonflés.
31:34En attendant, il a laissé quand même les débats se dérouler.
31:37Et pour la plupart, il en a coupé quelques-uns,
31:40mais quand même très peu.
31:41Mais cela dit, il a eu des pressions absolument considérables.
31:46Jérémie Patrie et Lettus.
31:48Parce que, évidemment, toute la gauche, tout le centre,
31:51beaucoup, beaucoup de députés et de responsables politiques
31:55ont évidemment tiré la sonnette
31:57pour lui dire d'arrêter tout ça, d'empêcher, etc.
32:01Bon, compte tenu du nombre de pressions qu'il a eues,
32:04on peut quand même souligner que cette commission s'est déroulée
32:08jusqu'à son terme et qu'on a quand même appris énormément de choses.
32:12Selon de nombreux observateurs,
32:14cette audite sans précédent de l'audiovisuel public
32:17pourrait laisser des traces durables.
32:19Éric Ciotti, l'instigateur de cette commission,
32:21en est lui-même convaincu.
32:23Désormais, France Télévisions et Radio France
32:25ne seront plus jamais les mêmes.
32:26Il y aura un avant et un après de cette commission.
32:29Éric Ciotti a raison de dire qu'il y aura un avant et un après,
32:33parce que je crois que, comme on l'a dit,
32:35jamais on n'avait à ce point secoué cette maison de France Télévisions.
32:39De fait, le passé un peu triomphant et étanche de France Télévisions
32:46a vécu et qu'aujourd'hui, il va falloir qu'il s'ouvre au débat et aux réformes.
32:50Je vais vous donner ma conviction qui est la mienne
32:52et je suis convaincu qu'il va y avoir des réels
32:55et de profonds changements au sein de France Télévisions.
32:57Et je suis certain que ce n'est que le premier acte d'une histoire
33:01qui va peut-être conduire vers une restructuration totalement complète
33:06de France Télévisions et de Radio France.
33:08En attendant une éventuelle restructuration complète,
33:11les effets de la commission d'enquête parlementaire sont déjà visibles.
33:14Je me réjouis déjà de voir que, avant même la publication du rapport,
33:17il y a déjà beaucoup de lignes qui ont bougé.
33:19Par exemple, il y a une conférence de presse
33:21faite par la présidente de France Télévisions
33:23en marge de l'ouverture du festival de Cannes
33:25où elle annonce que les suites à 1900 euros la nuit
33:28pour les dirigeants de France Télévisions, c'est terminé.
33:33Train de vie des dirigeants, avantages internes, dépenses de fonctionnement,
33:37mais aussi grilles des programmes, les lignes commencent déjà à bouger.
33:40France Télévisions, en marge d'ailleurs de cette commission d'enquête,
33:44a annoncé que l'émission Interville présentée par Nagui,
33:47qui avait du mal à faire de l'audience des émissions qui coûtaient très cher,
33:51qui était facturée à des montants très importants,
33:54et donc qui était absolument pas rentable et qui perdait son public.
33:57Donc effectivement, il y a déjà eu des choix importants
33:59faits par la direction de France Télévisions
34:01pour rebattre un peu les cartes et pour retrouver de la performance.
34:04Du côté des salariés de France Télévisions,
34:07certains saluent ces premiers changements,
34:08mais d'autres redoutent au contraire qu'il ne reste que symbolique.
34:11Les quelques salariés de France Télévisions
34:13avec qui je me suis entretenue ont évidemment suivi de près
34:16les auditions de cette commission.
34:19Certains m'ont dit qu'ils étaient effectivement plutôt pessimistes
34:24quant au réel impact finalement qu'auraient les résultats de cette commission
34:29et pensent que cela va rester au stade de recommandations
34:34et qu'il ne sera pas suivi des faits.
34:37Pourtant, il existe bien un chemin par lequel ces recommandations
34:40pourraient acquérir une valeur législative.
34:43Le 25 juin prochain, il y aura une niche parlementaire
34:48durant laquelle Éric Ciotti et son parti UDR pourront déposer une proposition de loi,
34:56donc une PPL.
34:57J'espère que dans le cadre de la niche UDR qu'on aura fin juin,
35:00niche c'est une journée dédiée à un groupe parlementaire
35:04où on peut faire débattre un certain nombre de sujets de propositions de loi.
35:07J'espère pouvoir déposer une proposition de loi issue des travaux de cette commission d'enquête.
35:12Donc il existe un chemin effectivement pour que ces recommandations deviennent concrètes.
35:19En attendant, la publication du rapport continue de diviser profondément la classe politique.
35:24Le député Modem, Erwan Balanant, qui s'était déjà illustré durant la commission en menaçant directement le rapporteur.
35:31T'inquiète, on va te régler.
35:38A déclaré vouloir publier un contre-rapport.
35:41Parce qu'il estime que le rapport qui est actuellement celui de Charles Aloncle
35:46est truffé d'erreurs, d'approximations, que c'est un pamphlet médiatique,
35:51qu'on n'est pas loin d'une chasse aux sorcières.
35:53C'est des gens qui malheureusement ont des problèmes avec la démocratie.
35:56On a un rapport avec 400 pages, 80 recommandations, qui est approuvé par un vote.
36:02Encore une fois, ce rapport, il n'a pas force d'injonction.
36:05Il est là dans les recommandations que je formule.
36:07Pour, au fond, proposer de la matière à débat, de la matière à réflexion.
36:10Si ces personnes-là ont de tels problèmes avec le débat,
36:13avec la réflexion, ça les regarde.
36:15Mais à nouveau, je pense que les Français ne sont pas d'eux.
36:17Je pourrais débattre avec eux s'ils le souhaitent.
36:19Parce que moi, j'ai toujours été pour le débat contre la censure.
36:22Et je serais d'ailleurs ravi de le lire.
36:23Mais à nouveau, je pense que tout ça n'a pas grande importance.
36:26Éric Ciotti et son parti, l'UDR, ne comptent pas s'arrêter là
36:29et promettent déjà de s'attaquer à un autre sujet majeur.
36:32Effectivement, Éric Ciotti, le président de notre groupe, a annoncé il y a quelques jours
36:35qu'on allait maintenant s'attaquer à un sujet tout aussi important,
36:40peut-être même plus important par l'ampleur des moyens employés,
36:44c'est celui du coût de l'immigration.
36:46Il y a beaucoup de rapports, mais aux méthodes d'ailleurs pas forcément très étayées
36:50qui ont été publiées sur les derniers mois et les dernières années,
36:53sur le coût de l'immigration.
36:54Alors il faudra s'intéresser au coût net de l'immigration,
36:57c'est-à-dire ce que l'immigration apporte, déduit de ce que l'immigration coûte
37:02pour arriver à un coût net.
37:03C'est important de voir les deux dimensions et de ne pas s'arrêter à une seule dimension
37:06qui pourrait d'ailleurs rendre cette commission d'enquête partielle.
37:09C'est le sens d'ailleurs de la méthode qu'Éric Ciotti entend employer.
37:13Suite à la publication de ce rapport, une question s'impose,
37:17faut-il aller encore plus loin jusqu'à la privatisation de l'audiovisuel public ?
37:21À un an de l'élection présidentielle, le sujet pourrait rapidement devenir central.
37:25Je suis certain qu'à l'aube de la campagne présidentielle,
37:29tous les candidats vont devoir se prononcer d'une manière ou d'une autre
37:31sur l'avenir de l'audiovisuel public, sur la façon dont ça doit être géré.
37:34Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, a déjà pris position.
37:38Pour lui, l'État pourrait tout simplement se passer d'un audiovisuel public,
37:42une ligne radicale qui diffère de celle défendue par Charles Aloncle,
37:46pourtant allié politique de Jordan Bardella et du RN.
37:49Et ce que je lui ai reproché, et c'est pour ça que parfois nos échanges ont été vifs,
37:53c'est de ne pas jouer carte sur table,
37:54de ne pas dire qu'il souhaite la privatisation de l'audiovisuel public
37:57ou à minima que son allié, le Rassemblement national,
38:00souhaite la privatisation.
38:02Et ce qui m'a profondément agacé,
38:04c'est qu'il se présente comme le sauveur de l'audiovisuel public,
38:08alors même que ses alliés souhaitaient la privatisation.
38:11Donc, soit le rapporteur n'a pas réussi à convaincre ses alliés
38:15de ne pas privatiser l'audiovisuel public,
38:18soit il était le cheval de troie du RN,
38:21et il a essayé, pendant cette commission d'enquête,
38:24de préparer les esprits à une privatisation de l'audiovisuel public.
38:27J'appartiens à un groupe politique, l'UDER,
38:29qui est un groupe allié du RN,
38:31et on s'accorde sur une immense majorité de constats.
38:35Après, sur la conclusion, la privatisation, moi à nouveau,
38:40je pense qu'il reste encore un peu de temps pour sauver ces entreprises-là.
38:44Et d'ailleurs, c'était tout le sens de mon rapport,
38:46c'est proposer des recommandations pour que, dans un an,
38:49à l'époque, au moment des présidentielles, on se dise
38:51non, mais en fait, les entreprises sont mieux tenues,
38:53la gestion financière est impeccable,
38:55il y a beaucoup moins de conflits d'intérêts et de détournements d'argent public,
38:58il y a moins de gabegies, notamment de dépenses somptuaires à Cannes,
39:01les entreprises sont mieux gérées, on a des services publics qui fonctionnent mieux,
39:05il y a moins de chaînes qui coûtent moins aux Français
39:07et qui sont vraiment différentes.
39:08Et donc, que dans un an, au moment de la présidentielle,
39:11qui sera un rendez-vous démocratique majeur, on se dise
39:12bon, en fait, les dirigeants de l'audiovisuel public,
39:15ils ont pris en compte les travaux de cette commission enquête,
39:18elles ont considérablement amélioré ce service public,
39:20la question de la privatisation ne se pose plus.
39:23Moi, c'est tout l'objectif que j'ai voulu poursuivre.
39:27Une question demeure désormais,
39:29ce rapport explosif restera-t-il un simple document parlementaire
39:32ou marquera-t-il le début de la plus profonde transformation
39:35de l'audiovisuel public français ?
39:40Merci d'avoir regardé cette vidéo !
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