00:00L'économie avec vous Bérenice Deville-Floriot, on va parler des fonctionnaires, le malaise au travail de la fonction publique.
00:07C'est important, salaire trop bas, manque de reconnaissance, augmentation de la violence pour ceux qui sont en contact avec
00:12du public.
00:13Résultat, un agent public sur quatre envisage de claquer la porte.
00:16La fonction publique c'est plus de 5 800 000 agents en France, donc c'est un emploi sur cinq,
00:25salariés et non salariés compris.
00:26Donc c'est conséquent et une récente enquête de la CFDT révèle que 71% des agents publics dénoncent un
00:33manque de moyens humains, 65% un manque de moyens financiers et 59% un manque de moyens matériels.
00:40Et même si 73% se disent pourtant attachés aux services publics, à leur métier, que ce soit à l
00:45'hôpital, à l'école, dans la police, la situation se détériore au quotidien.
00:49Le malaise vient premièrement des salaires qui sont trop bas, mais aussi du management, un manque de reconnaissance.
00:55Des conditions de travail et notamment la pression sur le terrain pour certains, pour ceux qui sont en contact avec
01:01le public, vous l'avez dit Romain.
01:03Il y a une augmentation, une banalisation de la violence, des incivilités.
01:07Pour certains, je cite, il est courant de se faire insulter ou menacer.
01:11Donc l'usure est réelle.
01:12Quand ça se tend, qu'est-ce qui se passe ?
01:14Eh bien ce sont nos services publics du quotidien qui se grippent.
01:18Et c'est un cercle vicieux bien sûr, puisque cela va entretenir l'absentéisme qui coûte d'ailleurs de l
01:24'argent à l'État finalement.
01:25Et c'est exactement ça, félicité, pour vous donner un ordre de grandeur.
01:28En 2024, un agent public a été absent en moyenne 11,1 jours à l'année pour des raisons de
01:34santé, contre 10,6 dans le privé.
01:36Et c'est encore plus marqué dans la fonction publique territoriale, comme vous pouvez le voir.
01:41Les agents ont été absents 13,3 jours et dans la fonction publique hospitalière 12,9 jours.
01:47Donc les absences pour des raisons de santé, ça coûte de l'argent à l'État.
01:50Elles ont coûté 15 milliards d'euros en 2022, selon un rapport de l'Inspection générale des finances.
01:54Et ce chiffre n'inclut pas en plus les surcoûts liés au remplacement, à l'intérim, aux heures supplémentaires effectuées
02:00par d'autres agents pour compenser ces absences.
02:02Et autre conséquence de ces conditions de travail, un salaire trop bas, manque de reconnaissance, violence, c'est la crise
02:09d'attractivité que connaît la fonction publique.
02:11Les métiers de la fonction publique n'attirent plus.
02:14L'État continue d'ouvrir des postes dont certains ne sont pas pourvus.
02:20Par exemple, en 2023 et en 2024, 11% des postes sont restés non pourvus.
02:25On pense par exemple à l'administration pénitentiaire qui a du mal à recruter.
02:29Et malgré ce malaise, ce que vous nous dites ce matin, c'est qu'il y a de plus en
02:33plus de fonctionnaires en France.
02:34Ah oui, c'est tout le paradoxe.
02:36La masse salariale de l'État continue à augmenter chaque année.
02:40Alors en 2025, plus 1,5.
02:43Après, plus 6,3 en 2024, plus 5% en 2023.
02:48Et regardez, depuis 2017, plus 24,7%.
02:52Une hausse qui ne s'arrête pas.
02:55Donc on voit bien qu'il y a un souci d'organisation, il y a un souci de gestion, il
02:58y a un souci de management, il y a un souci de salaire trop bas.
03:01Donc en fait, il faudrait tout revoir.
03:02Alors la Cour des comptes avait suggéré d'introduire plus de mérites dans la rémunération des agents publics.
03:07Parce que ce n'est pas le cas pour l'instant.
03:09Il y a des gratifications, mais qui sont indépendantes de leur manière de servir.
03:13Donc la Cour des comptes avait bien pointé cet outil.
03:16En fait, ce sera un outil de management, ce sera un outil d'efficacité.
03:18Mais c'est vrai qu'il faut tout revoir et pourquoi pas introduire aussi plus d'IA pour aider les
03:22agents, pour faciliter.
03:24En tout cas, il y a beaucoup de travail à faire.
03:26Qui le fera ? Je ne sais pas.
03:27Ça, on n'en sait rien.
03:28Mais dans les grandes lignes, je pense que dans beaucoup de services, il faut moins de monde, mieux payer.
03:33C'est-à-dire que plutôt que d'avoir deux personnes à 2 500, il vaut mieux une personne à
03:364 000.
03:37Et mieux équipé aussi.
03:38Ou à 3 500, tout le monde sera content.
03:40La personne gagnera plus.
03:41Elle travaillera peut-être un petit peu plus.
03:43Mais il faut remettre certains services au travail.
03:46Il y a énormément de fonctionnaires qui travaillent beaucoup, bien sûr.
03:49Je vous entends dire, moi je travaille.
03:50Mais évidemment, et heureusement, j'allais dire, c'est normal.
03:53Mais il y a des services où il y a énormément de latence.
04:00Oui, je pense qu'il y a des inégalités en termes de temps de travail.
04:03Parce que quand on voit sur le terrain...
04:04Donc il faut moins de monde et mieux payer.
04:07Ça sera gagnant-gagnant.
04:08Ça sera plus efficace et ça coûtera moins cher.
04:11Merci beaucoup.
04:12Merci beaucoup Bérenice Deville-Fleuriot.
04:16Sous-titrage Société Radio-Canada
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